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I.LES TROIS AMOURS

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Academic year: 2022

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Commentaire - Corrigé

I. LES TROIS AMOURS

Eros : Éros est un dieu grec qui assemble, unit tout ce qui existe, animaux, végétaux, humains. Eros est désir de quelque chose qu’on ne possède pas et est donc synonyme de manque. Il s’agit de l’amour passion, d’ordre essentiellement charnel. C’est l’amour qui est né d’un manque, l’amour qui possède ; il mène à la souffrance car soit on ne le possède pas, soit on l’a possédé et il n’y a plus de manque.

Philia : C’est l’amour désintéressé qui prend soin de l’homme, de l’ami, de la patrie. Dans la philia, la volonté et la noblesse de cœur ont maitrisé les passions humaines. Aimer c’est se réjouir et vouloir le bien de celui qu’on aime, c’est un amour heureux, proche de l’amitié, de l’affection.

Agapê : C’est l’amour du prochain, qui ne nous manque pas, qu’il faut aimer pour lui, même s’il est notre ennemi. Il se donne gratuitement, de manière désintéressée. il est

inconditionnel ; il accepte l’autre tel qu’il est. Agapê est souvent assimilé à la charité chrétienne, « caritas », en latin ; c’est à la fois l’amour que Dieu donne et l’accueil de cet amour par l’homme.

Catulle, simplement quand il a vu Lesbie pour la première fois, a été enflammé par un

puissant trouble physique (simul te aspexi, Lesbia, … tenuis sub artus flamma demanat – dès que je t’ai aperçue, Lesbie, … une flamme subtile se répand sous mes membres – Carmen 51) et il vit une passion physique partagée, l’éros, proclamée dans son hymne au baiser (Da mi basia mille – Donne-moi mille baisers – Carmen 5). Cependant, quand il apprend l’infidélité de son amante (iniuria talis – une telle trahison – Carmen 72), il se rend compte que son amour à lui était également fait de tendresse (Dilexi tum te – Je t’ai chérie alors – Carmen 72) et donc proche de la philia, au contraire de Lesbie. Cela amène l’amant meurtri à revenir vers un éros charnel dénué de tendresse (amare magis sed bene uelle minus – aimer

d’avantage mais moins vouloir de bien – Carmen 72). La passion charnelle, éros, plonge Catulle dans la souffrance (Miser Catulle – Pauvre Catulle – Carmen 8).

Le latin utilise le terme « amare » pour désigner l’éros et « diligere » pour désigner la philia.

Augustin, quant à lui, se plonge entièrement, lors de sa jeunesse à Carthage, dans les plaisirs de l’amour charnel, l’éros. (Rui in amorem, quo cupiebam capi – Je me précipitai dans l’amour par lequel je désirais être pris - Confessions III). Cependant, même s’il connaît la satisfaction physique (amare et amari dulce mihi erat, magis si et amantis corpore fruerer. – Aimer et être aimé était doux pour moi, surtout si je jouissais du corps de l’amante -

Confessions III), l’éros le plonge non seulement dans une sorte d’addiction insatisfaite (perueni ad uinculum fruendi et conligabar – Je parvins vers le lien de la jouissance et j’étais enchaîné - Confessions – III) mais aussi dans la souffrance (Tunc miser - Alors malheureux – Confessions, III).

Son insatisfaction le mène à rechercher un amour qui dépasse les plaisirs de la chair (non conspicuam omni charni – non visible pour tout chair – Confessions, VII) : c’est l’agapê, amour spirituel, qu’il nomme « caritas », la charité.

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On peut voir dans la phrase « Nondum amabat et amare amabam » la pauvreté de la langue latine car le premier « amare » désigne l’agapê, tandis que le second concerne l’éros ! « Je n’aimais pas encore (Dieu) et j’aimais aimer (une femme) – Confessions III)

II. Evolution d’AUGUSTIN

Comment Augustin sort de son addiction.

Conscient de son addiction à l’éros, Augustin entame un chemin de conversion. En effet, avant, il cherchait la solution à l’extérieur de lui (quaerebam te foris a me – Je te cherchais à l’extérieur, loin de moi – Confessions, VI). Il comprend, grâce à la lecture de Platon et de la Bible, qu’il doit chercher le secours en lui-même (admonitus redire ad memet ipsum - rappelé à l’ordre de revenir vers moi-même - Confessions,VII). C’est donc au plus profond de son for intérieur qu’il pourra trouver la force pour se libérer de son addiction. (intraui in intima mea - j’entrai dans l’intimité de mon âme - Confessions VII), Conversion).

Cheminement d’Augustin.

Au départ, Augustin était pris dans une sorte d’addiction car l’amour lui procurait des sentiments très ambivalents. En effet, cet amour lui apportait tant du bien et de la jouissance (« fruendi », Confessions, III, 1, 2) que de la souffrance (« dolere », Confessions, III, 1, 2). Il était comme emprisonné par ce désir d’aimer. Alors, pour sortir de ce cercle vicieux, Augustin décide d’abord de chercher une solution, en vain, à l’extérieur de lui-même (quaerebam te foris a me, Confessions,VII), puis il cherche au plus profond de son âme (intraui in intima mea, Confessions, VII) dans laquelle il trouve une lumière immuable (« lucem incommutabilem », Confessions, VII).

Cette dernière lui permet alors de découvrir la vérité, l’éternité et la charité et de sortir des ténèbres dans lesquels il était pris (Ambulabam per tenebras – Je me promenais dans les ténèbres – Confessions, VI). Augustin se convertit alors au christianisme.

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