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CM N 1 L ORAL ET SON ENSEIGNEMENT. Document n 1 : les fonctions du langage (R. Jakobson)

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Academic year: 2022

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CM N° 1 – L’ORAL ET SON ENSEIGNEMENT Document n° 1 : les fonctions du langage (R. Jakobson)

Document n° 2 : code oral, code écrit

CODE ORAL CODE ECRIT

Communication immédiate : présence de l’auditeur.

A nuancer : cas des répondeurs téléphoniques sur lesquels on délivre un message oral à un auditeur absent

Communication différée : absence de l’auditeur

A nuancer : cas des messageries instantanées sur Internet (chat) où les personnes se répondent en temps réel.

Le feed-back est immédiat, ce qui permet une régulation et une adaptation du message au fur et à mesure de sa production.

 Le feed-back est différé : il faut donc anticiper sur les réactions du lecteur et ses connaissances supposées.

 Les référents situationnels sont communs ; d’où la forte présence de termes dont la valeur ne prend de sens que par identification à un élément de la situation de communication : des

démonstratifs (ce, cette, celui-ci, celui-là…), des possessifs (mon, ton…), des pronoms personnels (je, tu), des déictiques spatiaux et temporels (hier, demain, ici, là…), des noms propres dont le référent est évident en situation.

S’ajoutent des gestes, des mimiques, des attitudes qui ajoutent du sens au message : économie des moyens linguistiques.

 Le message est décontextualisé, déplacé par rapport à la situation de communication.

A l’écrit, besoin de s’assurer que tous ces renvois prennent appui sur un univers qui aura été au préalable textuellement établi, faute de renvoyer à du vide.

Le transcodage linguistique doit être le plus complet possible : dépense.

L’énoncé oral est inscrit dans le temps. L’énoncé écrit est écrit dans l’espace.

Document n° 3 : transcription d’un corpus oral

Bah, sta dire la littérature euh avec un grand L euh n’est-ce pas ça a été pendant très longtemps une véritable institution ça faisait partie des institutions de la société alors je crois que cet aspect

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institutionnel de la littérature est tout de même en train sinon de disparaître tout au moins de se modifier profondément + la preuve c’est qu’actuellement voyez-vous en soixante-quinze je pense que vous serez d’accord avec moi il n’y a plus disons ce qu’on appelait autrefois de de grands écrivains + entre les deux guerres moi quand j’étais adolescent y avait des grands leaders de la littérature […]

– François Mauriac était-il le dernier […]

– Oui en un sens + oui c’était le l’un des derniers de ces grands leaders dont je parlais euh il y a un homme qui fait la charnière si vous voulez qui se situe justement au point de désagrégation de la littér de désagrégation historique de la littérature c’est Sartre + parce qu’au fond il a il a tenu et il tient enco encore cette sorte de leadership euh de la culture et de la littérature

Document n° 4 : spécificités du code oral au plan lexical

CODEORAL CODE ECRIT

Réductions et simplifications

Vocabulaire fondamental 3 000 à 5 000 mots.

Vocabulaire imprécis, général.

Éléments « phatiques », sans contenu informationnel.

Forte créativité (dont troncations : prof, ciné…).

Nombre de mots grammaticaux élevé.

Vocabulaire plus étendu (+ de 10 000 mots).

Vocabulaire précis.

Mots « pleins ».

Néologismes peu fréquents.

Nombre de mots lexicaux élevé.

Document n° 5 : spécificités du code oral au plan syntaxique

CODE ORAL CODE ECRIT

Organisation autour du verbe, « syntaxe verbale » : on l’a auditionné, ses complices ont été arrêtés. Ensemble plus dynamique.

Énoncés parfois inachevés.

Énoncés commencés avec une construction et terminés avec une autre. Phénomènes de télescopage entre deux constructions

Souvent, omission du ne dans un énoncé négatif et utilisation fréquente de l’interrogation

intonative : tu viens ? tu pars quand ?

Énoncés fragmentés avec une thématisation particulière et propre souvent à l’oral, avec des effets de redondance. Les focalisations peuvent être différentes :

- Avec reprise par un pronom : la littérature ça a été pendant longtemps une institution.

- Avec présentatif : y a Pierre qu’a pas vu son père depuis cinq ans ; ce qui me plaît c’est le cinéma.

- Organisation de type binaire : les maths en terminale / y a intérêt à s’accrocher ;

Organisation autour du nom, « syntaxe nominale » : Son audition a été suivie de l’arrestation de ses complices. Ensemble plus dense et plus statique.

Phrases complètes.

Phrases construites de façon cohérente.

Négation complète à l’écrit.

Inversion du sujet dans l’interrogation ou utilisation de est-ce que.

Phrases canoniques.

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est plus grand, l’engagement de la subjectivité beaucoup plus fort.

Organisation autour de plusieurs « phrases » : le général Cédras est rentré à Port-au-Prince il a alors essayé de rassurer les militaires car il y en a qui restent hostiles au retour du président Aristide.

Ce qui provoque des phénomènes d’imbrication assez complexes : j’ai quelque chose à t’avouer eh ben c’est que je suis navré de ne pas te l’avoir dit que j’étais euh rentré dans une usine de pétrole parce que étant donné que Péchiney était euh très fort dans cette usine ça aurait pu faire un pétard et il m’a dit ben tu as drôlement bien fait.

Répétitions de segments phrastiques ; effets de parallélisme, de reprise, de symétrie.

il s’agit donc pour les enfants de comprendre qu’ils sont des rôles qu’ils ne sont pas seulement des noms qu’ils ne sont pas seulement en somme des choses qu’ils sont des personnes c’est-à-dire des rôles qu’ils peuvent changer de rôles.

Organisation autour d’un nombre réduit de phrases denses : Après être rentré à Port-au- Prince, le général Cédras s’est efforcé de rassurer les militaires, dont plusieurs restent hostiles au retour du président Aristide.

On traque les répétitions pour les éliminer

Document n° 6 : verbatim du récit de Khyra (MS)

Les signes + et ++ marquent des pauses plus ou moins longues. Les signes <> encadrent des énoncés peu audibles en raison du bruit ambiant et de la faiblesse de l'enregistrement. Les guillemets signalent l'introduction du discours direct dans le récit. Les retours à la ligne marquent l'alternance des tours de parole entre l'élève (désigné par K.) et l'enseignante (E.), ou des coupes intervenues au montage.

K. l'histoire elle se passe dans la montagne + et + dans la forêt + et ça se commence dans le matin

K. les souris se cachent ++ (manipulation de feuilles) E. où est-ce qu'elles se cachent ?

K. au tronc d'arbre + et et au <tas d' feuilles> (manipulation de feuilles)

K. soudain + Pierrot il a disparu + tout le monde il le cherche + « Pierrot Pierrot » K. on entend du bruit + les champignons ils <arrivent> (manipulation des champignons) K. tout à coup + le vent + il arrive + et + tout le monde il s'enfuit (manipulation de l'éventail) K. tout le monde il se met à l'abri (manipulation de la boite)

K. alors Pierrot il revient (manipulation des marottes) ++ « où t'étais caché ? ++ t'étais perdu ? + oui t'étais caché » (manipulation des marottes)

K. pour terminer la journée tout le monde il rentre à la maison (manipulation des marottes) K. (tout en manipulant les marottes) le soir ++ i(l) fait un grand repas + avec les <baies> qu'ils

ont ramassés + et les fruits

K. (tout en manipulant les fruits qu'elle nomme) un marron + une châtaigne + une noix ++ une amande + une noisette ++ une noisette

K. à la fin de l'histoire tout le monde il va se coucher (manipulation des fruits et des marottes pour les ranger)

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Document n° 7 : alphabet phonétique international V O Y E L L E S

1. ORALES [i] vie, lyre [e] blé, jouer [ɛ] merci, père, [a] plat, patte [ɑ] pâte, théâtre [o] mot, eau, chaud [ɔ] mort, botte, port, [y] vêtu, rue

[u] roux, genoux [ø] peu, deux, jeu [œ] peur, meuble, beurre [ə] je, page

2. NASALISEES [ɑ̃] banc, sans, vent [ɔ̃] bon, sombre [ɛ̃] matin, plein, sain [œ̃ ] lundi, brun

C O N S O N N E S 1. ORALES

a. Sourdes [p] patte, père

[t] toit, tu

[k] qui, cou, sac, képi [f] feu, neuf, phare

[s] sale, celui, tasse, nation [ʃ] chat, chemin

b. Sonores [b] bon, robe

[d] dans, aide [g] gare, bague [v] valise, rêve

[z] maison, rose, zone [ʒ] jolie, gilet

c. Liquides [l] lent, sol

[r] rose, venir

2. NASALES [m] main, femme [n] nous, tonne [ɲ] agneau, vigne SEMI-CONSONNES OU SEMI-VOYELLES

[j] yeux, paille, pied [w] oui, poing, poire [ɥ] huile, lui, huit

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Document n° 8 : outils d’analyse des corpus oraux LES FONCTIONS D’ETAYAGE

Ce terme, emprunté à J. S. Bruner (Savoir faire, savoir dire, PUF, 1983), désigne l’aide qui est apportée par un expert à un novice pour lui permettre de résoudre un problème, de réussir une tâche qui, sans cette aide, aurait été au-delà de ses possibilités. (cf. la « zone proximale de développement » de Vygotsky). Cette prise en charge de certains éléments permet au novice de concentrer ses efforts sur ce qui demeure son domaine de compétence. D’une manière générale, c’est le maître qui assure la plupart des fonctions d’étayage qui sont de plusieurs ordres. Mais les enfants peuvent aussi, au cours de leurs interactions, remplir ces rôles et faciliter à la fois la réussite dans une tâche et le passage d’un niveau de compréhension à un autre.

I. Régulation et étayage de la progression commune Finalisation de la tâche :

- Formulation du problème (le maître rappelle le but ou aide l’enfant à le formuler).

- Mobilisation et récapitulation des acquis (mise en rapport avec ce qui a déjà été fait) ;

- Maintien de l’orientation (maintien et guidage de l’attention : il évite les dispersions et contrôle l’attention ; il aide l’enfant à se focaliser sur les aspects de la tâche, sur sa démarche).

- Scansion et balisage de l’échange : marquage des étapes, reformulation synthétique.

Fonctions de développement :

- Fonction initiative : initiative thématique, question (le maître ouvre l’échange et pose le thème).

- Appel à développement : reformulation avec ajout, correction, ajustement.

Focalisation de l’attention conjointe

- Focalisation sur les énoncés d’autrui pouvant faire progresser.

- Répétition, reformulation, explicitation de l’intention.

- Mise en rapport de deux énoncés divergents : appel à synthèse ou à la résolution de la contradiction.

II. Étayage de la prise de parole et de l’écoute a. Donner la parole à celui qui manifeste l’intention de la prendre.

b. Officialiser la parole de l’enfant et le maintenir dans son rôle.

c. Rappeler les règles de prise de parole.

d. Solliciter un enfant qui n’est pas intervenu (« enrôlement »).

e. Valider les propos d’un enfant : acquiescement, reprise (thème et formulation), reprise avec reformulation.

f. Demander une explication, une précision.

g. Inviter à l’écoute, gestion de la discipline

ANALYSE DE LA COMMUNICATION

Quel est, autour d’un sujet commun de discussion (appelé objet de transaction), le réseau instauré : centralisé (lorsque l’enseignant·e polarise les échanges, par exemple), ouvert (lorsque la parole circule de manière homogène entre les différents intervenants) ou éclaté (les locuteurs ne partagent pas le même objet de transaction, constitution de plusieurs réseaux) ?

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Quelle est la répartition des tours de parole : qui parle, combien de fois, qualité et quantité des propos ? Les interventions sont les prises de parole des différents acteurs de la communication. Le nombre d’interventions, la longueur des énoncés, leur comparaison permettront de savoir qui parle, comment se distribue la parole, quelle est la « place » de chacun, son « rôle », et l’évolution éventuelle de la communication.

Les enchaînements permettent de mettre en relation les énoncés des différents locuteurs. Ils montrent la continuité ou la discontinuité du discours. D’après F. François et E. Nonnon, il y a plusieurs types d’enchainements :

- Les enchaînements codés ou contraints : ceux où l’énoncé X induit l’énoncé Y suivant (par exemple dans la cadre d’un cours dialogué où les questions de l’enseignant·e dirigent les échanges). Ces enchaînements peuvent être fortement codés ou faiblement codés.

- Les enchaînements non-codés ou non-contraints sont ceux où on peut saisir la continuité de Y sur X a posteriori sans pouvoir déduire Y de X (par exemple, le commentaire Y d’un énoncé X).

- Les enchaînements où on ne saisit pas du tout le lien d’un énoncé sur l’autre.

On distingue aussi :

- Les enchaînements sur soi : auto-enchaînements (notamment dans le cas d’un discours monogéré).

- Les enchaînements sur les autres : hétéro-enchaînements, lorsque l’intervention du locuteur B se développe à partir de l’intervention du locuteur A, pour la reformuler, la modifier, la compléter, etc. On parle alors d’énoncés complémentaires. Certains énoncés peuvent être parallèles ou symétriques

On pourrait analyser aussi les indices de décentration du locuteur : conduites d’explicitation pour autrui, d’autocorrection, de reformulation (ajout, correction, ajustement, expansion, réduction) ; conduites de définition ou d’exemplification des termes inconnus, questions réciproques (vérification de la compréhension, demande de précision, comparaison)…

Références

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