OPTIMISATION DU PLAN D’ACCOUPLEMENT DANS LA SÉLECTION COMBINÉE
B. POUJARDIEU R. ROUVIER
Laboratoire de Méthodologie génétique,
Centre de Recherches de Toulouse, I.N.R.A., 31 - Castanet-Tolosan
RÉSUMÉ
Nous avons recherché l’optimum du plan d’accouplement de façon à maximiser l’espérance du progrès génétique à la suite d’une sélection combinée effectuée en choisissant les individus d’après
leurs valeurs phénotypiques individuelles, moyenne de famille de mère et moyenne de famille de
père. Nous avons alors cherché l’optimum du nombre d de mères accouplées à chaque père pour donner un certain nombre n de descendants mesurés, lorsque le produit nd de ces deux nombres,
c’est-à-dire la taille de famille de père, est fixé ; cela pour différentes valeurs de ce produit pou- vant correspondre sur le plan zootechnique à la sélection des lapins et porcins ou de la poule,
pour des valeurs de l’héritabilité variant de 0,100 à 0,500 par pas de o,ioo, du rapport p de la composante mère à la composante père de la variance, variant de 1à q par pas de i. Même pour les faibles valeurs du produit nd et donc de la taille de famille de père, il faut noter l’efficacité nettement plus grande de la sélection combinée par rapport à la sélection individuelle pour les faibles valeurs de l’héritabilité. Pour les faibles valeurs de l’héritabilité (h2 = 0,100 à o,200), il
convient d’augmenter n autant que possible, même si est supérieur à i. Pour des valeurs plus élevées de l’héritabilité, lorsque p est supérieur à i, il est préférable d’augmenter la valeur de d.
Pour les valeurs élevées de nd (100à 300, sélection de la volaille), il apparaît
qu’il
y a peud’avantages à augmenter la taille de famille de père nd au-delà de i 5o. Dans la plupart des situa- tions, il y a un optimum de n et de d qui correspond à une valeur d’autant plus grande de d que
le rapport p est plus grand pour une héritabilité h2donnée, ou que h2 est plus grande pour p donné.
La valeur d = io souvent utilisée en pratique, répond à des conditions zootechniques et semble
devoir être, en moyenne, pour plusieurs caractères de déterminisme génétique différents, une des plus proches de l’optimum.
INTRODUCTION
La définition de
plans d’accouplement qui permettent
de maximiserl’espérance
du
progrès génétique, conséquence
d’une sélection à la suite d’unjugement
sur des-cendance ou sur collatéraux a
préoccupé
un certain nombre de chercheurs. Laplu-
part
d’entre eux, tant pour lesvégétaux (COC HR A N ,
i95i ;FINN!Y, 1957 )
que pourles animaux
(D I CKERSON
etHA Z EL,
1944,NORDSKOG,
1959 ; RENDEL, I959 ; ROBERT- SON, 1957 et1960 ; SMITH, 1960)
raisonnent leproblème
ensupposant
limitée apriori
la taille de la
population
soumise à sélection. POUTOUS et VISSAC( 19 6 2 )
fondent larecherche de
l’optimum
sur le coût desopérations
de contrôlecomparé
à la rentabilitéescomptée. Quel
que soit le moded’approche, l’optimum,
s’ilexiste, procède
d’unantagonisme
entre laprécision
dujugement
et l’intensité de la sélection enpratique
réalisable. Il semble que seul LusH
( 1947 )
ait étudié sans ces contraintes les variations d’efficacité de la sélection combinée en fonction de la taille de famille et de la corré- lationintra-classe,
pour un seultype
de liens deparenté.
DEMPSTERet LERNER( 1947 )
dans leur recherche d’un
plan d’accouplement
chez lapoule
sélectionnée pour l’inten- sité deponte
étudient la variation d’efficacité en fonction de la durée de l’intervalle entregénérations
et del’augmentation
corrélative de laprécision
de l’estimation des valeursgénétiques.
Ces auteursutilisent,
outre les valeursindividuelles,
l’informationapportée
par lephénotype
des seulespleines
soeurs.Chez les
espèces polytoques,
onpeut
choisir les individusd’après
leur valeur pourun index de sélection combinant les valeurs
phénotypiques individuelles,
si les carac- tères sont mesurables sur l’animalvivant,
et les valeurs moyennes des familles depère
et de mère.
Quel
que soit le nombre depères,
ilimporte
de définir le nombre de mèresaccouplées
àchaque père
et l’effectif des descendants à contrôler par mère de tellefaçon
que l’efficacité d’une sélection par index soit maximum. Il nous a paru utile d’étudier ceproblème
etd’envisager
lesapplications possibles
à la sélection des oiseauxdomestiques
et desespèces
de mammifèrespolytoques.
I. -
CRITÈRE D’EFFICACITÉ
DE LASÉLECTION COMBINÉE
POUR UN
CARACTÈRE
I
. 1. - Position du
problème
Dans un certain nombre de cas de
sélection,
il estpossible
d’estimer la valeurgénétique
additive d’un caractère chez unindividu,
àpartir
des valeursphéno- typiques
de ce caractère chez cet individu chez despleins
frères ou sceurs,chez des demi-frères ou soeurs de
père.
Chez lapoule,
où lesplans
de sélection des souches habituellement mis enplace permettent
d’utiliser cettetechnique, ces plans
sont tels que les
productions
de tous les animaux d’une mêmefamille,
et de toutes lesfamilles,
soient desproductions contemporaines
d’animaux ayantapproximativement
le même
âge.
Lesgénérations
sont doncséparées.
Celaprésente l’avantage
depermettre
lacomparaison
desproductions
des animaux dans les mêmes conditions de milieu et de rendre l’estimation des valeursgénétiques plus précise.
L’utilisation de telsplans
de sélection
pourrait
êtreégalement envisagée
dans le cas deslapins
et desporcins.
Certes, lorsque
lesproductions
des individus à comparer ne sont pascontemporaines,
on
peut
essayer d’obtenir des facteurs de correction pour les différents effets du milieu.Mais l’existence d’interactions éventuelles entre ces
effets,
ou entregénotype
etmilieu,
rendparfois
hasardeuse la correction des données. Nous considérerons ici le cas d’une sélection combinée pour des animaux dont lesproductions
sontcontemporaines
etmesurées dans les mêmes conditions de milieu.
Le
plan d’accouplement
hiérarchisé est celui suivantlequel
spères (s
>i)
ontsailli chacun d mères
(d
>i)
etchaque
mère a donné n descendants mesurés(ici,
n >
i).
La sélections’effectue,
àchaque génération, parmi
les N = sdn individus mesurés de l’échantillon total. Ceplan d’accouplement
est utilisé pour lavolaille,
leslapins,
lesporcins.
Pour des valeurs données desparamètres génétiques
et statis-tiques,
laprécision
de la sélectiondépendra
de la taille(dn)
de famille depère,
desnombres de mères
(d)
parpère
et de descendants(n)
par mère. Nous étudierons la variation de cetteprécision (efficacité)
en fonction de cesparamètres
et, pour diffé- rentes valeurs desparamètres génétiques
etphénotypiques.
Nous étudierons la sélec- tion pour un seul caractère et aborderons le cas de la sélection surplusieurs
caractères.En
pratique,
s’il estpossible
de maintenir le nombre d de mère parpère
à peuprès
constant, il n’en est pas de même pour nqui peut
varier d’une famille à l’autre. Poursimplifier,
nous considéreronscependant plusieurs
séries de valeurs constantes de d et n. Nous n’étudierons pas l’incidence de l’intervalle entregénérations
et supposerons que lesgénérations
sontséparées.
Nousenvisagerons
le cas d’une seulegénération
de sélection.1
. 2. - Index et
effccacté
de la sélectionPour
un caractèreIl convient d’estimer la valeur
génétique
additive G du caractère considéré.Cette estimation
G
est l’index de sélection. Les individus de l’échantillon sont classésd’après
les valeurs deG
et la sélection consiste à retenir pour lareproduction
q p. 100 des individus ayant les valeurs lesplus
élevées deG.
Nous nousplaçons
dans le cassimple
où lesreproducteurs, pères
etmères,
choisis au hasard dans unepopulation
très
grande,
sont sansparenté
et nonconsanguins.
SoitPjlm
la variable aléatoirephénotypique représentant
la valeursusceptible
d’êtreprise
par le caractère chez leme descendant de la le mère
accouplée au je père.
Nous écrivons d’unepart
le modèlegénétique classique
(l. est une constante,
G
jlm
est la variable aléatoire valeurgénétique additive, E
i
i.
est la variable aléatoirereprésentant
les effetsgénétiques
de dominance etd’épistasie,
et du milieu. Les variablesP,
G et E sontsupposées
suivreconjointement
une loi
normale,
G et E étantsupposées indépendantes.
Par
ailleurs,
nous pouvons écrire le modèlestatistique également classique (K EMP -
THORNE,
I()57!.
où s;
est l’effet dupère j.
d l
,
est l’effet de la mèrejl.
e f
am est un écart intra-famille de mère.
Les trois variables aléatoire introduites seront, par
hypothèse,
distribuées normalement Nfo,a 2l ,
N{0,0!},
Nf o,aé!
etindépendantes.
Cela entraîne notamment que lesreproducteurs, pères
etmères,
de lapopulation,
sont nonconsanguins
et non appa- rentés.L’estimateur ê j zm
deG i zm
est larégression
de G sur les dn valeursphénoty- piques
des individus de la famille depère
numéroj.
Suivant leshypothèses simples
quenous avons
prises
sur les liens deparenté
cela revient au même de considérer larégres-
sion de G sur les valeurs
phénotypiques
individuelles moyennes de famille de mère et depère,
que l’onpeut exprimer
sous la formep i
, p 2 , (!3,
étant les coefficients derégression, P j i.
etP i ..,
les moyennesphénotypiques
des familles de mère et
père.
Les valeurs de( 3 &dquo; (3 3’ (3.
s’obtiennentd’après
la théorie de larégression
linéairemultiple,
en résolvant lesystème d’équations représenté
sousforme matricielle par :
Ce
système d’équation
s’écritaussi, compte
tenu du modèle del’équation (i)
etdes
règles
de lagénétique
despopulations (voir
parexemple MA!,ircOT, 19 66) permet-
tant d’obtenir les éléments du vecteur second membre :
où
ag est
la variancegénétique
additive. On obtient alors les valeurs des coefficients derégression qui s’expriment
en fonction des variancesthéoriques
dans lapopulation
dont est issu
l’échantillon,
de d et n ;La méthode que nous venons d’utiliser pour déterminer les coefficients de
régres-
sion
présente
l’intérêt d’être aisémentgénéralisable
à des casplus complexes
de sélec-tion
(ROUVIER, 19 6 9
a etb)
et depermettre
une déductionsimple
despropriétés
sta-tistiques
de l’index.On sait que
l’espérance
duprogrès génétique, lorsque
l’onsélectionne
q p. 100des animauxayant
les valeurs lesplus
élevées deG,
s’écritavec i =
—! ; A G est l’écart entre la moyenne des valeurs de G
dans le groupe sélect
OEG
ionné et la moyenne
générale
dutoupeau
avant la sélection.Dans le cas de distribtion
normale,
i est déterminésimplement
àpartir
du pour-centage
d’individus sélectionnés. Cepourcentage
est conditionné par la nécessité de renouveler lecheptel, compte
tenu descaractéristiques biologiques
de lareproduction
de
l’espèce
considérée et de contrainteszootechniques.
Onpeut,
sans nuire à lagénéra-
lité du
problème,
chercher à maximiserl’espérance
duprogrès génétique
pour i donné. Cela revient à maximiser Rat ouR 2 Gl
1La
précision
et l’efficacité de l’index étant caractérisée parR 2 G’G,
nous étudieronssa variation en fonction de
nd,
ainsi que de n etd pour
nd fixé.Les
expressions
dep i , !., !3
etR 2 G t
ont été obtenues par OSBORNE(i 957 )
parune méthode différente. Cet auteur a étudié les efficacités relatives de diverses métho- des de sélection de la
poule : individuelle,
familiale(familles
depleines
soeurs, ou depleines
etdemi-soeurs)
et combinées.Cependant
cet auteur seplace
dans le casparti-
culier où
as
=ad = 4 4 cr!. Cela exclut la possibilité
de trouver un optimum pour
d
et n, pour dn fixé. Pour de nombreux caractères la
composante
mèreer!
de la variancepeut
êtresupérieure
à lacomposante père
et nous considérerons cettepossibilité.
Nous avons
supposé
la normalité desdistributions,
cequi implique
la linéarité des liaisons entre valeursgénétique
additive etphénotypique
du caractère et donne laplus grande généralité
à la formule( 3 ),
R2G°cexprimant complètement
la liaison entre G etG.
Si la distribution deU9
est normale dans lagénération initiale,
enthéorie
ellene le sera
plus après
lapremière génération
de sélection.Cependant,
dans lespremières générations
de sélection la distribution deG
restera voisine de lanormale,
sauf si lepourcentage
d’individus sélectionnés est trèsfaible,
ou si l’héritabilité du caractère est très élevée. Notonscependant
que lapropriété
laplus importante
conditionnant la validité de l’index de sélection est celle de linéarité de larégression
de G sur G. G esttoujours
un bon estimateur de G pourvu que les liaisons entre toutes les variables consi- dérées soient linéaires.Il. - VARIATION DE
L’EFFICACITÉ
DE LA
SÉLECTION COMBINÉE
La variation de
R’ G ’G
a été étudiée en fonction de l’héritabilité ducaractère,
de2
la taille nd de famille de
père,
de la valeur durapport ââ ,
ug de n et dlorsque
les troisparamètres précédents
sont fixés. Nous avons considéré une variancephénotypique unitaire,
1,’héritabilité h2 du caractère a été
prise égale
àIl
s’agit
d’une définition de l’héritabilité dans un senslarge qui
tientcompte
d’une variancegénétique d’épistasie éventuelle,
due à l’interaction entre effetsgéné- tiques
additif degènes
non allèles.Nous avons
pris a g
=4 cr:,
pour ne pasaugmenter
le nombre deparamètres.
lorsque
cetteégalité
estvérifiée,
iln’y
a pasd’épistasie
dutype
ci-dessus. Enprésence
de cette
épistasie,
onaurait cr;
> 4crg. Cettehypothèse
ne devrait pas nuire à lagéné-
ralité des résultats. On
voit, d’après l’équation ( 2 )
et lesexpressions
des coefficients derégression p,
que 6g intervient comme un coefficient deproportionalité
dansl’expres-
sion du numérateur de RZGG· Pour des valeurs cri >
4 as,
les valeurs de R!cc seraient doncsystématiquement plus
faibles que cellesqui
vont être données.crâ peut
êtreégal
ousupérieur
à ag. Il estsupérieur
àab,
notamment s’il y a une variationgénétique
de dominance et
d’épistasie,
une variance des effets maternels ou des effets milieucommun aux individus d’une même famille de mère. Nous avons considéré 4 valeurs 2
p
durapport -!:!==i,2,3,4.
Ces valeursde fi
doivent êtrecompatibles
avec lesOs
équations ( 3 )
et( 4 ),
sachant queaâ
est au moinségal à 4 cr! et que restau
moins égal
à
2 ag.
Les valeurs de l’héritabilité considérées varient entre 0,100 et 0,500 par pas de 0,100. Nous avons considéré deux séries de valeurs duproduit
ndpouvant
corres-pondre,
sur leplan zootechnique,
à la sélection combinée dulapin
ou desporcins
d’unepart,
de la volaille d’autrepart.
2
. 1. - Sélection des
lafi 1 hS
ou desfi0Yc1hS
Le tableau l donne les valeurs des R2GG pour différents niveaux de
h 2 , nd,p
=-f ,
OsPour des valeurs de
h 2 , sa fixés, R2G! augmente
avec nd. La corrélation RocOs
augmente,
en valeurrelative, plus
vite pour les faibles valeurs de h2 que pour les fortes valeurs. Pour nddonné,
R2GGaugmente toujours
avec n, nombre depleins
frères ou soeurs, dans le cas des faibles valeurs de l’héritabilité
(h 2
=0 , 100 ).
Pourdes valeurs
plus
élevées del’héritabilité,
ilpeut apparaître
unoptimum
des valeursde n et
d,
dans les limites de variation considérées desparamètres,
pour certaines valeursde fi
> I . I,eplus
souvent, àpartir
de valeursde fi supérieures
à let d’autantplus
faibles que l’héritabilité estplus grande,
R 2GG diminuelorsque d
diminue.Pour des caractères d’héritabilité moyenne à
élevée,
etlorsque
lacomposante
mère de la variance est trèssupérieure
à lacomposante père,
il convient donc de ne pastrop
diminuer le nombre de mères parpère.
Pour les valeurs de h2 = 0,100 à 0,400, l’efficacité de la sélection
combinée,
pournd,
n et dfixés,
diminuelorsque
lerapport fi = a 2 augmente jusqu’à
q.a s
Pour h2= 0,5°0, cette efficacité diminue
lorsque fi augmente jusqu’à
3etaugmente lorque fi
passe de 3 à 4. Cette constatationpeut s’expliquer compte
tenu del’expres-
sion de
R 2 G à.
Elle est àrapprocher
des résultats de LusH( 1947 ) qui
acomparé
lesefficacités relatives de la sélection combinée et de la sélection individuelle en fonction
de
la corrélationintra-classe,
dans le cas d’un seultype
de famille.Considérons la sélection des
lapines
sur leursaptitudes
maternelles dans un trou-peau fermé d’effectif
limité,
la seuleimmigration pouvant
être due à l’éventuelle intro- duction d’unpetit
nombre dereproducteurs
mâles àchaque génération.
Nous envisa-gerons le cas où les
générations
sontséparées
et nous étudierons larépartition
en famillequ’il
semble souhaitable d’obtenir àchaque génération.
Lesaptitudes
maternelles(prolificité, production
laitière estimée par lepoids
de laportée
àl’âge
de 2ijours
deslapereaux)
sont des caractères à faible héritabilité ainsi quel’indiquent
les résultats de ROLLINS etal., ( 19 6 3 )
pour la taille deportée.
Les valeursnumériques
du tableau iindiquent
que dans le cas des caractères à faiblehéritabilité,
il convientd’augmenter
autant que
possible
les tailles de famille depère (valeur
dend).
Pour une valeur don- née dend,
il faut chercher àaugmenter
n, même si lerapport
de lacomposante
mère de la variance à lacomposante père
est élevé.Cependant,
dès que h2 atteint la valeur 0,
200
et p
la valeur 2,l’augmentaion
deR’G!
est nettementplus grande lorsque
npasse de i à 5 que
lorsqu’il
passe de 5 à 10 ou de 10 à 20.Pratiquement
la taille desfamilles de
pleines
soeurs élevées et mesurées àchaque génération
pourra être den = 5à 8. Si nous
considérons,
parexemple,
la valeur n = 5, cela conduit à sélectionner20p. ioo des
lapines ayant
les valeurs lesplus
élevées des index de sélection et à éleverpour la
reproduction
lors de lagénération suivante,
5 filles de chacune de ceslapines
sélectionnées. Ces 5pleines
soeurs seraient obtenues en deuxportées successives,
enmoyenne, de la même
lapine.
Prendre une valeurplus
élevée de n nécessite de retenirdes filles dans
plus
de deuxportées
successives de la même femelle.En ce
qui
concerne la sélection desfemelles,
pour un caractère relatif auxapti-
tudes
maternelles,
pour les faibles héritabilités(h a
=o,ioo)
il convient desouligner l’importance
del’avantage
de la sélection combinée parrapport
à la sélection massaleou individuelle. De
plus
larépartition
des femelles en famillespermet
une sélection des mâles pour les caractèresqu’ils n’expriment
pas, par unjugement
sur descendanceou sur
collatéraux,
cequi augmente
encore leprogrès génétique
attendu.Pour les caractères à héritabilité moyenne à
élevée,
enprésence
d’une variancegénétique
autrequ’additive,
ou d’effetsmaternels,
ou d’effets du milieu commun auxmembres d’une même
famille,
ilpeut
exister unoptimum
pour les valeurs de n et d. Ce caspeut correspondre
à la sélection sur la vitesse de croissance et l’indice de consommation desjeunes
animauxjusqu’à l’âge
commerciald’abattage. La taille
defamille de
père peut
facilement être de l’ordre de nd = 30,puisqu’il s’agit
de carac-tères mesurés sur le
jeune
animal.L’examen
du tableau iindique
que les effectifs de d = 5à 10mères parpère
et n = 6 à 3 descendants par mère(ce qui correspond
à lamesure des descendants d’une
portée
dechaque lapine) pourraient
être unoptimum
dans un certain nombre de cas. En
effet,
pour les héritabilités moyennes àélevées,
à
partir de p
= 2ou 3, pour nd = 30, l’efficacité de l’index diminuelorsque
d devientinférieur à 5.
Le raisonnement ci-dessus
pourrait s’appliquer
à la sélection d’untroupeau
fermé de truies.2
. 2. - Sélection de la volaille
Le tableau 2donne les valeurs de R 2GG pour les mêmes niveaux de h2et valeurs
de !
queprécédemment,
mais pour des valeurs dend,
de n etd pouvant correspondre
à la sélection de la volaille et notamment des
poules pondeuses.
Certaines valeurs den et d
prises
encompte
necorrespondent
pas à une réalitézootechnique
dans la sélec- tion de lavolaille,
mais sont considérées seulement à titre indicatif pour mieux étu-dier les variations de RZGG. On observe les mêmes tendances dans la variation de Racc que dans le cas où la valeur de nd était
plus
faible.L’augmentation
d’efficacité lors-qu’on
passe de la sélection individuelle à la sélection combinée estbeaucoup plus impor-
tante pour les faibles que pour les fortes valeurs de l’héritabilité. Pour h2
donné,
cette efficacitéaugmente
avec la taille de famillend,
mais cetteaugmentation
est faiblelorsque
nd passe de i5o à 200. Il y a donc peud’avantages
àaugmenter
la taille de famille depère
au-delà de 150. Pour ndfixé,
R2Gln’augmente
constamment avec n, quepour P
= i et toutes les valeurs deh 2 ,
etpour P
= 2et h2 = o,ioo. Dans laplu- part
des situations il y a unoptimum
de d et nqui correspond
à une valeur d’autantplus grande
de dque P
estplus grand pour h 2
donné ou que h2 estplus grand
pourfi
fixé. Dans certains cas, R2Gl est constamment décroissantlorsque
n varie de i à ioo.Comme
précédemment
on observe que dans certains cas, pournd,
n et ddonnés,
R2 G
l
peut
diminuerjusqu’à
une certaine valeur etaugmenter ensuite, lorsque fi
passe de i à 4. Onpeut
considérer que pour laplupart
des caractèreszootechniques
habituellement considérés et pour
lesquels
lacomposante
mère estsupérieure
à lacomposante père,
il y aura unoptimum
de d et n.La valeur
de d = 10utilisée souventen
pratique, répond
à des conditionszootechniques,
et semble devoirêtre,
en moyenne, pourplusieurs
caractères de déterminismegénétique différents,
une desplus proches
de
l’optimum.
III. -
SÉLECTION
SUR PLUSIEURSCARACTÈRES
Nous considérons le cas de la sélection par index sur
plusieurs
caractères. Dans cettesélection,
on cherche àaugmenter la
valeurd’un génotype global
H défini commeP
une combinaison linéaire H = 1 ai gi, de coefficients ai
donnés,
des valeursgéné-
i=i I .
tiques
additives gides !
caractères surlesquels porte
la sélection. HENDERSON( 19 63)
P
a montré que l’index de sélection sur
plusieurs
caractèrespeut
s’écrire I = E aigi
i =1 1
l’estimateur
gi
étant tel que sa corrélation avec gi soit maximum. La sélection s’effec- tue en retenant pour lareproduction
q p. 100des individusayant
les valeurs lesplus
élevées de I.
L’espérance
duprogrès génétique
s’écrit(H AZ E L , 1943 ) :
E
(à H )
= i RHI ci Havec i
Ci
AI est l’écart entre la moyenne de I dans le groupe sélectionné et sa crImoyenne
générale,
crI est l’écarttype
deI,
Rm est la corrélation entre H etI,
aHl’écarttype
de H.Pour
nd,
n etd fixés,
l’index I est tel que Rm soit maximum. Pour nd donné onpeut
aussi rechercher la combinaison de n et dqui
maximise RHI.Lorsque
on estimeH par
régression
linéairemultiple
sur les variablesprédictrices,
onpeut écrire,
.
R 2
HI
= —! .
uH Pour maximiserR$H!,
paroptimisation
duplan d’accouplement,
il fautdonc maximiser s!2. On a :
Pour nd
fixé,
onpeut
penserqu’un optimum
de n et d existe. On nepeut
cepen- Pdant pas facilement donner de
règle générale.
La variation de 1 a12u]*2 peut
se 1=I idéduire aisément de celles de R2Giài en utilisant des tableaux établis suivant le même
principe
que les tableaux Iet 2. Mais le meilleur estimateurÔ,
de G¡ tiendracompte
desphénotypes
de tous les caractères mesurés sur l’individu et sesapparentés
et nonplus
d’un seul. La variation de la somme des doubles
produits
dansl’expression (6) dépend
des coefficients ai et des covariances cov
( #i£1’) .
La recherche duplan d’accouplement optimum,
dans la sélection surplusieurs caractères,
nécessite donc d’obtenir notamment la matrice des variances et covariances des estimateurs des valeursgénétiques
addi-tives pour
chaque
valeur dend,
n etd,
et de calculer danschaque
cas la valeur numé-rique
de la formequadratique
del’équation (6).
CONCLUSION
Montrer l’intérêt de la recherche du nombre de femelles
accouplées
àchaque père
et du nombre de descendants à mesurer par mère pour maximiser l’efficacité d’une sélection combinée pour des caractères mesurables sur l’animal
vivant,
est le but decette étude. Nous l’avons abordé par le calcul
numérique
en nouslimitant,
par souci desimplification,
à l’étudeapprofondie
de la sélection pour un seul caractère. Deplus, puisque
nous avons utilisé lespropriétés
de la loinormale,
nous nous sommes limités à lapremière génération
de sélection. Une simulation sur ordinateurpermettrait
des’àffranchir de
l’hypothèse
de normalité et d’étendre l’étude àplusieurs générations
successives de sélection.
Reçu pour publication en juillet 19i1
SUMMARY
BREEDING PLAN OPTIMIZATION IN COMBINED SELECTION
We have tried to define the optimum of a breeding plan in order to encourage genetic pro- gress to a maximum after combined selection, choosing individuals according to their individual
phenotypic values such as maternal family average and paternal family average. We then tried to find the optimum number d of mothers bred with each father to give a certain number n
of progeny measured, when the product nd of these two numbers (size of paternal family) is
fixed. This was done on an animal husbandry level for different values of this product in the
selection of rabbits and pigs or hens for heritability values (ranging from o.100 to 0.5oo by
thresholds of o.ioo) of the ratio p of the maternal component to the paternal variance component
which varied from I to 4 by thresholds of i. Even for low values of the product nd (paternal family size), combined election is clearly more effective than individual selection for low heri-
tability values. It is advisable to increase n as much as possible for low heritability value (h
2 = o.zoo-o.200), even if p is higher than i. When is higher than i, it is preferable to increase
the value of d for higher heritability values.
For high nd values (100-300, poultry selection), it does not seem advantageous to increase paternal family size nd over i 50. In most situations, there is an optimum for n and d corresponding
to a d value which is greater when the ratio p is greater for a given h2heritability, or when he
is greater for a given p. The value d = io often used in practise, satisfies animal husbandry
conditions and in general seems to be one of the closest to the optimum for several different
genetic determinism characters.
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