CALCUL D’UNE ÉQUATION PERMETTANT DE PRÉVOIR
LA CONSOMMATION ALIMENTAIRE DE PONDEUSES
EN FONCTION DE LEURS PERFORMANCES
Jacqueline
PROD’HOMMEStation de Recherches avicoles,
L’entre national de Recherches
zootechniques,
Jouy-en-Josas(Seine-et-Oise)
SOMMAIRE
Sur des
pondeuses
en cages individuelles, recevant un aliment sous forme de farine ou de gra-nulés, nous avons établi une
équation
derégression multiple
de laquantité
d’aliment consommée en2
8
jours
sur legain
depoids,
lepoids
d’ceufspondus
et une fonction dupoids corporel.
La méthodesuivie était celle proposée par BvExLY
(r 94 r).
La forme de cette
équation
est assez stable d’une année sur l’autre, et ne diffère passignilica-
tivement suivant que l’aliment est distribué en farine ou en
granulés.
L’exposant
et le coefficient attribués aupoids
corporel diffèrent sensiblement de certains résul- tats antérieurs, peut-être du fait du format différent des animaux utilisés.INTRODUCTION
D’un
point
de vue strictementstatistique,
la consommation alimentaire de lapondeuse
est fonction de sonpoids corporel,
de saproduction d’oeufs,
et éventuelle- ment de songain
depoids.
A ces causes de variations’ajoute
un facteur résiduel que l’onpeut désigner
par « facteur individuel ».Notre but était
précisément
de comparer ce dernierfacteur, indépendant
dupoids
et de laproduction,
pour despondeuses
de diversesfamilles,
et degénotype
différent pour le
gène
C de coloration duplumage (PROD’HOMME
etMÉRAT, z965).
Cette
comparaison
faitl’objet
d’un autre article dans le même numéro de cette revue.Il était donc nécessaire pour nous de
disposer
d’uneéquation
de référencepermettant
de calculer une consommation «
théorique
»,fonction
des troispremiers facteurs,
l’écart « individuel » étant alors la différence entre la consommation observée et cette estimation.
L’exposé
de cette méthode et son résultat sur notrecheptel
estl’objet
du
présent
article.By!xr,y,
en 1941, établit une relation de la forme Al = aPn !--bD!
!- cO( 1 ).
Il cite les travaux de
T ITUS , B RODY ,
BiRD etal.,
HA!,:!AN etal., qui
ont obtenu desrelations du même
type. Cependant,
aucune des sixéquations
mentionnées par By ER
r.Y n’étant réalisée dans les conditions
qui
caractérisent notretroupeau,
nousavons
entrepris
d’établir sur celui-ci une relationanalogue.
I. -
MATÉRIEL
Cette étude a été faite durant six
périodes
de 28jours
au cours de deux années consécutives,Pendant les trois
premières périodes,
lespoules
recevaient l’aliment sous forme de farine ; ensuitele même aliment était distribué sous forme de
granulés.
Lespondeuses
étaientlogées
en cages indi-viduelles, et pesées au début et à la fin de
chaque période.
Nous avonségalement pesé
l’alimentconsommé et les oeufs
pondus
durant ces mêmespériodes.
l’ne correction était faite pour legaspillage
de farine tombée dans l’eau de boisson.
Au cours de la
première
année, nous avons étudié 65poules
âgées de rs mois et appartenant à8 races ou génotypes différents ; durant la deuxième année, 80 poules âgées de n mois, prélevées
dans un même troupeau, ont été contrôlées. Les
équations
de régressionprésentées
plus loin ont étécalculées sur l’ensemble des animaux.
II. -
MÉTHODES
ETRÉSULTATS
La consommation alimentaire par 28
jours (Al) présente
une corrélationsigni-
ficative avec le
poids (P),
legain
depoids (Dfi)
et lepoids
d’oeufs(0) pondus pendant
le même
temps (P
<0 , 001 ).
La relation avec ces trois variablespeut
s’écrire :Avant de
préciser
la forme de cettefonction,
il faut remarquer que les variablesP, Dp,
et0,
étaient peu liées dans notreéchantillon, (tabl. i),
etpouvaient
êtreconsidérées
indépendamment
les unes des autres.(1)
A1 aliment consommé en grammes ; P : poids corporel en grammes ; Dp : gain de poids ; 0 poidsd’œufs s pondus.
Nous avons vérifié que les
régressions
de laquantité
d’aliment consommé Alsur le
gain
depoids Dp
et sur lepoids
d’oeufspondus
0 sontlinéaires ;
nous avons<donc une relation de la forme :
:!n suivant ensuite la même méthode que BYERI,1+, nous faisons
l’hypothèse :
Nous nous donnions tout d’abord 2 valeurs pour 7c : ni = let n2 = 0,5. Ces valeurs conduisent aux
équations ( 4 )
obtenues par la méthode des moindres carrés :Les deux estimations
correspondantes
du besoin d’entretien sont :A
partir
de chacuned’elles,
nous calculons lesapproximations n’ 1
etn’ 2
del’exposant
ndu
poids
Pqui
sont les coefficients deséquations
derégression
linéaire( 1 ):
Les valeurs
n’ 1
etn’ 2
sont voisines et encadrent la valeur réelle n ; aussi choisissons-nous une valeur n’ intermédiaire à l’aide de
laquelle
nous calculonsl’équation ( 7 ) :
Nous obtenons la valeur finale n en
posant
ya = n’-!-
k et déterminantk par
ledéveloppement
limité de A1 = a’Pn’+k -f-b’Dp !--
c’O. Un dernier calcul donnel’équation
définitive :De cette
façon,
nous avonsobtenu,
pourchaque régime
et pourchaque année,
les
équations
suivantes :( 1
) Nous calculons en réalité un coefficient de régression entre variables suivant une loi Log normale :
cela a peu d’importance, puisque nous désirons obtenir une approximation n’ de la valeur n qui sera ensuite ajustée.
III. - - DISCUSSION ET OONCI,USIOB
Les résultats obtenus nous
suggèrent
trois remarques : 1° Les coefficients de ces
équations
sont stables d’une année à l’autre et nediffèrent pas
significativement,
à uneexception près :
Au cours de lapremière année,
lespoules
nourries avec desgranulés
ontmué,
leurponte
a étéperturbée,
certainesne se sont pas
adaptées
à leur nouvel aliment. Ces faitsexpliquent peut-être
la diffé-rence
significative
observée entre les coefficients deP,
àexposants égaux,
pour lapremière
et la seconde année( 1 ).
2
° La consommation alimentaire des
poules
recevant legranulé
était de ig p. 100supérieure
à celle despoules
nourries avec l’aliment sous forme de farine. Les pre- mières ontgrossi,
maisl’augmentation
depoids corporel
n’estpeut-être
pas seuleresponsable
de l’excès d’aliment consommé. Onpeut
en effet remarquer, durant ces deuxannées,
que les coefficients deD fi
et de 0 deséquations
8 et c! sontsupérieurs
à ceux des
équations
6 et 7 ;toutefois,
cette différence n’est passignificative,
nonplus, d’ailleurs,
que le coefficient etl’exposant
de P.3
° Nos
équations
diffèrent notablement de celles citées par BYERLY. Ceciexplique
que nousn’ayons
pas pu utiliser ces dernières commeéquations
de référence.Si les coefficients du
poids
d’oeufspondus
0 et dugain
depoids Dp
ne s’écartent pasbeaucoup
de ceux habituellementtrouvés, l’influence
dupoids corporel
se manifestedifféremment. Les valeurs de n
rapportées par
BYERI,Yse situent entreo,6o
et o,75. Aussi les auteurs cités par lui les ont-ilsrapprochées
des estimations dupoids physio- logique
de la formeP n ,
et Furtcx et KEMPSTERqui
trouvèrent i2 = 0,47, estimèrent que cette valeur étaitinacceptable
et larejetèrent.
Pour notre
part,
nous avonstoujours
obtenu des valeurs de n voisines de o,5oo.Nous ne discuterons pas cette valeur et ne lui attacherons
qu’une signification
sta-tistique.
Les remarques
précédentes
nous conduisent à proposer l’estimationpratique
suivante du besoin alimentaire dans nos
conditions, (poules
detype mi-lourd,
élevées en cages individuelles et nourries soit avec aliment sous forme de farine(io),
soit avec des
granulés (ii» :
en fonction de leur
poids,
de leurgain
depoids
etdu poids
d’ceufspondus
parpériode
de 28
jours.
Ces
équations,
tellesqu’elles
sont fournies par notreéchantillon,
ne diffèrentpas
significativement
dans leurscoefficients, quoique,
dans le second cas, comme nousl’avons
signalé,
les coefficients affectant lepoids corporel,
legain
depoids
et lepoids
d’aeufs
pondus
soientplus
élevés.Nos
équations peuvent permettre
le calcul de la consommation alimentaire de (1
) Un test de comparaison a été fait séparément pour chacun des coefficients de régression, vu l’absence
de liaison entre les variables indépendantes dans notre échantillon. &dquo;
pondeuses indépendament
de leurpoids
et de leurproduction, donc,
enparticulier,
de comparer des races ou des
génotypes
pourlesquels
ces derniers critères ne sontpas
identiques.
Reçu
pour publication
eiiseptembre
1965.SUMMARY
CALCULATION OF AN EQUATION FROM WIIICII INTAKE OF FEED BY LAYING HENS MAY TIE ESTIMATED FROM THEIR PERFORMANCE
With
laying
hens fed on mash orpellets
in individual cages amultiple regression equation
was derived
relating
intake of feed in 28days
togain
inweight, weight
of eggs laid andbodyweight.
The method was that of B!°ERLY
( 1941 ).
The form of the equation was
fairly
stable from year to year and did not differsignificantly
between mash and
pellets.
The exponent and coefficient forbodyweight
differednoticeably
fromsome earlier results.
perhaps
because of the differentweight
of the birds.RÉF É
RENCBS BIBLIOGRAPHIQUES
BY E R LY
T. C., 1941. Feed and other costs of producing market eggs Univ. Maryland agric. exper. Sin.
N
° A-i.
PxoD’HortME
!J.,
MÉRAT P., 1965. Consommation alimentaire chez des pondeuses de génotype Cc et ecissues de plusieurs familles. Ann. Zoolech., 14, 34[-359.