UNIVERSITE D’ABOMEY-CALAVI (UAC)
DEPARTEMENT DE GENIE DE L’ENVIRONNEMENT
Rapport de fin de formation
Pour l’obtention du Diplôme de Licence Professionnelle en Génie de l’Environnement.
THEME :
Réalisé et soutenu par :
Samson KOUNOUHO
Sous la supervision de :
Prof. Dr. Ir. OUMOROU & Mme Sylvie HOUNZINME Enseignant-chercheur à l’EPAC/UAC Chercheur à l’EPAC/UAC Maitre de Conférences des Universités (CAMES)
Date de soutenance:
16 décembre 2015VARIABILITE CLIMATIQUE ET PRODUCTION AGRICOLE DANS LA COMMUNE DE TCHAOUROU:
CAS DU MAÏS, SORGHO, NIEBE ET ARACHIDE.
Composition du Jury Président:
Dr. Ir. TEKA OscarRapporteur:
Mme HOUZINME SylvieExaminateur:
Dr. DJAFAROU AbdoulayeAnnée académique: 2014-2015 8
8 8
8
èmeèmeèmeèmePromotion Promotion Promotion Promotion
Variabilité climatique et production agricole dans la Commune de Tchaourou : Cas du maïs, sorgho, niébé et arachide.
Réalisé par Samson KOUNOUHO Page ii
DEDICACE DEDICACEDEDICACE DEDICACE
A
Ma mère, AÏHA Bernadette.
Voyez ceci comme l’un des fruits de vos efforts.
Que le bon Dieu vous bénisse et vous donne longue vie. Je vous aime.
REMERCIEMENTS
Qu’il nous soit permis, avant de livrer le fruit de nos investigations, d’adresser ici nos chaleureux et très sincères remerciements à tous ceux qui nous ont aidé dans la réalisation de ce travail, particulièrement le Prof. Dr. Ir. OUMOROU, pour avoir eu l’honneur de nous encadrer et pour s’être entièrement consacré à notre travail malgré ses multiples occupations.
Nous lui sommes reconnaissants et nous espérons qu’il sera toujours notre superviseur dans nos futures études. Nous rendons hommage au sens humain très remarquable de Mme Sylvie HOUNZINME qui a accepté de co-superviser ce travail et qui a également beaucoup apporté sur les plans matériel et financier pour l’aboutissement de ce travail. Nous tenons à remercier profondément le Dr. Oscar TEKA pour son enthousiasme, conviction et ses conseils éclairés dans le suivi de ce travail sans oublier le Chef du Département Prof. Dr. Ir. ADJAKPA pour ses multiples efforts dans le fonctionnement du Département Génie de l’Environnement et tous les enseignants de l’EPAC en général et du Département en particulier pour leurs efforts dans le but de nous donner des formations de qualité.
Toutes nos reconnaissances vont à l’endroit de tout le personnel du SCDA Tchaourou pour leur hospitalité et leur franche collaboration. Il s’agit notamment des sieurs Affissou YACOUBOU (RDR) pour nous avoir accueilli et aménagé un très bon cadre de travail;
Machoudou BOUSSOUNDE (TSPV2) pour avoir supervisé l’enquête avec nous, et tous les encadreurs du secteur pour nous avoir aidés dans l’accessibilité des différentes zones et dans l’accomplissement de l’enquête.
Nous exprimons notre reconnaissance à toute la famille KOUNOUHO, notamment à mes frères Etienne, Parfait et Hervé, et à mes belles sœurs Raymonde, Lydie et Raïssa, pour leur amour, prière et soutien.
Nous disons un grand merci à Mr. Arouna YACOUBOU et Mme HOUNKPATIN pour leurs conseils et soutiens.
Nous exprimons notre profonde gratitude à tous nos camarades de la huitième promotion de l’EPAC et surtout ceux du Génie de l’Environnement pour les trois années de sympathie, de joie et de souffrance passées ensemble.
Nous ne pouvons finir sans remercier les membres du jury pour avoir accepté de lire et de juger le présent travail.
RESUME
La présente étude a fait l’objet de l’évaluation des effets de la variabilité climatique sur la production du maïs, sorgho, niébé et d’arachide dans la Commune de Tchaourou.
La méthodologie adoptée est basée sur des entretiens structurés auprès de 60 producteurs agricoles cultivant ces spéculations dans les Arrondissements de Tchaourou, Goro, Tchatchou, Kika et de Sanson. Par ailleurs, les données agricoles et des enquêtes ont été complétées par les données climatiques de l’ASECNA. Le traitement des données a consisté à l’utilisation de la statistique descriptive et Analyse en Composante Principales (ACP) grâce au logiciel R.
Des résultats, il apparaît que l’évolution annuelle de la pluviométrie sur la période 1973-2012 montre une tendance à la hausse marquée par 40% d’années déficitaires et 57% d’années excédentaires. Le problème qui se pose dans la Commune de Tchaourou est lié à la variation des précipitations. De plus, la température moyenne a connu une hausse de 2,5°C. Les anomalies de ces paramètres ont des effets négatifs sur le rendement des spéculations. Le calendrier agricole traditionnel est soumis à un dérèglement en fonction des variations climatiques. En réaction, les paysans développent plusieurs stratégies d’adaptation pour atténuer les impacts auxquels ils sont soumis. L’adoption de variétés améliorées, l’intensification de l’utilisation de fertilisants chimiques aux cultures et d’autres types d’adaptation sont les réponses apportées par certains paysans face aux effets de la variabilité climatique.
Mots clés : Commune de Tchaourou (Bénin), Production agricole, Variabilité climatique, Stratégies d’adaptation.
ABSTRACT
This study was carried out in the Tchaourou District to assess the effects of climatic variability on the production of the corn, sorghum, cowpea and groundnut.
The adopted methodology is based on structured interviews with 60 farmers who cultivated these crops. Informants were selected in five precincts. However, agricultural data and interview data were completed by the climatic data of the ASECNA. The data analysis consisted in the use of the descriptive statistics and the Principal Component Analysis (PCA).
Although the results showed that annual rainfall variability over the period 1973-2012 was characterized by 40 % of loss-making years and 57 % of rain excess years. Rainfall variability and the increase of annual temperature of 2, 5°C constitute the major concerns of Tchaourou District. All these parameters affect crop yield. The traditional agricultural calendar was no more respected due to climatic variations. In reaction, farmers developed several strategies of adaptation to limit the negative impacts of climate change. The adoption of improved crop varieties, the intensification of the use of chemical fertilizers and the other types of adaptation present the answers developed by some farmers against the effects of the climatic variability.
Keywords: Tchaourou District (Benin), Crop yield, Climate Variability, Adaptation strategy.
TABLE DES MATIERES
DEDICACE ... ii
REMERCIEMENTS ... iii
RESUME ... iv
ABSTRACT ... v
TABLE DES MATIERES ... vi
LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS ... x
INTRODUCTION GENERALE ... 1
Objectifs et hypothèses de recherche ... 2
Objectif global ... 2
Objectifs spécifiques ... 2
Hypothèses ... 3
1. SYNTHESE BIBLIOGRAPHIQUE ... 4
1.1 Clarification de quelques concepts ... 4
1.2. Généralité sur les spéculations ... 4
2. PRESENTATION DU MILIEU D’ETUDE ... 7
2.1 Situation géographique ... 7
2.2 Le climat ... 8
2.3 Sol, Végétation et faune ... 10
2.4 Relief et réseau hydrographique ... 11
2.5 Cadre humain ... 11
2.6 Agriculture ... 12
3. METHODOLOGIE ... 13
3.1 Matériel ... 13
3.2 Méthode ... 13
4. 1 RESULTATS ... 17
4.1.1 Détection de la variabilité climatique ... 17
4.1.2 Détermination des variations de la production agricole ... 22
4.1.3 Evaluation de la relation entre climat et rendement de la production agricole. ... 27
4.1.4 Stratégies endogènes d’adaptation en réponse des effets néfastes de la variabilité climatique. ... 28
4.2 DISCUSSION ... 34
4.2.1 Evolution des paramètres climatiques ... 34
4.2.2 Evolution des rendements agricoles en relation avec les indicateurs climatiques... 34
4.2.3 Mesures d’adaptation à la variabilité climatique par les producteurs ... 35
CONCLUSION ET SUGGESTIONS ... 37
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES ... 39
ANNEXES ET PHOTOS ... a LISTE DES TABLEAUX Tableau1.Années excédentaires et déficitaires ... 18
Tableau2 : les coefficients de détermination et les équations de la tendance des température.21 Tableau3 : PCI saisonnale par année ... 21
Tableau4 : Années à distribution modérée, irrégulière et très irrégulière ... 22
Tableau5 : Années excédentaires et déficitaires... 23
Tableau6: Années excédentaires et déficitaires... 23
Tableau7 : Années excédentaires et déficitaires... 24
Tableau8 : Années excédentaires et déficitaires... 24
Tableau 9 : Anomalies des facteurs climatiques et des rendements des cultures ... 27
Tableau10 : Coefficients de détermination et équations tendancielles des variables. ... 28
Tableau 11. Valeurs propres issues de l’ACP ... 31
LISTE DES FIGURES
Figure 1. Carte de la Commune de Tchaourou ... 8
Figure 2. Courbe de la pluviométrie mensuelle de Tchaourou de 1973-2012 ... 9
Figure 3. Bilan climatique de la Commune de Tchaourou de 1981-2010 ... 9
Figure 4. Evolution des températures moyennes mensuelles de Tchaourou de 1973-2012 .... 10
Figure 5.Variabilité interannuelle et tendance pluviométrique de Tchaourou de 1973-2012 .. 17
Figure 6. Indice d’anomalie pluviométrique de Lamb de Tchaourou de 1973-2012. ... 18
Figure 7. Evolution de l’ETP annuelle et la tendance de son évolution de Tchaourou de 1981- 2012 ... 19
Figure 8. Evolution de la température minimale annuelle de Tchaourou et la tendance de son évolution de 1973-2012. ... 19
Figure 9. Evolution de la température maximale annuelle de Tchaourou et la tendance de son évolution de 1973-2012. ... 20
Figure 10. Evolution de la température moyenne annuelle de Tchaourou et la tendance de son évolution de 1973-2012 ... 20
Figure 11. Anomalies des rendements du maïs et du sorgho de 1996-2012 ... 23
Figure 12. Anomalies des rendements d’arachide et du niébé de 1996-2012 ... 24
Figure 13. Courbe rendement du maïs et tendance de son évolution de 1996-2012 ... 25
Figure 14. Courbe rendement du sorgho et tendance de son évolution de 1996-2012 ... 25
Figure 15. Courbe rendement d’arachide et tendance de son évolution de 1996-2012 ... 26
Figure 16. Courbe du rendement du niébé et tendance de son évolution de 1996-2012... 26
Figure 17. Taux de réponses des enquêtés par rapport aux stratégies d’adaptation en réponse de la variabilité climatique ... 29
Figure 18. Projection des stratégies d’adaptation et les groupes socioculturels dans les systèmes d’axes. ... 32
LISTE DES ANNEXES
ANNEXES ET PHOTOS ... a Annexe1. Questionnaire adressé aux producteurs agricoles ... a Annexe2. Rendements des spéculations agricoles en fonction de la hauteur annuelles des pluies. ... c Annexe3. Caractéristiques sociodémographiques des enquêtés... d Annexe 4. Variables (groupes socio-culturels et stratégies) entrant dans la formation des axes de l’APC ... d Annexe 5. Variables (groupes socio-culturels et stratégies) de corrélation des axes de l’APC e Annexe 6. Les photos prises sur le terrain ... e
LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS
ADECOI : Projet d’Appui au Développement Communal et aux Initiatives locales dans le Borgou.
APC : Analyse Principale des Correspondances
ASECNA: Agence pour la Sécurité de la Navigation Aérienne en Afrique et à Madagascar CARDER : Centre Agricole Régional pour le Développement Rural.
EPAC: Ecole Polytechnique d’Abomey-Calavi.
FAO: Food and Agriculture Organization.
FLASH: Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines.
FSA: Faculté des Sciences Agronomiques.
GIEC: Groupe Intergouvernemental d’Experts sur l’Evolution du Climat.
IPCC: Intergovernmental Panel on Climate Change.
PANA: Programme d’Action National aux fins de l’Adaptation aux changements Climatique.
PDC : Plan du Développement Communale
PSRSA : Plan stratégique de Relance du Secteur Agricole RDR: Responsable du Développement Rural.
RGPH4: Quatrième Recensement Général de la Population et de l’Habitation.
SCDA: Secteur Communal pour le Développement Agricole.
TSPV: Technicien Spécialisé en Production Végétale.
TSSSE : Technicien Spécialisé en Statistique et Suivi d’Evaluation.
UAC: Université d’Abomey-Calavi.
Variabilité climatique et production agricole dans la Commune de Tchaourou : Cas du maïs, sorgho, niébé et arachide.
Réalisé par Samson KOUNOUHO Page 1
INTRODUCTION GENERALE
Les changements climatiques et la variabilité climatique constituent des menaces les plus graves posées au développement, avec des impacts significatifs sur l’économie des pays en développement et les moyens de vie des populations les plus pauvres de la planète (GIEC, 2007).
Dans ce contexte global, l'Afrique et, très particulièrement l'Afrique subsaharienne apparaît comme la région du monde la plus exposé à la variabilité climatique (IPCC, 2001). Cette grande vulnérabilité de l'Afrique subsaharienne face à ce phénomène est due à sa forte dépendance de l'agriculture et à sa capacité d'adaptation limitée qui tient au manque de ressources et de technologies (Daouda, 2007). La variabilité climatique représente une menace supplémentaire pour les moyens de subsistance déjà précaires des ruraux de ces pays et ils accentuent leur vulnérabilité préexistante. Les pays subsahariens sont les plus fortement touchés par la sécheresse et, par conséquent, pâtissent le plus de son impact négatif sur la production agricole. Les modifications attendues du climat par rapport à la norme actuelle conduiraient à des pertes de récoltes, des perturbations dans la gestion du bétail et de possibles famines et les maladies devraient être en recrudescence (Daouda, 2007).
Le Bénin, pays subsaharien, essentiellement agricole, fortement tributaire des stimuli climatiques, est sérieusement menacé par les effets néfastes des changements et variabilité climatique (Hounzinme, 2013). Cette situation, qui en grande partie reste liée à la mauvaise répartition des hauteurs de pluies, engendre un retard dans l’exécution effective du calendrier agricole et la baisse de rendements (Teka et al., 2013).Selon Vignigbé (1992), l’irrégularité pluviométrique, la mauvaise répartition Spatio-temporelle, l’allongement de la durée de la saison sèche et la réduction du nombre de jours pluvieux ont été les caractéristiques climatiques du Bénin au cours de ces dernières années. Des travaux de Boko M. (1988), Afouda (1990), Houndénou (1999) et de Ogouwalé (2004), on retient que péjoration pluviométrique, réduction de la durée de la saison agricole, persistance des anomalies négatives, hausse des températures minimales, caractérisent désormais les climats du Bénin et modifient les régimes pluviométriques et les systèmes de productions agricoles.
L'agriculture béninoise est donc confrontée à d'innombrables difficultés dont la baisse de la fertilité des sols, la non maîtrise de l'eau, la destruction des cultures par les ravageurs, etc. En conséquence, des perturbations climatiques sont devenues une menace pressante pour le
développement national. Les paysans ont perdu leurs repères saisonniers, les pertes de récoltes s'accroissent et l'insécurité alimentaire menace.
Dans la région septentrionale du Bénin, les données climatiques enregistrées sur 30 ans et l’application des modèles pertinents d’analyse des perturbations climatiques montrent une tendance à la baisse de la pluviométrie annuelle, le raccourcissement de l’unique saison pluvieuse qui caractérise normalement la région et un retard de l’installation des événements pluvieux (Houndénou, 1999).
La Commune de Tchaourou n’échappe pas à ce phénomène bien que l’agriculture y constitue la principale occupation de plus de 90% de la population (monographie Tchaourou, avril 2006). Il importe donc de se demander comment les producteurs agricoles de cette Commune perçoivent le phénomène de la variabilité climatique et comment évolue la production agricole face à ces mutations climatiques ces dernières années sans oublier les stratégies d'adaptation développées localement en réponse aux effets de ce phénomène.
Il urge de mener des études sur les effets néfastes de la variabilité climatique sur la production agricole de la Commune. C’est ce cadre que s’inscrit la présente étude intitulée : « Variabilité climatique et production agricole : cas du maïs, sorgho, niébé et d’arachide dans la Commune de Tchaourou ».
Objectifs et hypothèses de recherche
• Objectif global
L’objectif général est d’étudier les effets de la variabilité climatique sur la production du maïs, du sorgho, du niébé et de l’arachide dans la Commune de Tchaourou (Nord-Bénin).
• Objectifs spécifiques
- Détecter la variabilité climatique dans la commune de Tchaourou ces 40 dernières années;
- Déterminer les variations de la production agricole;
- Analyser la relation entre climat et rendement de la production agricole ;
- Répertorier les mesures d'adaptations développées par les producteurs agricoles face aux mutations climatiques actuelles.
• Hypothèses
-Il y a variabilité climatique dans la commune de Tchaourou ces 40 années précédentes ; - Les variations des paramètres climatiques ont influencé la production agricole ;
- Il y a une relation entre le climat et les rendements agricoles ;
- Les stratégies développées face à la variabilité climatique diffèrent selon les producteurs.
1. SYNTHESE BIBLIOGRAPHIQUE 1.1 Clarification de quelques concepts
• Climat
Il représente l'état du système climatique sur une période donnée, décrit statistiquement en fonction de la moyenne et de la variabilité de grandeurs telles que la température, les précipitations et le vent, généralement associées au temps météorologique (GIEC, 2001).
L’évolution de ces phénomènes météorologiques se trouve souvent bouleversée par des causes diverses (très souvent naturelles), entrainant une modification durable que l’on nomme changements climatiques.
• Changements climatiques
Les changements climatiques désignent, une variation statistiquement significative de l'état moyen du climat ou de sa variabilité, persistant pendant de longues périodes (généralement, pendant des décennies ou plus). Ces changements climatiques peuvent être dus à des processus naturels ou à des changements anthropiques persistants de la composition de l'atmosphère ou de l'affectation des terres (IPCC, 2001).
• Variabilité climatique
La variabilité climatique désigne des variations de l'état moyen et d'autres statistiques (écarts standards, phénomènes extrêmes, etc.) du climat à toutes les échelles temporelles et spatiales au-delà des phénomènes climatiques individuels. Elle est due à des processus naturels au sein du système climatique (IPCC, 2001).
1.2. Généralité sur les spéculations
• Maïs
Le maïs (Zea mays) ; une plante herbacée tropicale annuelle de la famille des Poacées (graminées), largement cultivée comme céréale pour ses grains riches en amidon. Il est la principale céréale cultivée au Bénin et constitue celle qui est la plus consommée loin devant le riz et le sorgho (PSRSA, 2011). Il est une plante qui s’acclimate de milieux assez divers. Les températures optimales du semis à la formation des panicules sont de 20° à 28°C, celles de maturation des fleurs sont de 28° à 32°C (Ripusudan et al., 2002). Il est une plante exigeante en eau (une moyenne mensuelle de 100 mm d’eau durant toute la période de végétation) et qui préfère les sols profonds, meubles, fertiles bien drainé et exposé au soleil. Les grains et les
épis de maïs servent à l’alimentation de l’homme et des animaux. Les grains de maïs en alimentation humaine sont consommés vert (cuit, grillé, en salade, en soupe..) et pour l’alimentation animale sont utilisés en grain et en provenderie, ou la plante entière, récoltée à l’état où l’épi est pâteux, est utilisés comme fourrage frais ou ensilé distribué aux animaux.
L’amidon extraire industriellement des grains sert à la préparation des bouillies infantiles, de biscuits, de bière. Il entre dans la composition de base de certains textiles. Le germe de maïs donne de l’huile utilisée en alimentation humaine pour la fabrication de margarines, de savons, de vernis et textiles artificiels (FAO, 1993).
• Sorgho
Le sorgho (Sorghum bicolor) est une plante herbacée annuelle de la famille des Poaceae (Graminées). La plante du sorgho grain ressemble au maïs. Son appareil racinaire plus profond lui permet de mieux résister à la sécheresse. Le sorgho est une culture vivrière dans de nombreux pays d'Afrique et d'Asie. Il peut se consommer en grain à l'instar du riz, ou être réduit en farine. Dans les pays occidentaux il entre dans la composition de biscuits pour le goûter. Les tiges de sorgho bicolore se mâchent tout comme la canne à sucre.
• Arachide
L’arachide (Arachis hypogaea), également appelée pois de terre, pistache de terre, est une plante de la famille des Fabacées (ou légumineuses) originaire d'Amérique tropicale (Brésil, Pérou) et cultivée dans les régions tropicales, subtropicales et tempérées pour ses graines oléagineuses. C’est une plante qui requiert un sol léger et bien drainé. L'huile d'arachide, utilisée comme huile de table ou comme matière première pour la fabrication de margarine, résiste bien aux hautes températures (friture). Les tourteaux d'arachide, résidus de pression après extraction de l’huile servent d’aliment aux animaux. La culture de l’arachide, comme celle des autres légumineuses, enrichit le sol en azote. L’arachide peut être utilisée comme engrais vert. Enfin, l’huile d'arachide est inscrite à la pharmacopée française comme solvant médicamenteux.
• Niébé
Le Niébé (Vigna unguicultata) est l’une des principales cultures vivrières des zones écologique et équatoriale d’Afrique. Elle est l’une des légumineuses les plus cultivées au Bénin.Le niébé est une importante denrée de base en Afrique subsaharienne, particulièrement
dans les savanes arides de l’Afrique de l’Ouest. Le niébé peut être cultivé en conditions pluviales, sous irrigation ou avec l’humidité résiduelle du sol le long des fleuves, ou dans les plaines lacustres en saison sèche, pourvu que les minima et maxima de température (nocturnes et diurnes) soient dans une fourchette de 28 à 30°C pendant la campagne culturale.
Le niébé affiche une bonne performance dans les zones agro-écologiques où la pluviométrie est de 500 à 1200 mm/an. Il tolère la sécheresse et s’adapte bien aux sols sablonneux et pauvres. Toutefois, c’est sur des sols bien drainés, sableux-limoneux à limoneux-argileux, à pH 6 ou 7, qu’il atteint ses meilleurs rendements. Ses graines représentent une précieuse source de protéines végétales, de vitamines et de revenus pour l’homme, ainsi que de fourrage pour les animaux. Les feuilles juvéniles et les gousses immatures sont consommées sous forme de légume.
2. PRESENTATION DU MILIEU D’ETUDE 2.1 Situation géographique
Situé dans le Département du Borgou, Tchaourou est la plus grande Commune du Bénin.
La Commune de Tchaourou s’étend sur une superficie de 7256 km² soit 28% de la superficie totale de ce Département et environ 6,5% du territoire national (PANA, 2007). Elle est comprise entre 8°45’ et 9°20’ de latitude Nord et 2°10’ et 3°40 de longitude Est. Elle est limitée au Nord par les Communes de Parakou, Pèrèrè, et N’Dali, au sud par la Commune de Ouèssè, à l’Est par la République Fédérale du Nigéria et à l’Ouest par les Communes de Bassila et Djougou.
La Commune de Tchaourou est subdivisée en sept (07) arrondissements que sont : Tchaourou, Tchatchou, Kika Sanson, Bétérou, Alafiarou et Goro avec trente et un (31) villages et cinq (05) quartiers de villes (PDC,2011-2015).
2.2 Le climat
2.2.1 Pluviométrie et Evapotranspiration Potentielle
A l’instar des autres Communes du département du Borgou, la Commune de Tchaourou est soumise à l’influence du climat sud-soudanien. Les totaux pluviométriques varient entre 1100 et 1200 mm/an et compte entre six et sept mois humides au cours de l’année. Les moyennes pluviométriques mensuelles varient entre 4,55 mm et 171,59 mm comme le montre la Figure 2. Le mois le plus sec est Décembre (4,55 mm) et le mois le plus arrosé est Juillet (171,59 mm).
Figure 1. Carte de la Commune de Tchaourou Source : Fond topographique Bénin IGN, 1992.
Figure 2. Courbe de la pluviométrie mensuelle de Tchaourou de 1973-2012 Source : ASECNA Parakou
L’Evapotranspiration Potentielle est la quantité d’eau évaporée par un couvert végétal bas, continu et homogène, dont l’alimentation en eau n’est pas limitée et qui n’est soumis à aucune limitation d’ordre nutritionnel, physiologique ou pathologique. La Figure 3 montre le bilan climatique de la Commune de 1981-2010.
Figure 3. Bilan climatique de la Commune de Tchaourou de 1981-2010 Source : ASECNA Parakou
Quand la courbe des précipitations passe entre celles de ½ ETP et de ETP (ETP/2<P<ETP), la période est pré humide. Il s’agit de la période A1-A2 qui dure de mars à avril (Figure 3).
La période humide est la période durant laquelle la courbe de l’ETP passe sous celle des précipitations (P>ETP).De la Figure 3, il s’agit de la période d’avril à octobre (A2-A3). La période sèche est celle au cours de laquelle, la courbe des précipitations est en dessous de la
0 50 100 150 200
J F M A M J J A S O N D
Puviométrie mensuelle(mm)
Mois
Hauteur de pluies par mois
0 50 100 150 200
J F M A M J J A S O N D
ETP,ETP/2 &Pluie P (mm) ETP ETP/2 Puviométrie
A1
A2 A3
A4
moitié de celle des ETP (P<ETP/2) ; sur la Figure3, c’est la période A4-A1 qui dure de novembre à mars.
2.2.2 Température
Les données recueillies au niveau de l’ASECNA couvrant une période de 40 ans ont permis d’établir la courbe qui montre les variations mensuelles des maxima, minima et les moyennes thermiques (Figure 4). Les moyennes mensuelles des températures varient entre 25°C et 30,26°C. Il apparait que le mois le plus chaud est mars et août est celui le plus froid. La figure 4 montre les variations de la température de Tchaourou de 1973-2012.
Figure 4. Evolution des températures moyennes mensuelles de Tchaourou de 1973-2012 Source : ASECNA Parakou
Tmini=Température minimale, Tmax= Température maximale, Tmoy=Température moyenne 2.3 Sol, Végétation et faune
o Sol
La structure du sol au niveau de la Commune est de type ferrugineux tropicaux faiblement concrétionnés. Ce sont des sols lessivés à engorgement de profondeur. Dans l’ensemble, la productivité est fortement influencée par le pourcentage de terre fine et par la médiocrité du drainage.
o Végétation et faune
Tchaourou est une zone de savane avec quelques forêts semi-décidues et galeries forestières.
0 10 20 30 40
J F M A M J J A S O N D
Température en (mm)
Mois
T mini T maxi T moy
La zone de savane est de type arborée et arbustive. On y rencontre quelques forêts classées à savoir la : forêt de nano ; forêt de Wari-Maro ; forêt Tchatchou-Gokanna de Tchaourou ; forêt d’Alafiarou-Bétérou.
Ces forêts couvrent une superficie de 1.725 Km² soit environ 25% de la superficie totale de la Commune (Monographie Tchaourou, 2006). Les espèces végétales constitutives varient avec le type de couvert végétal. Les végétations vont de la végétation naturelle dominée par des grandes essences à la végétation anthropique faite de cultures et de jachères. Les espèces végétales comme karité (Vitellaria paradoxa), cailcédrat (Khaya senegalensis) et anacardier (Anacardium occidentale) sont les plus rencontrées dans la Commune. La faune quant à elle, est composée de mammifères menacés par le braconnage. Le cheptel est constitué de bovins, porcins, caprins et de la volaille (poulets et pintades). Selon l’étude de référence 2003 recommandée par ADECOI, la Commune de Tchaourou vient en tête au niveau du département du Borgou dans la production de porcins avec plus de 29% de la production totale, deuxième dans l’élevage de l’asine pour environ 12%.
2.4 Relief et réseau hydrographique
Le relief de la Commune de Tchaourou est constitué de plaines et de plateaux surmontés par endroit de monticules/collines culminant parfois à plus de 300 m d’altitude (cas de massifs de Wari-Maro). Les collines expliquent la présence des carrières de graviers et de granites observées çà et là au niveau de la Commune. Ces carrières constituent des sources potentielles de richesses pour la Commune. En ce qui concerne le réseau hydrographique, il est essentiellement dominé par les affluents des fleuves Ouémé et Okpara. Ces affluents arrosent la plupart des Arrondissements et favorisent le développement des activités de pêche.
2.5 Cadre humain
Avec une population de 221.108 habitants (RGPH4, 2013) et une densité évaluée à environ 30 habitants/km², la Commune de Tchaourou compte une multitude de groupes ethniques dont les plus dominants sont les Bariba (34,2%) ; les Peulhs (18,9 %) et les Nagots (15,8 %).
Ces trois groupes ethniques sont côtoyés par d’autres minorités que sont les Otamari (12,9%) les Yom-Lokpa (10,9%), les Fons et Adja (4%) RGPH4 (2013). Les femmes représentent plus de 51% de la population total et la population rurale est estimée à plus de 91% (Monographie Tchaourou, 2006).
2.6 Agriculture
La Commune de Tchaourou dispose d’un immense potentiel en matière agricole. Les surfaces cultivables sont estimées à 5450 km² soit 75,1 % de la superficie totale de la Commune.
Outre les terres cultivables abondantes et riches, il existe de nombreux bas-fonds recensés dans la Commune. Leur superficie totale est estimée à 900 hectares. Le capital humain qui s’investit dans l’agriculture a pour effectif 63.181 habitants soit 59,12% de la population totale de la Commune (PANA-Bénin, 2007). La production agricole s’appuie principalement sur les cultures vivrières (céréales et tubercules) et les cultures de rente (coton, anacarde et arachide). On y produit par endroits des légumineuses essentiellement destinées à la consommation locale.
Selon les études de références (ADECOI, 2003), la moyenne annuelle de production céréalière est estimée à 12.850 tonne (12.850 t) au cours des six dernières campagnes agricoles (1997/98, à 2002/03). Vient en tête le maïs avec une moyenne de production au cours de la même période qui s’élève à 8757 t, suivi du sorgho 3.589 t et le riz 484 t.
Les contraintes au développement de l’agriculture dans la Commune sont liées aux caractères rudimentaires et archaïques des techniques culturales, à l’insuffisance du financement, à l’inorganisation du monde paysan et à l’état défectueux des pistes rurales.
Un autre facteur qui limite les performances agricoles de la Commune est le manque d’organisation des filières agricoles (exception faite du coton). Par ailleurs, l’effectif du personnel d’encadrement au niveau du CARDER est faible et les producteurs ne sont suivis que pour la culture du coton.
On peut aussi ajouter à ces contraintes la non maîtrise de l’eau, le problème foncier et les difficultés d’approvisionnement en intrants agricoles.
3. METHODOLOGIE 3.1 Matériel
Le matériel de terrain est constitué d’ :
-une carte de la Commune pour identifier les Arrondissements ciblés ;
-un questionnaire pour mieux s’imprégner tant de la perception des producteurs agricoles que les pratiques adaptatives qu’ils développent ;
-un appareil photo numérique pour la prise de vue ; -un GPS pour la prise des coordonnées géographiques.
3.2 Méthode
3.2.1 Démarche méthodologique
La présente étude s’est déroulée suivant une méthodologie structurée en trois phases. Il s’agit de la phase documentaire, la phase de collecte et la phase d’analyse et de traitement des données.
3.2.1.1 Phase documentaire
Plusieurs documents existants (ouvrages, mémoires, articles, etc.) sur les changements climatiques et la variabilité climatique dans le monde, en Afrique et au Bénin de façon particulière ont été consultés à la bibliothèque de l’EPAC, au centre de documentation de la FLASH puis sur Internet. Les résultats de ce processus ont permis de faire le point des recherches antérieures en rapport avec le thème, mais aussi d'en identifier les aspects non encore ou pas suffisamment explorés, de fixer les objectifs, de poser les hypothèses et de déterminer les méthodes de collecte des données, de même que les outils d'analyse à utiliser.
Commencée au début de l'étude, la documentation s'est poursuivie durant toutes les autres phases de la recherche.
3.2.1.2 Phase de la collecte des données
Au cours de cette phase, les données ont été collectées par objectifs (Obj).
Obj 1. Détecter la variabilité climatique
Pour détecter la variabilité climatique sur la période de 1973-2012, les données climatiques (pluviométrie, température, ETP) de la période allant de 1973-2012 ont été collectées auprès des institutions comme l’ASCENA Parakou et le SCDA Tchaourou.
Obj 2 et 3. Analyser l’évolution des rendements agricoles
Pour avoir des renseignements concernant les données agricoles essentiellement le rendement obtenu sur une période allant de 1996-2012 de quelques cultures à savoir le maïs (Zea mays), l’arachide (Arachis hypogaea), le sorgho (Sorghum bicolor) et le niébé (Vigna unguiculata), certaines institutions ont été visitées également : le SCDA Tchaourou et la Direction générale du CARDER Borgou-Alibori. Le choix de ces cultures a été fait car elles sont les plus cultivées dans la Commune et font aussi partie des habitudes alimentaires des populations de la Commune.
Obj 4. Répertorier les mesures d’adaptation endogènes
Ici, des enquêtes ont été conduites dans cinq (05) Arrondissements de la Commune ; il s’agit de : Tchaourou, Tchatchou, Goro, Kika et Sanson. Ces Arrondissements ont été ciblés parce que l’agriculture y est la principale activité avec une forte production. Le choix des villages ou quartiers d’étude a été opéré avec le concours des encadreurs du SCDA Tchaourou suivant les critères de forte production. Soixante (60) producteurs agricoles ont été interviewé soit douze (12) par Arrondissement et des entretiens avec quelques agents (RDR, TSPV, TSSE) du secteur sur la thématique ont été également fait.
Les enquêtes ont été réalisées à l’aide d’une série de questions adressées aux exploitants agricoles identifiés sur la base des critères suivants :
-Plusieurs spéculations emblavées (mais, niébé, arachide, sorgho) -Ancienneté dans l’activité agricole
-Disponibilité
-Avoir un âge X compris entre 18 et 60 ans et plus.
Cette tranche d’âge permet d’étudier l’évolution et la connaissance du phénomène au cours des différentes générations dans le milieu de même que les stratégies d’adaptation développées par les producteurs en relation avec leur perception de la variabilité climatique tel que vécu. La typologie suivante a été faite : jeunes producteurs [18-30ans [, producteurs adultes [30-60ans [et vieux producteurs X≥60ans.
Pour mieux comprendre les réponses des enquêtés sur le terrain, des guides locaux maitrisant la langue française dans chaque Arrondissement ciblé sont sollicités pour faciliter la communication. Le dépouillement des fiches d’enquêtes administrées aux producteurs a permis de classer les différentes réponses des producteurs de l’encadrement selon des indicateurs fixés. En effet, ces indicateurs de la variabilité climatique ont permis d’apprécier le degré de perception de ce phénomène par les producteurs.
3.2.1.4 Phase de traitement et d’analyse des données collectées
Les données mensuelles et annuelles recueillies ont été saisies à l’aide du tableur Excel 2010. Le traitement de texte a été fait avec Word 2010. Afin d’atteindre les objectifs fixés, différents outils et méthodes ont été utilisés. Les outils sont présentés par objectif :
Obj 1. Détection de la variabilité climatique
Après la saisie des données climatiques, le tableur Excel a permis de calculer les moyennes des températures et des hauteurs pluviométriques à l’aide de la formule :
= ∗ ∑
L’analyse de l’évolution des paramètres climatiques (pluviométrie, températures, ETP) a été faite par la méthode graphique à travers une représentation interannuelle du paramètre considéré et les statistiques descriptives. De plus, les tendances pluviométriques, thermométriques de 1973-2012 et de l’ETP de 1981-2010 ont été déterminées à l’aide de la méthode de régression. La tendance évolutive a été choisie en tenant compte du coefficient de détermination(R²) le plus élevé ; la régression linéaire (y=ax+b) a été privilégiée au niveau de l’évolution des températures, ce qui a permis de faire une comparaison entre température en se basant sur le coefficient directeur ‘’a ‘’ des équations tendancielles obtenues. De même, l’étude des anomalies pluviométriques a été effectuée pour pouvoir apprécier les années pluviométriques. Ainsi, les différents types de séquences (déficitaires, excédentaires sur la période de 40 ans) sont identifiés. L’anomalie a été calculée par la formule suivante :
= ( − )⁄
où est l’année de pluviométrie i, la pluie moyenne interannuelle sur la période de référence et l’écart type de la série.
L’année est sèche si Ip<0, elle est normale si Ip=0 et humide si Ip>0.
Le calcul du PCI (Indice de Concentration de la Précipitation) saisonnale a été effectué pour connaître la manière dont la pluie a été répartie dans la région d’étude. La formule suivante a été utilisée :
: Moyenne du caractère X ; N : effectif total des variables;
: modalités du caractère étudié
= (∑ ) (∑ ) ²
Avec la pluviométrie moyenne mensuelle.
°Si PCI<10 alors la précipitation a une distribution uniforme
°Si PCI compris entre [11-16[ alors la précipitation a une distribution modérée °Si PCI compris entre [16-20[alors la précipitation a une distribution irrégulière
°Si PCI ≥20 alors la précipitation a une distribution très irrégulière Obj 2 et 3. Evolution des rendements des spéculations agricoles
Les données agricoles de la période allant de 1996-2012 collectées et saisies avec Excel 2010 ont été utilisées pour représenter graphiquement les courbes d’évolution des rendements de chaque spéculation et leurs tendances évolutives. Les anomalies au niveau des rendements de chaque spéculation de 1996-2012 ont été également déterminées. Cet indice est définit par la même formule que précédemment.
Obj 4. Mesures d’adaptation endogènes
Les données d’enquête qui ont été dépouillées et saisies sont utilisées pour faire la représentation graphique afin de connaître le taux de réponses accordées par les producteurs agricoles interrogés aux stratégies répertoriées. De plus, L’Analyse en Composantes Principales (ACP) a été réalisée pour décrire les différentes stratégies d’adaptation répertoriées en rapport avec les catégories de groupes socioculturelles de producteurs agricoles interviewés. Cette analyse a été réalisée grâce au logiciel R.
Outre la pluviométrie, les autres données climatiques ne traduisent pas la situation réelle dans la zone d’étude. L’ETP et les températures de la Commune de Tchaourou n’étant pas disponibles, celles de Parakou ont été utilisées car la station de Parakou est la plus proche de la zone d’étude.
4. 1 RESULTATS
4.1.1 Détection de la variabilité climatique
4.1.1.1 Variation des paramètres climatiques o Evolution de la hauteur de pluies
La pluviométrie moyenne annuelle dans la Commune de Tchaourou est comprise entre 178,6 mm et 1457,7 mm par an. La tendance pluviométrique a été mise en évidence par l’utilisation de la courbe de tendance polynomiale des indices pluviométriques ou anomalies calculées à partir des moyennes pluviométriques annuelles enregistrées dans la zone pendant la période de 1973-2012.
Figure 5.Variabilité interannuelle et tendance pluviométrique de Tchaourou de 1973-2012 Source : ASECNA Parakou
Il ressort de l’analyse de la figure 5 qu’il y a une certaine irrégularité des pluies au fil des années. La tendance évolutive de la pluie est à la hausse avec un faible coefficient de détermination.
Les indices pluviométriques annuels qualifient les quantités de pluies tombées annuellement dans la région. La figure 6 illustre les différentes séquences (sèche et humide) obtenues dans la Commune de la période allant de 1973 à 2012.
- 500 1 000 1 500 2 000
1973 1976 1979 1982 1985 1988 1991 1994 1997 2000 2003 2006 2009 2012
Cumul annuel (mm)
Années
Figure 6. Indice d’anomalie pluviométrique de Lamb de Tchaourou de 1973-2012.
Source : ASENA Parakou
Trois phases se dégagent sur la figure 6. La première part de 1973 à 1985 qualifiée d’une phase humide, la seconde de 1986 à 1993 marquée par des séries de sécheresses. Enfin, la période de 1994 à 2012 marquée par une alternance d’années sèches et humides. La répartition des années à pluviométries excédentaires et déficitaires enregistrées dans la Commune pendant la période de 1973-2012 est consignée dans le tableau 1.
Tableau1.Années excédentaires et déficitaires en précipitations annuelles
Commune de Tchaourou
Années excédentaires Années déficitaires 1973, 1975, 1978, 1979,
1980, 1982, 1984, 1985, 1989, 1991, 1994, 1995,1996, 1997, 2000, 2002, 2003, 2004, 2006,
2008, 2009, 2010, 2012
1974, 1976, 1977, 1981, 1983, 1986, 1987, 1988, 1990, 1992, 1993, 1998, 1999, 2001, 2005, 2007
Total 23 16
L’indice pluviométrique sur la période 1973-2012 a permis de constater que la Commune de Tchaourou est caractérisée par une forte variabilité pluviométrique sous la forme d’une alternance d’années déficitaires et excédentaires. La Commune a enregistré 40% d’années déficitaires et 57% d’années excédentaires.
o Evolution de l’Evapotranspiration Potentielle (ETP)
La tendance évolutive de l’ETP est constante sur la période de 1981-2010. Les variations interannuelles de l’ETP de Tchaourou oscillent autour de 45,42 mm sur toute la période
-3,0 -2,0 -1,0 - 1,0 2,0
1973 1975 1977 1979 1981 1983 1985 1987 1989 1991 1993 1995 1997 1999 2001 2003 2005 2007 2009 2011
Anomalie pluviométrique
Années
(Figure 7). L’ETP est restée excédentaire (supérieure à 45,42 mm qui est la moyenne interannuelle) de 19981 à 1986 avec un seuil maximum de 52,04 mm et déficitaire (ETP inférieure à 45,42 mm) avant et après cette durée avec un minimum de 46,32 mm.
Figure 7. Evolution de l’ETP annuelle et la tendance de son évolution de Tchaourou de 1981-2012
Source : ASECNA Parakou
o Evolution des températures
C’est dans ce contexte pluviométrique instable que l’on enregistre une augmentation des températures. Les variations interannuelles de la température montrent que la température de l’air connaît une hausse régulière sur toute la période 1973-2012.
Figure 8. Evolution de la température minimale annuelle de Tchaourou et la tendance de son évolution de 1973-2012.
Source : ASECNA Parakou
La figure 8 montre que la température minimale suit une évolution en dents de scie : la température est restée en générale inférieure à 20,25°C jusqu’en 1994 et supérieure à 20,25°C après cette année. Des valeurs supérieures à la moyenne ont été enregistrées à partir des
y = 0,0364x2- 1,2947x + 51 R² = 0,6129
0 20 40 60
1981 1983 1985 1987 1989 1991 1993 1995 1997 1999 2001 2003 2005 2007 2009
ETP annuelle
Années ETP Poly. (ETP)
y = 0,0538x + 19,555 R² = 0,6517
17,0 18,0 19,0 20,0 21,0 22,0
1973 1976 1979 1982 1985 1988 1991 1994 1997 2000 2003 2006 2009 2012
Tmini (°C)
Années Tmini Linéaire (Tmini)
années 1995 qui ont duré jusqu’en 2012 et semblent ne pas régresser. Cette évolution de la température minimale (tendance positive) prouve que la Commune de Tchaourou subit le réchauffement climatique. La figure 9 illustre la variation interannuelle et la tendance de la température maximale.
Figure 9. Evolution de la température maximale annuelle de Tchaourou et la tendance de son évolution de 1973-2012.
Source: ASECNA Parakou
Il ressort de ce graphe que la température maximale connaît une tendance à la hausse. Il a été constaté par comparaison que la température minimale augmente plus vite que la température maximale. La figure 10 montre l’évolution de la température moyenne annuelle et sa tendance évolutive.
Figure 10. Evolution de la température moyenne annuelle de Tchaourou et la tendance de son évolution de 1973-2012
Source : ASECNA Parakou
La température moyenne connaît une tendance à la hausse comme celle des autres. La température moyenne annuelle est restée inférieure à 26,6°C jusqu’en 1994 et supérieure à
y = 0,0294x + 32,359 R² = 0,2625
30,0 32,0 34,0 36,0
1973 1975 1977 1979 1981 1983 1985 1987 1989 991 1993 1995 1997 1999 2001 2003 2005 2007 2009 2011
Tmax(°C)
Années Tmax Linéaire (Tmax)
y = 0,0416x + 25,957 R² = 0,5823
23,0 24,0 25,0 26,0 27,0 28,0 29,0
1973 1976 1979 1982 1985 1988 1991 1994 1997 2000 2003 2006 2009 2012
Tmoy (°C)
Années Tmoy Linéaire (Tmoy)
26,6°C après cette année. On constate aussi qu’il fait chaud sur plus de la moitié de la période considérée. Le tableau 2 présente les équations tendancielles et les coefficients de détermination de chacune des températures.
Tableau 2 : les coefficients de détermination et les équations de la tendance des températures
R² Equations de la tendance
Température minimale 0,6517 y = 0,0538x + 19,555
Température maximale 0,2625 y = 0,0294x + 32,359
Température moyenne 0,5823 y = 0,0416x + 25,957
De la lecture du tableau 2, il a été constaté que la pente « a » de l’équation tendancielle de la température minimale est supérieur à celle des températures maximale et moyenne. Cela explique donc qu’il y a réchauffement climatique dans la région d’étude.
4.1.1.2Détermination de la variabilité climatique
Pour savoir comment les pluies ont été réparties dans la Commune de 1973-2012, l’indice de concentration de la précipitation PCI saisonnale par année a été calculé (Tableau 3).
Tableau3 : PCI saisonnale par année
Années PCI saisonnale Années PCI saisonnale
1973 8,30 1993 12,50
1974 10,21 1994 8,07
1975 9,80 1995 7,62
1976 9,11 1996 9,41
1977 8,95 1997 8,29
1978 8,58 1998 12,50
1979 8,54 1999 12,04
1980 8,93 2000 8,71
1981 9,51 2001 11,55
1982 7,79 2002 9,40
1983 9,56 2003 9,28
1984 8,95 2004 7,76
1985 10,96 2005 8,75
1986 9,05 2006 9,18
1987 14,08 2007 20,74
1988 29,58 2008 8,57
1989 9,89 2009 8,57
1990 25,59 2010 10,66
1991 8,40 2011 11,53
1992 11,04 2012 7,56
La moyenne du PCI saisonnale sur la période de 1973-2012 est 10,74. Il ressort donc que la précipitation de la Commune de Tchaourou présente moyennement une distribution modérée durant ces 40 dernières années.
L’analyse du tableau 3 montre que la précipitation de la zone d’étude présente trois types de distribution de 1973-2012 qui sont réparties dans le tableau 4.
Tableau4 : Années à distribution modérée, irrégulière et très irrégulière
Total
Années à distribution :
Uniforme Modérée très irrégulière
1973, 1975,1976, 1977, 1978, 1979, 1980, 1981, 1982, 1983, 1984, 1986, 1989, 1991, 1994, 1995, 1996, 1997, 2000, 2002, 2003, 2004, 2005, 2006, 2008, 2009, 2012
1974, 1985, 1987, 1992, 1993, 1998, 1999, 2001, 2010, 2011
1988, 2007, 1990
27 10 03
Le tableau 4 montre que sur une période de 40 ans, 67% présente une précipitation ayant une distribution uniforme alors que 25% et 7% des années présentent respectivement une distribution modérée et très irrégulière. Retenons qu’il y a une grande variation dans la répartition des pluies même pendant la saison humide de la région.
4.1.2 Détermination des variations de la production agricole
4.1.2.1 Détermination des anomalies au niveau des rendements des spéculations Les données agricoles collectées au niveau du SCDA Tchaourou de la période de 1996- 2012 ont permis de déterminer l’indice des anomalies du rendement de chacune des spéculations. La figure 11 présente respectivement les indices des anomalies des rendements du maïs et du sorgho.
Figure 11. Anomalies des rendements du maïs et du sorgho de 1996-2012 Source : SCDA Tchaourou
De la figure 11, il ressort qu’il y a au niveau du rendement du maïs plus d’anomalies positives que négatives. L’analyse des anomalies du rendement du sorgho montre que les années allant de 1999 à 2002 sont les seules qui présentent des anomalies positives.
Les tableaux 5 et 6 donnent respectivement plus de détail sur les différentes années à forts ou à faibles rendements du maïs et du sorgho.
Tableau 5 : Années excédentaires et déficitaires
Commune de Tchaourou
Années à excédent rendement
Années à déficit rendement 1997-2004, 2006, 2010-2012 1996, 2005,2007-2009
Total 12 5
Tableau 6: Années excédentaires et déficitaires Commune de Tchaourou
Années à excédent rendement
Années à déficit rendement 1999-2002 1996-1998,2003-2012
Total 04 13
La lecture de ces deux tableaux montre qu’au cours de la période allant de 1996-2012, la zone d’étude est marquée par une fluctuation de rendements du maïs et du sorgho. En effet, la Commune a enregistré pour le rendement du maïs 29% d’années déficitaire et 70%
d’années excédentaires. En ce qui concerne le rendement du sorgho, la Commune a enregistré 76% d’années déficitaires et 23% d’années excédentaires.
L’analyse de l’indice des anomalies des rendements d’arachide et du niébé montre que les anomalies des deux cultures sont aussi de plus en plus négatives que positives au cours de la
-3,0 -2,0 -1,0 0,0 1,0 2,0 3,0
1996 1998 2000 2002 2004 2006 2008 2010 2012
Anomalie du rendement du maïs
Années
-1,0 0,0 1,0 2,0
1996 1998 2000 2002 2004 2006 2008 2010 2012
Anomalie du rendement du sorgho
Années
période d’étude. La Figures 12 illustre respectivement les anomalies des rendements d’arachide et du niébé.
Figure 12. Anomalies des rendements d’arachide et du niébé de 1996-2012 Source : SCDA Tchaourou
Les tableaux 7 et 8 présentent respectivement la répartition des années déficitaires et excédentaires des rendements d’arachide et du niébé.
Tableau 7 : Années excédentaires et déficitaires Commune de Tchaourou
Années à excédent rendements
Années à déficit rendements
1996-2002 2003-2012
Total 07 10
Tableau 8 : Années excédentaires et déficitaires Commune de Tchaourou
Années à excédent rendements
Années à déficit rendements 1996, 1999, 2001, 2002 1997, 1998,2000, 2003-2012
Total 04 13
L’examen de ces tableaux traduit qu’il a été enregistré à Tchaourou pendant les 16 ans passées, 58% d’années déficitaires, 41% d’années excédentaires pour le rendement d’arachide et 76% d’années déficitaires, 23% d’années excédentaires pour ce qui concerne le rendement du niébé.
-2,0 0,0 2,0 4,0
Anomalie du rendement d'arachide
Années
-0,5 0,0 0,5 1,0
1996 1998 2000 2002 2004 2006 2008 2010 2012
Anomalie du rendement du niébé
Années
4.1.2.2 Evolution des rendements des spéculations agricoles
L’examen de la figure 13 montre que le rendement du maïs est très fluctuant d’une année à une autre. De l’ordre de 2501 kg/ha en 1996, il a amorcé sa remonté l’année suivante et est resté relativement constant jusqu’en 2004 avant de chuter de façon spectaculaire jusqu’à près de 1867 kg/ha en 2005. Il a atteint son rendement record de 3760 kg/ha en 2010, puis est passé en dessous des 2813 kg/ha (moyenne interannuelle) en 2012.
Figure 13. Courbe rendement du maïs et tendance de son évolution de 1996-2012 Source : SCDA Tchaourou
L’examen de la figure 14 traduit la tendance baissière de la courbe évolutive du rendement du sorgho avec un faible coefficient de détermination. Le rendement du sorgho, avec un maximum de 2817 kg/ha en 2002 a chuté sur 2003 et progresse légèrement jusqu’à atteindre son minimum 750kg/ha en 2005.
Figure 14. Courbe rendement du sorgho et tendance de son évolution de 1996-2012 Source : SCDA Tchaourou
y = 5,5317x2- 101,68x + 3059 R² = 0,076
0 1000 2000 3000 4000
1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012
Rendement en kg/ha
Année
Rendement Poly. (Rendement)
y = -10,847x2+ 131,94x + 1252,1 R² = 0,2177
0 1000 2000 3000
1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012
Rendement(kg/ha)
Années
Rendement Poly. (Rendement)
La tendance baissière du rendement du sorgho s’observe aussi au niveau du rendement de l’arachide (Figure 15). Seulement que le rendement de l’arachide atteint sa grande valeur (2700kg/ha) en 1996 et fluctue un peu plus que celui du sorgho.
Figure 15. Courbe rendement d’arachide et tendance de son évolution de 1996-2012 Source : SCDA Tchaourou
Le rendement du niébé décroit au fil des années en suivant une tendance à la baisse (Figure 16). De 1996-1999, il a été observé un accroissement de ce rendement qui a été suivi d’une baisse drastique l’année suivante. Le rendement atteint son summum 1907kg/ha en 2000.
Figure 16. Courbe du rendement du niébé et tendance de son évolution de 1996-2012 Source: SCDA Tchaourou
Il a été remarqué de l’examen de l’évolution des rendements de ces spéculations que le sorgho, l’arachide et le niébé sont des cultures dont les rendements fluctuent très peu de 2003 à 2012. Par contre, c’est à partir de cet intervalle d’années que le rendement de maïs a connu des variations importantes dans le temps.
y = 2311,9e-0,065x R² = 0,6501
0 1000 2000 3000
1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012
Rendement(kg/ha)
Années
Rendement Expon. (Rendement)
y = 2,1774x2- 109,21x + 1867,3 R² = 0,5453
0 1000 2000 3000
1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012
Rendement(kg/ha)
Années
Rendement Poly. (Rendement)
4.1.3 Evaluation de la relation entre climat et rendement de la production agricole.
Pour voir si les rendements des différentes spéculations (maïs, sorgho, arachide, niébé) dépendent des paramètres climatiques, les anomalies des rendements de chacune de ces cultures et celles de ces paramètres sont calculées et mises dans le tableau 9.
Tableau 9 : Anomalies des facteurs climatiques et des rendements des cultures
Années Anomalie de:
Anomalies des rendements des spéculations
Pluies Tmini Tmax Tmoy PCI saisonnal e
Maïs Sorgh o
Arachid e
Niéb é 1996 0,017 0,080 0,281 0,198 -0,003 -0,504 -0,585 0,767 0,70 1997 0,666
0,927
-0,179 0,474 -0,006 0,846 -0,585 0,763 -0,09
1998
-0,147 0,696
0,306 0,588 0,004 0,395 -0,585 0,841 -0,05
1999
-0,788 0,234
-0,179 0,050 0,003 0,204 1,771 2,194 0,07
2000
0,378
0,208
-0,104 0,074 -0,005 0,084 1,709 1,011 -0,22
2001
-0,218
0,721
0,443 0,675 0,002 0,120 1,728 1,053 0,07
2002
0,097 0,593
0,145 0,440 -0,003 0,208 1,773 1,049 0,07
2003
1,470 0,927
0,704 0,938 -0,003 0,073 -0,527 -0,896 -0,40
2004
0,544 1,235
-0,030 0,741 -0,007 0,519 -0,474 -0,778 -0,38
2005
-0,157 1,286
1,400 1,524 -0,005 -1,934 -0,644 -0,666 -0,39
2006
0,586 0,388
2,718 1,668 -0,004 0,528 -0,413 -0,945 -0,37
2007
-1,571 1,004
2,134 1,737 0,023 -1,566 -0,591 -0,549 -0,39
2008
1,043 0,978
2,072 1,689 -0,005 -1,469 -0,590 -0,756 -0,39
2009
0,750 1,055
0,729 1,030 -0,005 -0,396 -0,508 -0,709 -0,35 0,358 0,692 0,947 0,000 2,335 -0,468 -0,835 -0,36
2010 0,953 2011
-0,025 0,413
0,343 0,435 0,002 0,499 -0,424 -0,580 -0,33
2012
0,941 1,107
-0,490 0,420 -0,007 0,057 -0,585 -0,962 -0,42
Le tableau 9 a permis de tracer les courbes y=f(x) où les anomalies des rendements de la culture considérée sont mises sur l’axe des ordonnées et l’axe des abscisses contient les anomalies des paramètres (Pluie, PCI saisonnale, Tmini, Tmax, Tmoy). Après avoir tracé chacune des courbes, l’équation tendancielle de la courbe ayant le R² le plus élevé a été choisie. Le tableau 10 illustre les résultats obtenus.
Tableau 10 : Coefficients de détermination et équations tendancielles des variables.
Variables R² Equation de la tendance
Maïs (Pluie) 0,76 y = 0,0125x² - 0,2293x +
0,7539
Sorgho (PCI saisonnale) 0,2177 y = -0,0127x² + 0,1543x - 0,0567
Arachide (Tmini) 0,6301 y = 0,0053x² - 0,2513x + 1,7025
Niébé (Pluie) 0,118 y = -0,0033x² - 0,0067x +
0,409
Il ressort de l’analyse du tableau 10 que les rendements du sorgho et de l’arachide dépendent respectivement beaucoup plus de la manière dont la plus a été répartie (PCI saisonnale) dans la région et de la température minimale. Alors que les rendements du maïs et du niébé dépendent tous de la pluviométrie.
4.1.4 Stratégies endogènes d’adaptation en réponse des effets néfastes de la variabilité climatique.
Afin de pouvoir continuer à tirer l'essentiel de leur subsistance de leur milieu de vie malgré les mutations climatiques, les producteurs locaux ont donc, développé diverses stratégies d'adaptation. Ces stratégies concourent à la réduction des effets néfastes induits par les modifications du climat local, et sont assez variées au sein de la communauté paysanne.
Fortement inspirées du décalage des saisons, les stratégies mises en oeuvre sont aussi bien
collectives qu'individuelles. Ainsi, des stratégies collectives telles que les séances de prière à Dieu (PrDieu) (selon 95% des interviewés) interviennent dans l'adaptation aux retards/ruptures ainsi que les excès de pluies. La Figure 17 présente les stratégies individuelles adoptées par les producteurs agricoles interrogés.
Figure 17. Taux de réponses des enquêtés par rapport aux stratégies d’adaptation en réponse de la variabilité climatique
Source : Données d’enquête (Juin-septembre, 2015)
Légende : Adva : Adoption de variétés améliorées, Labspréc : Labour à sec pour les semis précoces, Assc : Association de cultures, Engmi : utilisation de l’Engrais minéral, Adorc : Adoption de la rotation de cultures, Erc : Entretien régulier des champs
L’interprétation de ce diagramme a été faite à travers l’explication de chaque stratégie adoptée :
o Adoption de variétés améliorées
L'adoption de variétés améliorées concerne surtout le maïs dans le cadre d’étude. En vue de palier aux conséquences de la distribution irrégulière des pluies, certains producteurs à la faveur et en contact permanent avec les agents du SCDA ont remplacé les variétés traditionnellement cultivées (maïs de quatre mois) par des variétés à cycle courts (maïs de trois mois) et à haut rendement. La compatibilité entre les exigences en eau et en température de cette nouvelle variété de culture et les nouvelles conditions écologiques résultant de la dynamique du climat sont les motifs qui fondent son adoption selon 95% des enquêtés. Les producteurs qui continuent de s’attacher à l’ancienne (semis tardif) s’expliquent par le fait qu’ils n’obtiennent que des épis stériles à la fin de la saison à cause de la rupture des pluies.
95
78,33
91,66
71,66 73,33
100
Adva Labspréc Assc Engmi Adopc Erc
Fréquence de réponses des enquêtés(%)
o Le labour à sec pour les semis précoce
Face aux retards que connaissent le démarrage de la saison pluvieuse dans leur localité, et la poche de sécheresse enregistrée en début de saison pluvieuse, les producteurs de la zone d’étude ont développé la technique de labour à sec. En effet, en vue de pouvoir démarrer les opérations de semis de culture dès les premières pluies, les producteurs procèdent au labour de leur champ en début de saison bien avant l'installation des pluies (78,33% des enquêtés).
Autrefois, c'était avec les premières pluies que démarraient les opérations de labour. C'est une mesure qui exige un surcoût d'effort de la part des producteurs. (Photo 1, Annexe)
o L’association de cultures
Les résultats de l’enquête montrent que 91,66% des producteurs agricoles interrogés pratiquent l’association culturale. Les associations les plus fréquentes sont : maïs -sorgho, maïs -niébé, sorgho-igname, maïs -manioc, manioc-igname et arachide-sésame. La plupart des enquêtés lient cette pratique à une situation de manque de terre pour la monoculture mais la majorité la lie à un souci de préservation de la sécurité alimentaire et nutritionnelle du ménage. En effet, les producteurs seraient dans une politique de multiplication des chances afin de garantir un minimum de récoltes en fin de saison. (Photos 2 et 3, Annexe)
o L'intensification de l'utilisation de fertilisants chimiques aux cultures
L’herbicidage et l’utilisation intensive d’engrais sont développés par 71,66% des producteurs interviewés dans le but de réduire la baisse de rendement induit par l’irrégularité pluviométrique. C'est une mesure défensive dont la durabilité et l'intérêt agronomique peuvent être néanmoins discuté surtout si l'on considère les cas où elle s'applique même aux cultures légumineuses telles que le niébé et l'arachide. Pour l’échantillon considéré, seulement 28,33%
des producteurs agricoles appliquent uniquement l’herbicide faute de moyens pour acheter l’engrais ou du fait qu’ils ne cultivent pas le coton. (Photo 4, Annexe)
o Adoption de la rotation de cultures et entretien régulier des champs.
La dégradation du sol et la non fertilité du sol sont à la base de l’adoption de cette pratique selon 73,33% des enquêtés. En ce qui concerne l’entretien, tous les interviewés sont conscients sur le fait qu’ils ne peuvent même pas obtenir de récoltes à la fin de la campagne pour la consommation ces dernières années sans le sarclage régulier. Ils disent qu’ils prennent soin de la semence depuis son semis et surtout pendant la phase de sa croissance.