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DOUGLAS KENNEDY JOANN SFAR

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Academic year: 2022

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Texte intégral

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EXTRAIT

DO UG L A S K E N N E DY J OA N N S FA R

Les fabuleuses aventures d’Aurore

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DÉCOUVREZ

LA SUITE DES AVENTURES D’AURORE

Douglas Kennedy est l’un des auteurs américains préférés des Français. Il s’est imposé avec, entre autres, Piège nuptial, L’homme qui voulait vivre sa vie, Les désarrois de Ned Allen, La poursuite du bonheur et Cet instant-là. Il vit entre New York, Paris, Londres et Berlin.

Les fabuleuses aventures d’Aurore est son premier livre jeunesse.

© bastien LEBAN / Leextra / Éditions Belfond

Joann Sfar est un auteur-illustrateur surdoué et prolifique. Dessinateur de presse, chroniqueur radio, cinéaste, Joann Sfar a publié de nombreux succès parmi lesquels Le chat du rabbin, qu’il a lui-même adapté au cinéma, Donjon et Petit vampire. Saluée à la fois par la critique et par le public, son œuvre a remporté de nombreux prix, notamment à Angoulême. Son film, Gainsbourg (vie héroïque), a été récompensé du César du meilleur premier film et son adaptation du Chat du rabbin a obtenu le César du meilleur film d’animation.

© Denis Felix

LES AUTEURS

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Traduit de l’anglais (États-Unis) par Catherine Nabokov À nos enfants :

Max et Amelia, Tautmina et Raoul

Maquette : Florence de Lavalette

Loi n° 49-956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse : mars 2019

© Douglas Kennedy et Joann Sfar, 2019

© 2019 Pocket Jeunesse, un département d’Univers Poche, pour la traduction française et la présente édition.

© Belfond, 2018, pour la traduction française.

© Belfond, 2019, pour la présente édition.

ISBN : 978-2-266-29036-4 Dépôt légal : mars 2019 Achevé d’imprimer en xxx

Do U g L A s K e N N e Dy J oA N N s fA r

Les fabuleuses aventures

d’Aurore

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—• 7 •—

C

et après-midi, dans la rue, j’ai vu trois terreurs venir vers nous. Elles nous ont souri. Mauvais signe.

Quand des terreurs sourient comme ça, ça veut dire :

« On va bien rigoler. »

Nous. Moi et ma sœur Émilie. Elle a quatorze ans

— trois ans de plus que moi. Quand elle a reconnu ces pestes, elle est devenue toute pâle. Elles sont dans la même classe qu’elle et elles la terrorisent.

C’est exactement ce qu’elles veulent : que tu aies peur.

J’ai écrit ça à ma sœur, il y a quelques mois, quand a commencé cette histoire de harcèlement. Elle m’a répondu que j’avais raison, mais que ces filles avaient ce pouvoir sur elle : elles la terrorisaient.

C’est pour ça que, quand elle les a vues venir vers nous, elle m’a dit tout bas :

– On traverse.

– Vous allez où, comme ça ? a crié Dorothée, la chef.

Émilie s’est arrêtée net, pétrifiée. Je l’ai prise par la main pour continuer à marcher. Mais Dorothée et sa bande nous ont encerclées.

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C

et après-midi, dans la rue, j’ai vu trois terreurs venir vers nous. Elles nous ont souri. Mauvais signe.

Quand des terreurs sourient comme ça, ça veut dire :

« On va bien rigoler. »

Nous. Moi et ma sœur Émilie. Elle a quatorze ans

— trois ans de plus que moi. Quand elle a reconnu ces pestes, elle est devenue toute pâle. Elles sont dans la même classe qu’elle et elles la terrorisent.

C’est exactement ce qu’elles veulent : que tu aies peur.

J’ai écrit ça à ma sœur, il y a quelques mois, quand a commencé cette histoire de harcèlement. Elle m’a répondu que j’avais raison, mais que ces filles avaient ce pouvoir sur elle : elles la terrorisaient.

C’est pour ça que, quand elle les a vues venir vers nous, elle m’a dit tout bas :

– On traverse.

– Vous allez où, comme ça ? a crié Dorothée, la chef.

Émilie s’est arrêtée net, pétrifiée. Je l’ai prise par la main pour continuer à marcher. Mais Dorothée et sa bande nous ont encerclées.

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– Bébé Émilie est sortie faire un tour avec sa gogole de sœur ? elle a lancé.

Ses deux copines ont ri, comme chaque fois qu’elle dit quelque chose de méchant. Émilie s’est mise à trembler.

J’ai serré fort sa main et j’ai fixé Dorothée droit dans les yeux.

– Regardez-moi cette débile qui se prend pour une dure ! s’est exclamée Dorothée.

J’ai commencé à écrire quelque chose.

– Tu sais pourquoi tu ne sais pas parler ? a dit Dorothée.

Parce que tu es une attardée.

Je lui ai mis sous le nez ce que je venais d’écrire, pour l’obliger à lire :

– Ta mère t’a traitée d’attardée hier, non ? Elle te dit tou- jours des trucs horribles. C’est pour ça que tu joues les caïds.

Dorothée a ouvert des yeux grands comme des sou- coupes. Comme si on avait découvert son secret. Ce qui, à mon avis, était le cas.

– Comment tu le sais ? elle m’a jeté, d’un air mauvais.

Hein ? Comment ? J’ai écrit à toute allure : – Je vois derrière les yeux.

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J

e vois derrière les yeux des gens.

C’est mon pouvoir magique.

Quand Maman fait semblant d’être heureuse, je vois bien à quel point elle est triste, en vrai. Quand Pap’ me dit qu’il est content de sa vie avec sa nouvelle copine, je lis ses soucis dans son regard. Et je sais qu’Émilie pense que c’est ma faute si Maman et Pap’ ne sont plus ensemble, même si elle ne me l’a jamais dit en face.

J’ai demandé à Maman si c’était vrai que les autres avaient des problèmes à cause de moi. Elle m’a répondu : – Ne laisse personne te dire ça, Aurore. Tu es comme ton prénom : un vrai soleil.

Aurore.

C’est moi !

Pap’ m’a raconté qu’il y a très longtemps, à l’époque où on lisait sur des papyrus et où on s’éclairait la nuit avec du feu, les gens adoraient une déesse nommée Aurore.

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Grâce à son pouvoir magique, tous les matins, le soleil se levait. Elle veillait à faire partir les ténèbres.

– C’est comme toi, Aurore, m’a dit Pap’. Tu fais dispa- raître les ténèbres.

Avec Josiane, je peux parler de ma magie : comment mon pouvoir réussit à « faire disparaître les ténèbres ».

Elle a dit :

– Aider les autres, c’est ça qui est magique.

Josiane a grandi à deux rues de chez moi, mais sa Maman et son Pap’ viennent tous les deux d’un pays d’Afrique qui s’appelle le Sénégal. Josiane rit très fort et elle est toujours en train de lire des livres, de parler de politique et de me dire qu’il faut lutter et respecter les autres dans un monde où chacun rend l’autre respon- sable de ses propres difficultés.

Josiane est très intelligente. Et très inquiète de ce qu’elle considère comme le plus grand problème au monde : l’injustice. Si on n’est pas juste, c’est mal.

– Tu dois être juste, elle me répète tout le temps. C’est la meilleure façon de vivre.

Josiane est ma professeure. Comme j’ai un pouvoir, je ne vais pas dans une école normale. Mon école, c’est à la maison, et Josiane et moi nous travaillons tous les jours pendant plusieurs heures. C’est Josiane qui a découvert que je voyais derrière les yeux des gens. Et c’est elle qui m’a appris comment communiquer avec les autres.

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Ma magie fait que je ne parle pas comme tout le monde, alors j’écris ce que je veux dire, ce que je pense. Et je pense beaucoup !

Avant Josiane, je n’avais aucun moyen de faire com- prendre à Maman, Pap’, Émilie ou qui que ce soit ce qui se passait en moi. Josiane m’a donné ce magnifique rec- tangle noir avec un écran blanc. Elle m’a dit que c’était ma tablette et que, sur ma tablette, je pourrais avoir des conversations, comme tout le monde.

Josiane a été vraiment sévère avec moi pour m’apprendre à parler sur ma tablette.

– Ce que je te demande n’est pas facile, Aurore, je m’en doute bien. Mais tu dois comprendre que si je suis dure avec toi, c’est parce que je sais que tu es géniale. Plus exactement, je sais que tu vas être géniale !

Ça m’a pris des mois et des mois, mais j’ai réussi à parler sur ma tablette. Et à parler vite, en plus !

C’est comme ça que j’ai pu révéler à Josiane que je voyais derrière les yeux des gens. Et derrière les siens, aussi.

– À quoi je pense, là ? a demandé Josiane quand je lui ai parlé de mon pouvoir pour la première fois.

J’ai aussitôt écrit ma réponse sur ma tablette.

– Tu te dis : « Je sais qu’Aurore est intelligente, mais est-ce qu’elle l’est à ce point ? Peut-on vraiment deviner les pensées de quelqu’un ? »

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Josiane a écarquillé les yeux. Encore plus quand j’ai ajouté :

– Et aussi : « Je dois passer prendre du vin en rentrant parce que Léon vient à la maison. »

Là, elle a eu les yeux ronds comme des billes. Léon est son petit ami.

– Ça, c’est un vrai pouvoir magique, elle a dit.

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16,90 - 240 pages Disponible en librairie

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LA SUITE DES AVENTURES D’AURORE

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Références

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