BCPST2
95 2 3 Séries numériques
I Généralités
A) Dénition Dénition :
Soit (an)n∈Nune suite à valeurs dansR.
On appelle série de terme général an, et on note P
an la suite dénie par : Sn=
n
X
k=0
ak
On dit que Sn est la somme partielle d'indicen. Remarque:
Comment transformer une suite en série ?
Soit une suite(bn)n∈N. On veut exprimer la suite(bn)comme une série, c'est-à-dire trouver une suite (an) telle que ∀n∈N, bn=
n
X
k=0
ak. On pose : an=bn−bn−1 pour n≥1eta0=b0.
B) Convergence d'une série Dénition :
Soit P
an une série.
On noteSn=
n
X
k=0
ak la somme partielle d'indicen.
G On dit que la série est convergente si et seulement si la suite(Sn) est convergente.
G Dans ce cas, on appelle somme de la série et on note
+∞
X
k=0
ak, la limite de la suite (Sn). G Dans le cas contraire, la série est dite divergente.
Remarque:
Bien faire la diérence dans la notation entre : G X
ak ou X
k≥0
ak : qui représente la série, c'est à dire que l'on se pose la question de la convergence des sommes partielles.
G
+∞
X
k=0
ak qui est la somme de la série, en cas de convergence.
En particulier, il faut avoir montré que la série est convergente avant d'écrire et de manipuler le réel :
+∞
X
k=0
ak
Exemple : Série géométrique
©
On considère la sérieP qn.A quelle condition sur q cette série est-elle convergente ? Exemple : Série télescopique
©
Soitun= (n+ 1)α−nα.
Etudier suivant la valeur de α la nature de la sérieP un. En cas de convergence, préciser la valeur de la somme.
Remarque:
G Certaines séries ne sont dénies qu'à partir d'un certain rangn0 : dans ce cas là, on écrit X
k≥n0
ak pour écrire la série.
En cas de covergence, la somme est notée
+∞
X
k=n0
ak
G X
k≥n0
ak et X
k≥n1
ak sont de même nature.
En cas de convergence, on a (avecn0 < n1) :
+∞
X
k=n0
ak=
n1−1
X
k=n0
ak+
+∞
X
k=n1
ak
C) Reste d'une série convergente Dénition :
Soit P
ak une série convergente.
On appelle reste de rang net on note (souvent)
Rn=
+∞
X
k=n+1
ak
Proposition : Soit P
ak une série convergente.
G ∀n∈N, Sn+Rn=
+∞
X
k=0
ak G Rn −→
n→+∞0
II Premières propriétés des séries
A) Divergence grossière Proposition :
Soit P
an une série convergente alors an −→
n→∞0.
En particulier si lim
n→∞ an6= 0 alors la série diverge.
On dit que la série diverge grossièrement.
Démonstration : Remarque:
La réciproque est fausse.
EtudierX1 n.
B) Sommes de séries Proposition :
SoientP
an etP
bn deux séries.
G SiP
an etP
bnsont convergentes alors P
(an+bn)est convergente et
+∞
X
n=0
(an+bn) =
+∞
X
n=0
an+
+∞
X
n=0
bn
G SiP
an est convergente etP
bndivergente alors P
(an+bn) est divergente . G SiP
an etP
bnsont divergentes alors on ne peut rien dire sur P
(an+bn). Démonstration :
Remarque:
Soit P
cn une série convergente.
On suppose que cn s'écrit sous la formecn=an+bn. Avant de séparer sous la forme
+∞
X
n=0
an+
+∞
X
n=0
bn, il faut impérativement montrer la conver- gence des 2 séries.
Proposition : Soit P
an une série et λ∈R, λ6= 0. Les séries P
anetP
λan sont de même nature.
En cas de convergence, on a
+∞
X
n=0
λan=λ
+∞
X
n=0
an
III Séries à termes positifs
A) Dénition Dénition :
Soit P
an une série.
On dit que la sérieP
an est à termes positifs si et seulement si∀n≥0, an≥0.
B) Théorème de Majoration Proposition :
Soit P
an une série à termes positifs.
On noteSn=
n
X
k=0
ak la somme partielle d'indicen. G Si(Sn) est majorée alors la sérieP
an est convergente.
G SinonSn −→
n→∞ +∞. Démonstration :
C) Théorème de comparaison Proposition :
SoientP
un etP
vndeux séries à termes positifs.
On suppose :∃n0 ∈N,∀n≥n0, un≤vn. G SiP
vn est convergente alorsP
un est convergente.
G SiP
un est divergente alors P
vn est divergente.
Démonstration :
Comment utiliser le théorème de comparaison ?
Méthode
SoitX
an une série sur[a, b[. On veut montrer la convergence de X an. â Vérier que la série est à termes positifs.
â Trouver une série X
bn à termes positifs telle que : ∀n≥0, an≤bn. â Vérier queX
bnest convergente.
â Conclure : D'après le théorème de compariason des séries à termes positifs, X an
converge. converge.
Il est inutile et très maladroit d'écrire une inégalité du style :
+∞
X
n=0
an≤
+∞
X
n=0
bn avant d'avoir conclu.
D) Etude de la convergence par la recherche d'un équivalent SoientP
un etP
vn deux séries à termes positifs. On suppose :un ∼
n→∞ vn. Alors, les deux séries sont de même nature.
Méthode à rédiger à chaque fois :
Utilisation d'équivalent
Méthode
G Commeun ∼
n→∞ vn, on a : un
vn −→
n→∞1. G On en déduit :∃n0 ∈N,∀n≥n0,
un vn
−1
≤ 1
2 =⇒ −1 2 ≤ un
vn
−1≤ 1 2
=⇒ 1
2vn≤un≤ 3 2vn
G On utilise ensuite le théorème de comparaison et l'inégalité précédente pour conclure.
Exemple :
©
Etudier la nature de la série P sin 31n.
E) Comparaison avec une intégrale
Soitf :R→Rdécroissante, positive et continue. Soit la sérieX f(n). La méthode suivante est classique et à connaître :
Comparaison avec une intégrale
Méthode
G En utilisant la décroissance def, encadrerZ n+1 n
f(t)dt.
−→ 1 i
−→ j
1
O
x7→f(x)
f(n) f(n+ 1)
n n+ 1
G En déduire un encadrement def(n).
G En déduire un encadrement des sommes partielles par des intégrales.
G Conclure avec le théorème de majoration.
Exemple :
©
Etudier la série X 1nα suivant les valeurs deα.
F) Absolue Convergence Dénition :
Soit P
an une série.
On dit que la série est absolument convergente si et seulement si la sérieP|an|est convergente.
Proposition : Soit P
an une série.
Une série absoluement convergente est convergente.
La réciproque est fausse.
Démonstration :
Exemple : Etude de la série harmonique alternée.
©
Montrer que la série X(−1)nn est convergente non absolument convergente.
IV Calculs de séries classiques
Proposition :
G ∀q ∈R, |q|<1,
+∞
X
n=0
qn= 1 1−q
G ∀q ∈R, |q|<1,
+∞
X
n=0
nqn−1= 1 (1−q)2
G ∀q ∈R, |q|<1,
+∞
X
n=0
n(n−1)qn−2 = 2 (1−q)3
G ∀x∈R,
+∞
X
n=0
xn n! =ex
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C'est un mathématicien qui organise une loterie dans laquelle le prix est une quantité innie d'argent.
Tous les tickets sont vendus très vite. Quand l'heureux gagnant se présente pour réclamer son prix, le mathématicien explique le mode de paiement : 1 euro maintenant, 1/2 euro demain, 1/3 d'euro le jour suivant, etc
©Exercice 1: /home/carine/BCPST/Basexo/Analyse/Series/Serie01.tex
Soit f : [0; 1] → R une fonction continue. Montrer que la série X
n≥0
(−1)n Z 1
0
xnf(x)dx est convergente et calculer sa somme.
©Exercice 2: /home/carine/BCPST/Basexo/Analyse/Series/Serie04.tex
1◦) Pour toutn∈N, simplier,arctan(n2+n+ 1)−arctan(n2−n+ 1). 2◦) En déduire queX
n≥0
arctan
2n n4+n2+ 2
converge et calculer sa somme.
©Exercice 3: /home/carine/BCPST/Basexo/Analyse/Series/Serie03.tex
Soitα∈R.
On pose :∀n≥2, un= (n−1)α+ (n+ 1)α−2nα. Etudier la convergence deP
un et le cas échéant, calculer la somme de la série.
©Exercice 4: /home/carine/BCPST/Basexo/Analyse/Series/Serie15.tex
Etudier la série de terme généralun= cos(π√ n) n! .
©Exercice 5: /home/carine/BCPST/Basexo/Analyse/Series/Serie21.tex
Montrer la convergence et calculer la somme des séries de terme général : 1◦) un= 22n+1
3n−1 2◦) un= 3n+ 1
4nn!
3◦) un= n2−n+ 1 5n
4◦) un=n2 n!
5◦) un= 1 n3−n
©Exercice 6: /home/carine/BCPST/Basexo//Analyse/Series/Serie12.tex
Nature et somme des sériesX 1
(2n+ 1)! etX n (2n+ 1)!
©Exercice 7: /home/carine/BCPST/Basexo/Analyse/Series/Serie05.tex
1◦) Montrer que, pour tout réelx∈[−1; 1[et tout entiernnon nul, on a
ln(1−x) =−
n
X
k=1
xk k −
Z x
0
tn 1−tdt 2◦) En déduire que
ln(2) =X
n≥1
1
2nn =X
n≥1
(−1)n+1 n
Majorer chaque reste à l'ordrenet écrire un programme en python pour calculer ln(2)à 10−6 près.
©Exercice 8: /home/carine/BCPST/Basexo/Analyse/Series/Serie11.tex
Considérons la suite(vn)n∈N∗ dénie parvn=
n−1
X
k=1
1 k−lnn
1◦) On dénit la suite(wn)n∈N∗ par :wn=vn+1−vn . Montrer quewn≥0 pourn≥2. 2◦) Étudier la fonctionf :x7→x−ln(1 +x)−x22. En déduire une majoration dewn.
3◦) Déduire des questions précédentes que la série de terme généralwn est convergente puis que la suite (vn)n∈N∗ est convergente.
4◦) Donner un équivalent de
n
X
k=1
1 k
©Exercice 9: /home/carine/BCPST/Basexo/Analyse/Series/Serie13.tex
1◦) Montrer que la sérieX 1
n2 est convergente.
On admet que X
n≥1
1 n2 = π2
6 .
2◦) Calculer, après avoir montré la convergence, la somme des séries suivantes :
P =X
n≥1
1
(2n)2, I =X
n≥0
1
(2n+ 1)2, A=X
n≥1
(−1)n n2
©Exercice 10:/home/carine/BCPST/Basexo/Analyse/Series/Serie22.tex
On poseun= n
n+ 1 n2
.
1◦) Déterminer la limite devn = √n
un et en déduire quevn ≤1
2 au moins à partir d'un certain rang.
2◦) En déduire la nature de la série.
3◦) Donner une majoration du reste d'ordrende la série.
©Exercice 11:/home/carine/BCPST/Basexo/Analyse/Series/Serie09.tex
1◦) On dénitf :x7→ lnx
x . Étudier succintement cette fonction.
2◦) Démontrer la proposition suivante :
∀n >3, Z n
4
lnt
t dt+ln 2
2 +ln(3)
3 ≤
n
X
k=1
lnk k ≤
Z n
3
lnt
t dt+ln 2
2 +ln(3) 3
En déduire la nature de la série Pln(n)
n . On note Sn =
n
X
k=1
lnk
k . Donner un équivalent simple de la suite(Sn).
3◦) On se propose de démontrer l'existence d'un nombrec tel queSn =ln2(n)
2 +c+ε(n)oùε(n)n→∞−→0 a) Démontrer que, pour toutn∈N∗,
ln2(n)−ln2(n−1) = 2lnn n +lnn
n2 + o
n∞
lnn n2
b) On poseun=lnn n −1
2 ln2(n)−ln2(n−1) . Exprimer Sn à l'aide de
n
X
k=2
uk. c) Conclure.