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ARTICLE ORIGINAL
Impact des cures de prolapsus pelviens par promontofixation laparoscopique sur la
sexualité du couple
Consequences of coelioscopic sacrocolopoxy on the sexuality of the couple
O. Lam Van Ba
a,∗, L. Wagner
a, F. Letois
b, N. Siegler
a, L. Soustelle
a, M. Boukaram
a, K. Ben Naoum
a,
S. Droupy
a, P. Costa
aaServiced’urologieetandrologie,CHUdeNîmes,placeduProfesseur-Debré,30029Nîmes cedex09,France
bDépartementdel’informationmédicaleetbiostatistiques,CHUdeMontpellier,avenue Augustin-Fliche,34295Montpelliercedex5,France
Rec¸ule6juillet2013;acceptéle4octobre2013 DisponiblesurInternetle7novembre2013
MOTSCLÉS Prolapsuspelvien; Promontofixation; Qualitédevie; Sexualité; Couple
Résumé
But.—Évaluerl’impactdutraitementchirurgicaldesprolapsuspelviensparpromontofixation surlasexualitéducouplemesuréepardesauto-questionnaires.
Patientes.—Étudeprospective,monocentriquedepatientesconsécutivestraitéesparpromon- tofixation.Lespatientes,dontleprolapsusétaitévaluéàchaquevisiteaveclaclassification POPQ,etleursconjointsétaientinvitésàremplirdesquestionnairesdequalitédevieetdequa- litédeviesexuelleenpré-etpost-chirurgie(6mois)(auto-questionnairesPISQ12,PFDI-20chez lespatientes,antécédentsmédicaux,IIEF,PISQ12modifiéchezlesconjoints).
Résultats.—De mai à décembre2010, 25couples ont été évalués. Les taux de correction anatomique(POPQ<2)auxétagesmoyen,antérieuretpostérieurétaientrespectivementde 100,0%, 95,4%et66,7%. Sixmoisaprèsla chirurgie,65,2%(n=15)descouplesavaientune activité sexuelleaumoins hebdomadairecontre54,2%(n=13)enpréopératoire(p<0,001).
Deuxcasdediminutiondel’activitésexuelleenpostopératoireontétérapportésmaissem- blaientindépendantsdelachirurgie(absencedepartenaireetdysfonctionérectile).Chezla femme,ilexistaitunediminutionsignificativedelagêneenrapportavecleprolapsus(pesanteur
∗Auteurcorrespondant.
Adressese-mail:ornella[email protected](O.LamVanBa),[email protected](L.Wagner),[email protected] (F.Letois),[email protected](N.Siegler),[email protected](L.Soustelle),[email protected] (M.Boukaram),[email protected](K.BenNaoum),[email protected](S.Droupy),[email protected] (P.Costa).
1166-7087/$—seefrontmatter©2013ElsevierMassonSAS.Tousdroitsréservés.
http://dx.doi.org/10.1016/j.purol.2013.10.005
pelvienneetsymptomatologieurinaire)etdeladyspareunie;uneaméliorationdelaqualité deviesexuelle(p=0,08). Chezl’homme,onnotait uneaméliorationnonsignificativedela sexualité(autoquestionnaireIIEF) portantsur lafonction érectileet lasatisfactionliée aux rapportssexuels.
Conclusions.—Lescuresdeprolapsuspelvienparpromontofixationn’ontpasd’impactnégatif surlasexualitéducoupleetpourraientmêmel’améliorer.L’évaluationduconjointapportedes informationsimportantespourl’interprétationdesrésultats.
Niveaudepreuve.—3.
©2013ElsevierMassonSAS.Tousdroitsréservés.
KEYWORDS
Pelvicorganprolapse;
Coelioscopic sacrocolopoxy;
Qualityoflife;
Sexuality;
Couple
Summary
Aim.—Toassesstheimpactonthesexualityofthecoupleofpelvicorganprolapserepairwith coelioscopicsacrocolopoxy.
Material.—Pilot, prospective, monocentre study conducted in Nîmes university hospital.
Consecutive patients undergoing coelioscopic sacrocolpopexy and their partner were invi- ted to participate. Women attended a pre-surgical visit and a 6-month post-surgery visit wherepelvicorganprolapsestatuswasclinicallyassessed.Inthesametime,theyandtheir partnerfilledgeneralquality oflifeandspecificsexualquality oflifequestionnaires(ques- tionnairesPISQ12,PFDI-20inwomen,medicalhistory,IIEF,modifiedPISQ12questionnairesin men).
Results.—FromMaytoDecember 2010,25coupleswereassessed.Anatomicalsuccessrates (POPQ<2)inthemiddle,anteriorandposteriorcompartmentswererespectivelyof100%,95.4%
and66.7%.Aftersurgery,65.2%ofpairs(n=15)reportedanatleasthebdomadalfrequencyof sexualintercourse,ascomparedwith54.2%(n=13)ofpairsbeforesurgery(P<0.001).Twocases ofdecreaseof sexualintercoursesfrequency were reportedand appeared partner-related.
Therewasanoverallnon-significantimprovementinsexualqualityoflifeinmenandwomen.
Generalpelvicorgandistress,urinaryincontinenceandspecificpelvicorganprolapsedistresses weresignificantlyimprovedaftersurgery.
Conclusion.—Coelioscopic sacrocolpopexy does not impair couple’s sexuality, assessed as sexualintercoursesfrequencyandcouldevenimproveit.Partner’sassessmentcanbringimpor- tantinformationwithrespecttotheinterpretationoffunctionalsexualresultsofsurgery.
©2013ElsevierMassonSAS.Allrightsreserved.
Introduction
Lesprolapsusurogénitauxféminins sontuneaffectionfré- quente.Ainsi,dansuneétuderéaliséeauxÉtats-Unischez desfemmesâgéesdeplusde20ans,lamoitiédesfemmes ayantaccouchéprésenteraitdesdegrésdivers,symptoma- tiquesounon,deprolapsus[1,2].
Enraisondeleurretentissementfonctionnelqu’ilssoient digestifs, urinaires ou sexuels les prolapsus urogénitaux pourraientêtre responsablesd’une altérationsignificative de la qualité de vie des patientes, notamment sexuelle [3—6]. En effet,les prolapsuspelviens peuvent altérer la fonction sexuelle par le biais d’un inconfort, d’une dys- pareunieoud’uneincontinenceurinairelorsdesrapports.
Aussi,demultiplestechniques chirurgicalesontété déve- loppées afin de corriger ces troubles de la statique [1].
Actuellement, la promontofixation par voie cœlioscopie constitueletraitementderéférencedesprolapsusurogéni- tauxdelafemmejeune[7].Cettetechniquebienqueplus invasivequelachirurgieparvoievaginaleprésenterait un risqueiatrogéniquesexuelmoindre[8].
Cependant, si lesrésultats anatomiqueset la satisfac- tion globale des patientes sont excellents (92% et 94%
respectivement),lesrésultatsfonctionnelspostopératoires évalués en termes de qualité de vie sont plus contras- tés [7]. Ainsi, les cures de prolapsus ne permettent pas systématiquementunrecouvrementdelasexualitépréopé- ratoireetpourraientmêmeêtredélétères[7,9].Àcejour, l’impactdelacuredesprolapsuspelviensparpromontofixa- tioncœlioscopiquen’aétéévaluéquedupointdevuede la femmeetnonducouple [10].Pourtant,levécu sexuel du prolapsus génital et de son traitement chirurgical, la modificationéventuelledessensationsetlesappréhensions dupartenaireconstituent des élémentsdéterminantdela qualité de vie sexuelle du couple. De même, l’existence dans cettecatégoried’âgededysfonctionssexuelleschez l’hommen’estpasexceptionnelleetpeutparticiperàune altération de la qualité de vie sexuelle dans le couple.
L’améliorationdesconnaissancessurcesujet sembledonc indispensable pourévaluerdefac¸on satisfaisantel’impact de la chirurgie par promontofixation sur la sexualité du couple.
L’objectif de notre étude était d’évaluer l’impact des prolapsusurogénitauxetdeleurpriseenchargechirurgicale parpromontofixationsurlasexualitéducoupleestimégrâce àdesauto-questionnaires.
Patientes et méthodes Étude et objectifs
Ils’agissaitd’uneétudepilotemono-centriqueobservation- nelleetprospective.Sonobjectifprincipalétaitd’évaluer l’impactdesprolapsusurogénitauxetdeleurpriseencharge chirurgicaleparpromontofixationsurlasexualitéducouple estiméeentermes defréquencede rapportssexuels.Son objectifsecondaireétaitl’évaluationdel’impact despro- lapsuspelviensetdeleurtraitement surlaqualité devie sexuellechezl’hommeetchezlafemme.
Patientes et conjoints
Touteslespatientesopéréesconsécutivementd’unecurede prolapsuspelvienparpromontofixationdemaiàdécembre 2010, étaient éligibles pour cette étude. Les critères d’exclusionétaient:
• barrièredelalangue(languefranc¸aisenonmaîtrisée);
• absencedeconjoint;
• troublesdesfonctionssupérieuresouadultesprotégés;
• réalisation d’une colpopérinéorraphie postérieure asso- ciéeenperopératoireenraisondurisquededyspareunie potentiel,inhérentaugeste;
• refusdeparticiperàl’étude.
Cetteétudeaétéréaliséeenaccordaveclesrèglesde bonnepratiqueenmatièrederechercheensanté(accords comitéconsultatifpour le traitement de l’information en matière de recherche dans le domaine de la santéet de lacommissionnationaledel’informatiqueetdeslibertés).
Les patientes et leurs conjoints (contactés indirectement parl’intermédiairedespatientes)ontrempliunformulaire deconsentement.
Schéma de l’étude
L’études’estdérouléedelafac¸onsuivante.
Évaluationpréopératoire Chezlespatientes
Lors dela consultation préopératoire, celles-ci ont béné- ficié d’une évaluation de leur prolapsus d’un point de vue anatomique, via la «pelvic organ prolapse quanti- fication classification» (POP-Q) et fonctionnelle via les questionnaires validés en franc¸ais Pelvic Floor Distress Inventory-20 (PFDI-20) et ses sous-scores CRADI-8, UDI-6, POPDI-6pour évaluer la sévérité des symptômes liés au prolapsusetle PelvicOrganProlapseUrinaryIncontinence SexualQuestionnaire-12(PISQ-12)pourévaluerlafonction sexuelle,ladyspareunie(Question5)etlagêneoccasionnée [11—13].
Chezlesconjoints
L’évaluation de la qualité de vie sexuelle a été réalisée à l’aide detrois auto-questionnaires une fois leur accord obtenu par l’intermédiaire leur conjointe etle consente- mentsigné:
• auto-questionnaire d’antécédents médicaux: recueil des caractéristiques démographiques, des antécédents
médicaux/chirurgicauxetdestraitementsàlarecherche desourcespotentiellesdedysfonctionsexuelle;
• international index of erectile function (IIEF): auto- questionnaire évaluant les différents domaines de la fonctionsexuelle masculine:fonctionérectile,fonction orgasmique, désir sexuel, satisfaction lorsdes rapports sexuels,satisfactionglobale[14];
• PISQ12modifié:ils’agitduPISQ12utiliséchezlesfemmes ettransforméàl’attentiondeleurconjointpourévaluer leressentidel’impactduprolapsusdanslaviesexuelledu coupleetderecueillirainsil’opiniondesdeuxconjoints surlessignesfonctionnelsassociés(fuited’urines,perte fécales)ouladouleurlorsdesrapportssexuels.Ceques- tionnairemodifién’apasfaitl’objetd’uneprocédurede validation(Matérielcomplémentaire,Documentenligne 1).
Interventionchirurgicale
Toutes les patientes ont bénéficié d’une sacrocolpopexie par voie laparoscopique avec conservation utérine selon la technique décrite par Wagner et al. [7]. Les gestes complémentaires seulsou en association suivants étaient réaliséssinécessaires:
• posedebandelettes sous-uréthraledetypetension-free vaginaltape (TVT)outransobturatortape(TOT)encas d’incontinenceurinaired’effort patenteàl’examencli- nique préopératoire lorsde manœuvre deréductiondu prolapsusavecvalves;
• ligature tubaire, à la demande de la patiente à visée contraceptiveaprèsinformationetsignatureduconsen- tement.
Il était recommandé aux patientes d’observer une abstinence sexuelle au cours des 4semaines suivant l’intervention.
Évaluationpostopératoire
Lespatientesontbénéficiédedeuxconsultationspostopé- ratoires à 3et 6mois. Lors de cette dernière visite, des évaluationsfonctionnelleetanatomique,identiquesàcelles réaliséeslorsdelaconsultationpréopératoireontétéréali- séesetlesquestionnairesdequalitédeviesexuelleétaient remisàl’attentionduconjoint.
Critèresdejugement
Le critère dejugement principal était la comparaisonde lafréquencedesrapportssexuels(aumoinshebdomadaire vsmoinsd’unefoisparsemaine)déclarésparlecoupleen pré-etpostopératoire(6mois).Lafréquencedes rapports sexuelsaétéévaluéechezlafemmelorsdelaconsultation etchezl’hommeparl’intermédiaireduquestionnairePISQ- 12modifié. Les critères de jugement secondaires étaient lacomparaison del’évolution globale etparticulière(par question) des scores de qualité de vie générale liée au prolapsus (PFDI20, CRADI-8, UDI-6, POPDI-6) et sexuelle (PISQ12, PISQ12modifié, IIEF) chez l’homme et chez la femme.
Figure1. Diagrammedel’étude.
Analysesstatistiques
Les variables continues ont été présentées avec leur moyenneet leursvaleurs extrêmes(minimale/maximale), lesvariablesqualitativessousformedepourcentage.
Pourun coupledonné, l’évolutionde lafréquence des rapportssexuelsdéclaréeparaumoinsundesdeuxconjoints a été évaluée de fac¸on qualitative (augmentation, dimi- nution, stabilité de la fréquence des rapports sexuels au moins hebdomadaires ou non). En cas de discordance de réponse entre conjoints les données du couple étaient excluesdel’analyseprincipale.Lacomparaisondela fré- quencedes rapportssexuelsavant etaprèsinterventiona été estimée à l’aide d’un test de Fisher. L’évolution des scores pré- et postopératoire des questionnaires de qua- lité devie PDFI-20etde ses sous-scores,PISQ-12féminin, PISQ-12modifié, IIEF ont été comparées à l’aide du test nonparamétrique apparié deWilcoxon. Un p inférieur ou égalà5%étaitconsidérécommestatistiquementsignifica- tif.
Résultats
Demaiànovembre2010,39patientesontbénéficiéd’une curedeprolapsusgénito-urinaireparpromontofixationdont 25vivaientencouple(Fig.1).
Caractéristiques des patientes et de leurs conjoints
Les principales caractéristiques des 25patientes ayant accepté de participer et répondant aux critères de
sélectionsontprésentéesdansleTableau1.Dans68,0%des cas (n=17), le prolapsusétait classéen stade2POP-Q et dans32,0%descas(n=8)enstade3.Dix-huitconjointsont remplilesquestionnairespréopératoires.Leursprincipales caractéristiquessontprésentéesdansleTableau2.
Description de la chirurgie par promontofixation laparoscopique
L’ensemble des patientes a bénéficié d’un geste de pro- montofixation parvoie laparoscopique, dont 36,0% (n=9) robot-assisté. Par ailleurs, 28,0% (n=7) des patientes ont bénéficié de la pose d’une bandelette antérieure; 62,0% (n=18) ont bénéficié de la pose de bandelettes antérieure et postérieure. Chez la moitié des patientes (12/25), une cured’incontinence urinaire d’effort conco- mitanteaétéréaliséeparmiseenplaced’unebandelette sous-urétrale. Enfin, deuxligatures tubaires ont aussi été pratiquées.
Résultats anatomiques de la chirurgie
Aucunepatienteneprésentaità6moisd’aggravationdeson prolapsus,àquelqu’étagequecesoit.Touslesprolapsusde l’étagemoyenontétécorrigés(n=22)avecunstadePOPQ postopératoireà0.Seul1prolapsusantérieursur22n’apas étécorrigé(stadePOPQpostopératoire=2).Cinqprolapsus postérieurssur15présentaientenpostopératoireunstade POPQ=2.Letauxdecorrectionanatomique(POPQ<2)aux étages moyen,antérieur etpostérieurétaientrespective- mentde100%,95,4%et66,7%.
Tableau1 Principalescaractéristiquesdespatientesdel’étude.
Caractéristiques Valeur
Nombre,n 25
Âge,moyenne[valeursextrêmes] 61,0[38—78]
Indicedemassecorporelle,moyenne[valeursextrêmes] 25,0[19—29]
Activitésexuellepréopératoiredéclarée,%(n/Na) 80,0(20/25)
Caractéristiquesduprolapsusenpréopératoire
ProlapsusantérieurPOPQ≥2,%(n/N*) 88,0(22/25)
StadePOPQ=2,%(n/Na) 64,0(16/25)
StadePOPQ=3,%(n/Na) 24,0(6/25)
StadePOPQ=4,%(n/Na) 0,0(0/25)
Prolapsusmoyen,POPQ≥2,%(n/N*) 88,0(22/25)
StadePOPQ=2,%(n/N*) 80,0(20/25)
StadePOPQ=3,%(n/N*) 8,0(2/25)
StadePOPQ=4,%(n/N*) 0,0(0/25)
Prolapsuspostérieur,POPQ≥2,%(n/Na) 60,0(15/25)
StadePOPQ=2,%(n/Na) 52,0(13/25)
StadePOPQ=3,%(n/Na) 8,0(2/25)
StadePOPQ=4,%(n/Na) 0,0(0/25)
Antécédentsgynéco-obstétricaux
Ménopause,%(n/Na) 84,0(21/25)
Parité≥1,%(n/Na) 100,0(25/25)
Accouchementparvoiebasse(N≥1),%(n/Na) 100,0(21/21)
Antécédentschirurgicaux
Chirurgiepelvienne,%(n/Na) 20,8(5/24)
Curedeprolapsus,%(n/Na) 4,2(1/24)
Hystérectomietotale,%(n/Na) 4,2(1/24)
Hystérectomiesubtotale,%(n/Na) 4,2(1/24)
Chirurgiepourincontinenceurinaire,%(n/Na) 8,3(2/24)
a Lesvariationsdudénominateurcorrespondentàlaprésenced’éventuellesdonnéesmanquantes.
Impact de la chirurgie sur la sexualité
Vingt-quatre patientes et 11conjoints ont décrit la fré- quence des rapports sexuels et leur évolution au sein du couple. Leurs réponses étaient toutes concordantes.
La fréquence des rapports sexuels est décrite dans le Tableau 3. Six mois après la cure de prolapsus, 17,4% (n=4)descouplesavaientaugmentélafréquencedeleurs rapports sexuels,73,9% (n=17) n’avaient rien modifié et 8,7% (n=2)avaientmoins derapportssexuels.Deux-tiers descouples (15/23)avaientdesrapportssexuelsau moins hebdomadairesenpostopératoirecontre54,2%(13/24)en préopératoire(p<0,001).Chezlesdeuxcouplesquiontpré- senté une diminution de la fréquence des rapports, dans uncas cettebaisseestconcomitante d’une séparation du couple et dans l’autre à l’apparition d’une dysfonction sexuelle (dysfonction érectile et diminution de la libido) duconjoint.Parmilescouples sansrapportsexuel pré-et postopératoires(n=3)dansaumoins2cas,leconjointpré- sentaituneprostatectomieouunehypertrophiebénignede prostateavecdemultiplesfacteursderisqueettraitements cardiovasculaires.
Danslegroupedespatientesavecincontinenceurinaire d’effort préopératoire (n=12),la proportionde patientes ayantuneactivitésexuelleaumoinshebdomadaire(critère principalde jugement) était significativement augmentée enpostopératoireparrapportàenpréopératoire(50,0%vs 41,7%,respectivementp=0,015).
Danslegroupedespatientessansincontinenceurinaire d’effort préopératoire (n=11),la proportionde patientes ayant une activité sexuelle au moins hebdomadaire était augmentée,àlalimite duseuildesignificativité,enpost- opératoireparrapportàenpréopératoire(81,8%vs72,7% respectivement,p=0,055).
Résultats fonctionnels féminins
Il existait une amélioration à la limite de la significati- vitédela qualité deviesexuelle aprèscuredeprolapsus (p=0,08) (Tableau 4). La gêne fonctionnelle en rapport avecleprolapsusetlagêneliéeàlasymptomatologieuri- naireetàlapesanteurpelvienneétaientsignificativement améliorées.Lafréquencedes dyspareuniesétait significa- tivement diminuée (e.g., question 5du PISQ-12). Aucune
Tableau2 Principalescaractéristiquesdesconjointsdel’étude.
Caractéristiques Valeur
Nombre,n 18a
Âge,moyenne[valeursextrêmes] 60,8[39—76]
Activitésexuellepréopératoiredéclarée,%(n/N) 77,8(14/18)
Antécédentsurologiques
Prostatectomieradicale,%(n/N) 5,6(1/18)
Résectiontrans-urétralprostatique,%(n/N) 5,6(1/18)
Posthectomie,%(n/N) 5,6(1/18)
Hypertrophiebénignedeprostate,%(n/N) 5,6(1/18)
Dysfonctionérectile,%(n/N) 5,6(1/18)
Facteursderisquecardiovasculaires
HTA,%(n/N) 27,8(5/18)
Diabète,%(n/N) 11,1(2/18)
Dyslipidémie,%(n/N) 22,2(4/18)
Aumoinsunfacteurderisque,%(n/N) 44,4(8/18)
Autresantécédentsnotables
MaladiedeParkinson,%(n/N) 5,6(1/18)
Dépression,%(n/N) 5,6(1/18)
Médicamentsimpactantsurlafonctionsexuelle
Bêtabloquants,%(n/N) 11,1(2/18)
Diurétiquesthiazidiques,%(n/N) 11,1(2/18)
Neuroleptiques,%(n/N) 5,6(1/18)
Anxiolytiques,%(n/N) 5,6(1/18)
Antihistaminiques,%(n/N) 5,6(1/18)
Injectionintra-caverneusedeprostaglandine,%(n/N) 5,6(1/18)
Alpha-bloquant,%(n/N) 5,6(1/18)
Hypolipémiants,%(n/N) 22,2(4/18)
aSeptconjointsn’ontpasréponduauquestionnaire.
dyspareuniede novo n’a été constatée. Du point de vue urinaire,ilexistaitenpostopératoireunediminutiondela dysurie,del’incontinenceurinaired’effortetparurgenturie etdesurgenturies(Tableau5).
Évolution de sexualité du conjoint
Lafonctionsexuelle del’hommeétaitamélioréedefac¸on globale (IIEF total 47,8avant et 53,7après) avec une
amélioration liée essentiellement à l’amélioration de la fonctionérectileetàlasatisfactionliéeauxrapportsexuels (Tableau6).Cependant,cettedifférencen’atteignaitpasle seuildesignificativité.
Discussion
Dans cette étude pilote, les cures de prolapsus pelviens parpromontofixationcœlioscopiquen’avaientpasd’impact
Tableau3 Fréquencedesrapportssexuelsauseinducoupleavantetaprèscuredeprolapsus.
Fréquenceactivitésexuelle Préopératoire n=24
Postopératoire n=23
Aumoinshebdomadaire,%(n) 54,2%(13) 65,2%(15) +11,0%*
Aucune,%(n) 25,0%(6) 21,7%(5) −3,3%
Mensuelle,%(n) 20,8%(5) 13,0%(3) −7,8%
Hebdomadaire,%(n) 54,2%(13) 60,9%(14) +6,7%
Quotidienne,%(n) 0%(0) 4,3%(1) +4,3%
*p≤0,05.Parmiles25patienteséligibles,1n’apasréponduàlaquestionsurlafréquencedesesrapportssexuelsaussibienenpré- qu’enpostopératoire.
Tableau4 Évolutiondelaqualitédeviesexuelleetdelasymptomatologiepelviennechezlespatientesaprèscurede prolapsuspelvienlaparoscopique.
Dimensionfonctionnelle évaluée
Questionnaire Scoremoyen préopératoire
Scoremoyen postopératoire
Variationmoyenne p Retentissementduprolapsus
surlaqualitédevie sexuelle
PISQ-12 34,5(17) 37,6(17) +3,1 0,08
Dyspareunie PISQ-No5 2,6(18) 3,3(19) +0,7 <0,05
Gêneglobaleenrapportavec leprolapsus
PDFI-20 23,5(22) 10,6(20) −12,9 <0,01
Gêneliéeàla
symptomatologieurinaire
UDI-6 8,2(22) 2,8(21) −5,4 <0,01
Gêneliéeàla symptomatologie colorectale
CRADI-8 5,8(22) 5,2(21) −0,6 0,8
Gêneliéeàlapesanteur pelvienne
POPDI-6 8,7(22) 2,2(21) −6,5 <0,001
Lenombredepatienteséligiblespourlequestionnaireétaitde25patientes.Leschiffresentreparenthèsesdansletableaucorrespondent aunombrederéponsepourunquestionnairedonné.
Tableau5 Évolutiondelasymptomatologieurinaire.
SFurinaires Préopératoire Postopératoire Denovo
Dysurie 16,0% (4/25) 8,0%(2/25) 4,0%(1/25)
IUd’effort 48,0% (12/25) 16,0% (4/25)* 4,0%(1/25)
IUparurgenturie 20,0% (5/25) 8,0%(2/25) 4,0%(1/25)
Urgenturies 24,0% (6/25) 20,0% (5/25) 16,0%(4/25)
*Valeurdep(préopératoirevspostopératoire)≤0,05.
négatif sur la sexualité du couple et pourraient même l’améliorer. Ils permettaient une bonne correction anato- mique et diminuaient la gêne globale enrapport avecle prolapsus,dont le handicap lié àla symptomatologie uri- naireetàlapesanteurpelvienne.
L’objectif de cette étude était d’évaluer l’impact sur lasexualitéducoupledescuresdeprolapsusparpromon- tofixation. En effet, une telle évaluation n’avait à notre
connaissancejamaisétéréaliséeaveccettetechniquechi- rurgicale. Deux études ont évalué la sexualité chez les hommeset les femmes après cure de prolapsus par voie vaginaleavecousansprothèseetretrouvaientdesamélio- rationsdans certains domainesde laviesexuelle [10,15].
Cependant,outrelatechniquechirurgicaledifférente,ces études n’ont pas étudié la sexualité du couple du point devue dela fréquence des rapportssexuelsetn’ont pas
Tableau6 Évolutiondelasexualitéduconjointaprèscuredeprolapsuspelvienlaparoscopique.
Dimensionsexuelle Questionnaires Scoremoyen
préopératoire
Scoremoyen postopératoire
Variation moyenne
p
Fonctionérectile IIEF-Fonctionérectile 18,9(18) 21,5(13) +2,6 0,2
Désirsexuel IIEF-Désirsexuel 6,9(17) 6,9(12) +0,0 0,9
Fonctionorgasmique IIEF-Fonctionorgasmique 6,9(17) 8,0(12) +1,1 0,3
Satisfactionsexuelle IIEF-SatisfactionQualitédesRS 7,1(17) 9,2(12) +2,1 0,2 Satisfactionglobale IIEF-Satisfactionglobale 8,0(14) 8,1(11) +0,1 0,5
Fonctionsexuelleglobale IIEF-Total 47,8(17) 53,7(12) +5,9 0,2
Qualitédeviesexuelle PISQ-12modifié 37,7(14) 37,8(10) +0,1 1,0
Dyspareunieconjointe Q5PISQ-12modifié 3(15) 2,6(10) −0,4 0,5
RS:rapportsexuel.Lenombredeconjointséligiblespourlequestionnaireétaitde25.Leschiffresentreparenthèsesdansletableau correspondentaunombrederéponsepourunquestionnairedonné.
utilisédequestionnairedequalitéviespécifiqueauprolap- sus(PISQ).Nousavonsnotéuneaugmentationsignificative postopératoiredunombredecoupleayantunefréquencede rapportssexuelsaumoinshebdomadaire(65,2%vs54,2%).
Cetteaméliorationestprésentequelapatienteprésenteou nonune incontinenceurinaired’effort préopératoire bien quel’impactsembleplusimportantetqueleseuildesignifi- cativiténesoitatteintquedanslesous-groupedespatientes avecuneincontinenceurinaire d’effort préopératoire. De plus,ilexistaituneaméliorationdelasatisfactionsexuelle globale(scoretotalIIEF)principalementvia uneaméliora- tionde la fonction érectile et de la satisfaction liée aux rapportssexuels.Ilsembledoncyavoirunimpactpositifde lacuredeprolapsusparpromontofixationcœlioscopiquesur lasexualité,maiscesrésultatsdoiventêtreinterprétésavec prudencecomptetenudeseffectifsdecetteétudepilote.
Entout étatdecause,iln’yapasd’impactnégatifsurla sexualité.
Entermesdequalitédeviesexuelle,évaluéeàpartirde questionnairesdequalité devie sexuelle, la comparaison des questionnaires PISQ, avant/après chirurgie retrouvait chezlespatientes uneaméliorationmodesteetnonsigni- ficative des scores de qualité de vie sexuelle (+9,0%, 3,1/34,5).Onnepeutdoncexclureuneffetbénéfiquedela chirurgiesurcettedimensiondelaqualitédevie,l’absence designificativité pouvant être liée à un manquede puis- sancestatistique.Desétudesdeplusgrandetaillesontdonc nécessairespourestimerplusprécisémentlarelationentre cettechirurgieetl’évolutiondelaqualitédeviesexuelle ducouple.
Notre travail présente un certain nombre de forces et de faiblesses qu’il convient de souligner. Notre étude est mono-centrique avec un recrutement de petite taille (25patientes).Cependant,ils’agitd’uneétudepiloteetson recrutementaétéeffectuédefac¸onprospectiveetconsé- cutive.L’amélioration significative dela symptomatologie fonctionnellenonsexuelleliéeau prolapsusetlestauxde correctionanatomiqueretrouvéssontconformesauxrésul- tatsrapportésdanslalittérature[7].Lesrécidivesauniveau del’étagepostérieurcorrespondentàdesrectocèlesbasses, survenuesentrelesjambagesdelaprothèse,probablement enrapport avec une implantation trop haute de celle-ci.
Depuis,latechniqueduserviceaétémodifiéeavecimplan- tationdebandelettesmoinséchancréesetfixéesplusbasses danslarégionducanalanal.
Letauxdeparticipationréeldesconjointspeutsembler modeste(72,0%enpréopératoire,52,0%enpostopératoire) maisilestsupérieuràceluidel’étudedeVollebregtetal.
(57% en préopératoire) [15]. Il est inférieur à celui rap- portéparKuhnetal.(76%).Cependant,danscettedernière étude:
• leshommesàrisqueélevédedysfonctionérectile(e.g., chirurgieprostatiqueougénitale),moinsenclinsàparti- ciper,étaientexclus;
• letauxdeperdusdevuemasculinspostopératoiren’était pasprécisé[10].
Nousavonspréférénepasavoirdecritèresd’exclusion du point de vue du conjoint afin d’avoir une popula- tion la plus représentative possible des couples dont la conjointe présente un prolapsus pelvien. De plus, afin d’êtrelemoinsintrusifpossible,nousavonspréférénepas
contacterdirectementlesconjoints.Ilconvientdesouligner quelaréalisationdegestescomplémentairesconcomitants à la chirurgietelle la pose de bandelettes sous-urétrales (n=12) peut constituer un facteur deconfusion potentiel dansl’interprétationdesrésultats [12].Enfin,notredurée desuivi(6mois)nepermetpasd’évaluerlafréquencedes rétractionsoudesexpositionsprothétiquesdontlasurvenue estgénéralementplustardiveetpeutinfluersurlaqualité deviesexuelle[12].
Lesréponsesfourniesparlesconjointsétaientparticu- lièrement importantespour l’interprétation desrésultats.
Ainsi,ilapparaîtquelesdiminutionspostopératoiresdela fréquencedes rapportsétaientenréalitépotentiellement attribuables au conjoint etnon à la chirurgie. De même, dans2cassur3,l’absencederapportpréopératoirepourrait êtreliéeauconjoint(chirurgie,traitementmédicamenteux) [16]. Notre évaluation étaitglobale et les trois question- naires utilisés chez le conjoint apportaient des réponses complémentaires:l’IIEFetlequestionnaired’antécédents médicaux ont permis d’évaluer la part potentielle attri- buableauconjointdansladysfonctionsexuelleducouple, tandisquelePISQ12modifiéaévaluéleretentissementdu prolapsusdelaconjointesurlafonctionsexuellemasculine.
Ilconvientde préciserquece dernierquestionnairen’est actuellementpasvalidé.
Conclusion
Enconclusion,notreétudepiloteretrouvequelachirurgie decuredeprolapsusparpromontofixationlaparoscopique n’a pas d’impact négatif sur la sexualité du couple et pourrait l’améliorer. L’évaluation duconjoint apporte des informations importantes pour l’interprétation des résul- tats sur la sexualité. Ainsi, nos résultats suggèrent que touteétudesouhaitantévaluerl’impactd’unechirurgiede prolapsus sur la sexualité de la femme devrait nécessai- rement recueillir les informations relatives à la sexualité du conjoint. Ceciconstitue un des intérêts principaux de l’évaluation globale de la sexualité du point de vue du couple.
Déclaration d’intérêts
Lesauteursdéclarentnepasavoirdeconflitsd’intérêtsen relationaveccetarticle.
Annexe A. Matériel complémentaire
Le matériel complémentaire (Document en ligne 1: Auto-questionnaire PISQ12modifié à l’attention des conjoint) accompagnantla version enligne decet article est disponible sur http://www.sciencedirect.com et doi:10.1016/j.purol.2013.10.005.
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