Séminaire Claude Chevalley
M. L AZARD
Groupes algébriques (généralités)
Séminaire Claude Chevalley, tome 1 (1956-1958), exp. no3, p. 1-7
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GROUPES
ALGÉBRIQUES (GÉNÉRALITES)
M.
LAZARD, E.NoS., 1956/57
Exposé
n° 3(Expose
de1.-
Lorsqu’on
sait définir unecatégorie
devariétés,
lesproduits
devariétés
et les
morphismes (applications régulières),
on en déduit par unprocédé
stan-dard une
catégorie
de groupes 0DÉFINITION
1.- Un ensemble G estappelé
un groupealgébrique
sur le corps(algébriquement clos)
K s’il est muni d’une structure devariété (sur K) et
d’une structure de groupe telles que les
applications :
G x G
~ G définie
par(x , y)
20142014~ xyet G 20142014~ G définie par x 2014~
x
soient des
morphismes.
(La
condition que le corps K soitalgébriquement
clos ne sera pas utili-sée
pour certains desrésultats
que nousénoncerons,
ceux du n° 2 parexemple).
EXEMPLE.- Le groupe des
automorphismes linéaires
d’un espace vectoriel V de dimension n sur Ii est un groupealgébrique,
que nous noteronsGL(n , K) .
Un
élément
deGL ( n K) peut
êtredéterminé
par les coefficientsu..
de lamatrice
correspondante
pour une certaine base deV; GL(n , K) apparaît
alors comme un ouvert de
Kn2 (d’où
il faut retrancher lasous-variété d’équa-
tion det
(u..)
=0 ) .
Onpeut
aussi identifierGL(n , K)
à unevariété
affine dans
Kn2+1 ,
en introduisant unecoordonnée
v, avec v =(det (uij))-1.
Les sous-groupes
algébriques
deGL(n, K) sont,
pardéfinition,
lesgroupes
algébriques
affines(par exemple
les groupesorthogonaux, symplectiques,
le groupe des matrices
diagonales, ...).
2.-
THÉORÈME
1.- Soit H un sous-groupe fermé d’unevariété de groupe G ;
alorsH
possède
un sous-groupe H o et un seulqui
est à la foisfermé, irréductible
et d’indicefini ; H
est invariant dans H. C’est lacomposante
connexe del’élément
neutre dansH
et lescomposantes
de H sont les classes moduleH .
DÉMDNSTRATION.-
L’ensemble H est la réunion finie de sescomposantes irréduc-
tibles. Soient ....
A
celles de cescomposantes qui
contiennentl’élé-
ment neutre e « DansGn
= G x ... xG ,
lapartie Al
x ... xAr
estfermée
le
19.11.1956)
3-02
et
irréductible.
Lemorphisme G 20142014~G : (xl’
... ,x ) 20142014~ x.... x
applique Al
x ... xAr
surA.... Ar qui
est par suiteirréductible ;
cetensemble est donc contenu dans l’une des
composantes
deH,
soit dansA..
Comme tous les
Ai
contiennent e 9 on aAr
ce
qui
prouve que r = 1 et queA (noté désormais H )
estl’unique
com-posante irréductible
de H contenant e .Puisque
y 2014~ xy et y 2014~ yx sont desmorphismes, l’unique composante
de H contenant unxe.H
estxH
=H x ,
cequi
prouve queH
est un sous-groupe invariant d’indice fini.Si H’ est un sous-groupe
fermé,
irréductible et d’indice fini deH,
on a[H : H’ ] 0153 ;
comme H estirréductible
et est laréunion
de sesclasses modulo
H’ ,
on a H’ =H
Nous dirons
désormais
queH 0
est lacomposante
connexe(sous-entendu :
de
l’élément neutre)
de H . Les sous-groupesfermés d’indices
finis de H sont les sous-groupesqui
contiennentH .
..3.- Rappelons qu’un
sous-ensemble Ad’une variété algébrique
est ditépais
s’il
est irréductible et s’il contient unepartie
relativement ouverte nonvide de son
adhérence A .
’Si V et W sont des
variétés,
A et B desparties épaisses
de V etde
M ~
AxBest épais dans
VxW .Si A est
épais
dansV,
et si f est unmorphisme
de V dansW ,
f(A)
estépais
dans W . Cerésultat
suppose essentiellement le corps de basealgébriquement clos ;
pour ladémonstration,
cf.séminaire 1955/56, exposé 7, théorème 3,
page 9 .LEMME.- Soient H un sous-groupe
fermé
connexed’ un
groupealgébrique
et Aun ensemble
épais
dense dans H o Alors H = AA(i.e.
toutélément
de H est unproduit
de deuxéléments
deA ).
Soit x EH . Les
parties
A et sontépaisses
et ont pouradhérence H ;
elles contiennent donc deuxparties
relativement ouvertes dansH,
et leurintersection
est
non videpuisque
H estirréductible (comme
sous-groupe con-nexe). Si a1~A~xA-1 , on a x - a1a2 avec un
a2~A .
COROLLAIRE.- Tout sous-groupe
épais
d’un groupealgébrique
estfermé.
THÉORÈME 2.-
Soient G un groupealgébrique,
et... . Ar)
une famillefinie de
parties épaisses de
G contenant chacunel’élément
neutre e . Alorsle sous-groupe H
engendré
par ... ,Ar
estfermé
connexe.DÉMONSTRATION.-
On voit d’abord en utilisant lemorphisme
(xi , . e . , x ).__~ Xl .0. x
que H estengendré
parl’unique
ensembleépais A.... A
= A contenant e . G Onpeut
de mêmeremplacer
A par B=AA" .
Tout
élément
de H est alorsproduit
d’une famille finied’éléments
deB ,
soitH
==L~B ~
oùB~
estl’ensemble
desproduits
de néléments
de B .Or,
pour tout entier n ,
Bn
estépais
et La suite desadhérences B-
G .. , .. , eststationnaire , sinon les
dimensions de ces sous-variétés
iraient encroissant
indéfiniment. Parconséquent,
il existe un ntel que
B = B
pour m~0 .
Il est clair queB~= H , puisque
H est laréunion
des doncB~
estépais
et sonadhérence
est le sous-groupeconnexe H .
D’après
lelemme, B2n
=H ~ donc,
enparticulier,
H =B2n
= H . COROLLAIRE.- Soient Aet
B deux sous-groupes fermés d’un groupealgébrique
tels que B soit dans le normalisateur de A 0 Alors le sous-groupe AB est
fermé.
Soient en effet
A
etB
lescomposantes
connexes de A et de B .Puisque
bAb = A si on a bAb" =
A 0(théorème 1) .
Donc AB
0est un sous-groupe
fermé
connexe(théorème 2) .
Sia. ~ ... ~ a
etb1 ,
... , b sont desreprésentants
des classes de A et de B module Ao et Brespectivement,
AB est laréunion
finie des fermés a.A Bb . ,
etest par suite fermé.
4.- Etant
donnés
deux sous-groupes A et B d’un groupeG ,
leur groupe de commutateurs(A , B)
estengendré
par leséléments
oùRappelons qu’un
groupe("abstrait")
G est ditrésoluble (resp. nilpotent)
s’il admet une suite de
composition
telle que
DÉFINITION
2.- Un groupealgébrique
G est ditrésoluble (resp. nilpotent)
s’iladmet une suite de
composition (1)
constituée par des sous-groupesfermés
etvérifiant
la condition(2) .
THEOREME 3.- Pour
qu’un
groupealgébrique
soitrésoluble (resp. nilpotent),
ilfaut et suffit
qu’ il
soit résoluble(resp. nilpotent)
en tant que groupe abstrait.3-04
DÉMDNSTRATION.-
Parmi les suites decomposition (1)
satisfaisant aux conditions(2) ,
il en estqui décroissent plus
vite que toutes les autres 0 On les obtienten
posant,
dans le cas des groupesrésolubles, H2
=(G , G) ,
... ,=
(H. , H.) , .’D et,
dans le cas des groupesnilpotents, H2
=(G , G) ~ ... ~ H. 1
=(G , H.) . Le théorème
3 est alors uneconséquence
durésultat
suivant sPROPOSITION 1.- Si A et B sont deux sous-groupes invariants
fermés d’un groupe algébrique~
leur groupe des commutateurs(A , B)
est fermé.Traitons d’abord le cas où A est connexe. Soient
B ,
8’0 , Bles
composantes
de B 0 Pour touti,
l’ensemble des(avec
a est
épais,
commeimage
de A xBi
par unmorphisme ;
deplus,
il contient e
(faire
a =e ) .
Nous sommes donc dans les conditionsd’appli-
cation du
théorème 2 ,
et le groupe(A, B)
estfermé
connexe.Dans le cas
général,
soient A o et B 0 lescomposantes
connexes de Aet B . Nous venons de voir que
(A , B)
et(A, B )
sontfermés
connexes.Il en est de même de leur
produit (à , B)(A , Bo)
.Or[A : A ]
et[B : B o ]
sontfinis,
et unrésultat
de Ro Baer(cf. appendice, proposition 2)
montre que
B)(A , B ))
est fini. Il enrésulte
que(A, B)
estfermé
et queB)(A , B )
est sacomposante
connexe.5.- THÉORÈME
4.- Soient Get
G’ deux groupesalgébriques,
f : G ~ G’un
homomorphisme
de groupesalgébriques (ioeo
o unhomomorphisme
en tant quegroupes "abstraits~ et un
morphisme
en tant quevariétés algébriques)
0 Alors :1)
le noyau N de f est un sous-groupe fermé deG ;
.2) 1 ’ image f(G)
est un sous-groupe fermé de et sacomposante
connexeest
l’image f(G )
de lacomposante
connexe deG
33)
dim N + dimf(G)
= dim G 0DÉMONSTRATION.-
Le noyau N estl’image réciproque
de l’élément neutre e’de G’ 0 Il est donc
fermé.
L’image
du sous-groupe connexeG
est un sous-groupeépais,
donc
fermé.
Pour
démontrer
le3) ,
nous utiliserons un résultat duséminaire 55/56 (exposé 8, théorème 2,
page3) , qui peut
se traduire ainsi dans lelangage
desvariétés
que nousconsidérons
t soient f > V20142014~- M
unmorphisme
decariétés
tel que
f(V) = W ,
et e = dim V - dim W .Alors,
3 si kl’ est une sous-variété
de W et V’ unecomposante
de telle que M’ =f(V’) ~
ona dim
V’ ~
dim w’ + e ; deplus,
laréunion
dessous-variétés
V’ de V telles que dimV >
dimT
+ e est unfermé
non dense de V . Nous pouvonsprendre
V =G ,
W = dim V = dimG ,
dim W = dimf ( G) ,
dim N = dim
(N rV) .
Lapremière partie
duthéorème donne,
pour W’ =e’ , :
dim
N ~
dim G - dimf (G)
o La secondepartie donne,
pour un ,x convenable deG ,
dimxN
dim G - dimf (G) ;
9 comme dim xN = dimN ,
ladémonstration
estachevée.
Enonçons
enfin unthéorème qui
seradémontré ultérieurement.
THEOREME 5 0- Soient G un groupe
algébrique,
HcG un sous-groupefermé.
Il existe unevariété G/H
et unmorphisme 1T :
: G 2014~G/H tels
que s1)
lacondition ~ (x) =
i(y)
soitéquivalente
à(x ,
y2)
si f x G 2014~ V est unmorphisme
de G dans unevariété
V tel queH entraîne
f(x)
=f(y) ,
f se factorise sous la forme goTI ,
oùg s
G/H
_~ V est unmorphisme.
Si H est invariant dansG, G/H
est ungroupe
algébrique et 03C0
unhomomorphisme.
APPENDICE.
Soient G un groupe et H un sous-groupe de G . 0 Un
système
derepré-
sentants des classes à
gauche
xH est uneapplication
de G sur unepartie
Gde G.
(application notée
x~ x )
telleque : 1)
.2)
si x , unecondition nécessaire
et suffisante pour que H est quex =
y o Il enrésulte
que x =x
et xy = Un autresystème
dereprésentants
x.~. x~
est définid’une manière générale
enposant
xl!
= où G2014~H
est uneapplication quelconque.
Supposons
maintenant Habélien
etd’indice [G : H]
fini. Ondéfinit
uneapplication
T : G 2014~ H(transfert
de G dansH)
enposant,
pour xG ,
V
Le transfert ne
dépend
pab du choix dusystème
dereprésentants.
En effety
-xy est,
pour toutx ~G ~
unepermutation
de G . Si onremplace y par y ~P(y) ?
commeplus h.aut~
9T(x)
estremplacé
parDe
plus,
T est unhomomorphisme
o Eneffet,
si x 93-06
Supposons
maintenant que H soit le centre Z de G et que[G : Z] -
n .Soient x un
élément
de Get j
l’ordre de x module Z . Nous choisironsun
système
dereprésentants
des classes suivant Zcomposé
den/j
famillesde la forme
(y ~ xy ,
... ,x~ y) .
Leproduit
des facteurscorrespondants
dans
T(x)
est alorsy"~ y
=x~ puisque
doncT(x)
=(xj)n/j
= en conclut que, si[G : Z]
= n ~ ,l’applica-
tion T :
x__~x~
est unhomomorphisme
de G dansZ ;
comme Z estabé- lien, T(x)
= 1 pour x dans le groupe des commutateurs de G .Revenons au cas d’un groupe G et d’un sous-groupe H
d’indice
n==
H]
fini.Supposons
que Gpossède
pgénérateurs
... ,s
et choisissons un
système
dereprésentants y
de G module H tel que1=1.
Alors les npéléments (siy)-1 siy (1 i p , y ~ G ) engendrent
H . En
effet,
soit x= so(1)i1
...s?""
unélément
de H(1 i. ,..., ir
p ,e(k)
= ±1 ) .
Posonsxk
=se(k)ik
...se(r)i ,
d’oùx.
= x ,x~~~
== 1 .u~
=x~" s~ ~~ ~x~~ ; on a = ~ u~ ... u~ ~
car
x ,=1=1 .
Suivant quee(k)
est +1 ou -1 , u.
ou son inverse est de la forme(?iy)" s. y ,
cequi
démontre l’assertion. On en conclut quetout sous-groupe d’indice fini
d’un groupe detype fini est lui-même
detype
fini.
PROPOSITION 1.-. Soient G un groupe, et Z
son centre, qui est supposé
dice n =
[G : Z] fini. Alors le
groupe descommutateurs (G , G)
= G’ estfini.
Les commutateurs
(x , y)
sont définis par(x , y)
= G’ estengendré
par leséléments (x , y)
pour x , Lesidentités
montrent que
(x, y)
nedépend
que des classes de x et de y moduloZ ;
G’ est donc detype
fini. L’indice de dans G’est [G’ :
G’= [G’Z :
iZ]
et est donc fini a Le groupe est alors un groupeabélien
de
type
fini dont toutélément
xvérifie
1(d’après
le transfertdé
dans
Z ~ 9
donc est finio estfini,
il enrésulte
que G’ est fini.
Si M et N sont deux sous-groupes invariants d’an groupe
G,
nous dé-signerons
par(M , N)
leur groupe descommutateurs, engendré
par les(m, n)
où m
G M ,
n ~.N 0 On a(M , N)
C M BBN .PROPOSITION 2.- Soient
M, N , M
etN
des sous-groupes invariants d’un groupe G. Si - M N C. N et si les groupesM/ (Mo (M , N ) )
eto 0 0 0 -
N/(N (N ,
oM)
0 sontfinis,
le groupe(M, N)/( (M , N ) (N ,
0M ) )
0 est fini.Passons d’abord au
quotient
modulo(M, M ) 9
i.e. supposons que(M , N ) = (N , M ) = {1}
; soit[M: M ] = i , [N : No] = j .
Il faut mon-trer que le groupe H =
(}1 , N)
est fini.Le groupe H ost de
type
fini. En effet lesidentités (2)
montrent que, pour m ~M et n(m , n)
nedépend
que des classes de m et n moduloM 0
et N 0respectivement.
Comme H =
(M , N)
toutélément
de H commute avec toutélément
deô
et toutélément
deN ;
les groupes H fIM0 et H
0 sont donc dans le centre de
H ;
commeH/(HM)
000estisomorphe
au sous-groupe HM/M
deM/M ,
il estfini,
et on voit de même que Hn N cst d’ indice fini dans H.Le centre de H est donc d’indice fini dans
H,
d’où ilrésulte (proposition 1)
que le groupe des commutateurs Hf =
(H , H)
est finie CommeH/H’
estabé-
lien de
type fini,
il ne resteplus qu’à majorer
les ordres deséléments
deH/H’ .
Soient mE.M ,
h c:.H . Montrons que(m, h)j ~
H’ . On ad’où Or on a
Ainsi
(m ,
et demême ,
pour(n , h)~H’ .
La relationmontre par
récurrence
quePour
k = j , (m , n)
= 1puisque
Faisonsk=j
dans(.3) ,
puis élevons
à lapuissance
i 0Compte
tenu des relations(m , n))~~H’~
il vient