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Texte intégral

(1)

--

ASSOCIATION IHTERHATIOHALE DES SCIENCES HYDROLOGIQUES Comité National Français des Sciences hydrologiques

TRAVAUX

et

DOCUMENTS

de la

COMMISSION DE TERMINOLOGIE

CONTRIBUTIONS au

DICTIONNAIRE DES SCIENCES HYDROLOGIQUES TRAVAUX 1995

Edition Décembre 1995

(2)

HembresCommissionlaTerminologie:de de Mmes

C.

COSANDEY M.

DACHARY M.M.

v.

BLANC J.P.

CARBONNEL,président H.

COTTEZ D.

DUBAND J.M.

FRITSCH P.

GUILLOT P.

HUBERT R.

LETOLLE J.

MARGAT G.

OBERLIN J.

SIRCOULON C.

THIRRIOT J.F.

ZUMSTEIN

Toute correspondance doit être adressée

à

Jean-Pierre Carbonnel

Commission de Terminologie 87 bis rue du Château 92600 ASNIERES

Tous droits de traduction, de reproduction et d'adaptation réservés pour tous pays

(3)

ASSOCIATION INTERNATIONALE DES SCIENCES HYDROLOGIQUES Comité National Français des Sciences hydrologiques

TRAVAUX et DOCUMENTS de la

COMMISSION DE TERMINOLOGIE

"Parce qu'il pulvérise les murs de l'incertitude, Trope est le dieu des hommes. Il répond à la ques

tion essentielle, qui n'est point

"Pourquoi?", qui n'est point "Corn ment?", mais qui est "Qu'est-ce que cela?".

Définir est le destin des êtres intelligents, leur gloire et leur malédiction."

in "Euréka" de Jacques Drillon Ed. Gallimard, 1995

(4)

=

EDITORIAL

Ce second fascicule des Travaux & Documents de la Commis- sion de Terminologie du Comite National Français des sciences Hydrologiques inaugure une nouvelle formule que nous souhaitons poursuivre et développer dans les prochaines livraisons.

La première partie est consacrée aux premleres fiches de définitions élaborées par la Commission dans le cadre du Dictionnaire des Sciences Hydrologiques dont elle a fait l'essentiel de ses travaux. Plutôt que d'entreprendre une révision systèmatique du vocabulaire des sciences hydrologi- ques, au mode académique en commençant par la lettre A, la Commission a jugé préférable de consacrer ses travaux à un certain nombre de concepts et de termes généraux, voire fondamentaux, qui font partie du language commun aux hydrologues, aux ingènieurs, aux économistes et aux gestion- naires de l'eau. La plupart de ces termes est sujette à pluralité de sens en usage ce qui ne facilite pas la commu- nication. Aussi l'effort de la Commission s'est-il attaché autant à la sémantique qu'à la lexicologie, en complétant les définitions proposées antérieurement et les rappels de racines étymologiques par des commentaires critiques.

Ces fiches sont regroupées sous deux rubriques : les termes de "fond" et les termes "outils".

La seconde partie réunit des "Mélanges" qui nous ont paru intéressant de regrouper afin de rendre moins austére cette publication et de tenter d'intéresser les hydrologues au vaste monde de la terminologie dont toute notre profession dépend.

Novembre 1995

"

Toute vérité dépend à la fois du language et des faits ...•.."

Entretien avec Thomas S. KUHN Le Monde, 5-6 février 1995

(5)

.-

Hydro (géo) loqie

Hydr-,Hydro-,-Hydre

• 1. Affixes tirés du grec hudôr "eau", qui entrent comme premier élément sous la forme hydr-, hydro-, ou comme élé- ment terminal sous la forme -hydre dans la formation de com- posés; ~ les emprunts du grec Clepsydre, hydarthose .

• 2. Chim. Eléments correspondant à "hydrogène" (et non pas

à "eau") ~ suff. ~hydrie, -hydrigue

-logie,-logique,-logue. Eléments du grec -logia "théorie", de logos "discours" entrant dans la composition de nombreux mots de formation française ou empruntés du latin, du grec

et d'autres langues modernes (anglais: -logy, italien:

-logia, etc ..

Le suffixe -logie sert à former des substantifs désignant des sciences, des études méthodiques (géologie, psychologie, technologie), des façons de parler (amphibologie, scatologie), des discours (doxologie, typtologie) ou des types d'ouvrages (tétralogie). Le suffixe -logigue sert

à

former des adjectifs ("relatifs à une science; à une façon

de parler"); le suffixe -logue des substantifs désignant des savants (géologue) ou des formes, des parties de discours

(dialogue, prologue) et des adjectifs (isologue ... ). On trouve aussi les suffixes -loge (listes, livres :encologe, martyrologe); -logien; -logiste (noms de savants:

biologiste); -logisme (syllogisme). Dans certains cas, un =

0- est ajouté au radical (egyptologie).

Géo- Elément de mots savants, tirés des composés grecs tels que geographia, geodaisia, geometria et contenant le radical gg "terre". ~ géochimie .... et aussi suff. -gée.

Extraits du Dictionnaire de la Langue Française.

Le Robert, 2em ed., 1991

(6)

CONTRI~UTIONS

au

DICTIoNNAIRE DES SCIENCES DE L'EAU

(7)

Table des matières

1. Notions fondamentales - Aride (aridité) - Bassin versant - Crue

- Ecosystème

- Fonction de l'eau - Inondation

- Pénurie d'eau - Qualité de l'eau -Ressource en eau - Sécheresse

- Usage de l'eau

2. Outils - Analyse - Coefficient - Norme

- Normale

- Paramètre et variable

- Stationnaire(stationnarité)

Toutes les fiches sont signées des initiales de leurs auteurs. Elles ont toutes fait l'objet d'une discussion en Commission. Les parties "EtYmologie, Historique" ont toutes été rédigées par H.C.

(8)

Notions fondamentales

(9)

ARIDE (ARIDITE)

Historique et Etymologie: Aride: empr. au lat. aridus, de arere, être desséché. Aridité : empr. au lat. Ariditas.

Apr. 1369 "dépourvu d'humidité d'oft sans végétation aride"

(G. de Machaut -Prise d'Alexandrie, v.1524) Définitions existantes

Le Robert

- Qui est dépourvu d'humidité. sec; desséché. Un pays battu par des vents arides et brûlé jusqu'aux entrailles.

Climat aride, oftles précipitations sont très faibles. Par extent. cour.: Qui ne porte aucun végétal, faute d'humidité

Trésor de la Langue Francaise ARIDE:

- (en parlant d'un sol, d'un terrain) Dépourvu d'humidité, sec. (Roche, sable aride)

- Rare (en parlant du temps, de certains éléments at- mosphériques) sans pluie

- Géogr. Climatol. : Région aride, climat aride ARIDITE:

- (en parlant d'un sol, d'un terrain) Caractére aride, sécheresse extrême

INDICE D'ARIDITE : Indices établis en fonction du montant des précipitations, des moyennes de température et, parfois, de l'évaporation observée sur les appareils de mesure

(Georges, 1970).

Grand Larousse Encyclopédique (1982)

"L'aridité résulte d'une indigence en eau, mesurée au sol et dans l'atmosphère; ces deux milieux réagissent d'ailleurs l'un sur l'autre".

G.H.I

1) Condition dans laquelle l'évaporation potentiel excéde toujours les précipitations.

2) Caractéristique d'un climat oft les précipitations sont insuffisantes pour assurer le maintien de la végétation.

Dictionnaire francais d'hydrologie de surface (Roche,1986) Etat moyen dans le temps du climat d'une région et de ses conséquences, caractérisé par de faibles précipitations et une Végétation pauvre. La notion d'aridité dépend aussi d'autres facteurs climatiques, notamment de la température;

au point de vue de la végétation, il est plus correct de définir l'aridité à partir du DEFICIT HYDRIQUE moyen.

L'aridité ne doit pas être confondue avec la SECHERESSE.

(10)

Godard A. et Tabeaud M.. 1993

Déficit hydrique chronique d'origine climatique, s'évalue à partir d'indices.

Définition oroposée

Aridité : climat caractérisé par la faiblesse des précipita- tions .oyennes annuelles et par le fort déficit de celles-ci par rapport

à

l'évapotranspiration potentielle, opposé à un climat humide.

concept c1i_atique

à

référence spatiale (zone aride), l'aridité ne doit pas être confondue avec la SECHERESSE, concept météorologique

à

référence temporelle - phénomène conjoncturel (période, année sèche). L'aridité a de fortes implications hydrologiques et édaphiques dont elle est in- dissociable.

Commentaires

*

L'aridité se manifeste surtout par ses conséquences : - édaphiques: extrême dénuement de la végétation, raréfac- tion et adaptation des êtres vivants;

- hydrologiques : faiblesse et irrégularité extrême des écoulements, dégradation fonctionnelle des réseaux hydrographiques;

géomorphologiques processus d'érosion et d'accumulation spécifiques, pauvreté des sols ...

*

L'aridité règne sur d'immenses espaces (à peu près le tiers des surfaces immergées) répartis à des latitudes très

diverses et pas seulement dans la zone chaude.

Son extension est déterminée par les répartitions respec- tives des précipitations et des températures (principal fac- teur d'intensité de l'évapotranspiration) et, en partie, par

la présence d'anticyclones étendus et durables, l'éloignement des sources d'humidité océaniques, l'effet d'abri derrière des barrières montagneuses.

Typologie

L'aridité peut s'exprimer quantativement par différents indices d'aridité conventionnels et empiriques, la plupart simples rapports hydro-thermiques fondés principalement sur des grandeurs moyennes de précipitations et de température, qui sont utilisés pour définir les degrés d'aridité et les conditions de l'écoulement fluvial. Ils ont été proposés par

des climatologues, des morphologues, des géographes, des botanistes. Les plus connus sont ceux de E. de Martonne

(1926), E.Emberger (1932), C.W. Thornthwaite (1948), J.Dubief (1950), R. Capot-Rey (1951), H.Gaussen et F. Bag-

nouls (1952), P. Birot (1953).

Suivant l'ampleur du déficit hydrique déterminant, plusieurs degrés d'aridité peuvent être différenciés, se définir par des classes d'indices d'aridité convenues et recevoir des qualifications particulières applicables à des

(11)

zonalités climatiques. Il est devenu classique de distinguer trois degrés dans l'aridité. Dans les régions hyper-arides, les précipitations sont exceptionnelles (10 à 50 mm en moyenne annuelle, si tant est que la moyenne ait, ici, un sens), très inégalement réparties avec des interruptions de plus de douze mois consécutifs. L'écoulement y est rare, épisodique, inorganisé. Les régions arides reçoivent de faibles pluies (en moyenne annuelle, de 50 à 150 mm dans la zone tropicale) groupées sur une saison, très irrégulières d'une année sur l'autre. L'écoulement dans les talwegs est intermittent, fragmenté en crues isolées consécutives

à

des

averses rares, de courte durée et de forte intensité; il est affaibli par les ponctions énormes de l'évaporation et de l'infiltration; des points d'eau permanents sont dus aux résurgences de petites nappes d'infero-flux au niveau de seuils rocheux. Dans les régions semi-arides, les pluies

réparties sur quelques mois de l'année sont assez abondantes pour assurer à la végétation et à l'écoulement des eaux un rythme saisonnier; mis

à

part le cas exceptionnel des cours d'eau allogènes, l'écoulement se fait par crues isolées par-

fois soudaines et violentes.

JPC, MD, JM, nov. 1995

(12)

BASSDf VERSANT

Etymologie et Histoire: D'un lat. pop. baccinus, var. de baccus (vase-pot). Au 12e siècle désigne un récipient (tout comme bassine, fin 15e s.). Par anal. (16e s.) bassin d'une fontaine et , de même bassin d'un fleuve (dans les Mémoires de G. et M. du Bellay).

La notion de bassin hydrographique a été introduite au 18e siècle par le cartographe-géographe français Philippe BUACHE (1700-1773) soucieux de définir objectivement des limites régionales.

A noter que dans le Dict. d'Hist. Nat. de d'ORBIGNY (t.II, 1842, p.494), le géologue Constant Prévost distingue soig- neusement les bassins hydrographiques et les bassins géologiques (tout en précisant que les bassins de certains fleuves comme la Seine et le Pô sont aussi des bassins géologiques).

Au terme bassin, a été préféré de plus en plus souvent dans la seconde moitié du 20e siècle et avec le même sens, le terme de bassin versant (avec ou sans trait d'union). M.

PARDE, entre 1920 et 1950, n'emploie que le terme bassin.

Définitions existantes

Le Robert ne définit que "bassin" (et non bassin versant) au sens de "bassin d'un fleuve": territoire arrosé par ce fleuve et ses affluents.

G.R.I

Bassin (versant) , surface d'alimentation d'un cours d'eau ou d'un lac.

LOUP J. 1974

Le bassin-versant est la surface réceptrice des eaux qui alimentent une nappe souterraine, un lac, une rivière ou un réseau complexe; on le définit par sa morphomètrie, ses caractères climatiques, sa géologie, sa végétation, ses sols.

REMINIERAS G., 1965

Le bassin versant en un point ou plus précisément dans une section droite d'un cours d'eau, est défini comme la totalité de la surface topographique drainée par ce cours d'eau et ses affluents à l'amont de ladite section.

Définition proposée

Région délimitée, drainée par un cours d'eau et ses tributaires, dont elle constitue l'aire d'alimentation.

Synonymie : Bassin, bassin hydrographique, bassin fluvial

(13)

Tout bassin versant se définit qéoétriqueJlent, par rapport

à

un lieu donné d'un cours d'eau (e.oouchure ou un point quelconque) par un contour (liqne de Partaqe des eaux) et par une superficie.

Toutefois, le terme de bassin versant est peut-être plus ex- plicite que celui de bassin. Il désigne à la fois :

- l'aire drainée, à l'intérieur de la ligne de partage des eaux, par le réseau hydrographique (équivalent anglais de

"basin" ou de "river-basin")

- et la surface réceptrice des hydrométéores qui alimentent plus ou moins directement, plus ou moins rapide- ment, les cours d'eau compris dans ce même espace

(équivalent anglais de "catchment basin" ou américain de

"watershed").

Il peut arriver que le bassin versant topographique diffère quelque peu du bassin versant réel (cas des interfluves glaciaires, karstiques ou maraicageux ...).

L'emploi de bassin versant est devenu fréquent à l'époque où la recherche s'est principalement attachée à "appréhender le fait hydrologique, et d'abord le débit, comme un fait spa- tial, comme le produit d'un espace géographique saisi dans toutes ses dimensions, dans toute son épaisseur, dans toute sa dynamique" (R.Lambert, 1973). Le bassin versant n'est pas seulement une somme de caractères moyens, tels que la super- ficie, le relief, la forme, le sol, la végétation. Il est composé de parties aux caractéristiques particulières qui répondent différemment aux impulsions climatiques et météorologiques.

Le terme de bassin désigne également une Circonscription ad- ministrative française, créée en application de la Loi du 16 décembre 1964, relative au régime et à la répartition des eaux, et à la lutte contre la pollution. Six circonscrip-

(14)

tions ont été ainsi sommairement baptisées "bassins" : Artois-picardie, Seine-Normandie, Loire-Bretagne, Rhin- Meuse, Adour-Garonne, Rhône-Méditerranée-Corse, constituées chacune par l'agrégat de cantons s'écartant le moins pos- sible du bassin fluvial ou du groupe de bassins considérés:

ces "circonscriptions de bassins" forment le champ de com- pétence des Comités de Bassin et des Agences de Bassin

(devenues ensuite Agences de l'Eau).

MD

et

JM

nov.1995

(15)

CRUE

Etymologie et histoire : Attesté dès le Xllè, sous la forme creue, participe passé subtantivé au féminin de creistre

(Xlè) "croitre", du latin crescere "croitre, grandir", verbe employé aussi en parlant de l'augmentation du débit d'un fleuve (cf. César, De bello gallico, 7.55.10 : Liger ex nivibus creverat, la Loire avait grossi par suite des neiges, c'est à dire de la fonte des neiges). De même pour désigner la crue d'un fleuve les latins (Pline, Sénèque, Tacite etc .. ) emploient le substantif auctus, de augere

"augmenter". Une très abondante littérature dans l'antiquité a été consacrée aux crues du Nil (cf. notamment Hérodote, Livre II, 18 et suiv.) dont on donnait les explications les plus fantaisistes. Ces crues faisaient l'objet d'observations très précises, en particulier grâce au Nilomètre dont parle Strabon (187, Neilometrion), l'ancêtre de tous les instruments de mesure.

Définitions existantes:

Trésor de la Langue Francaise:

- (Gén. à propos d'un inanimé) Action de croitre; résultat de cette action.

- Hydrologie (à propos d'un cours d'eau) : Augmentation rapide et importante du volume des eaux sous l'effet de fac- teurs extérieurs.

Crue occasionnelle, périodique; crue des eaux.

Le Robert : élévation du niveau d'un cours d'eau, un lac.

Glossaire International d'Hydrologie (GIH) :

*

équivalent de flood èn anglais:

- montée, en général brêve, du niveau d'un cours d'eau jusqu'à un maximum dont il redescend en général plus lente- ment;

- écoulement relativement fort tel qu'il est mesuré par la hauteur d'eau ou le débit.

*

équivalent de freshet en anglais: (pas de terme spécifique en français)

- léger débordement d'un cours d'eau à la suite de fortes pluies ou d'une fonte de neige.

Dictionnaire de l'environnement:

- gonflement au dessus du débit normal des eaux d'un cours d'eau à la suite de précipitations atmosphériques ou de fontes des neiges:

- croissance du débit exprimée par la partie montante de l'hydrogramme.

Dictionnaire français d'Hydrogéologie:

Crue (d'une source) : croissance du débit d'une source en régime influencé.

Définition proposée

Une CRUE, phénomène hydrologique de base, est l'augmentation plus ou moins brutale du débit et par con- séquent de la hauteur d'un cours d'eau.

En général, on distingue deux types de crues: les crues fluviales et les crues torrentielles même si le passage de

(16)

~

En général, on distingue deux types de crues: les crues fluviales et les crues torrentielles même si le passage de, l'une à l'autre se fait de façon continue. Les crues fluviales, souvent saisonnières, affectent les cours d'eau importants aux vastes bassins versants; en général la montée des eaux y est lente. Les crues torrentielles ou rapides, subites, brutales, soudaines ou encore éclair affectent n'importe quelle partie du réseau hydrographique; elles sont souvent dues à des pluies de caractére convectif très violentes et localisées; elles sont caractérisées par une évolution très rapide, la montée des eaux étant très brutale. Le mot "crue pluviale" est parfois employé pour des crues torrentielles dues à une pluie très intense et

loaclisée.

On parlera de "crue simple ou élémentaire" pour une crue qui est le résultat d'un seul épisode pluvieux.

Commentaires et recommandations

Les causes de l'augmentation du débit peuvent être diverses : précipitation atmosphérique, fonte des neiges, débâcle glaciaire, vidange de réservoir ... Elle se caractérise par son hydrogramme, graphique qui représente les variations de débit en un point en fonction du temps. C'est la partie montante de cet hydrogramme qui est appelé crue, la partie descendante étant la DECRUE.

Cependant certains hydrologues désignent par "la crue"

l'épisode complet de crue et décrue jusqu'au retour à un régime non-influencé. Cette interprétation, même si elle se justifie parfois dans la pratique, parait en opposition avec la définition même du mot

Une crue se définit par différents critères : sa génése, sa durée, sa fréquence, son "débit de pointe", son volume.

Une CRUE DECENNALE, CENTENALE .... est une crue qui a 1 chance sur 10, 100 ...années d'être dépassée au cours d'une année dans les conditions de climat actuel

La CRUE DE PROJET est une crue de récurrence donnée (fonc- tion de l'environnement et d'impératifs technologiques) ser- vant à calculer la résistance des ouvrages de génie civil:

pont, barrage ...

On parle aussi de "crue de source" pour désigner l'augmentation du débit d'une source en régime influencé.

Il est très important de bien différencier les notions : écoulement, crue, débordement, inondation, gonfle.ent:

l'écoulement (superficiel) des eaux en se concentrant dans le réseau hydrographique produit la crue qui peut produire d~s inondations (dans des "zones inondables") et/ou des debordements (dans des "zones submersibles").

J.P.C sept. 1995.

(17)

==

ECOSYSTEME (AQUATIQUE)

Etymologie: du morphème éco de écologie (1874), mot créé en allemand en 1866 par Haeckel en donnant

à

éco- le signifié scientifique de "habitat", et non de "maison" qu'il a dans économe, du grec oikonomos, "gérant de sa maison, de ses biens", de oikos "maison". Ce morphème initial sert aujourd'hui à construire de nombreux mots où il représente écologique, comme écotype, écomusée, écosystème etc ...

Définitions existantes - Le Robert, 1994

*

Ûnité écologique de base formée par le milieu ( biotope) et les organismes animaux, végétaux et bactériens

(biocénose) qui y vivent.

- Dictionnaire de l'Eau, AQTE, Québec, 1981

*

Ensemble structuré englobant en une seule et même unité fonctionnelle le biotope et la totalité des organismes animaux et végétaux qui y vivent.

- G.I.H, 1992

*

Système dans lequel il existe des échanges cycliques de matière et d'énergie dus aux interactions entre les différents organismes présents et leur environnement.

- Vocabulaire des études environnementales. HydroQuébec, 1992

* Ensemble structuré englobant une communauté vivante (biocénose) et l'habitat dans lequel elle vit (biotope).

- Dictionnaire de l'environnement (1992)

*

Système environnemental qui englobe en une seule et même unité fonctionnelle le biotope et la biocénose ..

Commentaires

Un compromis entre la définition du GIH et le dictianaire de l'environnement devrait pouvoir être trouvée. L'adjectif

"cyclique" dans la définition du GIH parait être de trop et plutôt restrictif.

Le milieu ou biotope est ici le milieu aquatique c'est,à dire l'HYDROSYSTEME.

Proposition de définition

Ensemble structuré comprenant un hydrosystème et la com- munauté vivante ou biocénose qui y vit~ cet ensemble est caractérisé Par des échanges de matière et d'energie dus aux interactions entre les organismes vivants et l'hydrosystème.

JPC, sept.1995

(18)

FONCTION DE L'EAU

Rappel sur le terme fonction

Etymologie: du latin jimctio, "accomplissement", de FUllgi "s'acquitter de, accomplir". Attesté au XIVe (emploi isolé) au sens de "exécution". .

Au sens moderne, depuis le XVIe.

Définition: au sens premier "action. rôle caractéristique d'un élément, d'un organe dans un ensemble" (Robert, 1ère éd. 1973).

"Activité déterminée dévolue à un élément d'un ensemble ou à l'ensemble lui-même.

(L'analyse distingue ensuite l'activité non mécanique (domaine humain) et J'activité d'ordre mécanique (domaine des choses)". (Trésor de la langue française).

Commentaire: Initialement une fonction est un rClle humain, individuel ou collectif. C'est par extension et analogie que des foryctions peuvent être naturelles, en désignant les rôles d'organes d'être vivant ou encore d'éléments ou agents de la nature.

Fonction de l'eau

Définition

Tout rôle que l'eau joue ou peut jouer, tout service que l'eau ren& ou pèut rendre, déterminé par l'une ou plusieurs de ses propriétés chimiques ou physiques' (constantes) et par ses caractéristiques (variables d'état: température, teneur en différents solutés ou matières en suspension, potentiel énergétique, etc ... ).

Une fonction peut être potentielle (aptitude) ou en action. Le potentiel fonctionnel dépend de l'état des caractéristiques qui le déterminent. En particulier la qualité d'Hune" eau, est indissociable d'un ensemble de potentiels fonctionnels.

Une fonction peut être spontanément en action dans le milieu natmel ou appliquée par divers usages. La mise en action d'une fonction, par un processus naturel ou par un usage, modifie généralement une ou plusieurs caractéristiques de l'eau en affaiblissant ("usant") ou annihilant le potentiel fonctionnel.

Aux potentiels fonctionnels que les usages peuvent user sont associées les valeurs d'usage (voir

usage). Par contre aux potentiels fonctionnels non dégradables par les usages (certaines fonctions

hydrauliques, fonctions symboliques) pourrait plutôt correspondre une "valeur d'existence".

(19)

.• Typologie

Les fonctions de l'eau peuvent se détinir et se classer suivant les propriétés de l'eau qui les déterminent, en :

- fonctions biologiques:

- fonction écologique:

l'eau constituant de la mati~re vivante et vecteur d'échanges internes et externes; l'eau al iment.

l'eau biotope aquatique.

- fonctions hydrauliques (mécaniques: hydrostatique, hydrodynamique): l'eau- support (sustension -l'eau milieu tlottable-, suspension), vecteur (par son t1ux) de transport (de mati~re, d'énergie), moteur, conservateur et transformateur d'énergie, agent de transmission de contraintes mécaniques, liant.

- fonctions thermiques: l'eau fluide caloporteur, agent de thermorégulation.

- fonctions chimiques: l'eau composante (hydratante), sol vante, réactive ou catalytique vis- à-vis de nombreuses substances.

- fonctions optiques: l'eau mil ieu transparent ou rétlecteur, conducteur de lumière.

- fonctions symboliques: l'eau signitiante dans le contexte socio-culturel (symbole de pureté, de fécondité).

••

Les relations conceptuelles entre les propriétés de l'eau (en tant que mattère), lès fonctions de l'eau et les processus naturels qui les mettent en action ou les usages qui les app~iquent sont résumées par les schémas graphiques annexés (extraits de "Introduction à l'économie générale de l'eau", A. Erhard-Cassegrain, J. Margat, Masson, 1982).

Jean Margat et contribution d'Henri CoUez Mars 1995 Version n° 2

2

(20)

Propriétés dt l'tou

(4 l'iIQlllquld.)

Fonctions de l'eau Rôl •• de l'eau, facteur

do phénomènes naturels

milieu de vi. aqualique

action.

oéochimiquu actions oéodynamiques

actlont -E-- climat Iques

nutrillon, foct.ur du mélaboll.me,

victeur d'4chano ••

Ihumor'ouiolion

diuolutlon,prhipltationcri .to 11110 lion,corroI ion

1

Iron.ml •• lon d.

conlroinl •• mécanlqu.s ogglomération

.édim.ntotlon

Iro n. for molion d'énugl.

éro.lon, tran'porl

écologique lolvonle

biologique chimique consliluanie (de minéroUIl) coh.sive hydrodynamique hydrOltalique

thermique 0 fluidité

0

ma ••• Ipéciflque 0

viscolité tI

compruslbi Ilti 0

lension auperllciell.

0

choleur spécifique, chal.ur lolenl. d.

vaporilalion 0

Ironspor.nc.

0

conductivit6 i1.ctrique, pouvoir ionisont

0

composlt ion 0

pouvoir lolvonl '0

rta c Il v "" chimique 0

pouvoir de cololy ••

0

pouvoir d"hydrolyse

«

c

S T

-0-

Caracl.rlsliqu.s

, c/largtl solidtl (susp.nsions, lurbitlil.) : salinlf. (I.n.ur.n solulis, composilion) : I.mpiralur.

: inItuaclion .nlr" caroclirisliqu.

Bt applicalion d. la lonction.

FONCTIONS DE L'EAU ET ROLES NATURELS"

ERHARD-CASSEGRAIN A., MARGAT J.(1982) -Introduction

l

l'économie générale de l'cau.

Manon, 361 p., Paris.

(21)

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(22)

INONDATION

Historigue et Etymologie : Empr. au lat. inundatio, inonda- tion, débordement.

Ca. 1275 "la grant inundacion" (Déluge) (Jean de Meun -Rose.

Edit. F.Lecoq, 1767) Définitions existantes:

Le Robert

1 Débordement d'eaux qui inondent le pays environ- nant.Inondation causées par les pluies, la .fonte des neiges,

la crue d'un torrent, les hautes eaux d'une rivière ..

2 Action d'inonder; résultat de cette action. Inondation volontaire d'un territoire ~ Submersion

3 Eaux qui inondent. L'inondation couvrait les terres basses.

Trésor de la Langùe Francaise

Action d'inonder, résultat de cette action.

- Submersion des terres par les eaux de crue d'un cours d'eau, d'un lac ou par celles de la mer à la suite d'un raz

de marée ou de la rupture de digues.

- Action de couvrir d'eau volontairement une partie du pays, résultat de cette action. Irrigation par inondation, inonda- tion des rizières.

G.I.H.

Inondation (1); épandage (2) voir aussi CRUE

1) Submersion par l'eau débordant du lit normal d'un cours d'eau ou d'autres surfaces d'eau, ou accumulation d'eau provenant de drainages, sur des zones qui ne sont pas

normalement submergées. ~

2) Epandage d'eau contrôlé pour l'irrigation ou à d'autres

fins.

Définition proposée

Submersion temporaire, naturelle ou artificielle, d'un espace terrestre.

Commentaires

*

L'inondation est à la fois:

- un phénomène naturel ou induit involontairement par des transformations artificielles du milieu, ou encore une ac- tion humaine volontaire ou accidentelle le fait ou

l'action d'inonder;

- un état temporaire, résultat de ce phénomène ou de cette action.

*

Cette submersion affecte généralement des terrains avoisinant un cours ou un plan d'eau à niveaux variables

(23)

(par exemple lit majeur et parties basses d'une vallée, plaine côtière). Elle peut être régulière, par exemple dans

les zones tempérées et froides au moment de la fonte des neiges, ou bien dans les pays tropicaux et de mousson

pendant la saison des pluies .•. Elle peut être aléatoire ou accidentelle lors d'une crue produite par des pluies ex- ceptionnelles ou par la rupture d'ouvrages. Elle se produit lorsque de l'eau en excès ne peut être évacuée par les voies naturelles (lit mineur des cours d'eau) ou artificielles prévues à cet effet (drains ou réseaux d'assainissement).

*

Les inondations sont le plus souvent causées par les crues des cours d'eau. Elles peuvent aussi résulter d'une lenteur, voire d'un absence d'infiltration dans des espaces soumis à des averses de forte intensité que les conditions "ac- cidentelles" de l'accumulation, seules ou réunies, soient d'ordre hydrologique, topographique, météorologique~u

anthropique. Nombre d'inondations ou crues "pluviales" dans les villes ou des lieux rendus imperméables sont de ce type.

La remontée des nappes phréatiques dans un milieu naturel ou le relèvement du niveau d'évacuation dans des réseaux de drainage peuvent encore provoquer des inondations d'un genre voisin. Parfois aussi, les différents phénomènes, crue

fluviale, crue "pluviale", remontée de nappe sont con- comittants. De même, certaines villes sont particulièrement

menacées, les villes littorales par exemple, quand, à toutes les causes de crue déjà esquissées, s'ajoutent les surcotes dûes à des marées de tempête.

*

Une inondation peut être décrite quantativement, par la surperficie de l'aire inondée, une hauteur d'eau moyenne et une durée.

JPC, MD, JM.

nov. 1995

(24)

PENURIE D'EAU

Rappel sur le terme pénurie.

Etymologie:

Définition:

Emprunt au latin penuria "disette, manque" en parlant de non animés (penuria aquarum, "manque d'eau", Salluste) ou d'animés (penuria imperatorwn, "manque de généraux", Ciceron). En Fr. XVè siècle "pauvreté", 1752 "défaut d'approvisionnement". 1798 "manque (de quelque chose de nécessaire)'" par opposition à abondance.

"Manque de ce qui est nécessaire. (Généralement accompagné d'un déterminant, s'emploie surtout en parlant de denrées alimentaires, de marchandises)".

(Robert, 1ère éd. 1973)). N.B. Les exemples cités s'appliquent notamment à des matières premières.

Commentaire: Le concept de pénurie procède bien de la comparaison entre une offre -une ressource- et une demande ou un "besoin" : c'est l'infériorité de l'une par rapport à l'autre, un défaut d'offre et une insatisfaction de la demande. La pénurie est donc très proche du concept économique de rareté relative: "insuffisance de la quantité existante par rapport à la quantité demandée (Ch. Gide). El1e n'est pas neutre entre les deux termes de J'inéquation et privilégie la référence à la demande à satisfaire:

c'est plutôt une insuffisance de l'offre qu'un excès de la demande.

Pénurie d'eau

••

Définition

Infériorité de l'offre d'eau, en quantité et/ou en qualités, par rapport à·la demande, entraînant une insatisfaction de celle-ci, un manque d'eau.

Commentaires

La définition d'un état de pénurie d'eau, réel ou prévisionnel, implique la cohérence des références spatio-temporelles de l'offre (ressource, système de production) et de la demande en inadéquation.

Cene inadéquation peut être due soit à un défaut de l'offre, soit à un excès de demande, l'un et l'autre pouvant être conjoncturels ou structurels, par comparaison avec un état d'adéquation de référence.

L'état de pénurie d'eau est le plus souvent imputable à l'insuffisance de l'offre, défaillante ou limitée, du point de vue de la demande -des utilisateurs-; il peut cependant résulter d'une croissance temporaire ou tendancielle des demandes face à la rareté absolue de la ressource.

(25)

Typologie

L'analyse du système d'offre et de demande en eau en interaction et des facteurs de leur inadéquation possible conduit à distinguer deux types de pénurie:

La pénurie conjoncturelle est due àune défaillance temporaire de la ressource (sécheresse) et/ou à un surcroît temporaire de demande, ou encore à un défaut temporaire de l'appareil de production ou de distribution, inadapté aux situations de crise.

'lI

La pénurie structurelle résulte de la rareté absolue de )a ressource (aridité) qui bloque la possibilité de satisfaire des demandes croissantes, ou encore du défaut d'infrastructure d'aménagement des eaux, da lui-même à la carence de moyens des utilisateurs ou à l'inadéquation de la ressource jugée exploitable suivant les critères socio-économiques relatifs aux objectifs d'utilisation.

<fi.

Jean Margat et contribution d'Henri Cottez Octobre 1995

(26)

Etymologie:

QUALITE DE L'EAU

Rappel sur le terme qualité

Emprunt au latin philosophique qua/iras, formé sur qua/is, "que~ "manière d'être, attribut propre de J'Etre et en particulier l'aspect sensible et non mesurable des choses" (Robert, 1ère éd., 1973).

Définition : (sens 1)

"Manière d'être plus ou moins caractéristique (en parlant de choses). Ce qui fait qu'une chose est plus ou moins recommandable, par rapport à l'usage ou au goût humain, qu'une autre de même espèce; degré plus ou moins élevé d'une échel1e de valeurs pratiques (en parlant de matières élaborées, de productions ... )"- (Robert,

1ère éd., 1973).

Commentaire: Dans ce sens, le concept de qualité implique bien une relativité à des critères, notamment d'usage, et une gradation de valeurs, ce qui s'appliquera parfaitement à l'eau.

Qualité de l'eau

Définition

Aptitude de l'eau, déterminée par ses caractéristiques physiques, chimiques, biotiques ou organoleptiques, à servir à un usage défini ou à permettre le fonctionnement d'un milieu aquatique donné.

"Qualités de l'eau et moyens de correction" (Ed. Imbeaux 1935).

Remarque: en raison de la multiplicité et de la variété des relativités de son évaluation, il serait préférable de mettre qualité au pluriel dans les expressions générales telles que "dégradation de la qualité des eaux souterraines", "reconquête de la qualité des rivières" ou, selon les termes- ~e la loi sur l'eau de 1964 (art. 6) • ... tout fait susceptible d'altérer la qualité de J'eau superficielle ou

" 1

souterrame ....

Commentaires

L'attribution et l'appréciation de qualité s'appliquent aussi bien à J'eau dans la Nature, dans sa dualité milieu et ressource ("qualité d'une rivière, d'un lac"), qu'à l'eau vouée aux utilisations humaines ("qualité de l'eau distribuée", voire "de l'eau usée"), en étant alors à la fois une dimension de l'offre (qualité du "produit") et de la demande en eau (qualité requise, besoin en qualité, exprimé éventuellement par des "normes de qualité").

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