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Submitted on 1 Jan 1977
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Étude de micelles ioniques par diffusion centrale des neutrons
C. Cabos, P. Delord
To cite this version:
C. Cabos, P. Delord. Étude de micelles ioniques par diffusion centrale des neutrons. Journal de Physique Lettres, Edp sciences, 1977, 38 (17), pp.365-368. �10.1051/jphyslet:019770038017036500�.
�jpa-00231397�
ÉTUDE DE MICELLES IONIQUES
PAR DIFFUSION CENTRALE DES NEUTRONS
C. CABOS et P. DELORD
Groupe
dedynamique
desphases
condensées(*)
Laboratoire deMinéralogie
et deCristallographie
Université des Sciences et
Techniques
duLanguedoc, place Eugène-Bataillon,
34060Montpellier,
France(Re~u
le18 juillet 1977, accepte
le29 juillet 1977)
Résumé. - Nous avons étudié, par diffusion centrale des neutrons, des solutions micellaires d’un tensioactif
ionique.
Lesdiagrammes
obtenus montrent laprésence
d’un anneau qu’on peut attribuer aux corrélations entre micelles. Une étude en contraste variable sur des solutions diluéesnous a
permis
de déterminer lescaractéristiques
de la micelle.Abstract. - We have studied
by
smallangle scattering
of neutrons, micellar solutions of ionic surfactant. Thescattering diagram
shows a correlationpeak
due to micelle micelle interaction. A contrast variation methodusing
dilute solutions allows us to determine micellar characteristics.Classification
Physics Abstracts
61.12
1. Introduction. - Le
problème
de la structuredes
phases
micellairesioniques
en solution aqueusea
deja
faitl’objet
d’etudes par diffusion centrale des rayons X(D.C.R.X.) [1], [2], [3]. L’interprétation
des
diagrammes
obtenus repose sur la connaissance de l’intensité diffusee a l’échelle absolue et sur soncomportement asymptotique.
Elle est rendue diffi- cile par lasuperposition,
aux effets de structure, des effets de correlations entre micelles.Plus recemment
[4],
cetteanalyse
a etereprise
enD.C.R.X. par la méthode du contraste variable
appliquée
a 1’etude ducomplexe rhodopsine-deter- gent
danslequel 1’amphiphile (DDAO)
n’est pasionique.
Une etudeanalogue
sur des solutions micel- lairesioniques
nepeut
etreenvisagée
aux rayons Xcar toute variation du
solvant, qui
est leprincipe
de cette
méthode,
nepeut
etre obtenue que par addi- tion de substancesorganiques qui
vont modifiercertains
paramètres
micellaires(concentration
micel-laire
critique, solvatation)
ainsi que la structuremicellaire,
par lephénomène
de solubilisation des additifs.La diffusion des neutrons aux
petits angles
neprésente
pas ces inconvénients.C’est, ici,
la tr~sgrande
difference entre leslongueurs
de diffusion des atomes H et Dqui
est al’origine
d’uneimportante
variation de contraste dont la notion sera
precisee
dans le texte. Cette
caractéristique
est utilisee suivant deuxtechniques :
(*) Laboratoire associe au C.N.R.S.
- variation de la densité de
longueur
de diffusion du solvant par l’utilisation demelanges
connusH20, D20,
- variation de la densité de
longueur
de diffusionde la micelle a
partir d’amphiphiles hydrogénés
etdeutcrcs.
~
.
Le
montage experimental
de diffusion auxpetits
.angles -
Dll - installé sur le reacteur a haut flux de 1’InstitutLaue-Langevin
deGrenoble,
apermis
cette etude dont nous
presentons
iciquelques
resultats.2. Methode
experimentale.
- 2.1 PRODUiTS 2013L’amphiphile
utilise est le p.octylbenzenesulfonate
desodium. Le
compose hydrogene :
a été
synthétisé
au laboratoire suivant unetechnique deja exposee [3].
Le memecompose
deutere(C8,D)
sur la chaine
paraffinique :
’
a été
synthetise
au CEA deSaclay -
avec un taux depurete
de 99%.
Des etudes
préliminaires
ontpermis
de determiner la concentration micellairecritique (c.m.c.)
de cetamphiphile : 1,2
x10-2 mole/I
a 30 °C ainsi que la densité. Les solutions micellaires deC8,H,
deC8,D
et des
melanges
connusCS,H-CS,D
ont ete etudies dans des solvants variablesH20-D20.
Danschaque
cas, une série de solutions de concentrations decrois-
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphyslet:019770038017036500
L-366 JOURNAL DE PHYSIQUE - LETTRES santes ont ete
preparees,
la concentration initialeetant de
0,05 mole/I (c 11,4 mg/ml).
Toutes lescourbes de diffusion ont ainsi pu etre
extrapolees
a la c.m.c.
2.2 MONTAGE EXPERIMENTAL. - La chambre Dll de diffusion des neutrons aux
petits angles [5] permet
de mesurer l’intensité diffusceI(q)
par un echantillon.q = 4 7r sin
0/~
mesure le module du vecteur de1’espace reciproque
ou 2 e est1’angle
de diffusionet A la
longueur
d’onde durayonnement.
3. Etude
theorique.
- L’intensite diffusee par unesolution diluee de
particules identiques
peut etrecxplicitee
si l’on connait la fonctionp(r) qui
decritla variation de la densite de
longueur
de diffusion d’uneparticule. L’expression
laplus complete
dep(r) [6] represente Fecart,
parrapport
ausolvant,
dela densite de
longueur
de diffusion dans laparticule.
Elle comporte deux termes :
avec p = p ~ 2013
poof ( P )
et po sontrespective-
ment les densite moyennes de
longueur
de diffusion de laparticule
et du solvant.pc(r)
decrit la forme d’uneparticule pouvant
etrepartiellement
accessible au solvant.pc(r)
= 1 dansla
partie hydrophobe (non solvatee)
de la micelle.0
pc(r) ~ 1
dans lapartie polaire
solvatee.ps(r) represente
les fluctuations de la densite delongueur
de diffusion dans laparticule
autourde p ~.
Le volume
Vc
d’uneparticule,
exclue ausolvant,
est ainsi defini par :
3.1 DIFFUSION A L’ANGLE NUL. - L’intensite dif- fusee aux
petits angles s’exprime
comme la sommede trois fonctions
[6].
ou
Ic(q)
et7g(~)
sont les fonctions de diffusion prove- nant de pc etps et l~s
traduit les correlations entrel~
etI
4s(~)
etIs(q)
tendent vers zero pour ~ -~ 0.Pour une
particule
isolee 1’intensite diffusée aI’angle
nul vérifie la relation :3.2 RAYON DE GIRATION. - Le rayon de
giration
d’une
particule
est définie par la relation :R
depend
donc de po suivant une loi dont1’expres-
sion
generate [7]
sesimplifie
dans le cas d’uneparticule centrosymétrique
etqui
s’ecrit :avec
et
Rc
rayon degiration
depc(r), independant
dep.
4. Resultats. - L’existence de correlations entre micelles
ioniques
se manifeste par lapresence
d’unmaximum dont la
position donne,
enpremiere
appro-ximation,
la distance intermicellairequi correspond
bien a la distance moyenne deduite de la concentration
en matiere micellaire. Cet effet ne se manifeste pas
sur des micelles non
ioniques
etparait caractéristique
d’interactions
electrostatiques.
Ceci nous a conduita utiliser des solutions tres diluees pour minimiser
ces interactions et atteindre 1’information
particulaire.
11 est a noter que les effets des correlations ne dis-
paraissent
pas, mais neperturbent
pas de maniere notable la loi de Guinier.4.1 DIFFUSION A L’ANGLE NUL. - La racine carree de 1’intensite diffusée a
l’angle
nul estd’apres (1),
FIG. 1. - La racine carree de I(0, po)/c (a une echelle arbitraire)
est une fonction linéaire de la densite de longueur de diffusion du solvant
(1) CSH (2) CSH
(3) Hemoglobine.
[The square root of I(0, po)/c (in arbitrary unity) is a linear function
of the scattering length density of the solvant.
(1) Can (2) CSD
(3) Hemoglobine.]
une fonction lineaire de la densité de
longueur
dediffusion du solvant. Ceci reste valable dans le cas
de mesures relatives de l’intensité. La
figure
1repre-
sente
[/(0, po)IC] 112
pourCS,H
etCS,D.
L’intersection des deux droites
representees
avec1’axe des abscisses
permet
decalculer ( p ~
danschaque
cas.Ainsi :
Des
melanges
realises apartir
deC8,H
etC 8, D
ont
permis
d’etudier la variation de[7(0,po)/~]~
pour
plusieurs
valeurs de la densite delongueur
dediffusion de la
partie paraffinique
de la micelle : ppar.Cette densite peut etre calculée dans
1’hypothese classique
d’une structuredesordonnee, quasi liquide,
de cette
region
interne de la micelle.De la mesure
de p )
et du calcul de Ppar onpeut
ainsi deduire :
x, fraction de volume
occupe
par lesparties paraf- finiques
Ott
Vpar
est le volumeparaffinique .
Ppob densite de
longueur
de diffusion de lapartie polaire
de la micelle non solvatee.Par la
relation : ( P )
= xppar +(1 - x)
ppol on obtient : x =0,55
±0,02
Une
exploitation plus complete
de la formule(1)
necessite la connaissance de 1’intensite a 1’echelle absolue. Ceci a pu etre obtenu en normant les intensites
experimentales
par ladiffusion,
realisee dans les memesconditions,
d’uneproteine
bien connue par d’autres methodes :1’hemoglobine.
[1(0, P°~l ~,1J2
dans le cas del’hémoglobine
estreprésenté
sur lafigure 1. ph )
est obtenu commeprécédemment.
Sa valeurcorrespond
a la densitede
longueur
de diffusion du solvant a 43% D20,
c’est-a-dire
ph ~
=2,4
x 1010cm- 2.
Lalongueur
de diffusion totale
2:b
de laproteine peut
etre calculeea
partir
de sacomposition chimique
et levolume Vh
de la
particule s’exprime
suivant :En divisant
Vh
par la massemoleculaire,
on obtient le volumespécifique partiel
qui
est la valeurgeneralement adoptee.
Connaissant
Vh, Mh
et v lerapport
des pentes des droitesrepresentees
sur lafigure
1 permet de deter- miner la masse molaire et le volume de la micelleM~8 N
23300, Pc ~
37 800A3.
Notons que lapre-
cision des mesures ne
permet
pas de différencierMCSH
etMCsD
dont les masses molaires differenttheoriquement
de 5%.
Le nombre n de monomeres par micelle peut etre calcule si l’on connait ledegre
d’association des contre-ions. Ce
nombre, qui repre-
sente le rapport entre le nombre d’ions Na+ lies a la micelle au nombre de monomeres par micelle est voisin de
0,6 [8]
et conduit à n = 82 ± 3.11 est maintenant
possible
de tracer a 1’6chelleabsolue
([~i(0, po)] ll2)
pour une micelle et pourchaque
valeur de Ppar
correspondant
aux differentsmelanges
,CSH’ C8D.
De ce reseau de droitesparalleles,
dont lapente est
egale
aVc,
onpeut
deduire([~i(0, Ppar)] 1~2)
pour un solvant donne.
La
figure
2represente
legraphe
de cette fonctionpour un solvant a 27
% D20. L’équation
de la droiterepresentee
se deduit de la formule(1) :
La mesure de la pente est
Vpar.
On obtientVpar
= 21 000A3
valeurqui
donne x =0,55.
FIG. 2. - Pour un solvant donne (27 % D20) la racine carree de
il(O) est une fonction lineaire de la densite de longueur de diffusion de la partie paraffinique de la micelle.
[For a given solvent (27 % DzO) the square root of il(O) is a linear
function of the scattering length density of the paraffinic part of the micelle.]
4.2 RAYON DE GIRATION. - Le rayon de
giration
obtenu
experimentalement
varie en fonction du contraste moyen suivant la loi lineaire(2) qui
estillustre - dans le cas de solutions micellaires de
C8H -
sur lafigure
3. La droitereprésentée permet
de calculer cx etR c 2
Connaissant Vr
onpeut
calculer le moment d’ordre 2 des fluctuations de la densite delongueur
de diffusiona 1’interieur de la micelle.
On pourra suivre 1’evolution de
~2,p(/~par) ~ partir
des
melanges C8H, C8D.
La formule(2) permet
parL-368 JOURNAL DE PHYSIQUE - LETTRES
FIG. 3. - Le carre du rayon de giration est une fonction lineaire de l’inverse du contraste.
[The square of the radius of gyration is a linear function of the
reciprocal of the contrast.]
ailleurs de calculer les rayons de
giration Rpar
etRpol
de lapartie paraffinique
et de la micelle solvatee.En
effet,
si l’on donne a po la valeur ppar, laparticule
vue est celle dont le rayon de
giration
estRpol.
Inverse-ment, pour po = Ppol tout se passe comme si la
parti-
cule de densite
homogene ( p ~
avait un rayon degiration 7~.
Le calcul conduit a :
Dans
1’hypothese
d’une solutionmonodisperse
de
particules spheriques,
onpeut
calculer le volumeoccupe
par lapartie paraffinique
et le volume total de la micelle solvatéeL’analyse complete
des resultats obtenus apartir
de
R 2(po)
pour les diff6rentes valeurs de pparpermettra
depreciser
ces valeursnumeriques.
Notons que cetteanalyse, indépendante
de 4.1 conduit neanmoins a des resultats tres voisins. Ellepermet
par ailleurs deconnaitre
approximativement
le volume de solvantqui baigne
la micelle(V - Vc) et
celuiqui
entourela
partie polaire
dechaque
monomere.5. Conclusion. - La diffusion
neutronique present
de gros avantages sur la diffusion des rayons X. A
une très
grande souplesse
sur le choix de lalongueur d’onde,
elleassocie,
dans le cas de milieuxhydro- carbones,
en solution aqueuse, une gamme tresl~rge
de contrastes
possibles.
Dans le cas de milieux tensioactifs
ioniques,
celase traduit par des contrastes
remarquables qui
per- mettent de travailler a des concentrationsqu’on
nepourrait
etudier par rayons X et par des methodes de contraste variable basees sur la difference delongueur
de diffusion entre H et D
qui
neperturbent
pas le milieu.A la suite de cette
etude,
le milieu micellaireionique apparait
comme un milieu ou les interactions elec-trostatiques jouent
un rolepreponderant
meme auxconcentrations faibles. Le fait que la taille de la micelle reste
petite
parrapport
aux distancesintermicellaires,
nous a
permis
d’obtenir lescaracteristiques
de lamicelle sans autre
hypothese
que celle d’une structurequasi liquide
desparaffined.
Cette etude n’est
qu’une premiere approche qui
admet une variation lineaire de l’intensité a
I’angle
nul en fonction du contraste : ce
qui
n’estqu’une premiere approximation
pour un milieupolydisperse.
Nous pensons
prochainement
examiner les effets de lapolydispersite qui
se manifestent aux contrastes faibles. Cetteetude, qui
pourra aussipermettre
des etudes structuralesplus fines, peut
etre d’ungrand
interet pour etudier les effets de la force
ionique
sur ladispersite
des milieux micellairesioniques.
Nouspensons aussi
etudier,
a forceionique
constante, 1’effet de la taille des contre-ions sur la dimension des micellesqui peuvent
d’unepart
introduire une cour-bure
spontanée
dumilieu,
d’autrepart
modifier les interactionselectrostatiques [9].
Remerciements. - Nous tenons a remercier
parti-
culierement MM. Volino F. et Dianoux J. de I’I.L.L.
de Grenoble pour leur collaboration sur le
plan experimental,
ainsi que MM. Chabre M. et Osbome B. H. du C.E.N.G. de 1’aidequ’ils
nousont
apportee
pour 1’etude de1’hemoglobine
encontraste variable.
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