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Le signe de Robert Wreden (docimasie auriculaire) · BabordNum

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(1)

FACULTÉ DE

MÉDECINE

ET DE PHARMACIE DE BORDEAUX

ANNÉE 1900-1901 31

M M MBIT *BBI

(dogimasie auriculaire)

THÈSE

POUR LE DOCTORAT EN

MÉDECINE

Présentée et soutenue publiquement le 18 janvier1901

PAR

Hen

ri-Marie-Alfred-Joseph JOUSSET

Né à Périgueux (Dordogne) le 11 mai 1876.

ANCIEN EXTERNE DES HOPITAUX ÉLÈVE DU SERVICE DE SANTÉ DE LA MARINE

' MM.MORACHE, professeur...Président.

Examinateurs de la Thèse: S ^RNOZAN, professeurSIGALAS, agrégé }Juges MOURE, chargé decours..../

Le Candidat répondra aux questions qui lui seront faites surles diverses partie

de l'Enseignement médical.

BORDEAUX

G. GOUNOUILIIOU, IMPRIMEUR DE LA FACULTÉ DE

MÉDECINE

II, RUE GUIRAUDE, II

11

(2)

FACULTE DE MÉDEG1NE ET DE PHARMACIE DE BORDEAUX

M. de NABI AS Doyen. | 51. PITRES. Doven honoraire.

PROFESSEURS MM. MICÉ

DUPUY ' Professeurs honoraires.

MOUSSOUS 1

MM. MM.

GlihiijtieMM . . .

{ » ; M^ecine &

IDEMONS. î Chimie BLAREZ.

ILANELONGUE ; Histoire naturelle . . GJJILLAUD.

Pharmacie FIGUIER.

AERGELY. Matière médicale. . . deNABIAS.

ARNOZAN. Médecineexpérimentale . FERRÉ.

MASSE. Clinique ophtalmologique. BADAL.

LEFOUR. Clinique desmaladies chi-

COYNE. rurgicalesdes enfants . PIÉCHAUD.

GANNIEU. Cliniquegynécologique BOURSIER.

Clinique médicale des

maladies desenfants A. MOUSSOUS.

I Chimie biologique . .

DENIGÈS.

Clinique externe.

Pathologieetthérapeu¬

tiquegénérales. . .

Thérapeutique. . . .

Médecineopératoire .

Clinique d'accouchetriehts.

Aaatomiepathologique. .

Anatomie

Anatomie générale et histologie

Physiologie ...

Hygiène. . . . .. . .

VIAULT.

JOLYET.

LAYET.

AGREGES EN EXERCICE:

section de médecine(Pathologie interneetMédecinelégale.}

MM CASSAET.

AUCHÉ.

SABRAZÈS.

MM. Le DANTEC.

HOBBS.

section de chirurgie et accouchements

MM.DENUCÉ.

Pathologieexterne. tIELAR.

BRAQUEHAYE CHAVÂNNAZ.

. -, (MM. chambrelent.

AccoucliGiri6iits.j K1EUX

Anatomie

section des sciences anatomiques etphysiologiques

jMM.PRINCETEÂU. I Physiologie . . . MM.PACHON.

' N... I Histoire naturelle. BEILLE.

Physique.

section des sciences physiques MM.SIGALAS. Pharmacie . . COURS COMPLÉMENTAIRES:

Clinique des maladiescutanées et syphilitiques Clinique des maladiesdes voies ufinaires

Maladies du larynx,des oreilleset dunez. . ...

Maladies mentales Pathologie externe Pathologie interne Accouchements Chimie

Physiologie Embryologie Ophtalmologie

Hydrologieetminéralogii Pathologie cxotiqUe . . .

M.BARTHE

MM.DUBREUILH.

POUSSON.

MOURE.

RÉGIS..

DENUCE.

RONDOT.

CHAMBRELENT.

DUPOUY.

PACHON.

N...

LAGRANGE.

CARLES.,

LE DÀNTEC.

LeSecrétaire de t'aFàcùlté: LEMA1RE.

Par délibération du 5 août la faculté a arrêté que les opinions émisés i< = ^ Thèses qui luisontprésentées doiventêtre considérées commepropresàleursau ~

qu'ellen'entend leurdonner niapprobation ni iinprobation.

(3)

A LA MÉMOIRE DE TOUS CEUX QUI M'ONT

AIMÉ

ET QUI NE SONT PLUS

A MON PÈRE

Faible gagé de ma profonde affection.

A MON FRÈRE

Gage de mon inaltérable amitié.

A MON ONGLE LE Dr A. JOUSSET

ANCIEN MÉDECIN DE LA MARINE

ANCIEN PROFESSEUR DE MÉDECINE OPÉRATOIRE A LA FACULTÉ LIBRE

DE LILLE

ET A MA TANTE

Je n'oublieraijamais lafaçon dont vous m'avez traité pendant Vannée

quej'ai passéeàLille auprès de vous.

(4)
(5)

A M. LE Dr BOURRU

DIRECTEUR DU SERVICE DE SANTE DE LA MARINE

DIRECTEUR DE L'ÉCOLE PRINCIPALE DU SERVICE DE SANTÉ DE LA MARINE

OFFICIER DE LA LÉGION D'ÏIONNEUR

OFFTCIER DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE

A. M. LE Dr H. CHEVALLIER

MÉDECIN PRINCIPAL DE LA MARINE

SOUS-DIRECTEUR DE L'ÉCOLE PRINCIPALE DU SERVICE DE

SANTÉ

DE LA MARINE

CHEVALIER DE LA LÉGION D'ïIONNEUR

(6)
(7)

A MON PRÉSIDENT DE THÈSE

M. LE Dr G. MORACHE

PROFESSEUR DE MEDECINE LÉGALE A LA FACULTÉ DE MÉDECINE

DE L'UNIVERSITÉ DE BORDEAUX

MEMBRE ASSOCIÉ DE L'ACADÉMIE NATIONALE DE MÉDECINE

COMMANDEUR DE LA LÉGION D'IIONNEUR

(8)
(9)

INTRODUCTION

Au moment de la naissance, no-us dit

Gellé, l'organe auditif

subit une transformation complète que le

médecin auriste

aintérêtà connaître, carelle est

l'occasion d'affections graves

del'organe.

La connaissance de cette question est

aussi très utile

au

médecin légiste, car, ainsi que nous

le dit Wreden, elle peut

être la base «d'une nouvelle méthode

rendant possible la

distinction entre un fœtus mort-né et un

enfant né vivant,

quand les méthodes

basées

sur

l'examen des organes thora-

ciques et abdominaux ne sont pas

applicables ou ne donnent

aucun résultat décisif».

Le signe de l'oreille moyenne,

dit signe de Robert Wreden,

est basé sur l'absence ou laprésence

d'un bourrelet gélatineux

dans l'oreille moyenne, suivant que

l'enfant

a

respiré ou pas.

La valeur de ce signe a été

très contestée. Certains auteurs

ont prétendu qu'il n'y

avait

aucun

compte à tenir de ce signe,

beaucoup trop infidèle;

certains autres ont été jusqu'à nier

l'existence du bourrelet gélatineuxau

moment de la naissance,

détruisant ainsi la base du signe; d'autres

enfin

en

ont fait

une épreuve d'unevaleur

incontestable qu'ils placent au même

rang quel'épreuve dupoumon.

Nous n'avonspoint la

prétention d'émettre sur la question

aucun avis, que nos petites

connaissances d'étudiant ne nous

permettent point de donner;

notre but, beaucoup plus

modeste, est de rechercher

quelles ont été les idées émises

(10)

10

surla valeur anatomique de ce signe et les conséquences que l'on peut en tirerau point de vue médico-légal.

•Après quelques pages réservées à un historique aussi exact

que possible de la question, nous parlerons succinctement de l'embryologie de l'oreille moyenne etde sa constitution anato¬

mique chez le nouveau-né. Nous étudierons ensuite le bour¬

relet gélatineux et sa transformation au moment de la nais¬

sance. Nous verrons, enfin, comment et jusqu'à quel point le signe de Wreden peut être utile au médecin légiste, et com¬

ment onpeutpratiquer cette investigation.

Avant d'entrer dans l'étude de notre sujet, nous avons à

nous acquitter de dettes nombreuses de reconnaissance.

Que M. le professeur Morache, qui a bien voulu nous

donner l'idée de notre thèse, accepte l'hommage de notre profond respect. Nous n'oublierons jamais que, durant

trois

ans passés à Bordeaux, il n'a cessé de nous prodiguer ses

bons avis. Il nous fait aujourd'hui l'honneur de

présider

notre thèse; qu'il veuille bien agréer tous nos

remercie¬

ments.

Nous garderons toujours le souvenir de l'année que nous

avons passée, comme externe, dans le service de M. le pro¬

fesseurDémons, où le maître, avec ses doctes leçons, a bien

voulu nous accorder sa bienveillance; qu'il daigne accepter l'hommage de notre reconnaissance et de notre profonde

admiration. MM. les professeurs Coyne et Ferré nous

ont

ouvert les portes de leurs laboratoires; qu'ils veuillent

bien

agréer nos respects et nos remerciements. Nous avons passé

un temps beaucoup trop court dans les services de MM. Lane- longue, Piéchaud et Lagrange, dont nous étions si heureux

d'écouter les savants enseignements.

M. le Dr Moure a droit à notre vive gratitude pour les

(11)

bonnes leçons qu'il nous a prodiguées

pendant les quelques

semaines où nous avons suivi son service, et

aussi

pour

les

bons conseils qu'il a bien voulu nous

donner

au

sujet de

notrethèse.

H. J.

Bordeaux, 17 décembre1900.

(12)
(13)

CHAPITRE PREMIER

Historique.

Fabrice d'Aquapendente et

les auteurs de

son

époque, nous

ditWreden dans un article du

Vierteljahrschrift fur gerichtl.

Medic., 1874, pensaient que

la caisse du tympan du nouveau-

n'était pas remplie

d'air, mais d'un

mucus

qui disparaissait

aussitôt après la naissance,

et était remplacé par l'air fai¬

sant irruption dans la trompe au

moment de l'expiration et

des cris.

Un peu plus tard,

Duverney, examinant le contenu de

l'oreille moyenne du

fœtus,

y

nota des excréments, des

liquides fœtaux, du mucus.

Guenther et Huske décrivirent un exsudât muqueux

de la

caissedisparaissant àla

première inspiration.

En 1857, Koppen, faisant une

étude attentive de la caisse

de fœtus mort-nés, constata chez

certains la présence d'un

liquide qui n'était « nipus,

ni exsudât séreux

».

En 1858, de Troeltsch, à la

séance du 13 novembre de la

Société de médecine de Wurtzbourg, fit une

communication

sur le résultat de la dissection de l'oreille

de trente et

un petits enfants, et montra que

la caisse du tympan, quand elle

était normale (deux cas sur

quinze, d'après

ses

propres recher¬

ches), était remplie, non d'une

sécrétion de mucus, mobile

dans la caisse et indépendante de

la

muqueuse,

mais par un

revêtement de tissu muqueux,

semblable à

un

bourrelet,

(14)

_ 14 -i

s'étendant de la paroi labyrinthique jusqu'à la face interne lisse du tympan.

En 1867, de Troeltsch, parlant de la régression de ce bourrelet muco-gélatineux, affirma que cette régression com¬

mençait avant la naissance, et prétendit qu'au moment de la naissance, il y avait à peine des traces de ce bourrelet géla¬

tineux.

Cette opinion fut confirmée trois ans plus tard par Zaufal, qui déclara n'avoir jamais pu trouver de traces de ce magma

gélatineux dans l'oreille d'enfants morts en naissant.

En1868, Wreden exposales résultats de l'examen de quatre- vingts petits enfants, et fit avec soin la description de l'oreille

moyenne du nouveau-né. Il trouva que, sur quatre-vingts nou- veati-nés ou fœtus à terme mort-nés, quatorze seulement présentaient une oreille moyenne normale. Sur ces quatorze

cas, il vit que, lorsqu'il y avait eu vie, et par conséquent respiration, on ne trouvait pas dans l'oreille de bourrelet muco-gélatineux. Dans les soixante-six autres cas, l'oreille moyenne présentait des lésions soit d'otite aiguë, soit d'otite catarrhale, soit d'otite purulente. Wreden, outre cela, fixa le temps nécessaire à la résorption de ce tissu et l'époque à laquelle s'Opérait cette résorption. Il établit d'une façon très nette, contrairement à ce qu'avait affirmé de Troeltsch, que c'était à la naissance que se faisait cette résorption. Il en

donna les causes et étudia la nature de ce tissu, dont il

détermina la constitution.

Le sujet fut repris plus tard par Wendt, qui fit à Leipsick

des recherches anàtoîno-histolOgiques sur trente-six oreilles, prises séparées du corps de dix-huit fœtus ou nouveau-nés.

Wehdt reproduisit et vérifia les recherches de Wreden.

Il compléta l'œuvre de son prédécesseur et montra, par

quelques observationstrèsintéressantes, pourquoi quelquefois,

chez le fœtus mort-né, on ne trouvait pas de matelas muco-

gélatineuXj mais des liquides fœtaux : liquide amniotique, mécûnium, vernix caseosa, etc.

Wendt compléta les études de Wredeil sur la constitution

(15)

15

anatomo-histologique de ce tissu

fbetal. Il

posa,

de plus, des

conclusions, nettement

formulées,

sur

la valeur médico-légale

du signe fourni par

l'examen de l'oreille moyenne.

Un peu plus

tard, Gellé,

en

France, reprit la question et lui

donnaune nouvelle phase. Après

avoir admis,

avec

Wreden

et Wendt, l'existence

du bourrelet muco-gélatineux, il

s'attacha à montrer que c'était bien

à la naissance

que se

faisait sa résorption; et étudia

la

cause

de cette résorption.

Il insista beaucoup sur ce dernier

point, et, dans

un

opuscule

qu'il intitula : Sur un

signe

nouveau

de la respiration du

nouveau-né, il décrivit avec détails

la régression du bourrelet

etla formation de la cavité réelle de lacaisse du tympan sous

l'influence des premiers phénomènes

de la vie extra-utérine.

Plus tard, en -1885, dans son

Traité des maladies de l'en¬

fance, il compléta cette question en

étudiant les influences

quipouvaient modifier ce

phénomène de la transformation de

la caisse.

Kutschariantz publia, en russe,

le résultat de

ses

expé¬

riences, par lesquelles il semble

infirmer les assertions de

Wreden, Wendt et Gellé. D'après ses

recherches, le bourrelet

fœtal intra-tympanique peut disparaître

pendant les derniers

mois de la vie fœtale et ne plus exister à la naissance.

Moldenhauer, un peu plus tard, affirma que

l'état embryon¬

naire de la muqueuse de l'oreille moyenne

pouvait persister

pendant quelques jours encore après la

naissance.

En 1898, le Dr Yeillard fit à la Société

française de laryngo-

logie une communication sur les otites du

nouveau-né

et

du

nourrisson; et, dans sa thèseinaugurale, traita le même

sujet.

L'auteur, dansces deux travaux, s'occupa

de l'embryologie

de l'oreille moyenne et de sa

transformation à la naissance.

Use ralliaaux opinions de Wendt,

Wreden et Gellé.

Il existe, nous le voyons, des

contradictions nombreuses

dansl'appréciation du signe de Robert

Wreden. Aujourd'hui

encore, toutes ces opinions diverses ont

leurs adeptes, et

nous

verrons, en étudiant la question

médico-légale,

que

si quel-

(16)

- "16

que s auteurs rejettent le signe de Wreden comme étant sans valeur ou tout au moiiis d'une valeur médiocre, les idées

émises par Wreden, Wendt et Gellé onttrouvé des défenseurs qui sontvenus, preuves en main, soutenir leur avis.

(17)

CHAPITRE II

Embryologie de l'oreille

moyenne.

Anatomie

de l'oreille moyenne

du nouveau-né.

L'oreille moyenne, nous dit Prenant, comprenant la caisse

du tympan et la trompe d'Eustache, se développe aux dépens

de la portion postérieure ou endodermique appartenant à la première fente branchiale.

Cetteportion postérieure se transforme eneffet en un canal,

le canal pharyngo-tympaniqueoutubo-tympanique, parrappro¬

chement ou soudure de ses deux lèvres. Si nous suivons l'évolution dece canal tubo-tympanique, nous voyons que son extrémité antérieure cylindrique reste en communication avec le pharynx, et va donner, par sa transformation, la trompe

d'Eustache;

tandis que son extrémité postérieure, séparée du

premier sillon branchial externepar la membrane d'occlusion, s'élargit bientôt, empiétant sur les arcs correspondants

et va donner la caisse du tympan. Quant à la membrane

du tympan, elle est constituée par la membrane d'occlu¬

sion et les parties membraneuses des arcs voisins qui forment sa partie interne, tandis que sa partie externe est

constituée parle revêtement épithélial du sillon ectodermique

de la première fente branchiale, le futur conduit auditif

externe. Entre ces deux feuillets, s'interpose un autre feuillet,

"venant du mésoderme, qui complète la structure de la mem-

2

(18)

18

brane tympanique. C'est

dans la caisse, ainsi constituée,

que

viennent se former, à partir du

deuxième mois,

au

milieu

d'une masse gélatineusequi

n'est

autre que

le chorion infiltré

de la muqueuse, les rudiments

des osselets

:

les

uns,

le

mar¬

teau et l'enclume, aux dépens du

cartilage de Mekel

;

l'étrier,

aux dépens du ligament de

Reichert.

L'antre mastoïdien apparaît dans le diploé au

moment de la

formation de lamastoïde, tandis quelescellules

mastoïdiennes

ne se creuseront dans le diploé de cette même

mastoïde

que

dans le courant de lapreniière année.

A la fin du quatrième mois, nous

dit Gellé, l'oreille

moyenne est à peu

près telle qu'elle

sera au

moment de la

naissance.

Elle est alors formée, ainsi que nous venons de

le voir,

par la caisse avec ses

osselets, l'antre et la trompe d'Eus-

tache.

Sinous étudionsces diverses parties chez l'enfantnouveau- né, nous voyons que la caisse du tympan

présente à

peu

près,

à la naissance, la forme qu'elle conservera

chez l'adulte;

cependant, si nous considérons sa

topographie,

nous pouvons

noter certaines différences.

La paroi supérieure, ou tegmen

tympani, lame très

mince chez l'enfant, présente, encore non

ossifiée, la suture

pétrosquameuse faisant communiquer

la circulation dure-

mérienne avec la circulation de la caisse. Au niveau de la déhiscence, il y a adossement de la

dure-mère et de la

mu¬

queuse tympanique

Les autresparois sont à peu près

semblables à celles de la

caisse adulte: la paroi externe ou tympanique, avec sa

portion

osseuse etsa portion membraneuse, en rapport avec

la partie

externe de la chaîne des osselets; la paroi interne ou

labyrin-

thique en rapport avec les diverses parties de

l'oreille interne;

la paroi inférieure, fossette rugueuse, séparant

la caisse de la

veine jugulaire interne; la paroi antérieure, avec

l'ouverture

de la trompe; la paroipostérieure, enrapport avec

la mastoïde

etplus tard avec les cellules mastoïdiennes.

(19)

- 19

L'antre mastoïdien, chez l'enfant nouveau-né, communique

àplein canal avec la caisse; il en est séparé cependant par la

branche horizontale de l'enclume. Son orifice qui, chez l'enfant, laisserait passer des corps du volume d'un pois ou d'une noisette, est obturé chez l'adulte par des replis fibro-

•épithéliaux, provenant de la muqueuse tympanique.

La frompe, chez le nouveau-né, présente des dimensions

moindres que chez l'adulte; mais, ainsique le fait remarquer de Troeltsch, elle s'ouvre plus facilement que chez l'adulte,

par suite du faible développement du bourrelet tubaire de

l'orifice pharyngien.

Si nousexaminons maintenant l'intérieur de la caisse chez

un enfant mort après avoir respiré quelques heures, nous

voyons une cavité tapissée par une muqueuseetdans laquelle

se trouvent suspendus les osselets.

Cette muqueuse a, à peu de chose près, la même constitu¬

tion que chez l'adulte; elle est cependant plus épaisse, plus

vasculaire et plus facile à détacher de l'os. Sa constitution est celle d'une lame conjonctivo-muqueuse. Elle présente deux

couches: l'une conjonctive, un chorion muqueux, formé de

travéesfibrillaires contenant des vaisseaux etdes nerfs; l'autre épithéliale. La nature de cet épithélium varie suivant l'endroit

considéré : au niveau de la face interne de la membrane du

tympan, au niveau du promontoire et des osselets, l'épithé-

liumestplat; partoutailleurs, il estcylindrique àcils vibratiles.

Entre ces deux couches, nous voyons des cellules basales,

destinées à régénérer l'épithélium. La muqueuse tapisse l'antre, la caisse forme autour des osselets des mésos; très souvent, de cette muqueuse partent des replis séparant l'antre

de la caisse.

Si, maintenant, nous examinons l'oreille moyenne d'un

fœtus de plus de quatre mois, d'un enfant à terme mort-né,

nous voyons que la cavité de la caisse est une cavité virtuelle,

et nous constatons que les osselets y baignent dans un tissu

muqueux.

Jusqu'à neuf mois, en effet, nous dit Veillard, la cavitéde la

(20)

20

caisse est représentée par une simple

fente

entre

deux adosse-

ments de la muqueuse, qui, épaisse,

infiltrée, succulente,

s'étend et gagne autour

des osselets, ménageant entre

eux

et

les parois de la caisse un

certain nombre de replis qui, plus

tard, deviendront des ligaments suspenseurs ou

mésos.

Jusqu'à neufmois, les muqueuses

de la caisse et de l'antre

contiennent dans leur chorion un tissu muqueux qui dispa¬

raît après la naissance. C'est ce tissu muqueux,

dénommé

par les auteurs de diverses façons :

coussinet gélatineux,

matelasgélatineux, magma gélatineux,

bourrelet muco-gélati-

neux, qui constitue la base anatomique du signe

de Wreden.

(21)

CHAPITRE III

Le bourrelet muqueux

de l'oreille

moyenne.

Sa

régression à la naissance.

Si nous voulons étudier le bouchon muqueuxetsesrapports

avec les diverses parties de l'oreille moyenne,

faisons,

avec

le l)r Yeillard, sauter la paroi supérieure de la

caisse

et

de

l'antre d'un fœtus mort-né. Nous voyons la caisse et l'antre remplis d'une gelée translucide, de couleur

gris rougeàtre, de

consistance gélatineuse, c'est-à-diremolle,

élastique,

que

Gellé

a comparée comme aspect « au chémosis

inflammatoire *des

conjonctivites suraiguës ». Si nous essayons

de saisir

avec une pince ce magma gélatineux, nous voyons

qu'il

se

dérobe

comme le ferait une gelée demi-solide; et

si maintenant

nous dirigeons sur lui un filet d'eau, nous pouvons constater

qu'il

adhère aux parois osseuses.

Pour voir les rapports de cette masse avec son

contenant,

enlevons le temporal et supprimons la partie

antéro-inférieure

du conduit auditifexterne. « Nous apercevons la

membrane du

tympan plaquée horizontalement sur l'os. Si, avec une

pince,

nous enlevons l'épiderme épais qui la recouvre, nous voyons,

par transparence, le magma gélatineux

rougeàtre. Avec

un scalpel, détachons la membrane en rasant le

bord de l'os

temporal; saisissons le manche du marteau et

arrachons-le

avec la membrane. Nous verrons sur la face interne de la

(22)

22

membrane une légère couche de gelée; mais la masse reste clans la caisse adhérente au promontoire.

»Une coupe dans le sens antéro-postérieur de la caisse nous montre les rapports du magma gélatineux avec la trompe, qu'il n'envahit que tout à fait dans la partie la plus interne. » A la suite de cet examen, nous pouvons dire que l'antre et la caisse, chez le foetus, sont remplis d'un magma muqueux, adhérent au labyrinthe, en connexion intime avec, les parois

de la caisse, sauf la face interne du tympan. Ce magma con¬

tient les osselets; le manche du marteau, seul, inclus»dans la partie membraneuse du tympan, se trouve en dehors.

Quels sont maintenant les rapports de ce bourrelet avecla

muqueuse tympanique?

Nous n'insisterons point sur l'opinion de Fabrice d'Aqua- pendente, repriseparHuske et Guenther, qui voulaient que le

bourrelet fœtal de l'oreille soit purement une sécrétion de la

muqueuse tympanique, flottant librement clans la caisse. Les recherches histologiques de Wreden et-Wendt ont démontré

que le bourrelet gélatineux est développé dans le chorion de

la muqueuse qu'il infiltre de façon à donner à cette muqueuse

unaspect œdématié. Veillard compare, en effet, l'état fœtal de

l'oreille moyenne à un état d'œdème muqueux de l'oreille

adulte.

Les osselets ne sont pas en rapport direct avec ce magma muqueux: l'épithélium, qui sépare nettement le bourrelet de

la face interne du tympan, se continue dans la cavité virtuelle qui renferme les osselets, et c'est cet épithélium qui,

après

rétraction du tissu muqueux, constituera l'épithélium

des

cavités réelles de la caisse etde l'antre.

Voyons maintenant la constitution anatomo-histologique de

ce bourrelet. De Troeltsch le définit : « un tissu connectif embryonnaire, » qui n'est autre que le tissu muqueux

de

Virchow. Wendt et Wreden le décrivent comme un tissu muqueux très vasculaire. Gellé combat les idées de Huske, qui en fait une masse de mucine, et nous en donne ainsi la description :

(23)

23

«Une trame fine, composée:

»1° D'élémentsjeunes et à peine

constitués,

ceux que

l'on

trouvedans les muqueuses d'évolution

rapide et dans les

pro¬

duits de nouvelle formation;

» De vaisseaux capillaires sanguins

abondants, et de l'eau

qui forme les

99/100

au

moins du volume total.

»

Ailleurs, il nous dit avoirtrouvé dans cette massemuqueuse

desnerfs, ou tout au moins des

cellules

nerveuses

bipolaires

(Moure). :

«Ce tissu vasculaire, composé d'éléments

embryonnaires,

nous dit Gellé, est recouvert surtoute sa

surface d'un épitlié-

lium pavimenteux, à

cellules polygonales, aplaties, à

noyaux multiples. »

Le DrVeillard, dans sa thèse sur les

otites du nouveau-né,

nous communique le résultat de

recherches personnelles et

s'exprime ainsi :

« C'est un tissu formé de nombreux capillaires, rampant

dans une substance fondamentale, amorphe, muqueuse,

très

abondante, renfermant des éléments

cellulaires embryon¬

naires, semblables à de gros leucocytes, et

des éléments plus

âgés, sous forme de cellules fixes,

étoilées, à prolongements

déliés. On n'y trouve point de fibres

conjonctives.

».C'est exactement la constitution que l'on trouve

dans le

cordon ombilical. »

Le Dr Veillard met en évidence, par certaines

préparations,

les cellules de l'épithélium qui recouvre le

bourrelet.

. Pour cela, il prend, nous dit-il, une

petite quantité de tissu

muqueux qu'il étale sur une lame et recouvre

d'une lamelle

;

il dépose surles bords une goutte de

picro-carmin, qui diffuse

peu à peu et colore. On voit alors dans

la préparation des

cellules épithéliales libres, qui paraissent

plates et polynu-

cléées*.

Il les définit ainsi:

«Les cellules de l'épithélium qui

revêt à.la surface du tissu

gélatineux les' faces adossées de la cavité tympanique^ encore

virtuelle. »

(24)

_ 24

L'anatomie du bourrelet gélatineux peut donc se résumer

dans ces mots, dus à Gellé : « Tissu constitué essentielle¬

ment par des vaisseaux inclus dans un réseau d'éléments embryonnaires du tissu connectif. »

Nous allons voir maintenant comment disparaît ce bour¬

relet au moment que Gellé appelle la maturation de l'oreille

moyenne.

A ce sujet, nous nous poserons trois questions :

Que devientle bourrelet et sous quelle influence va-t-il disparaître?

2° A quelle période de la vie s'opère cettedisparition?

Quel est le temps nécessaire à sa disparition?

I

Que devient le bourrelet muqueux de la caisse?

Sous quelle influence va-t-il disparaître?

De Troeltschnous dit:

« Le revêtement muqueux de l'oreille moyenne s'amincit

peu à peu, partie par rétraction, partie par desquamation

active. Le processus de destruction, ajoute-t-il, commence à

la périphérie pour allervers le centre. »

Wreden résume ses recherches d'une façon très explicite:

«La disparition du bourrelet gélatineux de la caisse du tympan suit la même évolution qu'une simple résorption de

tissu muqueux fœtal, » et, réfutant l'opinion de Troeltsch, il ajoute : «.Iln'y a ni desquamation active ni processusdestruc¬

teur allant de la périphérie au centre. j> Il confirme l'opinion

avancée par Zaufal, qui prétend que, lorsque la

supputation

est le mode de terminaison du bourrelet fœtal, cette suppu¬

ration est rarement de production pathologique.

Il ne va cependant pas jusqu'à l'exagération de Zaufal etde Brunner, qui font de cette « dégénérescence muco-purulente

(25)

'25

la terminaison normale et la

plus fréquente du bourrelet

»,

ce qu'ils

appellent

« sa

désagrégation physiologique».

Cette dernière opinion est fortement

combattue par les

auteurs actuels, qui reconnaissentcomme cause

à cette suppu¬

ration l'infection.

Le Dr Moure nous donne l'explication

de cette infection

dans la suractivité circulatoirenécessaire

à la transformation

del'oreille, très propice aux

inflammations locales :

«On comprend très bien,

dit-il, qu'une infection quelconque

se produisant,

soit quelques jours avant l'accouchement, soit

au moment de la naissance, pourra être

naturellement favo¬

risée par le trouble

circulatoire, qui

se

fait dans l'oreille à

cette époque de la vie

du nouveau-né; c'est ce qui fait que

très souvent, chez les enfants, on a

trouvé à l'autopsie non

pas un bourrelet muqueux,

mais des matières caséeuses

des matières purulentes ou du mucus

vaginal, qui s'étaient

introduits dans la caisse, soit avant,

soit pendant l'accou¬

chement. »

Wendt émet une autre idée: pour lui,

le bourrelet subit

une transformation fibreuse rapide.

Le professeur Brouardel,

qui considère le bourrelet fœtal

comme une boule de mucosités libre dans

l'intérieur de la'

caisse, nous dit: « Quand

l'enfant fait

une

inspiration, cette

boule quitte l'oreille moyenne, passe

dans la trompe d'Eus-

tache, arrive dans lepharynx et

disparait.

»,

Denos jours,presque tous les

auteurs

se

rallient à l'opinion

de Wreden, reprise par

Gellé,

que

la disparition du bourrelet

fœtal est une simple résorption.

Cette résorption consiste

dans une diminution progressive,

mais rapide, de la subs¬

tance intercellulaire jusqu'à ce que ce

tissu muqueux fœtal

soit transformé en tissu conjonctif

adulte.

Comment et sous quelle influence se

fait cette résorption?

Gellé, nous dit Veillard, croit

à

une-

modification dans la

circulation, par suite de

l'établissement de la fonction respi¬

ratoire.

Les premières ampliations

thoraciques ouvrent une large

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- 26

voie au courant sanguin. Le cœur droit se trouve rapidement vidé, etainsi, de proche en proche, toutle système veineuxde

la tête et des membres. La tension sanguine baisse à ce moment ; tousles tissus se dégorgent, les vaisseaux se rétrac¬

tent sous l'influence du vide pulmonaire, que viennent à la fois combler l'air arrivant par la trompe, sous l'influence

de ce que Gellé appelle le réflexe tubo-tympanique, autre¬

ment dit la déglutition, et le sang veineux de la grande

circulation.

C'est par cet appel énergique que la cavité de l'oreille, si

vasculaire et remplie d'un contenu homogène,comme œdé¬

mateux, tant ilestgorgé de liquide,setrouvemétamorphosée rapidement. L'air envahit la caisse, et le bourrelet muqueux s'affaisse. La cavité de l'oreille moyenne, virtuelle jusque-là, apparaît telle que la fonction auditive l'exige,

j Le Dr Moure compare cette résorption du tissu fœtal à la résorption du liquide des otites exsudatives des adénoïdiens.

Les végétations adénoïdesmodifient, nous dit-il, les conditions

circulatoires de la trompe et de la caisse. La circulation de

retour de ces dernières s'effectuant très mal, il se produit une transfusion de sérum à travers les capillaires de la caisse et de la trompé, et ces dernières se trouvent alors remplies de liquides. Dès que la main du chirurgien a débarrassé le pha¬

rynx de, ce tissu, adénoïde, la circulation se rétablit aussitôt et larésorption de la sérosité se fait par unprocédé,analogueà

çelui que nous indique Gellé.

Nous venons de voir, avec Gellé, que ta résorption du

bourrelet gélatineux est due :

1° A la modification apportée parla respiration dans l'arbre circulatoire, modification retentissant sur la circulation de la caisse;

2° La pénétration dans la caisse, sous l'influencede la déglu¬

tition del'air, qui comble le vide produit, et, par la pression qu'il exerce, favorisela résorption.

Mais alors comment expliquer que, chez certains enfants mort-nés, on trouve dans l'oreille moyenne la cavité de la

(27)

27

caissenettementforméeetrempliede

liquides fœtaux? Wehdt,

quinous cite

huit observations personnelles relatives à ce fait,

nous en donne une explication, qui a

été confirmée

par

Wreden. Il s'est produit, nous

dit-il, dans les derniers jours

de la vie intra-utérine, des mouvements

respiratoires préma¬

turés, qui ont amené avec eux

des mouvements de déglutition.

Al'inspiration, les

liquides fœtaux ont pénétré dans les pou¬

mons,ainsi quele prouvel'examen;

à l'expiration, les liquides,

refoulés dans la cavité du pharynx, sont

envoyés dans la caisse

parla déglutition. Les

liquides fœtaux ont refoulé le bourrelet

gélatineux de la

caisse

par

le même mécanisme que l'air

dans la respiration

extra-utérine.

Une question se pose

maintenant, c'est de savoir si la

résorption du bourrelet se fait en

même temps et d'une façon

uniforme dans toutes les parties de la

caisse,

ou

s'il

y a un

çrdre suivi dans la productiondu

phénomène.

Nous ne parlerons plus de

l'opinion de de Troeltsch, qui

prétend que le processus va

uniformément de la périphérie au

centre. Wreden, par ses' expériences, a

réfuté cet avis et

nous a montré que la résorption du

bourrelet muco-gélatineux

suivait un ordre bien déterminé, disparaissant

d'abord dans la

trompe, le corps de la caisse et le tympan,

ensuite

sur

la paroi

postérieure de la caisse et du labyrinthe et

enfin

sur

le tegmen

tympani. Cette régression, ajoute

Wreden, suit le même

ordre, mais interverti, de la régression

de l'exsudat inflamma-<

toire de l'otite moyenne des

nouveau-nés.

Le tissu muqueux se résorbant, le

chorion de la muqueuse

va prendrepeu à peu la constitution

qu'il

conservera

définiti¬

vement, c'est-à-dire celle d'untissu

conjonctif fibrillaire, conte¬

nantdes vaisseaux et des nerfs.

L'épithélium qui recouvrait le

bourrelet

muqueux

va se

transformer peu à peu ; les cellules

polygonales, aplaties et

polynucléées, de l'oreille fœtale vont

prendre la forme des

cellulesépithéliales de la caisse

adulte, plates

au

niveau de la

faceinterne du tympan, du

promontoire et des osselets, cylin¬

driques, à cilsvibratiles partoutailleurs,

ainsi

que

nous l'avons

(28)

28

vu à propos de l'anatomie de l'oreille moyenne du nouveau-né.

Nous pouvons donc dire avec la plupart des auteurs :

Le bourrelet fœtal de la caisse subit un phénomène de résorption; ce phénomèneest commandé parles modifications apportées dans la circulationde l'oreille par la respiration etla déglutition. La caisse fœtale,sous l'influence decephénomène,

va prendre peu à peu la constitution de la caisse de l'adulte.

II

A quelle période de la vie de l'enfant s'opère la résorption

du bourrelet fœtal?

La question de l'époque à laquelle se produit la maturation

del'oreille moyenne se résout d'elle-même après ce que nous

venons de dire.

Il est évident que, puisque ce phénomène est lié à l'appa¬

rition des fonctions premières de la vie extra-utérine, c'est

dans lespremiers moments, après la naissance, qu'est marqué

son début.

Tel n'est pas l'avis de tous lesauteurs :

De Troeltsch prétend que le processus de rétraction et de desquamation de ce. bourrelet commence dans les derniers mois de la vie intra-utérine pour se terminer après la

naissance.

Zaufal déclare n'avoirjamais vu de bourrelet muqueux dans

la caisse d'enfants mort-nés, à terme, ou dans les derniers

mois de la vie intra-utérine.

Le professeur Cannieu, que nous avons consulté au sujet

de notre thèse, se rallie à cetavis : il nous aaffirmé quejamais

il n'avait rencontré de bourrelet fœtal dans aucune de ses

nombreuses coupes d'oreilles faites sur des fœtus de sept, huit

et neuf mois. Pour lui, le bourrelet muco-gélatineux s'est

résorbé

longtemps

avant la naissance, et le tissu fœtal,

qui

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29

infiltrait le chorion de la muqueuse

de la caisse, s'est trans¬

forméentissu conjonctif de

l'adulte.

Sans vouloir aller contre l'avis du

Dr Cannieu,

nous sommes cependant

très porté à croire

que

s'il n'a jamais rencontré le

bourrelet fœtal de l'oreille muqueuse,

c'est

que ce

bourrelet

avait été détruit par les

liquides acides destinés à la décalci¬

ficationdes pièces

anatomiques.

Kustchariantz va plus loin que

Zaufal; il prétend

que

la

cavité réelle de la caisse commence à se former

à quatre mois

etseremplit alors d'un

liquide clair,

aqueux, un

peu gluant;

à huitmois, la

transformation est définitive. Le même auteur

nousdit avoir faitl'autopsie de trois

enfants mort-nés, et avoir

trouvé chez tous la caisse bien constituée,

tapissée d'une

muqueuse brillante,

adhérente à l'os sous-jacent et remplie

d'un liquide clair. Le

professeur Brouardel signale aussi la

présence de ce liquide

clair, rencontré dans les autopsies,

mais il ne lui assigne pas

la même origine que Kustchariantz ;

il prétend, en effet, que ce

liquide est de formation cadavé¬

rique et provient de la

putréfaction des tissus de l'oreille

moyenne.

Il peuty avoir des

anomalies dans la production du phéno¬

mène de la maturation de la caisse même, et ceux

mêmes qui

prétendent que la période

normale de cette maturation est la

naissance, en ont rencontré des cas.

Gellé pense que, lorsque

chez

un

fœtus mort-né 011 constate

larésorption prématurée du

bourrelet fœtal, il

y

a eu mort par

hémorragie.

Lesser cite neufcas il a trouvé du

liquide amniotique

et du vernix caseosa; mais, comme

il

a

trouvé

ces

mêmes

produits fœtaux dans l'arbre

respiratoire de

ces

sujets, il se

rallie à l'opinion, formulée et

démontrée

par

Wendt, de la

respiration prématurée par

l'utérus.

On peut aussi constater des

retards dans la maturation de

l'oreille moyenne. Lebourrelet

fœtal peut persister en partie

ou entotalité. Quelle peut en être

la cause?

Veillard nous dit que le

fait

se

produit chez les enfants

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