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PROPOSITION DE RÉSOLUTION

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Academic year: 2022

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Texte intégral

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RE\1222620FR.docx PE662.877v01-00

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Unie dans la diversité

FR

Parlement européen

2019-2024

Document de séance

B9-0092/2021 19.1.2021

PROPOSITION DE RÉSOLUTION

déposée à la suite d’une déclaration du vice-président de la Commission/haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité conformément à l’article 132, paragraphe 2, du règlement intérieur

sur l’arrestation et la détention arbitraires d’Alexeï Navalny (2021/2513(RSP))

Anna Fotyga, Witold Jan Waszczykowski, Ryszard Antoni Legutko, Ryszard Czarnecki, Charlie Weimers, Hermann Tertsch, Jadwiga

Wiśniewska, Bogdan Rzońca, Adam Bielan, Elżbieta Kruk, Ruža Tomašić, Veronika Vrecionová, Evžen Tošenovský, Jacek Saryusz-Wolski,

Alexandr Vondra, Eugen Jurzyca au nom du groupe ECR

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B9-0092/2021

Résolution du Parlement européen sur l’arrestation et la détention arbitraires d’Alexeï Navalny

(2021/2513(RSP))

Le Parlement européen,

– vu ses précédentes résolutions sur la Russie, notamment celle du 17 septembre 2020 sur la situation en Russie: l’empoisonnement d’Alexeï Navalny1.

– vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales (convention européenne des droits de l’homme),

– vu le pacte international relatif aux droits civils et politiques,

– vu la déclaration universelle des droits de l’homme, à laquelle la Fédération de Russie est partie,

– vu la constitution de la Fédération de Russie, notamment son chapitre 2 sur les droits et les libertés de l’homme et du citoyen,

– vu le débat organisé par sa commission des affaires étrangères le 10 septembre 2020, – vu la convention sur les armes chimiques,

– vu l’article 132, paragraphe 2, de son règlement intérieur,

A. considérant qu’Alexeï Navalny, chef du parti «Russie du futur», a été hospitalisé le 20 août 2020, dans un état grave mais stable, après avoir été victime d’un

empoisonnement à l’aide d’un agent chimique militaire neurotoxique «Novitchok» dans une tentative d’assassinat pour des motifs vraisemblablement politiques perpétrée par une équipe d’élite spécialisée en toxines du Service fédéral de sécurité (FSB) russe;

B. considérant qu’Alexeï Navalny a été transféré à Berlin par un vol d’évacuation sanitaire le 22 août 2020 et qu’il a été placé en coma artificiel;

C. considérant que, le 17 janvier 2021, après cinq mois de convalescence à Berlin, M.

Navalny a été arrêté à son arrivée à Moscou pour violation des termes d’une peine d’emprisonnement avec sursis pour détournement de fonds;

D. considérant que, le 18 janvier, les procureurs russes ont ouvert une nouvelle procédure pénale contre M. Navalny pour fraude liée à des virements à diverses organisations caritatives et que celui-ci a été maintenu en détention jusqu’au 15 février;

E. considérant que les autorités et les dirigeants politiques russes continuent de mener une politique répressive et autoritaire à l’égard de leurs propres citoyens, de la société civile,

1 Textes adoptés de cette date, P9_TA(2020)0232.

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de l’opposition politique et des médias, qui font souvent l’objet d’actes de harcèlement, de surveillance, d’agressions physiques, de menaces, de perquisitions et de fouilles dans leurs bureaux et dans leurs foyers, de campagnes de dénigrement et de diffamation, de harcèlement judiciaire, de détention arbitraire et de mauvais traitements, ainsi que de violations des droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion;

F. considérant que la Fédération de Russie, en tant que partie à la déclaration universelle des droits de l’homme et à la convention européenne des droits de l’homme, et en sa qualité de membre à part entière du Conseil de l’Europe et de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, s’est engagée à respecter les principes de la démocratie et de l’état de droit ainsi que les libertés fondamentales et les droits de l’homme;

G. considérant que l’utilisation d’armes chimiques par quiconque et en quelque

circonstance que ce soit est totalement inacceptable et constitue une violation manifeste de la convention sur les armes chimiques, une violation du droit international, une menace pour la sécurité de tous et une atteinte à l’ordre international fondé sur des règles;

H. considérant que la dérive de la Russie vers un régime plus autoritaire a eu une incidence néfaste sur les relations UE-Russie et sur la stabilité en Europe et dans le monde, et a contraint l’Union et les États membres à unifier davantage leur approche stratégique à l’égard de la Russie de Vladimir Poutine;

I. considérant que l’empoisonnement subi par Alexeï Navalny est un mode d’action auquel la Russie de Vladimir Poutine a eu recours à l’égard de plusieurs personnalités de l’opposition, journalistes, militants et dirigeants étrangers, dont Boris Nemtsov (opposant politique), Anna Politkovskaïa (journaliste et militante pour les droits civils), Sergueï Protazanov (journaliste d’opposition), Alexander Litvinenko (transfuge), Viktor Iouchtchenko (troisième président de l’Ukraine) et Sergueï Skripal (ancien membre du renseignement militaire russe) ainsi que la fille de ce dernier, Yulia Skripal;

J. considérant qu’Alexeï Navalny est généralement considéré comme la principale figure de l’opposition contestant le régime de Vladimir Poutine et son système kleptocratique oppressif;

K. considérant que les assassinats commandités par l’État et l’élimination physique des dirigeants de l’opposition, comme dans le cas de Boris Nemtsov, sont restés impunis et que des personnes accusées d’avoir commis ces crimes scandaleux ont été

récompensées par le Kremlin;

L. considérant que les réactions des démocraties occidentales à ces assassinats et autres actions agressives de la Fédération de Russie n’ont pas suffi pour que le Kremlin mette un terme à ses politiques hostiles et répressives;

M. considérant que le vice-président/haut représentant Josep Borrell, le président du Conseil Charles Michel, le ministre britannique des affaires étrangères Dominic Raab, le ministre allemand des affaires étrangères Heiko Maas, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo et l’ancien ministre canadien des affaires étrangères François-Philippe Champagne ont tous condamné l’arrestation de M. Navalny et ont réclamé sa libération

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immédiate;

1. condamne fermement l’empoisonnement et l’arrestation arbitraire du chef de file de l’opposition russe Alexeï Navalny et considère que ces mesures constituent la méthode éprouvée de Vladimir Poutine pour éliminer ses principaux opposants politiques et ses ennemis personnels;

2. fait part de toute son empathie à l’égard de la famille de M. Navalny et réclame sa libération immédiate, l’abandon de toutes les charges qui pèsent sur lui et des poursuites à son encontre;

3. considère son empoisonnement comme une attaque contre la démocratie et le pluralisme politique dans la Fédération de Russie;

4. condamne fermement l’arrestation d’environ 60 journalistes et partisans de M. Navalny, présents à l’aéroport pour l’accueillir;

5. appelle de ses vœux une réponse internationale conjointe et appropriée à cette affaire;

souligne que l’empoisonnement et l’arrestation arbitraire de M. Navalny constituent des crimes contre le droit international;

6. condamne l’usage offensif de tout agent neurotoxique de qualité militaire mis au point par la Russie et souligne que ce n’est pas la première fois ces dernières années que la Russie utilise des agents neurotoxiques contre des dissidents et des figures de

l’opposition;

7. prie instamment le Conseil européen d’adopter des mesures restrictives contre les personnes responsables de l’arrestation et de la détention arbitraires d’Alexeï Navalny, ainsi que contre celles qui sont responsables de la prolifération et de l’utilisation d’armes chimiques;

8. demande instamment aux États membres de reconnaître le manque de fiabilité qui entache la relation entre l’Union et la Russie et réclame une réévaluation stratégique des relations de l’Union européenne avec la Russie;

9. déplore et condamne les tactiques de guerre hybride déployées par le Kremlin et invite le Conseil à bloquer l’accès de la Russie au système SWIFT et à introduire de nouvelles sanctions ciblées;

10. réaffirme sa position sur le gazoduc controversé Nord Stream-2, projet politique destiné à renforcer la dépendance de l’Union à l’égard de l’approvisionnement en gaz russe, qui menace le marché intérieur de l’Union, car il n’est conforme ni à la politique

énergétique de l’Union ni à nos intérêts stratégiques, et auquel il convient donc de mettre un terme; invite les institutions de l’Union et les États membres, en particulier ceux qui participent au gazoduc contesté, à défendre cette position dans un esprit de solidarité et d’opposition face aux politiques agressives de la Russie et à prendre toutes les mesures nécessaires pour bloquer ce projet stratégique du Kremlin;

11. s’inquiète des modifications constitutionnelles récemment adoptées à l’issue d’un référendum contestable; est d’avis que ces modifications apportées à la constitution de

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la Fédération de Russie constituent aussi une évolution inquiétante, qui prouve que le Kremlin entend poursuivre sa politique de répression face à la société civile russe et qu’il vise à étendre sa mainmise sur le monde post-soviétique;

12. constate que le soutien de l’opinion publique à l’égard du régime de Vladimir Poutine n’a jamais été aussi faible, qu’un grand nombre de manifestations ont lieu non

seulement dans les principales villes de la partie européenne de la Russie, mais aussi en Extrême-Orient, comme dans la ville de Khabarovsk, et que les prochaines élections à la Douma doivent se tenir bientôt; estime qu’une réponse unie et déterminée des forces démocratiques occidentales aux actions de Vladimir Poutine est la seule manière d’empêcher le régime russe de mener une répression brutale et sanglante contre la population qui décide de manifester et de défendre son droit de vivre dans un État libre et démocratique qui ne soit pas gangréné par la corruption;

13. est d’avis que la poursuite, par la Fédération de Russie, de ses politiques nationales répressives et de ses actions agressives dans le monde entier, y compris en Ukraine, en Biélorussie, en Géorgie, en Syrie et en Libye, devrait inciter les forces démocratiques occidentales à renforcer leurs politiques et à prendre des mesures plus résolues afin de répondre de manière appropriée aux défis auxquels nous sommes confrontés;

14. demande instamment une enquête internationale sur l’empoisonnement d’Alexeï Navalny, sous l’égide du Partenariat international contre l’impunité pour l’utilisation d’armes chimiques, et réaffirme que la Fédération de Russie se doit d’apporter un soutien transparent, rapide et efficace dans les enquêtes sur les responsables de l’attaque et de fournir toute l’aide nécessaire pour que ces personnes soient traduites en justice;

15. prie instamment les autorités russes de veiller à ce que les responsables rendent compte de leurs actes, non seulement dans le cas de M. Navalny, mais aussi dans les autres affaires de suspicion d’empoisonnement ou d’assassinat par le régime de

Vladimir Poutine, non seulement sur le territoire de la Fédération de Russie mais sur celui de l’Union européenne et dans le monde entier;

16. demande à la communauté internationale de prendre les mesures juridiques appropriées et d’utiliser tous les instruments juridiques disponibles, sur le modèle de la «loi

Magnitsky», pour prévenir et faire cesser les agressions contre les opposants politiques et les militants de la société civile;

17. estime que ces actes ont probablement pour but d’éradiquer le militantisme civil et politique dans la Fédération de Russie;

18. réaffirme que l’Union européenne devrait se montrer pleinement solidaire de la société civile russe et utiliser le régime européen de sanctions en cas de violations des droits de l’homme pour punir les auteurs de violations graves des droits de l’homme, et invite le Conseil à poursuivre sans délai ses travaux en la matière; souligne que les auteurs de violations des droits de l’homme ne devraient pas se voir accorder de visas de l’Union et ne devraient pas être autorisés à conserver des actifs dans les États membres;

19. exhorte la Fédération de Russie à répondre de toute urgence aux questions soulevées par la communauté internationale et à divulguer immédiatement, pleinement et

intégralement son programme «Novitchok» à l’Organisation pour l’interdiction des

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armes chimiques;

20. demande au VP/HR de continuer à porter toute son attention sur l’empoisonnement de M. Navalny et ses conséquences en Russie jusqu’à ce que les responsables soient traduits en justice;

21. charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, aux gouvernements et parlements des États membres, au bureau exécutif de la

présidence, au ministre des affaires étrangères de la Fédération de Russie et à la Douma d’État russe.

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