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Semaine du 18 au 24 septembre 2021

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Semaine du 18 au 24 septembre 2021

RESUME : En RDC, dans la foulée de la répression de la première mobilisation de l’opposition pour réclamer la « dépolitisation » de la CENI, Martin Fayulu et Adolphe Muzito, à la tête de la coalition LAMUKA, ont affirmé qu’il y a encore des militants en détention même si la police assure que tous les manifestants interpellés ont été relâchés le même jour (RDC_11).

Sur le plan de la diplomatie, on signalera la présence du président Tshisekedi à la 76

ème

session de l’Assemblée générale des Nations Unies, au cours de laquelle il a évoqué les questions de sécurité et de développement en Afrique et demandé une meilleure représentation de ce continent au Conseil de Sécurité (RDC_13). Le président congolais a également rencontré le Premier ministre belge et la ministre des Affaires Étrangères, rencontre qui a été dominée par la « nouvelle dynamique » dans les relations entre les deux pays (RDC_14).

En matière de sécurité, un groupe d’experts s’est montré critique des approches militaires qui sont privilégiées par la présidence congolaise dans les violences armées qui sévissent dans l’est du pays (RDC_1).

Sur le terrain, de violents combats ont à nouveau eu lieu entre les FARDC et le groupe armé ADF dans le territoire de Beni (RDC_2). Dans ce même territoire, une trentaine d’armes ont été saisies et une quinzaine de civils ont été arrêtés dans ce contexte (RDC_3), tandis qu’un ressortissant jordanien, accusé de former des combattants de l’ADF, a été arrêté (RDC_6). Toujours au Nord Kivu, la ville de Butembo a été paralysée par une « journée ville morte » à la suite des attaques répétées de ces mêmes combattants (RDC_4).

Par ailleurs, on signale que deux villages du territoire de Masisi ont été attaqués par un groupe armé prénommé Maachano (RDC_5).

En ce qui concerne la province du Sud Kivu, un chef rebelle congolais, accusé d'avoir semé la terreur dans le parc national de Kahuzi-Biega a été condamné à la prison à vie pour crimes de guerre et contre l'humanité (RDC_7).

Dans la province de l’Ituri, le gouverneur a annoncé une deuxième phase de l’opération de traque contre les groupes armés, dont le CODECO (RDC_8).

Par ailleurs, dans le territoire d’Irumu, une quinzaine de localités ont été

abandonnées par leurs habitants dans la foulée d’exactions commises par le

groupe armé ADF (RDC_9), tandis que une dizaine de cas de viols ont été

enregistrés dans la territoire voisin de Djugu (RDC_10). Enfin, on signalera

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aussi qu’un centre commercial au sud de Bunia a été attaqué par des hommes armés non encore identifiés (RDC_10_1).

En matière de justice, le correspondant de l’AFP et de RFI, qui avait couvert les massacres de civils dans les provinces du Kasaï et participé à l’enquête sur l’assassinat des deux experts de l’ONU, Michael Sharp et Zaida Catalan, est toujours détenu sans accès à sa famille et à un avocat : il est accusé, comme un autre journaliste arrêté fin juillet, d’avoir divulgué la vidéo de l’assassinat des deux experts de l’ONU. (RDC_12).

Au Burundi, le groupe armé prénommé RED-Tabara a revendiqué une attaque contre l’aéroport de Bujumbura ainsi que le lancement de plusieurs grenades qui ont provoqué des explosions meurtrières à Gitega et Bujumbura (BUR_1) (BUR_2). Un mandat d’arrêt international a été lancé dans ce contexte contre un opposant considéré comme le responsable de ce groupe armé accusé d’ « actes terroristes » ces deux dernières années (BUR_3).

En ce qui regarde le Rwanda, Paul Rusesabagina, ancien hôtelier dont

l'histoire a inspiré le film « Hôtel Rwanda » et devenu un féroce critique du

régime rwandais, a été condamné lundi à 25 ans de prison après avoir été

reconnu coupable de « terrorisme », un verdict qui a été critiqué par Human

Rights Watch et par la ministre belge des Affaires étrangères laquelle s’est

vu, dans la foulée, refuser un entretien avec son homologue rwandais

(RWA_2). Par ailleurs et toujours sur le plan de la justice, un ressortissant

français possédant aussi la nationalité rwandaise a été mis en examen par un

juge d'instruction parisien, notamment pour « génocide » et « crimes contre

l'humanité » (RWA_1).

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BURUNDI

Sécurité, Armée…

(BUR_1) AFP – 19/9

Un groupe rebelle a revendiqué une attaque menée dans la nuit de samedi à dimanche contre l'aéroport international de Bujumbura, la capitale économique du Burundi, sans faire de dégâts, selon des sources jointes par l'AFP. Des tirs de mortier, entendus jusqu'au centre-ville, ont eu lieu la veille du départ du président Évariste Ndayishimiye pour New York, où se tient la semaine prochaine l'assemblée générale de l'ONU.

Samedi vers 23h00, "nous avons lancé plusieurs obus à l'aéroport international de Bujumbura, Burundi", a déclaré dans la nuit sur Twitter le mouvement Résistance pour un Etat de Droit- Tabara (RED-Tabara). "Nous avons également eu des échanges de tirs d'au moins une heure avec les militaires d'une des positions qui protègent l'aéroport", écrit-il également.

Un agent de l'aéroport Melchior Ndadaye a déclaré sous couvert d'anonymat à l'AFP avoir entendu "des explosions d'obus et des tirs d'armes automatiques" au cours de la nuit. "On a eu très peur mais cela n'a pas duré longtemps", a-t-il ajouté. "Il n'y a pas de dégâts, un avion de Kenya Airways a d'ailleurs atterri ce matin sans aucun problème", a poursuivi la même source.

Une deuxième source aéroportuaire a quant à elle précisé qu'"au moins trois" obus de mortier avaient atteint l'aéroport mais en faisant des "dégâts insignifiants".

Confirmant l'attaque, une source diplomatique a également affirmé que cette dernière ne perturbait pas dimanche le trafic aérien.

Aucun responsable sécuritaire n'a voulu s'exprimer officiellement mais un haut gradé de l'armée a affirmé sous couvert d'anonymat que les tirs "n'ont pas atteint l'aéroport de Bujumbura". "C'est un coup de publicité de RED-Tabara à la veille du départ de son excellence le président vers les États-Unis, pour que le monde entier parle d'eux", a-t-il estimé.

Confirmant dimanche sur Twitter le voyage de M. Ndayishimiye, la présidence n'a pas évoqué l'incident.

Des témoins ont affirmé à l'AFP que les patrouilles militaires ont été renforcées dans les localités proches de l'aéroport, comme Rukaramu (nord-ouest de Bujumbura).

Apparu il y a 10 ans, le RED-Tabara, qui a sa base arrière au Sud-Kivu, en RDC, est aujourd'hui le plus actif des groupes rebelles burundais. Il est accusé d'être à l'origine de nombreuses attaques ou embuscades mortelles à travers le pays depuis 2015. En 2020, il avait revendiqué une série d'attaques ayant fait selon lui plus de 40 victimes, parmi les forces de sécurité et la ligue de la jeunesse du parti au pouvoir, le CNDD-FDD. Le gouvernement burundais et de nombreux diplomates estimaient alors que ce groupe rebelle, comptant entre 500 et 800 hommes, était dirigé par un des plus farouches opposants au régime burundais, Alexis Sinduhije, ce que l'intéressé a toujours nié.

Lire aussi sous :

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https://www.voaafrique.com/a/burundi-deux-morts-dans-une-attaque-%C3%A0-la-grenade- dans-la-capitale/6235700.html

(BUR_2) AFP – 20/9

Au moins trois personnes ont été tuées et des dizaines blessées lundi soir dans une série d'explosions dans la capitale économique du Burundi, Bujumbura, dernières en date d'une série d'attaques dans le pays, ont indiqué police et médias.

Ces explosions surviennent au lendemain de l'explosion meurtrière d'une grenade dans un bar de la capitale burundaise, Gitega, et de tirs de mortier revendiqués par le groupe rebelle RED- Tabara sur l'aéroport de Bujumbura, samedi soir.

Au moins deux grenades ont explosé sur un parking de bus dans le centre de Bujumbura lundi vers 19H00, selon une source policière et des témoins. "Une personne a été tuée et 29 blessées, certaines grièvement", a déclaré à l'AFP un policier qui a requis l'anonymat. L'explosion a provoqué des scènes de panique, chauffeurs de bus, passagers ou personnes qui se trouvaient là tentant de fuir, en criant, et en courant dans toutes les directions.

La troisième explosion a visé un marché, tuant au moins deux personnes et blessant plusieurs autres, a rapporté le journal Iwacu. Une quatrième grenade a explosé près d'un bus bondé dans les faubourgs de Bujumbura, ont indiqué à l'AFP deux sources sécuritaires.

Aucun responsable burundais n'a voulu réagir à ces attaques, qui n'ont pas été revendiquées, de même qu'à celle à la grenade dimanche qui a tué deux personnes dans un bar à Gitega.

Lire aussi sous :

https://www.rfi.fr/fr/afrique/20210923-burundi-l-opposant-alexis-sinduhije-accus%C3%A9- d-%C3%AAtre-responsable-d-actes-terroristes

(BUR_3) AFP – 23/9

Un mandat d'arrêt international a été lancé par le Burundi contre l'opposant Alexis Sinduhije, accusé de diriger un groupe responsable "d'actes terroristes" commis ces dernières années, a annoncé mercredi soir le procureur général, Sylvestre Nyandwi.

Ces accusations interviennent quelques jours après une série d'attaques dans les capitales économique Bujumbura et politique Gitega, qui ont fait au moins six morts et plus d'une centaine de blessés.

Les accusations de M. Nyandwi portent sur de précédentes attaques, notamment des jets de grenades et des embuscades qui ont fait des dizaines de morts et de nombreux blessés en 2020 et dans la première moitié de 2021. "Pour les actes criminels commis avant le 20 septembre 2021 (...) les enquêtes déjà menées ont révélé que ces actes sont commis par une bande de terroristes dirigée par (...) Alexis Sinduhije", a-t-il dit. "Au regard du droit national et international, ces actes constituent des actes de terrorisme, ainsi que des crimes contre l'humanité", a ajouté le procureur.

M. Sinduhije, un des plus farouches opposants au régime, président du Mouvement pour la solidarité et le développement (MSD) et qui vit en Belgique, est soupçonné de longue date par

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le pouvoir d'être à la tête du RED-Tabara, aujourd'hui considéré comme le plus actif des groupes rebelles burundais.

RDC

Sécurité, Armée…

(RDC_1) AFP – Belga – 17/9

Un groupe d'experts a critiqué vendredi les "approches militaires" privilégiées par le président congolais Antoine Félix Tshisekedi Tshilombo pour mettre fin au conflit armé dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), où plus plusieurs centaines de civils ont été tués ces quatre derniers mois.

La partie orientale de la RDC est en proie à la violence depuis plus de 25 ans, en raison de la présence d'une centaine de groupes armées locaux et étrangers d'importance diverse. L'armée mène des opérations militaires dans au moins trois provinces (Nord-Kivu, Sud-Kivu et Ituri).

"Les approches, principalement militaires, qui ont été privilégiées par Félix Tshisekedi depuis son arrivée à la présidence, en janvier 2019, n'ont toujours pas amené les résultats espérés", analyse le Kivu security tracker (KST) dans un rapport. "Elles ont même parfois contribué à aggraver la situation, comme lors de l'offensive « de grande envergure », lancée contre les Forces démocratiques alliées (ADF) fin octobre 2019, et qui a été suivie par une vague de massacres contre les civils inédite depuis celle de 2014-15", estime le KST, une initiative conjointe de l'ONG américaine Human Rigths Watch (HRW) et du Groupe d'étude sur le Congo.

Les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri ont été placées sous le régime de l'état de siège depuis le 6 mai dernier par le président Tshisekedi, avec pour objectif de mettre fin à l'activisme des groupes armés. Cette mesure exceptionnelle "n'a pas, non plus, permis d'atteindre les résultats escomptés pour l'instant. Celui-ci a essentiellement consisté dans le transfert de très larges parties du pouvoir civil à des gouverneurs, administrateurs de territoire et maires militaires ou policiers", estime le KST.

- Kivu

(RDC_2) Radio Okapi – 18/9

L’armée rapporte que de violents combats ont opposé vendredi 17 septembre après-midi des militaires congolais aux rebelles ADF à Mabule, un village situé dans le territoire de Beni (Nord-Kivu). Selon le porte-parole des opérations Sokola 1, le capitaine Anthony Mwalushayi, plusieurs ADF ont été tués et quatre armes AK 47 ont été récupérées.

Le capitaine Anthony Mwalushayi fait remarquer dans ses explications qu’une patrouille de combat des FARDC a rencontré des rebelles ADF en progression vers l’Est de la localité Kisima-Libona. C’est alors que des combats ont éclaté.

« Vous êtes sans ignorer que nous sommes depuis un certain temps dans les opérations de grande envergure prônées par le commandant suprême et surtout cordonnées par le gouverneur militaire. Depuis l’état de siège, nos troupes sont sur terrain en train de chercher tout groupe

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confondu c’est-à-dire les ADF et aussi leurs supplétifs les Maï-Maï. Hier la nuit, nos troupes qui étaient en patrouille de combat, sont entrées en collision avec le groupe armé », a expliqué le capitaine Anthony Mwalushayi.

Il poursuit : « Et Après de violents combats bien sûr, les Forces armées de la République démocratique du Congo ont pris l’ascendance sur l’ennemi et nous avons neutralisé jusque-là plusieurs corps parce que on attend encore le bilan chiffré par nos services spécialisés. Dans les temps qui viennent, nous allons mettre à votre disposition les chiffres exacts. Mais d’un coup, nous avons déjà quatre armes AK 47 que nous avons récupérées ».

(RDC_3) Radio Okapi – 19/9

Trente-trois armes ont été récupérées entre les mains principalement des civils et 17 criminels arrêtés à Beni. Ce bilan à mi-parcours de l’état de siège a été dressé samedi 18 septembre par le maire de la ville, le commissaire supérieur principal Narcisse Muteba Kashale.

Un bilan annoncé après une opération de bouclage dans un quartier périphérique de la ville menant à Moloku où une autre arme de guerre a été retrouvée.

L’autorité urbaine salue cette avancée dans les opérations de bouclage depuis l’avènement de l’état de siège dans la région : « La police est en train de faire un grand travail, un travail de titan. Voilà aujourd’hui la police vient de mettre la main encore sur une arme non identifiée dans la ville de Beni. Aujourd’hui je peux aller jusqu’à 33 armes récupérées déjà par la police.

Donc c’est déjà quelque chose de bien. Parce que cette ville à elle, dans cette ville, elle est d’abord petite. Et s’il y a déjà 33 armes dans la ville c’est trop. Alors j’encourage la police à travailler ainsi. Ce n’est pas seulement que l’arme que nous avons récupérée, il y a aussi les criminels qui ont été récupérés, des bandits à mains armées tous des civils. Alors, ils coopèrent, ils sont des groupes, beaucoup des groupes qui sont là dans la ville de Beni. Nous sommes en train de travailler pour mettre la main dessus. Mais arrivé à 17 criminels arrêtés déjà jusqu’à aujourd’hui, alors ce que la police est en train de faire un bon travail ».

Le maire de la ville a également invité la population civile à collaborer avec les services de sécurité afin de mettre fin à l’insécurité qui semble élire domicile dans la ville de Beni.

(RDC_4) Radio Okapi – 20/9

Les activités économiques ont été partiellement paralysées ce lundi 20 septembre dans la matinée en ville de Butembo, dans le Nord-Kivu.

La société civile urbaine, en solidarité avec les membres des communautés qui ont perdu les leurs dans différentes attaques des rebelles ADF dans la région, a organisé une journée de « deuil sans activités ».

Le long du boulevard président de la République, presque toutes les portes des magasins et des galeries de commerce n’ont pas ouvert. Les banques ont juste fermé leurs portes principales, laissant ouvertes les petites portes pour recevoir les rares clients qui se présentent, a constaté la Radio Okapi. La même situation est observée dans les rues secondaires et quartiers périphériques du centre commercial, où tout fonctionne comme d’habitude. A l'exception de quelques petits commerçants en majorité des marchands des produits vivriers qui ont exercé leurs activités. La circulation dans la ville est restée presque normale.

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D’après Van Germain Katsiwa, premier vice-président de la société civile à Butembo, la journée est également dite de réflexion, car selon lui, tous les acteurs sociaux sont appelés à « réfléchir sur des actions à mener », en vue de faire face à l’ennemi. Aucun incident n’a jusque- là été signalé.

(RDC_5) Radio Okapi – 21/9

Au moins deux villages ont été victimes d’attaques simultanées, la nuit du dimanche 19 septembre, de présumés combattants de Maachano, dans le groupement Ufamandu Ier, en territoire de Masisi, dans la province du Nord-Kivu.

D’après Donatien Kibuya, le président de la communauté Tembo du Nord-Kivu, ces combattants ont pillé des biens de la population.

« Cette nuit de dimanche à partir de minuit, les villages de Kiwatsire et Bundeya ont été menacés, pillés par les rebelles de Maachano et son adjoint Haguma. Les victimes de cette barbarie ont été dépêchées au centre de santé de Bukuba et d’autres vers Miano pour des soins appropriés. L’intervention de nos forces loyalistes est arrivée avec un grand retard le lundi matin », a déploré Donatien Kibuya. Kibuya Donatien plaide pour une intervention du gouvernement pour restaurer la paix dans cette partie du territoire afin de faciliter la rentrée scolaire.

Plus d’une dizaine de villages de Ufamandu Ier sont déjà vidés de leurs occupants à la suite de l’activisme des combattants Maachano et leurs alliés. Pour certaines sources locales, le leader de ce groupe armé gonfle ses effectifs en recrutant d’autres jeunes du milieu.

(RDC_6) AFP – 22/9

Un ressortissant étranger présenté par les autorités congolaises comme un Jordanien formateur des rebelles du groupe Forces démocratiques alliées (ADF) a été arrêté sur un axe routier dangereux de Beni, dans l'est de la République démocratique du Congo, a-t-on appris mardi de source gouvernementale.

"L'armée a arrêté un Jordanien sur la route Beni-Kasindi. Il a été transféré à Kinshasa et a été soumis aujourd'hui (mardi) à l'interrogatoire du parquet militaire", a déclaré à l'AFP Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement congolais. "Cet homme avait la charge de former des terroristes ADF à la manipulation des drones", a-t-il ajouté.

Selon une autre source, il avait sur lui un titre de séjour de la République du Kosovo, qu'a pu consulter l'AFP. Ce document indique son âge, 40 ans, et mentionne la nationalité non pas jordanienne, mais saoudienne.

En mai, une ex-otage des ADF avait témoigné auprès d'une équipe de l'AFP avoir vu des Caucasiens manipuler des drones dans une clairière dans une forêt du territoire de Beni.

Cette arrestation "serait la première indication claire que l'État islamique (EI) fournit à sa filiale congolaise une assistance technique directe pour améliorer ses capacités", a analysé auprès de l'AFP Laren Poole, chef des opérations de l'organisation américaine Bridgeway Foundation.

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(RDC_7) AFP – 22/9

Un chef rebelle congolais, accusé d'avoir semé la terreur dans le parc national de Kahuzi-Biega, dans l'est de la RDC, a été condamné à la prison à vie pour crimes de guerre et contre l'humanité, a-t-on appris mercredi auprès de la justice militaire.

Chance Mihonya, ancien capitaine des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), déserteur depuis juillet 2019, a été condamné mardi soir par la cour militaire du Sud- Kivu siégeant en audience foraine à Katana, à la limite du parc, à quelque 45 km du chef-lieu de la province, Bukavu.

La même cour a en revanche acquitté pour insuffisance de preuves un homme qui était soupçonné d'avoir fourni des armes et munitions au groupe de Chance Mihonya, a précisé le colonel-magistrat Innocent Mayembe, premier président de la cour militaire provinciale.

Chance Mihonya, reconnu coupable de tous les chefs d'accusation portés contre lui, a notamment été condamné pour avoir kidnappé et torturé en 2019 et 2020 des dizaines d'habitants de plusieurs villages situés dans le parc. Il était aussi poursuivi pour avoir enrôlé des enfants dans son groupe armé, dont des éléments sont également accusés d'avoir violé au moins 13 femmes et tué un homme. Le chef rebelle devait enfin répondre de "violation et destruction d' aires protégées", pour avoir introduit des armes de guerre, coupé des arbres, exploité des minerais et établi son état-major dans le parc de Kahuzi-Biega.

Chance Mohonya avait été arrêté en mai 2020 au cours d'opérations de traque menées par l'armée et les éco-gardes du parc.

- Ituri

(RDC_8) Radio Okapi – 19/9

Le Gouverneur de l’Ituri, le Général Johnny N’kashama a annoncé samedi 18 septembre la deuxième phase des opérations de traque des groupes armés en cette période de l’état de siège.

Cette annonce a été faite à la presse à son arrivée à Bunia en provenance de Kinshasa.

Selon lui, cette phase décisive va contraindre les groupes armés à déposer les armes pour adhérer au processus de paix. Il appelle les acteurs politiques et sociaux à accompagner les FARDC pendant ces opérations militaires. "Nous allons entrer dans une phase très critique.

Nous demandons à tous les opérateurs politiques et sociaux de nous accompagner ; sinon, nous aurons des problèmes. C’est une phase très critique où nous devons tous être ensemble. La population n’a pas tellement de problème car elle nous fait déjà confiance. C’est plus les acteurs politiques et sociaux qui, si ils acceptent de nous accompagner, la tâche très facile. Sinon, ça sera très dur et il y aura beaucoup de problèmes. Je vous assure, il faut qu’ils nous accompagnent. Nous aurons maintenant nos enfants en face de nous. Et ça je le répète, maintenant nous aurons nos enfants en face de nous. C’est à eux de nous accompagner. Je crois que vous avez compris le message", a-t-il indiqué.

Des miliciens de la CODECO occupent de nouveau les localités de Lisey, Kabakaba et Bunzenzele dans le secteur de Banyari Kilo, en province de l’Ituri. C’est depuis le retrait des forces armés en août dernier de ces entités d’où ces miliciens planifient des attaques, rapportent

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des sources de sécurité. Leur présence inquiète les habitants de la zone qui se disent victimes des exactions de ces hors la loi.

(RDC_9) Radio Okapi – 20/9

Environ quinze localités sur le tronçon Loya-Mambelenga, dans le territoire d’Irumu, dénommé

« axe de la mort », sont vidées de leurs habitants. Seuls les militaires des Forces armées de la RDC (FARDC), sont visibles dans cette région.

Tous les habitants des localités de Loya, Sokotano, Mafifi, Sesa,Ofay, Idohu, Ndimo jusqu'à Membelenga ont abandonné leurs maisons et activités à la suite des exactions des rebelles des ADF dont les empreintes sont visibles dans chaque village. L’on pouvait constater des maisons ainsi que des véhicules incendiés. Plusieurs boutiques ont été pillées lors des incursions des rebelles. Les usagers de cette route craignent désormais de s’engager sur ce tronçon routier d'environ 50 km, sans escorte des Forces congolaises et de la MONUSCO. C'est le constat fait par une délégation de la MONUSCO partie en mission dans le territoire d'Irumu, le samedi 18 septembre dernier.

Ces habitants plaident pour le retour de la paix et le lancement des opérations de grandes envergures pour mettre fin aux scènes de violences perpétrées par des ADF. Mais l’armée rassure poursuivre les opérations sur le terrain contre les groupes rebelles en Ituri et promet de les intensifier dans les prochains jours.

Pendant ce temps, les FARDC et la MONUSCO continuent d’escorter les véhicules des civils qui empruntent cette voie.

(RDC_10) Radio Okapi – 22/9

Treize cas de violences sexuelles sur mineures ont été enregistrés en l’espace d'un mois à Tchomia au bord du Lac Albert, à 50 Kilomètres au sud-est de Bunia, dans le territoire de Djugu. Ces chiffres sont publiés mercredi 22 septembre par l'ONG Coalition Associative résolue pour la promotion et la défense des droits humains (COARDHO). Selon cette organisation, la plupart des auteurs sont des hommes en armes. Elle demande à la justice de réprimer ces actes devenus récurrents dans cette région.

Le dernier cas de viol a été enregistré le mercredi de la semaine passée. La victime est une fillette de treize ans, qui avait violée par des inconnus sur place à Tchomia. Selon la COARDHO, huit autres cas de viol sur des filles mineures ont été notifiés à la fin du mois d'août dans la même entité. Et depuis le début du mois de septembre, cinq autres cas sont déjà répertoriés.

Le coordonnateur de cette ONG, Ackim Byaruhanga se dit consterné de constater que ce phénomène devient banal dans cette entité lacustre sans aucune intervention des autorités. Il précise que la vulnérabilité de la population, composée essentiellement des déplacés de guerre, constitue la principale cause de ces violences sexuelles. Cette ONG pointe du doigt les hommes en armes, dont des militaires et des miliciens qu’elle accuse d’être les auteurs de ces actes odieux. Cette organisation de défense des droits de l'homme plaide pour que la justice ouvre des enquêtes afin que les bourreaux soient arrêtés et jugés pour décourager cette pratique.

(RDC_10_1) Radio Okapi – 24/9

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Le centre commercial de Komanda situé à 75 Kilomètres au sud de Bunia a été attaqué dans la nuit de ce jeudi à vendredi 24 septembre par des hommes armés non encore identifiés. Selon plusieurs sources locales, des tirs nourris ont été entendus pendant plus de 2 heures. Mais le calme est revenu, grâce notamment au déploiement d’un renfort de l’armée, a indiqué le gouverneur militaire de l’Ituri, appelant les personnes déplacées à regagner Komanda.

Vers 19 heures locales, le premier coup de feu a retenti à Komanda-Centre. Selon des témoins, des hommes armés non encore identifiés venaient de faire incursion au quartier Kipe Yayo, juste avant d'arriver à la base de la MONUSCO. Ce qui a créé une panique générale dans le milieu.

Le gouverneur de l’Ituri, général Johnny Luboya, assure que la situation est redevenue calme : Vers 19 heures locales, le premier coup de feu a en effet retenti à Komanda-Centre. Selon des témoins, des hommes armés non encore identifiés venaient de faire incursion au quartier Kipe Yayo, juste avant d'arriver à la base de la MONUSCO. Un officier de l'armée, qui requis l'anonymat, évoque la thèse d'une infiltration des rebelles des ADF à Komanda. Ce qui a créé une panique générale dans le milieu. Quelques minutes après, des militaires FARDC, qui se trouvaient au grand rond-point de Komanda, ont commencé à tirer en l'air, nous rapporte un des habitants.

L'armée s'est déployée rapidement pour déjouer cette attaque d’hommes armés. Il y a eu échanges de tirs entre les deux parties en plein quartier Kipe Yayo, rapporte la société civile locale. Son président, Guly Gotabo, précise que le calme est revenu après au moins de 2 heures du temps. Entre-temps, une grande partie de la population de Komanda centre a vidé le lieu pour se diriger les uns vers le Pont Ituri axe Mambasa et les autres vers axe Bunia.

Vie politique….

(RDC_11) RFI – 18/9

En République démocratique du Congo (RDC), après la répression de la première mobilisation de l’opposition pour réclamer la « dépolitisation » de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) et dénoncer la préparation de la fraude électorale, l’heure est au bilan. Hier, vendredi 17 septembre, à Kinshasa, première prise de parole du tandem, Martin Fayulu et Adolphe Muzito, à la tête de la coalition Lamuka. Ils ont affirmé qu’il y a encore des militants en détention même si la police assure que tous les manifestants interpellés ont été relâchés le même jour.

Au total, selon Lamuka, les manifestations ont eu lieu dans 42 provinces du pays, mais seules 16 d’entre elles n’enregistrent aucun incident majeur. À Kinshasa, deux membres sont introuvables et quatre sont détenus dans le camp de la police, d’après le communiqué. À Mbuji Mayi au Kasaï-Oriental, toujours selon Lamuka, quatre autres manifestants sont encore en prison. D’autres cas de répression ont été rapportés dans la ville de Mbandaka.

Un animateur du parti politique Nouvel élan d’Adolphe Muzito aurait été poignardé et le siège du parti vandalisé. Brimades, extorsions, coups et blessures ou encore tirs de gaz lacrymogènes.

Le tandem Martin Fayulu et Adolphe Muzito exige des sanctions. Pour le porte-parole Jean–

Claude Mwalimu, « ce régime de fait se distingue par un despotisme dégradant et honteux qui remet le pays au point de départ à travers les violations massives des droits humains, des libertés

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publiques et le muselage de la presse, ces violences délibérées ne doivent en aucun cas rester impunies et le Présidium exige qu'une enquête neutre soit diligentée pour déterminer les responsabilités à tous les niveaux de sorte que les auteurs, co-auteurs et les commanditaires de cette barbarie répondent de leurs actes devant les tribunaux ».

Les ennemis d'hier se rapprochent ?

Une nouvelle marche est annoncée pour le 29 septembre. La première marche semblait déjà rapprocher les ennemis d’hier. La Nouvelle génération pour l'émergence du Congo (Nogec), un regroupement de la coalition pro-Kabila, le FCC, a lui aussi appelé à manifester de nouveau.

Pour Constant Mutamba, son président, il est plus qu’urgent de lancer un front commun : « Nous avons de notre côté, appelé à manifester le 6 octobre prochain, nous allons mener des démarches pour parvenir à l'harmonisation de la date. Il y a nécessité d'harmoniser les vues autour des actions que l'opposition en général devrait mener contre le pouvoir en place, Nogec lance un vibrant appel pour la mise en place urgente du front de l’opposition congolaise pour des élections crédibles et transparentes en 2023. Cette coalition devrait en principe réunir, nous FCC fidèle au président honoraire Joseph Kabila, Lamuka de Fayulu et Muzito ainsi que toutes les autres forces sociales acquises au changement ». Une option que Lamuka n'exclut pas pour des enjeux autour de la Céni.

Justice, Droits de l’homme…

(RDC_12) RFI – 22/9

Cela fait plus de 24 heures que le correspondant de l’AFP, Actualité.cd et fixeur de RFI au Kasaï est détenu sans accès à sa famille et à un avocat. Sosthène Kambidi avait couvert au quotidien les massacres de civils dans les provinces du Kasaï et participé à l’enquête sur l’assassinat des deux experts de l’ONU, Michael Sharp et Zaida Catalan. Il se retrouve accusé, comme un autre journaliste arrêté fin juillet, d’avoir divulgué la vidéo de l’assassinat des deux experts de l’ONU.

Il y a quelques jours, Sosthène Kambidi avait confié à RFI qu’il avait des informations de la justice militaire selon lesquels il pourrait être bientôt convoqué dans le cadre de ce dossier.

Notre confrère ne semblait pas inquiet, il se disait prêt à collaborer avec la justice et attendait une simple convocation. Mais il a finalement été arrêté aux environs de minuit par des militaires en civil dans l’un des hôtels de la capitale.

Avant de se voir priver de tout moyen de communication, Sosthène Kambidi est parvenu à envoyer un message à RFI expliquant avoir été arrêté dans le cadre de l’assassinat des deux experts.

Selon nos informations, il se voit reprocher comme un autre journaliste arrêté fin juillet d’avoir été en possession de la vidéo de l’assassinat mais aussi d’avoir appris très tôt ses circonstances.

Il se retrouve donc mis en demeure de révéler ses sources quand la justice militaire sait déjà grâce à des fadettes que le principal accusé et supplétif de l’armée congolaise, Jean Bosco Mukanda, avait pris soin de téléphoner à sa rédaction le soir même pour accuser les miliciens de cet assassinat.

Cette audition sans accès à un avocat a eu lieu en présence d’experts mandatés par l’ONU pour assister la justice militaire congolaise. Malgré les conditions de cette arrestation, ils y ont participé par vidéoconférence. Mardi soir, l’organisation Journalistes en danger a pu confirmer

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son lieu de détention, à l’auditorat militaire, mais comme pour la famille et les employés de Sosthène Kambidi, aucun contact n’a été autorisé avec lui.

Lire aussi sous :

https://www.rfi.fr/fr/afrique/20210923-rdc-le-journaliste-sosth%C3%A8ne-kambidi- inculp%C3%A9-d-association-de-malfaiteurs-et-de-terrorisme

Relations extérieures

(RDC_13) Radio Okapi – 20/9

Le Président de la République, Félix Tshisekedi a voyagé dimanche 19 septembre pour New- York aux États-Unis. Il a pris son avion depuis l'aéroport international de Loano à Lubumbashi dans le Haut-Katanga. Le Chef de l’Etat devra participer à la 76e session de l'Assemblée générale des Nations Unies, indique la Cellule de communication de la Présidence de la République.

C’est la première réunion en face à face post-Covid-19. La 76e session de l'Assemblée générale de l'ONU est une occasion pour les Chefs d'Etat du monde d'échanger sur de grandes questions qui préoccupent la planète notamment la pandémie à Coronavirus qui a privé les dirigeants du monde de ce grand rendez-vous annuel en 2020.

Le thème de cette session est évocateur : « Miser sur l'espoir pour renforcer la résilience afin de se relever de la Covid-19, reconstruire durablement, répondre aux besoins de la planète, respecter les droits des personnes et revitaliser l'organisation des Nations-Unies. »

Président en exercice de l'Union Africaine, le Chef de l'Etat Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo figure parmi les chefs d'Etat qui s'exprimeront le premier jour, le mardi 21 septembre 2021 à 14 heures de New- York (19 heures à Kinshasa).

Le discours du Président Tshisekedi sera le deuxième de la série après sa première participation en septembre 2019. Il permettra au Chef de l’Etat congolais de faire entendre la voix de l'Afrique et son pays la RDC.

Lire aussi sous :

https://www.radiookapi.net/2021/09/21/actualite/politique/new-york-antonio-guterres-et- felix-tshisekedi-discutent-des-efforts

https://www.rfi.fr/fr/afrique/20210921-onu-f%C3%A9lix-tshisekedi-demande-une-meilleure- repr%C3%A9sentation-de-l-afrique-au-conseil-de-s%C3%A9curit%C3%A9?ref=tw

(RDC_14) Belga – 13/9

Le Premier ministre Alexander De Croo et la ministre des Affaires étrangères Sophie Wilmès ont eu une "conversation constructive" avec le président congolais Félix Tshisekedi et son ministre des Affaires étrangères Christophe Lutundula, jeudi après-midi à New York en marge de l'Assemblée générale des Nations unies. Le quatuor a tenu un déjeuner de travail, qui a été dominé par la "nouvelle dynamique" dans les relations entre les deux pays.

Après des années agitées sous l'ancien président de la République démocratique du Congo (RDC) Joseph Kabila et les deux premières années difficiles de Félix Tshisekedi, la situation

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politique dans le pays semble s'être quelque peu calmée. Ces derniers mois, des mesures ont donc été prises en vue d'une normalisation accrue des relations entre la RDC et la Belgique. Il y a eu notamment l'annonce récente de la restitution des œuvres d'art pillées: la Belgique a été le premier pays à développer une approche systématique à cet égard.

RWANDA

Justice, Droits de l’homme…

(RWA_1) RFI – 17/9

Âgé de 72 ans et né au Rwanda, Isaak Kamali est soupçonné d'avoir joué un rôle de premier plan dans le génocide des Tutsis. Il a été mis en examen jeudi par un juge d'instruction parisien notamment pour « génocide » et « crimes contre l'humanité », a indiqué le parquet national antiterroriste (PNAT).

Pendant des années Isaak Kamali a savamment utilisé les frontières et sa double nationalité pour éviter de devoir rendre des comptes. Naturalisé français en 2002, il ne sera pas extradé au Rwanda où il est pourtant condamné, en 2003, à la peine de mort par contumace. La France refusant d'extrader ses ressortissants.

Selon le communiqué du parquet national antiterroriste (PNAT), il est reproché à Isaak, 72 ans,

« son implication dans le génocide des Tutsis commis en 1994 au Rwanda, notamment sur le ressort de la préfecture de Gitarama ».

Sa mise en examen jeudi 16 septembre pour « génocide » et « crimes contre l'humanité » pourrait ouvrir la voie à un procès en France d'Isaak Kamali, même si pour le moment, en raison de son état de santé, il a été placé sous contrôle judiciaire et non pas incarcéré.

D'après les investigations des enquêteurs français, Isaak Kamali aurait activement participé au massacre de milliers de Rwandais tutsis et hutus modérés en tant qu'agent du ministère des Travaux publics et de l'énergie, le Minitrape.

Enquête

Au printemps 1994, il est soupçonné d'avoir aidé à l'organisation de tueries en fournissant des moyens matériels, notamment des véhicules, aux milices extrémistes. Il aurait également lui- même participé à certaines exactions. Selon l'ONU, le génocide a fait plus de 800 000 morts.

Une information judiciaire avait été ouverte en 2009 à Paris après une plainte du Collectif des parties civiles du Rwanda (CPCR). Selon le Parquet national antiterroriste (PNAT), plusieurs commissions rogatoires ont été adressées au Rwanda, au Mali et au Bénin dans le cadre de cette enquête. Les investigations, menées par l'Office de lutte contre les crimes contre l'humanité, les génocides et les crimes de guerre (OCLCH), ont donné lieu à plusieurs déplacements au Rwanda.

Entendu par un juge d'instruction, le génocidaire présumé a contesté les faits qui lui sont reprochés.

(RWA_2) AFP – 20/9

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Paul Rusesabagina, ancien hôtelier dont l'histoire a inspiré le film "Hôtel Rwanda" et devenu un féroce critique du régime rwandais, a été condamné lundi à 25 ans de prison après avoir été reconnu coupable de "terrorisme". La prison à vie avait été requise, mais le tribunal a décidé

"de réduire sa peine à 25 ans", a déclaré la juge Beatrice Mukamurenzi, au sujet de l'ancien directeur de l'hôtel des Mille Collines jugé pour son soutien au Front de libération nationale (FLN), groupe rebelle accusé d'avoir mené des attaques meurtrières au Rwanda en 2018 et 2019. Sa fille réagit, Sophie Wilmès également

Paul Rusesabagina n'a pas bénéficié d'un procès juste et équitable, a déclaré la ministre belge des Affaires étrangères Sophie Wilmès, qui rencontrera son homologue rwandais cette semaine.

Le verdict de condamnation a été "décidé" par le président Paul Kagame, a dénoncé de son côté une des filles de l'accusé, Carine Kanimba, interrogée par l'AFP en Belgique. "Je ne suis pas surprise du tout, on s'attendait exactement à ça. Kagame a kidnappé mon père, puis est allé à la télévision dire qu'il avait du sang sur les mains. Les juges ont décidé ce que le dictateur voulait qu'ils décident", a affirmé Carine Kanimba peu après l'annonce de la condamnation.

"C'est un procès de juges aux ordres", a renchéri à ses côtés Me Vincent Lurquin, avocat belge de M. Rusesabagina en réitérant son appel à un transfèrement de son client en Belgique, pays dont il a aussi la nationalité.

Depuis le début de la procédure, la famille et les soutiens de l'ancien hôtelier dont l'histoire a inspiré le film "Hôtel Rwanda" dénoncent "un procès politique" mené à l'issue d'une arrestation

"illégale", fin août 2020 à Kigali.

M. Rusesabagina, qui vivait depuis 1996 en exil aux États-Unis et en Belgique, a été arrêté dans des circonstances troubles par la police rwandaise à sa descente d'un avion qu'il pensait à destination du Burundi. Incarcéré depuis plus d'un an, l'ancien directeur de l'Hôtel des Mille Collines à Kigali était jugé pour son soutien au Front de libération nationale (FLN), groupe rebelle accusé d'avoir mené des attaques meurtrières au Rwanda en 2018 et 2019.

"Le tribunal conclut que le rôle de Rusesabagina dans la création du FLN, la fourniture de fonds aux rebelles et l'achat de moyens de communication pour les rebelles constituent tous le crime de commission de terrorisme", a déclaré Béatrice Mukamurenzi, une des trois juges du tribunal de Kigali. "On a l'impression que c'est un jugement qui aurait pu être écrit la veille du début du procès", a commenté Me Lurquin. Il a jugé "probable" que M. Rusesabagina fasse appel de sa condamnation, à condition d'obtenir des garanties sur la possibilité de se défendre. "Il faut reprendre le principe du débat judiciaire", a ajouté l'avocat, qui avait été expulsé le 21 août du Rwanda après avoir été empêché de rendre visite à son client en prison.

Lire aussi sous :

https://www.rtbf.be/info/monde/detail_la-belgique-estime-que-paul-rusesabagina-le-heros-de- hotel-rwanda-n-a-pas-beneficie-d-un-proces-juste-et-equitable?id=10845594

https://www.lalibre.be/international/afrique/2021/09/21/affaire-paul-rusesabagina-human- rights-watch-deplore-le-verdict-de-25-ans-de-prison-a-lissue-dun-proces-bancal-

3C56E7JSGZECZP6U6V54O74DTY/

https://www.hrw.org/news/2021/09/20/rwanda-paul-rusesabagina-convicted-flawed-trial https://www.lalibre.be/belgique/politique-belge/2021/09/21/affaire-paul-rusesabagina-le- rwanda-annule-un-entretien-avec-sophie-wilmes-5IA3O2CCFBHFJE3DMGHWTZT7CI/

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https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_les-avocats-et-la-famille-de-paul-rusesabagina- plaident-pour-son-retour-en-belgique?id=10846316

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