Maraîchage
N°4
22 Février 2019
Référent filière & rédacteurs
Thomas HAULBERT Chambre d’agriculture du 13
t.haulbert@bouches-du- rhone.chambagri.fr Directeur de publication
Claude Rossignol Président de la chambre
régionale d’Agriculture Provence Alpes-Côte d’Azur
Maison des agriculteurs 22 Avenue Henri Pontier 13626 Aix en Provence cedex 1
Supervision DRAAF Service régional de l’Alimentation PACA 132 boulevard de Paris
13000 Marseille
PACA
AU SOMMAIRE DE CE NUMÉRO
Tomate sous abri
A retenir :
•
Aleurodes : la situation est calme mais les efforts doivent être portés sur l’installation de la PBI qui sera déterminante pour la suite
•
Vigilance : virus ToBRFV
Salade sous abri
A retenir :
•
Mildiou et botrytis présents dans les parcelles.
Le BSV PACA change de forme. Pour plus de facilité de lecture, il est désormais possible de cliquer pour naviguer entre les différentes rubriques du BSV.
Bonne année 2019 !
Fraise
A retenir :
•
Pucerons et acariens tétranyques signalés sur
quelques parcelles mais les populations sont
faibles.
Bioagresseur parcelles touchées /
parcelles observées Niveau de pression Evolution
Aleurodes 2/3 Faible =
Tuta absoluta 1/3 Faible
Acariose bronzée 1/3 Faible
Cochenille Hors réseau (1) Faible
Botrytis 1/3 Faible
Aleurodes Observations
Dans la culture en production, la situation est stable : 90% des plantes observées avec des adultes d’aleurodes Trialeurodes vaporariorum et 20% avec des larves. On observe une légère tendance à la hausse des effectifs (environ 5 aleurodes/plante). La prédation par les Macrolophus parvient à maintenir une pression moyenne mais ne réduit pas encore la population.
Sur une des plus jeunes cultures, situation stable également avec des adultes présents sur seulement 10% des plantes. Les populations sont faibles.
Développement des auxiliaires de PBI
Les populations de Macrolophus sont en augmentation. Dans la culture en production, elle est maintenant élevée et stable avec 13 individus/plante en moyenne. Dans les plus jeunes cultures, les Macrolophus sont toujours en cours d’installation : dans un cas ils atteignent un niveau de population moyen mais ne sont pas encore répartis dans toute la culture, dans l’autre cas les lâchers sont prévus à la fin du mois.
Situation des parcelles du réseau
Date de plantation
Janv Fev Mars Avr Mai -juil
août Sept- nov
déc
Nb de parcelles
1 1
(HS)
2 (HS) Stade BBCH
Stade physio
14 Plant°
89 R17
68 - 63 F8 – F3
Synthèse de pressions observées du 9 au 22 février 2019
Tendance par rapport au BSV précédent : à la hausse à la baisse = stable
Tomate sous abri
BSV n° 4 du 22/02/19 - reproduction seulement dans son intégralité , reproduction partielle interdite
Tomate sous abri
Tuta absoluta Observations
La confusion sexuelle est mise en place dans toutes les parcelles hors-sol et la situation est calme pour l’instant. Aucun papillon dans les pièges de détection. Des galeries sont observées dans une des cultures au stade F8 avec 20% des plantes touchées, mais sont en baisse grâce à un effeuillage.
Sur cette parcelle, la confusion sexuelle a été mise en place tardivement (3 semaines après la plantation) et n’a pas empêché la présence de femelles de Tuta absoluta déjà fécondées de pondre dans les jeunes plantes en début de culture. Cette technique nécessite des règles de mise en œuvre pour une bonne efficacité. La pression reste faible.
Gestion du risque
La technique de confusion sexuelle doit être installée avant la plantation. Elle permet de diffuser des phéromones en quantités et empêche la reproduction de Tuta dans l’enceinte de la serre. Ce moyen de protection biologique est efficace mais les phéromones doivent être combinées à d’autres mesures de protection :
• le retrait des premières galeries en éliminant les feuilles touchées
• une population de Macrolophus bien installés pour la prédation
• l’application de produits à base de Bacillus thuringiensis
• lâchers de parasitoïdes Trichogramma achaeae
• Le piégeage massif des papillons en cas de vols importants (panneaux jaunes, lampes UV) Les zones de circulation d'air (allées, bordures) sont souvent les premières touchées : elles doivent constituer des zones de surveillance.
Pour plus d’informations : http://www.aprel.fr/pdfPhytos/0Fiche_Tuta_APREL_GRAB.pdf http://www.aprel.fr/pdfPhytos/0Strategies_de_protection_contre_Tuta_absoluta_-_TutaPI.pdf
Aleurodes (suite) Gestion du risque
La rapidité de détection et de localisation des premiers individus permettra de limiter l’infestation sur l’ensemble de la culture. En début de culture, la surveillance est donc essentielle, le temps que la PBI se mette en place.
En cas d’arrivée dans la serre, il est recommandé de réaliser des interventions localisées sur les foyers détectés en tenant compte de l’installation des Macrolophus :
• Renforcer localement les panneaux englués pour piéger les adultes
• Effeuillage en cas de présence de larves
• Lâcher complémentaire de Macrolophus pygmaeus sur les foyers
• Lâcher de parasitoïdes (Encarsia formosa, Eretmocerus eremicus) généralisés pour une action larvicide
• Application de champignon entomopathogène généralisé (action larvicide)
• Application de substances asséchantes en tête de plantes sur adultes
Les stratégies de protection sont détaillées dans la fiche phytosanitaire sur le site de l’APREL www.aprel.fr
Cochenille Observations
La cochenille Pseudoccocus viburni est présente hors du réseau dans 2 parcelles sur le bas des tiges de tomate. Elles sont observées sur une vingtaine de plants par foyer. Certains foyers sont plus importants et ont déjà donné lieu à des pontes.
Gestion du risque
Les premiers individus sont difficiles à détecter. Leur développement est assez lent à 18°C (environ 3 mois de l’œuf à l’adulte) mais la quantité d’œufs produits/femelle et l’augmentation des températures dans les serres rendent la colonisation de ce ravageur conséquente. L’enveloppe cotonneuse qui entoure les œufs (ovisac) et la couche de cire poudreuse qui recouvre les adultes leur assurent une protection contre les traitements. L’élimination des premiers foyers est donc primordiale, avec des solutions mécaniques ou des lâchers de prédateurs comme les chrysopes ou les coccinelles cryptolaemus.
Des essais de solutions de biocontrôle sont en cours : les premiers résultats intéressants sont obtenus avec le champignon entomopathogène Beauveria bassiana appliqué avec une bonne hygrométrie.
Colonie de cochenilles farineuses sur tige de tomate
Acariose Bronzée Observations
L’acariose bronzée est toujours en baisse dans la serre en production. Pas de symptômes récents observés. La pression reste faible.
Gestion du risque
Avec un contrôle très difficile de ce ravageur, les premiers cas doivent déclencher des mesures de protection et d’isolement. La transmission avec le travail des plantes est rapide et le cycle biologique du ravageur s’accélère avec les températures. Des lâchers d’acariens prédateurs Amblyseius swirskii ou A.Andersonii peuvent permettre de ralentir la progression des foyers.
Femelle adulte , ovisac et œufs de cochenilles farineuses ,observés sous loupe binoculaire
Oeufs
Ovisac Femelle adulte
Tomate sous abri
BSV n° 4 du 22/02/19 - reproduction seulement dans son intégralité , reproduction partielle interdite
Vigilance VIRUS Information
Un nouveau virus sur tomate a été signalé à l'automne 2018 dans les pays limitrophes de la France. Il s'agit du ToBRFV (Tobamo Brown Rugose Fruit Virus), un tobamovirus de la même famille que le ToMV mais qui contournerait les résistances génétiques des variétés actuelles. Les symptômes sont similaires au ToMV avec une nécrose brune des fruits plus marquée, particulièrement sur les sépales.
Les dégâts peuvent être très graves dans la mesure où la propagation du virus se fait très facilement par contact, même très léger. Le travail des plantes, le toucher, les insectes pollinisateurs, les poussières…
peuvent transmettre les particules virales.
Plus d’informations :
https://gd.eppo.int/taxon/TOBRFV/distribution https://gd.eppo.int/taxon/TOBRFV/photos
https://www.hortidaily.com/article/9067010/tomato-brown-rugose-fruit-virus-bothers-growers-all-over-the- world/
Gestion du risque
Il est fortement recommandé d'éviter toute introduction de plants ou matériel végétal issu de pays où ce virus a été détecté officiellement ou suspecté (Allemagne, Hollande, Sicile, Israël, Jordanie, Mexique). Prendre les mesures nécessaires pour éviter les risques sanitaires liés aux personnes qui entrent dans la serre (tenues de travail, autorisations d'accès, portes fermées, vêtements, gants et chaussures de protection…). Attention aussi au matériel (caisses, outils…) venant de l’extérieur de l’exploitation. En cas de doute, des analyses sont conseillées pour pouvoir isoler et éradiquer un foyer avant une contamination plus large.
Botrytis Observations
Les observations de Botrytis sont en baisse dans le réseau de parcelles suivies, signalé sporadiquement dans la parcelle précoce. Les conditions climatiques actuelles sont pourtant propices à une forte condensation dans les serres le matin et peuvent créer des conditions favorables au botrytis si la gestion climatique de la serre n’est pas adaptée.
Gestion du risque
La protection contre cette maladie est basée avant tout sur des méthodes préventives et une bonne gestion du climat.
Les premières plantes touchées doivent être soignées immédiatement pour éviter la sporulation du champignon et l’installation de l’inoculum dans la serre.
Le travail sur les plantes, notamment l’effeuillage doit être fait avec le plus grand soin et dans des conditions asséchantes (journée ensoleillée) pour éviter l’installation du botrytis sur les blessures.
Créer des conditions de culture défavorables au champignon avec du chauffage (qui permet d’assécher les plantes) et une conduite fertilisante réduite en azote, sans excès de végétation.
Enfin, il existe des produits de biocontrôle à base de champignon antagoniste (Gliocladium catenulatum) ou de bactéries du genre Bacillus. Ces solutions en application foliaire sont surtout préventives et peuvent être utilisées tant que la pression est faible.
Tomate sous abri
Fraise sous abri
Bioagresseur parcelles touchées /
parcelles observées Niveau de pression Evolution
Pucerons 4/9 Faible =
Acariens tétranyques 2/9 Faible
Botrytis 0/9 Faible
Oïdium 0/9 Faible
Situation des parcelles du réseau
Période de plantation Été 2018 Hiver 2018-2019
Nombre de parcelles 2 7
Stade physiologique Développement végétatif
Développement végétatif à grossissement des fruits
Synthèse de pressions observées du 13 au 19 février 2019
Tendance par rapport au BSV précédent : à la hausse à la baisse = stable
Gestion du risque
Une surveillance régulière de la culture est essentielle pour repérer rapidement les premiers foyers.
Dés la première détection il est recommandé d’intervenir avec des applications localisées sur les foyers et/ou d’introduire des auxiliaires. Des produits de biocontrôle à base de sels potassiques d’acides gras ou de maltodextrine peuvent être utilisés.
Des éléments de stratégie de Protection Biologique Intégrée sont détaillés dans la fiche Ressources :
« Protection Biologique Intégrée du fraisier sous abri » disponible sur le site de l’APREL : www.aprel.fr
Pucerons Observations
Ils sont signalés sur 3 parcelles du réseau avec 5 à 15 % de plantes atteintes. Le niveau de présence est globalement faible.
BSV n° 1 du 11/01/19 - reproduction seulement dans son intégralité , reproduction partielle interdite
Gestion du risque
Les acariens tétranyques se situent sur la face inférieure des feuilles notamment sur les feuilles les plus anciennes. Il est donc important de bien observer les plantes. Des auxiliaires peuvent être utilisés, il s’agit essentiellement d’acariens prédateurs; par exemple : Neoseiulus californicus qui peut être installé préventivement sur la culture ou Phytoseiulus persimilis plus adapté pour gérer des foyers.
L’utilisation de ces auxiliaires est à anticiper car leur installation est longue.
Acariens tétranyques Observations
Les acariens tétranyques sont signalés sur 2 parcelles du réseau. Le niveau de présence est faible avec 3 à 8 % de plantes atteintes.
Fraise sous abri
Gestion du risque
La principale mesure prophylactique à mettre en œuvre contre cette maladie est le choix de variétés peu sensibles.
Plusieurs produits de biocontrôle sont utilisables pour protéger les cultures de fraise contre l’oïdium, ils doivent être utilisés précocement et répétés pour permettre un contrôle efficace de la maladie. Ces solutions de biocontrôle sont à utiliser tant que la pression est faible. Certaines sont à appliquer de manière préventive.
Oïdium
Observations
Ce champignon n’est plus observé sur la parcelle qui le signalait.
Gestion du risque
Cette maladie est favorisée par des conditions de culture humides, il est donc important d’assurer une bonne aération pour limiter son développement.
De plus, il est possible d’utiliser de manière préventive des produits de biocontrôle à base de champignon antagoniste (Gliocladium catenulatum) ou de bactéries du genre Bacillus. Ces solutions de biocontrôle sont à utiliser tant que la pression est faible.
Botrytis Observations
Ce champignon n’est plus observé sur la parcelle qui le signalait.
Salade sous abri
Bioagresseur parcelles touchées /
parcelles observées Niveau de pression Evolution
Mildiou 3/12 Faible =
Pythium vasculaire 1/12 Faible =
Botrytis 2/12 Faible =
Sclérotinia 1/12 Faible
Big Vein 1/12 Faible
Oïdium 1/12 Faible =
Adventices 1/12 Faible
Mildiou (Bremia) Observations
Il est signalé sur 3 parcelles du réseau dont 1 flottante, dans le sud et le nord des Bouches-du-Rhône. Le niveau d’attaque est faible à élevé avec 10 à 100 % des plantes touchées. Les niveaux plus élevés sont observés sur des plants très jeunes et en début de développement.
Gestion du risque
Controller systématiquement les plants en sortie de pépinière car ils peuvent être déjà porteurs du mildiou. L’observation rigoureuse et régulière des plants permet de détecter les premières sporulations et d’intervenir le plus tôt possible si nécessaire Le choix de variétés résistantes est un critère déterminant pour limiter le risque. Voir les préconisations variétales de l’APREL.
Situation des parcelles du réseau
Date de
plantation Novembre Décembre Janvier Février Nb de
parcelles 2 5 3 2
Stade physio Récolte
7-9, 19-24 feuilles, pommaison
5-6, 10-13 feuilles, pommaison
Récolte
Synthèse de pressions observées du 9 au 22 février 2019
Tendance par rapport au BSV précédent : à la hausse à la baisse = stable
BSV n° 4 du 22/02/19 - reproduction seulement dans son intégralité , reproduction partielle interdite
Sporulation de Bremia lactuca sur face inférieure.
Sclérotinia Observations
Une parcelle fixe dans le nord des Bouches-du-Rhône est touchée par le champignon. Le niveau de présence est faible avec moins de 5% des plantes touchées.
Gestion du risque (Mildiou, Botrytis, Oïdium et Sclérotinia)
Maintenir une excellente aération des abris par temps nuageux et préférer les arrosages au plus tard en milieu de matinée. Il existe des produits de biocontrôle pour lutter contre la maladie. Les produits de biocontrôle sont de préférences appliqués sur des pressions faibles en préventif à l’apparition du champignon sur les premières plantes. Certains produits peuvent aussi être appliqués en préventif en traitement de sol.
Salade sous abri
Botrytis Observations
Deux parcelles fixes dans le sud des Bouches-du-Rhône sont touchées par le champignon. Le niveau de présence est faible avec moins de 5% des plantes touchées.
Oïdium
Observations
Les symptômes sont observés sur une parcelle flottante du réseau dans le 84. 20 % des plantes sont touchées.
Pythium vasculaire Observations
Une parcelle est touchée par le virus dans le Nord13. Le niveau de pression est moyen (12 % des salades observées sont touchées).
Gestion du risque
Ce champignon peut persister dans le sol grâce à la présence de matière organique. L’eau peut être un vecteur de dispersion, les irrigation par aspersion peuvent donc aggraver le problème par le biais des éclaboussures. La gestion des premiers foyers est primordiale pour limiter la dispersion. La solarisation a des effets intéressants. Une faible hygrométrie sera défavorable au champignon (aération)
Adventices Observations
Deux parcelle présentent des adventices à un niveau de pression faible.
Gestion du risque
La mise en place de retour en plastique noir le long des bordures du tunnel peut limiter la levée des adventices. Vous pouvez trouver des informations complémentaires sur les méthodes de désherbage alternatif sur le site de l’APREL. « Méthodes préventives » et « Paillage et Matériel »
Salade sous abri
Big Vein Observations
Les symptômes sont observés sur une parcelle fixe du réseau dans le nord des Bouches-du-Rhône.
10 à 20 % des plantes sont touchées. Les symptômes plus sévèrement présents sur une parcelle flottante du 84.
Gestion du risque
Vous retrouverez les informations sur la biologie du virus dans le BSV n°2 de 2019. Une observation régulière des parcelle permettra de détecter les premiers symptômes afin d’être réactif et de na pas disséminer le virus dans les autres parcelles de l’exploitation. Le risque est faible.
BSV n° 4 du 22/02/19 - reproduction seulement dans son intégralité , reproduction partielle interdite
Chambre d’Agriculture des Bouches-du-Rhône HAULBERT Thomas APREL TAUSSIG Catherine
APREL GOILLON Claire
Chambre d’Agriculture du Vaucluse FERRERA Sara
Les observations contenues dans ce bulletins ont été réalisées :
•Chambre d’Agriculture du Vaucuse
•Chambre d’Agriculture des Alpes Maritimes
•Chambre d’Agriculture des Bouches-du-Rhône
•FDCETAM 13 (Fédération Départementale des CETA Maraichers des Bouches-du-Rhône)
•GRAB (Groupe de Recherche en Agriculture Biologique)
•CETA Serristes du Vaucluse
•Terre d’Azur (06)
Les observations sont réalisées sur un échantillon de parcelles. Elles doivent être complétées par vos observations. Le risque annoncé correspond au risque potentiel connu des rédacteurs et ne tient pas compte des spécificités de votre exploitation. Cette spécificité est d’autant plus vraie sous abri, qui est un milieu fermé.
Action pilotée par le ministère chargé de l’agriculture, avec l’appui financier de l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques, par les crédits issus de la redevance pour pollutions diffuses attribués au financement du plan Ecophyto.