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La Saluto pour commencer

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Academic year: 2022

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Texte intégral

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demarchesaluto.com 1

La Saluto pour commencer

P e r m e t t re l e p o t e n t i e l d e l ’ a v e n i r

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Ce fascicule se propose comme une brève présentation de la démarche Saluto.

Le slogan du site https://demarchesaluto.com « Permettre le potentiel de l’avenir », nous nous intéresserons au temps et sa chronologie. Nous verrons que lorsque l’on considère l’humain, le temps ne circule pas forcément comme on pense : pour chaque évènement que nous rencontrons, nous aurons à distinguer des causes venant du passé et des causes venant de l’avenir.

Cela nous permettra de faire la différence entre le contexte problématique et ce que nous avons à apprendre dans ce contexte.

C’est comme observer le décor d’un théâtre et ce que l’acteur viendra y faire.

Nous évoquerons 4 décors fondamentaux et 4 ressources essentielles qui permettent de les traverser.

Enfin, nous dirons quelques mots au sujet de certains champs d’applications de la démarche Saluto :

la Saluto-généalogie, la Saluto-éducation, la Saluto-biographie.

En souhaitant que ces quelques pages vous donneront envie d’approfondir le sujet et vous souhaite une bonne lecture.

Guillaume Lemonde

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AU CŒUR DE LA DÉMARCHE SALUTO : LA RENCONTRE ... 5

DANS CHAQUE RENCONTRE, UN MYSTERE S’OPERE ... 6

LE MYSTÈRE DE LA RENCONTRE EST DONC CELUI D’UN INTERVALLE ENTRE LE PASSÉ ET L’AVENIR. ... 7

LA RENCONTRE SE TIENT ENTRE LE PASSÉ ET L’AVENIR, AU PRÉSENT ... 8

NOTRE RAPPORT AU TEMPS ... 10

LES CAUSES DE CE QUE NOUS VIVONS, SE TROUVENT DEVANT NOUS ! ... 12

DES CAUSES SITUÉES DANS LE PASSÉ ET DES CAUSES SITUÉES DANS L’AVENIR ... 13

RECONNAITRE LES 4 RESSOURCES D’AVENIR ... 15

Reconnaitredans ce qui se passe, la ressource qui manque. ... 16

Ces ressources sont au nombre de quatre ... 17

QUELQUES MOTS AU SUJET DE CES QUATRE RESSOURCES ... 18

1- Quand manque la confiance : ... 18

2- Quand manque le courage : ... 20

3- Quand manque la profondeur intérieure : ... 22

4- Quand manque la stabilité intérieure : ... 24

DISTINGUONS LE DÉCOR ET L’IMPROVISATION DE L’ACTEUR ... 27

UNE DÉMARCHE SALUTO : UNE PHENOMENOLOGIE ... 29

APPRENDRE À PERVEVOIR PLUTÔT QU’À PROJETER ... 30

ÉCOUTER AU PRÉSENT ... 30

... 33

QUELQUES MOTS AU SUJET DE LA SALUTO-GENEALOGIE ... 33

QUELQUES MOTS AU SUJET DE LA SALUTO-ÉDUCATION ... 35

QUELQUES MOTS AU SUJET DE LA SALUTO-BIOGRAPHIE ... 36

ENCORE UN MOT ... 38

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Grâce à une méthodologie unique, la démarche Saluto se propose comme chemin de présence à la rencontre, rencontre avec l’autre, le monde, la vie et finalement, par ces détours, avec soi-même. Elle peut éclairer de façon concrète toutes les situations de la vie. Les bases ont été exposées dans diverses publications.

Le livre « Les Paysages de nos quêtes » introduit l’esquisse d’un système cohérent permettant de percevoir ce qui se vit dans le psychisme et dans les relations, à partir d’un référentiel se trouvant au-delà du psychisme : tout comme il est possible de s’orienter sur Terre en prenant comme référence le nord magnétique ou le soleil situés au-delà du lieu où l’on se trouve, il est possible de s’orienter dans ce qu’expriment une ou plusieurs personnes, en apprenant à les écouter à partir d’un point situé au-delà de ce que le discours semble raconter.

Pour l’humain, ce point n’est pas géographique mais temporel. Il se situe dans l’avenir.

Lorsque l’on se retourne un jour sur ce qui a été vécu, et que l’on prend conscience que les expériences traversées étaient essentielles à notre chemin, c’est que l’on a touché à un tel point. Les épreuves traversées apparaissent alors comme les ombres projetées de ressources qui étaient appelées à devenir présentes.

L’originalité de la démarche Saluto est dedonner les moyens de percevoir l’origine des difficultés rencontrées, non dans des causes passées à résoudre, mais dans la nécessité de faire advenir des ressources permettant de jouer librement avec ce qui se présente.

Elle permet de distinguer dans ce qui s’exprime au présent de la rencontre, ce qui vient du passé et ce qui vient de l’avenir. Caractériser, identifier ces ressources et offrir d’exercer à les rendre présentes, est au centre de son expertise.

Cette démarche s’appuie sur une conception quadripartite de la nature humaine, telle qu’on la trouve chez Hippocrate, Paracelse, Steiner. Elle est ouverte à toutes les cultures, à tous les savoirs. Elle n’est pas confessionnelle et entre dans le champ des sciences humaines.

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AU CŒUR DE LA DÉMARCHE SALUTO : LA RENCONTRE

La démarche Saluto se propose comme chemin de présence à la rencontre : rencontre avec l’autre, le monde, la vie et finalement, avec soi-même ; avec soi-même car en cherchant à comprendre l’autre, à l’accueillir, à l’accompagner, nous découvrons nos propres limites, nos projections et nos attentes.

Offrir un espace de rencontre à l’autre implique de ne pas saturer cet espace avec ce qui nous habite : avec nos pensées, avec nos espoirs, nos peurs, nos doutes.

Pour nous ouvrir à l’autre et non à ce que l’on croit ou à ce que l’on voudrait, il est indispensable de s’exercer à faire silence à l’intérieur, c’est-à-dire, à renoncer à suivre les pensées qui nous viennent et plutôt que de juger, écouter, regarder, bref, percevoir.

Nous allons nous intéresser au « comment sont les choses » et non à « pourquoi elles sont comme ça ». Le pourquoi cherche des explications dans le passé. Le comment est au présent.

La démarche Saluto donne les moyens de cette écoute, les moyens de ce regard. Elle ouvre bien des possibles, car elle nous permet de ne pas nous en tenir à ce que l’on voudrait qui soit, mais à ce qui est.

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DANS CHAQUE RENCONTRE, UN MYSTERE S’OPERE

Par mystère comprenons quelque chose de plus grand que les deux personnes qui se font face. Quelque chose qui les dépasse et les transcende.

Notre raison dira sans doute qu’il n’y a là rien de mystérieux, rien de grand : c’est juste une affaire de hasard, une suite de contingences. La possibilité que la chose arrive ou n’arrive pas, à chaque instant s’est jouée jusqu’au moment où la rencontre s’est donnée.

Du point de vue de la raison, c’est effectivement comme ça que les choses se sont passées. Chacune des deux personnes a fait des choix plus ou moins éclairés. Elles ont évolué chacune dans leur espace et, à un moment donné, l’une d’elle a décidé d’aller là où se trouvait l’autre au même moment. Pour quelle raison ? La raison l’ignore. Et pour une raison imprévisible, le contact s’est ensuite établi.

Parfois le contact s’est établi de façon absurde. Telle personne a rencontré son futur employeur après l’avoir fait tomber dans la rue en le bousculant… L’absurde, c’est ce qui est contraire et échappe à toute logique ou qui ne respecte pas les règles de la logique.

C'est la difficulté de l'Homme à comprendre le monde dans lequel il vit. Il serait logique de rencontrer son futur employeur après avoir pris rendez-vous pour se proposer à un poste de travail. Mais là, dans la rue, en se bousculant… Cependant, à bien y réfléchir, même après avoir postulé un poste de travail, comment peut-on prévoir que l’on rencontrera justement cette personne-là : quel chemin aura-t-il fallu depuis la naissance de ces deux personnes, pour que 20 ou 50 ans plus tard, les circonvolutions de leurs deux chemins de vie, se croisent dans la même pièce et que le contact se fasse ?

C’est pourquoi, pour notre raison, pour notre logique, toute rencontre est absurde. Toute rencontre n’est que le fruit du hasard. Et pourtant, quand la rencontre est faite, elle devient une évidence, car elle est unique. Souvenez-vous de Michel de Montaigne qui disait de sa rencontre avec Etienne de La Boétie et de l’amitié qui les lia de 1558 à 1563, jusqu’à ce que celui-ci ne meure prématurément : "Parce que c'était lui, parce que c'était moi".

Chaque rencontre est unique et ce qui est unique n’est fondé en rien d’autre qu’en soi- même. Si la rencontre est unique, elle ne peut pas être fondée sur du hasard l’ayant précédé, mais sur une nécessité.

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Il est là le mystère de la rencontre.

LA RENCONTRE EST TOUT A LA FOIS LE FRUIT D’UNE CONTINGENCE ET D’UNE NÉCESSITÉ.

Seulement, la nécessité ne se vit qu’après coup, tandis que la contingence n’existe que jusqu’au moment où la rencontre se fait.

LE MYSTÈRE DE LA RENCONTRE EST DONC CELUI D’UN INTERVALLE ENTRE LE PASSÉ ET L’AVENIR.

L’avenir, à partir duquel nous nous retournons sur le moment de la rencontre et la voyons comme une nécessité. Le passé durant lequel nous ne nous savions pas en chemin vers l’autre. La raison ne pouvait le prévoir. Elle ne pouvait pas lire cet évènement futur.

Profitons-en d’ailleurs pour rappeler que nous avons en français deux mots pour parler de ce qu’il y aura après : le futur et l’avenir.

Le futur, c’est la prolongation du passé vers après maintenant. Le futur, on essaie de le cerner avec des statistiques, avec des bulletins météorologiques, avec la logique qui comprend les causes et en prévoit les effets. La raison essaie de lire le futur. Mais il y a trop de paramètres pour comprendre comment une rencontre peut se faire, pour y parvenir.

- L’avenir, c’est ce qui advient. Ce n’est pas la prolongation du passé, mais un mouvement qui vient à nous. La rencontre advient depuis l’avenir comme une nécessité et met en place les circonstances favorables à son avènement. On ne peut le comprendre qu’après coup.

-

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LA RENCONTRE SE TIENT ENTRE LE PASSÉ ET L’AVENIR, AU PRÉSENT

Elle demande à ce que nous soyons présents pour qu’elle se fasse. On peut se trouver dans la même pièce que quelqu’un et ne pas rencontrer pour autant cette personne. On peut être occupé avec toutes sortes de choses et rester aveugle à ce qui se donne depuis l’avenir. Il suffit pour cela de laisser les pensées vagabonder au grès que ce que l’on perçoit, les laisser résonner avec ce que l’on sait, ce que l’on a déjà entendu, bref, avec le passé…

Par exemple, les jugements que l’on se formule sont toujours fondés sur un système de valeur établi auparavant. Ils ferment l’avenir et la rencontre.

De même les analogies que l’on croit découvrir… « Tiens, cette personne me fait penser à telle autre… »,

De même les sentiments que cette personne nous procure. Les sentiments, qu’ils soient en sympathie ou en antipathie, s’emparent de nous d’après les besoins que l’on porte.

Ils sont donc fondés eux-aussi sur une antériorité.

Pour qu’une rencontre se fasse, il est important qu’à un moment se fasse silence en chacune des deux personnes. Un silence qui se donne comme de l’avenir, pourrait-on dire. Il est une nécessité pour que la rencontre se fasse. Et ce silence est attention, attention portée à l’autre, un instant.

Elle est comme un sacrifice qu’il s’agit de faire. Sacrifier ses jugements et son besoin de mettre une étiquette sur celui qui se présente. Sacrifier le besoin d’avoir raison et laisser le silence se faire pour entendre et voir et goûter cette rencontre.

Et alors l’avenir s’ouvre et avec l’avenir du nouveau. Et la rencontre qui jusque-là n’était au mieux que sympathique, devient chaleureuse, car quelque chose s’en vient dans la volonté.

C’est comme une communion. Plus grand que ce que les deux ne forment, vient entre eux. Chaque rencontre est unique, elle est donc à nulle autre pareille. Et comme elle est à nulle autre pareille, elle est d’une essence unique. Ainsi, chaque rencontre est un comme un être qu’il s’agit d’accueillir. Peut-être qu’un enfant qui pourrait venir au sein d’un couple est une manifestation devenue physique de cet être qui nécessite la rencontre. Peut-être que les enfants participent à la rencontre de leurs parents. Mais en

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somme, qu’il y ait enfant ou pas, la rencontre est un être de volonté. La question qui s’ouvre entre les deux partenaires, les deux nouveaux amis, c’est : Que voulons-nous faire ? Que voulons-nous laisser advenir ?

Dans un cadre professionnel éducatif ou thérapeutique, il en va de même. Là aussi, pour rencontrer un enfant, une classe, un malade, un être en besoin d’accompagnement, il va falloir apprendre à faire silence ; s’exercer à traverser la peur de ne pas savoir, la peur de ne pas avoir assez de temps, la peur de ne pas être à la hauteur de la tâche, la peur de ce qui pourrait se passer… Cela s’exerce. La démarche Saluto propose ces exercices.

Et s’exerçant, on devient disponible pour percevoir l’autre, l’enfant, la classe, le malade, l’ami, l’être qui a besoin d’être accompagné… Et pour percevoir, ayant tu le mental qui nous occupe, apprendre à caractériser ce que l’on perçoit non d’après ce que l’on sait déjà, mais d’après des caractéristiques qui ne dépendent pas de notre expérience, de notre sujet… Là aussi, la démarche Saluto donne des moyens de le faire.

Et l’enfant, la classe, le malade, l’être en besoin d’accompagnement révèlent alors ce qu’ils aspirent à laisser advenir. Ils se révèlent et peuvent se révéler à eux-mêmes grâce à cette attention à laquelle s’exerce le professeur de classe, le médecin, le thérapeute.

Alors dans quelle mesure sommes-nous attentifs au mystère de la rencontre ? Dans quelle mesure avons-nous conscience du sacrifice qu’il nécessite, de ce silence à faire, de cette attention à offrir ? Les deux partenaires, les deux amis, en accueillant plus grand qu’eux-mêmes, en se donnant à l’autre, se révèlent à eux-mêmes. Et c’est un cadeau que l’autre nous fait que de pouvoir le faire. Et c’est un cadeau qu’on lui offre. Ce n’est pas à travers un travail d’introspection que l’on découvre qui l’on est, mais en s’ouvrant à l’autre, en le rencontrant.

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NOTRE RAPPORT AU TEMPS

La démarche Saluto a ceci de particulier qu’elle envisage deux courants du temps. Il y a ce qui dans le passé explique notre vie actuelle et puis il y a ce qui vient de l’avenir.

Pour comprendre ça, prenez un exemple tout simple, celui d’un théâtre :

D’un côté, en explorant le passé, on peut comprendre pourquoi le décor du théâtre est devenu comme il est. Les choix du metteur en scène, son budget, la forme de la scène…

sont des raisons qui dans le passé ont déterminé l’allure du décor.

Mais d’un autre côté le décor est aussi comme il est parce qu’un acteur viendra y jouer un jour. On peut dire que l’acteur est, dans l’avenir, avec toutes ses ressources d’acteur, la raison pour laquelle le décor a été mis en place.

Si vous pouvez comprendre ça, vous comprendrez aussi que nous pouvons expliquer ce qui nous arrive en regardant depuis le passé et depuis l’avenir.

Depuis le passé, nous comprenons le contexte de notre vie.

Et en même temps, c’est parce que nous sommes appelés à devenir acteur de notre vie, en rendant présentes des ressources fondamentales encore à venir, que des épreuves se mettent en place.

Eh bien, la démarche Saluto permet d’identifier les ressources fondamentales qui nous manquent et que nous sommes appelés à exercer pour traverser les épreuves que nous rencontrons.

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L'impression que nos problèmes sont le développement de ce qui s’est passé avant, est tenace.

Notre conscience du temps est chronologique et nous voyons notre vie comme le résultat naturel d’une cascade de causes et d’effets. Même nos actes semblent dépendre de ce qui leur a précédé :

Par exemple, il nous est difficile de concevoir le pardon sans un dédommagement préalable, l’engagement sans la promesse d’un retour sur investissement, la confiance sans un minimum de précaution…

Ainsi, le passé nous contraint et le futur qui n’est finalement que le développement de ce qui vient du passé, devient l’endroit où l’on projette toutes les impasses.

Prenez par exemple un randonneur qui serait bloqué devant un torrent lui barrant le chemin. Pour continuer, il n’a d’autres possibilités que de longer le cours d’eau à la recherche d’un gué. Mais la pente est raide et le randonneur se décourage.

S’il se décourage, c’est parce qu’il se projette trop vite dans les conséquences fatigantes de cette ascension. Il s’imagine que l’ascension sera éprouvante.

Pris par un enchaînement de causes à effets, il s’imagine dans une impasse. Il n’est pas présent au seul pas qui compte et sur lequel il pourrait vraiment agir : celui qu’il pourrait faire maintenant.

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En cherchant les raisons de nos problèmes dans le passé et en imaginant les conséquences futures, nous oublions de vivre au présent.

Nous dormons par rapport au présent…

Si le randonneur était suffisamment présent au pas qu’il a à faire maintenant, il ne penserait au prochain que lorsqu’il pourrait le poser à son tour. De pas en pas, il oserait monter cette pente. Il ne se découragerait pas. Le torrent ne serait plus pour lui la raison d’une impasse. Il deviendrait une simple péripétie.

Finalement, ce n’est pas parce que la pente est trop raide que le randonneur se décourage. C’est parce qu’il n’est pas présent et se décourage qu’il trouve la pente trop raide.

Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles, écrivait Sénèque.

***

LES CAUSES DE CE QUE NOUS VIVONS, SE TROUVENT DEVANT NOUS ! Ce qui bloque le randonneur, ce ne sont pas le torrent et la pente raide, c’est la persévérance qui lui manque. Pour l’instant la persévérance est pour lui une ressource encore à venir. Le randonneur parviendra-t-il à la rendre présente ?

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DES CAUSES SITUÉES DANS LE PASSÉ ET DES CAUSES SITUÉES DANS L’AVENIR

Quand nous rencontrons une difficulté, nous cherchons logiquement la cause de cette difficulté dans un passé plus ou moins immédiat :

Par exemple, prenons un marin qui aurait le mal de mer.

La cause du mal de mer, c’est qu’il y a beaucoup de vagues. Les vagues, provoquent le mal de mer.

Elles sont une cause située dans le passé - située dans le passé car il y a d’abord des vagues, puis le mal de mer. Et il faudrait que la mer se calme pour que le marin aille mieux !

Mais on pourrait aussi se dire que si le marin avait le pied marin, s’il avait d’ores et déjà cette stabilité intérieure - qu’il découvrira peut-être plus tard dans sa vie de marin - il n’aurait pas de mal de mer.

En matière de mal de mer, la stabilité intérieure est très importante : un marin, sans aucune stabilité, a le mal de mer au moindre clapotis.

Ainsi, la stabilité qui manque au marin est une cause située dans l’avenir : c’est parce que cette ressource intérieure lui manque encore, que les mouvements de la mer sont pour lui de véritables tempêtes.

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Plutôt que de chercher les raisons de ce qui nous arrive, dans un passé plus ou moins lointain et sur lequel nous n’avons pas prise, il serait intéressant de découvrir quelle ressource à venir nous manque aujourd’hui.

Car c’est justement cette ressource qui nous manque, qui détermine la nature de notre épreuve.

Par exemple, un manque de stabilité intérieure fait de chaque houle une tempête. Dans nos sentiments, des tempêtes comparables vont se lever à la moindre déception.

Il nous semblera peut-être logique de chercher dans notre enfance pourquoi nous sommes hypersensibles, mais cela n’expliquera rien de plus que le décor de notre vie.

En revanche, nous pourrions faire quelque chose pour rendre présente cette ressource à venir, cette stabilité qui nous permettrait de supporter très bien les prochaines frustrations.

En trouvant cette ressource, nous deviendrions présents.

Il est donc essentiel

- d’apprendre à reconnaître la ressource manquante. - d’exercer spécifiquement cette ressource.

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RECONNAITRE LES 4 RESSOURCES D’AVENIR

Lorsque nous cherchons à comprendre pourquoi nous rencontrons tant de difficultés avec, par exemple, un enfant, ou un ami qui a changé d’attitude à notre égard, nous collectons des informations au sujet de cet enfant ou de cet ami et nous essayons de trouver les causes qui sont à l’origine de cette situation. Nous espérons ainsi y remédier, n’est-ce pas ?

En cherchant à comprendre ce qui se passe, nous explorons les causes qui, dans un passé plus ou moins lointain, sont celles sur lesquelles nous devrions pouvoir agir.

Les médecins, les thérapeutes, les pédagogues, les éducateurs et bien d’autres encore, procèdent ainsi.

Or, si cette façon toute naturelle de faire nous permet de comprendre le contexte, elle ne nous permet pas de découvrir comment nous saisir de ce qu’il convient pour traverser ces difficultés.

En effet, si nous rencontrons une difficulté avec un enfant ou un ami, ce ne sont pas tant l’enfant ou l’ami qui sont responsables des difficultés que nous vivons, mais nous-mêmes, incapables que nous sommes d’agir avec ce que l’enfant et l’ami provoquent chez nous…

Il nous manque une ressource. Nous restons déterminés par l’attitude de cet enfant ou de cet ami et ne savons plus comment faire pour ne pas nous laisser déterminer. Nous réagissons. Nous ne savons comment agir d’une façon cohérente.

Or si la ressource qui nous est nécessaire pour y parvenir nous manque encore, ce n’est pas en explorant le passé que nous la découvrirons.

La ressource qui nous manque se trouve pour nous, dans l’avenir (sinon, elle ne nous manquerait pas).

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La recherche des causes et de leurs conséquences, ne peut nous renseigner qu’au sujet du contexte de notre épreuve, pas au sujet des ressources nécessaires pour la traverser.

En revanche, connaître les ressources possibles, les caractériser, et surtout les expérimenter et les vivre, est éminemment important. Car, lorsque l’on a reconnu une ressource, on devient également apte à percevoir directement ce que son absence engendre.

Il n’est alors plus besoin d’essayer de comprendre pourquoi ceci ou cela se passe. On reconnait dans ce qui se passe, la ressource qui manque pour aller bien et agir de façon cohérente avec la situation.

Reconnaitredans ce qui se passe, la ressource qui manque.

Avec la démarche Saluto, il ne s’agit pas de simplement comprendre et de réfléchir à notre vie ou à celle des autres (comprendre et réfléchir est très important mais si nous en restons là, nous demeurons avec les causes contextuelles), mais d’apprendre à calmer la réflexion et à s’ouvrir à la perception de ce qui est pour reconnaitre la ressource avenir qui manque, dans une situation donnée.

Bien-sûr, il est essentiel de connaître (comprendre, réfléchir et exercer) ces ressources afin de les REconnaître par la suite…

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Ces ressources sont au nombre de quatre

Pourquoi quatre ? Cela tient à notre constitution (cf. Hippocrate, Paracelse, Steiner…).

Pour en savoir plus à ce sujet, voyez le livre : « Les paysages de nos quêtes » ainsi que la page d’accueil du site demarchesaluto.com.

Pour faire simple, disons que ces quatre ressources sont en rapport avec les quatre aspects de notre constitution, qui peuvent nous mettre à l’épreuve :

Nous avons un corps matériel,

des processus vitaux qui le pénètrent selon leurs propres lois, un monde intérieur sensible, et

une personnalité faite de ce à quoi nous nous identifions.

En nous mettant à l’épreuve, ces quatre aspects sont également des opportunités d’apprentissage.

Platon évoque ces apprentissages dans le Ménon, lorsqu’il parle de vertus. Il parle également des vertus dans La République, suivi par Aristote puis les stoïciens. Il distingue quatre vertus (la prudence, la tempérance, la force et la justice), qui seront plus tard qualifiées de cardinales.

Le mot « vertu » vient du latin « virtus » qui désigne « la force, la discipline ».

L’adjectif « cardinal » vient du latin « cardo » qui signifie « charnière, pivot ».

Ainsi, les vertus cardinales s’acquièrent à travers une discipline, donc à travers des exercices, qui permettent de faire « pivoter » une situation : autrement dit, elles offrent la possibilité d’un retournement de situation.

Ces quatre vertus sont à rapprocher de ce que la démarche Saluto qualifie de ressources à venir, ou ressources fondamentales (la stabilité intérieure, la profondeur intérieure, le courage et la confiance).

Rendre ces ressources présentes, les exercer, les faire sienne, ne fait pas disparaitre les épreuves que nous avons à traverser, mais offre la présence nécessaire pour ne plus à avoir être altéré par elles.

Il ne s’agit pas de faire disparaitre les épreuves, mais de les traverser.

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QUELQUES MOTS AU SUJET DE CES QUATRE RESSOURCES

1- Quand manque la confiance :

La confiance en la vie n’est pas cette autosuggestion que tout ira bien. La confiance se vit au présent : elle offre de pouvoir accueillir ce qui arrive comme cela arrive. La confiance ne classe pas les évènements en bons ou mauvais, elle les reçoit comme l’annonce d’un changement, d’un devenir, d’un avenir qui s’approche.

Quand manque la confiance : quand on ne peut accueillir tous les possibles, on reste avec le toujours pareil. On se ferme à tout ce qui sort de l’ordinaire, à tout ce qui est nouveau et du coup, la vie semble se répéter sans cesse. Un ennui, une routine s’installent.

Alors on essaie de donner du sens à une vie qui semble ne pas en avoir. On s’accroche à des valeurs que l’on aimerait partager avec d’autres, des moments qui semblent nous donner l’impression que la vie mérite d’être vécue, avant qu’il n’en reste que des cendres.

On va se trouver en conflit avec ceux qui ne partagent pas les mêmes valeurs. Mais il ne servira à pas grand-chose de juger les différences de valeur. Il faudra se souvenir que la cause de tout cela, est à chercher dans l’avenir : la nécessité de découvrir la confiance en la vie.

Le décor qui se met en place lorsque l’on cherche la confiance en la vie ressemble à ce que l’on vit dans une forêt profonde, où, perdu, on tourne en rond. On espère un soleil qui se lève quelque part et donne une direction.

Ci-après un tableau résumant succinctement le décor de la forêt.

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2- Quand manque le courage :

Le courage est ce qui nous permet d’avancer pas à pas, sans nous projeter plus loin que là où l’on se trouve. On se souvient que le projet que l’on porte, est déjà présent à chaque pas que l’on fait.

Quand manque le courage : quand on ne parvient pas à avancer pas à pas, on est projeté trop loin dans l’idée que l’on se fait du but. On oublie de regarder où l’on pose le pied.

Du coup, on heurte des obstacles, on rencontre des gens qui nous empêchent d’avancer, des rivaux, des concurrents, des ennemis. On voudrait trouver le moyen de les vaincre une bonne fois pour toute, guidé par une bonne stratégie, plutôt que d’y revenir sans cesse.

On va se trouver en conflit avec ceux qui ne partagent pas le même combat. Mais il ne servira à pas grand-chose de jauger les rapports de force. Il faudra se souvenir que la cause de tout cela, est à chercher dans l’avenir : la nécessité de découvrir le courage d’avancer un pas après l’autre, pour le projet que l’on porte.

Le décor qui se met en place lorsque l’on cherche le courage du pas à pas ressemble à ce que l’on vit dans une haute montagne, où, l’on cherche son souffle. On espère un soutien, une cordée, un encouragement.

Ci-après un tableau résumant succinctement le décor de la montagne.

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3- Quand manque la profondeur intérieure :

La profondeur intérieure est une ressource permettant de vivre qu’il y a entre chaque chose, entre chaque seconde, un intervalle ample et profond. Il y a du temps entre chaque seconde et de la place entre chaque détail que nous percevons.

Quand manque la profondeur intérieure : quand on ne parvient pas à vivre cette profondeur, tout semble être sur le même plan et nous envahit. On voudrait donner un ordre au monde, le plus efficacement possible, plutôt que d’être atteint par lui.

On va se trouver en conflit avec ceux qui ne partagent pas la même conception de l’ordre du monde et de la beauté sensée en découler. Mais il ne servira à pas grand-chose d’en débattre. Il faudra se souvenir que la cause de tout cela, est à chercher dans l’avenir : la nécessité de découvrir une profondeur intérieure permettant un calme dans le désordre.

Le décor qui se met en place lorsque l’on cherche la profondeur intérieure ressemble à ce que l’on vit dans un désert, en quête d’une oasis.

Ci-après un tableau résumant succinctement le décor du désert.

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4- Quand manque la stabilité intérieure :

La stabilité intérieure est comme un axe intérieur qui se tient au milieu des paradoxes et des sentiments contradictoires. Elle nous permet de rester paisible dans la tempête sans pour autant que soit anesthésiés les sentiments. Bien au contraire, lorsqu’on est stable intérieurement, la vie des sentiments devient plus riche, car plus libre. Il n’est pas besoin de rationaliser ou d’écraser sous une couche de réflexions rassurantes ce que l’on ressent, puisque l’on est stable. Quand manque la stabilité intérieure : quand manque cette stabilité, le monde intérieur nous chavire. On s’accroche alors à des idées, à des théories, à des pensées que l’on réélabore toujours pour qu’elles tiennent bien, avant que de tout envoyer péter. On va se trouver en conflit avec ceux qui ne nous accordent pas leur sympathie. Mais il ne servira à pas grand-chose de les juger. Il faudra se souvenir que la cause de tout cela est à chercher dans l’avenir : la nécessité de découvrir la stabilité qui nous manque encore dans les sentiments.

Le décor qui se met en place lorsque l’on cherche la stabilité ressemble à ce que l’on vit sur un océan, en pleine tempête. On cherche à se stabiliser.

Ci-après un tableau résumant succinctement le décor de l’océan.

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Ces ressources s’approchent de nous depuis l’avenir. Nous ne pouvons pas les déduire de ce que nous connaissons.

En effet, ce que nous connaissons suit la direction naturelle du temps chronologique, tandis que ce qui est à venir s’approche de nous depuis l’autre côté.

L’avenir ne se prévoit pas. Il ne se déduit pas de ce que nous connaissons déjà.

Ainsi, ces ressources ne viendront pas naturellement. Nous aurons à le vouloir, à le décider, comme un acteur décide de se lancer pour jouer. Et c’est là que réside notre liberté la plus absolue : allons-nous rester déterminés par ce qui nous entoure, ou allons- nous choisir d’improviser notre propre rôle ?

(La démarche Saluto propose des exercices spécifiques pour chacune de ces ressources).

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DISTINGUONS LE DÉCOR ET L’IMPROVISATION DE L’ACTEUR

Dans la vie, comme au théâtre, le décor dans lequel nous nous trouvons n’est qu’un moyen donné à l’improvisation que nous avons à faire. L’improvisation qui sera faite est même la seule raison pour laquelle un tel décor se trouve là. Or nous n’en finissons pas de nous occuper du décor et oublions de commencer à jouer. Nous oublions de vivre notre vie.

Au lieu de nous lancer, nous croyons que la qualité de notre vie dépend de la qualité des accessoires que nous avons à disposition. Et comme nous espérons la meilleure vie possible, nous voudrions des accessoires parfaits. Or, l’acteur ne puise pas son génie des accessoires dont il se saisit. On ne peut pas déduire l’improvisation à partir du décor, du costume et des accessoires de scène. D’ailleurs ce ne serait pas une improvisation si elle était déterminée par eux…

L’improvisation s’approche au contraire depuis l’avenir. Elle se tient devant nous comme une ressource à découvrir, un talent à acquérir. Et le génie de l’acteur est de la rendre possible, de la rendre présente.

Tandis que l’improvisation s’approche depuis l’avenir, le décor de notre vie est fait de tout ce qui a une origine dans le passé : notre histoire personnelle, celle de notre famille, notre corps et ses particularités, nos habitudes, notre date de naissance, notre profession, nos croyances, nos souvenirs, nos envies, nos connaissances, nos peurs, nos doutes, nos espoirs, nos projets…

Quand nous essayons de comprendre ce qui s’est passé autrefois pour expliquer ce que nous vivons maintenant, nous ne regardons que le décor.

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Comme notre décor est nécessité par le scénario à venir, les problèmes que nous identifions sont également nécessités par ce scénario à venir.

Nous pouvons nous plaindre des imperfections que nous remarquons ici où là, dire que notre corps n’est pas comme il faudrait, que nos relations ne sont pas comme il faut, que notre profession n’est pas comme il faut, ou encore que notre grand-père paternel n’était absolument pas comme il faut, n’en reste pas moins qu’ils font tous partie du décor.

Quand nous jouerons, nous verrons qu’ils ne sont pas des problèmes mais des nécessités. Ils sont là pour que nous nous appuyions dessus afin d’improviser au plus présent de nous-mêmes. Ce sont les accessoires de notre jeu. Ils sont là pour notre éveil.

Quand on s’éveille, c’est à dire, lorsque l’on est maître de son jeu, on ne dit plus : - À cause de cette chose, je vais mal.

On dit :

- Je vois cette chose et je suis responsable de ce que j’en ferai, pour jouer du mieux que je peux.

Les difficultés que nous rencontrons sont les accessoires de notre jeu. Elles sont là pour nous permettre d’improviser notre rôle de la meilleure façon qui soit.

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UNE DÉMARCHE SALUTO : UNE PHENOMENOLOGIE

L’une des caractéristiques de la démarche Saluto est qu’elle est phénoménologique.

Phénoménologique, c’est un mot un peu compliqué. Cela signifie que cette démarche part du phénomène que l’on perçoit, c’est-à-dire de la situation que l’on rencontre et non pas d’une connaissance a priori.

Disons-le autrement : il ne s’agit pas d’essayer de reconnaitre dans la situation que l’on rencontre, d’autres situations analogues que l’on aurait apprises et qui pourraient nous renseigner sur une conduite à tenir, mais de percevoir ce qui est unique dans ce qui se présente à nous.

Que ce soit dans un contexte éducatif, thérapeutique, personnel, etc.

Quand on y arrive, on peut du même coup comprendre ce dont cette situation précisément a réellement besoin et non pas plaquer sur elle une vérité générale. Ça permet donc d’agir d’une façon inédite, inventive, originale, dans ce qui sinon pouvait sembler bloqué et sans issue.

Alors comment fait-on ? Comment peut-on percevoir de cette façon ?

C’est exactement ce que la démarche Saluto permet d’apprendre et d’exercer.

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APPRENDRE À PERVEVOIR PLUTÔT QU’À PROJETER

L’originalité de la démarche Saluto est de donnerles moyens de percevoir l’origine des difficultés que nous rencontrons, non pas dans des causes passées à résoudre, mais dans des ressources encore à venir, qui nous permettront de jouer librement avec ce qui se présente.

Lorsque nous nous exprimons, nous entrelaçons à notre insu ce qui vient du passé et ce qui vient de l’avenir. Nous n’avons pas conscience de ce qui vient de l’avenir, mais c’est déjà présent dans ce que nous vivons.

Comme la démarche Saluto permet de percevoir ces ressources à venir d’une façon claire, elle donne à la rencontre, qu’elle soit personnelle, thérapeutique, éducative ou autre, une perspective nouvelle.

Là où toutes les stratégies élaborées avec les moyens du passé étaient devenues vaines, il devient possible de percevoir comment traverser la situation difficile.

Percevoir une possibilité de traverser …

La démarche Saluto n’est pas un outil dont on se saisit pour un certain résultat. Elle permet de devenir soi-même l’outil de perception de ce qui est et de s’exercer à s’engager pour ce qui est.

ÉCOUTER AU PRÉSENT

Si j’écoute une personne et que je cherche avec elle à comprendre comment son histoire s’est développée jusqu’à l’impasse actuelle, je reste moi aussi soumis à l’enchaînement des causalités. Et c’est la même chose si j’analyse les conséquences auxquelles il lui est possible de s’attendre. On ne sort pas de l’enchaînement des causes à effets et de l’impasse dans laquelle il nous plonge, en s’intéressant aux causes et aux effets…

Ainsi, l’aide que je peux offrir, dépend avant tout de ma capacité à écouter ce qu’elle me raconte, sans chercher à identifier ni les causes ni les conséquences. Je dois tout à la

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fois taire les pourquoi qui me font regarder en arrière, et m’abstenir de penser à des solutions.

Celle qui permettra de sortir de l’impasse, ne se déduira pas du récit de ce qui s’est passé. Elle émergera autrement, depuis l’autre côté, depuis l’avenir. Aussi est-il essentiel de la rendre possible, de lui faire de la place, de ne pas saturer l’espace de la rencontre avec des déductions, des réflexions et des pronostics, qui ne font que prolonger l’enchaînement des causes et des effets.

Pour y parvenir, il est essentiel de surveiller les idées qui pourraient nous traverser.

Essayez un instant !

Soyez attentifs à la prochaine pensée qui pourrait surgir en vous. Si vous êtes très attentifs, vous remarquerez qu’aucune pensée ne vient. Cette attention nous fait sortir des enchaînements de causes à effets. Cela fait taire notre conscience de tous les jours et son activité mentale qui nous endort dans des illusions. Cela nous réveille. Cela nous permet d’être présents.

Essayons ensuite de maintenir cette attention, tout en écoutant ce que raconte la personne que nous rencontrons. Car, comment pourrions-nous percevoir, au centre de ce qu’elle nous raconte, ce qui pour elle représente l’enjeu de son éveil, si nous ne prenions garde à bien rester éveillés nous-mêmes ?

Bien souvent, nous entendons ce que nous voulons bien comprendre et interprétons. De nombreux exercices sont proposés lors des formations, pour permettre une écoute présente.

Quand nous sommes occupés à chercher logiquement les causes avant leurs conséquences, nous regardons vers le passé. Nous nous croyons le produit de ce qui nous a précédé. Nous nous confondons avec les ombres qui nous entourent. Le futur que nous imaginons, n’est qu’une projection de l’ombre que nous avons sous le nez.

Nous tournons le dos à la lumière à venir. Nous tournons le dos à notre présence qui s’éveille. En fait, l’ombre qui nous pose problème, est ce que nous pouvons indirectement saisir de la lumière que nous cherchons. Les épreuves que nous traversons sont l’ombre portée de notre éveil. Et lorsqu’enfin nous devenons présents, la lumière qui était à venir, se retrouve au zénith, tandis que l’ombre devient le sol sur lequel nous apprenons à marcher.

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Lorsque se tait le discours intérieur, on peut se décoller de celui de notre vis-à-vis et le contempler comme un tableau. Le fil chronologique de l’histoire laisse place à un panorama où tout est présent, comme si l’on observait un jeu de carte déployé. Il n’y a plus à accompagner le jeu qui se déroule en suivant une stratégie de joueur de belote, ni à réagir à ce qui est dit. Juste percevoir.

Tout est là : d’un côté, l’épreuve qui pose problème, telle une ombre dans laquelle une personne tâtonne, et de l’autre côté, une ressource qui rayonne depuis l’avenir. Entre les deux, tout un paysage.

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QUELQUES MOTS AU SUJET DE LA SALUTO-

GENEALOGIE

Imaginez que nous montions sur scène et que nous estimions que notre costume ne va pas. Nous voulons un autre costume, un plus joli, plus élégant… Nous appelons le costumier, essayons de comprendre pourquoi ce costume est comme ceci et non comme cela, posons une réclamation, espérons qu’un autre nous soit apporté, regrettons que ce ne soit pas possible. Combien de temps allons-nous nous intéresser au costume avant de commencer à faire ce pour quoi nous sommes montés sur scène ?

Avec nos grands-parents, c’est la même chose. Ceux qui sont dans notre décor sont les meilleurs qui soient, puisque ce sont les nôtres, et qu’ils ont été mis là pour l’improvisation que nous avons à jouer ! Tant que nous ne pouvons pas les accepter comme ils sont, nous ne pouvons pas commencer notre jeu. Nous restons dans l’ombre du décor, dépendant de lui, incapable de devenir maitre de notre vie.

Les accepter, cela veut dire les prendre avec soi, comme on prend avec soi le costume qui nous est donné comme accessoire. Les prendre avec soi, c’est littéralement les comprendre. Mais pas avec la tête. La tête est distante lorsqu’elle réfléchit. Elle n’accepte pas, elle analyse, elle dissèque. Il s’agit de les comprendre avec le cœur. Et les comprendre, c’est les aimer. On ne comprend que ce que l’on aime. Il s’agit de les regarder et leur dire : je vous vois. Vous êtes comme moi ! Vous êtes des hommes, des femmes qui comme moi faites un chemin sur la Terre.

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Un artiste est capable d’improviser avec l’accessoire qui lui est donné, quand il se lie à lui complètement. Il place tout son amour dans cet accessoire. Il n’est pas possible de devenir libre dans une improvisation, et donc dans sa vie, sans amour. Il n’y a pas de liberté sans amour, du point de vue de celui qui est maître de sa vie. Sans amour, la liberté se conçoit comme un grand ménage. On jette tout par-dessus bord et on quitte la scène soi-même. On ne trouve pas de lien avec ce que l’on a à faire ici-bas. Sans amour, il n’y a pas d’avenir à rendre présent.

Regardez un film de Chaplin. Vous comprendrez... Il est vrai qu’avec nos grands-parents et ce que nous croyons en savoir, cela est parfois difficile. Certains grands-parents ont peut-être fait des choses que nous estimons impardonnables. Et pourtant, ces choses sont impardonnables aussi longtemps que nous tardons à nous éveiller à notre propre rôle.

Ainsi, l’effort que nous avons à faire pour comprendre, c’est à dire pour aimer nos grands- parents, est à la mesure de la ressource qui nous manque pour devenir présents à nous- mêmes. Selon les cas, il nous faudra une bonne stabilité intérieure, de la profondeur, du courage, de la confiance.

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NB : à chacune des quatre ressources et des quatre paysages que nous avons rencontrés, correspond un des quatre grands-parents.

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QUELQUES MOTS AU SUJET DE LA SALUTO-

ÉDUCATION

Appliquée à l’éducation, la démarche Saluto permet de distinguer, par-delà le contexte d’enseignement, la ressource nécessaire à l’enseignant.

La démarche Saluto permet un savoir-être sans lequel le savoir-faire reste vain.

Le paramètre à ne pas oublier, c’est évidemment l’enseignant. S’il rencontre un problème pédagogique avec un élève, c’est avant tout lui qui le rencontre. Faire d’une difficulté pédagogique d’abord un problème d’élève, c’est passer à côté des questions essentielles que l’enseignant pourrait se poser : quel problème me fait vivre cet élève ? Suis-je déstabilisé dans mes sentiments ? Suis-je impatient ? Ai-je perdu la mesure ? Le courage ? La confiance ? Laquelle des quatre ressources intérieures me manquent et permettraient, si elle était présente, que cette situation ne soit plus éprouvante ? Comment exercer cette ressource ? Si je le savais, il me serait possible d’agir plus en cohérence avec ce qui est nécessaire à cet élève.

De plus, si je pouvais percevoir la ressource que chacun des élèves cherche à rendre présente à travers les difficultés qu’il rencontre, je pourrais contribuer à le rendre présent à lui-même.

Les particularités que chacun d’eux présente, ne sont jamais que les ombres portées d’une lumière à venir.

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QUELQUES MOTS AU SUJET DE LA SALUTO- BIOGRAPHIE

Avec le travail biographique,

on caractérise les

évènements marquants de la vie et les intervalles qui les séparent. Chaque époque a son génie, chaque âge, sa spécificité.

C’est une chose peut-être trop peu connue. Pourtant, les étapes que nous franchissons à mesure que nous avançons en âge, ont une réalité universelle, aussi sûrement que chacun de nous a probablement perdu sa première dent de lait vers 6 ou 7 ans. Ainsi, le moment où nous nous trouvons dans sa vie, l’âge que nous avons, donnent des indications générales sur ce qui se prépare.

Ce sont les variations individuelles et la façon dont nous traversons ces grands rythmes universels, qui révèlent ce qui nous est spécifique. Biographie, signifie littéralement la trace écrite dans la vie. Dans la vie universelle, chacun écrit son histoire. Le trajet parcouru renseigne sur celui qui le parcourt. Autrement dit, l’histoire d’une existence que l’on embrasse du regard comme un grand tableau, permet de comprendre ce qui se vit actuellement.

Avec la démarche Saluto, c’est à l’inverse ce qui se vit actuellement qui révèle les enjeux de toute une existence. Pour elle, le Je qui s’éveille, ne se révèle pas à travers ce que l’on saisit des étapes d’une histoire dont quelqu’un pourrait témoigner, mais à travers ce qui se manifeste, ici et maintenant, dans la façon d’en témoigner ou d’agir.

La démarche Saluto permet en quelque sorte une biographie de l’instant, une Saluto-biographie.

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Avec la Saluto-biographie, on ne regarde pas comment le chemin se déploie dans le temps, mais comment, dans l’instant présent, tout le passé et l’avenir se rencontrent. C’est une perception directe. Elle est permise par une écoute attentive de ce qu’une personne peut témoigner d’elle-même.

Nous sommes tous placés entre ce qui est et ce que nous aimerions qui soit.

Tous, nous racontons notre histoire d’après cette tension. Nous luttons pour la calmer et faisons toutes sortes de choses pour y parvenir. Percevoir la nature de cette tension, offre la possibilité de caractériser ce qui peut être exercé pour s’éveiller à l’essentiel et cesser cette lutte vaine.

Pour une démarche Saluto, il conviendra donc d’apprendre à écouter, dans ce que dit une personne, ce qui appartient au passé et ce qui appartient à l’avenir.

Chaque témoignage est riche d’un tel intervalle, dans lequel nous verrons se déployer au présent, les enjeux de toute une vie.

C’est au présent, dans la rencontre qui se donne, que Saluto-biographie embrasse ce mystère.

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ENCORE UN MOT

Nous sommes en quête sans le savoir. Cette quête est éternelle mais elle se joue à chaque instant. Elle s’accomplit sur le moment, au plus présent de ce que nous vivons.

Et comme le présent est toujours nouveau, elle ne cesse de s’accomplir.

Cette quête, c’est celle de nous-mêmes. Nous n’avons, il me semble, aucune mission à remplir dans la vie, aucun but, hormis d'être nous-mêmes et de cesser de nous confondre avec ce que nous ne sommes pas. Des sentiments nous traversent et nous promènent à leur gré, mais nous ne sommes par ces sentiments. Nos perceptions nous happent au point de faire de nous leurs esclaves, mais nous ne sommes pas ce que nous percevons.

Des rapports de force nous terrassent, des évènements malheureux nous plongent dans la nuit, mais nous avons à découvrir que nous sommes plus grands que tout cela. Plus grands que les paysages que nous traversons, plus grands que notre corps revêtu en naissant. Et en même temps, nous découvrons qu’il n’y a que dans ce corps et à travers ces paysages que cette quête est possible.

Les paysages évoqués ici ne sont pas des métaphores. Une métaphore se base sur une analogie, alors qu’eux sont bien réels et nous proposent des épreuves bien réelles, elles aussi ; des épreuves qui nous font le cadeau d'un levier, capable de nous hisser vers l'essentiel. Saint Exupéry l’exprime d’une façon tellement remarquable : La terre, nous dit-il, nous apprend plus long sur nous que tous les livres. Parce qu’elle nous résiste.

L’homme se découvre quand il se mesure avec l’obstacle.

Ainsi, pour découvrir en nous l’endroit stable où nous pouvons nous révéler comme des êtres vrais et uniques, les vents se lèvent et nous offrent leurs tempêtes. À dire vrai, c’est parce que nous n’avons pas encore découvert la stabilité que la vie prend pour nous des allures de tempêtes, et que nos sentiments nous promènent sans fin.

De même, pour percevoir le calme de la profondeur des puits, des plaines arides nous mettent à l’épreuve. Et c’est parce que nous ignorons encore cette profondeur que tout est pour nous sur le même plan, comme dans ces plaines arides, où l’on court en tout sens à la recherche d’un puits.

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Pour découvrir la force des Justes qui ne renoncent pas, des montagnes se dressent devant nous. Et c’est parce que nous ignorons encore ce courage d’avancer un pas après l’autre, que le moindre dénivelé nous semble un Himalaya.

Enfin, pour toucher à la noblesse du monde et découvrir la lumière qui nous relie tous, des forêts nous enveloppent de nuit. Et c’est parce qu’il nous manque cette lumière-là que nous sommes plongés dans la nuit. Mais la nuit n’est-elle pas le meilleur endroit du monde où l’on puisse découvrir la lumière ?

Ces quelques pages vous auront peut-être donné envie de connaître mieux cette démarche essentiellement pratique.

L’écoute attentive et les exercices de présence nécessaires à cette écoute, mais aussi les exercices visant à affermir les ressources dont il a été question ici, sont au cœur de la Saluto. Ils ne peuvent pas être communiqués facilement par écrit.

Vous trouverez sous l’onglet Formations du site demarchesaluto.com les programmes de formations.

Sur le site, vous trouverez également de nombreux articles et des vidéos pouvant vous intéresser.

Laissez vos commentaires au bas des articles. Ils seront l’occasion d’aller plus loin et d’échanger.

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