• Aucun résultat trouvé

La mort programmée de la sage-femme ?

N/A
N/A
Protected

Academic year: 2021

Partager "La mort programmée de la sage-femme ?"

Copied!
2
0
0

Texte intégral

(1)

HAL Id: hal-02903982

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-02903982

Submitted on 21 Jul 2020

HAL is a multi-disciplinary open access

archive for the deposit and dissemination of sci-entific research documents, whether they are pub-lished or not. The documents may come from teaching and research institutions in France or abroad, or from public or private research centers.

L’archive ouverte pluridisciplinaire HAL, est destinée au dépôt et à la diffusion de documents scientifiques de niveau recherche, publiés ou non, émanant des établissements d’enseignement et de recherche français ou étrangers, des laboratoires publics ou privés.

La mort programmée de la sage-femme ?

Anne-Marie Moulin

To cite this version:

Anne-Marie Moulin. La mort programmée de la sage-femme ?. médecine/sciences, EDP Sciences, 2020, 36 (5), pp.524-524. �10.1051/medsci/2020082�. �hal-02903982�

(2)

médecine/sciences 524 m/s n° 5, vol. 36, mai 2020 https://doi.org/10.1051/medsci/2020082 médecine/sciences 2020 ; 36 : 524 CNRS UMR SPHERE 7219 Université Paris 7, bâtiment Condorcet, 4 rue Elsa Morante, 75013 Paris, France. [email protected]

La mort

programmée de

la sage-femme ?

Anne-Marie Moulin médecine/sciences

Cette histoire passionnante, scientifique et sociale, aurait évidemment gagné à une comparaison internationale qui nous manque. Par ailleurs, sans être complètement muettes, les sages-femmes n’ont pas laissé autant de mémoires et de témoignages sur le contenu et les méthodes de l’enseignement, et surtout sur les péripéties de leur vécu, que les médecins. Aujourd’hui, dans leur majorité, les sages-femmes se refusent en France à troquer leur appellation historique pour un titre plus technique et reven-diquent comme une urgence l’amélioration de leur salaire et de leurs conditions d’exercice. Ailleurs, comme au Maghreb, elles se plaignent d’être

désormais la cible facile de poursuites ou même de vengeances après un accouchement qui tourne mal, pourtant sans responsabilité de leur part. Après tant de batailles pour la professionnalisation de la sage-femme, allons-nous assister à sa mort programmée ? Les sages-femmes ont désormais du mal, en effet, à voir définir leur territoire de compétence et de responsabilité. Il leur reste, face au machisme latent des interlocuteurs, à revendiquer la poursuite de leur trajectoire, avec l’aide des hommes qui ont rejoint leurs rangs. Ils s’appellent, eux – mais le public le sait-il ? – maïeuticiens. Avec un clin d’œil à Socrate, inventeur de la maïeutique, l’art d’accoucher… les esprits et dont la mère, dit-on, était accoucheuse. The planned death of the midwife?

LIENS D’INTÉRÊT

L’auteure déclare n’avoir aucun lien d’intérêt concernant les données publiées dans cet article.

RÉFÉRENCE

1. Sage Pranchère N. L’école des sages-femmes. Naissance d’un corps professionnel 1786-1917. Tours : Presses Universitaires François-Rabelais de Tours, 2017.

La sage-femme, un métier en voie de disparition ? L’appel-lation, attestée dès 1212, désigne une femme « savante », experte des accouchements. Telle est en tout cas la défi-nition de l’Académie française en 1694 : « celle dont le métier est d’accoucher les femmes. » Leurs revendications actuelles suggèrent-elles la clôture d’un cycle qui les ins-titua professionnelles de l’accouchement, détrônant les matrones qui, depuis le fond des âges, prêtaient secours aux parturientes ?

C’est cette histoire, du décret de ventôse 1803 aux lois de 1917, que Nathalie Sage-Prouchère reconstitue pour la France à partir d’archives départementales et nationales minutieusement inventoriées [1]. Elle suit les méandres d’une administration tiraillée entre

des objectifs contradictoires, par exemple encourager les initiatives locales pour la formation et maintenir le centralisme parisien, face à un vrai problème : la mortalité maternelle et infantile persistante.

Tout au long du XIXe siècle, la même

préoccupation des pouvoirs publics transparaît : maintenir la subordina-tion de la sage-femme au chirurgien et des femmes aux hommes… Sus-pectes, en raison de leur familia-rité avec les choses du sexe et de la vie, en même temps que détentrices d’un savoir en pleine évolution qui élargit leurs compétences au-delà de l’accouchement, à la gynécologie et à la pédiatrie, les sages-femmes

ont connu, au cours du XIXe siècle, une lente ascension

sociale, comparable à celle des institutrices. La loi de 1892, abolissant les officiers de santé, les consacrait enfin comme un corps professionnel apportant le pro-grès médical au fin fond des campagnes où elles étaient

Références

Documents relatifs

Si, au 1 er janvier 2011, dans la région Languedoc- Roussillon, on dénombre 43 sages- femmes en activité pour 100 000 femmes en âge de procréer, elles sont quatre fois moins

C'est pour cela, que, dans certaines situations difficiles, des sages-femmes dépassent leurs compétences en prescrivant et administrant des remèdes qui leur sont

Afin de connaître avec le plus de précision possible le nombre de sages-femmes en exercice, mais aussi le nombre d’étudiants inscrits dans les écoles de sages-femmes (essentiel

Elle édite à partir de 2021 un supplément annuel d’aide à la prescription et aux conduites à tenir à l’usage des Sages-Femmes : le.. Vademecum des Prescriptions de la

Les demandes les plus courantes sont au sujet des positions ; pour un tiers des femmes : C’est de la pratique qui leur manque et de l’encouragement dans leurs compétences..

Deux ans après sa présentation, l’expérience Lorraine ainsi que la méthodologie de l’EPP sont présentées lors des 34 èmes Assises Nationales des Sages-Femmes à

Lors des XXVèmes Assises Nationales des Sages-Femmes en Mai 1997, Messieurs les Professeurs Schaal, Riethmuller, Baulard et Maillet du Centre Hospitalier Universitaire

En proposant différents traitements dans la prise en charge médicale des symptômes de la maladie, nous avons observé qu’environ 63% des sages-femmes prescrivaient un