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Academic year: 2022

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APPRÉHENDER LES SAVOIRS PAR L’ÉCRIT

Éditorial

printemps 2020 vol. 33, no 3 pédagogiecollégiale 3 Rédactrice en chef

STÉPHANIE CARLE

Remerciements

Fortuit, le dossier thématique « Lire et écrire dans les disciplines » est issu d’une collection de textes témoignant de plusieurs actions et pratiques ayant cours dans les collèges pour soutenir le développement des compétences en littératie. C’est grâce à la détermination et à l’énergie de Catherine Bélec, coordonnatrice du Laboratoire de soutien en enseignement des littératies (LabSEL) du Cégep Gérald- Godin, que la revue a reçu récemment plusieurs propositions d’articles abordant le sujet. Dans la perspective de répondre à la grande préoccupation du réseau collégial eu égard à cet enjeu, Pédagogie collégiale a choisi de rassembler dans un seul numéro cet éventail de récits de pratique, de résultats de recherche et de réflexions pédagogiques. Au nom du comité de rédaction, je tiens à souligner la grande collaboration de Catherine dans la réalisation de cette parution printanière et je remercie le LabSEL pour son implication.

Dans ce numéro, on aborde la question de la lecture et de l’écriture dans toutes les disciplines. Vous constaterez que les prochains articles ne traitent pas des connaissances linguistiques (comme les accords grammaticaux, la syntaxe et l’orthographe). En fait, on s’intéresse au rôle de l’écrit en contexte éducatif, à la nécessité de montrer aux étudiants comment appréhender les savoirs à travers l’écrit. Mais plus encore, les textes qui suivent insistent tous sur l’idée que l’écrit peut être un puissant outil d’apprentissage – notamment pour s’approprier des savoirs disciplinaires. Cela suppose d’amener les étudiants à maitriser le langage et les types d’écrits spécifiques à une discipline, mais aussi les stratégies métacognitives susceptibles de soutenir l’apprentissage.

Dans une telle perspective, les connaissances linguistiques générales d’un étudiant seront évidemment sollicitées. Un manque d’aisance avec la langue d’enseignement gênera l’appropriation des savoirs disciplinaires et limitera les possibilités de l’apprenant de démontrer ses acquis lors des évaluations. Heureusement, à travers l’ensemble de ses cours collégiaux, celui-ci poursuivra le développement de ses compétences langagières globales. Toutefois, dans chacun de ses cours, il aura à se familiariser avec un langage disciplinaire spécifique pour en arriver à comprendre cette discipline : son évolution, ses concepts, ses logiques, ses enjeux, ses valeurs, ses conventions, son éthique, etc. Ce sont là différentes caractéristiques de la littératie disciplinaire.

Astolfi rappelle que « les langages disciplinaires ne s’acquièrent pas à travers une maîtrise générale de la langue. Ce sont des genres discursifs seconds qu’il faut apprendre aux élèves à mobiliser en situation » (2014, p. 53). Les compétences langagières revêtent en effet une forme particulière lorsqu’elles sont appliquées à un domaine précis, et seuls les professeurs, experts disciplinaires, peuvent soutenir leur développement chez les étudiants.

Mais comment procéder pour s’attarder sur ces « genres discursifs » ? Quels sont-ils au fait ? De quelle manière un expert s’y prend-il pour aborder les écrits de sa discipline ? Que peut-il y gagner à s’y attarder – ou y perdre à ne pas le faire ? Et, dans tous les cas, où prendre le temps d’enseigner la littératie disciplinaire et les façons d’appréhender les savoirs par l’écrit ?

Le dossier thématique de ce numéro répond à ces questions et propose diverses solutions assez simples à mettre en place. Plusieurs outils et exemples dans une variété de cours sont présentés. Ceux-ci, je l’espère, inspireront tout professeur qui cherche des moyens de favoriser non seulement des apprentissages en profondeur, mais aussi le développement de l’autonomie chez ses étudiants.

Car voilà, les recherches menées dans le domaine établissent un lien fort entre les habiletés en lecture et l’autorégulation des apprentissages, pistant vers des pratiques qui favorisent le sentiment d’efficacité personnelle des étudiants et qui aident ces derniers à appréhender les savoirs grâce à l’écrit. Soutenir le développement des compétences en lecture et en écriture dans une discipline, c’est donc aussi amener les étudiants à devenirs plus autonomes dans l’apprentissage de cette discipline.

Bonne lecture !

référencebibliographique

:

ASTOLFI, J.-P. La saveur des savoirs : disciplines et plaisir d’apprendre, Issy-les-Moulineaux, ESF éditeur, 2014.

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