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Renaud Grèze
To cite this version:
Renaud Grèze. Étude expérimentale et numérique du retour élastique des alliages d’aluminium après
emboutissage. Mécanique [physics.med-ph]. Université de Bretagne Sud, 2009. Français. �tel-
00472213�
DOCTEUR DE L’UNIVERSITÉ DE BRETAGNE-SUD Mention : Sciences Pour l’Ingénieur Spécialité : Sciences et Génie des Matériaux École doctorale SICMA
préparée au LIMATB (EA 4250) Laboratoire d’Ingénierie des MATériaux de Bretagne
Étude expérimentale et numérique du retour élastique des alliages d’aluminium après emboutissage
Thèse soutenue le 30 Novembre 2009 devant le jury composé de :
Luis Filipe MENEZES
Professeur des Universités, Université de Coimbra (Portugal), CEMUC / président Éric RAGNEAU
Professeur des Universités, INSA Rennes, LGCGM / rapporteur Laurent TABOUROT
Professeur des Universités, Université de Savoie, LSMM / rapporteur Tudor BALAN
Maître de Conférence HDR, ENSAM Metz, LPMM / examinateur Hervé LAURENT
Maître de Conférence, Université de Bretagne-Sud, LIMATB / co-directeur de thèse Pierre-Yves MANACH
Professeur des Universités, Université de Bretagne-Sud, LIMATB / directeur de thèse
Ces trois années de thèse (ou était-e quatre?!) se sont déroulées au sein du Laboratoire
d'Ingénierie des MATériaux de Bretagne, sous la houlette de Pierre-Yves Manah et Hervé
Laurent. Je tiens à les remerier tous les deux pour leur disponibilité, leur éoute et leurs
qualités d'analyse, tant expérimentales que numériques, qui ont débloqué bien des situations.
Jesouhaiteexprimerensuitetoutemareonnaissane àLuisP.Menezes, quim'afaitl'honneur
de traverserlesfrontièrespourprésider monJury,àÉriRagneauetàLaurentTabourot, pour
avoir onsarer de leur temps pour rapporter le présent doument, et à Tudor Balan d'avoir
aepter d'examiner mes travaux de thèse.
Enn, jetiensàremerier sinèrementtous lesautres.Dusimpleleteurauxpersonnes quiont
pris de leur temps et de leur énergie, pour me remonter le moral ou m'élairir les idées, de
mon entourageprohe à eux qui n'ont été quede passage, de eux quirestent àeux quisont
partis, à tous eux-là,
MERCI!
Introdution générale 9
1 La mise en forme par emboutissage 13
1.1 Prinipe de l'emboutissage etappliations industrielles . . . 13
1.1.1 Paramètres etontrle du proédé d'emboutissage . . . 15
1.2 Le retourélastique . . . 22
1.2.1 Prinipales études du retour élastique . . . 23
1.2.2 Inuene des paramètres numériques . . . 31
1.3 Conlusion . . . 33
2 Caratérisation expérimentale des matériaux 35 2.1 Lesmatériaux étudiés . . . 36
2.1.1 L'alliage d'aluminiumAl5754-O . . . 36
2.1.2 L'alliage d'aluminiumAl6016-DR130-T4 . . . 36
2.2 Caratérisation expérimentale . . . 37
2.2.1 Essais de trationuniaxiale . . . 38
2.2.2 Essais de isaillement . . . 47
2.3 Essais d'emboutissage et retourélastique . . . 51
2.3.1 Conditions expérimentales . . . 51
2.3.2 Paramètres mesurés au oursdu proédé d'emboutissage . . . 54
2.3.3 Inuene de l'eort de serre-an . . . 57
2.3.4 Inuene de la vitesse d'emboutissage . . . 58
2.4 Conlusion . . . 60
3 Modélisation du omportement des matériaux 61 3.1 Modèles de omportement . . . 62
3.1.1 Grandes transformationset repère orotationnel . . . 62
3.1.2 Comportement élastique . . . 62
3.1.3 Comportement plastique . . . 63
3.1.4 Représentation de l'érouissage . . . 64
3.1.5 Critères de plastiité . . . 65
3.2 Identiationdes paramètresmatériaux des modèles de omportement . . . 69
3.2.1 Initialisationdes paramètres . . . 70
3.2.2 Identiationdes paramètres des modèles pour l'Al5754 . . . 71
3.2.3 Identiationdes paramètres des modèles pour l'Al6016 . . . 77
3.3 Conlusion . . . 82
4 Simulation du proédé d'emboutissage et prédition du retour élastique 83
4.1 Choix du type d'élément ni et du nombre d'élémentsdans l'épaisseur . . . 84
4.1.1 Leséléments volumiqueshexahédriques . . . 84
4.1.2 Flexionélastoplastique d'une poutre (benhmark Numisheet2002) . . . . 85
4.2 Modélisationde l'emboutissage d'un godet ylindrique . . . 94
4.2.1 Miseen donnée . . . 94
4.2.2 Inuene du type d'élémentni . . . 97
4.2.3 Déterminationde lagéométrie du maillage . . . 100
4.3 Inuene du mode de déoupe des éléments. . . 105
4.4 Inuene de la loide omportement . . . 108
4.4.1 Alliaged'aluminiumAl5754 . . . 108
4.4.2 Alliaged'aluminiumAl6016 . . . 117
4.5 Inuene de l'évolutiondu module d'élastiité . . . 121
4.6 Conlusion . . . 125
5 Inuene de la température sur le retour élastique 127 5.1 Caratérisation expérimentale et emboutissage à diérentes températures . . . . 129
5.1.1 Essais méaniques. . . 129
5.1.2 Essais d'emboutissage . . . 131
5.2 Modélisationnumérique . . . 134
5.2.1 Proédé d'emboutissage etretour élastique . . . 136
5.2.2 Répartition des ontraintes internes . . . 138
5.3 Conlusion . . . 141
Conlusions et perpetives 143
La maîtrise du omportement des matériaux au ours de leur yle de vie est une néessité
dans le monde industriel atuel. La fabriation de pièes à partir de matériaux toujours plus
omplexes et présentés sous la forme de tles de plus en plus mines, impose l'adaptation
rapide des dispositifsde mise en forme. Le développementde moyens informatiquespermet de
limiter le nombre d'études expérimentales etde mise au point de proédés de fabriation,très
oûteuses en temps et en argent. Les outils numériques permettent aussi bien de simuler les
diérents proédés de mise en formeindustriels que de omprendre et prévoir lesphénomènes
qui interviennent auours de leur mise en oeuvre.
Parmilesmatériauxsous formede tle, lemarhé de l'aluminiumest de l'ordrede 1millionde
tonnes en Frane (7millions de tonnes par an auniveau européen) dont 25% sont onsommés
par la seule industrie automobile. Les alliages d'aluminium sont des matériaux possédant
de bonnes propriétés méaniques et sont de plus en plus utilisés dans le seteur automobile,
notamment pour la fabriation des ouvrants. Ils présentent un double avantage. D'une part,
grâe à la légèreté de l'aluminium, ils diminuent le poids des véhiules et entraînent don
une diminution de la onsommation énergétique. D'autre part, ils augmentent le taux de
valorisation et de reylabilité des véhiules. En eet, la politique atuelle est axée sur
l'éologie et la diretive 2000/53/CE du Parlement Européen relative aux véhiules hors
d'usage [Parlement Européen, 2000℄, impose maintenant aux onstruteurs, depuis le 1er
janvier2006, un tauxde reylabilitéde 80%et pour le 1er janvier 2015au plus tard,un taux
minimum de reylabilitéde 85% pour la totalitédu par automobile européen.
Paronséquent, l'aluminiumet ses alliagessont appelés à être de plus en plus utilisés. Maisle
reours à de tels matériaux engendre pour les industriels de nouveaux obstales à surmonter.
L'aier, employé en majorité depuis de nombreuses années, est très bien onnu : sa mise en
oeuvre est bien maîtrisée et son omportement est dérit et prévu ave une bonne préision.
Le retour élastique est relativement bien onnu industriellement pour les aiers. Par ontre,
le omportement de l'aluminium est moins bien onnu et son retour élastique plutt mal
prédit. De plus, du fait de son oût en forte augmentation, lesindustriels herhent également
à limiter les phases de mise au point pour la prodution de masse de pièes en aluminium.
C'est pourquoi l'étude expérimentale et numérique du proédé de mise en forme et du retour
élastiquedes alliagesd'aluminiumonstitue aujourd'huiundes axesprinipauxdelareherhe
dans le seteur automobile.
L'objetif global de e travail est d'étudier le retour élastique sur une géométrie simple mais
faisant intervenir des modes de déformations prohes de eux présents en emboutissage. En
eet, à l'heure atuelle, le retour élastique est généralement étudié sur des formes en U, qui
ne sont pas toujours représentatives des proédés de mise en forme industriels. Une démarhe
numérique visant à dérire le omportement de latle au ours du proédé d'emboutissage et
permettant la prédition du retour élastique sera mise en plae au ours de es travaux. Le
ode éléments nis Abaqus
Rest retenu pour ette étude.
Le premier hapitre est onsaré à la présentation du proédé de mise en forme de tles
mines par emboutissage. Les phénomènes méaniques intervenant au ours de e proédé
sont développés, ainsi que les eets de plusieurs paramètres tels que l'eort de serre-an ou
la vitesse d'emboutissage. Une présentation non-exhaustive des prinipales études menées
sur e sujet est également proposée. Dans une seonde partie, un état de l'art est fait sur
les prinipales études menées sur le retour élastique. Plusieurs essais de référene, tels que
des essais de exion ou de pliage, permettant de mettre en évidene et de omprendre les
phénomènes méaniques qui ommandent le retour élastique sont présentés. Deux essais plus
représentatifs des onditions réellesd'emboutissage sont enn étudiés.
Le deuxième hapitre est dédié à la aratérisation méanique de deux alliages d'aluminium
Al5754-O et Al6016-DR130-T4. Ce travail expérimental onsiste à étudier le omportement
méanique à température ambiante des matériaux étudiés à partir d'essais de tration et de
isaillement monotones pour diérentes orientations par rapport à la diretion de laminage
(DL). Des essais de isaillement yliques ont également été réalisés dans la DL. L'inuene
de lavitesse de déformationest égalementtestée pour haque matériau. Des essais de tration
ave harge/déharge dans la DL ont été faits pour haque alliage an d'identier une loi
d'évolutiondu moduled'élastiitéapparentenfontionde ladéformationplastique.Laseonde
partiede e hapitreest onsarée àlamise en formepar emboutissage de godets ylindriques.
Ceux-i sont ensuite déoupés dans le but de favoriser et de mettre en évidene le retour
élastique, en suivant la proédure expérimentale mise en plae par Demeri [Demeri et al.,
2000℄. Les évolutions de l'eort d'emboutissage en fontion du déplaement du poinçon et de
l'épaisseur dans la hauteur du godet servent de base de données pour la partie mise en forme.
En e qui onerne l'évaluation du retour élastique, la mesure en ligne droite de la distane
entre les deux extrêmités de l'anneau ouvert est utilisée. L'inuene de l'eort de serre-an
et de la vitesse d'emboutissage sur le retour élastique est nalement étudiée dans le as de
l'alliaged'aluminium Al6016-DR130-T4.
Dans le troisième hapitre, la modélisation du omportement à température ambiante des
deux matériaux est abordée. Deux modèles de omportement sont étudiés et présentés. Il
s'agit d'un modèle à érouissage isotropede type Hoket-Sherby etd'un modèle à érouissage
mixte,assoiantunérouissageisotropeetun érouissageinématiquede typePrager ave une
omposante non-linéaire de type Armstrong-Frederik. Trois ritères de plastiité sont testés :
von Mises, Hill48et Barlat91. L'identiationdes paramètres matériaux relatifsàes modèles
est réalisée à partir des essais de tration uniaxiale et de isaillement monotone et ylique,
présentés dans le hapitre 2.L'identiationest réaliséeave le ode d'optimisation SiDoLo.
La première partie du hapitre 4 est onsarée à l'étude d'un as de exion simple en petites
déformationspourl'Al5754-O,ande déterminerlenombred'élémentsnéessairesdansl'épais-
seur de la tle et d'orienter le hoix des éléments nis à utiliser. Ensuite, la modélisation de
l'ensembleduproédéd'emboutissageestabordée.Ainsi,lehoixdénitifdutyped'élémentni
Les diérents modèles présentés auhapitre3 sont alors testés sur la modélisationdu proédé
d'emboutissage et la prédition du retour élastique pour les deux matériaux. Une étude de
l'évolutionde laontraintetangentielle dansl'épaisseurdu godet estréaliséepourlesdiérents
modèles deomportementétudiésetunparallèleest faitentre l'étatde ontraintedu matériau
etleretour élastiquequ'ilsubitaprès déoupe.L'évolution dumoduled'élastiitéapparent est
nalement pris en ompte dans les modèles de omportement et son inuene sur le proédé
d'emboutissageetleretourélastiqueestproposéepourl'alliaged'aluminiumAl6016-DR130-T4.
Dans ledernierhapitre,l'inuene de latempératuresur leproédé de mise en formeetle re-
tour élastiqueest étudiéedans leasde l'Al5754-O.Grâeàun dispositifexpérimentaladapté,
des essais de tration uniaxiale suivant plusieurs orientations par rapport à la DL ont permis
de aratériser le matériau en température et des essais d'emboutissage ave retour élastique
ont été réaliséspour des températures omprises entre 25
◦
Cet 200
◦
C. Une première approhe
de la modélisation thermoméanique du proédé est présentée. Le modèle de omportement
hoisi est un modèle à érouissage isotrope ave le ritère de von Mises, et un ouplage ther-
moméanique. Le hauage des outils n'est pas pris en ompte dans ette étude. Lesrésultats
sur la prédition du retour élastique sont présentés et omparés aux valeurs expérimentales.
Une étudede l'évolutionde laontraintetangentielle est égalementproposée en fontion de la
température.
La mise en forme par emboutissage
Le proédé de mise en forme par emboutissage des tles métalliques dans sa forme atuelle
est onnu depuis la n du XIX e
sièle. Il a onnu de nombreuses améliorations et représente
aujourd'hui l'un des proédés de mise en forme les plus répandus dans le monde industriel.
Ce proédé permet de fabriquer ave des adenes élevées des pièes métalliquesde formeplus
ou moinsomplexes. L'apparitionde nouveaux matériauxet l'améliorationinessante de leurs
propriétésméaniques auoursde laseonde moitiédu XX e
sièleontonduitàde nombreuses
reherhes dans le domainede la mise en forme.
Malgré les immenses progrès réalisésdans lamise en formede pièes de géométries de plus en
plus élaborées, dans des matériaux toujours plus évolués, un phénomène méanique parasite
reste mal maîtrisé. Il s'agit du retour élastique qui apparaît à la n du proessus de mise en
forme. Il provoqueune déformationsupplémentaire, non désirée,de la pièequi peut larendre
inexploitable. Cettemaîtrisedu retourélastique onstitueaujourd'huil'un des axesprinipaux
de reherhe dans ledomaine de lamise en formepar emboutissage.
Leprésenthapitreapour butde présenter ertainsaspets liésauproédéd'emboutissage,les
paramètresinuantetlesphénomènesmisen jeuauoursde lamise enforme. Dansunseond
temps, les prinipales études menées sur la aratérisation du retour élastique sont exposées.
Enn, une présentationde paramètresnumériquesjouant un rle importantdans laprédition
du retourélastique est réalisée.
1.1 Prinipe de l'emboutissage et appliations industrielles
Le proédé de mise en forme par emboutissage doit son origine à l'anglais Alexander Parkes
(1813-1890) quiréussiten 1859 lepremieremboutissage d'un godet en aier,ave laollabora-
tion de SirHenryBessemer.Il s'agitd'un proédéde mise en formedesmétaux, àpartird'une
tle mine,plane,prédéoupée, appelée an.Ce proédé permetd'obtenir des pièesde formes
omplexes non développables, ontrairement à des opérations plus simples telles que lepliage,
le roulageouleprolageà froid.Denos jours, l'emboutissage est un proédé de mise en forme
très répandu pour la fabriationdes pièesde arrosserie automobile,des ustensiles de uisine,
des pièesméaniques, et.
Outre la forme des outils, qui dépend de la omplexité de la pièe à obtenir, de nombreux
paramètres onditionnent la réussite d'une opération d'emboutissage, tels que les réglages
du dispositif (vitesse d'emboutissage ou lubriation par exemple), sans oublier les qualités
intrinsèquesde la tle ainsi que saformabilité.
Le prinipe de l'emboutissage est basé sur la déformation plastique (allongement ou rétreint)
d'un an plan pour obtenir la forme désirée. Le an est préalablement déoupé dans une tle
laminéedefaibleépaisseur (une frationde millimètreàquelques millimètres).L'emboutissage
néessite l'emploi de presses à emboutir, munies d'un dispositif onstitué prinipalement de
trois outils : une matrie, en reux, donnant la forme extérieure de la pièe, un poinçon, en
relief, donnant la forme intérieure, et un serre-an, qui s'applique sur le pourtour du an et
dont l'objetif est de réduire leseets de plissement.
Leproédéd'emboutissagepeutomporteruneouplusieursétapessuessivesdurantlesquelles
le an ou la pièe préédemment formée, est plaqué ontre la matrie par le serre-an, ave
une ertaine fore, puis mis en forme par avanée du poinçon. Ces prinipales phases sont
représentées sur la gure1.1.
(a) leanest déposésurlamatrie (b) le serre-an est desendu de manière à
appliquerunepressiondeserragepourmain-
tenirlean
() lepoinçondesendetdonnelaformere-
herhéeàlatleemboutie
(d) lepoinçonetleserre-ansontretirés
Fig.1.1 Prinipales phases du proédéd'emboutissage.
Une autre étape est souvent ajoutée : il s'agit du "détourage" de la pièe qui est destinée à
éliminerlesparties devenues inutiles.Ces partiessont en généralles hutes enoreprises entre
leserre-an etlamatrie àla n de laphase d'emboutissage.
La fabriationde pièes par emboutissage représente un seteur importantde l'industrie ave
des enjeux de plus en plus grands ompte tenu du limat atuel de très vive onurrene. Le
seteur automobile,auquel il sera faitmaintes fois référeneà titre illustratif,onstitue un des
exemples les plus marquants du aratère primordialque revêt l'emboutissage dans le monde
industriel(gure1.2).Lesdélaisdeoneptionetderéalisationd'unnouveaumodèledépendent
maîtrise par les onstruteurs automobiles des problèmes liés à l'emboutissage est don un
fateur essentielde produtivité.
Fig. 1.2 Exemples de pièes de arrosserie automobile réalisées par emboutissage [Lange,
2007℄.
1.1.1 Paramètres et ontrle du proédé d'emboutissage
Dû à la onservation du volume de matière, les zones étirées subissent un aminissement et
les zones en ompression tangentielle ou zone en rétreint subissent à la fois un épaississement
et un plissement du matériau. L'eet d'aminissement doit être limité pour éviter la rupture
au ours de l'emboutissage; le plissement de la tle, indésirable mais impossible à éliminer
omplètement, doit être réduit au maximum ou provoqué dans des parties de tle destinées
à être détourées (éliminées) lors du proessus de fabriation. D'une manière générale, le non-
respet des toléranes dimensionnelles doit être éliminé [Felder, 1994℄. Si la partie utile de la
pièene doitomporterauundéfaut marquéenvolume,ilen vademêmeen surfae: rayures,
grippures, pertes de revêtement pour les tles revêtues, et. Or les interations superielles
de la tle ave les outils ont une inuene sur laqualité de lapièe formée et par onséquent,
la maîtrise de l'opération d'emboutissage néessite une onnaissane au moins qualitative de
l'eet de haun des paramètres opératoiressur leproédé de mise en forme.
Selon laprofondeur oulaformede lapièeproduite, plusieurspassesdans des outils diérents
sont néessaires. An de prévenir toute déhirure de la tle emboutie, l'entrée de la matrie
doit êtrearrondie.De plus,auunanglevifnedoit êtreprésent etun parfaitétatde surfae est
essentiel pour optimiserles zones de rétreint. Tout ei implique une mise au point des outils
très préiseet très oûteuse.
Durant de nombreuses années, lamise au pointdes outilsse faisaitprinipalementde manière
empirique sur des presses par des ouvriers très spéialisés. L'augmentation de la vitesse de
rotation du personnel et la diminution des eetifs entraînent une perte du savoir-faire qui
handiapesévèrementetteapproheempiriquetraditionnelle,àuneépoqueoùlesadenes de
produtions'aélèrent etlestypesde produitssonten perpétuelleévolution.Depuis uneving-
taine d'années, le reours à la simulationnumérique est ouramment utilisé an de raourir
ette phase longue,diile ethonéreuse de mise aupoint.
Pour mieux omprendre les diultés de mise au point des outils, il onvient de présenter les
eorts misen jeuainsi quelesdiérentsparamètres etleursinuenes surleproédé d'embou-
Fores mises en jeu
La desription des eorts mis en jeu au ours de l'emboutissage n'est pas simple et il n'existe
malheureusement pas de loianalytiquepréise permettantde les prévoir. Dèslors, lereours à
des formules approhées ou àdes alulspar intégration oupar élémentsnis est néessaire.
Pourexpliquerleseortsmisenjeuauoursdel'emboutissage,ononsidèreleasd'unepièede
formesimple: ungodet ylindriqueemboutien rétreint.Ce as nousintéressepartiulièrement
aril orrespondà eluiutilisé dansl'étudeexpérimentale.Latle emboutieest préalablement
serrée entre la matrie et le serre-an. Au ours de la mise en forme, diérentes zones se
distinguent dans le godet et diérentes fores interviennent dans haune d'elles. Lagure 1.3
présente lesdiérentseorts mis en jeu auours de l'emboutissage.
Fig.1.3 Foresengendrées lorsde lamise en formepar emboutissage d'un godet ylindrique
[Col, 2002℄.
Le fond du godet est la partie de la pièe sur laquelle s'exere l'eort de poinçon. Cette zone
ne subit que très peu de déformation.
Laollerette est la zone prise entre leserre-an et la matrie.Dans ette partie de la pièe, le
métaldoit onverger dans lamatrie,e qui implique une forteplastiation.Entre lamatrie
et le serre-an se produit un phénomène de rétreint; en eet, la tle, avalée à l'intérieur de
lamatrie,doit réduireson rayonsous l'eet des ontraintes de ompression ironférentielles.
Toutens'allongeant,elles'épaissitpourompenserlarédutionde"largeur"engendrée.Lafore
de rétreint
F r´ etreint
est proportionnelle àl'épaisseur du anet dépend de la loid'érouissageet du oeient d'anisotropie du matériau. Le serre-an est appuyé diretement sur la tle aveuneort ontrlé
F SF
,danslebutd'éviterleplissementdu métal.LaforerésistanteF f rot plan
de serre-an
F SF
et auoeient de frottement tle-outilsµ
suivant l'équation :F f rot plan = F SF × µ × 2
(1.1)Au niveau du rayonde la matrie,oùleontat entre la tleet leserre-an disparaît,lemétal
subit une fore de pliage
F pliage − depliage
, en se ourbant autour du rayon de la matrie puis ense redressant à l'entrée de la partie ylindrique du godet. Une approximation de la ontrainte
de pliage-dépliage
σ pliage − d´ epliage
est donnée par :σ pliage − d´ epliage = σ 0 e 4r m
(1.2)
ave
σ 0
la limite d'élastiité du matériau pénétrant le rayon de la matrier m
ete
l'épais-seur de la tle. Cette fore est en général assez faible par rapport aux autres fores mises
en jeu. Elle n'est ependant pas négligeable puisque sur une pièe omplexe, une augmen-
tationdurayondelamatriepeutéviterlaruptureduan,aurisqued'augmenterleplissement.
Uneforedefrottement
F f rot rayon
auniveaudurayondelamatriedépenddesforespréédem-mentévoquées. Elleest représentée par une fontion exponentielle du oeientde frottement
[Col, 2002℄. Ce fateur ne peut être négligé lors de la oneption puisque atuellement, l'in-
trodution de nouveaux matériaux et revêtements provoque de nombreux problèmes liés au
oeient de frottement.Une expression de ette foreest donnée par :
F f rot rayon = (F r´ etreint + F f rot plan + F pliage − d´ epliage ) exp(µθ)
(1.3)où
θ
est l'angledu rayon de la matrieet vaut en généralπ/2
.Latroisièmezoneàonsidérerdanslegodetestlemurde l'embouti.Sonrleestdetransmettre
l'eort entre le fond du godet et la ollerette. Là s'applique la somme
F retenue
de toutes lesfores itées préédemment. Cette fore doit être ontrebalanée par une fore motrie au
moins égale pour que l'emboutissage aitlieu. Cette fore motrieest donnée par le poinçonet
s'applique sur le fonddu godet.
Le murde l'embouti peut don être assimilé àun tube en tration.Lorsque
F retenue
dépasse laapaité de harge du godet, elui-i asse. Le lieu de rupture normal se trouve au niveau du
raordement du mur et du rayon du poinçon.Il s'agit de la zone B, la plus aminie de toute
la pièe emboutie, ommele montrent lesgures 1.4et 1.5.
Inuene des paramètres opératoires
Pour emboutir une tle métallique, diérents paramètres peuvent inuer sur la réussite de sa
miseen forme:l'eortde serre-an,lavitesse d'emboutissage, leoeientde frottemententre
latle etlesoutils etlagéométrie des outils.Lagéométrie initialede latle peut jouerun rle
important, mais elle-i est liée à la géométrie nale souhaitée et reste moins prépondérante
que lesautres paramètres évoqués.
L'eort de serre-an permet le maintien de la tle sur la matrie tout au long de sa mise
Fig.1.4Évolutionexagéréedel'épaisseurd'ungodetylindriqueaprèsemboutissageàgauhe,
zoomà droite[Hessenberg, 1954℄.Le lieude rupture normalse trouve auniveau du olB.
Fig.1.5Évolutionde ladéformationdansl'épaisseuren fontiondel'absisse urviligned'un
l'emboutissage. Sile serrage appliquéest trop faible, leplissement apparaît. Mais si leserrage
est trop important, alors le an qui s'est épaissi en raison du rétreint, se bloque entre le
serre-an et la matrie, et se déhire [Yoshihara et al., 2005,Agrawal et al., 2007℄. Il faut
don trouver un ompromis, tout en notant que plus l'eort de serre-an est important, plus
l'eort du poinçon, ou d'emboutissage, est grand. A l'heure atuelle, de nombreuses études
sont menées an de ontrler lemieux possible et eort de maintien de la tle. Celles-isont
axées prinipalement sur le développement de nouveaux dispositifs de serrage omme elui
piloté par pression d'un gaz [Gunnarssonet al.,1998℄ oulesserre-ans exibles ouà segments
modulables, respetivement de Doege [Doege et Elend, 2001℄ et Yagami [Yagami et al.,2004℄.
Un autre axe de reherhe onsiste à onsidérer non pas un nouveau dispositif mais à agir
prinipalement sur le ontrle du déplaement du serre-an [Yagami et al., 2007℄. Le prinipe
iiest demaintenirun eortde serragetrèsfaiblepour permettrel'éoulementdematière.Dès
l'apparition des premiers plis, la progression du poinçon est stoppée et un eort de serre-an
important est appliqué pour éliminer tout plissement. Enn, une fois tous les plis éliminés,
l'eort de serrageest relahé etle déplaement du poinçon reprend.
Laprofondeurdespièesemboutiesonstitueégalementunediultétehniquesupplémentaire
à surmonter. En eet, omme les orps de boîtes de onserve ou de boisson, ertaines pièes
produites ontdes profondeurs tropimportantes pour pouvoirêtre embouties. Laapaité d'un
matériauàêtreemboutiplusoumoinsprofondémentestdénieparsonrapportd'emboutissage.
Dansleasdesproédésenuneétape,lerapportd'emboutissagereprésenteenréalitélerapport
entre le diamètre initial de la tle à emboutir et le diamètre du poinçon. Plus e rapport est
élevé, plus lematériaupeutêtre embouti profondément.Enthéorie,lerapportd'emboutissage
limite ne peut être supérieur à
H max = 2.72
quelque soitle matériau, et la hauteur maximaled'un godet embouti ne peut être supérieure à
h max = 1.26 × r i
, oùr i
est le rayon du poinçon[Mariniak etDunan, 1991℄.
Mais, le rapport d'emboutissage peut varier de manière assez onséquente en fontion des
outils [Wallae, 1962,Peare, 1990℄et des diérentsparamètres opératoires. Par exemple, Jain
a montré [Jain et al., 1998℄ que les rapports d'emboutissage de deux alliages d'aluminium
Al5754-Oet Al6111-T4,peuvent varier de
1.44
à2.16
pour lepremier,etd'environ1.44
à2.03
pour leseond, en modiantsimplementle rayond'attaque du poinçon.
Unautremoyend'augmenterlerapportd'emboutissaged'unmatériauestdemodierleproédé
d'emboutissage.Ainsi,lesreherhes menéesdepuislesannées60ontpermisde développerdes
dispositifs hydroméaniques dont le prinipe,présenté sur la gure 1.6(a), est d'emboutir une
tledansun uidesouspression,de façonàmaintenirfermementleanauontatdupoinçon,
forçant l'aminissement et l'étirement de latle [Zhang et al.,2000,Lang et al., 2009,Sharma
et Rout, 2009℄. D'autres proédés souvent utilisés pour augmenter l'emboutissabilité sont les
proédés d'emboutissage en plusieurs passes, soit diret 1.6(b) soit par retournement 1.6(),
qui onsistent àemboutir une premièrefois latle,puis à reommeneren hangeant lesoutils
et en prenant un poinçon de diamètre inférieur au préédent [Thiruvarudhelvan et Travis,
1997,Parsa et Yamguhi,1997,Eshe etal.,2000℄.
Ene quionerne lavitesse d'emboutissage, elledoitêtre hoisiede manièreàe queladurée
de l'emboutissage ne soit pas trop importante l'objetif nal étant toujours une appliation
industrielle. Elle ne doit pas non plus être trop élevée pour éviter le risque de déhirure du
an. En général,plus la vitesse du poinçon est grande, plus l'eort d'emboutissage est grand.
(a) Emboutissage du an dans un uide sous
pression
(b) Emboutissage duan
endeuxpassesdiret
() Emboutissageduanen
deux passes par retourne-
ment
Fig. 1.6 Shémas de proédés d'emboutissage permettant d'augmenter le rapportd'embou-
tissage [Peare, 1990℄.
la vitesse de déformation, e qui onduit à une diminution de l'eort d'emboutissage. C'est
notamment le as pour les alliages d'aluminium Al6016 et Al5754, étudiés dans e travail et
utilisés dans l'industrie pour la onfetion des ouvrants automobiles [Miller et al., 2000℄. La
prinipale diulté onernant la vitesse d'emboutissage tient dans lefait qu'elle doit souvent
être adaptée aux onditions expérimentales, et notamment à l'eort de serre-an [Manabe
etal., 2002℄ età la températuredes essais [Naka et Yoshida, 1999℄. Dans e dernieras, Naka
montre que pour d'un alliage d'aluminium de la série 5000, une augmentation onséquente
du rapport limite d'emboutissage est observée ave l'augmentation de la température, alors
qu'une diminution est observée ave l'augmentation de la vitesse d'emboutissage. Ainsi, une
adaptation de la vitesse d'emboutissage par rapport à la température est néessaire pour
atteindre des performanes optimales.
Unautre paramètreinuant est leoeientde frottement.Ce dernierdépend essentiellement
des matériaux en ontat lesuns ave les autres. Il inue sur leproédé de manièreidentique
à elle de l'eort de serre-an. Plus le oeient de frottement est important, plus l'eort
d'emboutissage est grand. De plus, si e oeient atteint des valeurs trop élevées, il entraîne
un risque de rayure ou de grippure de la tle, voire même de déhirure du an. L'une des
prinipales diultés au ours de l'emboutissage onsiste don à maîtriser e oeient de
frottement.Pour ela, une ouhe de lubriantest déposée généralementsur haune des faes
du an, évitant ainsi un frottement se trop important.
Wallae [Wallae, 1962℄ montre en 1962 l'importane de la lubriation ainsi que les eets
d'une lubriation séletive d'un an irulaire de diamètre
∅ 100
mm sur le suès de sonemboutissage. Pour ela, il onsidère un premier as de gure dans lequel la zone située sous
lepoinçon,de diamètre
∅ 50
mm, est entièrementlubriéeetest progressivementétendue sousle serre-an (gure 1.7(a)). Dans un seond as de gure, la zone sous le poinçon n'est pas
lubriée ontrairement à la zone sous le serre-an. Dans e dernier as, la zone lubriée est
progressivementréduite etsituée sur laironférene du an (gure 1.7(b)).Il ressort de ette
étude que la lubriation de la zone située entre le serre-an et la matrie est prépondérante
quant àla réussited'un emboutissage, etque lalubriationde lazone sous lepoinçon aete
peu leproédé.
Lubrifiant
l
(a)
Lubrifiant
l
(b)
l (mm) 50. 56. 68. 74. 87. l (mm) 25. 22. 16. 13. 6.
suès (s)
e e e e s
suès (s)
s s s s e
ou ou
éhe (e) éhe (e)
Fig.1.7Étudedelalubriationséletivedu ansurlaréussitedel'emboutissaged'ungodet
ylindrique [Wallae, 1962℄.
Là enore, le ontrle n'est pas total et une lubriation adaptée des zones sensibles lors
d'un emboutissage n'est pas toujours susante. En eet, l'aminissement, voire la disparition
totale de la ouhe de lubriant, entraîne des hétérogénéités de ontat et modie alors le
omportementde la tle au ours de sa mise en forme. Malgré de nombreuses études réalisées
sur le sujet depuis la n des années 60 [Littlewood et Wallae, 1964,Kasuga et Yamaguhi,
1968,Kudo et al., 1982,Azushima et al., 1992℄, les frottements lors de la mise en forme
restent diiles à maîtriser et aujourd'hui enore, la lubriation et le ontrle du oeient
de frottement restent un axe de reherhe important [Bello et Walton, 1987,Beh et al.,
1998,Severo et al., 2009℄, aentué notamment par le renouvellement fréquent des matériaux
utilisés [Deng et Lovell,2000,Bay et al.,2008℄.
Enn, la géométrie des outils onstitue ertainement le problème le plus important et le plus
déliat à traiter. Avant toute onsidération géométrique, l'aspet de la pièe après fabriation
est une préoupation importante. Les outils ne doivent ni marquer la pièe ni l'endommager
oulafragiliser.Dès lors,l'étatdesurfae desoutilsest primordial.Sil'ononsidèremaintenant
l'aspet géométrique,un mauvaisdimensionnementdes outilsentraineune mauvaisegéométrie
nale de la pièe emboutie : forme inadéquate, dimensions hors tes, et. Cependant, les
défauts de géométrie des pièes onçues ne reposent pas seulement sur le dimensionnement
des outils, mais également sur le matériau utilisé. Par onséquent, une étude de la géométrie
des pièes est à envisager pour haque nouveau matériau. En eet, après mise en forme
modiations de géométrie etd'aspet des pièesproduites : 'est leretour élastique.
Ce phénomène se produit lors du retrait des outils après la mise en forme de la pièe. Il
s'agit d'un phénomène élastique qui tend à ramener la tle vers sa position d'origine et qui
modie don la géométrie nale de la pièe emboutie pour la rendre éventuellement hors-
te.Ce phénomènedépend essentiellement du matériauonsidéré mais peut être minimiséen
adaptant les réglages des diérents paramètres expérimentaux. Jusqu'à une époque réente,
es modiations étaient réalisées de manières empiriques. Il fallait généralement plusieurs
tentatives avant de trouver les bons réglages et géométries d'outils adéquats an d'obtenir la
pièesouhaitée.Pourréduireaustritminimumlesoûts(entempsetenargent)desopérations
de réglages du dispositif de mise en forme, le reours aux simulations numériques est de nos
jours de plus en plus fréquent an d'optimiser la formedes outils etde prédire notamment le
retourélastique. La partiesuivante est onsarée à l'étudede e phénomène méanique.
1.2 Le retour élastique
Unefoislesopérationsd'emboutissageetdedétourageeetuées,ilestrarequelapièeproduite
onserveexatementlaformeetlesdimensionsquelesoutilsluiontdonnées.Leretourélastique
aratérise la diérene entre les dimensions nales de la pièe produite et les dimensions des
outils ayant servis à sa fabriation.Malgré la déformationplastique du an, elui-i n'est pas
entièrement plastié etun état de ontraintes résiduelles dans lematériau provoque un retour
de la matière, plus ou moins important, vers sa forme originelle lorsque l'on retire les outils
(gure1.8).
Fig. 1.8 Exemple de retour élastique sur leas d'un railave jon[Hsu etal.,2002℄.
Lorsqu'ellessontlibérées, es ontraintes résiduelles provoquentune déformationélastiqueins-
tantanée de la pièe produite. Ce phénomène peut être extrêmement néfaste dans le as où
les dimensions des pièes embouties doivent être strites, notamment si elles-i doivent être
assemblées.
Ae titre,leretourélastiqueonstitue undes prinipauxaxesd'étude surlamise enformedes
métauxdepuis de nombreuses années. L'une des premières étudesnotables sur lesujetdate de
1957 et fut réalisée par F.J. Gardiner [Gardiner, 1957℄. Il réalisa l'approhe théorique du re-
tourélastiqueparuneanalysemathématiqueduphénomène.Cetteétudeproposeune méthode
analytiquedeorretionduretourélastiquepourdes asdeexionpure.Cetteméthodeesten-
oreutiliséeaujourd'huipourl'étudede formes simplesetdéveloppables.Depuis, de nombreux
suivante, an de aratériser et de omprendre le retour élastique. L'objetif est d'obtenir des
résultats de référene pour valider la simulationnumérique.
1.2.1 Prinipales études du retour élastique
Essais de exion par pliage
Parmil'ensembledes tests expérimentauxexistantpour mettreen évideneleretourélastique,
les plus simples et les plus répandus sont les essais de exion. En général, il s'agit de tests
relativementsimplesàmettreen plaeetne néessitant pasde dispositifimportantetoûteux.
Bien qu'ilexiste de nombreux tests de exion diérents,lepriniperestelemême pour haun
des proédés:es essaisonsistentàplierune éprouvette entreune matrieetun poinçon,puis
à mesurer la variationd'angle de pliage après retrait des outils etretour élastique.
Deux tests, très fréquemment renontrés au ours de l'étudedu retour élastique, sont eux de
exionenVouen U,ommeprésentéssurlagure1.9respetivement.Ilsreposentsurlepliage
d'uneéprouvette auxextrémitéslibres, déposée sur unematrieetdéforméepar ladesente du
poinçon,la diéreneentre es deux tests se trouvant dans la formedes outils.
(a)
(b) ()
Fig. 1.9 Shémasde prinipe(a) des essais de exion en V [Tekiner, 2004℄, (b) de exion en
U, et () méthode de mesure du retour élastique[Lee etal.,2005b℄.
Ces deuxtests, relativementsimples,permettentde mettreen plaedesampagnesexpérimen-
tales onséquentes à l'imagede elles menées par Tekiner [Tekiner, 2004℄,qui a testé plusieurs
matériauxet étudié l'inuenede l'épaisseur des éprouvettes, de laformedes outils et du pro-
Leséprouvettesont étéfabriquéesave des aiers,desalliagesde uivreoud'aluminium,etdes
épaisseurs omprises entre
0.5
mm et1
mm. Les angles d'entrée matrie varient entre 15◦
et90
◦
lorsdu pliage.Plusieursauteurs[Tekaslan etal.,2006,FeietHodgson,2006,Garia-Romeu
etal.,2007℄ontréaliséparlasuitedesampagnesexpérimentalessimilairessur diérentsmaté-
riaux.L'aspetnumériqueaaussiétéabordépar[Tekaslanetal.,2006℄,andeprédireleretour
élastique subit par l'éprouvette et au nal, de dénir une nouvelle géométrie pour les outils.
Feiaégalementréalisé l'étudenumériquedeet essai entestantl'inuenesur lapréditiondu
retourélastique de diérents paramètres numériques, omme leoeient de frottement.
Ene qui onerne l'essai de exion en U, plusieursdémarhes similaires,à la fois expérimen-
tales etnumériques, ont été réaliséespar [Lee etal.,2005a℄ puis [Dongjuan etal.,2007,Cheng
et al., 2007℄ ou enore [Panthi et al., 2007℄. Le retour élastique est mesuré par la variation
de l'angle que forment les deux extrémités AB et CD (gure 1.9()) du U entre les outils et
lorsque l'éprouvette est retirée des outils. Conernant lesrésultats des simulations numériques
Fig.1.10(a)Prolsexpérimentauxobtenusaprèspliagedestroismatériaux;(b)Comparaison
des préditionsnumériques de réouverture de l'anglede pliage ave lesdonnées expérimentales
[Lee etal., 2005b℄.
de es essais de exion en V ou en U, ils fournissent globalement une bonne tendane de
l'évolution du retour élastique, sans toutefois leprédire ave préision, omme le montrent les
résultatsde Lee [Lee et al.,2005b℄ sur lagure 1.10.
Un autre test de exion très fréquemment renontré est le test de exion en L ou test de
tombage. À la diérene des deux tests présentés préédemment, l'éprouvette mise en forme
dansetessaiestettefoisenastréeàl'unedesesextrémités,ommeprésentésurlagure1.11.
Lebut de e test est de reproduire l'étape de tombage de bord onséutive àl'emboutissage.
Cetestafaitl'objetde nombreusesétudesexpérimentales.GauetKinzel[GauetKinzel,2001a℄
l'ont utilisé pour mesurer l'inuene de la prise en ompte de l'eet Baushinger dans la loi
de omportement sur la prédition du retour élastique. Pour e faire, ils ont mis au point un
dispositifpermettant de retourner l'éprouvette an de la plier dans la diretionopposée et de
réaliser un hargement ylique de l'éprouvette. Quatrematériaux diérents ont été testés : à
savoir trois aiers et un alliage d'aluminium. Il ressort de ette étude que l'eet Baushinger
n'a que très peu d'inuene sur leretour élastique des trois aiers testés, mais qu'il a un eet
Fig. 1.11 Shéma de prinipe d'un test de exion pure : l'extrémité libre de l'éprouvette
est pliée lorsde la desente du poinçon tandis que la seonde extrémité est enastrée [Gau et
Kinzel, 2001a℄.
retour élastique augmente et par onséquent, l'eet Baushinger ne peut être négligé dans
l'étude des alliages d'aluminium.
Unmodèledeomportementapteàprédireleretourélastiqueonstatédansl'étudeexpérimen-
tale préédente a ensuite été proposé [Gau et Kinzel, 2001b℄. Les auteurs utilisent un modèle
basé sur le onept des multiples surfaes de plastiité déni par Mróz [Mróz, 1967℄, et un
ritère de plastiité de Hill48. Les auteurs omparent leur modèle à elui de Mróz et à deux
modèles à érouissage isotrope ou inématique. Ils montrent que l'eet Baushinger onstaté
expérimentalementest bien représenté par leur modèleet qu'ildonne une meilleureprédition
du retourélastique que lesautres modèles testés.
En se basant sur e proédé de tombage, R. Bahloul réalise une étude à la fois expérimentale
etnumériquedu retourélastique[Bahloul etal.,2006℄.Lematériauest un aierS500MC etles
éprouvettes sont des tlesépaissesave troisouvertures ylindriquesouoblonguespourmettre
enévidenel'endommagementdumatériau.Danssonétude,Bahloultestediérentsparamètres
de son protoole opératoire omme le rayon de la matrie ou enore le jeu poinçon/matrie.
Des modélisations numériques ont été réalisées ave le ode Abaqus. Les auteurs utilisent un
modèle élasto-visoplastique à érouissage non-linéaire prenant en ompte l'endommagement
du matériau. Les résultats numériques obtenus présentent un éart ompris entre 8% et 16%
par rapport aux mesures expérimentales du retour élastique (gure 1.12). Cette diérene est
expliquée par la omplexité de modéliser les ontats (oeients de frottement) entre les
diérents outils et l'éprouvette. Néanmoins, l'inuene des diérents paramètres testés reste
relativementbien dérite par le modèle numériqueutilisé.
À l'image de résultats obtenus sur la exion en V ou en U, les résultats numériques obtenus
pour les essais de tombage permettent d'obtenir une bonne tendane de l'évolution du retour
élastique, sans toutefois leprédire ave préision(gures1.10 et 1.12).
Bien que les essais de exion en V, U ou L soient des méthodes de aratérisation du retour
élastique simples à mettre en oeuvre, elles sont toutefois trop restritives pour rendre ompte
des onditions industrielles. En eet, dans le as du pliage, la zone de plastiation se trouve
très réduite au niveau du oude de pliage, et dans le as de la exion en U, il y a très peu
(a) (b)
Fig.1.12 Étude du retourélastiquedans leas de laexion purepourun aier S500MC.(a)
Dispositif expérimental, (b) omparaison des résultats expérimentaux et numériques [Bahloul
etal., 2006℄.
plusieurs passes) dans le as d'un emboutissage industriel. Cet inonvénient a entraîné la re-
herhe d'autres essais expérimentaux pour mettre en évidene le retour élastique qui soient
plus prohes des onditions d'emboutissage réelles.
Enoutre,leséprouvettesn'ontsubitauoursdeestests,auune miseenformepréalable.Elles
n'ont don subit auune histoire de hargement ou de déformation avant la mise en évidene
du retour élastique,ontrairement auas d'un emboutissage réel.
Emboutissage S-rails
Unevariantedel'essaideexionen Uaétédéveloppée,notammentparSamuel[Samuel,2000℄:
etteméthode onsisteàserapproher desonditions industriellesenbridantlesextrémitésdu
an aumoyen d'un serre-an. L'objetif reherhé étantd'augmenter la déformationplastique
dans l'éprouvette. Ce test a été abandonné au prot de l'emboutissage dit S-rails ou Numi-
sheet'93, étudié en partiulier par Lee [Lee et al., 2005a℄ et [Oliveira et al., 2006℄, qui permet
d'observer le retour élastique sur des éprouvettes plus grandes, dont la taille et la forme sont
plus représentatives de pièes industrielles (gure1.13).
Ce test,très répandu aujourd'hui,permetd'obtenir unedéformationplastiqueprohe deelles
mesurées dans les pièes fabriquées en série. Cependant, e protoole expérimentalpropose de
mesurer leretourélastique aumoyen de troisparamètres:deux angles
θ 1
etθ 2
etuneourbureρ
. Si les deux angles semesurent sans diulté ave une bonne préision, la ourbure dans lahauteur du mur de la pièe présente une grandedispersion. Il néessite également des moyens
expérimentaux onséquents, prohes de moyens industriels.
Test de Demeri
Demeri[Demerietal.,2000℄adéveloppéunprotooled'étudeduretourélastiquequipermetde
Fig. 1.13 Modélisation d'une pièe emboutie en S-rails; shéma montrant les paramètres
mesurés : lesdeux angles
θ 1
,θ 2
et laourbureρ
[Lee etal.,2005b℄.importantsetoûteux.Ce test onsiste àemboutir un an irulaire,puis à venir déouper un
anneau dans la hauteur du mur du godet obtenu par le proédé d'emboutissage (gure 1.14).
Une nouvelle étape de déoupe dans laquelle on vient ouvrir l'anneau, libére les ontraintes
résiduelles et provoquele retour élastiqueet l'ouverture de l'anneau.
Fig. 1.14 Godet embouti avant et après déoupe de l'anneau, puis retour élastique après
ouverture de l'anneau [Laurent etal., 2009a℄.
Le test de Demeri (ou split-ring test) permet de mettre en évidene le retour élastique après
un yle omplet d'emboutissage industriel : emboutissage, relaxation, déoupe et apparition
du retourélastique, dontla mesureorrespond àla distane d'ouverture de l'anneau. On peut
onstater enoutrequeleretourélastiqueengendrépare testest trèsimportant.Leparamètre
mesuré est l'ouverture de l'anneau omme présenté sur la gure 1.14 et varie d'environ80mm
pour ertainsaiers à 120mmpour ertainsaluminiums.
Ehempati[EhempatietDev,2002℄ouenoreBaptista[Baptistaetal.,2005℄ontreprise test
an de omparer diérents paramètres expérimentaux et d'établir leur inuene sur le retour
élastique. Les paramètres majeurs étudiés sont l'épaisseur des ans et l'eort de serrage du
de l'anneau est faible. De plus, plus l'épaisseur de la tle est ne, plus le retour élastique est
petit. Gnaeupel-Herold [Gnaeupel-Heroldet al.,2004℄ s'est appuyé sur e test pour valider un
proédéde mesureexpérimentalepar rayons X des ontraintes résiduelles auseindu matériau,
aprèsmiseenforme.Ilprésentel'évolutiondesontraintesaxialeettangentielledansl'épaisseur
du murdu godet. Il montreune importanterelaxationde laontraintetangentielle entre lan
de l'emboutissage et le retour élastique après déoupe et ouverture de l'anneau. En revanhe,
laontrainteaxialeévolue peu aprèsretour élastique.
Fig. 1.15 Comparaison des résultatsexpérimentaux etnumériques d'ouverture d'anneau en
fontion des diérents matériaux[Demeri et al.,2000℄.
La gure 1.15 montre les résultats numériques obtenus par Demeri après une simulation
omplète du protoole expérimental. Ces résultats restent toutefois signiativement éloignés
des valeurs expérimentales. À l'image des études menées par Wang [Wang et al., 2006℄,
Guo [Guo et al., 2002℄ ou Naeur [Naeur et al., 2008℄, de nombreuses études numériques
s'appuientsur letest développéparDemeri andevaliderdesmodèlesdeomportementsur e
test relativement simple, mais néanmoins plus omplet et plus prohe des pièes industrielles
quela plupartdes autrestests présentés.
L'étudedu retourélastique de etteétude sera réaliséeà l'aidede e test.
Test ombinant laminage et exion ou draw-bending test
Depuis quelques années, de nouveaux tests voués àlaaratérisationdu retour élastiqueaprès
miseen formeparexion etlaminageautourd'unrayonde matrie,apparaissent.L'und'entre
euxest l'essaimisen plaepar Hino[Hinoetal.,2003℄.Cetestonsisteàxerl'extrémitéd'une
tlemine surun poinçon età freinerl'avalementde latlesur lerayonde lamatriepar l'ap-
pliationd'uneortde serre-an(gure1.16(a)).Lesonditionsdemiseen formepartiulières,
très prohes néanmoins de ellesd'un emboutissage, permettent d'imposer à l'éprouvette de la
exion et de l'étirement, tout en se libérant du rétreint très présent dans le as d'un embou-
et est aratérisée par le hangement de ourbure du mur de l'éprouvette (gure 1.16(b)). Le
matériauétudiéestunmatériaubi-ouheinitialementisotrope,omposéd'uneouhed'alumi-
nium A1100 etd'une ouhe d'aierSUS430. Hinomontre que lorsque l'épaisseur du matériau
leplus durSUS430est faible,lapositionrelativedesdeux matériauxauneimportanenon
négligeable sur leretourélastique. Ainsi,lorsque l'aierest situéontre lamatrie ongura-
tion AS ,la ourbure résiduelle est supérieure à elle obtenue dans le as où l'aluminiumest
plaé ontre la matrie onguration SA. En revanhe, l'auteur montre que lorsque l'épais-
seur d'aier est égale ou supérieure à elle de l'aluminium, le matériau se omporte omme
un matériau mono-ouhe. De plus, dans le as de la onguration AS, l'eort de serre-an a
peu d'inuenesur leretour élastique,tandis quedans le as de la ongurationSA,sa valeur
a une inuene signiative. Lorsque et eort augmente, la ourbure résiduelle du mur de
l'éprouvette diminue,et à partird'un ertain seuil, lemurdevientparfaitement droit.
(a) L'éprouvette xéeau poinçon par l'une de sesextrêmités subit un étirement et un
phénomènedeexion/déexionauniveaudelamatrie.
(b) Mesure du retour élastique
après libération de l'extrêmité
xe.
Fig. 1.16 Shéma de prinipe du test de Hino[Hinoet al.,2003℄.
Chabohe-Rousselier [Chabohe et Rousselier, 1983℄. Les résultats obtenus sont intéressants
malgrédes résultatsnumériquesmoins bons lorsque l'aierest plaé au-dessus de l'aluminium.
Un autre test intéressant est elui proposé par Wang et Wagoner [Wang et al., 2005℄. Une
éprouvette est tout d'abord pliée à
90 ◦
autour d'un ylindre bloqué en rotation. Un eort ré-sistant, maintenu onstant durant tout l'essai, est alors appliqué à l'une des extrémités. La
seonde extrémité xée à un vérin hydraulique subit alors un déplaement à vitesse de défor-
mationonstantede40mm/s.L'éprouvetteestensuitedéhargéeetleretourélastiqueapparaît
(gure1.17).
Fig.1.17 Shéma des diérentes étapes du test de Wang [Wang etal., 2005℄.
Lematériauonsidéré estunalliaged'aluminiumAl6022-T4.Quatrezonesdedéformationsont
observées sur l'éprouvette après déhargement (gure1.17).Les zones 1et 4restent droites et
non-déforméesauoursdutest.Lazone2orrespond àlazoneenontatave leylindrejuste
avant ladéharge etest aratériséepar un hangementde rayonpassant de
R
àR ′
.Lazone 3onstituelazonelaplusimportantedel'éprouvetteetestaratériséeparunrayondeourbure
r ′
après déharge. Cette zone a subi un pliage puis un dépliage autour du ylindre, ouplés àunétirementde latle. Leretourélastiqueest aratérisépar lavariationd'angle
∆θ
.L'auteurmontre l'apparition d'une ourbure antilastique lors du dépliage de la tle. Cette ourbure
persiste après retour élastique si la tension dans l'éprouvette, induite par l'eort résistant,
dépasse une valeur ritique prohe de la limite élastique. De plus, le retour élastique diminue
quandl'eort résistantaugmentedansl'éprouvette, tandisquelaourbureantilastiqueévolue
à l'inverse. Wang onlue nalement que le proessus de retour élastique se rapprohe d'un
as de ontrainte plane plutt que d'un as de déformation plane, en raison de la ourbure
antilastiquepermanente.
Lamodélisationnumériquede e test est réaliséeàl'aidedu ode de alulAbaqus en utilisant
des éléments oques à 4 noeuds et à intégration réduite, ave 15 points d'intégration dans
l'épaisseur. Le modèle de omportement utilisé est un modèle à érouissage isotrope modié
assoié à un ritère de plastiité de Barlat96. D'une manière générale, le retour élastique est
reste mal modélisée notamment dans le as de petits rayons de ourbure. L'auteur justie e
résultat par le fait que leséléments oques ne sont pas préis dans des as de exion ave un
petit rayon de ourbure.
1.2.2 Inuene des paramètres numériques
Onapuvoirauparagraphepréédentquede nombreuxtestsexpérimentauxontété développés
an de aratériseret de mieux omprendrelesphénomènesméaniques qui régissentleretour
élastique. Ces essais ontpermis d'enrihirlesbases de données existantes etde développer des
modèles de omportement plus performants pour la desription du retour élastique. Cepen-
dant, ertains paramètres numériques, omme le type d'élément ni ou le nombre de points
d'intégration dans l'épaisseur, ne dépendent a priori pas du omportement du matériau mais
ont une réelle inuene sur la prédition du retour élastique. De plus, il a été montré que les
modélisations élémentsnisdédiéesàlaprédition duretourélastique,sont bienplussensibles
aux hoix de es paramètres quene lesont les simulationsdes proédés de mise en forme [Lee
etYang, 1998℄.Ilfautaussisoulignerqu'ilestmaintenantadmisqu'unemeilleurepréditiondu
retourélastiqueest obtenue siettephaseest simuléeave uneméthodede alulimpliite[Hu
etDu,1999,Lietal.,1999℄.Nousprésentonsdansettepartielerledesparamètresnumériques
ayant une inuene onséquente sur la prédition du retour élastique.
Nombre de points d'intégration dans l'épaisseur
Dansleas de lamise enformedestles mines,laexionest undes modes dedéformationles
plusprésents.Ceiimposedèslorsdedérirelemieuxpossibleleomportementdansl'épaisseur
du matériau. De nombreuses études sur ladétermination du nombre de pointsd'intégration à
plaer dans l'épaisseur de la tle ont don été eetuées depuis plusieurs années. On trouve
souvent dans la littérature, que pour des éléments oques, lorsque le nombre de points d'inté-
gration est inférieur à 5, la préision du alul du retour élastique diminue onsidérablement
même si e n'est pas forément le as en e qui onerne la modélisation du proédé de mise
en forme. En revanhe, lorsqu'il s'agit d'établir le nombre minimum de points d'intégration à
mettre dans l'épaisseur, de nombreux avis ontraditoires apparaissent.Ainsi dans [Andersson
et Holmberg, 2002℄, l'auteurmontre qu'il n'y apas de diérenes en terme de retour élastique
lorsque lenombre de pointsd'intégration estomprisentre 3et10.Danslemêmeordred'idée,
Bjorkhaug [Bjorkhaug et Welo, 2004℄ arme qu'il n'y a que très peu de diérenes entre des
simulationspourlesquellesenombrevariede5à20.Deplus,dans[Makinouhietal.,1993,Lee
etal.,1996℄,lesauteurss'aordentàdirequepourêtre susantpour dérireleomportement
en exion d'une tle mine, e nombre doit être ompris entre 5 et 9. Yamamura [Yamamura
et al., 2002℄ et Xu [Xu et al., 2004℄ montrent quant à eux, que le nombre adéquat de points
d'intégration pour traitern'importe quelproblème de exion est 7.
Li et Wagoner montrent ependant que le nombre de points d'intégration ne peut être déter-
miné préalablement au alul [Li et al., 2002,Wagoner et Li, 2007℄. Ainsi, dans le as d'un
essai similaireàeluiprésentéauparagraphe1.2.1,ilsdémontrentquepour avoirune préision
inférieure à 1% pour l'évaluation du retour élastique, il faut un minimum de 21 points d'in-
tégration. Les auteurs montrent surtout que e nombre est à ajuster en fontion des données
de l'essai. Ils ont en eet mis en évidene grâe au "draw-bending test", le fait que pour un
nombre depointsd'intégration xe,lapréisiondiminue sionaugmentel'eortrésistant
F b
ousi l'épaisseur
t
de latle n'est plus négligeable devant lerayonR
de la matrie.Il ressort ainsi des diérentes études menées sur l'inuene du nombre de points d'intégration
dansl'épaisseurde latle, queelui-ine doitpas êtreinférieurà5,mais surtoutqu'ildoitêtre
ajusté en fontion des onditions expérimentales de l'essai; à savoir l'épaisseur de la tle, le
rayon des outils,leseorts résistantsetlapréisionsouhaitée. Notons quelavaleurpar défaut
du nombre de points d'intégration dans l'épaisseur reommandée dans les odes de aluls
Abaqus et Pamstampest 5 alors que pour le ode LS-Dyna, lenombre minimum reommandé
est 9.
Inuene du type d'élément
Le type d'élément ni peut être également une soure d'erreur dans l'estimation du retour
élastique.Dans [Li etal., 2002℄,les auteursomparent des éléments oques à des élémentsvo-
lumiques.Ils ont montré qu'il est préférable d'utiliserdes élémentsoques 3D oudes éléments
solides à interpolation quadratique. Ce hoix est motivé par la présene d'une ourbure anti-
lastique permanente [Wang et al., 2005℄ qui est mal dérite par des éléments oques 2D ou
des élémentssolidesàinterpolationlinéaire,mêmedans leas oùlerapportentre lalargeurde
la tle et son épaisseur est très grand (
R/t > 50
). De plus, Li et Wagoner montrent que pourune valeur de
R/t
supérieure à 6,les éléments solides sont à prosrire en raison des ressouresnumériquesénormes qu'ilsdemanderaientpourun aluloùun grandnombrede pointsd'inté-
grationdans l'épaisseur est requis. En revanhe, sile rapport
R/t
est inférieurà 6,les auteursreommandent l'utilisationdes éléments volumiques ave une interpolation quadratique, pour
une meilleureprédition du retour élastique.
Depuisquelquesannées,desélémentsnisdeplusenplusutilisésfontependantleurapparition
ettendentà remplaerlesélémentssolideslassiques, notammentdans lesas oùlaexion est
prépondérante. Ces éléments sont des éléments solides auxquels ont été ajoutés des degrés de
liberté supplémentaires,qui orrespondent àdes modes de déformationinompatibles[Simoet
Armero,1992,Parenteetal.,2006,AlvesdeSousaetal.,2007,Laurentetal.,2009a℄.L'intérêtde
esélémentsdansleasdelaexionenpartiulier,estd'éliminerladéformationdeisaillement
parasitequi rend leséléments solides lassiques trop raides.
Certains éléments,plus marginauxquelespréédents,ontégalementété développés.Ainsi,des
éléments oques 3D utilisant une méthode hybride de alul membrane/oque sont présentés
dans [Yoon et al., 2002℄. Ce type d'élément a été développé prinipalement pour réduire les
temps de alulnumérique.Ils permettent de réaliserdes alulsde mise en formeen utilisant
un odede alulave des élémentsmembranes,puisde alulerleretourélastiqueen utilisant
des élémentsoques. Ces élémentssont toutefoisenore très peu utilisés en raisondu transfert
des états de ontrainte et de déformation pour le alul du retour élastique, qui néessite
l'utilisationde passerelles entre les deux odes de alul développées par les utilisateurs.
Inuene du maillage et de la taille des éléments
Un aspet tout aussi important que le nombre de points d'intégration dans l'épaisseur ou
enore le type d'élément ni pour la prédition du retour élastique est la taille de maille
utilisée. Ce paramètre a une importane toute partiulière dans le as de modélisations dans
lesquelles il y a du ontat entre la pièe et des outils de mise en forme. Il a été montré
que la densité de maillage doit être partiulièrement surveillée [Li et al., 2002,Xu et al.,
2004℄, notamment dans les zones où la pièe subit un moment de exion, omme dans le
nombre d'éléments en ontat ave le rayon de la matrie soit susant pour que l'état de
ontrainte et de déformation soit orretement alulé. Dans le as partiulier de l'essai
d'emboutissage en U présenté au paragraphe 1.2.1, Xu montre que le nombre d'éléments
en ontat ave le rayon de la matrie ne doit pas être inférieur à 5 et qu'au delà de 7
éléments, auun gain signiatif n'est apporté au résultat. Dans [Li et al., 2002℄, les auteurs
reommandent que la répartition des éléments soit telle que haque noeud soit séparé du
suivant au maximum de 5
◦
lorsqu'il est en ontat ave le rayon des outils. Dans le as d'un
simpleessaide miseenforme,sansalulde retourélastique,unnoeudtousles10
◦
estsusant.
Ces diérents paramètres numériques seront également étudiés dans le hapitre 4 pour la pré-
dition du retour élastiqueave le test de Demeri.
1.3 Conlusion
Le proédé de mise en forme par emboutissage a été présenté dans la première partie de
e hapitre. Le prinipe et les enjeux de e mode de fabriation ont été exposés avant de
développer les diérents aspets méaniques de l'emboutissage. Les eorts mis en jeu ont
été montrés puis l'inuene des prinipaux paramètres intervenant au ours du proessus
ont été détaillés. On a pu voir que l'augmentation de l'eort de serre-an provoque une
augmentation de l'eort d'emboutissage, ainsi qu'une diminution de l'épaisseur du mur du
godet. Une augmentation de la vitesse d'emboutissage induit également une élévation de
l'eort d'emboutissage. Bien que dans un ontexte industriel, la vitesse d'emboutissage doit
être élevée, elle ne doit pas ependant être trop grande au risque d'endommager, voire de
déhirer,lapièemise enforme. Onapu voirennqu'une lubriationadaptée du anpermet
de limiterles frottementsentre lapièe et lesoutils auours de l'emboutissage.
Dans une seonde partie, le retour élastique et les prinipales études expérimentales de e
phénomène ontété présentés. Ainsi,des essais relativement simplesde exion ou de pliageont
tout d'abord été proposés. Bien qu'ils permettent de aratériser une ertaine forme de retour
élastiqueetd'enréaliserdespréditionsassezables,estestsrestenttoutefoislimitéspuisqu'ils
ne permettent pas forément de rendre ompte de tous les trajets de hargement subit par la
pièe au ours de sa fabriation. D'autres essais, plus prohes des onditions d'emboutissage
réelles, ont été présentés. Il s'agit des essais d'emboutissage en U et d'emboutissage dit en
S-rail [Lee et al.,2005℄.Ces tests présentent une meilleureorrélation ave des onditions
réelles.Malheureusement,ladéterminationexpérimentale delaourburedu mursousl'eet du
retour élastique reste problématique,et provoqueune grande dispersion des mesures.
Deux autres études ont ensuite été détaillées. La première est un essai d'emboutissage d'un
godetylindrique,dans lequel onvientdéouper un anneau, destinéàêtre ensuiteouvert pour
libérer les ontraintes internes et laisser apparaître le retour élastique [Demeri et al., 2000℄.
Cet essai présente l'avantage de ouvrir plusieurs phases que l'on retrouve industriellement,
à savoir la mise en forme, la déoupe et la relaxation. De plus, et essai met en évidene
un retour élastique important permettant de minimiser les inertitudes expérimentales. Mis
au point par Demeri, il fera l'objet de notre étude dans les hapitres suivants. La dernière
étude est relativement simpleet pourraits'apparenter àun essai de pliage.Cependant, aulieu
d'avoiruneextrémitéenastrée,elle-iest priseentre un serre-anetune matrie,permettant
à la fois des déformations en exion et en tration, solliitations qui sont bien évidemment
présentes simultanément en emboutissage.
Enn, une présentation des paramètres numériquesjouant un rle important sur laprédition
duretourélastiqueestfaite.Onretiendraquelenombredepointsd'intégrationdansl'épaisseur
d'une tle solliitée en exion doit être ompris entre 5 et 9, et que le nombre d'éléments en
ontat ave lerayon des outils doit être telque haque noeud du maillagedoit être séparé du
suivant de 5
◦
pour la prédition du retour élastique,et de 10
◦
pour un essai de mise en forme
lassique.Il est ànoter que dans leas oùle rapport entre lerayondes outils etl'épaisseur de
latleest grand(
R/t > 6
),ilest préférabled'utiliserdesélémentsoques en termed'éonomiede temps de aluls. En revanhe, si e rapport est inférieur à 6, les éléments volumiques à
interpolation quadratique ou ave des modes de déformation inompatibles sont à privilégier
en terme de préision de alul.