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F
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lettre
D’UN ALSACIEN
A
SON CORRESPONDANT
A P A R
I s.MARS
17^1%^ Mé^ ^
^oüs
mé demandei
,Monsieur
, s’ilm
esregaide
recevoir le remboursement^ de40,000
écus ^que y
oüs-me
prdposcz, en assignatsoù én
écusïieüfs.
il est impossible^
vous
le savez, d’êtreüo
plus grand admirateur des opérations sublimes et ingénieuses dè notre auguste sénat; mais en matière d’assignats, j’avoue rrion imbécilité; je suis- entaché d’ün petit vernis d’aristocratie ^
que
voulezvous
? je suis assez bêtepour
pré-A 2
(
4
)férer les espèces sonnantes au meilleur papier possiblei et quoique celui
que vous me
pro- posez, soit
marqué
sur tous les sens, au coin delanation,de la loi etdu
roi,
mon
civismen’est pas encore assez
imprégné
dansmes
cal- culs,pour me
résoudre à perdredixpour
cent demon
principal,
quand
il çieplairaderéaliserce papier, quelque patriotique qu’ilpuisseêtre; et d’après la déclarationdesdroits de
l’homme
,
je ne
me
persuaderai jamais,
que
le comité des recherches puisseme
traiter de criminelde
leze-nation a raison de cette façon de pen-Vous me
ditesbien,
que
cepapiervautmon-
noie, mais si sur
un
écude
sixüvres,,quand
je le change,
on me
retenoit dixpour
centmon
écu,jevous
ledemande,
vaudroit-il bien, cent vingtsols ? J’avois toujours entendudire,
qu un
effetn’estréputé papiermonnoie
,qu’autant
qu
ilpeutetrechangea toutmoment
,dans toutes les caisses et en tous lieux, sans la
moindre
petiteperte, sans le
moindre
déchet.Je prévois bien,
que vous me
direzque
ce charmant papier esthypothéqué
sur les iû/is nationaux;-—
mais ce nouveau,terme,
dont( ; )
on
Vient d^enrichirncsdictiohnairers,m’estencore troppeu
significatifpour
que fe puisse y at- tacherun
grand sens.— Du
resteje n’entendkpas trop ce
que
veut dire hypothéqué.On
dît quelquefois en parlant d’un malade, c’estun
corpsbienhypothéqué,
et danace sens je suis assezdevotreavis;jeregardelesbiensnationauxcomme
furieusementhypothéqués
; etpour peu que
vous voudrez bienme
donner cinq,à sixminutes de votre attention, je suis persuadé,,
que
nous n’aurons plus de dispute ,&ur cette matière, et
que
votre façon de penser et lamienne
serontabsolument
d’accord.Un
vieux routier en finances, et qui, hetr- reusementpour
lui, n’avoît pas puisé scscoq-
noissanccs dans les codes deNeckey
et Calonnt,me
ditun
jour, qu’enFrance la réproductionde- lànatureétoit,année
commune,
dé i,yoo,QOo,ODO delivres—
etcekén
suivant toutbonnement
,les erremens de ce vieux radoteur de Sully , dont les
comptes
valoient cependant Bien ceux de l’assemblée natîonale.-Cc
vieuxroutierme
disoitencore,que
,pour
cette réproduction, ilfalloit
compter
la dépense dutiersjsoitpourlessemence,ssoitpour
lanourrî-^A i
pre
desanimaux
nécessairesà ragriGuImre,ainsique
ce celle des fermiersjleursdomestiquesj&c^.il ne resterpit
donc
aux propriétaires ,en
produit net, qu’un milliard tput au- plus.
Or
5en supposantque
les revenus ecclésias- tiques fussent d’un quartj et c’estbeaucoup
ces biens devenus et tout àcoup
transformés en biens nationaux^parlagrâcespéciale, efficace et patriotique de nos sublimes et honnêtes lé- gislateurs, seroient de 2jo,
000,000
livres, s’iln’avoit pas plû au civisme de nos seigneurs , de déclarer en
même
téms, qu^à l’avenit ces biens prétendus nationaux seroient déchargés de toutes espèce dedîme
et droits féodaux; etvous
savez,monsieur,que
lerespectable comité ecclésiastique a fixé ce généreuxabandon
de leur part en vers cebon
peuple à 70,000,000.,, de sorte, qu’il est clair,que
les çi-devant biens ecclésiastiques, sont de 180,090,000 lîv»de
revenus;etce qui flatteinfinimentmon amour
propre, c’est
que moq
calcul pris ,, pas tout àfait dans sens de la révolution, se
rapproche
cependantbeaucoup
deceluide nosscientifiques comité des finanGes é^<écclésiastique. réunis. >|1 lésultf de ce çalGul
, qu’en suppbsânt
^
que )
'
'
^
^ "
nw
les ci-devant biens ecclésiastiques
^ïent
devenus biens nationaux,,on
pouifioit r créerpour
3,^00,000,000liv;depapier,SiitQ^teiS^fois aucun
de
cés biens n’étoit grevé d’aMCUtei charge ni ‘d’auciinehypothèque^
jCir enfin?Ur.ne serdit-pas/juste .de.üdédâreri ces .assignats
hypothéqués
sur les biensdu
clergéys’é/:/>2^/1,
Têstoit pa,sde lihtts
y
etc’est certainement' ceuseï raison, qui a dicté à la sagessec-cte nosaugustes.législateursle décret, quiafixél’émission de ces assignats
aube
niddiqùesomme
de¥gOO
,«^09000 parceque
d’après la véracké" de• leursrcalr-» culs,ils h'okVfak-auèùn-'ddutéyqüé
fcs'biens devantecclésiastiques rapporteroient6o,OOO^Ot
3bde
. rentes. .de..toute,espèçe de. çfiarges , dettes et
hypothèque,
,^ . -v,'!..,..
j
Il
me
vientune
idée tout-à fait drôl d’examiner, silès biens lement de do,000,000
!,des
hypothèques
etdu
cultetque
saj^-oîi? si en creusantmatêtev
i?’allo5sprouver
h^qilêSrl’évidence
que
cefebiens sont en sus::d^^p}^s£dé 20
àb30,000,000 L
de rentelibres deçspècci
dq
charges#'.Cela,seroit-sAns do.ute.4
fi'%èr
Monsieur
, ace süjet c ét plaisante.—
C’eSt' ecclésiastiquessontrèel-^,de rente,dëductiohfàite
(•8) . llcîeux
y et dans ce' cas
ne
seraît>ce: pas faire preuve^ 4©mon
civisme.en pracurani;àmos
au- .gustëS^rèprésentansune
découvene
j quilesmct-ii^ità'
même
dejetterenmoüîè f
à600^000,000
'd-âssignatsdeplus
^ cfc tout aussi sûfemënt
hy- poÈÎieq^
quelesdeux
)premiersjets»Oh;!,pour
iOrs ie^changerai d’avis,et ü
me
sera égal de ' recevoir:mon remboursement
en assigna,tsou
en espèces'sonnantesi,:.:Dr_
r: iD:,.--t II estbien pre^^vé^,et
nous sommes
tousd’ac- co'rd, que* les ei-devant biens,;ecclésiastiques;
,
aujourd’hui biens
natipnw
sontde 180,000,000.de:rçnt:e,,-J ; - v
^
Nos
illustresont/dans
leurprofondesàpsse
, ' décrétéque
lesreligieuxetreligieusesau-dessods 4e _6p ans auroient790
liy. etceuxau-dessus8^
9.5'19,
£l
cti26Q
liv. de rente^'Pour faire .unenK)yenne
proportion il convient,dé les .portèr tpps^â890
liv.^
^
^
^
‘"Îëlkîis que dans
un royaume dr
2y,ooo,ooo>d’ime^,
on
nepeut-^i
trop crier en portant à’6Ôîdod pat sexe le-nombre
des personnes 5 qui-sevouent au
célibat par' esprit"de réli- gioiﻫ
Jecrokmême que
celane
pènt faire:î
9
}\in tôrt bien considérable à population
y puil^
que c’estmoins qu’un sur 200. , ,
Les
décretsde Fassembléeayantaccordé 8oû(liv. à chacun, c’est
d’abordlme
petitesomm^
de
100,000,000 , qu’il faut défalquer des 180.000.
000.
de^ revenus. Sinous
ne nousen
tenonsqu’à cette seule opération, je voisque
nos augustes ont eu raison , et ont été bien sobres de se contenter d’une petite émissionde
120.000.
000-1 il reste encore
20,000,000
-delibres, ce qui procuroit encore
un
petit enfan-^tement de
400,000,000
, ce calcuUà seroittrès- certain, siMM.
les curés qui ont fait leur ser-ment
civique ,,etauxquelson
-apromis1200
liv.ÿouloient porter leur patriotisme au point d’y renonceret de s’en départirpar
un
actebienlégal et bien enforme
; mais sans ce petit préalableçommejls
sont44,000
à1200
«liv. pièce , celafaitprécisément 5*2,800,000 liv. je ne;sais,passije
me trompe,
mais cepetit article, ajoute aux cent autres .millions; jécommence
a entre- voir quelque petite erreur, à raison dehypo-
thèque promise à la nation dans l’émission des assignatspour
1,200,000,000.La bonne
foi, lavéracité de nos* sages
me
paroîtpour
cette foisçn défaut; car enfinvoilà déjà i
p,
800,000
liv«?
)étlës revenés.ne'
vont
qu’à l-Sdjôôb^Oôo.^Iln^y âvoitdonc dhypotheque^
à-dbnnër-'quepouî
^7^00,000
derente; ce quifâispipj^pjOOpjOOO d’assignats,
que
i’pn poiwoithypothéquer
; et jjc^vois ^(^OjOOOjOOp qui ponent^a faux, et quin om
aucun gage.Comment
est-ildonc
possible qu’une troupe de.représentans^ natijnauxaitpu
faire involontairement
une
pareiiie fautede
calcul. ,
"
Nous
avonsactuellement lésvîcâîr"es etprêtrej?Êabituésdanslesparoisses;en mettantce
nombre
à"18,000à raison' dé '790 liv. ^^Xéps.à chacun par la libéralité de'l’assemblée‘^hàti'onale', c’est juste
12,600,000
liv^àajouterà'nos1/2,800^000
liV. cela fait 164,800,000 livFés\^^" qu’il''^^F^^^^^
d’abord prélever
pour
le service du cùlté sùf^iëiU 80,000,
000
de revenus. Je' voiX^quefo^e
2ration de la première émission des a&ighàtî
montant
à400,000,000
n’és't pâs Ÿrop nctë ^ car ily
a40,000,000
quî n’onJ ^pâs d’hÿlpothèque
; ilen résulteque
îa'srecbnüe érhtssit®de 800,000,000
est entièrement stéilionatal^T" '
! . .
*
Mais
jUsqu’a présent,
mpn^
cher monsieur-^cus
ayonsoublié de -parlerir^iteuierit
que
f II )
U
bonté naturelle de nos cbcrs représentans a bien voulu accorder àtous les abbés, prieurs, chanoines, de cathédrales, collégiales,
doyens
et évêques, qu’ils ont cru de leur justice de supprimer , et il faut encore ajouter avec plusde
raison le traitement qu’ils veulent bienfaire aux évêques et chanoines de cathédrales
que
la piété leur a suggéré de conserver. Iis lî’ontpas oublié l’article del’éducationdes jeunes niinistresdesautels, lesdépensesdes séminaires, les hôpitaux , Sec,*Je croisque
ce n’est pas caver bien fort,que
de porter tous ces objets réunisà2yj000,000 ainsi ce seroit 170,000,000 de charges annuelles, tandisque
nous n’avonsque
180,000,000 de revenus ; par conséquentUn
excédentde
dépense de' 10,000,000. de rente absolumentnécessaire./
* cDe
plusvous
n’ignptez pas,
mon
cher coiv respondant, qu’il existeune
dette généraledu
clergé, quimonte
à7 ou
8,000,000 de rente.Il faut encore ajouter lesdettes particulièresdes maisons religieuses ; plus les réparations des maisons quelatolérancede nos seigneurs
voudra
bien conserver. Je crois qu’il faudroit encore'sur ces revenus faire
une
petite défalcation des Impositions,dont-ilapluacesillustressouverains de surcharger la terré»t
12
5Ce
calcul9mon
cher correspondant, estbieil simple, etmalheureusement
trop clair. Il en résulte que l’auguste sénat a faitune
injustice ,une
spoliation, qui n’a aucun butd’utilité; c’estce qu’onappelle
malum quamalum
, parce qu’au- fourd’hui les dépenses, les charges, leshypo-
thèques excèdejit de plus de 20,000,000 lesrevenus
du
clergé, et il en résulte
,
que
toutêtre pensant, qui n’auroit pas
comme moi
la confiance, l’estime, le respect , la vénération et sur-tout la foi dans nos augustes, sublimes, scientifiquesethonnêtesreprésentans,sera tenté, d’aprèsune
opération aussi fausse, aussiimmo-
rale,aussiimpie, aussisteliionataire,de regarder votre
fameux
côtégauche
(i)comme une ma-
cédoine de foux, d’imbécilles, d’ignorans, de gredins, de fripons, de brigands et de scé-lérats.
D’aprèscela
mon
très-cher monsieur,de l’ar-gent,de l’argent; ne
me
parlez jamaisde vos
(i)
Un
anatomiste qui voudroît disséquer un paraît côtégauclie, seroit bien claiiToyant, s'il pouvoity dé- couvrirlapluspetiteportioncule d'uncœur honucte,
même
avecle microscope de Tobservatoires
(13 )
assignats, bourrez^en si
vous
voulez les soti et la multitudejmaisne m’en proposez
d« vo- tre vie.Vous
devezJje croîs, rendreJusticeauxélans patriotiques, avec lesquels je suis,Votre
très-humbleet très- obéissantserviteur.P. s. J’apprends dans finstant
qae Léopold formé un camp
deSOjOoô hommes
àBaurami
àdeux
lieues de Givet. J’ai à ce sujet làun
petit
problème
à‘-vous proposer :vous
pourrèss l’envoyer àrésoudre au scientifique comité des finances si habile encalculs.Si dans cefameux
siège de la Bastille, cettemémorable
journéej cettesuperbevictoire, qui feraàjamaislagloirede
la nationfrançaise, il a été nécessaire
pour
vaincre trente -trois invalides enfermés dans cette forteresse qui étoit sans défense ,de
faire arriver des quatre coins
dû royaume aopoo
brigands ^ de retirer des galères2000
honnêtescitoyenspatrioteséchappés à lacordepde
formerun
corps de1237
bycêtriens, cequifait
un armée
au complet de '25,237hommes
,
sans
compter
lesdames
citoyennes de la halle];on demande combien
^pour
être sûr d’üne vic-toire contre80,000 autrichiens, quine sontpas invalides, il faudroit,