Leçon 1 : LES CONSEQUENCES ET LES REGLEMENTS DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE Introduction L‘année 1945 a été
Texte intégral
(2) HISTOIRE – TERMINALE – Année 2009. Avec 50 à 60 millions de victimes, la Seconde Guerre mondiale a été plus longue et plus meurtrière que la Première qui avait fait 10 millions de morts. La deuxième Guerre mondiale apparaît clairement comme le conflit le plus le plus sanglant de toute l‘histoire de l‘humanité. Les pertes humaines ont été plus étendues à la population civile en raison des bombardements aériens, mais aussi à cause de l‘occupation brutale de l‘ennemi et des massacres de tous ordres (33 à 34 millions de civils tués). L‘Europe, le plus important champ de bataille, a été le continent le plus touché, particulièrement dans sa partie orientale. En effet, l‘URSS a enregistré 20 millions de morts, la Pologne 6 millions, la Yougoslavie près de 2 millions. Quant aux Etats-Unis, leurs pertes humaines et matérielles ont été relativement modestes (295 000 morts). En Asie, la Chine et le Japon ont enregistré un grand nombre de victimes surtout civiles en raison de la longueur exceptionnelle de la guerre qui s‘est étendue dans cette région de juillet 1937 à septembre 1945.. om. Sur le plan social, la communauté juive a été le groupe social le plus touché car les estimations font état de 6 millions de Juifs tués sur une population totale de 8 millions en Europe. Les Juifs furent victimes de la barbarie des Nazis qui ont mis en œuvre dès janvier 1942 la « solution finale » du problème juif (à la suite de la Conférence de Wansee, près de Berlin, 20 janvier 1942, préparée par Reinhardt Heydrich « Le Boucher », chef adjoint des SS sur la demande de Goering en 1941).. xa. .c. A ces pertes directes causées par la guerre, il faut ajouter les pertes indirectes liées à la diminution des naissances (phénomène des classes creuses), à l‘augmentation de la mortalité en raison des conditions de vie précaires et de la sous-alimentation généralisée et les importants transferts de populations à travers l‘exode des civils, les déportations des Juifs et des prisonniers de guerre et les réquisitions de travailleurs. On estime le nombre de personnes déplacées en Europe durant le conflit à environ 30 millions.. je. te. Arrestation de Juifs dans le ghetto de Varsovie (ci-contre). Ils seront envoyés à Treblinka. Cette célèbre photographie est produite comme preuve lors du réquisitoire contre le dirigeant Ernst Kaltenbrunner, qualifié par le procureur Harris de « plus grand responsable des persécutions contre les Juifs en Allemagne et dans les territoires occupés ».. L’horreur concentrationnaire. su. « Chargé par l‘armée américaine d‘enquêter sur les crimes de guerre, je pénétrai dans le camp de Mauthausen (Autriche)… Un prisonnier me prit joyeusement dans ses bras. Pendant la guerre, son travail dans le camp consistait à taper à la machine les cartes d‘identité des gardiens SS… Il déballa une boîte souillée et me tendit la liste complète et les photos de tous les SS passés par ce camp ! C‘étaient des preuves très importantes pour un enquêteur. Ce prisonnier avait risqué sa vie pour conserver des preuves. » D‘après le témoignage de Benjamin B. Ferencz, procureur principal des Etats-Unis au procès de Nuremberg.. 2. Le bilan financier et matériel Le bilan matériel et financier de la Seconde Guerre mondiale est très lourd. On a qualifié le second conflit mondial de guerre totale dans la mesure où les ressources et le matériel de production ont été utilisés jusqu‘à l‘extrême limite de l‘usure. Les dépenses militaires ont été considérables (plus de 1 000 milliards de dollars). Par exemple les Etats-Unis ont dépensé 32 milliards de dollars lors de la Grande Guerre (celle de 1914-1918) contre 340 milliards lors de la Seconde Guerre mondiale. Les destructions matérielles ont été énormes. En 1945, l‘Europe est un amoncellement de ruines : l‘URSS à la suite de la tactique de la « terre brûlée », l‘Allemagne, la France et les Pays-Bas sont les plus touchés. En URSS par exemple, 1 700 villes, 70 000 villages et 6 millions de maisons sont endommagés ou détruits. La Pologne et la Yougoslavie ont perdu 38 % de leur potentiel industriel. Des villes entières sont à reconstruire après les bombardements : Varsovie, Stalingrad, Hambourg, Mamadou Moustapha FALL – Professeur d‟Histoire-Géographie – Lycée Moderne de Rufisque – [email protected]. 2.
(3) HISTOIRE – TERMINALE – Année 2009. Dresde, Caen, Coventry, Hiroshima, Nagasaki, etc. Les communications sont désorganisées : les chemins de fer sont particulièrement atteints ainsi que les ponts et les routes.. xa. .c. om. Le financement de l’effort de guerre considérable a pris plusieurs formes : privations, généralisation de l‘impôt, recours à l‘emprunt extérieur… Tout cela eut comme conséquence un endettement massif de certains pays belligérants, en particulier ceux de l‘Europe vis-à-vis des Etats-Unis. D‘ailleurs, les Etats-Unis et, dans une moindre mesure, l‘URSS, le Brésil, l‘Argentine, l‘Australie ont profité de la guerre pour développer leurs économies. Par contre, pour les pays appauvris et ruinés par le conflit, c‘est immense effort de reconstruction qui s‘impose.. Source : Hulton Deutsch, Microsoft Encarta, 2008.. Hiroshima quelques heures après le bombardement atomique du 6 août 1945. On dénombra près de. te. 130 000 victimes (dont 75 000 périrent immédiatement après l'explosion atomique) et 177 000 sans-abri sur une population d'environ 344 000 habitants.. 3. Le bilan moral et politique. su. je. C‘est essentiellement sur le plan moral que la Seconde Guerre mondiale eut les répercussions les plus lourdes, l‘ensemble des valeurs attachées à la civilisation étant remises en question. En effet, méprisant les droits humains, le conflit se caractérisa par la barbarie, l‘emploi généralisé de la torture, les régimes politiques de terreur et la hantise de la bombe atomique. Le second conflit mondial restera longtemps comme le symbole de la dégradation de la conscience humaine. D‘après André Malraux, durant la guerre, l‘homme a rivalisé avec l‘enfer et donné des leçons au diable. Quant à Albert Camus, il affirme que « la civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie… Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif et l’utilisation intelligente des conquêtes scientifiques. » Pour expliquer cette sauvagerie, il suffit de rappeler l‘extermination de 6 millions d‘êtres humains révélée par la découverte des charniers et des camps de la mort avec leurs chambres à gaz et leurs fours crématoires. Les principaux camps de concentration nazis qualifiés d‘« usines de la mort » furent ceux de Dachau, Buchenwald, Auschwitz, Treblinka, Majdanek, etc. Le choc moral de la guerre aboutit à une révolte et à un engagement chez de nombreux intellectuels qui représentent l‘absurdité du monde, l‘angoisse de l‘homme devant l‘avenir : c‘est le cas de Jean-Paul Sartre, de Pablo Picasso, de Paul Valery, de Louis Aragon, etc. Par exemple Sartre écrit en 1945 : « La guerre, en mourant, laisse l’homme nu, sans illusion, abandonné à ses propres forces, ayant enfin compris qu’il n’a plus à compter que sur lui ». Mamadou Moustapha FALL – Professeur d‟Histoire-Géographie – Lycée Moderne de Rufisque – [email protected]. 3.
(4) HISTOIRE – TERMINALE – Année 2009. Au plan politique, la guerre a entraîné l‘apparition d‘un monde nouveau : l‘Europe est en déclin et n‘est plus le centre du monde ; les Etats-Unis ont tous les attributs d‘une superpuissance ; l‘URSS meurtrie jouit néanmoins d‘un grand prestige militaire et politique ; un puissant mouvement de décolonisation commence à prendre forme en Asie et en Afrique.. .c. om. Au total donc, le monde de 1945 était un monde meurtri, troublé, dans lequel la paix n‘était maintenue que grâce à un équilibre fragile. Par conséquent, des efforts immenses doivent être consentis pour consolider la paix et permettre à l‘humanité d‘espérer une stabilité durable.. xa. A l’heure de la bombe atomique. su. je. te. Le monde est ce qu‘il est, c‘est à dire peu de choses. C‘est ce que chacun sait depuis hier grâce au formidable concert que la radio, les journaux et les agences d‘information viennent de déclencher au sujet de la bombe atomique. On nous apprend, en effet, au milieu d‘une foule de commentaires enthousiastes, que n‘importe quelle ville d‘importance moyenne peut être totalement rasée par une bombe de la taille d‘un ballon de football. Des journaux américains, anglais et français se répandent en dissertations élégantes sur l‘avenir, le passé, les inventions, le coût, la vocation pacifique et les effets guerriers, les conséquences politiques et même le caractère indépendant de la bombe atomique. Nous nous résumerons en une phrase : la civilisation mécanique vient de parvenir à son degré de sauvagerie. Déjà, on ne respirait pas facilement dans un monde torturé. Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif, ou l‘utilisation intelligente des conquêtes scientifiques. Que dans un monde livré à tous les déchirements de la violence (…), indifférent à la justice et au simple bonheur des hommes, la science se consacre au meurtre organisé, personne sans doute ne songera à s‘en étonner… En attendant, il est permis de penser qu‘il y a quelque indécence à célébrer ainsi une découverte qui se met d‘accord au service de la formidable rage de destruction dont l‘homme ait fait preuve depuis des siècles. Voici qu‘une angoisse nouvelle nous est proposée, qui a toutes les chances d‘être définitive. Devant les perspectives terrifiantes qui s‘ouvrent à l‘humanité, nous apercevons encore mieux que la paix est le seul combat qui vaille d‘être mené. Ce n‘est plus une prière, mais un ordre qui doit monter des peuples vers les gouvernements, l‘ordre de choisir définitivement entre l‘enfer et la raison. ALBERT CAMUS, éditorial du journal Combat, 8 Août 1945.. II. Les règlements du conflit 1. Les grandes conférences entre les « Trois Grands » a) La Conférence de Yalta1 (4-11 février 1945) ou la volonté de coopération Après la Conférence de Téhéran (28 novembre-2 décembre 1943), les trois grandes puissances alliées (Etats-Unis, URSS et Angleterre) se retrouvent à Yalta, une station balnéaire soviétique sur les bords de la mer Noire, en Crimée (dans l‘actuelle Ukraine). Cette conférence, qui s‘est déroulée du 4 au 11 février 1945, a réuni les leaders suivants : 1. La Conférence s‘est tenue au Palais de Livadia.. Mamadou Moustapha FALL – Professeur d‟Histoire-Géographie – Lycée Moderne de Rufisque – [email protected]. 4.
(5) HISTOIRE – TERMINALE – Année 2009. Franklin D. Roosevelt, Joseph Staline et Winston Churchill. Ces trois dirigeants traduisaient ainsi leur volonté de continuer leur collaboration pour résoudre ensemble les problèmes de l‘après-guerre. La Conférence de Yalta a adopté trois résolutions majeures : l‘occupation et le contrôle de l’Allemagne, la déclaration sur l’Europe libérée et le principe de la création de l’Organisation des Nations (ONU).. xa. .c. om. En ce qui concerne l‘Allemagne, les trois puissances conviennent que ce pays sera démilitarisé et divisé en quatre zones d’occupation américaine, britannique, soviétique et française. La ville de Berlin sera elle aussi divisée en quatre secteurs d‘occupation. Par ailleurs, la Conférence de Yalta a fixé avec précision les frontières de l‘Allemagne à l‘ouest mais surtout à l‘est avec la Pologne avec la délimitation par la ligne Oder-Neisse.. te. W. Churchill, H. Truman et J. Staline lors de la conférence de Potsdam (17 juillet – 2 août 1945). Les Etats-Unis et l'Union Soviétique essaient toujours de sauvegarder l'unité de l'Europe. (www.akadem.org). Occupation et contrôle de l’Allemagne. je. La déclaration sur l‘Europe libérée a été proposée par Roosevelt. Cette déclaration affirmait que des élections libres et démocratiques seraient organisées dans les Etats de l‘Europe anciennement occupés par les Nazis. D‘ailleurs, ce principe avait été fortement proclamé par la Charte de l’Atlantique du 14 août 1941 (entre Churchill et Roosevelt) : il s‘agit du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ».. su. Au sujet de la création de l‘ONU, un accord de principe est conclu entre les trois grandes puissances qui se donnent rendez-vous pour le 25 avril 1945 à San Francisco aux EtatsUnis. b) La Conférence de Potsdam2 (17 juillet-2 août 1945) ou le temps du compromis La localité de Potsdam est située près de Berlin, en Allemagne, dans la zone d‘occupation soviétique. Elle a abrité en 1945 une conférence entre les trois grandes puissances représentées par le Soviétique Staline, l‘Américain Harry Truman (qui a remplacé F. Roosevelt décédé le 12 avril 1945) et le Britannique Clement Attlee (élu Premier ministre le 28 juillet 1945). Les principales décisions sont la création d‘une Commission des réparations devant siéger à Moscou, l‘instauration d‘un tribunal à Nuremberg (ville symbole des manifestations du IIIe Reich) pour juger les criminels de guerre nazis, la dénazification et la démocratisation de l’Allemagne, la délimitation des zones d’occupation. 2. La Conférence s‘est tenue au Palais de Cecilienhof.. Mamadou Moustapha FALL – Professeur d‟Histoire-Géographie – Lycée Moderne de Rufisque – [email protected]. 5.
(6) HISTOIRE – TERMINALE – Année 2009. En ce qui concerne le procès de Nuremberg, il s‘est déroulé du 20 novembre 1945 au 30 septembre 1946. Quatre grands chefs d’accusation ont été retenus contre les 24 accusés : plan concerté ou complot, crimes contre la paix, crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Douze condamnations à mort ont été prononcées dont celles de Ribbentrop (ministre des Affaires étrangères), de Rosenberg (théoricien de la doctrine nazie et ministre du Reich pour les territoires occupés de l‘Est), de Keitel (chef d‘état-major du Haut-Commandement de Wehrmacht), de Bormann (secrétaire particulier d‘Adolf Hitler), de Goering (maréchal du Reich, chef de la Luftwaffe et président du Reichstag), etc. A Potsdam, l‘atmosphère ne fut pas cordiale. A plusieurs reprises, la réunion a failli être interrompue du fait d‘une mésentente croissante entre Staline et ses deux partenaires. On peut même affirmer que la Conférence s‘est terminée en queue de poisson et a consacré la rupture définitive de la Grande Alliance entre les Anglo-américains et les Soviétiques. Nuremberg : Le sens d'un procès et les accusés. su. je. te. xa. .c. om. Ce 20 novembre 1945, l'ouverture du procès de Nuremberg est aussi celle d'une page d'histoire. Il s'agit de juger les plus hauts dignitaires du nazisme encore en vie en 1945 (Hitler, Goebbels et Himmler s'étant suicidés), tenus pour coupables de guerre d'agression et de complot contre la paix (« conspiracy »), deux chefs d'accusation primordiaux pour les Américains, véritables maîtres d'œuvre du procès… Dix d'entre eux, prisonniers des Britanniques ou des Américains, figuraient sur une première liste. En tête - et il est bien l'accusé-« vedette » -, Hermann Göring, qui s'est livré aux Américains. Avec lui Rudolf Hess, à l'état mental incertain, aux mains des Britanniques : il s'est envolé pour la Grande-Bretagne le 10 mai 1941, pour proposer, de son propre chef prétendait-il, une paix séparée avant l'attaque de l'URSS. Joachim von Ribbentrop, l'ancien représentant en Champagne devenu ministre des Affaires étrangères ; Robert Ley, dirigeant du Front du Travail, qui se pendra dans sa cellule de Nuremberg ; Wilhelm Keitel, chef du commandement suprême de l'armée, plus haut gradé à figurer sur la liste. Avec le sixième, Julius Streicher, on change de registre. Certes, comme Göring ou Hess, il fait partie de la vieille garde nazie et a participé au putsch de Munich en 1923, mais le Gauleiter de Franconie tient surtout sa célébrité du journal qu'il a fondé en 1923, « le Stürmer », qui développait un antisémitisme ordurier et pornographique. Ernst Kaltenbrunner, quant à lui, a remplacé Heydrich, assassiné par la résistance tchèque, et dirigeait l'Office suprême de Sécurité du Reich. Alfred Rosenberg, le théoricien nazi de l'antisémitisme, était depuis 1941 ministre des Territoires de l'Est. Le juriste Hans Frank, le « bourreau de la Pologne », et l'ancien ministre de l'Intérieur du Reich Wilhelm Frick ferment cette première liste. Tous, sauf Hess, seront condamnés à mort. A ces dix vont s'ajouter le directeur de la Reichsbank Hjalmar Schacht, ainsi que l'Autrichien Arthur Seyss-Inquart, artisan du rattachement de l'Autriche en 1938, l'amiral Dönitz, dernier commandant en chef de la marine nazie, désigné par Hitler comme son successeur à la veille de son suicide, le falot Walter Funk, remplaçant de Schacht à la banque du Reich, Baldur von Schirach, chef de la Jeunesse hitlérienne. Enfin, in extremis, sont rajoutés le maître d'œuvre du service du travail obligatoire Fritz Sauckel, deux diplomates (Franz von Papen et Konstantin von Neurath), Martin Bormann (jugé par contumace), successeur de Hess à la Chancellerie, l'amiral Raeder, seul « gros poisson » aux mains des Soviétiques. Humiliés par cette situation, ils exigent qu'au moins un autre de leurs prisonniers figure parmi les accusés. Ce sera Hans Fritzsche, un collaborateur de Goebbels au ministère de la Propagande, tout surpris de se retrouver parmi les dignitaires du régime. Il sera acquitté. Preuve que ce fut bien un vrai procès. Et pas, comme ce fut dit parfois, un règlement de comptes des vainqueurs. C'est à Nuremberg qu'a été posée la première pierre d'une véritable justice internationale.. Sur le banc des accusés. Annette Wieviorka, Historienne, directrice de recherche au CNRS, auteur de Procès de Nuremberg, éditions Mémorial de Caen, avril 2005).. Au premier rang des accusés, de gauche à droite, Goering (commandant en chef de la Luftwaffe), Hess (adjoint et dauphin de Hitler jusqu'en 1941), Ribbentrop (ministre des affaires étrangères), Keitel (chef du haut-commandement de la Wehrmacht), Kaltenbrunner (chef de la Sécurité du Reich ) et Rosenberg (théoricien de l'antisémitisme, ministre des Territoires occupés de l'Est) ; au second rang, Dönitz, Raeder ( commandants en chef de la Marine), Von Schirach (chef de la Jeunesse hitlérienne et gauleiter de Vienne) qui se tient debout, et Sauckel (commissaire général à la main d'œuvre).. Mamadou Moustapha FALL – Professeur d‟Histoire-Géographie – Lycée Moderne de Rufisque – [email protected]. 6.
(7) HISTOIRE – TERMINALE – Année 2009. 2. La Conférence de San Francisco (25 avril-26 juin 1945) - création de l’ONU (Voir dossier sur l’O.N.U. à la page 8). 3. Les grandes conférences économiques Le souvenir de la crise économique des années 1930 a persuadé les économistes et les hommes politiques des méfaits des rivalités commerciales, des politiques protectionnistes et autarciques, du désordre monétaire, etc. D‘ailleurs, la Charte de l‘Atlantique avait affirmé la nécessité d‘une collaboration plus étroite entre les nations sur les plans économique et social. Les efforts déployés dans ce sens ont abouti à la mise en place du nouveau système monétaire international avec les accords de Bretton Woods signés le 22 juillet 1944 (la Conférence de Bretton Woods s‟est tenue du 1er au 22 juillet et a réuni 44 nations). La Conférence de Bretton Woods s‘organise autour de deux propositions :. om. - le plan Keynes soutenu par l‘Angleterre qui prévoit la création d‘un institut international d‘émission monétaire chargé de créer une monnaie de réserve gagée sur la richesse des pays membres ;. xa. .c. - le plan White, qui a la faveur des Américains et qui sera finalement adopté. Ce plan propose que la valeur des monnaies soit déterminée en référence au cours de l‘or, et que le paiement des transactions internationales puisse être assuré en dollars et en livres sterling, monnaies dont la valeur est elle-même fixée par rapport à l‘or. Ce système, qui en outre institue un régime de changes fixes entre les monnaies, fonctionne jusqu‘en 1976. Le 8 janvier 1976, les Accords de la Jamaïque mettent fin à la libre convertibilité des monnaies en or, ouvrant une période de changes dits flottants entre les devises. Les deux principales institutions de Bretton Woods sont le Fonds monétaire international (FMI) et le groupe Banque mondiale. Le FMI a été conçu pour accorder des prêts à court terme aux pays membres ayant des difficultés financières passagères. La Banque mondiale devait par contre aider les pays dévastés par la guerre et accorder des prêts à long terme.. su. je. te. Les accords du GATT (Accords généraux sur les tarifs douaniers et le commerce), pour une libéralisation des échanges, sont signés à Genève en octobre 1947 par 23 nations non communistes qui assuraient 80 % du commerce mondial. Créée le 1er janvier 1995, l‘Organisation mondiale du Commerce (OMC) reprend à la fois les dispositions du traité originel du GATT et celles de ses révisions notamment la synthèse appelée « GATT 1994 ». L‘OMC étend le mandat originel du GATT à de nouveaux secteurs tels que les services et la propriété intellectuelle. Elle fournit un cadre légal pour l‘application des accords du GATT. Comme elle est chargée d‘administrer l‘acte final de l‘Uruguay Round, elle perpétue, dans les faits, l‘organisation et les décisions du GATT. Conclusion. L‘URSS, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont voulu prolonger leur collaboration pour favoriser la constitution d‘une nouvelle économie mondiale et jeter des bases de paix et de sécurité dans les relations internationales. Mais, très rapidement, les calculs des uns et les méfiances des autres ont entraîné une profonde division idéologique du monde, caractérisée par des antagonismes répétés, parfois violents, avec l‘ère de avec la guerre froide.. Mamadou Moustapha FALL – Professeur d‟Histoire-Géographie – Lycée Moderne de Rufisque – [email protected]. 7.
(8) HISTOIRE – TERMINALE – Année 2009. DOSSIER : L’ORGANISATION DES NATIONS UNIES (O.N.U.). Introduction. om. La Conférence de San Francisco a réuni (dans l‘auditorium du théâtre Herbst) 51 Etats dans le but d‘élaborer la Charte des Nations unies. La nouvelle organisation internationale mise sur pied a son siège à New York et entre officiellement en fonction le 24 octobre 1945, avec comme premier Secrétaire général le Norvégien Trygve Lie (1946-1962). L‘Organisation des Nations unies (ONU) est une association internationale d‘Etats, fondée dans le but de « maintenir la paix et la sécurité internationales », de « développer entre les nations des relations amicales fondées sur le principe du respect du principe de l‟égalité de droit des peuples et de leur droit à disposer d‟eux-mêmes », de « réaliser la coopération internationale en résolvant les problèmes internationaux d‟ordres économique, social, intellectuel ou humanitaire » et d‘inciter au « respect des droits de l‟homme et des libertés fondamentales ». Comme le formulera plus tard Henry Cabot Lodge, ambassadeur des Etats-Unis auprès des Nations unies, l‘ONU est vouée, non pas « à nous mener au paradis », mais « à nous sauver de l‟enfer ». La mise au point de l‘ONU a été progressive et laborieuse. Son action a été longtemps entravée par la rivalité opposant les Etats-Unis à l‘URSS. Ses résultats sont limités ou décevants.. Charte des Nations unies (préambule). .c. L‘ONU fonctionne grâce à six organes principaux : l‘Assemblée générale, le Conseil de Sécurité, le Conseil économique et social, le Conseil de Tutelle, la Cour Internationale de Justice de La Haye et le Secrétariat général.. je. te. xa. Les considérations qui ont inspiré les fondateurs de l‘Organisation des Nations unies sont énoncées dans le préambule de la Charte. Ce préambule est ainsi conçu : « NOUS, PEUPLES DES NATIONS UNIES, RÉSOLUS à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui, deux fois en l‟espace d‟une vie humaine, a infligé à l‟humanité d‟indicibles souffrances, à proclamer à nouveau notre foi dans les droits fondamentaux de l‟homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l‟égalité de droits des hommes et des femmes, ainsi que des nations, grandes et petites, à créer les conditions nécessaires au maintien de la justice et du respect des obligations nées des traités et autres sources du droit international, à favoriser le progrès social et instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande, ET À CES FINS à pratiquer la tolérance, à vivre en paix l‟un avec l‟autre dans un esprit de bon voisinage, à unir nos forces pour maintenir la paix et la sécurité internationales, à accepter des principes et instituer des méthodes garantissant qu‟il ne sera pas fait usage de la force des armes, sauf dans l‟intérêt commun, à recourir aux institutions internationales pour favoriser le progrès économique et social de tous les peuples, AVONS DÉCIDÉ D‟ASSOCIER NOS EFFORTS POUR RÉALISER CES DESSEINS. En conséquence, nos Gouvernements respectifs, par l‟intermédiaire de leurs représentants, réunis en la ville de San Francisco, et munis de pleins pouvoirs, reconnus en bonne et due forme, ont adopté la présente Charte des Nations Unies et établissent par les présentes une organisation internationale qui prendra le nom de Nations Unies. » Source : « Charte des Nations Unies, Préambule », Textes et Documents pour la classe, 1965, n° 176.. su. I. Le maintien de la paix et de la sécurité internationales Ce rôle appartient avant tout au Conseil de Sécurité et plus particulièrement les « Cinq Grands ». Mais l‘Assemblée peut voter des « recommandations » et peut être directement saisie des affaires en cas de paralysie du Conseil (résolution Acheson) : - des recommandations concernant le désarmement ou toute autre question touchant la paix (exemple : La question palestinienne). ; - des condamnations : les interventions soviétique en Hongrie et franco-britannique à Suez, par exemple, furent condamnées par l‘Assemblée générale ; - des interventions armées : Les troupes de l‘ONU se sont dressées contre les « agresseurs » nord-coréens et chinois en 1950. Les « Casques Bleus » se sont interposés entre les combattants israéliens et égyptiens dans le Sinaï en 1956 et ont réussi à réduire à néant la sécession katangaise ; - l‘arme diplomatique : le Conseil de Sécurité propose des solutions aux adversaires éventuels (les « bons offices » du Secrétaire général ou de ses envoyés. Mamadou Moustapha FALL – Professeur d‟Histoire-Géographie – Lycée Moderne de Rufisque – [email protected]. 8.
(9) HISTOIRE – TERMINALE – Année 2009. Charte de l'Atlantique. Conférence de San Francisco. om. Entre le 25 avril et le 25 juin 1945, les représentants de cinquante nations — encore engagées dans la Seconde Guerre mondiale contre les puissances de l'Axe — se réunissent en conférence à San Francisco (États-Unis). Ils doivent élaborer les statuts de la future organisation internationale, dont l'objectif est de réguler les conflits mondiaux et d'organiser la paix internationale. La charte, signée le 26 juin 1945, est fondatrice de l'Organisation des Nations unies (ONU). Photographie d'une session de la conférence de San Francisco, le 10 mai 1945. Bettmann/Corbis, Microsoft Encarta, 2008.. je. te. xa. .c. Le 14 août 1941, à bord du Potomac, le président américain Franklin D. Roosevelt (à gauche), et le Premier ministre britannique, Winston Churchill (à droite), signent la charte de l'Atlantique, dont le dernier point appelle à l'établissement d'un système permanent de sécurité générale dans « un avenir meilleur ». Ce document inspire la Charte des Nations unies, signée à San Francisco le 26 juin 1945 par les délégués de 51 nations en guerre contre l'Axe. The National Archives/CORBIS-BETTMANN, Encarta, 2008.. Siège des Nations unies (New York). Achevé en 1952, le bâtiment se trouve à Manhattan. Vanessa Vick/Photo Researchers, Inc.. su. Organisation des Nations unies Ŕ Microsoft Encarta, 2008.. Assemblée générale des Nations unies. Les délégués des 192 États membres de l'ONU, ici en session, constituent l'Assemblée générale des Nations unies, principal organe délibérant de l'ONU. Au-dessus de la tribune se trouve le dessin représenté sur le drapeau de l'ONU. Photo : Keystone Pressedienst GmbH, Encarta, 2008.. Sommet du Conseil de sécurité En janvier 1992, le Premier ministre britannique John Major invita les chefs d'État membres du Conseil de sécurité des Nations unies à un sommet sur la paix. Ici, le président américain George Bush et le président russe Boris Eltsine écoutent le discours de l'un des participants. Photo: UPI/THE BETTMANN ARCHIVE, Encarta, 2008.. Mamadou Moustapha FALL – Professeur d‟Histoire-Géographie – Lycée Moderne de Rufisque – [email protected]. 9.
(10) HISTOIRE – TERMINALE – Année 2009. Elargir le Conseil de sécurité. D‘après Pascal Airault et Nicolas Michel, Jeune Afrique L‟Intelligent, n° 2281, 26 septembre 2004, p. 8.. om. Cour internationale de justice des Nations unies. La Cour internationale de justice des Nations unies, organe judiciaire de l'ONU, siège à La Haye (PaysBas). Source : A. Brizzi/United Nations.. Le ministre britannique des Affaires étrangères, Jack Straw, a estimé, le 23 septembre 2004, que le Conseil de sécurité des Nations unies devait être élargi à 24 membres, l‘Allemagne, le Japon, l‘Inde et le Brésil siégeant de manière permanente. Depuis 60 ans, la structure des Nations unies n‘a guère été modifiée, alors que le nombre de ses membres (191) a quadruplé. L‘Allemagne et le Japon contribuent à hauteur de 28 % du budget de l‘ONU, tandis que l‘Inde abrite le sixième de la population mondiale…. Déclaration universelle des droits de l'homme du 10 décembre 1948 (extrait). su. je. te. xa. .c. L‘affirmation de l‘existence et de la protection des droits inhérents à la personne humaine est devenue une valeur internationalement reconnue au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, au cours de laquelle les atrocités commises par le régime nazi ont révélé la faible conscience des États face à cette exigence d‘universalité de la condition humaine. Sans dénaturer la portée des textes existants, notamment la Déclaration des droits de l‘homme et du citoyen de 1789, le texte de 1948 impose à la communauté des nations de garantir l‘existence des droits civils et politiques fondamentaux, qui sont complétés par l‘affirmation de droits économiques et sociaux, comme le droit à une assistance financière en cas de maladie ou de chômage, qui en permettent effectivement l‘exercice. Déclaration universelle des droits de l‘homme du 10 décembre 1948 PRÉAMBULE [...] Considérant que dans la Charte les peuples des Nations Unies ont proclamé à nouveau leur foi dans les droits fondamentaux de l‘homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l‘égalité des droits des hommes et des femmes, et qu‘ils se sont déclarés résolus à favoriser le progrès social et à instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande ; [...] L‘Assemblée Générale proclame la présente Déclaration universelle des droits de l‘homme comme l‘idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations afin que tous les individus et tous les organes de la société, ayant cette déclaration constamment à l‘esprit, s‘efforcent, par l‘enseignement et l‘éducation, de développer le respect de ces droits et libertés et d‘en assurer, par des mesures progressives d‘ordre national et international, la reconnaissance et l‘application universelles et effectives, tant parmi les populations des États Membres eux-mêmes que parmi celles des territoires placés sous leur juridiction. ARTICLE PREMIER Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. [...] ARTICLE 3 Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne. [...] ARTICLE 5 Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. [...] ARTICLE 11 1. Toute personne accusée d‘un acte délictueux est présumée innocente jusqu‘à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d‘un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées. [...] ARTICLE 23 1. Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage. 2. Tous ont droit, sans aucune discrimination, à un salaire égal pour un travail égal. 3. Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu‘à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s‘il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale. [...] ARTICLE 26 1. Toute personne a droit à l‘éducation. L‘éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l‘enseignement élémentaire est obligatoire. L‘enseignement technique et professionnel doit être généralisé ; l‘accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite. [...] Source : Déclaration universelle des droits de l‟homme : http://www.légifrance.gouv.fr. Mamadou Moustapha FALL – Professeur d‟Histoire-Géographie – Lycée Moderne de Rufisque – [email protected]. 10.
(11) HISTOIRE – TERMINALE – Année 2009. II. Les progrès politiques a) La décolonisation L‘ONU proclame dans sa Charte « le droit des peuples à disposer d‟eux-mêmes ». L‘indépendance est ainsi accordée à des territoires sous mandat de la SDN : la Syrie et le Liban en 1947, le partage de la Palestine et la création de l‘Etat d‘Israël en 1948. L‘ONU s‘est également attelée à la surveillance des territoires non encore autonome en réclamant surtout des « renseignements » aux puissances coloniales et en vérifiant si les progrès vers l‘aptitude à l‘indépendance sont réalisés. En 1957, l‘ONU s‘est penchée sur le problème algérien, malgré les protestations de la France qui fit valoir que les « départements algériens » ne relevaient que des « affaires intérieures » françaises. Par sa déclaration anticolonialiste de 1960, la majorité de l‘Assemblée générale réclame l‘indépendance immédiate pour les territoires encore sous tutelle coloniale.. om. b) Les droits de l’homme. .c. Dans ce domaine, l‘ONU a adopté la Déclaration universelle des droits de l‘Homme le 10 décembre 1948 (droits à la vie, à la liberté, interdiction de l‘esclavage, des détentions et arrestations arbitraires, condamnation de l‘apartheid). Mais les grands principes se heurtent le plus souvent à la mauvaise volonté des Etats soucieux d‘éviter l‘ingérence de l‘ONU dans ce qu‘ils appellent leurs « affaires intérieures ».. te. c) Le désarmement. xa. Des droits économiques et sociaux sont reconnus par la Charte, concurremment aux droits politiques, droits à la sécurité sociale, au travail, au repos, à l‘éducation, à un niveau de vie suffisant, à la liberté syndicale. L‘ONU a souvent montré son impuissance évidente à les faire appliquer mais dispose d‘une base juridique qui justifie les efforts de certains organismes comme le BIT, l‘UNESCO, etc.. su. je. Dans ce domaine, l‘échec est encore patent, le désarmement ne pouvant se concevoir qu‘accompagné de l‘établissement de la sécurité collective assurée par les Nations unies. La fusion entre les commissions de l‘Energie atomique et des Armements classiques – dans l‘impasse depuis leur création en 1946-1947 – donna naissance en 1952 à la Commission du Désarmement composée des membres du Conseil de Sécurité. En avril 1954, fut désigné un sous-comité du désarmement siégeant à Londres et comprenant des délégués des Etats-Unis, de l‘URSS, de la Grande-Bretagne, de la France et du Canada. Les difficultés pour trouver un accord conduisirent à l‘élargissement du sous-comité. Ainsi un comité de désarmement siégea à Genève depuis 1961 mais dut abandonner ses travaux à partir de 1964. Les trois « Grands » (États-Unis, Grande-Bretagne et Union soviétique) entament alors des négociations ayant permis la signature de plusieurs accords : - interdiction des explosions atomiques (sauf les explosions souterraines) en 1963 ; - utilisation pacifique de l‘espace en 1967 ; - traité de non prolifération des armes nucléaires (TNP) en 1968 ; - traité de non nucléarisation des fonds marins le 11 février 1971 ; - accords SALT 1 (26 mai 1972) et SALT 2 (18 juin 1979). Depuis 1979, à l‘initiative de la France, un nouveau comité de désarmement a recommencé à fonctionner.. d) Le progrès économique L‘ECOSOC est appuyé par divers organismes : BIRD, BAT (Bureau d‘Assistance Technique), FAO, PNUD, etc. Son action concerne : - l‘assistance technique : des experts, des bourses d‘études, des crédits d‘assistance, etc. ; Mamadou Moustapha FALL – Professeur d‟Histoire-Géographie – Lycée Moderne de Rufisque – [email protected]. 11.
(12) HISTOIRE – TERMINALE – Année 2009. - une aide financière ; - des recommandations pour que les pays riches augmentent leur aide aux pays en développement (objectif : 1 % de PNB). La CNUCED, fondée en 1964 tient des réunions périodiques pour promouvoir un nouvel ordre économique international (NOEI). III. Les insuffisances. om. L‘ONU a été tournée en dérision depuis sa création notamment par les dirigeants des grandes puissances : du « nid d‟agents de l‟impérialisme » de Staline, à la « Maison des morts » du Président Reagan, en passant par le « machin » raillé par le général De Gaulle (Claire Tréan, « Le Renouveau des Nations unies », Le Monde – dossiers et documents, janvier 1989). Pendant la guerre froide, l‘action de l‘ONU a été souvent paralysée par l‘utilisation abusive du droit de veto de la part des deux Grands. Daniel Colard souligne que « de 1945 à 1985, les Etats-Unis ont recours au veto 42 fois, la Grande-Bretagne 23 fois, la France 15 fois, la Chine 4 fois ; l‟URSS détient le record absolu avec 116 veto » (cf. Colard (Daniel), Les Cinquante ans de l‟ONU, un bilan contrasté, Paris, Défense nationale, 1994).. .c. L‘ONU a également montré son incapacité à remplir la première de ses missions : la résolution des conflits. C‘est que Claire Tréan constate : « L‟Assemblée générale n‟avait cessé d‟adopter des résolutions, de dépêcher des médiateurs, mais ici le sang continuait de couler ». En effet, depuis 1945 plus de 130 conflits ont éclaté dans le monde sans que l‘ONU ait été capable d‘arrêter les va-t-en-guerre.. te. xa. Même si la fin de la guerre froide a permis de lever le blocage du système, l‘ONU est affaiblie par la disparition du contrepoids que constituait l‘URSS. Aujourd‘hui, l‘Amérique, unique superpuissance, agit souvent de manière unilatérale. L‘intervention des Etats-Unis en Irak en mars 2003 sans l‘aval du Conseil de Sécurité en est une parfaite illustration. Richard Perle, néoconservateur américain, affirme : « La réticence du Conseil de Sécurité à entériner l‟usage de la force (en Irak) pour appliquer ses propres résolutions (…) a sonné le glas du fantasme vieux de plusieurs décennies qui considérait l‟ONU comme le fondement de l‟ordre international » (Le Figaro, 11 avril 2003).. su. je. L‘action de l‘ONU continue d‘être suspendue à la volonté politique des Etats-Unis. La composition du Conseil de Sécurité ne reflète plus les rapports de forces internationaux actuels. Aussi certains pays réclament-ils avec insistance et à juste titre le statut de membres permanents : c‘est le cas du Japon (2e contributeur de l‘ONU), l‘Allemagne (3e bailleur) ou du Brésil. Entre autres problèmes de l‘ONU, André Lewin mentionne, dans le journal Jeune Afrique/L‟Intelligent (n° 2205, du 13 avril 2003), « les réunions répétitives et les ordres du jour interminables » de même que « la prolifération des tâches et des programmes (sont nombreuses) de sorte qu‟il est impossible de se concentrer sur les priorités ». Conclusion Après une soixantaine d‘années d‘existence, l‘ONU présente un bilan mitigé. Certaines critiques sont fondées mais il faut reconnaître que l‘Organisation a fait des efforts réels (aides, subventions, soutien aux mouvements de décolonisations, solutions de certains conflits, etc.). Aujourd‘hui, une réforme de fond s‘impose. Face aux nombreuses difficultés de l‘ONU, il est nécessaire de prendre des mesures susceptibles d‘insuffler une nouvelle vigueur aux Nations unies car, comme l‘affirme Samantha Power (Le Monde diplomatique, septembre 2005), « même si l‟ONU a échoué à bannir la guerre, elle demeure indispensable à la recherche de la paix. ». Mamadou Moustapha FALL – Professeur d‟Histoire-Géographie – Lycée Moderne de Rufisque – [email protected]. 12.
(13) xa. .c. om. HISTOIRE – TERMINALE – Année 2009. Un budget difficile à boucler : qui paie la note ?. te. La part des pays les plus pauvres doit participer à hauteur de 0,001 % du budget soit 14 830 dollars… La participation maximale a été ramenée de 40 % à 25 %. Due par la première puissance économique mondiale, elle est appelée à baisser encore (à 22 % puis 20 %) à la demande du gouvernement américain. Mais la différence devra être comblée par les autres pays riches : le Japon, qui a déjà vu sa part passer de 15 % à 19 %, rechigne et réclame en échange une place de membre permanent au Conseil de sécurité. Idem pour l‘Allemagne (8,4 %). La Russie, qui a conservé sa place de membre permanent, ne verse plus que 1,1 % du budget contre 8,7 % en 1990.. je. Samir Gharbi, Jeune Afrique L‟Intelligent, n° 2281, 26 septembre 2004, p. 28.. Les 15 premiers contributeurs du budget ordinaire de l’O.N.U. Millions de dollars 368 280 124 88 87 70 40 36 29. su. Pays. 1. Etats-Unis * 2. Japon 3. Allemagne 4. Royaume-Uni * 5. France * 6. Italie 7. Canada 8. Espagne 9. Chine *. En % du total 24,48 18,88 8,36 5,93 5,87 4,72 2,70 2,43 1,96. * membres permanents du Conseil de sécurité.. Pays 10. Mexique 11. Corée du Sud 12. Pays-Bas 13. Australie 14. Brésil 15. Suisse Sous-total 15 pays 176 autres pays Total (191 pays). Millions de dollars 27 26 24 23 22 17 1 256 227 1 483. En % du total 1,82 1,75 1,62 1,55 1,48 1,15 84,69 15,31 100. Source : Jeune Afrique L‟Intelligent, n° 2281, 26 septembre 2004, p. 27.. Mamadou Moustapha FALL – Professeur d‟Histoire-Géographie – Lycée Moderne de Rufisque – [email protected]. 13.
(14) HISTOIRE – TERMINALE – Année 2009. Leçon 2 : LES RELATIONS EST/OUEST : DE LA GUERRE FROIDE A LA CHUTE DU MUR DE BERLIN Introduction A la fin de la Seconde Guerre mondiale, une situation originale se met en place. Les Etats-Unis et l‘URSS apparaissent comme deux superpuissances qui se regardent avec méfiance. Leur opposition prend d‘abord la forme d‘une guerre froide. Sans jamais s‘affronter directement, chacun des deux grands se proclame le modèle politique, économique et culturel de référence et pousse les autres Etats à entrer dans cette logique bipolaire. De 1947 à 1953, on assiste à la formation de deux camps hostiles, à de multiples conflits et rivalités. Puis, à partir de 1953, apparaît un nouveau contexte, fruit de la décolonisation, du redressement de l‘Europe et des fissures à l‘intérieur des blocs qui ne sont plus homogènes. Les deux Grands établissent alors de nouvelles règles : la coexistence pacifique. Toutefois, les rivalités continuent avec des conflits périphériques. La guerre froide ne prend fin qu‘avec la chute du Mur de Berlin et l‘implosion du bloc soviétique.. om. I. Les aspects de la guerre froide 1. La formation des blocs. A la Conférence de Yalta, déjà, les anciens membres de la Grande Alliance étalaient au grand jour leurs divergences :. te. xa. .c. ● Anglais et Américains sur l'attitude à adopter face à Staline ; ● Sur la question du gouvernement polonais... (URSS et GB/USA) ; ● Sur la question de la France par rapport à l'occupation de l'Allemagne (GB et USA/URSS) ; ● Sur les précisions du démembrement de l'Allemagne ... (URSS et GB/USA). Cette opposition devient plus vive lors de la Conférence de Potsdam. A partir de 1947 commence la guerre froide, conflit d‘un type nouveau, qui divise le monde en deux blocs opposés idéologiquement, économiquement et militairement. (Le journaliste américain Walter Lippmann popularisa le terme de guerre froide dans un livre portant ce nom).. su. je. Winston Churchill, discours de Fulton (5 mars 1946) Le 5 mars 1946, à Fulton (Missouri, États-Unis), le Premier ministre britannique Winston Churchill [sur cette photographie à gauche du président américain Harry Truman, à la tribune] prononce un discours dans lequel il emploie l'expression « rideau de fer », expression qui devient aussitôt symbolique de l'entrée du monde dans la guerre froide : « De Stettin sur la Baltique à Trieste sur l'Adriatique, un rideau de fer est tombé et divise le continent. Derrière cette ligne se trouvent toutes les capitales des anciens États d'Europe centrale et orientale. Toutes ces villes célèbres et leurs populations sont désormais sous le joug — il n'y a malheureusement pas d'autre terme — soviétique. Et tous sont soumis, d'une façon ou d'une autre, non seulement à l'influence soviétique, mais également à un degré très élevé, et dans certains cas, toujours croissant, de contrôle par Moscou. Source : Gordon Skene Sound Collection, Encarta, 2008.. a) Sur le plan idéologique On assiste à l‘opposition idéologique entre deux systèmes : l‘américain et le soviétique. Tous les deux prétendent à l‘universel et chacun perçoit l‘autre comme le mal absolu. * Dans le camp occidental dirigé par les Etats-Unis, le Président Harry Truman (18841972, 33e président des Etats-Unis, 1945-1953) annonce, le 12 mars 1947, une politique dont le but est de lutter contre l‘expansion du communisme et de l‘URSS dans le monde. Cette politique a pris le nom de «containment » ou « politique de l’endiguement » ou encore Mamadou Moustapha FALL – Professeur d‟Histoire-Géographie – Lycée Moderne de Rufisque – [email protected]. 14.
(15) HISTOIRE – TERMINALE – Année 2009. Joseph Raymond McCarthy (1908-1957), homme politique américain, instigateur des campagnes politiques dirigées contre la « subversion » communiste au début des années 1950, connues sous le nom de maccarthysme. Photo : Hulton Deutsch, Encarta, 2008.. Source : Archive Photos, Encarta, 2008.. xa. La doctrine Truman. Julius Rosenberg et Ethel (19181953 et 1915-1953), citoyens américains condamnés à mort et exécutés en 1953 après avoir été accusés d'avoir livré, dans les dernières années de la Seconde Guerre mondiale, des secrets atomiques à l'URSS.. .c. Truman annonçant la doctrine de l‘endiguement du communisme, 12 mars 1947. Harry Truman (1884-1972) fut le 33e président des Etats-Unis de 1945 à 1953).. om. « doctrine Truman ». Cette politique a guidé toute l‘action des Etats-Unis jusqu‘à la fin de la confrontation Est/Ouest au début des années 1990. De façon immédiate, le containment se traduit par le soutien américain aux gouvernements de Grèce et de Turquie menacés par le communisme. A l‘intérieur même des Etats-Unis, le sénateur du Wisconsin, Joseph Raymond McCarthy (1908-1957), est l‘initiateur, à partir de février 1950, d‘une violente campagne anticommuniste : le maccarthysme.. su. je. te. Au moment présent de l‘histoire du monde, presque toutes les nations se trouvent placées devant le choix entre deux modes de vie. Et trop souvent ce choix n‘est pas un libre choix. L‘un de ces modes de vie est basé sur la volonté de la majorité. Ses principaux caractères sont des institutions libres, des gouvernements représentatifs, des élections libres, des garanties données à la liberté individuelle, à la liberté de parole et du culte et à l‘absence de toute oppression politique. Le second mode de vie est basé sur la volonté d‘une minorité imposée à la majorité. Il s‘appuie sur la terreur et l‘oppression, sur une radio et une presse contrôlées, sur des élections dirigées et sur la suppression de la liberté personnelle. Je crois que les Etats–Unis doivent pratiquer une politique d‘aide aux peuples libres qui résistent actuellement aux manœuvres de certaines minorités armées ou à la pression extérieure. Je crois que notre aide doit se manifester en tout premier lieu sous la forme d‘une assistance économique et financière […]. En aidant les nations libres et indépendantes à maintenir leur liberté, les Etats–Unis mettront en œuvre les principes de la Charte des Nations Unies. […] Les germes des régimes totalitaires sont nourris par la misère et le besoin. Ils se répandent et grandissent dans la mauvaise terre de la pauvreté et de la guerre civile. Ils parviennent à maturité lorsqu‘un peuple voit mourir l‘espoir qu‘il avait mis en une vie meilleure. Nous devons faire en sorte que cet espoir demeure vivant. Déclaration du président Truman au Congrès, le 12 mars 1947.. * Dans le bloc socialiste, l‘URSS et les pays d‘Europe centrale et orientale fondent, en septembre 1947, le Kominform, organe de liaison et d‘information des partis communistes. Ce cadre permettait à l‘URSS de renforcer son contrôle sur les partis communistes des pays de l‘Est voire même de France et d‘Italie. En réplique à la « doctrine Truman », la « doctrine Jdanov » (proposée par Andreï Aleksandrovitch Jdanov, 18961948) dénonce le camp occidental dirigé par les Etats-Unis comme « antidémocratique et impérialiste » et considère que le camp oriental dirigé par l‘URSS est « pacifique, démocratique et anti-impérialiste ». Toutes ces théories traduisaient nettement la violence des idéologies de la guerre froide. Entre ces deux mondes, l‘affrontement était donc inéluctable.. Mamadou Moustapha FALL – Professeur d‟Histoire-Géographie – Lycée Moderne de Rufisque – [email protected]. 15.
(16) HISTOIRE – TERMINALE – Année 2009. Andreï Jdanov (18961948), théoricien du « réalisme socialiste » et de la doctrine des blocs.. om. La doctrine Jdanov Les Etats–Unis sont la principale force dirigeante du camp impérialiste. L‘Angleterre et la France sont unies aux Etats–Unis et marchant comme des satellites en ce qui concerne les questions principales, dans l‘ornière de la politique impérialiste des Etats–Unis. Le camp impérialiste est soutenu aussi par des Etats possesseurs de colonies, tels que la Belgique et la Hollande, et par des pays au régime réactionnaire antidémocratique, tels que la Turquie et la Grèce, ainsi que par des pays dépendant politiquement et économiquement des Etats–Unis, tels que ceux du Proche–Orient, de l‘Amérique du Sud, la Chine. Les forces anti–impérialistes et antifascistes forment l‘autre camp. L‘URSS et les pays de la démocratie nouvelle en sont le fondement. Les pays qui ont rompu avec l‘impérialisme et qui se sont engagés résolument dans la voie du progrès démocratique, tels que la Hongrie, la Roumanie, la Finlande, en font partie. Au camp anti–impérialiste adhèrent l‘Indonésie, le Vietnam, l‘Inde. L‘Egypte et la Syrie lui apportent leurs sympathies. Le camp anti–impérialiste s‘appuie dans tous les pays sur le mouvement ouvrier et démocratique, les partis communistes frères, sur les combattants des mouvements de libération nationale dans les pays coloniaux et dépendants, sur toutes les forces progressistes qui existent dans chaque pays. Discours de Jdanov, à Sklarska Poreba (Pologne), septembre 1947.. b) Sur le plan économique. Photo : Bettmann/Corbis, Microsoft Encarta, 2008.. .c. Dans le cadre de l‘endiguement économique, les Etats-Unis, sur proposition du général George Catlett Marshall (1880-1959) le 5 juin 1947, décident d‘attribuer une aide financière et matérielle à tous les pays d‘Europe qui en feraient la demande. 16 pays européens bénéficient de cette aide de 12,5 milliards de dollars établie sur la période 1948-1952. Deux objectifs justifiaient cette aide américaine qui prit le nom de « European Recovery Program » :. xa. accélérer la reconstruction de l‘Europe et remédier au « dollar gap » (manque de capitaux) ; - endiguer l‘expansion du communisme. La mise en exécution du « plan Marshall » a été le point de départ de la construction européenne avec la création de l‘Organisation européenne de Coopération économique (O.E.C.E., avril 1948), de la Communauté européenne du Charbon et de l‘Acier (C.E.C.A., 18 avril 1951), puis de la Communauté économique européenne (C.E.E., 25 mars 1957).. te. -. su. je. Dans le camp oriental, l‘URSS et ses alliés refusent l‘aide du « plan Marshall ». En réaction, la mobilisation économique des pays de l‘Est aboutit à la création en janvier 1949 du Marché commun des pays de l‘Est, le Conseil d‘Assistance économique mutuelle (C.A.E.M.) ou Council for Mutual Economic Assistance (COMECON), pour promouvoir le développement économique de ses membres. c) Sur le plan militaire Dans le camp occidental, de nombreux pactes et alliances ont vu le jour sous l‘influence de la diplomatie américaine américaine. Ainsi, l‘Organisation du Traité de l‘Atlantique Nord (O.T.A.N.) est créée le 4 avril 1949. Elle regroupe les pays de l‘Europe de l‘Ouest sous le commandement des Etats-Unis et s‘élargit à la Grèce et à la Turquie en 1952 puis à la République fédérale d‘Allemagne (R.F.A.) en 1955. D‘autres alliances militaires du même genre sont mises sur pied en Asie du Sud-Est avec l‘Organisation du Traité de l‘Asie du Sud-Est (O.T.A.S.E., 1954), au Moyen-Orient avec le Pacte de Bagdad (24 février 1955), dans le Pacifique avec le Conseil du Pacifique ou ANZUS (1er septembre 1951) et enfin le traité de paix avec le Japon en 1951. Dans le camp communiste, le réseau des alliances n‘a pas une ampleur mondiale. L‘URSS édifie un bloc continental. L‘unique alliance militaire englobant l‘URSS et les sept démocraties populaires est le Pacte de Varsovie fondé le 14 mai 1955. En plus d‘être une alliance militaire, le Pacte de Varsovie était chargé de jouer le rôle de gendarme idéologique si un pays du bloc de l‘Est remettait en cause le socialisme ou la suprématie de Moscou. Mamadou Moustapha FALL – Professeur d‟Histoire-Géographie – Lycée Moderne de Rufisque – [email protected]. 16.
(17) HISTOIRE – TERMINALE – Année 2009. George Catlett Marshall (1880-1959),. Affiche représentant les pays bénéficiaires de l’aide Marshall. Source : Lycée cantonal de Porrentruy (Suisse), 2004.. Répartition crédits du Marshall. des Plan. D'avril 1948 à juin 1952, dans le cadre du plan Marshall, les États-Unis apportent une aide massive aux pays européens dévastés par la Seconde Guerre mondiale. Essentiellement distribuée sous forme de dons, cette aide s'élève au total à plus de 13 milliards de dollars. Recevant 26 % des crédits, la Grande-Bretagne en est la principale bénéficiaire. Elle est suivie par la France (22 %), l'Italie et l'Allemagne de l'Ouest (11 %). Microsoft Encarta 2008.. su. je. te. xa. .c. annonçant le 5 juin 1947 au Congrès américain la proposition d‘une aide à l‘Europe.. om. Staline veut faire échouer le plan Marshall.. La signature du Pacte de Bagdad : 24 février 1955 Adnan Menderes, pour la Turquie, et le général Nouri es-Saïd, pour l‘Irak, signent le 24 février 1955 un « Pacte de coopération mutuelle » qui deviendra le « Pacte de Bagdad ». Amorcée au cours de l‘année précédente par des accords bilatéraux, l‘édification du « mur du Nord » (« Northern Tier ») face à l‘Union soviétique se poursuit. La première réunion du Conseil du Pacte de Bagdad a lieu les 21 et 22 novembre 1955 dans la capitale irakienne. [Etaient présents Mohamed Ali (Pakistan), Adnan Menderes (Turquie), Nouri es-Saïd (Irak), Hussein Ala (Iran) et Harold McMillan (Royaume-Uni)]. Aux deux premiers signataires se sont ajoutés le Pakistan, l‘Iran et la GrandeBretagne. Les cinq gouvernements réaffirment leur intention de « travailler en plein accord à maintenir la paix et la sécurité au Moyen-Orient, à défendre leurs territoires contre l‘agression et la subversion, et à promouvoir le bien-être et la prospérité des peuples de la région ». Les Etats-Unis se sont contentés de se faire représenter et d‘établir une liaison politique et militaire. (…) L‘opposition à la politique pro-occidentale de Nouri es-Saïd aboutira en juillet 1958 à la chute de la monarchie hachémite et à la proclamation de la République par le général Kassem. Lequel sera fusillé par le parti Baas en 1963. De son côté, Adnan Menderes, en Turquie, sera exécuté après la révolution de 1960. L‘Irak s‘étant retiré, le Pacte de Bagdad se transformera, en août 1959, en une Organisation du traité central (CENTO), davantage tournée vers la coopération économique. Cette dernière disparaîtra à son tour en 1979. René Guyonnet, Jeune Afrique/L‟Intelligent, n° 2354, du 19 au 25 février 2006, p. 30.. Mamadou Moustapha FALL – Professeur d‟Histoire-Géographie – Lycée Moderne de Rufisque – [email protected]. 17.
(18) HISTOIRE – TERMINALE – Année 2009. Préambule du Traité de l’Atlantique Nord Les Etats parties au présent Traité, réaffirmant leur foi dans les buts et les principes de la Charte des Nations Unies et leur désir de vivre en paix avec tous les peuples et tous les gouvernements, Déterminés à sauvegarder la liberté de leurs peuples, leur héritage commun et leur civilisation, fondés sur les principes de la démocratie, les libertés individuelles et le règne du droit, Soucieux de favoriser dans la région de l‘Atlantique Nord le bien-être et la stabilité, Résolus à unir leurs efforts pour leur défense collective et pour la préservation de la paix et de la sécurité, Se sont mis d‘accord sur le présent Traité de l‘Atlantique Nord. Washington DC, le 4 avril 1949.. 2. Les principaux points chauds de la guerre froide. a) En Europe, la question allemande. om. Deux Allemagnes, deux Corées, deux Chines, deux Vietnams : de part et d‘autre de ces frontières, s‘organisent les deux blocs, deux systèmes stratégiques qui s‘étendent au monde entier. La guerre froide apparaît comme un conflit entre les deux superpuissances pour l‘hégémonie dans le monde. Comment cet affrontement par alliés interposés évolue-t-il ?. Parmi les points chauds de la Guerre froide en Europe, on peut citer :. .c. - la guerre civile en Grèce qui opposait la résistance communiste et la résistance royaliste qui est sortie victorieuse en 1949 grâce au soutien des Américains (250 millions de dollars) ;. xa. - le « Coup de Prague » en Tchécoslovaquie qui aboutit à la prise du pouvoir en février 1948 par les communistes et la transformation de ce pays en une démocratie populaire. Les autres Etats de l‘Europe de l‘Est font de même. Seule la Yougoslavie du maréchal Tito (Josip Broz, 1892-1980) s‘éloigne d‘où son exclusion du Kominform ;. te. - et, surtout, la question allemande.. su. je. C‘est sans doute la question allemande qui est le pus grand point de désaccord marquant la guerre froide en Europe, avec notamment la première crise de Berlin aboutissant au blocus de la ville. Devant l‘impossibilité de s‘entendre sur un statut définitif de l‘Allemagne, les pays occidentaux décident de fusionner leurs zones d‘occupation (la « trizone ») en vue de créer un Etat allemand et une nouvelle monnaie, le deutsche mark. L‘URSS considère cette décision comme une violation flagrante des accords de Yalta et de Potsdam sur l‘Allemagne. Ainsi, le 24 juin 1948, Staline décrète le blocus de Berlin, de toutes les voies terrestres permettant d‘accéder à Berlin-Ouest. Pendant 322 jours, 2,2 millions de personnes sont isolées et survivent grâce à un vaste pont aérien anglo-américain. En 10 mois, 275 000 vols ont été organisés, transportant 2,5 millions de tonnes de marchandises. Le blocus de Berlin n‘a donc pas atteint son objectif. Par conséquent, Staline décide de le lever le 12 mai 1949. L‘intégration de l‘Allemagne de l‘Ouest dans le camp occidental s‘accélère avec la création de la République fédérale d‘Allemagne (RFA) le 23 mai 1949 avec Bonn pour capitale et Konrad Adenauer (1876-1967) comme premier chancelier (1949-1963). Elle reste désarmée et sans politique étrangère autonome. Le 7 octobre 1949, la zone d‘occupation soviétique devient la République démocratique allemande (RDA), une démocratie populaire ayant pour capitale Berlin-Est et pour premier président Wilhelm Pieck (Otto Grotewohl Premier ministre et Walter Ulbricht, Premier ministre adjoint). b) En Asie, la guerre de Corée Les principaux points chauds de la guerre froide en Asie restent : - la deuxième guerre civile en Chine (1946-1949) qui se termine par la victoire des troupes communistes de Mao Zedong (Mao Tsé-Toung, 1893-1976) soutenues par l‘URSS Mamadou Moustapha FALL – Professeur d‟Histoire-Géographie – Lycée Moderne de Rufisque – [email protected]. 18.
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