Daniel Droixhe
Aldrete,
Sarmiento et
les "lois
phonétiques"
Sur le
principe
de
continuité
En matière de recherche sur
l'histoire
des langues,la tradition
espagnoleanté-rieure au XIXe
siècle s'est
notoirementillustrée
par
I'attention portée
aux changements phonétiques intervenus dans Ie passagedu latin
àI'idiome
natio-nal.t
On
ne reconsidérera pasici
dans quelle mesure ces tentatives anciennes1)
Cette tradition est insuffisamment présentée dans les panoramas généraux d'histoire cle la 1in,guistique. A titre d'exemple, ni Aldrete, ni Covarrubias, ni Mal,ans 1,Siscar. ni Sarmienro, ni
Valdés ne font I'objet d une notice dansle Leri.cort granunaticorwn de Stammerjoham (1996), le Who's Who dans l'histoire de la linguistique rnondiale. La tradttion française
y
est bienmieux traitée. Antoine Court de Gébelin (.1125-1781). l'homme du celtique primitif, théorie
dont se moquait déjà Voltaire, se trouve grarifié d'une belle page, bien que I'on reconnaisse
que son ceuvre "fut rapidement surpassée par les plus riches compilations de Hervâs, Pallas ou
Adelung"
-
lequel Lorenzo Hervâs y Panduro (1735-1809) n'accède pas lui-mêrrie au panthéondes linguistes. A quoi ont donc servi les trar,aux de Coseriu (1978), Brincar (1986), Tonfoni (1988) ou Ha8ler (1989) qui soulignaient chez Hervâs 1'affirmation d'un comparatisme
gram-matical dont le principe émerge chez quelques prédécesseurs, depuis Marc Zuer Boxhorn (1612-1653) et Johannes De Laet (1593-1649)? Une autre manière de procéder est adoptée par
Zamora (1985: 5). Sa très Brevissina htstoria de la lingù[stica con especial atenciôn a las
contribuciones hispânicas explique qu'elle n'a pas pris en compte un auteur "aussi imporranr
qu'Aldrete" parce qu'elle se limite aux grammairiens présentant "une transcendance réelle du
point de vue du développement postérieur de la linguistique". On s'y étend par contre sur la
Minen'a de Francisco Sânchez de las Brozas (Sanctius, 1523-1601) au nom du regain d'intérêt
suscité par la Grammaire de Port-Royal et la Linguistique cartésienne. Les perspectives
dérer-minant quels ouvrages offrent "une valeur conjoncturelle en histoire de la discipline" sont, on Ie voit, bten différentes ici et là. Cet article était sous presse lorsqu'on a reçu l'étude de Dieter
Kremer sur "O Onondstico de Fr. Martin Sarmiento e a onomâstica galega". O patlre
Sar-miento e o seu lempo. Actas do Congreso Internacional do Tricentenario de Fr. Martin
Sar-miento (1695-1995J. Santiago de Compostela: Universidade de Sanriago de Compostela
-
Con, sello da Culrura Galega 1997: 15-30.G. Ha!3Ler, P. Schmitter (Ilrsg.). Spracfuliskussion urul Beschreibung von Sprachen in 17. und 18. .lcthrhurulert, 273-296
Daniel Droixhe
méritent
ou non
I'appellation
de
"prélude
aux lois
phonétiques".
Le
cadred'une telle
discussiona
été
défini à
propos
de
Gregorio Mayans
y
Siscar(1699-1781)
par Maria
JoséMartinez Alcalde (1992:
187-89).On
se propose seulement de confronter deux des pratiques les plus originales et les plusavan-cées,
sur
ceterrain,
en évaluantle
rôlejoué par
d'éventuelles contraintes ou tensions épistémologiques dans des contextes chronologiquement éloignés.Dans son ouvrage classique sur
La
linguistique espagnoledu
siècled'or,
Werner Bahner a mis en évidence
la
valeur etle
caractère précurseur du traitéDel
origen
y principio
de
la
lengua castellanade
Bernardo Joséde
Aldrete (1560-1641), paruen
1606.2Si
I'on
peut considérer queI'interrogation
sur la régularité de la variation diachronique corlmence avecAntonio Elio
de Nebrija (1444-1522),"Aldrete traite
les phénomènes de manière bien plus détaillée etsystématique" que ce
dernier, arépété
Bahner(1986:
103sv.).
La
portée des"règles" ainsi
dégagées aété,
il
estvrai,
limitée par
Mark
Johnston dans un compte rendu extrêmementvirulent
del'édition
duDel
origen donnéepar
Li
dio Nieto
liménez
(auquelon doit par
ailleurs une
utile
reproduction
pho-tomécanique
de
I'ouvrage,
de
1993). Pour
Johnston,
la
quête
des
règles phonétiquesdoit
se comprendre, àla
Renaissance, àpartir del'épistèmè
dela
ressemblance chère
à Michel
Foucault,
cet
"espace constructeurde
presquetout
savoir auXVI"
siècle".
Plus spécifiquement,le
repérage des constantes et des analogiesferait d'abord fonction de "via
reductivapour
l'établissement etl'identification
de la langue adamique".3 Onvoit
comment cette critique intègreégalement les idées de Hans
Aarsleff
sur l'adamismefoncier
dela
linguistiquehumaniste.a
De
soncôté,
Rafael Lapesa a considéréqu'Aldrete n'avait
pas étéréelle-ment dépassé par Mayans. Et
il
conclut:Aucun des deux n'est arrivé à découvrir la régularité avec laquelle, dans toute langue
dérivée, s'altèrent les phonèmes de
la
langue première situés dans des contextesphonétiques égaux. Cette découverte était réservée au Frère Martin Sarmiento, con-temporain de Mayans, qui formula en 1758 des "lois étymologiques" romanes sous la
forme de "théorèmes" selon la méthode d'Euclide [...] (Lapesa 1987: XX)
Les
grandstraits
dela
linguistique deMartin
Sarmiento (Ségovie 1692-1170)ont été résumés.
voici
déjà bien des années, par JoséLuis
Pensado. Cultivantune
attentiontrès
soutenueaux
rapportsentre mots
et
choses,le
bénédictin développale
projet
"quasi obsessionnel"d'un
vasteDiccionario armônico
desBahner (1966: 119 sv.). Sur sa place parmi les plus importants pionniers de Ia romanistique.
cf. Coseriu (1972).
Johnston (1978: 450 sv.). On trouve dans ce cornpte rendu quelques approximations. Le
"Wolfgango" qu'il mentionne. parmi les sources germaniques d'Aldrete, n'est autre que
Wolf-gang Lazius (i514-1565). auteur d'un intéressant De gentium aliquot migrationibtrs de 1551, opportunément et correctement cité par Bahner (1986: 1 1 1).
L'æuvre d'Aldrete s'est prêtée par Ia suite à d'autres mises en perspective. L'une des plus récentes a souligné la place qu'occupe une "linguistique du texte" dans le Del origen, confor mément à une certaine tradition d"'écriture de l'histoire linguistique" dans la péninsule, à partir
d'Enrique de Villena (1384-1434): Niederehe (1997: 53-55). 2)
3)
Aldrete, Sarmiento et les "lois phonétiques"
langues romanes, entreprise à laquelle
participerait
"chaquenation"
enfournis-sant
"le
lexique de
sondialecte", ce
qui
nécessiteraitla
mobilisation,
estimeSarmiento,
d'environ trois
centsérudits...
(cf.
Pensado196O:32).
Le
classe-ment et
la
comparaison de ces matériaux impliquent des règles de méthode qui sont ébauchéeset
surtout illustréespar
I'exemple
du
castillan
et du
galicien dans les Elementos etimolôgicos segûnel
método deEuclides. Ce texte,
quisemble encore peu connu des historiens de la linguistique, aurait été commencé
en 1758, abandonné puis repris en
1766.Il fut
seulementpublié,
avec de nom-breuses suppressionset
deserreurs,
dansles
Escritosfilolôgicos
del
padre Sarmiento queprocura
en
1928-31le
Boletîn de
la
real
Academia espafiola.On
ne
disposepas d'autre édition, en
attendantcelle
annoncéepar
J.L.
Pensado.5
Ce n'est pas
ici
l'endroit
d'exposer ce que Sarmiento entendpar
"méthodeeuclidienne".
La
référence à la géométrie vise l'étude des langues fondée sur la logique, dontil
dénoncela stérilité.
On peutcroire
qu'au delà,I'auteur,
adver-saire déclaré des Lumières, manifestait
son
opposition
au
triomphe
de
la"grammaire générale".o
Il
y
aurait à
replacer cette expression d'antagonismedans
le
contextede I'opposition entre
"métaphysiciens"-
grammairiensmet-tant l'accent
sur
les
mécanismes logiques sous-jacents-
et
"mécaniciens"-dont l'approche s'inspire davantage des sciences exactes.
Un
représentanttypi-que
du
courant
"mécanicien",
en
France, est
l'abbé Noël Antoine
P1uche(1688-1761)
(cf.
Colombat 1996: 738): onvoit
queI'Eglise,
pour combaure le"philosophisme
linguistique", mobilisait
le
modèle scientifique dominant
auXVIIe
et dansla
premièremoitié
duXVIIIe
siècle.En
réaction,il
semble que les nouveaux modèlesdu
savoir, fondés sur labiologie
oula chimie,
aient da-vantage influencé une nouvelle vaguede
"grammairiens philosophes", dans la secondemoitié du
XVIIe
siècle;
on
songeau
président Charlesde
Brosses(1709-1771), malgré
l'étiquette
que porte sa Méchanique des langues,ou
auxDiversions of Purley de John Horne Tooke (1736-1812).7
1.
Pratique
et
productivité des "Théorèmes"
Après
avoir
traité de I'application
dela
méthode euclidienneà
l'étymologie,
malgré
les "railleries"
de ceuxqui
n'aperçoivent pasla
raison historique deslangues,
le
bénédictin présente soixante-dix règlesou
"théorèmes" concernant les changements réguliers subis par consonnes et voyelles latines en castillan etgalicien. Aldrete,
en 1606, avait considéré un nombre beaucoup pluslimité
de6) 7)
Je dois une transcription du ms. des Elententos, d'après l'exemplaire du Musée de Pontevedra, à Melle B. Paz, qui prépare un mémoire sur le sujet. Je compte traiter ailleurs des suppressions et erreurs dont il est question.
Sur l'anti-r,oltairianisme de Sarmiento, v. par ex. Martinez Alcalde (1992: .17 n.).
On a sigrralé comment "la méthode analytique des Diÿersions attire la comparaison avec des sciences exactes comme la mécanique et Ia chimie" (Droixhe 1978: 259), dans une perspecrive
foncièrement matériaiiste (Robins 1996: 926-21\.
-275-Daniel Droixhe
transformations, aux chapitres 10
à
13 dulivre
ll
duDel
origen(Aldrete
1606:205
sv.). Les
"mudanças"qu'Aldrete
repère ne sont pas seulement illustrées par des séries de correspondances entrelatin
et castillan, mais sont aussi réfé-réesde
manière caractéristiqueà
des changements phonétiques constatés enlatin par
les grammairiens antiques.La
liste de ces correspondances a étésou-vent résumée.8 On
va
comparerd'un point
de vue simplement"positiviste"
lapertinence des règles
concernantles
phonèmes représentéspar
b
et
ch
encastillan et en
galicien.
Cechoix
se fonde sur les onze premiers théorèmes deSarmiento, dont on trouvera à l'annexe 1 un essai de traduction
qui corrige
enpartie I'ancienne
édition,
sans prétendre éclairer tous les points dutexte.
Con-cernantles
autres termes castillans mentionnéspar
les prédécesseursde
Sar-miento, on est
invité
à se reporter aux dictionnaires espagnols courants.Les
tableaux ci-dessous synthétisent les règles proposéespar
les deuxau-teurs, en
y
ajoutant les indications quefournit le
Tesoro dela
lengua castellanade
SebastiânCovarrubias
(1539-1613),qui
datede
1611.
Il
a
sembléutile
d'envisager les suggestions étymologiques de ce dernier ainsi que
la
présence éventuelle d'amorces de règles.Il
estclair
que certaines correspondances entrelatin
et
castillanoffraient un
caractère d'évidence.Les
considérationsde
Co-varrubias peuvent
servir
de
cadre
de
référence, comme exemple
de"conscience
linguistique
lettrée"
reflétantun
plus
large
"horizon
de
savoir". On a placé en tête de chaque liste des exemples de motspour
lesquels les trois auteurs fournissent,plus ou
moins explicitement dansle
cas de Covarrubias,une étymologie identique;
la
présencede
cette
dernièreest
indiquéepar
lesigne
*.
On
amis
en évidence certains termes allégués de manière exclusive chezI'un
ou
l'autre.
Les tableauxrelatifs
aux règles sont suivisd'un
essai demise en perspective étymologique:
on
y
a
synthétisé quelques interprétationsmarquantes proposées à
partir de
1600.Un tiret
indique I'absence de proposi-tion clairement exprimée.1.1
Lesorigines
duB castillan
et galicienConsidérons les premiers tableaux de I'annexe
2.
Dansla
colonne concernantAldrete,
la
sélection de mots choisis vised'abord
àfaire
apparaîtrela
banalitéde
certains
rapprochements.Quel
élève des
humanitésn'était pas
capabled'apparenter
abeja etAPICULA,
capra
e'tCABRA,
etc.?Autre
chose, biensûr, était de
dégagerclairement
la
règle:
démarchetraductive
et
approchehistorique
dela
variation
se situent sur des planstrès différents.
La
mise enéquation étymologique des conjectures
d'Aldrete et de
Sarmiento nedoit
pasaplatir
la
part
d'audaceet
d'originalité
que comporteleur
organisation pour ainsidire
typologique. Quel moyen avons-nous de testerle
"progrès"
respectif que représententces "règles"?
On n'a
guèrevu
d'autre critère
possible quecelui
dela
productivité
étymologique.Celle-ci
apparaît chezAldrete
relative-8)
Bahner (1966: 125-39): Arellano (1,977-79:176-77); Bahner (1986: 106-8); Abad Nebot (1986: S_I0)3
Aldrete, Sarmiento et les "lois phonétiques"
ment
faible, si I'on
considère queI'origine
des mots allégués esten
général transparente. On ne peut guère détacherici
qu'un
terme commeabubilla'hup-pe',
dérivéd'UPUPA
-
mot peusignificatif,
en raison de son caractèreonoma-topéique (armexe
2.1).
Covarrubias énonce du reste occasionnellement, dans levocabulaire
typique
de la
grammaire antique,la
règle
quela
liste d'Aldrete
mettait en évidence. "On change le P en sa moyenne B"
.
Leph
du
gr. kephalê,croisé avec
CAPUT,
"est changéenb,
la moyenne étant mise pour I'aspirée",etc.
Là où Aldrete
avance uneproposition originale,
c'est
quandil
la
puise chezIsidore
deSéville
(c.
560-636), comme c'estle
caspour
le
rattachementde
baxel,
bajel
'bàtea,u'à
PHASELUS
'embarcation
de
forme
allongée' (annexe2.2).
On conviendra quel'idée
ne manquait pas de bon sens puisqu'onfait aujourd'hui
remonter bajelat
lat. VASCELLUM
(via une forme catalane),alors que la tentation était grande, pour un homme du
XVIe
siècle, de rattacher cebajel
à son cousinbatel'bateau',
venant quant àlui
du françaiset,
au delà, des langues germaniques.L'exemple de
biznnga'carotte
sauvage' (annexe2.1)
manifestela
diffé-rence entre
la
pratique asystématiqued'Aldrete
ou de Covarrubiaset celle
deSarmiento.
Il
illustre
chezce dernierle
théorème 1,effegistrant
le passage deP à
â.
Covarrubias ne songe pas aulat. PASTINACA,
pourtant de même sens.Il
préfère une étymologie populaire rattachantle
mot
àBIS-NATA
'née deuxfois',
en
raison
de
la
double
couronnede
feuillage que
porte ce
légume,comme
I'expliquent
aussi Francisco del Rosal (1537?-1613?) dans sonDiccio-nario
etimolôgico de16ol
et le célèbreDictionnaire
des Autorités de 1726-39.9L'abandon de certaines étymologies populaires constitue un
trait
dela
pra-tique
de
Sarmiento.
On
peut qualifier
d'évidentialisme
une
approche
del'histoire
des mots qui considère comme transparentes ou allant de soi certainesdérivations
(voir
à ce sujet un article ancien deWolf
Dietrichl.to
Sarmiento seméfie
de
ces fausses évidences.On
expliquait
traditionnellementpar
le
lat.brevis
le
castillanbreva
'frglueprécoce',
auquel correspondle
galicien bebra.Sarmiento rattache correctement
celui-ci
àBIFERA 'qui
porte deuxfois
dansl'année',
filiation
illustrant
la transformation duF
enà
(annexe2.2). L'origine
exacte
avait
déjà élé aperçue dès 1606 par Duarte Nunez de Leâo (1530-1608)pour
le
port.
bebera.Il
estvrai
quela
formebreva
ayaittout pour induire
enerreur les historiens du castillan. Sarmiento rompt aussi avec
l'éfymologie
cou-rantedu
cast.chopo 'peuplier
noir',
rattachéà chupar'sucer'
parce que les9)
Rosal (1992:99); Real Academia Espaflola (1990: s. v.).l0)
Ainsi, Gilles Ménage (1613-92) néglige ou n'aperçoit pas le fau que rel mot clu latin classiquene produit pas linéairement tel mot français, soit pour le son, soit pour le sens. S'il ne donne pas de notice pow apparaître, c'est sans doute parce qu'il est entendu que le mot vient
d'appa-rere- en fait.
<
*apparescere. Des changements comme ceux de bucca 'joue gonflée' >bouche ou cantera 'plafond, voûte'
)
chambre n'attirent pas l'attention (Droixhe 1994). Cepiège de l'évidentialisme, qui serait à inscrire dans une perspective méthodologique de la
"transparence contre-productive", n'est pas sulïisamment souligné par I. Leroy-Turcan (1991), dont la thèse a attiré les critiques de Chr. Schmitt (1993).
-Daniel Droixhe
racines
du
chaîne suceri
(chupan)1'humiàité.
Covarrubiasparaît
reproduirel'explication
avec
un brin de
scepticisme.On trouve
l'étymologie
correcte(<
POPULUS réduit
à PLOPO) sousle
théorème8,
qui traite
du passage dePL
à ch.En
cequi
concerne la prise de conscience dela
régularité du changement,le
casdes
galicienstrebo 'trèfle', acibo 'houx' et du
catalan greboL'houx'
mérite
d'être
particulièrement souligné (annexe2.2).
Bienqu'Aldrete
cite plu-sieursmots illustrant
le
passagede
F
à
b,
dont
le
caractéristique AFRICUS 'ventdu
sud'
)
abrego, et malgré les notations relatives, chez Covarrubias, àun
changementdu
gréco-lat.
PH
enb
(kephalê
>
cabeza,aphrilis
)
abril:
annexe
2.1),
aucun n'envisage 1'évident rapprochement des termes botaniquesen question avec
TRIFOLIUM
etAC(R)IFOLIUM. La
théorie del'aitération
régulière était
latente chez lesdeux
étymologistesdu
débutdu XVIIe
siècle.Mais
sa formalisation et son application consciente, systérnatique,font
ladiffé-rence chez Sarmiento.
En
somme, c'est presque I'extension régulière def
idée de régularité qui trace la frontière entre les premiers et I'homme des Lumières.Peut-être
l'idée de
"mécanique des langues" joue-t-elle à nouveauun rôle
dans cet écart.1.2
Lesorigines
du
CH castillan
et galicienLa plupart
des équivalencesillustrant
1e passagedu
lat. CT
àch
(annexe 3.1)ont
aussi chezAldrete un
caractère d'évidence:FACTUS
)
hecho, NOCTE)
noche,LACTE
)
leche,etc.
Plusieurs d'entre elles sont énoncéespar
Co-varrubias sans que
celui-ci
fasse étatd'une règle.
Par rapport à Sarmiento, laliste
d'Aldrete
est plusnourrie,
mais en partie banale puisque 1a majeure partie desfiliations
proposées apparaissent évidentes chez Cor,arrubias.On
noteracependant
chez
Aldrete
les
mentionsde
formes
espagnoles données comme anciennes:DUCTUS
)
ducho'expert, adroit', FRUCTUS
)
frttcho.
I1 est frappant de constater que non seulement Covarrubias
n'exprime
pasde
règle,
maisqu'il
n'envisage pas. dans deux cas remarquables, uneapplica-tion implicite de l'idée
de
changementrégulier.
Sans doutea-t-il
celui-ci
envue quand
il
dérive
estreclto'étroit'
deSTRICTIUS. Mais
les explicationsre-latives à
frucho
et noche ne laissentrien
entrevoir au lecteur duprincipe
con-stantqui
est enjeu.
Alors
que la règle est manitèste dansle
cas deleche'lait',
Covarrubias supposele
changementLAC
>
lete
)
"finalemenl leche".
Une certaine méconnaisancede celle-ci
le
conduit
dèslors
à
une erreur pure
etsimple d'étymologie:
provecho
'profit'
est
rapporté
à
PROVENTUS
'pro-duction, récolte,
abondance' aulieu
de PROFECTUS 'accroissement,profit',
tandisqu'Aldrete
se rapproche davantage deia
solution moderne en proposantPROVECTUS'avancement. accroissement'.
Le
tableaude
I'annexe3.2,
qui
concerne, selon nos auteurs,le
passagedes
lat.
T
I
LT
I
PL
à
ch,
metmieux
encore en évidencela
'supériorité'
de-qLZ-1â elcQrs
âII^X
np tnqgp np roruuord un rêredruoc op sIIuJod tsoII,s 'oluatureg
ap
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I
L'l
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srpuul',tgord
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êc?r] rnb 9il:u1n39r epê9pl,l
êp a:qr1n39r uorsuolvê,Ianbserd 1sâ,c 'ourruosug
'otuertuJus zoqo êcuoJ-9lJlp Bl luoJ 'enbtlurugls.{s 'etuerJsuoc uortecrlddu uos 1e uoiteslleturoJ ES sr?IN
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saurcer aqxroro IerwcAldrete, Sarmiento et les "lois phonétiques"
un de
ses successeurs,profitant de
son expérienceet
d'un
autreclimat
intel-lectuel.
Peut-être sarmiento
s'inspire-t-il
eneffet
duDel
origen
quandil
consacreun
théorèmeau
changementde
T
en ch
et
reprendl'exemple de
la
filiation
CATULIIS
'petit
chien'
)
cachorro'id.'.
Cetterubrique
estla
moins
satis-faisante, comme
s'il
s'agissait du résidu d'une tentative trop lointaine, marquéede
simplicité pour
ainsidire
archaïque. L'hypothèsed'Aldrete
concernanr/ra-piche 'moulin
àhuile,
à sucre' identifie correctement le termed'origine, le
lat.TRAPETUM
de
même sens, maisla
règ1e invoquéen'est
pasici
d'applica-tion.it
L'idée
de Sarmiento concernant lecastillan
chufas'souchet. amande deterre'est
fausse(<
TUBERA),
maisl'explication du
terme setrouvair
quasi-ment hors de portée.Plus important que ces erreurs ponctuelles est
le fait
qu'Aldrete introduit
dans la catégorie du changement de
T
en c/z des cas relevantd'une
autre règle, nettement plus préciseet
spécifique, encastillan:
celledu
changement deLT
en c/2, correctement circonscritepar
Sarmiento sous le dixième théorème. Lesgénèrent
pour ainsi dire
chez
Sarmientod'autres
exemplesqui
permettentd'identifier la
règle: escuclrur'écouter'
<
AUSCULTARE,
1'ancien muchigar<
MULTIPLICAR.
etc.Cette
indistinction
s'accroît de rnanière caractéristique avec les deux<ler-niers exemples
qu'Aldrete
range sousla rubrique
"lat.
T
>
hisp.
c/2". Ceux-cin'ont plus rien
à voir
avec
les
précédents,puisque
I'articulation latine
enquestion est
PL: AMPLUS
>
cast.ancho'large'
etIMPLERE
)
cast.hen-c/zlr
'remplir''.
Les
rapprochements étaient évidernment desplus
intéressants,rnais
Aldrete les introduit à Ia
sauvettepar la formule: "on
trouve
aussi ce changement dans,etc."
C'était d'une
certaine manière avouer leslimites
de sacapacité
d'observation. Ces
exemples
entreront chez
Sarmiento
dans
la catégorie particulière que constitue le tliéorème 8.Celui-ci
n'ajoute pas seulement de nouveaux exemples castillans:chopo
1
POPULUS, déjà
cité;
cacha'manche, châsse decouteau'
<
CAPULUM,
erc.La liste des mots cités
fait
apparaître-
de manière encore confuse, i1 estvrai
-un
élément beaucoupplus
suggestif: auclt
salicien
correspond assez souvent urri/
castillan (typechorar
/
llorar
dePLORARE).
Les théorèmes6
et7,
qui enresistrentles
transformations deslatins
CL et
FL,
confirment
1'alternance(les termes concernés sont imprimés en caractère gras dans 1e tableau). Tout ceci imposait 1a conviction d'une très grande régularité.
On n'insistera pas sur la productivité étymologique de cette approche
nou-velle,
qui
ne se contente plus du vocabuiaire courant mais aliègue formes an-ciennes et topon),mes. L'annexe 3.3 permet de se faire une idée de 1'originalitéde
Sarmiento
par rapport
à
ses prédécesseurs. Détachonsles
étymologiesfournies sous
le
théorème7
(FL
>
c/r).L'explicarion
du
gal. chamizo'bois
à dernibrûlé'
parFLAMMA
n'allait
pas desoi.
Sarmienrofait
correctement état 11) Corominas (1996: s.v.). Le mot latin a subi l'influence du dialecre mozarabeDaniel Droixhe
de
I'altération
deFRAGRARE
enFLAGRARE,
qui permetd'expliquer le
gal.cheirar 'sentir,
fTairer' .t2L'explication
du toponÿme chavespui
nlavn-s
utraversé
les
siècleset
figure parmi
les exemples typiques quôfournit un
ou-vrage comme
celui
d'E.
Rivas Quintas,de
1ggg, au chapitrè dela
phonétiquegalicienne.
Il
en
va
de mêmede l'étymologie
du
nompropre
Ciouzan,
re_montant à
FLAVICIANUS
devenuFlacian
(selon sarmiénto) ou Flauzanu(les
rois goths d'Espagne avaient pris Ie nom de Flavius).
On
doit
noter
avecJ.L.
Pensado que Sarmientoa
éprouvéici,
comme àpropgs d'autres phénomènes, le besoin
d'un
lexique phonétique spécifique.ce
souci métalinguistique peut être considéré comme un indice ptus
generil
oe tamafurité atteinte par
la
linguistique espagnole du temps.Maylns
ÿ
siscar usait des termes correspondant à diphtongue, diphtonguer, apparus enitalien
dès leXVIe
siècle, mais
qui
demeuraient raresen
français,
puisque diphtongaisonn'entre au dictionnaire que
chezLittré.
Sur
le
modèlede ieceai
,,2éiayer,,,sarmiento
créera chechearponr
désignerles
évolutionsdont
il
vient
d'êtrequestion. l3
1.3
Sur
leprincipe
decontinuité
Il
est un domaine oùAldrete
se montre supérieur à sarmiento: celui deI'expli-cation concernant
la
naissance de Iavariation. comme
I'a
notamment soulignéBahner
(1986:
107),la
Del
origen
réfèrele plus
souvent possibre leséquùa-lences entre
latin
et espagnol à un changement déjà notépàr
les grammairiens antiques,dont David
Cram
évoque, dansle
présentvofume,
là
pratique
de"permutation des
lettres". Aldrete
allègue les indications deeuintiiier,-Héro-dote
et
Festusmontrant
"quec'était un
usage ancien enlatin
de changer lep
des Grecs enb".
"Ceci a
ététrès
fréquent en Romance,,.Il
note quà Festussignalait déjà chez "les paysans"
la
tendance à prononcerle
au ratii o, ce
qui
éclaire les correspondances
GAUDIUM
>
gozo,LATJDARE
>
loar,
etc. (ôf .Aldrete
1606: 206, 209).Il
y
a diverses manières delier
cette pratique à l'épistémologiedu
temps.D'un
côté, Johnston, commedit
ptus haut, ainscrit la
recherche des analogieslinguistiques dans
le
cadred'une
épistèmè dela
ressemblance.on
apu
aüssimettre davantage I'accent sur
la
conception du temps que manifeste souvent lalinguistique de
la
Renaissance(cf.
Droixhe
198D.bei
grammairiens duXVI.
siècle
tels
que
JacquesDubois
(147s-1555)ou charlés de
Bovelles
(1470-1553)placent sur
le
mêmeplan
chronologique desfaits ou
des phénomènesd'époques très diverses.
on
prendraI'habitude, qui
durera longtemps encore,de
faire
passer directementet
sans guère de transformationstèl
môt
du
grecantique
ou d'une
vieille
langue orientale au français moderne. Les planstem-porels
se confondent, de même que les mécanismes généraux detiansforma-12) L'éd. connue rranscriv ait " Cheixar, de fragnare"
13) Pensado dans Sarmienro (1970: 56).
-280-Aldrete, Sarmiento et les "lois phonétiques"
tion.
Une évolution
phonétiqueen
espagnollégitimera,
à
rebours,
telle
cor-respondance de
"lettres"
entre grec etlatin,
ou inversement.On a montré ailleurs comment I'avènement d'une conception véritablement évolutive de la parole s'était lentement dégagée
d'un
mode de penséequi,
sansdoute en accord avec
la
perceptiond'un
vécu chaotique, soumis auxconvulsi-ons de
la
guerre, considèreI'histoire
du langage comme une suitede
'révolu-tions'.
C'est plutôt
dans ce cadre dela
conquête dela
continuité évolutive quedoit
être
située,semble-t-il,
la
phonétiqued'Aldrete.
Il
nes'agit
pas en effet chezlui,
commele
font
bien des 'comparatistes' dela
Renaissance,d'énumé-rer
les innombrables types d'alternances ou d'altérationsqui
régissent les lan-gues, souvent de manière contradictoire.Aldrete
lie
historiquementla
modifi-cation
antiquedu e latin
de
CENTUM ou
de
DECEM et
son aboutissementdiphtongué en espagnol.
L'évolution
quiproduit
ciento,diez,
mais aussi cielo,cierzo
'bise',
ciervo,
etc.
s'enracine dans
la
notation
de
Quintilien
selonlaquelle
"on
n'entend
pastout à
fait le
i
ni
le
e
danshere
l'hier'|".
Rien d'étonnant, conclutDel
origen,
à ceque,
"ces deux lettres se confondant dansle
son",
nous convertissions"le
elatin
en ie romance"(Aldrete
1606:206). PortantI'intérêt vers
les processus de changements historiques, I'ouvragediscrédite
corrélativementla
recherche desorigines ultimes,
de
l'Ursprache
(cf.
Niederehe 1997:
54). Si
I'espagnola
conservé des noms archaïques devilles et
de coursd'eau,
celan'implique
enrien qu'on
ait
gardéI'idiome
au-quel
ils
appartiennent. Nous possédons à peine, des tempstrès
anciens, "unaimagen
et
sombra
de
la
verdad",
écrit
Aldrete. Cette corrélation
entre"forclusion"
deI'origine
et déplacementd'intérêt
vers les "tempsultérieurs"
etintermédiaires
a
été
mise
en
évidence dansd'autres
travaux, à
propos
duXVIIIe
siècle.1aOn peut apercevoir
l'action
du principe de continuité en d'autres points dela
linguistique
d'Aldrete
-
action peu consciente sansdoute,
et
opérantà
la manièred'une
tension méthodologiquediffuse.
Une partie du chapitre 9du
li-vre
II
est consacréeà
démontrerqu'on
ne peutfaire I'histoire
de
I'espagnolsans
tenir
compte dela
large part de vocabulairelatin qui
ne nous est pas par-venue.Aldrete va donc
souligner ces lacunes enoffrant
dela
langue I'imageimplicite d'une
sorte d'organismevital
en expansion continue, laquelle prend surtoutla
forme dulatin
populaire ouvulgaire.
Par ailleurs, ce même chapitre ouvre largementl'éventail
des glissements de sensqui
ont pu conduiretel
motà
prendreune signification très
éloignée,voire
contraire. Une
autreidée
duDel
origen
a
été commentéepar
FranciscoAbad Nebot
(1986:
10).
Aldretevoit
qu'une même langue donnelieu
à diverses manières deparler,
en fonction dela
diversité
deslieux
où
cetteparole
s'exerce.En
une image assez forte,cette diversité est comparée à celle des visages et des "attitudes du
corps",
"parl4)
Madame Martinez Alcalde veut bien m'écrire à ce propos: "El 'evidencralismo', fundamentalen una büsqueda etimol6gica que persigue la verdad de la designaci6n originaria mâs que la
historia de la palabra y su evoluciôn. aparece claramente superado en Sarmiento, y no lo hacia,
por ejemplo, en Mayans. [...] Mayans 1lega a apuntar en sus Orlgenes que, si se conoce Ia
Daniel Droixhe
lesquels les uns se distinguent des
autres".
"Il
en va de même clela
variété dela
langue".
La discontinuité introduite par ces menues mais significativesdiffé-rences ne
peut
se penser que surun
fond
decontinuité. Celle-ci
estconsub-stantielle
de "la
esencial dialectalidadinterior del idioma".
commedit
AbadNebot.
Pareille
émergencede
la
"dialectalitéintérieure", de
la
variation
sociale,trouve peut-être son expression dans
le
champ documentaireexploité,
tel
que caractérisé parH.J.
Niederehe:Dans 1e dernier chapitre de son traité, Aldrete otÏie même un volumineux assortiment de toutes sortes de types de textes, utilisés pour illustler les phases interrnédiaires de
l'espagnol:
il
puise dans les discours publics, poèmes et ouvrages historiques commedans des écrits de "Philosophia iMedicina", dans
la
"Theologia" comme dans les"chansonetas.
i
villancicos. con que 1as Nauidades se regozijan" fchansonnettes etcantiques par lesquels on se réjouit à la Noëll. (Nrederehe i997: 55)
1,4
Lestrois
continuités
Finalement. les plans sur lesquels opère
I'idée
de contir.ruité, dansla
tradition espagnole, peuventêtre
rapportésau
classique niodèletridimensionnel
de
lavariation.
De
l'époqued'Aldrete
àcelle de
Sarmiento, l'essentieldu
progrèsconcerne
la
variation
diachronique, considérée strictement dupoint
de vue dela
linéarité évolutive:
on
sait quele
principe
ne portera véritablement sesef-fets, en
matière de phonétiquehistorique, qu'au
XVIII.
siècle.
il
faudrait ici
rapprocher Sarmiento de Anne-Robert-Jacques
Turgot
(1127-1181)la
publica-tion en
1756du
fameux
article Erynmologie n'est peut-être pas érrangèreà
larédaction des Elementos, commencée en 1758.
On
notera queI'idée
de continuité opère aussi chez Sarmientosur
Ie plandu
syntagme. dansla
mesureoù
I'environnement phonétiquedu
son envisagé se trouvepris
en compte, ainsi queI'a
souligné Pensado.On
lit
sousla
plume duvieil
auteur:quand au milieu d'un mot s écrivent et se prononcent deur
LL
ntouillés [llelleândo-lasl. la racine de ce mot ne doit pas avoir deuxLL.
rnais un seul avec voyelle, ou un seul L précédé de C ou G avec volelle inrermétiiaire: voir palea, mulier.filio;
palla. muller, fillo: et le casrillan paja. mujer. hijo: ou de apicula, ovicula, auricula: abella,ovella, orella. et en castillan abeja. oveja. oreja.15
En ajoutant
le
galicien au chantp d'enquêteoffert
par la péninsule et en faisant apparaître les différencesd'ér'olution.
Sarmiento non seulementcomplexifie
lafragrnentation
du
dornaineroman. mais ouvre
l'espacedes
innombrables etpour ainsi dire infinies
variations
dialectalesqui
réclarnerontl'attention
del'observateur,
surle
plan diatopique.Le projet d'un Dictionnaire
lrurmonique1-5) Cité par Pensadc (1970: 53-5.1;. Rappelons que Diderot. adoptant le même poinr de vue syn-tasn')atique, fonde sur l'appareil articulatoire la nécessaire "liaison" des sons du langage et in-vestit celle-ci dans une "loi d'euphonie" réglant la succession cles syllabes et des
mots
visiond'écrivain.
-282-Aldrete, Sarmiento et les "lois phonétiques"
de
la
parole
néo-latine contienten
germe,si
elle ne l'exprime
pas formelle-ment, le rêve d'une description géographique sans manqueni
faiile.Enfin,
on a relevé chezAldrete
I'observationd'une variation
individuelle, idiolectalequi
sera notamment théorisée par schuchardt, avant Saussure, de lamanière que
l'on
sait.
I1y
aurait à examiner quelle perception dela
diversité sociale, susceptiLrle d'étendre l'observation précédente sur le plan diastrarique, est éventuellement à 1'æuvre dans leDel
origen.Resterait à expliquer pourquoi l'audace et la constance de la
tradition
espa-gnole en matière de linguistique historiquen'a
pas produit pius tôtles
"lois"
deFriedrich
Diez
(.1194-1876)et
des
néo-grammairiens.Peut-être
fau<lrait-il considérerici
1erôle
centralqu'a joué
le
rapport
des langues hispaniques aulatin.
Oserait-on avancer
que l'étymologie de
nombreux termes
espagnolsqu'on vient
deciter
était en quelque sortetrop
transparente,trop facile
àiden-tifier?
Les
"correspondancesde
lettres"
offraient-elles
une
évidence
quin'excitait
pas assez la prise de conscience des multiples et diversesdétermina-tions ér,olutives?
En histoire
des sciences,il
semble que 1e progrèsméthodo-iogique soit souvent proportionnel à 1a cornplexité de
l'objet aftionté.
Onpour-rait dire:
plusun
problème apparaît sirnple,plus
1a méthode de résolution estpauvre, ou dépourvue de potentiel d'extension.
Que
l'æuvre
linguistique
de
Sarmienron'ait
erercé
aucuneinfluence
audelà
des Pyrénées.cela s'erplique bien
sûr.
plus
concrètement,par
sonca-ractère
discret puisqu'elle
est demeurée manuscrite. Sarmientojouissait
sans douted'une
grande réputation,qui attirait
volontiers les visiteurs vers soncou-vent
de
SaintMartin.
Son compatriote Benito Jer6nimoFeijoo
y
Montenegro (1701-1764)le
dépeignait à trente-cinq ans commeune "miracle d'érudition",
celle-ci
s'agrémentantd'une
"subtile et judicieusecritique". Mais la vie
mona-cale et les positions anti-philosophiques de 1'aureur le renaient écarté des débats souvent mondainsqui n'ont
pasfini
d'occuper le devant de 1a scèneinternatio-nale. On
n'espérera pas quele
bénédictin vienne concurrencerles
"grammai-riens philosophes" au pahnarès del'historiographie.
Elucubrations pittoresqueset
"linguistique fantastique"
),
sont
trop
scolairementinstallées.
Au
reste.Sarmiento ne semble pas s'être tellement préoccupé de son image.
Le
portraitqu'il
nous iaisse (à travers les travaux de Pensado) est celuid'un
solitaireheu-reux,
passablementbourru.
r,ivant avec seslivres
et ne sortant de son couventque
trois fois l'an lors
de
fêtes religieuses,ce
qui
esttout de
mêmeun
peuDaniel Droixhe
Annexe
1.
Les
Elernentos
de
Sarmiento:
Un
essai de
traduction
des onze
premiers
théorèmes
Livre premier:
Des consonnesPREMIER THÉORÈME: B tlu \atin PI6 castillan: Cabra de Capra
galicien: Gabelo du latin Capelo; grosse cuve
Buxo ['buis'] de Pyxis ou Buxus castillan: Biznaga ['carotte sauvage'] de PastinacalT
galicien: Abella de Apicula castillan: Cabeza de Capitals galicien: Xibia ['sèche'] de Sepiale
castillan: Bodega de Apothica galicien: Xabon ['savon'] de Sapone
castillan: Enebro ['genévrier'] de Junipero
DEUXIÈME THÉoRÈME: B de PTPO
castillan: Râbano ['raifort'] de Raphanus
Esteban ['Étienne'] de Stephanus
Cuévano ['hotte'] de Cophinus
TROISIÈME THÉORÈIr T: B de F2I
castillan: Orebzes [orfèvres] de Aurifices22 galicien: Trebo ['trèfle'] de Trifblium
Acibo ['houx'] de Aquifolio ou Acuifolio castillan: Befre de Fiber (ie castor)
_qalicien: Bebra ['figue hâtive'] de Biferia[bifer'qui porte deux fois dans l' année'l
Seixebra ['capillaire. saxifïage'l de Saxitiaga castillân: Abrego ['autan'] de Africo (le vent) 16) Menénclez Pidal, désormais cité IvIP (1940 .s 40)
17) MP § 4/4: "Sont également remarquables les mots lalins,.ru grecs que nous avons reçus par
l'intermédiaire de I'arabe, où l'on trouve le7 pour représenter s: le D pour représenter p, cette
iettre faisant défaut dans l'alphabet arabe:
le:
à la place du s/ latin: [...] pastinaca biyagd'.l8)
Egal. capita chez Aldrete (1606: 209):<
lat. vulg. hisp. ,capiria. 19) Egal. ribia chez Aldrete (1606: 209): gal. mod. riba, esp. jibia.20) MP § 4212: "de Stephanu nous avons Esteÿan, orthographié à la moderne Esteban: [...]
raphanu râtano (orth. mod. ràbano), cophinu +cophanù ukÿano" . eic.
21) MP §.1212: "aquifolit acebo, trifol(i)u trébol"; § 56/3: "bifera (c'esr-à-dire. ficus bitèra), an, tiqlue bevra, mod. breva"; § 48: "africu dbrego. avec à au lieu de
l
comme une initiale".22) MP § 55/1: "aurifice. antilra<lo orebze"
-284-a
Aldrete, Sarmiento et les "lois phonétiques catalan: Grebol ['houx'l de Agrifolium
QUATRIÈME THÉoRÈur,: n ae
y
castillan: Brezo ['bruyère'] de Ulice lulex, -icis 'sorte de romarin'123galicien: Berduzido de Urticetum (lie:u) lurtica'ortie'
+
-etum>
'lieu couvert d'orties'lcâstillan: Boda ['noce'] de Vota (ce doit être V)24
Becerro ['veau'] de Vitello (ce doit être V)25
ant. Cibbdad ['cité'] de Civitas26
Ibaflez de Juan
Caverna de Caverna
CINQUIÈME rl{ÉoRÈtvtE: c de
x
et Q27castillan: Cantidad de Quantitas
Calidad de Qualitas galicien: Cando de Quando
Catro de Quatuor
Carolo ['noix, rafle de maïs'] de Quadra et Quadrulo2S
Carqueixa ['plante médicinale ressemblant au genêt'.] de Quercus29
Catar ['chercher'] de Questare (chercher)3O
SIXIÈME THÉORÈME: Ch de CL31
galicien: Chamar ['appeler'] de Clamare
Chousa ['propriété, lieu clôruré'] de Clausa32
Choer ['fermer'] de Claudere33
Chave ['clef'l de Clavis Choca ['sonnaille'] de Cloca
23) Coromrnas (1996: s.v.):
<
lat. hisp. *broccius du celt. *yrolcos .21) MP
\
312-:'bod.a vota (plural de votum)".25) Ms. Pontevedra: Bezerro. Corominas (1996: s.v. becerro): probabl.
I
+ibicirru<
lat. hisp.ibir,
-tcis'isard. chamois'. "en raison du caractère indomptable et sauvâge de ces deuxani-maux"
26) MP § 60/l: "civirate . ant. cibdad, mod. ciudad" .
27) MP § 39/4.
28) Corominas (1996: s.v.): cdro:o no)'au'
1
lar. *carudium, du gr. kan'dior? 'ltoisette'. 29) Corominas (1996: s.v..1: carquesa ou carqueja(
orig. incertaine. p.-ê. lat.colocasia'coloca-sie'. "La variànte carqueja. principalement américaine, se tire du gal.-port. carqueija". 30) PP'gy
<
(aprarc.31) Rivas Quintas (1989: 252): "clarnare
>
chamar. clausa)
chousa (lat. vulg.closa), claudere)
anc. chouvir, lat. vulg. clodere
>
choer. cloca>
choco. clausa)
chouza, chouzana,clave(m)
)
chave, clavicula>
chavella", etc. Cf. MP § 5l/2.32) Ms. Ponteved,ra: Chouza.
Daniel Droixhe Chavella ['cheville'] de Clavicuia
câstillan: Cuchara ['cuiller'] de Coclear34
SEPTIÈME THÉORÈME: Ch tle FL35
castilian: Chaves [toponyrnel de Flavias (ville) galicien: Chamizo ['bois à demi brûlé'] de Flamma
Chorido
['fleuri',
ct. chorida'fleur de genêt'] de Florido castillan: Hinchar I'enfler'l de Inflare36galicien: Chouteira fcf. choutar'fàire des cabrioles (en parlant d'animaux)'] de Flo. Flauta
Clrouzan de Flacian
l=
Fldciani<
Flavicianusl Cheirar ['sentir. flairer'] de Fragrare (R en L)HUITIÈME THÉORÈME: Ch dC PL31
galicien: Chumbo ['plomb'] de Plun.rbo
Chorar ['pleurer'] de Plorare Chover ['pleuvoir'] de Pluere
Chantaxe ['plantain'] de Plantagine
Cheo ['plein'] de Pleno
castillan: Enchir lhenchir 'remplir'l de Implere (sans h)
Chopo ['peuplier noir'] de Populus (Plopo) Ancho ['large'] de Amplo
galicien: Chagas ['plaies'] de Plagas
Chantar ['planter'] de Plantare
Chato ['camus'] de Plato38
castillan: Cacha ['manche, châsse de couteau'] cle Capulum
NEUVIÈME TUÉORÈTUE: Ch dC CT39
castillan: Dicho ['dit. mot'] de Dicto Hecho
['fait']
de FactoLecho
['lit'l
de Lecrum Leche['lait']
de LacteNoche ['nuit'] de Nocte I-ucha ['lutte'l de Lucta
lr{P § 53/6: le groupe lat. ly se palatalise normalement enj, "mais dans le groupe cons. sourde
*
lr
le résultat palatal n'est pas ief sonore d'autrefois, mais Ia sourde c,4. cochleare cuchara" .MP § 51i2: Rivas Quintas (1989: 251). Pour la plupart des mots de cete catégorie,
v.
Iadiscussion supra.
Ms. Pontevedra: Inchar.
MP § 51i2: Rivas Quintas (1989: 255).
Corominas (i996: s.v.): chato
<
lat. vulg. *plattus'plat'. MP § 50/1 -286-31) 35) 36) 31) 38) 39)Aldrete, Sarmiento et les "lois phonétiques" Cochura ['cuisson'] de Coctura
Techo ['plafbnd, toit'] de Teüum Pecho ['poitrine'] de Pectus
Derecho ['droit'] de Direcrum galicien: Zucho ['suc'] de Suctum
castillan: Bizcocho ['biscuit'] de Biscocto'lO
DIXIÈME THÉORÈME: Ch Tle L7A1
castillan: Mucho de Multurn
anc. Muchigar de Multiplicar Puches ['bouillie'] de Pultes
I\chero ['pot, marmite'] de Pultario ['tasse, vase'] Escuchar ['écouter'] de Auscultare
Cuchillo ['couteau'] de Cultellus
oNZIÈME r}IÉoRÈnrrr,: Ch cle T galicien: Churrichar [toponymel de Turreplana'12
Chorreyra lcf. chorrar, t:horrear'pleuvoir à r,erse'l de Torrente Non che lche'te' compl. indir.l de Non te
castillan: Cachonda ['(chienne) en chaleur'] de Catuliente43
Cachorro ['jeune chien'] de Carulus
Chufas ['souchet, amande de terre'] de Tubera'l'l
40) Ms. Pontevedra: biscocho.
11) MP § 4'7l2lc.
42) Rivas Quintas (1989: 256): 'Turre planu
)
Turrichao. Churrichao".1-l
r
Pour ce mot. v. la Jise Ll.. j611 5llps2. .1-1r Pour ce mot. \ . la discussion rupra.Daniel Droixhe
Annexe
2.
Les origines du b castillan-galicien
2.1.
Les règles:lat. P
)
cast.-gal.
üAldrete Covarrubias Sarmiento
-
Th. 1abeia
l
APICULA APES p,. abellabodega
I
APOTHECA+
"mudando la P en su mediaB''
+
cabeza
l
CAPITA+
et gr. kephalê: "mt;tata phin b, media pro aspirata" +
cabra
I
CAPRA+
"mutata tenue in media +iabôn
l
SAPONE + E. xabonlibia
<
SEPIA + s,. xib(i)atermeç aioutés par Aldrete
abrir
l
APERIRE +abriRo
I
APRICUS +abril
<
APRILIS*
"quasi aphriLis, ab aphros"abubilla
<
UPUPA + cabrahigo 1 CAPRIFICUS + cabestro<
CAPISTRUM + cabeÇudo<
CAPITOSUScobre
1
CUPRUM "y de alli copre y cobre"nabo
1
NAPUS +robar
l
RAPERE<
mot germ. 'l RAPERE ? rt.rubare ) vibora, bibora
<
VIPERA +termss aioutés par Sarmi€nto
BISNATA c. biznaga
<
PASTINACAc. enehrct
<
JIINIPEROF.. sabelo
<
CAPELO-Aldrete, Sarmiento et les "lois phonétiques"
2.2.
Les règles:tat.
PH
/
F
>
cast.-gal. à2.3.
La tradition
étymologique Aldrete L.II,
chap. 11 Covarrubias subv'
Sarmiento Th.2-3 dbrepol
AFRICUS + + Esteban<
STEPHANUS + + râbanol
RAPHANUS + +bajel
<
PHASELUS*
Isidore.l.
XIX,
c.
1:"Faselus est navigium, quod
nos
corrupti
baselus dici-mus".ærmes aioütés par Sarrniento g. trebo (c. trébol)
<
TRIFOLIUM g. acibo (c. acebo)<
AQUIFOLIUM [*ACIFOL-l cat. grebol<
AGRIFOLIUM f xACRIFOL.I s.. bebra<
BIFEzuA c. befre<
FIBER c. orebzes<
AURIFICES s,. seixabra<
SAXIFRAGAcast. btznaga casl. enebro gal. trebo gal. acibo sal. bebra
Del Rosal 1601 BIS +
nacer
IUNIPERU S
TRIFOLIUN,I lat. BREVIS
Nuiiez de
L.
1606 ar. :ebezin (.?) iat. BIFERACovarrubias 1611 " quasi bisnata " TRIFOLIUlvl ar.
(
hébr. zebub 'mouche'ot
ar. zebege 'être âpre' lat. BREVIS.\utorid. 1726-39
:
Covarr. JUNIPERUS:
Covarr.Sarmiento
1 75 8-66
Daniel Droixhe
Armexe
3.
Les origines du ch castillan-galicien
3.1.
Les règles:lat.
CT
)
cast.-gal. ch Aldrete L.II,
charr. 11, 211 Covarrubias sub v" Sarmiento Tl'Léorème 9bizcocho, anc. coclto
I
COCTUM+ +
derecho
<
DIRECTUS + +dicho
<
DICTUS + +hecho
I
FACTUS*
deslrccho<
deshazer +lecho
l
LECTUM + +lucha ,1 LUCTA + +
pecho
I
PECTUS + +techo
<
TECTUM + +rèsle imolicitell estrecho
<
STRICTIUS<
"stringo, gis, xi, ctum,y de alli strictus, a, m"
anc. ducho
<
DUCTUS1
"duco,ducis,
xi, ductum"anc.fntcho
<
FRUCTUS"Frucho
por
1-ruto" etfruto
<
IiRUCTUS noclrc<
NOCTE"Del
nombre latino no.r,tl0cti.\"
+
rèsle iunorêe
leche
l
LACTE "Dirose del non'rbre latinolac,
y
dealli
lete 1' tlnal-mente leche". + provet:hoI
PROVECTUS<
PROVENTUS 'production' cottrecho < CONTRACTUS "azza.çl contrahecho"deshecho
<
DISJECTUSI
de.shazertlespecho
<
DESPECTL S cincho<
CINCTUS + lechuga<
LACTUCA + oc'hoI
OCTO + sancho1
SANCTIUS îrechol
TRACTUS + truchal
TRUTTA / TRLTCTA+ <
"d trudendo" c. cochura<
COCTIIRA F.:.uc/t0<
SUCTUM 290Aldrete, Sarmiento et les "lois phonétiques"
3.2.
Les règles:lat. T I LT I
PL
)
cast.-gal. ch AldreteL.
II,
chap.11.2ll-12
Covarrubias
sub vo
Sarmiento
. .:i:i§r:i:::çlirsêtrôï..i e Théorème 11rT
>
c&trapiche
<
TRAPETUMI
gr. trepô'tourner'cachorro
<
CATULUS + +c. cachonda
<
CATULIENTE c. chufas<
TUBERA g. chorretra<
TORRENTEs. Chttrrichctr
<
TURREPLANAT
>
cÀ selon Àldrète théo-rème,I0;, I-T, >, r/rpuchas
I
PULTES + + puchero<
PULTARIUS + + cuchillo<
CULTELLUS + + colchal
CULCIT(R)A c. escuchar<
AUSCULTARE c. muchisar>
MULTIPLICAR c. truttlto<
MULTUMaiouté à, la suite de
T
)
cà Théorème 8: PLl,àlz
amcln
l
AMPLUS +henchir
<
IMPLERE +c. chotto
<
POPULUS (PLOPO) c. cacha<
CAPULUMg. chantar, c. plantar
<
PLANTARE g. chumbo, c. plomo<
PLUMBO9,. chagas, c. llagas
<
PLAGASs, chorar. c, llorar
<
PLORARE g. chover, c. llover<
PLLTERE,Théorème 6: :Cl :;' 7',: sY :'
g. chamar, c. llamar
<
CLAMÀR"E g. chave, c. llnve1
CLAVIS;;:;:,i: :; ; ,J,,:,,,,,,,,,
I'ne0ieme.'l':"hL:'
)
:tk:,,,,,
1,c. hinchar
<
INFLARE c. Chaves ltopon.l<
FLA\IIAS g. chamizo, c. llama<
FLAMMAg. cheirar
<
FRAGRARE (R en L) s. Chouian<
FLA(VI)CIAN(US)-29t-Daniei Droixhe
3.3.
La tradition
ètymologique<
LAT, FL (THÉOR. 7)<
LAT. PL (rHÉoR. 8)<
LAT(rHÉoR.
11) cast. -gal. (h)inchar cast. (h)enchir cast. ancho gal. chumbo gal. chorar gal. chuvercast. chopo cast. cachonda cast. chufa
Del Rosal 1601 INFLARE IN{PLERE AN{PLUS TOPIUM, TOPIARIUM 'jardin artifi-ciel' CATULUS > CATULIENS Covarrubias 1611 INFLARE "porque la FL se con-virtiô en CH" IMPLERE A]VIPLUS "PL se convir-trd en CH"
chupar 'sucer' CATTILUS > *CATULON DA 'chieme recherchant les jeunes chiens qui s'appellent cachorros' gr. kupeiros ou en rapport avec c:hufetu 'moquerie' " qtasi trufeta de trufa" Autorid. t726-39 IMPLERE AMPLUS
:
Covarr CYPIRUS (']) Sarmiento 1758-66 INFLARE IMPLERE AMPLUS PLUMBUM PLORARE PLUERE POPULUS CATIILIENTE ICATULUS 'petir chien' XCATUT-LUS>
esp. crrcfto anc. 'jeune chien')
cctchondo 'en rut'l TUBEILA ISIBILARE 'sifller' *STJFILARE>
chuJ1)ar 'blaguer'>
t'hufo'baga-telle')'amande'l
-292-Aldrete, Sarmiento et les "lois phonétiques"
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