HAL Id: dumas-01713959
https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-01713959
Submitted on 21 Feb 2018
HAL is a multi-disciplinary open access archive for the deposit and dissemination of sci-entific research documents, whether they are pub-lished or not. The documents may come from teaching and research institutions in France or abroad, or from public or private research centers.
L’archive ouverte pluridisciplinaire HAL, est destinée au dépôt et à la diffusion de documents scientifiques de niveau recherche, publiés ou non, émanant des établissements d’enseignement et de recherche français ou étrangers, des laboratoires publics ou privés.
l’exploitation des archives online/papier
Natacha Deniau
To cite this version:
Natacha Deniau. Observation des documentalistes de L’Express dans l’exploitation des archives on-line/papier. Sciences de l’information et de la communication. 1998. �dumas-01713959�
Natacha DENIAU
MAITRISE EN
SCIENCES DE L'INFORMATION ET DE LA DOCUMENTATION
RAPPORT DE STAGE
«OBSERVATION DES DOCUMENTALISTES DEL'EXPRESSDANS L'EXPLOITATION DES ARCHIVES ON LINE / PAPIER »
stageeffectué du : 1er juillet 1998 au : 31 août 1998
à
L'EXPRESS
17,rue de l'Arrivée, 75015 Paris
01.53.91.11.11
SOUS LA DIRECTION DE :
Monsieur Dominique COTTE, responsable universitaire
Madame Corinne DENIS, responsable professionnel
LILLE 3
UNIVERSITE CHARLES DE GAULLE septembre 1998
« observation des documentalistes deL'Express dans l'exploitation des archiveson line / papier»
TABLE DES MATIERES
REMERCIEMENTS
P-5
AVANT-PROPOSP-6
INTRODUCTIONP-7
I. PRESENTATION DE L'EXPRESSP-8
1.HISTORIQUE
DUJOURNAL
P-8
2. LES PERSONNAGES DE LEXPRESS
p.10
II.TRAVAILLER A LEXPRESS : PRESENTATION DE LA
DOCUMENTATION p.
11
1. LE CADREP-ll
2. L'ORGANISATION DU TRAVAILp.12
3. LE PERSONNELp.15
4. LE TRAVAIL DES SECTIONS
III.LES ARCHI VES : LAGUERRE PAPIER /
NUMERIQUE
p.23
1. LES AVANTAGES DU
NUMERIQUE
p.23
2. LES AVANTAGES DU DOSSIER DE PRESSE
p.27
3.
L'INFORMATIQUE
A LADOCUMENTATION DE L'EXPRESS
:AVIS PARTAGES
p.30
4.QUELS
LENDEMAINS
POUR
LA
DOCUMENTATION
DE
L'EXPRESS ?.
p.31
CONCLUSIONp.33
BIBLIOGRAPHIEp.34
ANNEXESp.35
« observation des documentalistes deL'Express dans l'exploitation des archiveson line / papier»
REMERCIEMENTS
Je tiens à remercier tout d'abord Mr Dominique Cotte, responsable universitaire du
stage, qui m'a permis de postuler pour (c'est essentiel !) et qui m'a également guidée
vers laproblématiquequej'ai choisie.
De plus, je tiens à saluer chaleureusement toute l'équipe de la documentation de
L'Express, qui a toujours été là pour m'orienter, me soutenir et répondre à mes nombreuses questionsen toute gentillesse. Plus particulièrement, ceci est valable pour Mme Tioulong, mais aussi pour Véronique, Emmanuelle, Catherine, Laure, Francine,
Jean-Marc, Monique et Jojo (qui m'a fourni de précieux documents et qui a un humour irrésistible dès lematin !).
Plus personnellement, mille mercis à Pierre pour sa patience, à Florence pour sa collaboration degrande valeur, et àDelphine pouravoir été là.
AVANT-PROPOS
Avant de commencer,
il
estpréférable de
spécifier
uncertain nombre de
points
que nous nedévelopperons
pasici. En effet,
nous nouslimiterons
àl'observation du service documentaire de
L'Express
dans
sontravail de
documentation pourle
journal
etle
magazine du même titre. Cela
signifie
que nous ne
parlerons
ni de l'Echéancier de L'Express, ni de l'Index, ni
du service des
abonnements, ni du secrétariat, bien qu'ils fassent
touspartie du service de la documentation
etqu'ils utilisent des
procédés
informatiques. Il
nous reste toutde même à
expliciter les fonctions
principales des documentalistes
:la recherche des archives, la lecture
etla
sélection de la presse, etc.
Pour ceux
qui seraient intéressés
par un rapport surl'Echéancier de
L'Express,
il
existe
déjà
et aété
effectué parallèllement
à
celui-ci,
enaoût
« observation des documentalistes deL'Express dans l'exploitation des archiveson line / papier»
INTRODUCTION
Tout journal ne peut pas fonctionner sans sa section de documentation : petit ou
grand, connu ou pas, le service documentaire est indispensable à la mémoire du journal. La plupart du temps, pourtant, ce qui fait le prestige du titre, c'est plus ses
rédacteurs ou sonfondateur que ses documentalistes.
Qu'on ne s'y trompe pas : la documentation est une richesse et ce n'est pas pour rien
qu'un journal de le renommée de L'Express possède le plus grand service de
documentation de France, de par ses effectifs, son équipement et ses services. Il
pourrait donc s'avérer intéressant de se pencher sur le fonctionnement de cette
documentationqui se veut exemplaire... et en y pénétrant, on remarquerait des tas de choses surprenantes...
C'est ce que nous allons essayer de rendre compte en regardant comment fonctionne un centre de documentation comme celui de L'Express, et en se demandant quelles
sont ses particularités, sesforces, sesfaiblesses, ses interrogations, ses résultats et ses
opinions car lecentre est avant tout constitué degens qui ont des choses àmontrer et à dire. C'est donc un véritable témoignage de la vie des documentalistes que nous
proposerons ici : le travail et les personnes qui l'accomplissent sont deux entités
distinctesqui nefont qu'un dans l'objet documentaire, au service de l'information. Une brève présentation générale de L'Express commencera ànous familiariser avec le
journal et permettrade créerun contexte àla présentation plusendétail de la situation actuelle.
L'objet de la deuxième partie sera donc de décrire la position actuelle de la documentation dujournal, et elle s'appuiera sur l'expérience du stage ; elle tentera de
dégagerun certain nombre de problèmes qui resteront essentiellement suggérés.
Suite à cela, il sera temps d'approfondir ces simples suggestions en développant le
problème du système d'exploitation des archives, en comparant tour à tour les qualités et les défauts du dossier depresse et des techniques modernes qui ont recours
au numérique.
I. PRESENTATIONDE L'EXPRESS
1. HISTORIQUE DU JOURNAL
L'histoire du fameuxjournal a commencé en 1953, le 16 mai exactement. Seulement ce
ne sera encore qu'un supplément del'hebdomadaire Les Echos, malgré le fait qu'il soit né
des très célèbres Françoise Giroud etJean-Jacques Servan-Schreiber.
L'Express devient alors le lieu de rencontre des " 3 M" : Mendès-France, Mauriac et
Malraux.
En octobre 1955, lejournal devient provisoirement quotidien jusqu'en mars 1956 où il
retrouve sonrythme hebdomadaire et, en 1957, il sort en plus Madame
Expressqui, comme son noml'indique, est destinéaux femmes.
Plus tard, en 1964, L'Express devient le premier Newsmagazine
français en inaugurant une nouvelle maquette et une nouvelle
présentation inspirées de magazines d'information américains, mais
aussi anglais et allemands : la pagination augmente et le format est réduit.
Le journal s'internationalise dès 1966 en lançant son édition dans divers pays environnants et le groupe Express SA Holding naît en juillet 1969. Pendant cette
période, le journal vamême s'essayer à l'information régionale en lançant successivement
(et pour seulement respectivement cinq et trois ans)L'Express Rhône-Alpes etL'Express
« observation des documentalistes deL'Express dans l'exploitation des archivesonline / papier»
Après bien des changements au sein de la rédaction et des réajustements dans la publication du journal, l'année 1982marque l'achat du magazine Lire, dont Bernard Pivot
est le fondateur, parle Groupe Express.
En 1986, L'Express lance les "hebdos mensuels", quatre suppléments
thématiques vendus à tour de rôle avec le journal : L'Express Sport;
L'Express Votre Argent; L'Express Style; L'Express Aujourd'hui, mais
dès 1988 une nouvelle maquette supprime le rubriquage par thèmes et
bouscule le rythme de lecture de l'information, pour privilégier 2 axes :
l'analyse de l'information d'une part, et des enquêtes approfondies d'autre part.
Un an plus tard, un supplément qui regroupe des articles sur les formations et les
carrières professionnelles ainsi que des offres d'emploi, intitulé L'Express Réussir est lancé en même temps qu'un bimestriel thématique nommé Les Cahiers de l'Express. Ce dernierreprend une sélection d'articles parus dans le journal sur unthème choisi.
D'autres grosses opérations aboutissent, comme les lancements de Télécâble, Spotkania
(en Pologne), ou encore Mensuel. D'autre part, L'Express est placé sous Occidentale
Médias, un Groupement d'intérêt économique chargé de coordonner les services de
diffusionet de publicité (en septembre 1992).
I.EXPRESS
Enfin, 1995 reste une grande année pour les changements au journal : une énième nouvelle formule estmise enplace :
-nouveauformat
-nouvelle Une surfond blanc
-nouvelles rubriques ( Forum des lecteurs ; Pages rouges ; Petites
phrases)
-nouvellemaquette dessinéeparGédéon
-5 sections différentes guident le lecteur dans la thématique de la lecture grâce à des
J&it
mini sommaires intitulés France, Société, Economie, Monde et Culture.
-ouverture d'un site sur Compuserve : L'Express en ligne, qui accueille chaque semaine
l'intégralité des articles et des infographiesparus dans lejournal, un forum de débat avec la rédaction, etun échantillon de l'Echéancier.
L'échéancier du
mois
> I ,a météo du jour
> Atino
sphère,
atmosphère...
> Les bouchons du jour > L'annuaire
téléphonique
+ Les archives de
l'Express
Pour retrouver les articles parus
depuis
décembre 1992 et les résumés de ceuxqui
ontété
publiés
entre1987
et
1992
4
L'Express
enligne
Pour accéder au site Web de
L'Express
LE SITEINTRANET DEL'EXPRESS.
Depuis le mois de novembre 1995, le groupe Express/Lire a rejoint C.E.P
Communication, un géant qui regroupe à lui tout seul 36 groupes de la taille de celui de
L'Express ( parexemple, il détient 100% de l'édition française...).
2. LES PERSONNAGES DE L'EXPRESS
En 45 ans , de nombreuses célébrités se sont succédées dans les bureaux de L'Express.
Parmi les plus prestigieux, on compte : J-J.Servan-Schreiber, F.Giroud,
P.Mendès-France, F. Mauriac, A.Malraux, P.Grumbach, P.Viansson-Ponté, J.Daniel, J-P.Sartre, G.Suffert, J.Derogy, J-F.Kahn, C.Imbert, O.Chevrillon, J-J.Faust, M.Ullmann, Sirjames
Goldsmith, R.Aron, R.Guyonnet, J-F.Revel, O.Todd, Y.Cuau, Y.de L'Ecotais,
J-P.Pigasse, B.Rohmer, Plantu, F.Sampermans, G.Lagorce, C.Ockrent, J.Lesieur, Gédéon, C.Brégou, A-M.Finkelstein, D.Jeambar, E.Schemla, M.Labro...
« observation des documentalistes de L'Express dansl'exploitation des archivesonline /papier »
II.TRAVAILLER AL'EXPRESS : PRESENTATION DE LA
DOCUMENTATION
1. LE CADRE
Travailler aL'Express, c'est bien agréable,tout d'abord parce que l'infrastructure est ultra
moderne car très récente : lejournal n'est installé au 17, rue de l'arrivée (15è) que depuis
août 1996, ilyadonctoutjuste deux ans.
On travaille ainsi dans un cadre totalement pensé et étudié de manière à optimiser les
conditions : bureauxen "openspace", allées larges, mais chaque centimètre est exploité.
Les documentalistes disposent en outre d'un espace de travail en commun dans lequelils effectuent lectures et dépouillements de lapresse : c'est "la grandetable".
La partie principale du journal, que l'on appelle commodément "rédaction" bien qu'elle contienne la documentation, le service-photo, l'Index et l'Echéancier en plus des bureaux desjournalistes, tient sur un étage ( letroisième). Ainsi, toutle mondepeut se croiser ou
se rencontrer très facilement. Les rédactions du journal et du magazine L'Express sont
distinctes, autant dans le corps du journal que dans ses locaux, mais font partie d'un même tout et collaborent, comme les autres sections le font entre elles, de la même
façon.
Les parties administrative et sociale occupent un autre étage du bâtiment (le quatrième)
et restentisolées du reste de la rédaction dujournal. C'est également àcet endroit que se situent les bureaux du magazine Lire.
Au point de vue de l'équipement, le service documentation est bien fourni : trois
photocopieuses dont une très récente, une petite dizaine d'ordinateurs (Mac at PC mélangés ce qui ne facilite pas toujours les choses), et le "nécessaire du petit
documentaliste" (ciseaux, papier, colle, feutres en tout genre, chemises, agrafeuses )
en nombre incalculable.
Une véritable bibliothèque est également consultable à l'extrémité des grandes étagères
qui contiennent les dossiers-papier. Elle contient environ 7000 ouvrages, dont des
encyclopédies, des manuels bien utiles du type Qaidou Théo, des livres de toutes sortes
dictionnaires depersonnalités, les atlas, etc.).
Il faut ajouter à cela les livres et documents inhérents à chaque section que les documentalistes gardent jalousement dans leurs placards personnels. Ils sont
généralement spécifiques et commandés parles documentalistes eux-mêmes.
2. L'ORGANISATION DU TRAVAIL
Ainsi donc, la documentation deL'Express est diviséeen cinq sections bien distinctes :
- la section
France, qui traite exclusivement de ce qui se passe dans notre pays mais au niveau de la politique, de l'enseignement,des affaires intérieures, de la police,...
- la section
Monde, qui est concernée par tous les problèmes de l'extérieur, surtout au niveau politique mais aussi pourtous les événements importants ( les guerres, les affaires
étrangères -cf les massacres enAlgérie-,...).
- la section
Economie, qui aborde les sujets d'économie, bien sûr, mais aussi les transports, lecommerce, les échanges, laBourse...
- la section
Sciences, qui regoupe les thèmes de la médecine, de la santé publique, de la
pollution, des nouvelles technologies, de la géographie et des différentes études scientifiques comme la biologie oula chimietout commel'informatique...
-La section Spectacle, qui n'est autre quela section culturelle au sens large : on y aborde les sujets liés à la télévision aussi bien qu'au théâtre, qu'à la sculpture, qu' à la musique...
-La section Société, enfin, que nous détaillerons par la suite, qui traite de tout ce qui
concerne l'individu : le tourisme, les loisirs, les procès, l'actualité sportive, la religion, la
philosophie, le sommeil...
Et puisque chaque section a son domaine de prédilection, les grands thèmes
correspondent à une lettre :
-A.. .Histoire(+ biographies, portraits de personnalités) -B. ..Institutions, Gouvernement
-C... Justice
« observation des documentalistes deL'Express dans l'exploitation des archivesonline / papier» -E...Economie -F....Agriculture -G...Energie -H....Industrie -K....Tourisme, Jeux
-L....Relationsavecl'étranger
-M.. .Finances, Budget -N....Défense -O...Problèmes desociété -P....Social -Q...Sécuritésociale -R....Santé, Médecine -S....Logement, Urbanisme -T....Enseignement -U...Culture -V....Presse, Médias -W...Religion -X...Sciences -Y...Sports -Z....Divers E 114/ lettre : sondages
Ce système decotation, pour le moins original estné de l'esprit de deux documentalistes de L'Express il y a plusieurs dizaines d'années. U permej/a chaque section d'avoir son domaine réservé : parexemple, la section Economie
ne^otera
jamaisen commençant par «Y» puisqu'il s'agit du sport (réservé à Société)./
Mais, beaucoup mieux, ce système est réversible : si l'on veut parler des problèmes de
santé en sport, on cotera « Y/ r » ; et si l'on veut parler dela médecine du point de vue
sportif, oncotera« R/y». Cet aspect procure une grande précision dans le système de
cotation et permet des nuances, ce qui n'est pas négligeable quand on entame une recherche quiseveutprécise.
Ainsi, àl'intérieurmême d'unecote, ontrouve des subdivisions ayant des coteslogiques,
doncmémorisables àterme, malgréle choix, au départ arbitraire, des lettres. Voici pour
O.50 -LES FEMMES
,A0 -Généralités .A02 -Bibliographie
.B -Politique gouvernementale
C -Femmes face àlajustice
.C33 -Femmesde criminelsetdedélinquants
D74 -Manifestations,meetings
.K -Loisirs+internet
.K36 -Bricolage .L62 -Femmesbattues
.M -Femmes etargent
.0 -Lamère, l'épouse, la femme au foyer
R - Santé .R35 -Femmesenceintes .S - Centres defemmes .T - Scolarisation U - Culture .V -Femmesettélévision W -Femmes etreligion
Z -Divers,beauté, miss
-Concoursde beauté .Z 10 -Fêtedesmères
.ZI6 - Journées dela femme
.Z70 -Clubset associations de femmes - Avant01/01/92 voir 053
.Z80 - Annéedelafemme
Et c'est ainsi pour chaque thème et pour chaque section. De même pour les pays, les
régions,..., on trouvera par exemple la cote "Alsace.K", qui signifie le tourisme en Alsace. Onpeut sefaireune idée de lamassede références possibles !
Autant dire que le personnel de la documentation, avec son expérience, est précieux. D'autant qu'il faut connaître ces cotes quasi par coeur lorsqu'on dépouille la presse (ce que nous expliquerons juste après) et qu'il fautcoterles articles sansperdre detemps.
Bien sûr, chaque section reçoit les journaux qui ont un lien avec les domaines abordés : la science ne sera pas aussi concernée que l'économie par un quotidien comme La
« observation des documentalistes de L'Express dans l'exploitation des archivesori line / papier»
Autotal, en 1998, la documentation deL'Express reçoit214 titres ainsi répartis:
-158 françaiset58 étrangers, dont :
-31 quotidiens (17 françaiset 14 étrangers)
-65 hebdomadaires(40 français et25 étrangers)
-65 mensuels(53 françaiset 12 étrangers)
-53 divers(48 françaiset 5 étrangers)
3. LE PERSONNEL
L'ambiance de la documentation deL'Expressest particulièrement chaleureuse. En effet, les horaires ne sont pas stricts (comprenons : il n'y a pas de pointage chaque matin), et
chacun apporte un peu de sa bonne humeur. Cela tient notamment du fait que le
personnel en documentation se renouvelle assez peu et donc se connaît très bien. Le
nouvel agencement du service favorise les contacts et le dialogue et apporte une
dynamique et deséchanges, rares en documentation.
Lebon climat se ressent immédiatement car ons'aperçoit que la hiérarchie nejouepas du
tout dans les relations entre collègues : un étranger qui entre à L'Express ne peut pas deviner qui fait quoi en observant leur comportement. Voici d'ailleurs la composition du
personnel de la documentation : - 1 chefde service - 1 adjointe - 2 secrétaires - 9 assistants de rédaction
( comprendre "documentalistes", même si à L'Express ils n'ont
pas ce statut)
- 4 assistants
techniques
- 1
responsable des abonnements et achatsde livres
- 1
responsable de la bibliothèque
- 2
responsables del'Indexet de l'édition électronique du journal
- 1
responsable de L'Echéancier
Pour avoir le détail des noms et des fonctions de chacun, ainsi que la hiérarchie sous formegraphique, sereporter àl'organigramme (Annexe I).
D'une manière générale, on peut dire que le personnel est très majoritairement féminin
(16 femmes pour 6 hommes, tout le monde compté). On aura calculé que 22 personnes
s'occupaient du secteur documentaire à L'Express , ce qui constitue un nombre très
important pour unjournal (c'est d'ailleurs le plus gros effectifconnu pour un service de
documentation).
Rappelons ici quela documentation de L'Express n'est autre que le plus grand centre de
documentation parisien . Les personnes qui y travaillent sont conscientes (elles le disent
volontiers) qu'elles sont très privilégiées par rapport à leurs collègues du même secteur (par exemple, les documentalistes du Monde sont -sans donner de chiffres- moins bien
payées et travaillent le samedi...tout en ayant la pression qu'un rythme de journal quotidienpeut imposer).
Pour montrer à quel point les documentalistes de L'Express sont bien considérés et
respectés par la profession, on peut dire qu'ils bénéficient des mêmes avantages que les
journalistes-rédacteurs, c'est-à-dire qu'ils peuvent soumettre des sujets à traiter dans le journal lors de conférences, qu'ils jouissent des avantages du comité d'entreprise très important dujounial, et même, qu'ils ont la carte de presse tant convoitée des journalistes...
4, LE TRAVAIL DES SECTIONS
(pour des raisons d'expérience dans cette section, on privilégiera les exemples de
Société)
Leterme société regroupe un secteurassezvaste et peut être défini de différentes façons. Les premiers jours, la difficulté était de savoir quels sujets concernaient la section et
quels autres non. En fait, la première journée a été consacrée à la seule lecture du
classeur contenant les cotes afin de se familiariser avec les sujets qui pouvaient nous
intéresser (et surtout afin de mesurer la précision des cotes, comme nous l'avons
montré).
La section est tenue par deux personnes dont une travaille à mi-temps, mais de manière
générale, l'actualité est suffisante pour leur fournir de quoi s'occuper ! A titre de
comparaison, on peut mentionner que la personne responsable des sciences est toute
seule.
Le choix de mettretel ou tel sujet dans un service est tout à fait discutable, quand on sait
par exemple, que les fêtes foraines relèvent de la société, quand le cirque relève du
« observation des documentalistes deL'Express dans l'exploitation des archivesonline / papier»
apparemment pas de difficultés, sauf dans des domaines flous, auquel cas on s'interroge
entrecollègues, du style : « qui s'occupe des feux d'artifice ?».
Une fois que l'on en sait un peu plus sur le fond, on peut s'attaquer au vrai travail du documentaliste à L'Express, à savoir, aux revues de presse quotidiennes ( autrement
appelées "dépouillement de la presse") puisque la source essentielle des informations de la documentationest "l'information de presse".
• LES REVUES DE PRESSE
Touterevuede presse commence par une lecture de différents journaux, etce qui fait la
richesse deL'Express, c'est de recevoir une très grosse quantité de journaux, variable selon le service. Pour dire : chaque jour, toutes les sections réunies sélectionnent en
moyenne 700 articles dans la presse. En société, le lundi est un jour important car les hebdomadaires s'ajoutent aux journaux du week-end et aux quotidiens. Les journaux commandés sont étroitement enrapport avecles sujets cotés en société. Par exemple, on
lira aussi bien la revue Golias pour les informations religieuses queMarie-Claire pour
les articles sociaux sur la vie quotidienne des femmes (leur sexualité, le sport qu'elles
aiment ou encorel'évolution de leurscomportements...). Alui seul, le secteur« société» est abonnéàunevingtainedejournaux.
Pour ce qui concerne la sélection des articles, on prend évidemment ce qui a un rapport
aigu avec les sujets du service. Toutefois, la préférence va en faveur des articles longs
(pas des brèves ou des anecdotes) et des sujets de fond. Ceci fait que le travail du documentalisterepose sur une grande part de subjectivité car il ne prend dans le journal que ce qui lui sembleimportant. Dès la fin de la lecture, on cote article par article, quitte àfaire des renvois aux collègues quand ils ne reçoiventpas le journalenquestion et que
des articles pourraient leur convenir. Chaque documentaliste connaît presque toutes ses
cotes par cœur mais pas toutes celles des autres. Les renvois se font donc par des
annotations « sciences» ou « spectacle»... et sont placées dans des boîtes aux lettres
spécifiques. Lesjournaux circulent donc, et c'est d'autant plus vrai pour les quotidiens
puisque chaque service cote le même Monde, le même Libération, ..., et signe pour
montrer que cela aété fait avant de passerl'exemplaire au collègue. Ainsi, aucun article
remédier àcespetitsmanques.
On voit donc que le travail des documentalistes à L'Express est avant tout un travail
d'équipe,quel'on soitensection société ouailleurs.
Articles sélectionnés, cotés, découpés, tamponnés et datés: voici une nouvelle pile de documents prêts àrejoindre les archives après le préclassement etla vérification effectués par les archivistes (16 600 coupures /mois environ, soit près de 200 000 /an). Tout est
absolument manuel dans cette première phase, qui correspond, grossièrement, à la matinée (doncassezlongue).
Notons toutefois que certains documentalistes, plus entreprenants que d'autres, ont pris l'habitude de commencer lajournée en allumant leur PC (ou leur Mac, bien que plus
rares), et d'ouvrir le site de L'AFP afin de connaître les nouvelles tout au long de la
journée (en seréfèrent aux « bip » annonçantles nouveautés). Il s'agit d'un petit plus au niveau de la documentation que beaucoup jugent encore peu utile puisque laJecture du AArmrlp suffit hipn souvent à connaître les dernières dépêches et pourrait alors être redondante. On peut le rappeler ici, tousles documentalistes n'ont pas un ordinateur sur leur bureau et c'est seulement depuis juillet 98 que le nombre a augmenté, ce qui nous amène environ àun ordinateur pour trois documentalistes -mais ce chiffre est discutable etnous endiscuterons ultérieurement-.
• LES DOSSIERS DOCUMENTAIRES
La deuxième principale activité des documentalistes, c'est la constitution de dossiers documentaires destinés auxjournalistes sur tous les thèmes traités dans le journal. Pour
toutes les sections confondues, on compte environ 30 questions à traiter chaque jour, de
la plus simple à la plus complexe. Naturellement, le cas le plus fréquent est que le
journaliste spécialisé en société vienne chercher ses informations dans le service documentaire société, etil en vade même pourchaque section. Toutefois, le système de classement peut amenerà des exceptions si bien que chaque documentaliste ne travaille pas forcément toujours avec les mêmes personnes, ce qui l'oblige à constituer des dossiers documentaires trèslarges. En effet, dans la mesureoù le journaliste peut exiger
«observation des documentalistes de L'Express dans l'exploitation des archivesonline / papier»
des informations pouvant être interprétées différemment d'une personne à une autre, il faut pouvoir répondre à la demande selon tous les aspects envisageables. Plus
explicitement, cela signifie que pour un documentaliste habitué aux demandes d'un
journaliste, un sujet sera mieux cerné, car les intentions de l'article à venir seront
correctement interprétées etqu'inversement, pour unjournaliste qui lui sera peu familier,
son dossier sera plus objectif et moins précis (on dira aussi plus épais !) pour couvrir
davantage d'interprétations.
Par ailleurs, certains dossiers sont plus faciles que d'autres à réaliser. Lorsqu'il s'agit d'un thème souvent traité, le dossieratoutes les chances d'être pertinent et riche car on
pourra se permettrede sélectionnerl'information. Au contraire, pourun thème vague, le dossier risque d'être d'un moindre intérêt. Prenons des exemples qui sont apparus au mois dejuillet98 :
Unejournaliste me demande de trouver ce qui touche aux «fermes-auberges dans les
Vosges ». Recherche dans le dossier intitulé " Vosges et tourisme" - cote = Vosges.K-, Pas un mot sur les fermes-auberges. Nouvelle recherche dans le dossier intitulé «tourisme traditionnel » dans lequel on parle des fermes-auberges mais au sens général,
pas forcément dans les Vosges. Alors je réalise un dossier documentaire sur les
fermes-auberges, quitte à nerépondre qu'àun critère de recherche plutôt qu'à rien dutout. La
journaliste, insatisfaite, n'apaslu le dossier. Le sujet, troppréciset surtout méconnu des documentalistes, n'a pas été sélectionné par eux dans les magazines et les informations
sontdonc inexistantes.
Cetype de problèmes, fréquent dans le service, n'apastrouvéde solution.
Enonçons les autres difficultés : au cours d'une étude sur la nouvelle émancipation des
femmes et leur sexualité, on me demande de téléphoner à des magazines féminins pour savoir si le sujet a déjà été traité par eux. Or, aucun d'entre eux n'a répondu par l'affirmative dans lamesureoùils ne disposentpasd'archives. Nous n'avons doncpas pu
être renseignés et le dossier n'a pas pu être constitué à partir de leurs documents. L'information n'a donc pas trouvé de relais chez les confrères et reposait malheureusement dessus.
Autre chose, lorsque la demande est très très précise, la réponse n'est pas aisée à
trouver. Pourexemple, prenons lecas où l'on m'interroge surle nombre total de cartons
rouges distribués pendant la Coupe du Monde 98. Les principaux articles sportifs ne
l'indiquent pas, les statistiques de chaque match n'ont pas été sélectionnées par les documentalistes donc l'information, trop précise, ne peut être trouvée dans les dossiers
papier.
Pour une fois, il a fallu, par obligation, dépasser le stade de la simple recherche dans la
section documentation, et aller chercher l'information sur le site officiel de l'AFP, à défaut delatrouver surle site web officiel du Mondial,France 98.
• L'ASSISTANCE DOCUMENTAIRE
D'autre part, lesjournalistes viennent très fréquemment dans le service se renseigner sur l'existence d'un article, ou pour que l'on confirme la mort d'Untel, ou encore pour chercher une carte géographique ou un document qu'ils connaissent et qu'ils veulent
consulter.
D'une manière générale, le centre est considéré^-eamrne une référence et son fonctionnement estlargement imité parles
autre^(Xe
Mondpr, Lacroix, Le Figaro...,
tous
fonctionnentplusoumoins de la même manière).
Il faut tout de même souligner le comportement un peu « assisté» des journalistes, qui viennent fréquemment demander des choses qu'ils pourraient eux-même facilement
trouver : le résultat d'un match, un numéro de téléphone, un extrait de magazine à se
faire faxer... Leurréflexe est de demanderaux documentalistes, qui sont un peutoujours
àleurservice...
• LE MICROFILMAGE
Autre tâche qui revient souvent dans le service documentation de L'Express : le
microfilmage. Il fautavouer que cen'est pas untravail passionnant etbeaucoup prennent
cela comme unecorvée.
Le travail consiste àreprendre des dossiers soit trop vieux (documents qui remontent à
1974), soit trop importants (on ne peut plus les ranger dans les armoires tellement ils
sont épais). Chaque dossier est composé de documents classés du plus ancien au plus
récent, de manière àceque les plus récentsse trouventsurle dessus de la pile.
Or, le microfilmage, qui est une technique adoptée par L'Express afin de réduire le
« observation des documentalistes deL'Express dans l'exploitation des archivesoriline / papier»
donc réexaminé à la loupe, et on doit raturerles pages qui n'ont pas de rapport avec le document pour éviter qu'elles ne soient microfilmées. De même, on supprime les documents qui reprennent une information déjà existantedans un autre. Enfin, onvérifie la chronologie des documents pour garder une logique et une pertinence de l'information.
C'estunetâchetrès longueet pourtant, malgré les apparences, trèsutile.
Le microfilmage permet que les dossiers papier ne contiennent que de l'information
«fraîche» etennombre limité, cequi simplifie les recherches parla suite.
On peut tout de même s'arrêter surle côté relativement précaire de cette méthode : des
ratures au stylo, des relectures souvent fastidieuses et inutiles à 95 %... Bref, un
ordinateur s'en chargerait autrement rapidement et sansrien manquer (un ordinateur n'a pas d'yeuxpourregarder ailleurs ni le sensde l'ennui). Il saurait remettre les documents
dans l'ordre chronologique par une simple sélection des dates, sans à avoir à reprendre lesdocumentsunàun.
Voici les chiffres de l'évolution du nombre devuesmicrofimées depuis 1992 :
ilIllU'i's 1992 1993 1994 1995 1996 1997
microfilms 123 116 105 201 127 250 144 166 183 811 227205
On s'aperçoitque l'augmentationdu nombre de documents aétéimportante en5 ans, ce
quipeutposerdes problèmes àterme, puisquenousrappelonsquele microfilmage estun
système d'archivage coûteux et qui prend énormément de temps aux documentalistes. Dans quelles proportions cela va t-il continuer d'avancer et est-ce qu'il ne faudrait pas songer tout de suite à proposerdes solutions modernes à un problème d'ordre nouveau
? Ilnousfautyréfléchir.
• LA LISTE DES "P 7"
Ceci est un point tout à fait particulier mais qui, me semble-t-il, présente un certain
autrementdit, la liste descorps de métiers ainsi cotés.
Ma mission était de "mettre de l'ordre dans ces dossiers et de les réoganiser en faisant des regroupements et en supprimant les doublons (exemple : concierge = gardien
d'immeuble)". Jusqu'ici, chaque dossier était composé d'un intitulé de métier et on en créait un nouveau dès que l'intitulé n'existait pas déjà : un directeur marketing, par
exemple, avait sa propre chemise à côté de celle des directeurs commerciaux, des
directeurstout court oudes directeurs administratifs...
L'aspect manuel de la pratique et le fait que chaque section alimente les dossiers qui lui étaient propres, ne simplifiait pas les choses pour s'y retrouver. De plus, il n'existait
jussqu'alors aucuneliste de référence...
Il adonc fallureprendreunàunles dossiers plusieurs foispour les regrouper parthème : un dossier "métiers de la restauration"a doncété créé,tout commeles dossiers "métiers
scientifiques", "métiers de la mode", "métiers de la sécurité", "directeurs" avec des
subdivisions, etc.
Laliste entière estvisible(Annexe IV).
Cette tâchepeutnousfaire réfléchir surlapart de subjectivité apportéeparchacun et sur la difficulté de répondre de manière satisfaisante à tous. En effet, untel va vouloir faire des regroupements au maximum quand les autres vont préférer laisser chaque dossier
explicitement classé par ordre alphabétique sans changer des habitudes auxquelles ils
tiennent.
D'une manière générale, toutefois, toutes les sections étaient soulagées qu'une liste consultable de tous soit créée, car elle permet de vérifier si un métier n'existe pas déjà
avant d'encréerunnouveau, etévite ainsi les doublons déjà mentionnés.
La flexibilité du système documentaire à L'Express permet donc d'apporter des améliorations d'une manière très souple, sans chambouler les habitudes, mais soulève le
«observation des documentalistes de L'Express dans l'exploitation des archivesonline / papier »
III.LES ARCHIVES : LA GUERRE PAPIER / NUMERIQUE
1. LES AVANTAGES DUNUMERIQUE
Ladocumentation deL'Express aplusieurs voies d'accès auxarchiveson line :
-ellea la possibilité de recourirau minitel (disponible sur chaque poste de travail)
-elle aégalement toutle réseau Intranet qui lui est réservé, avec un système de recherche
par mots-clés et par date pour trouver les informations relatives aux numéros de
L'Express précédents. Lapagede requête se présenteainsi :
LEXPRESS
Recherchesimple Recherche détaillée Recherche
étendue Aide en ligne
Indiquez
voscritères de recherche (séparés
par et, ou,sauf).
Cliquez
surle bouton "Rechercher"
:Rechercher
Champ
Critères LexiqueArticle
(1)
Date de début
(2)
Date de fin(2)
Auteurs(3)
(1)
les
mots sontrecherchés dans le titre, le
chapeau
etle
textede l'article.
(2) les dates doivent être saisies
auformat JJ/MM/AAAA.
(3) le
nomdes
journalistes
doit être écrit
sousla forme
nom
prénom
ounom*
REQUETESIMPLE SUR INTRANET
-elle peut aussi compter sur le si vaste réseau d'Internet depuistous les postes de travail,
également.
-elle a à sa disposition le téléscripteur de l'AFP qui l'informe minute par minute des
dépêches qui viennent de tomber. Ce téléscripteur a également une mémoire à la
disposition de l'utilisateur qui fonctionne comme une base de données classique avec
interrogationspar mots-clés jusqu'à trois mois.
Mais lemust en matière d'archives, c'est aussi l'exploitation d'autres banques de données
• LESBANQUES DEDONNEES AL'EXPRESS
La documentation deL'Express a un accès privilégiéà un certain nombre de banques de données. On dit aisément que les banques de données classiques sont aujourd'hui la meilleure source pour une recherche rétrospective destinée à constituer rapidement un
dossier sur une entreprise, un marché, une technologie, une personnalité, un
fait de
société, unévénement social, littéraire, culturel, sportif,...
Il enexiste7000 environqui sont accessibles à desordinateurs serveurs enEuropeetaux
Etats-Unis essentiellement, et 10 à 12
d'entr^elles^egroupent
l'essentiel
de l'offre.
Les serveurs les plus anciens ont actuellement plus de trente ans et les plus importants
offrent plusieurs milliards de documents en ligne (ce qui représente environ cent fois le volume duWeb quebalayent lesmoteursderecherche disponibles aujourd'hui !).
Ondistinguedeuxtypesde banques de données :
- les "multi-sources",
qui dépouillent des centaines ou des milliers de publications avec
une couverture souvent internationale. Ces sources sont en général des quotidiens, des
magazines, des lettres spécialisées, des dépêches d'agence ou des études. Leur indexation
peut être très sophistiquée et peut, par exemple, identifier des opérations du type fusion/
acquisition pour de grands groupes, ou encore retrouver les lancements de nouveaux
produits dans certainspays, recenserles étapes événementielles d'un pays, etc.
-les "mono-sources" ou "multi-sources" entexteintégral : Plus de 7500publications dans le monde sont accessibles en ligne, entexte intégral, et couvrent tous les secteurs
(actualités, sciences, ...). Ces publications peuvent être des quotidiens ou des titres de presselocale américaine,ou encoredes périodiques, des lettres,...
Certains périodiques peuvent proposer des textes intégraux avec des antériorités allant
jusqu'àunedizaine d'années, voire au delà, et d'autres peuvent regrouperle texteintégral
deplusieurs centaines de titres des domaines les plus divers...
Ala documentation deL'Express, on aaccès à :
-QUESTEL, un des deux grands sdVeurs français, qui propose aujourd'hui plusieurs titres de presse française en texte intégral ( les quotidiens Le Monde, Les Echos, La
Tribune, LeFigaro, La Croix) ainsi que 7 fils de l'AFP, en particulier le fil économique,
général, sport et AFPDocumentaire, avec enplus des newsletters.
« observation desdocumentalistes de L'Express dans l'exploitation desarchivesonline / papier»
PROMT dans le domaine économique, FRANCIS dans le domaine des sciences
humaines, socialesetéconomiques, LOGOS surla vie politiqueet économique française.
Les frais d'abonnement sont de 2000 F - incluant le logiciel Imagination, les fiches
techniques, l'assistance technique-. La consommation minimale doit être de 1500 F/
semestre.
-L'EUROPEENNE DE DONNEES, qui est l'autre grand serveur français. Il est plus
spécialisé dans la presseetle juridique. Sur le plan de lapresse, ilaaujourd'huiune offre
proche de celle de QUESTEL (enajoutant Libération), bien qu'il remonte plus loin dans
le passé. Les recherches peuvent s'effectuer par des opérateurs classiques ou par des
moteursderecherche. Leprix de l'abonnement àl'offrepresseest de 1800F/ an.
-LEXIS-NEXIS, l'un des plus grands serveurs au monde, dont l'essentiel de l'offre
couvre les domaines de la presse et du droit. Sa philosophie : tout lecontenu du titre en
texte intégral. Ce logiciel permet de chercher en même temps l'ensemble des titres offerts, cequi estextrêmementpratique.
Le prix (par QUESTEL) s'élève à 2000 F pour la première année (880 F les
réabonnements) et inclue le logiciel, la documentation, la formation, et 1 heure
d'interrogation (sans consommationminimale).
On peut leur ajouter le site de l'AFPcar, en plus du téléscripteur, l'AFP a une offre très
large ( voir AnnexeV).
• LEURS AVANTAGES
Le choixd'interroger des banques de données permet tout d'abord un réel gain de place
qui n'est pas à négliger quand on voit la masse que peuvent représenter des dossiers
papieraprèsquelques décennies. Pourleprouver,voici les
chiffres
:166 540 : ce n'est rien moins que le nombre de dossiers consultables au centre de
NOMliRLS DE DOSSIERS EMPRISE Al SOL L\ ML" PERSONNALITES 89 500 !25.30 ENTREPRISES 26 460 : 9.20 INTERNATIONAL 2520
;
4.00 PAYS 25 760j
16 60 -THEMATIQUES 17 500124.60
I
DIVERS 4800 : 6.00 TOTAL 1166 540 ' 85.70 *mètreslinéaires( longueur des étagères mises bout à bout).
C'est dire la place que peut prendre tant de papier et on devine facilement toutes les
complications quecela crée: manipulations maladroites, lourdeur des dossiers, utilisation de tabourets pouraccéderauxdossiers enhauteur, consultationssurplace ou
transportdes dossiersunpar unjusqu'aubureau...
Bref, pasmal detempsperduetdes efforts inutiles.
De plus, le numérique permet l'immédiateté des réponses (s'il y en a) et garantit leurs
sources ainsi que ses références (dates, page...). Une banque de données, diffusée très
largement, nediffuse quedes informations sûresetne permetpasla subjectivité. Onpeut
lui faire confiance et être sûr qu'une information n'aura pas été omise par inadvertance
(l'ordinateur n'apasle "coup de barre" de 11 h ! ! !).
On peut aussi dire que l'information circule puisqu'elle est multipliable et divisible (au contraire d'êtreexclusive) : parexemple, dansunjournal, chaque rédacteur peutrecevoir des dépêches sur son propre ordinateur etil peut en disposercomme bon lui semble (les
sélectionner, les couper,les réorganiser, bref, profiter desavantages du numérique).
Le fait de rechercher par mots-clés permet également de délimiter un sujet et évite la lecture inutile des documents qui forment le bruit. Cela permet une première sélection intéressante de l'information. Pour ce qui est des recherches très précises, les réponses
sont instantanées et aussi précises que la demande (exemple des fameux cartons rouges
pendant la Coupe du Monde).
îerches croisées ne sont pas en reste, puisqu'elles sont privilégiées par le
numérique : ontrouveraplus facilement des réponses à la requête "chinois etmafia" avec lesbanques de données (qui couvriront tousles payset les années) que dans le dossier de
« observation des documentalistes deL'Express dans l'exploitation des archivesonline / papier»
presse qui sera forcément limité dans un sens (on regardera à Chine ou à Mafia, ou à Mafia en Chine si la subdivision existe, mais on ne couvrira pas la Chine mafieuse en
Europe, parexemple...).
Ainsi, lenumérique (etnotammentInternet) permet d'étendreles champs d'une recherche
et élargit des horizons.
En outre, le fait de pianoter sur un clavier apporte un côté ludique à la recherche, cela
change des autres tâches traditionnelles du documentaliste (cet aspect n'est pas l'avis de tous, il faut le préciser).
• LES INCONVENIENTSDESDOSSIERS DE PRESSE
En plus de ceux que l'on vient de montrer, les dossiers de presse (autrement dit les
dossiers papier) présentent desinconvénients d'ordre général.
En effet, ils sont non seulement volumineux et lourds, mais ils contiennent aussi une information souvent redondante d'un jour à l'autre (compte tenu qu'il s'agit d'une information de presse) et donc inutile et encombrante. De plus, comme l'information évolue très vite, certains documents sontdéjà dépassés avantmême d'avoir été cotés. On
appelle cela l'obsolescence de l'information de presse. En effet, la plupart du temps, les
trois quarts d'un dossierne sontjamais utilisés etmonopolisent beaucoup d'énergie pour rien. Les requêtes les plus courantes sont concernées par les dernières années qui les
précédent etrendent donc la majoritédu dossierobsolète.
En outre, le fait qu'un dossier soit chronologiquement classé facilite les recherches tout
en les compliquant : une information sur la pollution dans les villes en 1994 peut se
retrouver aubeau milieu d'un dossier très épais et sera difficilement retrouvable bienque ce soittoutàfaitpossible (puisqu'onle fait !).
Il faut y ajouterunaspect très important quiest la fragilité matérielledes documents : un incendie dans les étagères de L'Express et ce sont les trois quarts de la documentation
qui s'effondrent ( les microfilms ne sont pas à bien meilleure enseigne et ne constituent
qu'une solutionprovisoiremais pasidéale).
Deplus,toutletravailde sélection, de découpage et d'archivage ainsique lesrangements
répétitifs des documentspourl'alimentation des dossiersde presse prennentbeaucoup de
temps et ne constituent pourtant pas (du moins dans les textes) la fonction principale du documentalistequalifié.
2. LES AVANTAGES DU DOSSIER DE PRESSE
Le dossier de presse présente toutefois un certain nombre d'avantages non
négligeablesquenousallons tenterdemettre enavant.
En premier lieu, il faut prendre encompteun certain nombre de facteurs qui caractérisent
les documentalistes de L'Express aujourd'hui. En effet, l'ancienneté du personnel, qui s'étend de 15 à 30 ans avec quelques exceptions de personnes plus jeunes, est un aspect
important, car il faut bien voir que la plupart (si ce n'est presque tous) n'ont pas une
formation de purs documentalistes. Au contraire, ils ont été formés sur le tas et leur fonction àla documentation deL'Express tient quasiment du hasard ! Pour exemple : la
responsable de la section sciences a simplement fait des études scientifiquespourjustifier de son poste, tout comme celle de société qui voulait être professeur de sport et qui est
devenuedocumentalisteen section sport (entre autres !).
On peutaussi mentionner que l'habitude est une force, et fait que le fonctionnement par
manipulations manuelles peut devenir une façon d'agir très efficace et rapide. Chaque
documentaliste connaît l'emplacement précis de telou tel dossieret ne connaît quasiment
aucuntemps mort dans sontravail, et cen'est pasrien.
De plus, la recherche dans les dossiers depresse permet le contact avec les collègues, les rencontres, les échanges, le mouvement, etfavorise untravail d'équipe. On peut dire que la fonction de documentaliste hL'Express privilégie encore l'aspect humain et en tire une certainerichesse ainsi que de la vie, du dynamisme.
Il faut ajouterà ces aspects d'autres qualités propres aux dossiers de presse, d'ordre plus
général.
Tout d'abord, il faut bien voir que la plupart du temps, les dossiers papier sont très
complets et plus faciles àjuger (telle longueur, telle mise en page, tant de photos, telle signature, telle typographie, tel magazine, tel qualité de papier...).
On resitue mieux le contexte du document avec du papier car il est plus lisible et fait
passer davantage d'informations qu'un simple texte (d'ailleurs, pour conserver un document destiné à être lu, ne l'imprime-t-on pas?). On prendra donc en compte le
paratexte et la matérialité du document, richesses du dossier papier, introuvables sur les
banques de données.
Autre atout évident : le documentalisteest libre de sélectionner dans la presse ce que bon
lui semble (c'est la subjectivité dont on a déjà parlé). Cela a des conséquences directes