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Syndrome de Münchausen par Procuration

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Texte intégral

(1)

SYNDROME DE

MUNCHAUSEN

PAR

PROCURATION

Séminaire de Pédiatrie

CHU Liège

Prof.

Alain Malchair

Jeudi

9 octobre 2014

(2)

A. Syndrome de Münchausen 1. Histoire

2. Clinique (Troubles factices)

B. Syndrome de Münchausen par

procuration ou syndrome de Meadow

1. Introduction du terme (R. Meadow) 2. Formalisation (DA. Rosenberg)

3. Critères actuels (DSM)

C. Eléments à retenir pour accompagner la réflexion

(3)

•D. Analyse clinique du SMPP • 1. Symptômes possibles

2. Critères d’orientation • 3. Diagnostic différentiel

E. Complication 1: Abuseur ou abus?

F. Personnalité du parent auteur/victime 1.Typologie

2.Caractéristique de personnalité 3.Eléments d’épidémiologie

(4)

G. Souffrance de l’enfant

H. Allégation d’abus sexuels

Proximité et différence

I. Complication 2: quelle prise en charge?

1. Pathologie du patient/ souffrance de l’enfant

2. Judiciarisation

J. Conclusion en forme de réflexion

psychodynamique

(5)

A. Syndrome de Münchausen

1. Histoire

• - Terme introduit par ASHER en 1951

• - Aventures extraordinaires du baron de Münchausen (R.E. Raspe)

(6)

2. Clinique (Troubles

factices)

• - Besoin de simuler une maladie sans recherche

de profit direct

• - Trouble non isolé dans le D.S.M.

• - Catégorie plus générale des Troubles Factices: • A) Production ou feinte intentionnelle de

signes ou de symptômes physiques ou psychologiques.

• B) La motivation du comportement est de jouer le rôle de malade.

C) Absence de motifs extérieurs à ce

comportement (p.ex. obtenir de l’argent, fuir une responsabilité légale, ou améliorer sa situation

(7)

B. Syndrome de Münchausen par

procuration ou syndrome de

Meadow

1. Introduction du terme

R. Meadow (1977)

Un enfant est présenté à l’attention médicale de façon répétitive, avec des symptômes ou des signes d’une maladie qui a été induite par le parent, pour son bénéfice à lui. Il s’agit souvent

(8)

2. Formalisation

D.A. Rosenberg (1987)

4 critères:

• - Maladie simulée et/ou induite pour un parent sur son enfant

- Investigation médicale répétée dans l’intention officielle d’une reconnaissance pour le bien être de l’enfant

- Déni du parent quant à l’origine des symptômes de l’enfant

• - Amendement de la symptomatologie lorsque l’enfant est séparé du parent ...

(9)

3. Critères actuels

• DSM V :

Factitious Disorder Imposed on Another

A. Falsification of physical or psychological signs or symptoms, or induction of injury or desease, associated with identified

(10)

B. The individual present another

individual(victim) to others as ill, impaired, or injured.

C. The deceptive behavior is evident even in the absence of obvious external rewards. D. The behavior is not better explained by

another mental disorder, such as

delusional disorder or another psychotic disorder.

Note: The perpetrator, not the victim, receives this diagnosis.

(11)

C. Eléments à retenir pour

accompagner la réflexion

• - La question de la psychose.

• - La place de l’enfant dans la dynamique du parent.

• - La dynamique transfert/contre-transfert. • - La dialectique du bien et du mal.

• - Les radicalisations idéologiques face au problème de la toxicité parentale.

(12)

D. Analyse clinique du SMPP

1. Symptômes possibles

(les plus fréquents)

• - Saignements (anticoagulants,

exsanguination, simulation par substance colorée)

• - Crises d’épilepsie

• - Empoisonnement par diverses

substances (médications, sédatifs, sel...) • - Apnée produite par pression

carotidienne

• - Diarrhée et vomissements induits

• - Fièvre supposée par falsification des mesures

(13)

• - Rash par empoisonnement, irritation directe, caustique, peinture

• - Hypoglycémie induite

• - Hyperglycémie supposée par usage d’autres mesures

• - Hématome ou sang dans les selles par blessure de l’urèthre ou de l’anus

• - Infections multiples par contamination active

(14)

2. Critères d’orientation

• - Des symptômes qui disparaissent en l’absence de la mère

• - L’allégation d’allergies de l’enfant à certains aliments ou médicaments

• - Une maladie récurrente ou persistante inexpliquée, présentée de façon répétitive pour des soins

• - Une incohérence entre l’état clinique et les symptômes allégués

(15)

• - L’affirmation d’un cas clinique rare

• - Une mère très attentive, présentant une difficulté à laisser son enfant seul

• - Un enfant qui a une intolérance aux traitements ou qui n’y réagit pas

• - Une mère très présente lors

d’hospitalisations, plus intéressée par les professionnels médicaux et par la maladie que par la souffrance de son enfant

• - Une mère affirmant avoir une formation, expérience (para)médicale

(16)

• - Une mère ou des membres de la fratrie ayant une histoire de maladie identique à celle de l’enfant

• - Un père absent ou rarement présent dans les démarches médicales

• - Des morts subites d’enfants inexpliquées dans la fratrie

(17)

4. Diagnostic différentiel

Le syndrome des enfants battus ou une maltraitance directe occultée

Une négligence, une malnutrition Les parents « super anxieux »

Des mères délirantes

L’hystérie par procuration Le shopping médical

(18)

Les familles exagérant les symptômes d’une affection réelle de l’enfant pour en tirer ou accroître les avantages sociaux

Fausses allégations de mauvais soins ou d’abus sexuels ?

(19)

E. Complication 1 : abuseur ou

abus?

• - Selon le DSM, focalisation sur le

comportement de l’auteur, donc sur la notion d’abuseur.

• - Adopter soi-même le rôle de malade. • - Pourtant,c’est l’abus qui est révélé et

diagnostiqué.

• - Le pédiatre avant le psychiatre!

• - Plus encore, la personnalité de l’abuseur freine la reconnaissance de l’abus...

(20)

F. Personnalité du parent

auteur

1. Typologie

• - Demandeurs d’aide (help seekers) • - Inducteurs actifs (active inducers) • - Toxicomanes du médecin (docteur

addicts)

(21)

2. Caractéristiques

personnalité

• - Une relation fusionnelle, de dépendance avec leur enfant

• - Une relation perturbée à leur propre corps • - Un attachement d’apparence dévoué et

aimant à l’enfant

• - Une revendication d’un rôle soignant auprès de l’enfant

• - Une rivalité ou une séduction exagérée à l’égard du personnel médical

(22)

• - Une absence de pathologie

psychiatrique classique, sinon une faible estime d’elles-mêmes, des failles

narcissiques, des difficultés

d’identification, des dépressions • - des souvenirs, des expériences

traumatiques ou des deuils dans leur enfance

• - Une relation perturbée ou une absence de relation avec le père de l’enfant

(23)

3. Eléments d’épidémiologie

• - 90 à 98% sont des mères.

• - 20 à 30% souffrent elles-même d’un syndrome Münchausen

• - Dangerosité importante (selon une étude de l’équipe de Meadow):

• - 24% des enfants sont réabusés

• - Près de 10% sont morts par étouffement ou empoisonnement

• - Dans 40 à 50% des familles, un membre de la fratrie est ou sera abusé

• - Moins de 30% des auteurs passent en justice.

(24)

4. Evaluation diagnostique

• - Questionnement peu présent dans la littérature avec absence de pathologie spécifique

• - Rares psychoses au sens psychiatrique

• - Mécanismes psychodynamiques de nature psychotique, mais aussi perverse

• - Problématique narcissique majeure • - Troubles liés à l’image du corps

(25)

G. Souffrance de l’enfant

• - Problème majeur d’individuation, dans le rôle d’un appendice maternel.

• - Son corps souffrant est le mode

relationnel privilégié, voire exclusif avec sa mère.

• - Plus encore , ce corps souffrant est le mode relationnel de la mère avec le

monde extérieur.

• - Problème évident de triangulation avec le père

(26)

• - Vision pervertie des valeurs,

notamment affectives.

• - Conscience plus ou moins claire de

son rôle d’objet de survie pour sa

mère.

• - Donc abolition de son désir propre

pour tout ce qui met cette survie en

danger

(27)

H. Allégation d’abus sexuels

Proximité et différence

• - Comparaison inspirée par le cas clinique et les réflexions d’E. de Becker qui

présente ces fausses allégations comme une forme “atypique” du SMPP, dans le

cadre d’un éventuel syndrome d’aliénation parentale.

• - 2 observations:

La production de symptômes

La question du rôle de malade et du bénéfice secondaire

(28)

I. Complication 2: quelle prise

en charge?

1. Pathologie du parent / souffrance de

l’enfant

• - Qui est malade?

• - Le parent, oui, mais qui le nie

• - L’enfant, oui, mais pas des symptômes présentés

• - La diifficulté des soignants, et des intervenants en général: comment y croire?

« Le triangle infernal »!

• - Thérapie indispensable pour aider

l’enfant à se (re)construire hors culpabilité, et pour accompagner le parent qui perd sa prothèse narcissique

(29)

2 Judiciarisation

• - Approche “déjudiciarisée” souhaitable mais problématique car déni de l’auteur. • - Recours à la contrainte nécessaire pour

protéger l’enfant.

- Pas de sanction vu la pathologie: la mise à

distance de l’enfant est sans doute la plus terrible!

(30)

J. Conclusion en forme de

réflexion psychodynamique

• Rapport incompréhensible à l’enfant,

dans un espace corporel unique

• Absence de vrai dialogue

• Pulsion d’emprise sans limites

(31)

• Rôle de suture narcissique, d’appendice

maternel

• Relation clivée envers le monde médical

• Non accession à une vraie parentalité

Démarche thérapeutique essentielle:

Développer les capacités d’autonomie

psychique de l’enfant

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