LA MACHINE MISE EN SCÈNE PAR DES ENFANTS
D'ÉCOLES PRIMAIRES ET MATERNELLES
Élisabeth PLÉ l.U.F.M., Reims
MOTSCLÉS: THÉÂTRE TECHNIQUE PROJET ENFANTS -CULTURE SCIENTIFIQUE ET TECHNIQUE
RÉSUMÉ: Faire que l'enfant ne soit pas spectateur mais diffuseur de la culture scientifique et technique en mettant en scène par toutes sortes de forme d'expression la machine. Comment une classe de l'école primaire fait-elle revivre Héron d'Alexandrie, ses mécaniques et ses automates en créant et mettant en scène une pièce de théâtre?
SUMMARY :lnpresenting the machine, using varied means of expressions, the child would not be a passive spectator but a disperser of scientific and technical culture. A primary school class can revive Heron of Alexandria, together with his mechanics and automatons,bycreating and staging a play.
1. METTRE EN SCÈNE LES TECHNIQUES, POUR QUI . POURQUOI ?
1.1 Un constat une question
Force est de constater que très peu d'activités technologiques sont pratiquéesà l'école élémentaire. Dans l'esprit de beaucoup d'enseignants, technique rime avec mécanique, mécanismes, austérité, compliqué... et beaucoup d'entre eux ne se sentent pas la compétence pour s'investir dans des activités innovantes.
Comment créer une dynamique autour des Sciences et Techniques? Comment profiter des activités pratiquées par les uns pour donner envie aux autres? Comment valoriser et finaliser les travaux pratiqués dans les classes?
1.2 Une opération
Afin d'ouvrir un nouveau champ d'investigation pour les enseignants nous avons proposé à une trentaine d'écoles élémentaires et maternelles un projet intitulé: "Et si on inventait une machine".
Ce projet, centré autour de deux axes: invention - création / rapports homme - machine, machine - société, avait comme finalité de modifier les conceptions courantes de la technologie et d'ouvrir des horizons nouveaux:
- prendre conscience que nous sommes tous concernés par le monde des techniques comme utilisateurs de machines - concepteur - ouvrier - artisan - vendeur - réparateur..., - prendre conscience que vie quotidienne et technique sont liées,
- découvrir que depuis 2 000 ans l'homme invente des machines, maîtrise de nouvelles sources d'énergie pour mieux vivre (transport communication transformation des matériaux chauffage -éclairage - tâches domestiques...),
- resituer chacun, ouvrier, artisan, ingénieur dans l'évolution des techniques, - développer l'imaginaire et s'interroger sur les rapports entre art et technologie.
Ces découvertes, ces révélations, ces passions devaient être partagées avec un large public (5 ()()() personnes) au cours d'une journée de spectacle au cours de laquelle se succédaient sur scène les différents projets. Toute forme d'expression était possible: exposition - reportage vidéo - théâtre, théâtre de marionnettes - chorégraphie - expression corporelle - conte musical... Une équipe de professionnels en musique, arts plastiques, théâtre, accompagnait les enfants dans leur démarche de mise en spectacle de la Machine.
1.3 Quelques thèmes parmi d'autres
- Le vélo musical: un groupe de jeunes de 8à12 ans récupère des vélos, les transforme et les assemble pour en faire un vélo musical, ceci avec l'aide d'un plasticien et d'un musicien. Cette machine autant insolite que performante assurera les intermèdes entre les spectacles.
- Des machines de la vie quotidienne: aspirateurs, robots ménagers et autres engins sont mimés sur scène par des enfants de 5 - 6 ans.
- Des machines mythiques sont mises en scène: un fauteuil roulant est transformé en fauteuil volant qui part explorer le monde - des rescapés d'une catastrophe aérienne récupèrent des débris
d'avions pour fabriquer une machine volante afin de rejoindre le continent...
- Tinguely inspire beaucoup. Ainsi une immense machineàrouages et mécanismes divers est elle construite autour de laquelle s'élabore un conte musical.
- Mais l'histoire des Sciences trouve également sa place. Un groupe met en scène "2000 ans de communication à distance" : un jeune homme guidé par la recherche de la signification d'un message codé remonte le temps par tous les moyens de communiquer tandis qu'un téléphone géant, construit par accumulation de panies de téléphones oriente le jeune homme. Une autre classe redécouvre Héron d'Alexandrie, ses mécaniques et ses automates, construit les machines et crée une pièce de théâtre.
2. UN EXEMPLE DE SPECTACLE "Les Machines d'Héron d'Alexandrie"
2.1 Genèse et démarche du projet
Ce projet a été mené par une classe rurale d'enfants de 10 - 12 ans. C'est d'abord le projet du maître, ça deviendra rapidement le projet de toute la classe grâce à l'émulation qui est suscitée. Les enfants sont d'abord invités à faire une recherche très large sur les inventeurs et inventions à partir d'une documentation abondante. Ils sont particulièrement intéressés par Héron d'Alexandrie car disent-ils, "nous avons été surpris de constater qu'il avait déjà inventé avec d'autres ingénieurs grecs, les engrenages, la vis sans fin, les poulies composées, la machine à vapeur simple... et ceci dès l'Antiquité".
Ils réalisent alors, avec du petit matériel, un baroulkos - système utilisant des jeux de poulies et permettant de soulever de lourdes charges " un manège à air, un vase truqué contenant deux liquides et permettant de distribuer à volonté l'un ou l'autre, une fontaine musicale et toutes sortes de principes de fonctionnement...
Pour mieux comprendre l'histoire des ingénieurs grecs, ils travaillent sur l'Égypte et la Grèce antique.
Ils ont ensuite cherché comment présenter Héron d'Alexandrie dans une pièce de théâtre. Ils ont alors imaginé une discussion entre l'ingénieur grec et des étudiants et ont inventé entièrement les dialogues. Un homme de théâtre les a accompagnés pour la mise en scène. Un artisan et un plasticien les ont aidésàréaliser quatre grosses machines qui seront présentées sur scène.
2.2 Le texte
Trois personnages. A et B jouent aux dames et le troisième, C,bricole: il est en train de percer un trou avec une perceuse mécanique.
A : - Dis-donc, elle n'est pas d'aujourd'hui, ta perceuse! Je dirais même qu'elle date de Jésus-Christ! CA et B rient; C hausse les épaules).
C (continuant à percer) : - Tu ne pouvais pas mieux dire: la perceuse ne date pas de J-C mais son principe de fonctionnement, si !
B : - Non mais tu plaisantes!
C(allant vers la table et montrant une revue) : -Tiens, regarde cette revue et tu verras que je ne plaisantes pas du tout!(Cretourne à son travail).Un certain Héron, ingénieur travaillant et vivant à Alexandrie au début de notre ère, avait déjà mis au point des systèmes d'engrenages semblables à celui-ci ou même plus complexes.
B(Il regarde la revue) : -Oui, en effet! Alors, si je comprends bien, Léonard de Vinci n'a pas inventé grand-chose!
C (admirant son travail) : - Ils'est sûrement inspiré entre autres, des travaux de Héron. (C vient s'asseoir avec les deux autres).L'intérêt de l'œuvre de Héron, c'est que, contrairement à ce qui s'est passé pour d'autres chercheurs grecs de l'antiquité, quasiment tous ses livres sont parvenus jusqu'à nous.
A(regardant le livre avec b) : -Incroyable! Héron a même inventé la première machine à vapeur, l'éolipile.
C : - Héron d'Alexandrie n'a sûrement pas travaillé tout seul. Et puis il s'est inspiré des travaux de chercheurs qui ont vécu avant lui, comme Archimède. (Cmontre un dossier).J'ai fait des recherches sur lui. Son œuvre est impressionnante.
Dans son livreLes Mécaniques,par exemple, il y a des plans de presse à olives.Iln'est pas besoin de se demander où Gutemberg a trouvé le plan de sa presse à imprimer!
A : - Et ceux qui ont inventé l'horloge! Presque toutes les pièces sont dansLes Mécaniques!(cva chercher sa pièce et rejoint les deux autres).
A : - Mais dis-donc, si je calcule bien, toutes ces inventions qui sont d'une importance capitale, ont hiberné pendant 1 500 ans!
B(arrachant la revueàA) : -Mais au fait, il a vécu quand, ce Héron?
C (bricolant sa pièce) : -Autant on sait beaucoup de choses sur son œuvre, autant les renseignements concernant le personnage et sa vie sont insignifiants.
B(Il se met debout et lit un passage de l'article) : -Tiens, je lis: "Se basant sur une éclipse dont il parle dans un de ses livres et qui n'a pu avoir lieu qu'en 62aprèsJ-C,un certain Neugebauer a démontré qu'Héron d'Alexandrie a vécu au milieu du 1er siècle".
A, B etC :(se tournant vers les spectateurs) -B : - Si vous êtes intéressés (A) comme nous (C) par ce personnage qu'était Héron d'Alexandrie A) et par ce qu'il a fait,(B)je vous invite à imaginer avec nous,(A)un entretien qu'il a pu avoir avec des étudiants.(A, B etC se retirent au/and de la scène). (Héron est au centre de la scène entre El et E5)
El : - Aimes-tu ton travail?
HÉRON: - Bien sûr, je m'y amuse tellement!
E2 : - Quels sont parmi les livres que tu as écrits les plus connus?
HÉRON: - .
E2 : - Quels sont tes livres les plus connus?
HÉRON(agacé) : -Oh!Pardon! Mes livres les plus connus sontLes Automates, Les Pneumatiques etLes Mécaniques.
HÉRON(Il se met debout) : - Le plus important, c'est Les Pneumatiques: il comporte pas moins de 80 chapitres.(Les deux autres lefont rasseoir).
E4: -Dequoi traite-t-il ?
HÉRON: - Essentiellement de jouets, d'automates, ... E5 : -Demachines inutiles, quoi!
HÉRON: - Mais j'ai beaucoup travaillé sur des machines très utiles, en particulier, dansLes Mécaniques, j'ai décrit bon nombre de ces machines. Vous savez, ce qui m'intéresse, c'est la théorie, la recherche.
El: - Mais revenons-en à ces machines utiles, justement.
HÉRON: - Essayez donc de soulever cette énorme pierre de pyramide!(Des étudiants essayent, en vain, de soulever la pierre .. l'un deux fait appel aux trois acteurs de la 1ère scène, ils n'y arrivent pas davantage).
E6: - Mais c'est bien trop lourd! Nous n'y arriverons jamais!
HÉRON(se levant) : - Et bien moi, j'ai trouvé un moyen de soulever ce bloc de pierre très lourd. Il suffit d'en démultiplier le poids grâce à mon système de poulies. Accrochez-moi ça!Jevais vous montrer comment ça marche.(Héron se rassoit) Vous n'avez qu'à tirer sur la corde. (Les étudiants attachent la pierre et l'accrochent au système. L'un d'eux tire sur la corde et la pierre se soulève). E7(montrant son admirationàHéron) : - Effectivement, c'est très impressionnant!
HÉRON(se levant et déroulant un papyrus sur lequelilyale schéma d'un système de poulies assez complexe) : - Quoi, c'est de la rigolade! J'ai élaboré des systèmes plus compliqués comme celui-ci, avec bien plus de poulies et permettant de soulever des charges bien plus lourdes!(Héron enroule le papyrus).
E5(lui prenant son dessin) : - Mais au fait, tu ne te serais pas un peu inspiré d'autres chercheurs comme Archimède, par hasard ?
HÉRON(El leiait rasseoir) : - Bien sûr, personne n'a jamais rien inventé totalement. Les inventions sont toujours des améliorations ou des transformations de choses existant déjà. J'ai emprunté entre autres, à Archimède, sa vis sans fin et sa poulie composée, à Philon, certains objets de ses Pneumatiques. Et puis, ici, il Y a d'autres chercheurs qui travaillent avec moi. Je regroupe et note toUles les nouvelles découvertes. Depuis Archimède, on a bien avancé!
El: - Tu aimes construire! HÉRON: - Non, réfléchir!
E5 : - Ah, oui, j'oubliais, la théorie, la recherche!
E8: - Mais on pourrait soulager la peine des hommes si on construisait partout ce genre de machines!
HÉRON(se levant, en colère) : - Mais on n'a pas les moyens de construire ces machines! Déjà on ne dispose pas des matériaux nécessaires et puis qui arriverait à fabriquer nos machines?(El le rassoit). E7 : - Pourtant ça fonctionne!
HÉRON: - Bien sûr que ça fonctionne! Je le démontre mathématiquement! Et puis il y a les esclaves ! Vous y avez pensez, aux esclaves?
HÉRON (se relevant) : - Qu'est-ce que nous en ferions des esclaves, s'il n'y avait plus de travail pénible? Ce serait la catastrophe! Avec l'arrivée de ces machines, les hommes se retrouveraient sans travail!
E4 : - Et cette machine, elle sert aussià soulever des charges? HÉRON (très fier) : - Oui, c'est mon baroulkos !
El et E5: - Ton quoi ?
HÉRON (Il va vers le baroulkos) : - Tenez, asseyez-vous sur cette plate-forme1Oui, toi aussi! (Plusieurs étudiants s'assoient sur la plate-forme,. Héron, retourneàsa place, s'assied et dit d'un ton désinvolte) .' - Maintenant, il suffit de tourner1
EIO (pas rassurée) : - C'est très efficace ! ES (moqueur) : - Oui, mais c'est très lent!
HÉRON: - On pourrait y ajouter une vis sans fin comme sur mes plans. Ça permettrait de soulever des choses encore plus lourdes mais ça serait encore plus lent.
ElO : -À propos de vis sans fin, cet Archimède était bien grec? 11 a vécu à Alexandrie?
HÉRON: -Ilétait effectivement grec mais il n'a fait que passerà Alexandrie.Ila vécu et travailléà Syracuse.
A Il : - C'est dommage qu'il n'ait pas travaillé à Alexandrie, il s'y passe tellement de choses! HÉRON: - C'est sûr, il aurait mieux fait de venir s'installer à Alexandrie, au lieu de passer son temps àessayer de résoudre les problèmes que lui posait son roi, comme, comme par exemple, savoir si la couronne qu'il venait d'acheter était bien en or pur! (rires).
Alexandrie est depuis fort longtemps la capitale du monde hellénistique! Son phare est l'une des sept merveilles du mondet(siff1ements).
EIO (s'adressantà ses voisins du groupe) : - Pour en revenir à Archimède et cette histoire de couronne, il paraît que c'est en prenant un bain qu'il a trouvé la solution, il serait alors sorti dans la rue tout nu en criant "Eurêka1"(rires).
HÉRON: - Je crois, oui! Il paraît aussi que du coup,lemarchand en a perdu la tête! (rires). E 12 (méprisant) : - Si on y regarde bien, toutes ces recherches, toutes ces inventions ont été faites par des Grecs et cela depuis fort longtemps!
HÉRON: - Cela fait effectivement trois siècles que des ingénieurs grecs travaillent sur la mécanique. E13: - Finalement, n'es-tu pas un peu fier d'être grec?
HÉRON (se levant) : - Si je suis fier d'être grec! (Héron se dégage de l'emprise de El et ES et commenceàse déplacer). Ily a que deux peuples sur terre: les Hellènes et les barbares! Nous, les Grecs, sommes le peuple qui a amené l'art et la science à leur plus haut niveau. Regardez ces romains, ce ne sont que des barbares! Ils ont mis le feu à la bibliothèque d'Alexandrie, la plus grande, la plus belle du mondet700 000livres! Il en reste à peine la moitié!
E10 : -Mais AlexandreleGrand, le fondateur d'Alexandrie, n'était pas grec, lui?
HÉRON: - Il ne l'était pas d'origine mais il l'a été d'adoption. 11 a toujours considéré la civilisation grecque comme la plus grande et la plus belle de taUles.
HÉRON : - Non ce n'était pas le seul. Dans ses campagnes, il sa faisait toujours accompagner par une cohorte de savants. C'est l'une de ces équipes qui a trouvé l'origine des crues du Nil!
E5 (II regarde un plan de Héron) : - La plupart de tes machines ne servent à rien! HÉRON (fatigué) : - Qu'est-ce quetume chantes là ?
E5 : - Tes machines sont inutiles: ce sont des jouets, des automates, quoi!
HÉRON(Tlse lève et désigne ses dessins en tapant du poing sur la table) : -Mais leur principe de fonctionnement fait appel à la science, nécessite une recherche et des calculs sérieux!
(Héron s'adresse alors au groupe qui se trouve près du vase à deux compartiments)Tiens, à parler comme vous le faites, vous n'auriez pas un peu soif?
El4 : - Oui, volontiers.
HÉRON (s'approchant du vase) : - Bière ou vin? E14: - Vin!
(Héron touche le vase et du vin coule du récipient,'E14observe le liquide et le porteàses lèvres). El5 : - Bière!
(Eltouche le vase: de la bière sort du récipient,'E15,très surpris, observe la boisson). E15 : - Mais c'est de la magie!
HÉRON (sur un ton supérieur) : - Non, c'est de la science!
(Héron monte sur un tabouret et déroule un papyrus)Mais oui, tout phénomène a une explication scientifique. Regardez ce système que j'ai inventé pour ouvrir ou fermer automatiquement les portes d'un temple. On allume le feu: les portes s'ouvrent. En fait, ce n'est pas divin. Là encore, c'est de la science1
E15 : - Mais comment ça marche?
HÉRON (expliquant en montrant sur le schéma) : - Le principe est simple: l'axe des portes se prolonge en-dessous et une corde tendue est enroulée autour de ces axes.À une extrémité de la corde est accroché un poids et à l'autre un seau recevant de l'eau d'une cuve par un tuyau. Le feu chauffe l'air de la cuve qui en se dilatant envoie de l'eau dans le seau. Son poids augmentant, le seau tire sur la corde et fait ouvrir les portes.
E16 (rigolard): - Mais ça pourrait être utilisé pour le théâtre!
HÉRON: - J'ai travaillé aussi pour le théâtre. (Héron enroule le dessin) Par exemple, j'ai mis au point des décors mobiles.
E : - Ils se déplacement vraiment tout seuls tes décors? HÉRON: - Oui, bien sûr.
E : - Alors, ça ne marche pas de la même manière?
HÉRON: - Pas tout à fait. (Héron prend un autre rouleau et va vers celui qui a posé la question). TI y a aussi une corde enroulée autour de l'axe des roues. Mais le poids qui tire sur la corde et qui fait tourner l'axe en se déroulant est un vrai poids posé sur une réserve de grains de millet. Le grain s'écoule en dessous par un trou, faisant descendre avec lui, de façon régulière, le poids.
E19 : - C'est très ingénieux, tout ça ! Et ta machine à vapeur?
HÉRON: -Ah ! Celle-là! J'aimerais bien la construire! Cette invention changera le monde! (Des étudiants rient .. Héron les/ait taire).
HÉRON: - Tiens, est-ce que vous aimez la musique? Je vous présente maintenant une fontaine à musique.(Admirations,. Héron s'approche de l'instrument ,.iltire une manette et une avalanche de billes dégringolent en provoquant un bruitdetonnerre,. tout le monde s'agenouille en se bouchant les oreilles).
E5 : - Ce n'est pas de la musique, c'est du bruit! Et quel bruit!
HÉRON: - Oui, je l'avoue!(Héron monte sur la table,. il montre des dessins).Mais j'ai mis au point de vrais instruments de musique comme cet orgueàvent ou cet orgueàpédales.
E 19 : - Tu touches vraimentàtout: théâtre, musique, fontaines, appareil à mesurer les distances, à soulever les charges, ...
Quelqu'un entre brusquement dans la salle et crie àHéron: -Maître, maître! Les Romains te cherchent! (Les étudiants se retournent).Je crois qu'ils viennent t'arrêter!
HÉRON: - Qu'ils viennent ces barbares! Mais je n'irai pas dans une arène servir de pâture aux lions. Et je ne tolérerai pas que l'on piétine mon travail. Je mourrai dignement comme Archimède! (applaudissement).
BIBLIOGRAPHIE
STRANDH (S.),Les Machines,Gründ, 1979.
JACOMY (B.),Une histoire des techniques,Paris: Seuil, 1991. RAICHVARG (D.),Science en spectacle,Nice: Z'Éditions, 1993.