HAL Id: dumas-01586722
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Étude et réflexion à propos d’un projet de numérisation
d’un fonds photographique
Émilie Breuque
To cite this version:
Émilie Breuque. Étude et réflexion à propos d’un projet de numérisation d’un fonds photographique. Sciences de l’information et de la communication. 2007. �dumas-01586722�
d st
rw.Twii^.y
Emilie BREUQUE
MASTER
1, MENTION ICD
(Option: Sciences de l'Information et du Document)
RAPPORT-MÉMOIRE
DE STAGEMission effectuée du 18 décembre 2006 au 26janvier 2007
au service documentation de
LA VOIX DU NORD à Lille
ÉTUDE
ETRÉFLEXION À
PROPOS D'UN PROJET DENUMÉRISATION
D'UN FONDS PHOTOGRAPHIQUESous la direction de:
M. S. CHAUDIRON (resp. universitaire)
M. Y. SMAGUE (tuteur professionnel)
Soutenu le 11 Juin 2007 à l'UFR IDIST
Université Charles de Gaulle, Lille 3(Campus Pontde Bois)
BP 60 149, 59 653 Villeneuve d'Ascq Cedex
Table des
matières
Introduction p 1
I. Commencement du
projet
et
présentation du contexte
1.1. Etat de l'art en matière de numérisation p2
1.2. Importance du projet pour le service documentation de La Voix du Nord., p 5
1.3. Organisation de ce service documentation p 6
II. En route vers la numérisation
2.1. A la découverte du fonds photographique p 10
2.2. L'exemple de la gestion du fonds depuisjuillet 1998: Unisys DocCenter... p 14
2.3. Le projet peut-il en amener un autre ? p 16
2.3.1. Nice Matin p 18
2.3.2. Ouest France p 18
2.3.3. Sud Ouest p 19
2.3.4. L'Eveil de laHaute-Loire p 19
III.
Apport
de
réponses
auxinterrogations
posées
3.1. La question de l'enregistrement etde la technique à employer p21
3.2. La question de l'indexation p25
3.3. A propos de la création d'un nouveau service p 28
3.3.1. Nice Matin p28 3.3.2. Ouest France p28 3.3.3. Sud Ouest p29 3.3.4. L'Eveil de la Haute-Loire p29 Conclusion p3i
Bibliographie
p32 Annexes p34 à 58Introduction
Depuis déjàune dizaine d'années, la numérisationsetrouveêtre lasolution visant à conservernotre patrimoine. Effectivement,cepatrimoine s'avère aussi encombrant etfragile qu'il
n'estricheetprécieux. Il n'estdoncpas rarede nosjours de voir des entreprisesoudes organismes
publics décider de numériser leursarchives. Cependant, entreprendre la numérisationd'un fonds
documentaire estunprojet long etsérieux. Denombreuses questions sontàéclaircir afinde réaliser
ceprojet de la meilleure manière possible. Comment organiser cettenumérisation en lamenantà
bien ? Est-ilpossible de numériser la totalité dece fonds ?Quels critèrespeuvent permettre de faire
unesélection cohérente? Il estintéressantde réfléchir à l'aspect pratique, à savoir le choix du
matériel mais aussi duformat, de la résolution,... Parailleurs,quelles conséquences, qu'elles soient
positives ounégatives, cette numérisation va-t-elleentraîner ? Aura-t-elleun impactsurle service
documentation voire sur l'entreprise ?Toutes ces interrogations sontau coeurdu projet.
Ce sontcesmêmesquestions que s'estposéesle service documentation deLa Voix du Nord.
Eneffet, c'estavec l'arrivée d'unnouveau responsable,vers le milieu de l'année2006,que ce service
acommencé à penseràuneéventuelle numérisation de son fonds documentaire. Cependant,ce
service ne manque pas de travail et la réflexionreste aupointmort. Lorsquej'ai déposé ma
candidature pour unstage desix semaines, ce service m'aproposéd'effectuer uneétude de la
faisabilité de la numérisation de sonfonds essentiellementphotographique. Cetteétudeestpar
conséquentdevenu l'objet de mon stagequi adébutéle 18 décembre 2006 pourfinir le26janvier
2007.
Lestrois premières semaines correspondent àunepériode « creuse » puisque les employés
ont prisàtourde rôle des congésenraison des fêtes de fin d'année. Ces semainesm'ontpermis
d'observer le fonctionnement etle rôle du service documentationtoutenessayantdeparticiperaux
différentes tâches quotidiennes (àsavoir larevue depresse ou encore les inventaires de fin d'année).
Ce n'est que le 8 janvier qu'une première réunion aabordé l'explication deceprojet de
numérisation. Durant les troiscourtes semainesrestantes, l'équipe dont je faisais partieaélaboré
différents travauxde recherche afin de mieuxconnaître le fonds documentaire. Nous avons
également réfléchi àce quepeut apporter cette numérisation avenir. Cevasteprojet n'estpasà
prendre « àla légère » étantdonnéles richesses du fonds qui constitue les archives.
De ce fait,nous allons observercommentd'autres services similaires l'ont abordétout en
expliquant lecontextedans lequel il s'inscrit ausein du service documentation de La Voix du Nord. Il s'agit également de décrireetdecomprendre les premières tâches effectuéesen vue
d'entreprendre cettenumérisation. Grâce auxdémarches accompliesetàlaréflexion qu'ellesont suscitée, certaines des questions qui seposaient audéparttrouvent finalementunepossible solution.
I.
Commencement
duprojet
et
présentation
du
contexte
1.1. Etat de l'art en matière de numérisation
L'engouementpour lanumérisation date déjà de quelquesannées. Ce projetestde plus en
plus entreprisau sein des bibliothèques, descentres de documentationou detouteorganisation possédant unservice des archives. Expliquons toutd'abord enquelquesmots cequ'est la
numérisation. D'aprèsl'Institut National des Techniques de la Documentation, la numérisationest
un «processusde conversiond'unsignal analogique. Cette techniquepermetde stocker des documents, quels qu'ensoientlanature oulesupportsousforme électronique »[10]. En d'autres
termes, la numérisation rendpossible un usagefacilité etunemeilleure gestion decesdocuments
papiertoutenassurant leur conservation. L'accès àces documents transposéssousformat
électronique n'est plusunproblème: il n'y aplus derisque de les détérioreroude les perdre (dans
tous les sensduterme).
Avec ladémocratisation del'Internet, qui s'avère êtreune sourceconsidérable de documents,
s'estdéveloppée, répandue etaccentuée latechnique de la numérisation. En effet, selonque ce soit
unservicepublic ou uneentreprise privée, lavolonté demettre àdisposition, enaccès libre, des
documentssur l'Internetou sur unréseauIntranet,semanifestetoujoursetceci dans l'optique de
faciliter l'accès àces documents,pourdes raisons d'ordre pratique. Bien qu'ils soient intéressants,
certains documentsne sontpasconsultésparce qu'ilsne sontpasdirectement accessiblespour la
simple raisonqu'ilssontconservésprécieusementpour leur fragilité et/ou leurrareté. Ainsi, si
l'employé d'une entreprise oul'usager d'unservice souhaite consulterces documents, il doitenfaire
la demande auprèsdu service responsable qui n'estautreque le service des archives. Or, la salle des
archivesest mal considérée parla plupart à causede vieux clichés qui proviennent denotreculture
commune. Lesbibliothèques et lesarchivessontdécrites de la même manière que ce soitaucinéma
oudans la littérature etn'échappentpas aux idéesreçues. Les archives sont souventreprésentées
comme unepetite pièce étroite avec d'immenses étagères oùest entassé cequ'il reste des documents,toutça avec unebonne dose de poussièreetpastrop de clarté (les fenêtres étant très souventabsentes). Elles sont ici aux antipodes des nouvelles technologies. Qui n'a jamaisrencontré cettedescription dans un romanpolicieroudansun film? Anne-Marie ChaintreauetRenée
Lemaître, dans leurouvrageDrôles de bibliothèques [4], ontfait l'inventaire des mots-clés les plus
récurrents pourdécrire une bibliothèque, il s'agissait destermes suivants: souris,poussière,silence,
échelles,piles, labyrinthes,... Elles ajoutent également que la poussièreest rarement laissée de côté
etqu'elle constitueun « symboleparfait d'un lieu immobile où ilest entendu qu'ilne se passerien ».
Cescaractéristiques s'appliquent égalementauxarchives et sontbien entendu profondémentancrées
enchacun denous. Ce faitexplique alorsque les archivesneconstituentpas un lieutrès attirantet
sont souvent méconnues pourles employés d'une organisation. De même,il ne fautpas oublierque
les archives ontuneorigine religieuse puisquece sontles registres paroissiaux qui constituent les
premières documents conservéespar les curés des villesetdes villages. Les archives possèdent
doncimplicitement uncaractère sacré qui effraie les gens. Toutes ces remarquesjustifientque les
archives soient peu oumal fréquentées dans les entreprises. La numérisation des documents agit
dansce senspour remédieràceproblème. En numérisant des documents, cesecteur souventmal
considéré s'ouvreauxautres et meten avantsesrichesses.
La numérisationestune solution pour s'ouvrirau mondeetc'estpour cela aussi qu'elle estau
centre de nombreuxprojets. Elle permetde valoriserou de revaloriserun fonds documentaire que lesemployés méconnaissent, sous-estimentet donc exploitentpeu. Il estdu devoir du
documentaliste, appartenantàce service, defaire connaître sonfonds, de le faire vivre etc'estplus
savoirdéfendre l'utilité de saprésence.L'introduction de technologies nouvelles constitue encela
unbonmoyen decasserles préjugéstenaces, defaire changer les opinions. C'est decetteidéeque
vientaussi lamultiplication des projets de numérisation même siaudépartla numérisationestune
techniquepoursauvegarder lesdocuments papierdes dégradationsduesautemps quipasse. Nousdisionsquecettetâche s'était introduite dans denombreuxendroits commeles
bibliothèqueset autres centres de documentation. Pour certains, le projet de numérisation appartient
àunpasséproche.
D'ailleurs, certainesbibliothèquesenontprofitépourouvrirunebibliothèquenumériquesur
l'Internet. D'unecertaine façon, elles étendent leurs services àunpublic moins proche
géographiquementenplus de faciliter l'accèsàdes documents quine sontpas, entempsnormal, en
accès librepourlepublic. En France, la bibliothèque numérique la plus célèbreestsansdoute celle
créée parlaBibliothèque nationalede France etquiportelenomde Gallica. Cette dernière offre
l'accès àdes documentsprovenantdu fonds documentaire de la BnF. Au total,pasmoins de 90 000
ouvragesontéténumérisés ainsiqu'unpeuplusde80000 images. Il s'agit bienévidemment d'une
opérationcolossale quiadémarréen 1997etqui n'est toujourspasfinie. Ce n'est doncpas unprojet
qui sefaitenunriendetemps. Il afalluprendredes décisions importantes, notammentsurles
thèmesàexploitercarGallicas'adresseaugrandpublicautantqu'àunpublic plussavant. Sonfonds
estàlafoisencyclopédiqueetpatrimonial. De même, la question dutypede numérisationadû être
poséepuisque certainsouvrages sontnumérisésenmodetextetandis qued'autres enmodeimage.
Sans douteparmanquedetemps etd'argent, la voie de la facilitéaétépréférée. Enfin, Gallica
proposedes dossiersthématiques etpédagogiques, c'estunservice appréciablepourlesusagers.La
numérisationdufonds dela BnFapermisde faire unecertaine promotion decettebibliothèque où toutlemonde n'a pasl'occasion d'aller.D'autresbibliothèques un peumoins célèbresontexpriméle désird'ouvrirunebibliothèquenumériqueetc'estainsiquelaBibliothèque Electronique de Lisieux,
parexemple,afait connaître la modeste médiathèqued'une ville du Calvados.
D'autresinstitutions ontpratiquécette numérisationpour sauvegarderdes documents
inestimables.LesArchives de France,notamment, ensontpassésparcette étape. Cette entrée des
nouvellestechnologies estcomparable àunerévolutiondumilieu des archivesetde la profession d'archiviste. C'estpourquoi,audébutde l'aventure, certaines instances sontplutôtréticenteset
sceptiques. Catherine Dhérent, chargée de missionàl'époqueauprès duDirecteur des Archives de
France, dans sonarticleLanumérisationdans les archives de France [7], relatequeles premières
expériencesfrançaisesenmatière de numérisation datent des années 90. Selon elle,
la
mise enplace decette techniqueaétéparticulièrement difficile audémarrage mais, surla fin desannées90, grâce surtoutàlarecommandation vive del'Etat, en 1997,pourle Centrehistorique des ArchivesNationales aété créée unebanque d'imagesnumériques. Au mêmemoment,dans les Yvelines, les
archivesdépartementalesontentrepris lanumérisation du cadastre Berthier de Sauvigny. Danscet
article, CatherineDhérenttente detrouverdes argumentsjustifiant le projet de numériseret donne
troisraisonsqui sontdureste toutàfait pertinentsetcompréhensibles:
- «
pourfaciliter l'accèsaupatrimoine archivistique» ;
-«pour aider davantageetmieux les enseignants et
chercheurs
» ;
-«poursauvegarder les documentsoriginaux» ;
- «
pourrentabiliser lesactivités de services», c'est-à-direneplus recourrirà«des tâches
répétitivesetfastidieuses».
Bienévidemment, lorsqu'elleavancecesquatre arguments, Catherine Dhérent parle du milieu
des
archivespatrimoniales. Cependant, ilestpossible de
les reprendre
pourleprojet qui
concernel'entreprise La Voixdu Nord. Il suffit de lesmodifier quelque peu, cequi donneaufinal:
-« pourfaciliter l'accèsaupatrimoine archivistique» ;
-«pouraider davantageetmieux lesmembres de l'entreprise en
particulier
les journalistes» ;- «
- «
pourrentabiliser les activités de services».
De plus, toujours d'aprèscetarticle,uneétude préalable sur laméthodologie àsuivre s'avère
indispensablepour le choix des outils, du matériel mais aussi des documents.
Unautreprojetaattirémonattention. Plus proche de nous géographiquement parlant, ilest
intéressant carilcomporte de nombreux pointscommunsavec le projetengagé à La Voixdu Nord.
Il s'agit du projet baptisé Lïbris queMartine Aubry expliquedans l'article Libris: imagesrégionales
etrecherche [1]. Ce service, qui estenfait unebase dedonnées1, aété élaboré à la demande d'un
public intéressé parle patrimoine de la région Nord-Pas de Calais. Organisépar trois instances, le
Centre de Recherchessur l'Histoire de l'Europe du Nord-Ouest (CRHENO) de l'université de
Lille III, lamédiathèque Jean Lévy (ou la bibliothèque municipale de Lille)et la Bibliothèque
centrale de l'Université catholique de Lille, le projet visait à « sauvegarderunpatrimoine »
(expressionque nous rencontrons décidémentsouvent)détenuparles trois corps maispas
uniquement. Uneautre partie dufonds provient de particuliers qui sontcollectionneurs. Sicette
réalisation estaussi curieuse à étudier dans notre cas,c'est d'abord pourlanature de son fonds
puisquesontconcernésdes photographies anciennes ainsi que des articlesparusjadis dans le
journal La Voix du Nord\ Nousnotons également que Librisestunprojet àvocation régionale, de
même que LaVoix du Nord estunjournal s'occupant principalement de la région duNord-Pas de
Calais, enl'occurence lamêmequeLibris. Ces deux projetsse rejoignent donc dans l'unde leurs
objectifs: conserver le patrimoine du Nord-Pas de Calais.
Dans sonarticle, Martine Aubry décrit étape parétapele projet: de l'idéeàla conceptionenpassant
parlesdifférentes décisions àprendre. Les choix effectués sontjustifiés enquelquesmots, que ce soit ausujet du matériel informatiqueoudeslogiciels àutiliserou encore au sujet de l'indexation
desphotos etdescartes postales. Les difficultés rencontrées sontabordées etplusoumoins
expliquéespar lefaitquelesacteursdu projetne sontpasobligatoirement des spécialistes dans ces
domaines. Denouveau, un liense créeavecla numérisationenvisagée à LaVoix du Nord.
Effectivement, indexer desphotos, commeje l'expliquerai mieuxparla suite, demande une
attentiontoute particulière puisquecette indexationpeutvarierselon lapersonne etl'époque (à la
fois de laphoto etde l'indexeur).
Ainsi,toutescesréalisationstémoignent queledessein deLaVoix du Nord s'inscrit dans
unecontinuité: cen'est pas la première entreprise dece genreetce ne sera sansdoutepasla
dernière. Il est important de soulignerque leur intention nedate pas d'hier. Il y aquelque temps,le
service de documentation de LaVoix du Nord avaitdéjà réfléchi àune éventuellenumérisation.
Deux documents ontété retrouvésau coursde mon stage etévoquentcette idée. Bien entendu, il
s'agit de documents nonofficiels, rédigéspour le serviceet sontd'ailleurs incomplets, ce sontdes notesadressées auservice etellesne sontni signées, ni datées.
Le
premier2
daterait de l'année 2005. Il déplore la disparitionetla dispersion desphotographies entreposées auxarchives etpuis les difficultés ressenties aumomentde l'indexation,
lesproblèmes engendréspar lelogiciel de Gestion Electronique de Documents. A la suite de ces
constats, plusieurs solutions sontproposéesdont l'élaboration d'un thésaurus ouencorele transfert
des CDs gravés surle serveur. La construction d'un thésaurus esten faitun bonmoyen de remédier
aux problèmesliés à l'indexation mais cela n'apas encore été entrepris pourl'instant, malgré la
persistance de cescomplications.
Le second3 semble être de la mêmepériode ets'occupe davantage des microfilms. Après
quelques conseilssur un désherbage enprévision, il estfait état des différentes requêtes auxquels tentent derépondre le service etde ce qu'ellesrapportentou coûtentaussi bien entempsqu'en
argent. De plus, dans cedocument, estexposée la proposition suivante:« le remplacement de la
1 Voir l'annexen°2,page42. <http://libris.univ-lille3.fr/client/page0.php>
2 Voir l'annexe n° 1A,page3 5. 3 Voir l'annexen°lB,page39.
visionneuse demicrofilms actuellepour passeràun matériel de dernière génération,permettantà lafois le visionnage des microfilmsetla numérisationprogressive des quelques 4300bobines ».
Desestimations ainsi que des recherchesconcernantcetype de matériel avaientmême été faites,
comme entémoignent lesmarques citées. Je suppose par conséquentqu'une réflexion avait déjàeu
lieuauparavantmais n'avaitpas débouché sur uneconcrétisation sérieuse, enbonneetdue forme.
1.2.
Importance du
projet
pourle service documentation de
La Voix du Nord
Si cettenumérisation semble nécessaire aux documentalistes duservice, c'estparcequ'ils ont
remarqué au cours de leurtravail quecertaines photos sedétérioraient. Ils nesouhaitent pas que
cette détérioration s'aggraveavec letemps. Unautre constataaussi été faitpar le chef du service
documentation, Yves Smague. Ceconstat est le suivant: les employéset enparticulier des
journalistespassentà côté dece fonds photographique surpapier. Beaucoupd'entre eux le
méconnaissentet tous ne pensentpas àfaire appel auxarchivespourillustrerunarticleou une
rubrique. Le service de documentation lui-même nele connaît pasparfaitement etil arrive qu'ilne
puisse pasretrouverune photo quiatoutsimplementété mal rangée. C'estpourpallieràce
problème que ceprojet estàl'ordre du jour. Lanumérisationpermettrait de redécouvrirune richesse de l'entreprise déjàexistante mais mal connue etque l'on pourrait qualifié d'« endormie». De
surcroît, cette démarcherevaloriserait le servicequi n'est pas si sollicitéque cela d'un point devue
internecomme nous leverrons par la suite.
Pourtant,entreprendre une numérisation n'estpasrien pour unservice de documentation tel
que celui-ci. D'unepart, ceprojet coûte cher. Cette remarquen'estpasànégliger. Le service de
documentationvadevoir demanderunbudget particulier. De solides argumentssontàélaborer dans
ce senspourréussir àconvaincre etànégocieravec la direction. Ce budget prévupour la
numérisation fait aussi queleservice ne pourra pasl'employerpour unautre usage si bien qu'il sera
dans l'obligation de faire des sacrificesetderenoncer àd'autres achats éventuels. Aussi,pour
répondre àce besoin d'arguments etpouravancer surdes bases solides,uneétude préalable
s'imposesur lafaisabilité decette numérisation. Cetteétude s'attache à connaître lesraisons qui justifient la nécessité voirel'urgence de la numérisation mais également, elle portesurles
techniques à employeretsur le budget àdemanderenfonction du coût. L'objet de monstagevient
de cetteétude préalable. A lademande de La Voix du Nord, j'ai tenté de répondre à leurs
interrogations concernantlefonds photographique que possèdent les archives, etde proposerdes
solutions en vueduprojet.
D'autrepart, le projet s'avère coûteuxpourle service documentation d'une autre manière.
Numériserunfondsjustifie la miseenplace de touteune organisationausein du service. Celaveut
dire que les habitudesvont changeretque la répartition du travail vaêtremodifiéeet sera
rigoureuse. Lanumérisation constitue du travail supplémentaire enplus des tâches coutumières.
Selon lapolitique adoptée dès le départpar le chef du service, chaque membre doit être plus ou
moins impliqué dansce projet. S'il n'apportepasdirectementune pierre à l'édifice, ilsera
régulièrement informé de l'avancé du projetparle biais de réunions spécialement organisées dans
cette optique. Cependant, il serait souhaitable de désigner deux voire trois personnes,comptetenu
du peu de documentalistes dansle service, pours'enoccuper neserait-ce quequelques après-midi
parsemaine. De cette façon, les activitésquotidiennes ne severraientpas négligeret le projetne
serait paslaissé en suspens, commecelapeut seproduire quelquefoissans le vouloir.
l'aspect positif de cettenumérisation prend le dessus, aurisque denouséblouir. Toutefois, il est
compréhensible que ce projeten s'installantvaprendrede la place voire gêner des autres travauxà
effectuer. Pourmieux saisir le sensde cettephrase, voyons commentfonctionne unservice de
documentation dans l'entreprise qu'est La Voix duNord.
1.3.
Organisation de
ceservice documentation
Situé audeuxième étage, ce service estpluscommunémentappelé « lesarchives» par les
employés. Il occupeprincipalement deuxespaces: le premierestlasalle de travail où tousles
documentalistes ontleur bureauavec leur ordinateuretdans le secondestentreposé le fonds
documentaire, les archives. L'espacede travail comporteunaccèsaubureau du chef de service,
Yves Smague, qui est montuteurde stage etqui occupedeuxautresfonctions dans l'entreprise. Ce
derniersuperviseautotal cinq employés répartis à différents endroits de lasalle. Ces employés ont
deshoraires de travail différents les unsdes autres, deux travaillent le matinetl'après-midi tandis
que deux autresn'arrivent qu'en débutouen fin d'après-midiet prennent enquelque sorte le relais.
Ensemble, ils separtagent letravailàeffectuer: l'un s'occupedes collections, un second de
l'indexation desphotos, untroisième de l'indexation despagestandisque les deux derniers
s'occupentdes différentes demandes arrivées la veille oule jour même. Toutescespersonnes se
réunissent les lundisaprès-midiauxalentours de 16heures 30 afinde faire lepoint surdes projets
encours, évoquer les éventuels problèmesoubiendepermettre auchef de service d'exposerce qui aétéditau cours dedifférentes réunionsauxquelles il aassisté le matin même. Cette réunion apporteàchacun le droit de s'exprimeroud'entendre les nouvelles décisions enrapport avec
l'entreprise. Ordinairement, cepointnedure pasplus d'un quartd'heure.
L'un desrôles du service documentationestdegérerles différents documents quel'ontrouve
dans la salle des archives. Ces documents sontdenature variée:
- des microfilms
qui représentent la totalité ou presquedes journaux La VoixduNordparus depuis
sacréation en 1944etqui sontclassésparordre chronologique dans des carrousels verticauxque le
serviceappelle « Kardex » enraison de sa marque,
- des
diapositives dont le classementestthématique, qui sont également rangés dans des Kardex,
- des
photos papier réparties dans des dossiers regroupésparthèmeset qui datenttoutes d'avant juillet 1998, nous nousattarderons davantage sur cefonds photographique dans la deuxième partie
dece mémoirepuisqu'il fait l'objet d'une étude particulière,
- les
journaux papier de La Voix du Nord depuis 1944,
- enfin, les
quelques journaux de lapresse nationale, c'est-à-direLe MondeetLe Figaro, ainsi que
quelques magazines,comme parexemple LeNouvel Observateur, qui datentde moins de dixanset
qui sontconservés « en cas de besoin » ettriés parmois etannée.
Seuls lesphotos papier, les microfilms etles diapositives sontconcernéspar l'opération de
numérisation.
A présent, passons aux travaux quotidiens qui rythment la vie des documentalisteset
auxquelsj'ai participés.
Lapremière étape de la journée consiste enla réalisation d'une revuedepresse. Cette dernière est
réalisée parunejeune documentaliste, Célia Ricard, qui m'a épaulée duranttoutela durée demon
stage. Une fois effectuée, larevue depresse est photocopiéeenplusieurs exemplaires, distribuée
aux rédacteurs detoutes les éditions de La Voix du Nord lors de la réunion habituelle deonze heures
général. Il estaussi possible de la consulter dans le service puisqu'il s'ytrouvetoujoursunou deux
exemplairespour lecas oùdes employés qui passeraient souhaiteraientla consulter. Pour faire cette
revue de presse,ilestprimordial de récupérertousles journauxetmagazines auxquels le service est
abonné. Chaque matin, les journaux de lapressequotidienne nationale, Le Monde, LeFigaro (et ses
suppléments), Libération, La Croix, Aujourd'huien FranceetL'Humanitésont parcourus
rapidement. S'ajoutentàceux-làLe Canard Enchaîné, le mercredi, ainsi queles magazines Le
Point,L'Express etLeNouvel Observateur, le jeudi. Céliaetmoi, nous nousrépartissions les
journaux etpartions à la recherche d'articles concernant la région Nord-Pas de Calais, la Picardie ou enrapportavec la frontière franco-belge. Après avoir repéré les articles,nousdevions juger si
l'article étaitintéressantounon,c'estlàquerésidetoute la difficulté decetravail. Savoir juger de la
valeur de l'article, celapeutvarier selon les circonstances mais aussi selon le nombre d'articles
récoltés. Parexemple, il arrive qu'un événementse soit produit dans la régionetqu'il soitraconté
danstous lesjournaux. Dans ce cas, une complication supplémentaire apparaît: trier les articleset
sélectionner lesplus importants. Le plussouvent, sontgardés les articles des journaux les « mieux
considérés » par l'entreprise à savoir dans l'ordre, Le Monde, Le Figaro etAujourd'huienFrance.
D'autres articles proviennent aussi des sites des journaux nationaux oudu site du20 Minutes,
l'éditionde Lille. S'ensuivent les opérations de photocopie, decoupage, de collagepourconstituer
l'original de larevue depressequiseraàsontourphotocopiée en unedizaine d'exemplaires. Le
moins que l'on puisse dire, c'est que la photocopieuse n'apas une minuteàelle entre neufet onze
heures. Puis, les feuilles sontassembléeset agrafées. En moyenne etenfonction de l'actualité, la
revue de pressevarie entre deuxet septpages. Toutefois, au cours de monstage,j'ai élaboréune revue de pressequine faisaitpasmoins de douzepages, ce faitmontre que l'actualitéest parfois
extrêmement dense pour une régioncommele Nord-Pas de Calais.
Ce contactavecl'actualité est permanent eton leretrouve tout aulong de la journée puisque
nous nous rendionsrégulièrement surles sites du Monde etdu Figaropourobserver les dernières
nouvelles. Cela nouspermettait de deviner quelles allaientêtre lesdemandesfaites dans lajournée
parlesdifférents journalistes. Ames yeux, ce contactétait loin d'être désagréableetparfois était
pourainsi dire captivant. Connaîtrepresqu'entempsréel des faits qui viennent de seproduire
satisfaisait vraimentmacuriosité. Le rôle du documentalisteestici de s'informer afin de mieux
pouvoir servir. Ainsi, lorsqu'une personnalitéconnuedécède, undes documentalistes du service, en
l'occurence Célia, avantmêmede recevoir des demandes, peutsortir le dossierconcerné des
archives,en particulier lorsqu'il s'agit d'unepersonne attachée àla région d'une manière oud'une
autre.
Enfait,ce servicerépond àdes demandes trèsdiversestoutau long de la journée. Certaines
émanent directementde l'intérieur de l'entreprise. Les documentalistes travaillentencollaboration
notamment aveclesjournalistes de la rubrique « Onvous endit plus » dont le bureau sesitue dans
le même couloir. Ilpeuts'agir d'effectuerunepetite revuede presse sur undes prochains thèmes qui
vaêtreabordé oualors, le serviceestchargé de proposerles photos les plus adéquates possiblesen
vue d'illustrer larubrique. Il est important d'ajouterque sices deux bureaux sont si proches etsi la
documentation aide autantcesjournalistes, c'estparce quele chef du service documentation, Yves
Smague, s'occupe également decette rubrique. Lors demonstage,j'ai ressenti ce lienentre les deux
bureaux, lien qui m'aparufort.
Dansd'autrescirconstances, desjournalistes viennent voir desdocumentalistespour une recherche
qu'ils n'ontpas letempsd'effectuer. J'ai pu leconstaterlorsque Christian Canivez, unjournaliste, a
souhaitémefaireparticiper audéveloppement d'un site internetéconomique4. Pour la rubrique
baptisée « les dossiers en cours »,j'ai constitué plusieurs dossiers avecles cinq articles parus
précédemment dans le journal La Voixdu Nordetquime semblaient les plus importants sur les cinq
thèmes suivants: le canal Seine-Nord, l'entreprise Stora Enso, l'industrie automobile secouée, la
fusion GDF-Suez, les pôles de compétitivité. N'ayant jamais fait d'économiede mavie,je me suis
renseignée demoncôté sur cesdifférents domaines enmultipliant les recherches surInternet. Jeme
suisnotamment interrogée surl'expression« industrie automobile secouée » puisque je la jugeais
ambiguë. De plus, j'ai également recherchétous les articlesparus le dimanche dans la rubrique
« Temps devoir» ou « Les coulisses de l'éco » de la version papier, depuis le4 mai2006, ainsi que
des adresses pourla rubrique « Adresses utiles ». Toutesces demandesse sontfaites de vive voix.
Pourtant, laplupart d'entre elles sont communiquéespartéléphone. En particulier les
journalistes des éditions locales (c'est-à-dire autresquecelle de Lille) sollicitent le service
documentation. Il esttrès fréquent d'avoiraubout du fil l'un d'entre eux pour unerecherche plusou
moinsprécise. Il m'est arrivé de répondre àces demandes de photosou d'articles particulièrement
anciensetcetterecherche nécessite la consultationde microfilms à l'aide de la microfilmeuse
présente dans la salle des archives. Son fonctionnementaétédifficileàcomprendreaudépart car ce
n'est pas une machine que l'on emploietousles jourset il faut apprendre àl'utilisercorrectement.
Par contre,unefoisque l'on avait trouvé l'articleou la photo souhaitée, la qualité de l'impression
était loin d'être aurendez-vous, compte tenu de l'âgeavancé de la machine. Lesdemandeurs
n'étaient pas toujours satisfait du résultat. Des photos anciennes faisaient aussi l'objet de demandes.
Danscecas,après en avoir trouvé quelquesunes correspondantaumieux àcequi était souhaité, le
documentaliste doit soitensélectionner une, cellequ'il penseêtre la plusappropriée, etla scanner
oualors numérisertoutes les photospourlaisser le libre choix aujournaliste qui les reçoit par
messagerie. Les éditions locales envoientpourcertaines des commandes sur la messagerie des
archives, lesrecherches dephotospourla rubrique« Cinéma» s'effectuent principalement decette
façon. Ledocumentaliste, àl'aide des indications de la commande, sélectionne des photos sur lesite
Image Forum de l'Agence France Presse5 ou sur le site
Allociné6,
les recadre selon les dimensionsdonnéesavant de les placercorrectementdans la bonne édition.
Le service documentationest aussi mobilisé lors degrandsévénements qui bouleversent
l'actualité. Celaaété le cas lors de l'annonce de lamort de l'Abbé Pierre le 22janvier 2007, soitau
début de ladernière semaine de monstage. Lebureau était littéralement envahi parla rédaction, les
boîtescontenant les photos de l'Abbé Pierre étaient bien entendu sortiesetle téléphone ne cessait de
sonner. Leséditions locales souhaitaient avoir accès auxphotos de l'Abbé Pierre envisite dans leur
villeetnousmanquions terriblement detemps. C'était la première foisqueje voyaisautant
d'effervescence dans le service documentation. Lacharge de travail était tellequeCélia Ricard, la
documentalistequi m'accompagnait, aquitté le service deux heures plus tard qu'à l'accoutumée.
Cettejournée m'a vraiment fait prendre conscience que le besoin d'information était variable selon
lesjours etque des situations d'urgence pouvaient parfois se déclarersans criergare.
Bien qu'il nesoitpas un service publicetqu'il ne soit plusouvertaupublic depuis quelques
années suite à desproblèmestels que le vandalismeou le vol,le service des archives de LaVoixdu
Nordse renddisponible. Eneffet, il répond gratuitement àtoutesles demandes téléphoniques et
surtoutauxcourrierspostaux etélectroniques qui proviennent des particuliers ou d'autres
entreprises. Mis àpart les quelques requêtesouquestions qui sortentde l'ordinaire, ce sont souvent
les mêmesqui reviennent. Arrivent entêtecelles qui sontde l'ordre de l'état civil, sur les avis de
naissances etdedécès. Les documentalistes peuvent leur faire parvenir uniquement la dateet le
nomde l'édition si l'avis estparudansune édition de Lille datant de moins d'unan oudans une
autre édition d'il y amoins de trois mois. Lespersonnes sont alors invitéesàcontacterle service des ventesdans le but d'obtenir lejournal voulu.
Puis viennent les demandes dejournaux de naissance enguise de cadeau d'anniversaire. La
démarche à suivre estde leur donner les coordonnées d'uncommerçantspécialisé. Enfin, il y a la
5 http://www.imageforum2.affa.com/ImageForum/AuthFiles/login.aspx 6 http://www.allocine.fr/
démarche àsuivrepourseprocurer unjournal papier récentou encore les recherches d'articlesparus dans leséditions antérieures. Pource quiestdeces dernières, quand l'article estantérieuràjuillet
1998, elles s'effectuentsurmicrofilms. Le service recommande alors de formuler larequêtepar
écritetde donnerunedate laplus précise possible. Chercherunarticle surmicrofilmesttrès
fastidieuxetnécessitebeaucoup d'attention de lapartdu documentaliste, ilnefautpas manquerla
page oùsetrouve l'article. C'estunetâche fatigantepourlesyeuxmais intéressantepoursatisfaire
notre curiosité,lefeuilletage desjournauxremontantauxannées50 donne l'impressionderemonter
dans letemps! Toutefois, il n'estpas rare quel'observation de plusieurs microfilms n'aboutisseà
aucunrésultatetnouslaisse surnotrefin. Lafauteestengénéral dueaudemandeur qui s'est trompé
dans la dateouquiestmal informé. Heureusement, d'autres recherches amènent des résultats plus
fructueuxetles remerciementssontvraiment accueillis comme unerécompensepourle
documentaliste.
Juillet 1998 estla date del'informatisation des archives dans le service. Toutdocument
postérieur àcettedateestaccessibleàtousles employés, parlebiais duprogramme de Gestion
Electronique de Documents. Cesrecherches serontplusamplementexpliquéesdans la deuxième partiedece mémoire.
Uneautreactivité, ledésherbage, estpratiquéoccasionnellement, engénéral l'après-midi.Il
consiste àclasseretà rangerlesjournaux Le MondeetLe Figaroainsi que les hebdomadaires tels
queLeNouvel ObservateurouL'Express datant destroisderniers mois, surdes étagères prévus à
ceteffet. Le but decedésherbageestde laisser de la place auxjournaux quivontêtre livrésdans les
prochainsmois. Lesjournaux les moinsrécentssontentreposésàcôté des photos pendantuntemps
qui varie selon le casde deux à cinqans.Lors demonarrivée, le service s'occupait aussi du
déménagement desarchives de La Voixdes Sportsenprévision de l'agrandissement desbureaux de
larubrique « Onvousendit plus». L'unedes premièrestâches quej'ai accomplies était de procéder
audésherbage etàuninventaire des journaux L'Equipe depuis 1995. Je devais jeter les journauxen
doubleexemplaire et noterlesmanquantsàl'appel. Ce travail m'a permis demerendrecompteque le serviceapportaitsonaide àd'autres, dans la limite desescapacités.
Voilàdansquel cadre s'imposeceprojetambitieux qu'est la numérisation: unservicede
documentationorganisé, qui souhaite sauvegardersonfondsdocumentaire papierdansle but d'offrirunserviceplus performantetplus rapide. Nousavons vu quelanumérisationprésupposait uneétude sérieusesur safaisabilité.D'ailleurs, cetteétude afaitl'objet dustagequej'aieffectué. En
quoiconsiste-t-elle? Quellessont lespremiers actesàmettreenplace pourenvisagerle début de
cettenumérisation? Quellessontles questions qu'il fautse poser enpriorité,avantde commencer?
Le récit dustagenous servira d'exempleetnouspermettradetrouvernon paslesréponsesmaisles
II. En route vers la
numérisation
Avrai dire, ceprojet n'apascommencé le 18 décembre 2006, date du début de monstage,
mais trois semainesplus tard. Au coursde la réunionhebdomadaire du lundi, il fut décidé quele
lendemain, soit le mardi 9janvier2007, setiendraitune première réunion pourdiscuter du projet.
Lespremières idées surgissentet sont prises ennotesparCéliaetmoi-même. Beaucoup de sujets à lafois sontévoqués mais la tâche à effectuer dansunpremiertemps nous apparaîtprimordiale: il s'agit d'une étude du fonds documentaire visant à mieux le caractériser, visantà déterminer ceque
possèderéellement l'entreprise. Commentcommencer unenumérisation sanssavoir cequi està
numériser? Celaparaît totalement impossible. Selon Thierry Delcourt, directeurde labibliothèque
municipale à vocation régionalede Troyes, dans l'ouvrage Conduire unprojetdenumérisation, la
démarchequ'il qualifie d'« habituelle » est l'identification du« corpus documentaire ». Cette étude
vaaider àrépondre àla question: « Quels documents sontconcernés par le projet?».
2.1. A la découverte du fonds
photographique
Il estimportant de préciserque la volonté de départ de La Voix du Nord est de numériser la
totalité de sonfonds documentaire, c'est-à-dire celuiqui n'est pasnumérique etquiregroupe des
photographiessur supportpapier, des diapositives etdes microfilms. Si l'étude quej'ai effectuée
s'attache davantage aufonds photographique, c'estparce que la numérisation d'un fonds
photographique est intéressante pourle nombre de questions problématiques qu'elle soulève. Ces
problèmessont dusessentiellementaufait que les documentsne contiennentpasde caractères
graphiques. Mais nousdévelopperonstoutes ces interrogationsun peuplus tard.
L'étude qui s'imposetoutd'abord estun recensementquantitatif des photographies.
Seulement, les difficultéspointentdéjà le bout de leurnez puisque la salle des archivesest
constituée de plusieurs dizaines d'étagères avec plusieurs centaines de boîtes dont le contenun'apas
servi depuis quelques années. En allant à la découverte de ces archives, les trois semaines
précédentes,j'avais pufaire ce constat: le fonds photographique possédépar LaVoix du Nordest
dense, riche etdiversifié. En effet, la salle des archives secompose de vingt-trois imposantsrayons
qui supportent des boîtesdont la poussière indique qu'ellesne sontpas souvent maniées. Ces boîtes
sontclassées parcatégories qui sont variées mais qui peuvent apporterdes confusions àcertains
moments. Les personnalités, quine fontpasmoins de onze rayonnages autotal, représententune
catégorie assez éparse àcausedufait que sontmélangés des acteurs, des hommes politiques, des
artistesetdes anonymes qui onteu unjouroul'autre leur photo dans La Voixdu Nord. Toutesles
personnes sontréunies souscette seule appellation puis vientun classement alphabétique. Voici
quelques autresthèmes: les paysetvilles du monde, les véhicules, les catastrophes, les accidents
etfaits divers, lecinéma, les téléfilms, le théâtre, la viequotidienne, lamarine nationale, les
communesde Francequi se trouventàpartde cellesde la régionet dela ville de
Lille7,...
Ceclassementthématique ne suitaucune normeet aété visiblementcréé il y abien longtemps etpetit à
petit denouveauxthèmes sontvenusrejoindre les précédents afin de secompléter. Une boîte
contientplusieurs dossiers toujours classésparordre alphabétique, sachant qu'un dossierest
employépourune personne, unthème précis, uneville,... Par exemple, le dossier intitulé
« Carthage » setrouvedans la boîte étiquetée« Tunisie -Villes sauf Tunis ».
Les documents que l'ontrouve dans les dossiers sontdenature diverse. D'abord j'ai
découvert des documents textuels quisontsoit desarticles tirés de La Voix du Nordoud'autres
journaux, soit des brèves de l'Agence France Presse.C'estétonnantpuisqueces boîtessont
destinéesenprioritéauxphotographiesmaisaprèsréflexion, j'ai remarqué quecertaines
personnalités n'étaientpascélèbres contrairementàd'autres etparconséquent ledocumentalistede
l'époqueacertainementvoulu replacer les photos dans leurcontexte. Parexemple,ilaajouté les
résultats des électionslégislatives d'un candidat quinefait plus partie de lascènepolitique
aujourd'hui. Les autres documentssontdes photographies papier, des photos tirées d'articles de
presse, desreproductions, descartespostales, etc... Les photos sontpourcertaines ennoiretblanc,
d'autres ontbénéficié de la couleur.
Lasalle des archivesestimpressionnanteàpremièrevue etnous nousdemandions, Céliaet
moi,commentréalisernotreétudeenétant très
rigoureu^Nous
avonsopté
pour uneestimation,
comptertoutesles photosuneparune seraitunemission impossible. Letout estdemettreenplace
uneméthode,uneprocédurepour que l'estimation soit aussi prochequepossible de la réalité. D'un-^
communaccord, nous avonspris la décision d'étudieravecattentionun échantillon de vingt-trois
boîtes àraison d'une boîtepar rayon. Commetouteslesboîtes sontidentiquesetfermées, le choix
estaléatoire. Deplus, chaque boîte contientunnombre de photos différent, nousferons attention de
sélectionnerdes boîtes bienrempliesetd'autres moins. Achaque foisqueje choisisuneboîte,je
compte le nombrede photos découvertesetje lesclasse dansuntableau àtrois colonnes, conçu
préalablement. Ces trois colonnesportentlestitres suivants: « photos jugées valables pourla
numérisation», « articles accompagnants » qui sont souventcollées àdesfiches cartonnées et
qui donnent desprécisionssurle sujet dudossieretenfin«photosnondatées et/ou abîmées»
dont lanumérisationestfortementdéconseillée. Les critères dejugement sont purementsubjectifs
quoique,lorsque la photoquel'onaentre les mainsestvieille, jaunieetades couleurs quiont
comme ondit«passées», ce ne soit plus la peinede sedemander si elleest«numérisable ».
J'ai consacrétroisaprès-midi entiersàcette étude. Cetravail nécessaire étaitàla fois pénible
etcaptivant. Cela m'a permisde faire deplus amples connaissancesavec ce fondsetde découvrir
des véritablestrésorscachés. Enmoyenne,les photosdatentdes années 1970-80. Cependant,il
m'estarrivé detrouver des clichés d'uneépoque antérieure. Parexemple, des représentations de
paysagestunisiens datenttoutde même de 1935, soit quelquesannéesavantladeuxièmeguerre
mondiale. C'estd'autantplus intéressantque lejournalàl'époquen'existaitpas encore, il s'agit
sûrement dephotos récupérées. D'autres ontétéprisespendant laguerre. Toutefois, des photos
beaucoup plus récentes, des années 1990existent maisrestent toutde mêmeminoritaires, le fonds
étantnumérisé depuisjuillet 1998. Cetteexplorationd'un fonds quin'estpas àla portée detousn'a
pasétéuntravail laborieux. Pendantqueje m'occupaisde cetriquantitatif, la documentaliste Célia
Ricard s'attelaitaumêmetravail dans la salle desarchivesde La VoixdesSports, quisesitue au
bout ducouloir. Commeles boîtes sontnettementmoinsnombreuses, l'étude aportésur un
échantillonde deux boîtes seulement.
Ala fin de cedépouillement de dossiersetdece classement, ilafallusemettreàcalculeretse
rappeler de quelquesformules mathématiquespour envenir à
bout.
Survingt-trois boîtes, ontétérecenséesautotal 1928photos dont522sontnondatéesoutrop abîméespourfairepartie du projet
de numérisation. Sachantquechaquerangéepeut comporterjusqu'à58 boîtes, quechaqueétagère
possède septtablettesetquedans la salle,ily a entout46 étagères, nous avonsprocédé aux
estimations. Ainsi,après avoir calculé le nombreapproximatif dephotospour uneboîte, puispour
unerangée, etenfin estimer le nombreapproximatif de photosparétagère,nous sommesarrivéesau
nombreapproximatif de photosqui constituentcefonds: 1 568 784 photos. Cerésultatest
vertigineux,il faut ajouterquece chiffre prendencompteles 429 548photos qui nesontpas
exploitables, cequi donneuntauxd'environ 27%. Bienentendu,touscescalculsetceschiffresont été transcritsparécrit quand le
compte-rendu8
aété rédigéafin de fairepartdes résultats obtenus 8 Voir l'annexen°4,page44.auxautresmembres duservice. Pourles besoins duservice,j'ai également effectué lerecensement
desbobines demicrofilms possédées. Il estvraiquej'ai duenrendre
compte9
mais leurnumérisation estmoinsproblématique quecelle des photos moins évidente.
Danstoutprojetdenumérisation lapremière démarcheàfaire, c'est de caractériser le fonds
documentaire, connaîtreles documents quivont êtrenumérisésenpriorité. Dans lecasdu fonds
photographiquequej'ai étudié, ilestévidentquelatotalité des photosne pourraêtretraitée.
D'abord,certainesne sontplus exploitables: ellesontété tropabîméesparletempsetil estbien tard
pourvouloir lessauver. Quiplusest, scannerplus d'un million de photographies estuntravail
fastidieuxetsurtoutinterminable.C'estpourquoi, il estnécessaire d'effectueruntri afin de réduire
autantqu'ilestpossible le nombre de photos. Cechoix estunelourde tâche, c'estune grande
responsabilité. Il nes'agitpas de choisirlescentpremières photos quinoustombentsous la main. Uneétudeunpeuplusapprofondiedufondspeuts'avérer êtreunoutil bienprécieux. D'autrepart,il nefaut pasoublierque ceprojetapourcadreuneentreprise.Le choix doitêtre stratégiqueet se
faire selonle secteur decetteentreprise. Les photos àconserver ne seraient sensiblementpasles
mêmessiLaVoix du Nord étaituneassociation humanitaireouuneentreprise dans
l'agro-alimentaire. Lefacteurde lapressequotidiennerégionale estàprendre encompte,cestroistermes
«presse », « quotidienne» et«régionale»ontchacun leurimportanceetdéfinissent bien l'objectif
del'entreprise qu'ilnefautpasperdre devue.
L'intérêtquedoit posséder le fonds documentaire d'un journalde la PQRestlesuivant:
mettre envaleur larégion qui l'intéresse. Ensomme,tout cequiest importantpourlejournal a
toujoursunrapportdirectouindirectaveclarégion. Lacauseenest queLa Voixdu Nordest avant
toutunjournaldit« de proximité».Le fonds documentairerestantale devoir de fairevaloir la
région. C'est le critère numéroun pour commencer le tri.
Lamiseenplace decette étudequalitatives'estfaite progressivement. J'ai tenté demettreau
point
lespremiers critères,engardant enmémoire qu'ilfallaits'attacher à larégion Nord-Pas deCalais.
Detempsentemps,jedemandaisdes conseils oudes avis autourde moipourvérifierquejene
partaispasdansunemauvaise direction. C'estsurpapierqu'aeulieucettepremièreréflexion:
définir les axesprioritairesou « quellessontles photos qu'ilestprimordial desauver? » etproposer
d'éventuelles sélections ou« quellessontlesphotos qu'ilpourraitêtreutile de garder? ». Cette
dernière questionmefaitpenserquelanumérisationn'estpasfaite uniquement dans l'optique de
sauvegarder maisaussidans le but de servir. De là,découletouteuneréflexion àpropos
des
éventuels publics. C'est,d'ailleurs le titre de l'article deT. Delcourtdans l'ouvrage Conduire unprojetdenumérisation, « Lespublics ». Quels sont
les
gensqui
vontpuiser dans
cefonds
numérisé?Dequoices personnes ont-elles besoin?
Commeson nom l'indique, le servicededocumentationestion « service», cela impliqueune
aideenverslesusagers qui le fréquentent. LaVoix du Nordestuneentreprise privée,pasunservice
public. Les chosessontclaires: les premiers bénéficiaires de cefonds photographique sontles-,
employéssoitles journalistes. SelonT. Delcourt, ilfaut étudier les particularités de chaque tpe/de
public, les prendretous enconsidération. Evidemment, cetarticles'adresse plusauxprojets-de numérisationquiaffectent lesbibliothèqueset autres centres de documentation du domainepublic.
Cependant,ce conseilestvalabletout autantpourcelui quinoussuscitenotreattentionici.Nous
avonsremarqué précédemmentque lespersonnes qui profitaientdes services des documentalistes,
provenaient aussibien de l'extérieurque de l'intérieur. Ilne passe pas uneseule journée sansqu'un
particuliernetéléphoneauxarchivespour uneraisonou pour uneautre. Ilnefautpas les
oublier.
Lesautresmédiascommela télévision sontaussi desusagerspotentiels des photos à numériser. En
effet, dessociétés françaisesouétrangères contactentle servicepourrechercher d'anciens clichésen
vued'unfilmenprévisionoud'unreportage. Pour résumer,nous avonstroistypesdepublics: les
usagers internesàl'entreprise, lesautresorganismes qu'ils soient privésoupublicsetles