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L'astronomie au gré des saisons, 2019-01-22
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Des clics en provenance de l’espace
Tapping, Ken
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DE L’ESPACE
Ken Tapping, le 22 janvier 2019
Les « sursauts radio rapides » détectés par le radiotélescope CHIME (Canadian Hydrogen Intensity
Mapping Experiment), ont fait la manchette ces deux
dernières semaines. Construit par un consortium d’universités canadiennes avec la contribution du Conseil national de recherches, cet instrument se trouve à l’Observatoire fédéral, dans la vallée de l’Okanagan. Les sursauts, qui ressemblent à des « cliquetis » à haute énergie extrêmement rapides, sont émis par des objets d’au plus 300 km de diamètre. Comme leurs sources se trouvent à d’immenses distances, lorsqu’ils nous parviennent, ils sont très faibles et ne peuvent être détectés que par des antennes surdimensionnées ultrasensibles. Le défi ― et il est de taille ― est de déceler ces signaux dans la cacophonie des artéfacts de la civilisation moderne. Lorsqu’on actionne un commutateur ou qu’on allume un appareil électrique, une salve d’ondes radio, pareille à un clic sur un récepteur radio, est produite. Les
ordinateurs génèrent des millions, voire des milliards de clics par seconde. Mais ce n’est pas tout. Nous avons tous des appareils électroniques dans nos poches, dans nos sacs à main, dans nos voitures et à la maison, et ces appareils émettent pour la plupart des signaux radio parasites, le plus souvent sous forme de salves de clics à haute vitesse. Les flux combinés de tous ces appareils submergent la capacité de détection des radiotélescopes ou camouflent complètement les signaux radio en provenance du cosmos. Puisque ces appareils sont aujourd’hui la norme, on ne peut demander aux gens de les éteindre, sauf dans des circonstances particulières, comme une visite de notre observatoire. Comment alors concilier les besoins des radiotélescopes et les impératifs de la vie moderne? Le problème commence à l’intérieur même des murs de l’observatoire. Au quotidien et pour nos travaux de recherche, nous utilisons des appareils de réception très sensible à proximité d’ordinateurs et de
processeurs numériques, qui sont probablement les instruments les plus nuisibles en raison des
interférences qu’ils produisent. Pour nous en protéger, nous installons les ordinateurs et les processeurs numériques dans des enceintes ou des pièces blindées. L’éclairage fluorescent est aussi banni en raison du parasitage qu’il produit. Non seulement
l’équipement sensible est placé dans des enceintes ou des pièces protégées, mais les murs du bâtiment sont également blindés. Toutefois, même en connaissant les types d’instruments qui causent des interférences, nous en découvrons constamment de nouveaux, tels que la machine à affranchir du service de courrier, qui s’est révélée une source de parasitage puissante et a dû être relogée dans une pièce blindée. Comme il est
impossible de prévoir toutes les sources d’interférence, nous avons installé une batterie d’antennes sur le toit, connectées à de l’équipement de détection et
d’identification des interférences, lui-même installé dans un bâti blindé.
Les collines environnantes constituent notre première ligne de défense. Elles bloquent la majeure partie des parasites radio provenant du voisinage. Nos
installations sont également prises en compte dans la planification urbaine locale et protégées par le système fédéral d’attribution des licences d’exploitation de l’équipement radio et électronique. Il faut aussi tenir compte du fait que les ondes radio ne connaissent pas de frontières, en plus de composer avec les appareils et engins qui franchissent notre espace aérien et spatial. Nous comptons donc sur l’Union internationale des télécommunications (UIT), une agence des Nations Unies. Les membres de l’UIT travaillent de concert pour que tous les utilisateurs de la planète puissent
continuer d’utiliser les fréquences du spectre radioélectrique, que ce soit pour communiquer entre eux ou capter des signaux radio venant des confins de l’espace. À en juger par les résultats impressionnants que nous livre le radiotélescope CHIME, les efforts pour protéger le spectre radio ont été fructueux jusqu’à maintenant.
De moins en moins lumineuse plus elle prend de distance, Mars est encore visible au sud en soirée. Vénus et Jupiter sont proches l’une de l’autre à l’est avant l’aube, Vénus étant la plus brillante des deux. La Lune montrera son premier quartier le 27 janvier.
Ken Tapping est astronome à l’Observatoire fédéral de radioastrophysique du Conseil national de recherches du Canada, à Penticton (C.-B.) V2A 6J9. Tél. : 250-497-2300, téléc. : 250-497-2355