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Après avoir laissé entendre qu une commémoration SENS ET NON-SENS D UNE COMMÉMORATION. Jean-Pierre Le Goff

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Academic year: 2022

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SENS ET

NON-SENS D’UNE COMMÉMORATION

Jean-Pierre Le Goff

A

près avoir laissé entendre qu’une commémoration de Mai 68 était possible, le chef de l’État a pru- demment laissé de côté cette éventualité. Cette commémoration officielle n’allait pas de soi : com- ment l’État pourrait-il commémorer un événe- ment à multiples facettes marqué par une remise en cause de l’autorité, des hiérarchies, des institutions et de l’État ? Depuis un demi-siècle, l’appréciation de l’événement et de son héritage continue de diviser les Français ; la société oscille entre fascination et rejet. D’un côté, les

« héritiers impossibles » de Mai 68 continuent de célébrer l’événement comme une sorte de mythe fondateur d’une société débarrassée des préjugés du passé. De l’autre, les « revanchards » pour qui Mai 68 est responsable de tous nos maux. Entre les deux, des jeunes qui consi- dèrent qu’il appartient à une sorte de préhistoire qui ne fait plus sens à l’heure du chômage, de la mondialisation, d’Internet et des réseaux sociaux. Dans ces conditions, quel sens pourrait-il y avoir à commé- morer un tel événement ?

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Brouillage et anachronisme

À vrai dire, la question mérite d’être posée autrement : cinquante ans après, peut-on encore comprendre les conditions qui ont rendu possible l’événement et sa force d’interpellation de l’époque ? Cette question est d’autant plus délicate que, depuis un demi-siècle, Mai 68 a donné lieu à de multiples interprétations et à de nombreux courants qui se sont réclamés de son héritage. Les écrits et les références emblé- matiques se sont accumulés, formant autant de strates qui brouillent l’événement et versent dans l’anachronisme.

Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui évoquent ainsi spontané- ment le féminisme et l’écologie à propos de Mai 68. Ces mouvements se constituent bien dans sa mouvance mais leur rapport à l’événement n’est pas de pure continuité. Les féministes qui seront à l’origine de la création du Mouvement de libération des femmes (MLF) en 1970 récusent cette filiation trop simple : en 1968, le milieu étudiant et intellectuel était loin d’être féministe ; la plupart des femmes étaient maintenues dans des rôles subalternes et

les féministes très minoritaires. Le MLF a introduit la dissidence féminine au sein de la mouvance d’extrême gauche révolu- tionnaire et du courant de la « libération du désir ». Il a fait valoir l’irréductibilité de

l’oppression des femmes et de la sexualité féminine. Il en ira de même pour le Front homosexuel d’action révolutionnaire qui revendiquait alors une sexualité qui subvertit les normes dominantes. Ces groupes minoritaires, radicaux et provocateurs, considéraient le mariage et la famille comme des figures centrales de l’oppression et de l’aliénation.

Quant à l’écologie, elle ne constitue pas la préoccupation centrale d’un mouvement marqué par la dynamique des « trente glorieuses » et des références emblématiques au marxisme et à la lutte de classes.

Lors des nuits les plus violentes à Paris (le 24 mai et le 10 juin), des groupes abattent les arbres dans le Quartier latin pour construire des barricades. La mouvance écologique qui se développe dans l’après- Mai rompt avec le messianisme révolutionnaire de l’extrême gauche.

Jean-Pierre Le Goff est sociologue. Il préside le club Politique autrement.

Dernier ouvrage publié : la France d’hier. Récit d’un monde adolescent.

Des années 1950 à Mai 68 (Stock, 2018).

› www.politique-autrement.org

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quel héritage possible pour mai 68 ?

La candidature de René Dumont à l’élection présidentielle en 1974 marque l’entrée de l’écologie sur la scène politique avec une vision très noire du présent et de l’avenir de l’humanité. Face à la catastrophe, l’humanité ne semble avoir d’autre choix que l’« utopie ou la mort » (1). On est loin de l’insouciance et de la dynamique de Mai 68. L’his- toire semble désormais marcher à l’envers.

La fin des « trente glorieuses », la crise du pétrole et les rapports du Club de Rome ont ouvert une nouvelle période. La publication de l’Archipel du goulag, la fin des illusions sur le totalitarisme maoïste, les boat-people vietnamiens, le génocide cambodgien… sont autant d’éléments qui mettent en question non seulement le communisme mais aussi les engagements de l’intelligentsia de gauche et toute une vision de l’histoire en marche vers son accomplissement. La morale, la référence emblématique aux droits de l’homme et l’action humani- taire non seulement s’affirment alors comme une alternative aux erre- ments révolutionnaires mais tendent à se substituer au volontarisme et à l’action politique, ces derniers étant soupçonnés d’emblée d’être idéologiques, mensongers et potentiellement totalitaires. Du « tout est possible » et « tout est politique », on est passé à une vision minima- liste, à une « politique de l’ambulance » et du moindre mal. Dans la seconde moitié des années soixante-dix, les « nouveaux philosophes » vont en faire leur cheval de bataille (2). Mai 68 est déjà loin.

Héritiers impossibles et gardiens du temple

L’anachronisme peut encore être poussé plus loin quand on relit Mai 68 à la lumière des années quatre-vingt au moment du mitterran- disme, avec en référence le mouvement lycéen et étudiant de 1986 contre la loi Devaquet et SOS Racisme. Des militants étudiants et des journalistes de gauche veulent alors reprendre le flambeau en s’affir- mant comme les héritiers authentiques d’un mouvement qui serait débarrassé des idéologies (3). Ils se veulent les représentants d’une

« génération morale » où les Restaurants du cœur, les concerts de rock pour l’Éthiopie et les causes humanitaires tiennent lieu de nouvelles

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figures de l’engagement. Le tout se déroule sous l’œil bienveillant et le soutien de « Tonton » (Mitterrand) et d’une gauche au pouvoir qui espère en tirer profit. La référence à des valeurs générales et géné- reuses (égalité, fraternité, démocratie, droits de l’homme…) alliée à la dénonciation de tout ce qui de près ou de loin est censé incarner le « retour de la droite » et de l’extrême droite (les deux étant mis dans le même panier) devient le leitmotiv d’une gauche « morale » et mondaine qui tient désormais le haut du pavé dans nombre de grands médias. C’est précisément dans cette nouvelle situation qu’un « anti- racisme de deuxième génération » différentialiste et communautariste va se développer en se voulant l’héritier authentique de Mai 68 (4). L’idée de rupture radicale ne prend plus la forme révolutionnaire du gauchisme néobolchevique, mais se réinvestit dans l’idée d’un change- ment des mentalités passant par les moyens de la culture, de la com- munication, de l’éducation et de la pédagogie moderniste en direction des nouvelles générations.

Sur fond de crise de sa doctrine et de changement de sa poli- tique économique, la gauche au pouvoir va institutionnaliser ce que j’ai appelé le « gauchisme culturel », lui fournissant ainsi les moyens de son hégémonie. Celui-ci secondarise la question sociale au pro- fit des questions culturelles, des identités et des mœurs, faisant de ces dernières les marqueurs identitaires d’une gauche en morceaux qui se coupe de plus en plus des couches populaires. Un nouveau conformisme se réclamant paradoxalement de l’anticonformisme de Mai 68 va se répandre dans l’ensemble de la société. La valorisation de la parole de « ceux d’en bas », la suspicion systématique à l’égard des pouvoirs et des institutions, la vision noire et pénitentielle de notre propre histoire… vont continuer de cheminer sous des formes plus douces au sein de la société. Les nouvelles générations ont baigné dans cet « héritage impossible » devenu un nouvel « air du temps ».

Dans les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix, c’est une belle histoire écrite par les vainqueurs et racontée aux enfants qui va se répandre : malgré les apparences, Mai 68 n’aurait été en fin de compte qu’un mouvement ayant démocratisé et modernisé la société, même si au départ le sens donné (la révolution) n’était pas le bon (5). Du même

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quel héritage possible pour mai 68 ?

coup, on oublie la part de nihilisme dont fut porteur ce mouvement.

Combiné avec le développement du chômage de masse, cet « héritage impossible » de Mai 68 a produit des fractures sociales et culturelles qui sont l’une des sources du malaise des démocraties. Aujourd’hui, nous assistons à la fin de ce cycle historique avec des retours réactifs et revanchards qui peuvent laisser supposer que c’était nécessairement mieux avant et qu’il serait possible de revenir en arrière comme à un supposé « bon vieux temps ».

Restent les « soixante-huitards de la vingt-cinquième heure » qui font de Mai 68 un mythe et sacralisent d’autant plus l’événement qu’ils ne l’ont pas vécu. Ils s’érigent en gardiens du temple et en nouveaux inquisiteurs dénonçant les tièdes et les renégats, espérant toujours le retour d’un Mai 68 revisité à l’aune des réseaux sociaux et de « Nuit debout ». Ils constituent un milieu de plus en plus restreint, coupé de la société mais qui survit dans le microcosme universitaire des sciences humaines, bénéficie de relais dans certains médias où le gauchisme culturel continue de régner. Cette situation peut-elle encore durer bien longtemps ? Entre les revanchards et les apologétistes, entre la vision noire et la vision angélique de Mai 68, est-il encore possible de comprendre la signification sociale historique de l’événement ?

Mythologie révolutionnaire et autogestionnaire

Dès l’origine, les principaux acteurs du mouvement ont interprété chacun à sa manière la signification de l’événement en y projetant ses propres conceptions. Mythologie révolutionnaire et utopie auto- gestionnaire constituent alors des références-clés. Les groupuscules néobolcheviques interprètent Mai 68 comme une sorte de « répéti- tion générale » amenant à terme une révolution sur le modèle léniniste de 1917 ; pour les étudiants maoïstes après Mai 68, la France s’ache- mine vers une « guerre civile », la classe ouvrière et les paysans étant à l’avant-garde des luttes populaires. En dehors de ces schémas ouvrié- ristes, Daniel Cohn-Bendit appelle à développer les luttes sur tous les fronts, en n’oubliant pas celui des mœurs, en dehors des organisations

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d’extrême gauche. Pour lui, « personne ne peut représenter personne », la révolution est inséparable du plaisir que chacun y trouve et il faut en finir avec les idées de hiérarchie, de sacrifice et de dévouement (6).

Au sein de l’intelligentsia de gauche critique du Parti commu- niste, conseillistes et chrétiens de gauche considèrent Mai 68 comme une nouvelle révolution antibureaucratique et antistalinienne, la concrétisation de l’utopie autogestionnaire sous ses différentes ver- sions. Pour Cornelius Castoriadis, le mouvement étudiant a révélé la « contradiction fondamentale de la société capitaliste bureaucra- tique », à savoir le « conflit entre dirigeants et exécutants » (7). Il en appelle à la constitution d’un nouveau mouvement révolutionnaire ayant pour perspective l’élimination de la « division dirigeants-exé- cutants en tant que couches sociale » au profit d’une démocratie directe et d’une autogestion généralisée. Pour Claude Lefort, les actions menées par les étudiants ont une portée révolutionnaire par la « contestation qu’elle implique des rapports sociaux spécifiques de la société bourgeoise » (8). Il y voit la possibilité de groupes et d’ac- tions d’un nouveau genre dans les années à venir qui, débarrassés de l’« illusion d’une bonne société », « gagneraient le goût du possible sans perdre le sens du réel » (9).

La revue Esprit n’est pas en reste. Elle salue avec enthousiasme l’« insurrection de la jeunesse » contre l’autoritarisme gaulliste, la bureaucratie, la société technocratique, une « gestion coupée des valeurs » (10)…. Mai 68 est vécu comme une divine surprise qui amorce une révolution culturelle et civilisationnelle contre le produc- tivisme et la société de consommation. « L’utopie prend désormais le relais des philosophies de l’histoire » et Esprit entend bien lui « trou- ver des formules adaptées à notre niveau technique et à nos besoins réels ». L’« autogestion » devient le levier d’une transformation devant amener à terme le remplacement du pouvoir capitaliste par un « socia- lisme d’hommes libres » (11).

Cette perspective est proche de celle de la Confédération française démocratique du travail (CFDT), qui considère que Mai 68 a fait apparaître chez les travailleurs comme chez les étudiants de nouvelles formes d’action et de politisation qui confirment la pertinence de la

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quel héritage possible pour mai 68 ?

perspective autogestionnaire. Les structures de pouvoir, les hiérarchies doivent être repensées dans une optique de gestion des entreprises par les travailleurs mais aussi de l’économie tout entière et de la cité par le peuple (12).

« Peuple adolescent » et « révolution introuvable »

Au sein des multiples interprétations qui se développent à l’époque, celles d’Edgar Morin et de Raymond Aron me paraissent sortir des schémas préconçus. Leurs auteurs s’opposent sur l’analyse et l’appréciation du mouvement. Mais bien qu’étant situés dans des camps opposés, ils me semblent avoir mis en lumière, chacun à sa manière, des aspects nouveaux et problématiques de l’événement qui contrastent avec les idéologies et le maelström de l’époque.

Dans la prolongation de ses écrits des années soixante qui soulignent l’importance de l’adolescence et de ses nouveaux comportements, Edgar Morin voit dans Mai 68 l’irruption d’une nouvelle classe d’âge qui s’af- firme comme un nouvel acteur social et politique. La « Commune étu- diante » à travers ses manifestations et ses slogans en porte les marques.

On y trouve une « dimension de jeu permanente », de « jeu-kermesse » mêlé à un « extrême sérieux » qui peut verser dans la tragédie ; Mai 68 est la « grande fête de la solidarité juvénile » le « grand jeu syncrétique de la révolution » : « On doit ici se demander, en toute orthodoxie marxiste, écrit-il, si, croyant faire la révolution prolétarienne de Marx et de Lénine, l’“intelligentsia” révolutionnaire ne fait pas en réalité autre chose, une sorte de 1789 socio-juvénile qui accomplit l’irruption de la jeunesse comme force politico-sociale, et de quelque chose de nouveau qu’apporte la jeunesse, irruption qui n’a pu s’accomplir qu’avec l’aide de concepts et de forceps marxistes qui justifient et orientent l’agressivité, fécondent l’action, donnent une cohérence idéologique à un bouillon- nement qui cherche encore sa forme et son nom. (13) »

Raymond Aron fait preuve quant à lui d’une lucidité et d’un courage sans pareils face à la démagogie jeune et l’effervescence du moment. Il sait que son analyse et ses propos très durs ne peuvent sur

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le moment être compris par les étudiants contestataires qui le traitent de tous les noms. Mais plus qu’à ces derniers, il s’en prend aux idées de cette intelligentsia de gauche qui sacralise l’événement, retombe dans la mythologie révolutionnaire et la « négation utopique de la réalité » dans une société moderne : « La société de consommation devient le monstre à combattre par ceux-là mêmes qui en possèdent les bien- faits. (14) » Dans ce moment très particulier de l’histoire de France, les Français ont rejoué les révolutions du passé dans une situation historique et sociale tout autre. Raymond Aron a particulièrement mis en lumière le caractère de psychodrame du mouvement de Mai :

« Étudiants et ouvriers conserveront, une fois de plus, un souvenir radieux de ces jours de grève, de fête, de cortèges, de discussions sans fin, d’émeutes, comme si l’ennui de la vie quotidienne, l’étouffement par la rationalisation technique ou bureaucratique exigeait, de temps à autre, un soudain défoulement, comme si les Français ne sortaient de la solitude que dans le psychodrame révolutionnaire (ou pseudo- révolutionnaire). (15) » Pour autant, il laisse ouvert la question : « Psy- chodrame ou crise de civilisation ? » Son livre les Désillusions du pro- grès (16), publié un an plus tard, interroge à nouveau le mouvement d’« insatisfaction endémique » et d’« autocritique permanente des sociétés de notre temps » (17) et le « destin d’une civilisation révoltée contre ses œuvres et rêvant d’un paradis perdu ou à reconquérir » (18). Ces analyses me paraissent contribuer à démystifier Mai 68 tout en gardant l’interprétation ouverte sur sa signification globale (19). C’est dans ce sillage que j’ai voulu m’inscrire en resituant Mai 68 dans le mouvement de modernisation de l’après-guerre et en l’interprétant comme un moment de catharsis et de psychodrame dans une nouvelle étape de la modernité qui a vu se développer le peuple adolescent.

« Crise de l’adolescence et crise de la modernité se font écho : elles révèlent un malaise symptomatique des difficultés du pays à s’engager dans une nouvelle étape de son histoire (20). »

Nous n’en avons fini ni avec la révolte adolescente ni avec le rêve d’un paradis perdu dans une nouvelle situation historique. En ce sens, la Commune étudiante de Mai 68 peut être considérée comme une sorte de moule premier de la révolte adolescente qui a fini par s’ériger

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quel héritage possible pour mai 68 ?

en une nouvelle structure sociale de comportement qui verse dans une sorte de grand refus des ambivalences de l’histoire et du progrès.

Restent des questions confusément posées en mai 1968 sur le des- tin d’un pays et d’une civilisation qui, aujourd’hui plus encore qu’à l’époque, ont du mal à renouer le fil de leur histoire et à donner un sens à une modernisation qui a les aspects d’une fuite en avant perpé- tuelle dans l’urgence et l’adaptation sans fin.

1. René Dumont, l’Utopie et la mort, Seuil, 1973.

2. Pour une analyse détaillée de cette évolution, je me permets de renvoyer à mon ouvrage Mai 68, l’héri- tage impossible, La Découverte, 1998, 2002, 2006,

3. Laurent Joffrin, Un coup de jeune. Portrait d’une génération morale, Arléa, 1987.

4. Paul Yonnet, Voyage au centre du malaise français. L’antiracisme et le roman national, Gallimard, 1993.

5. Hervé Hamon et Patrick Rotman, Génération, Seuil, 2 tomes, 1987 et 1988. Ce livre retrace l’itinéraire d’un certain nombre de militants dont la caractéristique est d’être politisés avant Mai 68 et dont certains vont devenir célèbres dans les années quatre-vingt.

6. Daniel Cohn-Bendit, le Gauchisme, remède à la maladie sénile du communisme, Seuil, 1968.

7. Jean-Marc Coudray, « La révolution anticipée » in Edgar Morin, Claude Lefort et Jean-Marc Coudray, Mai 68 : la brêche. Premières réflexions sur les événements, Seuil, 1968, p. 95.

8. Claude Lefort, « Le désordre nouveau », in Mai 68 : la brêche, op. cit., p. 53.

9. Idem, p. 62.

10. Esprit, « Mai 68 », juin-juillet 1968.

11. Idem.

12. « Perspective et stratégie », document d’orientation, du 35e congrès confédéral (1970) in la CFDT, Seuil, 1971, p. 131.

13. Edgar Morin, « La Commune étudiante » in Mai 68 : la brèche. Premières réflexions sur les événements, op. cit., p. 26-27.

14. Raymond Aron, la Révolution introuvable. Réflexions sur la révolution de mai, Fayard, 1968, p. 16.

15. Idem, p. 167.

16. Raymond Aron, les Désillusions du progrès. Essai sur la dialectique de la modernité, Calmann-Lévy, 1969 ; Gallimard, 1996.

17. Idem, « Préface », Gallimard, p. xix.

18. Idem, p. xxiii.

19. Les réflexions de Georges Pompidou dans le cours même de l’événement et dans les années qui suivent vont dans le même sens, cf. le Nœud gordien, Plon, 1974 ; Pour rétablir une vérité, Flammarion, 1982 ; Lettres, notes et portraits, Robert Laffont, 2012.

20. Jean-Pierre Le Goff, la France d’hier. Récit d’un monde adolescent. Des années 1950 à Mai 68, Stock, 2018.

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