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CONGRÈS INTERNATIONAL DE MARSEILLE DES APPLICATIONS DE L'ÉLECTRICITÉ

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Academic year: 2022

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L'inducteur, e n acier coulé, porte huit projections polai- res principales, f o r m é e s d e p a q u e t s d e tôles m i n c e s fixées 'à la culasse p a r d e fortes vis, et huit n o y a u x e n acier coulé p o u r les pôles auxiliaires. L e s b o b i n e s inductrices sont enroulées sur d e s carcasses e n matière isolante, d e façon à former un tout c o m p a c t facilement a m o v i b l e .

D e s pôles auxiliaires, m o n t é s e n série avec l'induit, assu- rent, avec u n calage invariable d e s balais, u n e c o m m u t a - tion satisfaisante à toutes les charges, et p e r m e t t e n t les surcharges e x t r ê m e s sans qu'il se p r o d u i s e d'étincelles nuisibles. U n s h u n t d e réglage est m o n t é e n dérivation sur l'enroulement d e ces pôles auxiliaires, et p e r m e t d e régler à la valeur la plus favorable l'intensité q u i le traverse.

L e s inducteurs principaux portent u n e n r o u l e m e n t s h u n t et u n e n r o u l e m e n t série; le n o m b r e d e s spires et les d i m e n - sions d e cuivre d e l'enroulement série sont choisis d e m a n i è r e q u e la tension d e la m a c h i n e , fonctionnant c o m m e génératrice à c o u r a n t continu, s'élève d e 800 à 8 5 o volts entre la m a r c h e à vide et la m a r c h e à pleine c h a r g e .

C e g r o u p e fait partie d e l'équipement d'une station cen- trale destinée à l'alimentation e n énergie électrique d u c h e m i n d e fer d'intérêt général, à voie d e 1 m è t r e , d e Ville- franche-de-Conflent à B o u r g - M a d a m e (frontière franco- espagnole d u Roussiilon), q u i a été c o n c é d é à la C o m p a - gnie d e s C h e m i n s d e fer d u M i d i p a r la loi d u 4 m a r s 1903, L'usine génératrice hydro-électrique est alimentée p a r la T e t , d o n t le r é g i m e h y d r a u l i q u e est régularisé p a r le réser- voir d e la Bouillouse, d'une capacité d e i3 millions d e m è t r e s c u b e s , q u i vient d'être" constitué p a r la construc- tion d'un barrage créant u n e retenue d e i3 m è t r e s d e h a u - teur (voir La Houille Blanche d e m a i 1908). Cette station centrale c o m p o r t e 4 g r o u p e s identiques, f o r m é s c h a c u n d'une turbine, d'une génératrice et d'un transformateur statique, ce dernier d o n n a n t u n e tension secondaire d e 20 000 volts.

T o u s les régulateurs d e vitesse p e u v e n t être actionnés à volonté, depuis le tableau d e distribution, a u m o y e n d e dispositifs permettant d'effectuer à distance la m i s e e n parallèle d e s génératrices.

U n e ligne d e transport d e force à h a u t e tension a l i m e n t e cinq sous-stations, o ù sont installés d e s transformateurs réducteurs, et d e s c o m m u t a t r i c e s à excitation c o m p o u n d , qui fournissent d u courant continu à 8oo-85o volts p o u r l'alimentation d u rail d e prise d e courant.

L ' e m p l o i d e s génératrices b i m o r p h i q u e s à la station centrale a dispensé d e l'installation d ' u n e sous-station, p u i s q u e ces génératrices p e u v e n t aussi alimenter directe- m e n t le rail d e contact. L a constance d e la tension a u x divers points d'alimentation d e ce rail d e contact, p o u r toutes les charges, est assurée p a r u n e c o m b i n a i s o n c o n v e - nable d e l'excitation c o m p o u n d d e s c o m m u t a t r i c e s avec la self-induction d e s transformateurs et d e la ligne d e trans- port. O n réalise ainsi u n e distribution f e r m é e , particulière- m e n t simple, et d o n t la Société A l s a c i e n n e s'est fait u n e spécialité p o u r les installations d e traction, p a r m i lesquelles n o u s citerons celle d u t r a m w a y d e Marseille à A i x .

M . P.

Médaille C o m m é m o r a t i v e de l'Exposition de Marseille Celte médaille, frappée à la Monnaie de Paris, est l'œuvre du sculpteur Louis D E J E A N . Les souscriptions sont reçues PAR M. Roux, au Bureau de l'Exposition, à Marseille (boulevard Sal- vator, 52). Son prix est de 10 fr. en bronze, et de 16 fr. en argent.

Les noms et titres des souscripteurs seront gravés au verso moyennant un supplément de 3 fr. -

CONGRES I N T E R M T I Û N A L DE MARSEILLE des Applications de l'Électricité

Le Congrès international des applications de l'électricité s'est ouvert à Marseille, le lundi 14 septembre à 10 heures du matin, sous la présidence de AI. Maurice LÉVY, m e m b r e de l'Institut, représentant M . le Ministre des Travaux Publies, qui, empêché au dernier moment, n'avait pu venir présider cette grande manifestation scientifique. Diverses nations avaient répondu à l'invitation qui leur avait été faite et avaient envoyé officiellement des délégués : L'Autriche, la Bèlgiffe, le Canada, l'Espagne, la Hollande, la Hongrie, nfctlïl, la République Argentine, la Roumanie, la Russie, la Suède ët la Suisse.

-Le. lÔouvernement français avait spécialement délégué un certidi nombre de hauts fonctionnaires. Cest aansi que le MillipTO des Travaux Publics était représenté par M . M a u - rice LÉVY, accompagné de M M . DE PREATJDEAU, inspecteur général des ponts et chaussées ; MONMBRQUÉ, ingénieur en chef des ponts et chaussées ; WEISS, ingénieur en chef des mines ; LEPRINCE-RINGUET et O U R S O N ingénieurs des mines.

Le Ministère du C o m m e r c e était représenté par M . STAP- FER, inspecteur départemental de l'enseignement technique à Marseille ; celui de l'Agriculture, par MM', DE LA BROSSE, ingénieur en chef des ponts et chaussées et chef du service des grandes forces hydrauliques de la région des Alpes, et LÉVY-SALVABOR, ingénieur au service technique de la direc- tion de l'hydraulique et des améliorations agricoles ; celui de la M a r m e , par M*. MAUGAS, ingénieur en chef du génie maritime ; celui de la Guerre, par M M . PIÉRARD, chef de ba- taillon, attaché à la section technique du génie, et CORDIER, chef d'escadron, chef de 1 atelier de précision à la section technique de l'artillerie ; les Chemins de fer de l'Etat, par M GAILHO, ingénieur des chemins de fer de JElat, et le Mi- nistère des Postes et Télégraphes, par M . LANPE.

Après avoir déclaré ouvert le Congrès international des Applications de rEileetncitê, M . Maurice Lévy a prononcé un fort intéressant discours, dont nous reproduisons ci- après u n extrait :

» C'est dans ces dernières années que l'électricité a l'ait ses plus rapides conquêtes. Elle a gagné, dans une proportion inespérée', à la fois en puissance, en souplesse et en sécurité. Par la, elle a mérité de pénétrer jusque dans les mines, où naguère encore', on l'eût regardé comme un auxiliaire dangereux. Non seulement on l'y accepte pour l'éclairage, mais elle se substitue aux moyens mécaniques pour la commande des pompes d'épuisement, celle des machines perforatrices, et m ô m e celle dt's machines d'extrac- tion.

« Des industries chimiques où elle régnait depuis longtemps, elle a passé peu a peu dans l'industrie' métallurgique où elle ac- tionne les appareils les plus puissants, tels que les laminoirs, les engins de le\age, ceux de manipulation des gros lingots, dt's- transmiesions, etc.

« Mais ce qui a le plus étendu son domaine, ce sont les rapides progrès accomplis dans le transport électrique de l'énergie, cette propriété vitale de l'électricité qui lui permet d'amener la force partout où l'industrie, l'agriculture où les besoins journaliers de la vie la réclament.

« Gfcfè progrès portent à la fois sur les distances accessibles au transport de l'énergie et sur les puissances transportables. Tandis que, vers l'année 1900, on trouvait déjà remarquable qu'on pût transporter quelques milliers de chevaux à 30 ou 40 kilomètres âe distance, de 1904 à 1906,1a Toronto and Niagara Power C° a trans- porté 125.000 chevaux à 120 kilomètres de distance. Une compa- gnie californienne (la Bay-Conties Company) a porté la distance de transport jusqu'à 370 kilomètres avec, il est vrai, une puis- sance transportée plus faible.

« En France, on n'est pas resté en arrière. Tout près de nous, la Compagnie Electrique du Littoral Méditerranéen a couvert Mar- seille et toute la région comprise entre la Durance, la mer et les Alpes, .d'un réseau admirablement bien compris, de 120.000 che-

Article published by SHF and available athttp://www.shf-lhb.orgorhttp://dx.doi.org/10.1051/lhb/1909005

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10 L A H O U I L L E B L A N C H E

vaux captés sur la Duranee

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, le Viaï, le Loup^la Siagne et l'Argens.

« Il n'est que juste de dire "qTBTÏTien des- régions montagneuses ont lutté d'initiative et d'intell^er^p^iu- ^utilisation de leurs chu- tes d'eau. -On ne' saurait oublie^ <fuM- ei)îioîitnés célèbres expérien- ces de transport électrique entre Grenoble eî Vizille, sous la direc- tion de M . Marcel Deprez," qui ont" été un' des points de départ d u m o u v e m e n t qui a fini par conduire aux résultats acquis au- jourd'hui et qui ne sont pas les derniers.

« L a Compagnie d u Sud-Ouest de la France transporte de la fonce prose à la Tuilière, sur la Dordogne, jusqu'à Bordeaux. Les forces hydrauliques des Pyrénées, du Centre et du Jura ne restent pas non" plus délaissées. L y o n a, de bonne heure, utilisé la puis- sance du Rhône, dans son voisinage, par la création de l'entre- prise de Jonage. Tout permet de penser que, dans u n prochain avenir, se réalisera, en France, une entreprise qui n'a son égal nulle part, pas m ô m e a u Niagara, le' transport à Paris, soit à 425 kilomètres de distance, d'une puissance de 125.000 chevaux,

«susceptible d'être doublée, à conquérir sur le haut Rhône.

« Ces progrès, maintenant qu'Us sont acquis, se poursuivront de « proprio motu s>, c o m m e

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il arrive pour toutes les grandes inventions une lois qu'elles ont rencontré leurs organes de vita- -lité, c o m m e il est arrivé pour 3a machine à vapeur depuis W a t t

et pour la locomotive depuis Stepfcenson.

» Ces machines ont été, dès le début, dotées par leurs inventeurs de tous les organes vitaux, -en sorte qu'elles n'ont plus eu à subir cfe modifications essentielles, mais de simples perfectionnements ifiu adaptations aux sévices d e plus e n plus variés, qu'on leur demandait.

« Le transport de la force qui, théoriquement, remonte aux dé- couvertes d'Ampère et de Faradaj^, est arrivé trop tôt pour être potvvu immédiatement des auxiliaires indispensables à son fonc- tionnement industriel. Cas auxiliaires lui sont venus peu à peu dans les trente dernières années, mais se sont accrus dans des proportions inespérées depuis le début de notre siècle.

» Dès 1880, M . Marcel Deprez a défendu cette' thèse que les transports doivent se faire à des tensions électriques aussi éle- vées que possible, pour que la m ê m e énergie

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puisse passer dans une section de fils métalliques aussi faible et, par suite, aussi économique que possible.il est juste de dire que le docteur Freelieh développait, à cette' époque, la m ê m e pensée en Allemagne. Mais si le transport exige de hautes tensions, la distribution en exige, en général, de' très modérées. Les deux problèmes du transport et de l'usage de la chose transportée semblaient donc contradic- toires. Elles n'ont pu être conciliées que par l'invention des trans- formateurs. Or, tandis que le problème industriel du transport remonte à une

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trentaine d'années, la constitution des transforma- teurs et leur étude expérimentale n e datent que des dernières années d u X I X

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siècle.

<t Vers la m ê m e époque, la merveilleuse découverte, par le professeur F e r o n s , des c h a m p s tournants, et les courants poly- phasés, sont venus donner au problème son extrême souplesse.

« Ce n'est donc, en définitive, que depuis le siècle actuel qu'on peut concilier les hautes tensions exigées par le transport, et les m o d e s de courants différents convenant le mieux à l'emploi qui en eist fait.

« D a n s ces conditions, le problème devenait viable. Il restait à l'étendre

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a. des distances de transports et à des puissances trans- portées de plus en plus grandes. L a première partie exigeait des tensions de plus en plus élevées. Les études expérimentales sur les isolateurs ont permis d'aller très loin dans cette voie.

« Les tensions qui paraissaient autrefois devoir être limitées à quelques milliers de

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volts ont, dans les derniers transports, no- t a m m e n t ceux cités plus haut des compagnies américaines, atteint 60.000 volts. O n ast allé m ê m e jusqu'à 80.000, et, dans le projet d'adduction des forces du Rhône à Paris, on prévoit 120.000 volts e n courant triphasé.

« Pour l'augmentation des puissances à transporter, deux adju- vants sont venus en faciliter la réalisation tout récemment. Ils ré- sultent de la substitution des turbines à vapeur aux machines à pis- tons, et des progrès accomplis dans la construction des turbui.es. O n fait couramment, aujourd'hui, des turbines Parson-Brown-Bovert, de 5 000 M o w a t f s . O n a établi tout récemment, paraît-il, u n e turbine à 12.500 chevaux, pourvant, pendant quelques heures, en fournir 1-1.500. Les turbines hydrauliques suivent la m ê m e ' pro-

gression, et c'est ainsi qu'on voit à présent s'élever les grandes usines centrales avec un petit nombre de puissantes unités, faciles et économiques à surveiller, dont chacune peut alimenter une ré- gion étendue, et qui, si on les accouple c o m m e l'a fait, dans la contrée marseillaise, la. Sociélé de l'Energie du Littoral méditer-

ranéen, peuvent porter la force et la lumière, avec toute la eûrtlé désirable, dans des régions de plus en plus étendues.

« Parmi les applications que provoquent o u provoqueront lts progrès accomplis dans cette question d u transport de l'énergie, il convient de sagnaler la traction électrique. E n 1900, elle était peu développée'. Mais, son heure paraît venir, et il serait d'autant plus désirable qu'elle trouvât un large asile au Congrès actuel, que la France ne pourrait qu'y gagner.,

« Tous les autres pays s'en occupent activement. Sans compter l'Amérique, l'Italie

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a environ 200 kilomètres de chemins de fer électriques en exploitation. Le Parlement italien est saisi d'une loi qui donnerait aux chemins de 1er u n droit de préférence sur les forces hydrauliques non concédées. E n Suisse, on fait des expo- riences en grand. O n connaît celles de l'Allemagne, entre Marien- feld et Zossen, où l'on a atteint une vitesse de 240 kilomètres à l'heure. E n Suisse, on s'occupe du LoetselAerg et d u Gothard, et . des expériences très importantes se poursuivent, n o t a m m e n t avec .le courant monophasé.

« Ce n'est pas que la France se soit montrée réfractaire à cette application de l'électricité. Outre les Métropolitains, elle possède des lignes électriques établies par la Compagnie P.-L.-M., en Savoie. D'autres sont en voie de construction ou de préparation, n o t a m m e n t pour les lignes transpyrénéennes. Les travaux de la ligne de Villefranche à BourgHiVIadame se poursuivent activement.

Il est à désirer que les études, pour l'éteetrification des lignes existantes, soient mises à l'ordre d u jour dans notre pays. Le gouvernement vient de racheter le réseau de l'Ouest. Il faut espé- rer qu'il en, profitera pour déblayer d'abord les lignes de

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banlieue en augmentant, par l'électrifioation, leur capacité de trafic qui paraît atteinte o u dépassée, et que ce résultat, obtenu amènera d'autres opérations de m ê m e ordre partout où la présence des chutes d'eau où les besoins de l'exploitation les rendront désira-

bles ou nécessaires.

« Pour la question également si intéressante de la traction élec- trique sur canaux, la France

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a fait les premières tentatives pra- tiques. L e premier ouvrage électrique a été réalisé au souterrain de Pomlly, sua* le canal de Bourgogne, o ù il fonctionne dans d'excellentes conditions, et dont la force' motrice a été très heureu- sement empruntée aux chutes des deux écluses voisines, chutes dont l'énergie a reçu ainsi u n emploi sans préjudice' pour leur fonctionnement normal. Sur le canal de Bourgogne ont également été faits les premiers essais de traction des bateaux à l'aide de tracteurs. Ces derniers étaient des tricycles prenant le courant électrique sur des lignes aériennes placées sur le chemin de ha- lage que suivaient les tricycles eux-mêmes sans rails. Depuis, des' essais atfalogues ont été poursuivis en Allemagne, ainsi que d'autres où l'on a employé lts locomotives électriques circulant sur rails.

» A u point de vue technique, tous les systèmes réussissent. Au point de vue financier, la question n'est pas tranchée. Jusqu'iei,en matière de halage, la science humaine a d û baisser pavillon- de- vant le modeste cheval de halage. Il y a longtemps que, sur le canal de la Sensée-, une Compagnie de traction par locomotive à

vapeur a' succombé sous la coalition des haleurs par chevaux.

L'électricité eana-telle plus heureuse si on lui oppose la libre con- currence ? C'est possible, sans être certain. Mais il peut y avoir, pour les canaux encombrés, des raisons d'accepter le monopole de la traction électrique. C'est une question qui sera, sans doute, exammée,au Congrès,aux divers points de vue qu'elle cornporte.

« Elle' touche', dans une certaine mesure, à l'une des nouveautés de ce Congrès : la. réglementation des transports de l'énergie qui, croyons-nous, n'avait pas figuré aux Congrès précédents, mais qui a fait l'objet d'une discussion spéciale et approfondie, provoquée par l'essor donné dans ces dernières années à l'emploi de la houille blanche. L a question n'en reste pas moins d'un haut inté- rêt, et nous n e pouvons que remercier vivement Messieurs les h o m m e s de loi du eanteours qu'ils ont bien voulu, en cette circons- tance,- apporter aux électriciens, par leurs rapports.

« U n e autre nouveauté, celle-ci d'ordre technique en m ê m e temps que d'un haut intérêt scientifique, sera-l'examen de l'état actuel et de l'avenir de la question du retour par la terre. L e rap- port qui porte sur cette matière délicate serait u n des plus dignes d'une discussion approfondie.-

« E n cette matière, c o m m e en toutes les autres, notre époque sa classe c o m m e u n e des plus fécondes on applications de' la science. C'est là ce qu'ont voulu mettre en lumière les auteurs, de l'Exposition et du Congrès par le titre mêlme qu'ils ont adopté.

Mais, notre temps paraît se préparer dans l'histoire une place

infiniment plus haute encore.

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« Pendant que l'industrie exploite avec génie les conquêtes de la science présence, les physiciens et les chimistes nous ou-

\renl, ou tout au moins nous permettent d'entrevoir, pour la science future et, par suite, pour les futures applications, une ère toute nouvelle. En effet, depuis 250 ans, la mécanique newto- nienne a permis non seulement de coordonner, mais aussi de pré-

\oir tous les grands faits concernant tant la mécanique céleste que la physique terrestre, et notamment l'électricité. La confiance que cette mécanique, a progressivement inspirée par l'inipeecabilité de ses pronostics, était devenue telle que, dans la seconde moitié du siècle dernier, Lamé, dans un discours très peu connu, prédi- sait qu'avant la fin du X I Xe siècle, la loi de la gravitation, com- binée avec les lois de l'électricité et de l'optique, seraient fondues en une seule, qu'd appelait, par avance, « la loi unique et univer- selle de la matière ». Convenons que, sans manquer de respect au. grand mathématicien, et à l'ardent apôtre qu'était Lamé, il est permis de penser que Condoreet a été mieux inspiré lorsque, sous la menace du couteau de la guillotine1, il écrivait son » Esquisse des progrès de l'esprit humain », où il montrait que le territoire à conquérir par la science est sans bornes.

« Et voici que, en effet, au lieu de nous approcher de la con- naissance d'une loi universelle, les phénomènes nouveaux obser- vés dans la décharge électrique à travers les liquides et les gaz, la radioactivité de la matière, la radioactivité induite, l'action des champs magnétiques sur la lumière, mettent la mécanique newton- nienne, basée sur le point matériel et jugée infaillible d'après ses succès antérieurs, en défaut. De là, cependant, il ne faudrait pas conclure qu'elle soit devenue inutile. Elle continuera à nous servir comme par le passé pour tous les problèmes posés par la nature ou l'industrie, pourvu qu'ils ne comportent que la considération de vitesses comme celles que nous pouvons réaliser ou que la nature réalise pour la matière pondérable, par exemple des vites- ses de 1.000 mètres par seconde, comme celles qu'on peut faire décrire aux,projectiles de nos plus puissantes armes à feu et, à plus forte raison, les vitesses des locomotives présentes ou futu- res. L'excès ne sera jamais à craindre. L'homme, il est vrai, n'est pas toujours raisonnable dans ses aspirations. Mais la ma-

tière le met à la raison. Elle ne se laisse pas surmener. Si on la surmène, le moins qu'elle fasse est de riposter par une « panne » et, malheureusement, de temps à autre, elle riposte par quelque terrible représaille. Le règne de la mécanique pour toutes les applications aux mouvements présents ou futurs de la matière pondérante n'est donc pas près de sa fin.

" Mais quand il s'agit des vitesses du fluide électrique ou de la propagation de la lumière, soit environ 300.000 kilomètres par seconde, alors naissent des forces nouvelles, des forces dinduction que la mécanique actuelle ne prévoit pas. Pour oes cas qui, dans les applications futures de rêlectrieifé, pourront conduire à des résultats devant lesquels ceux d'aujourd'hui paraîtront de faibles essais, le point matériel de l'ancienne mécanique devra être rem- placé par la molécule électrique qu'on se représente, malgré ses dimensions infimes, comme un monde comportant un noyau êlec- trisé positivement, entouré de satellites incomparablement plus petits, et électrisés négativement, qu'on appelle « électrons » et qui, sous l'influence des attractions électriques, et vu la faiblesse de leurs masses, recevraient des vitesses de m ê m e ordre que celle de la lumière.

« Quel sera le Messie de cette nouvelle mécanique, plus com- plexe que celle qui nous a été léguée par Newton et ses grands successeurs ? Se fera-t-il attendre pendant des années ou des siè- cles ? C'est ce qu'il est difficile de prévoir. Ce qu'on peut pronostiquer, c'est qu'il viendra quand tout sera prêt pour le rece- voir, quand les faits nouveaux accumulés par la science expéri- mentale seront assez nombreux pour lui permettre d'établir une synthèse nouvelle. Il appartient à l'humanité de préparer cet état supérieur de la science par le travail. C'est pourquoi je termine les trop longues réflexions qui précèdent par ce mot : Laboremus.

Puis, M . GUILLAIN, ancien ministre, président de l'Union des syndicats d'électricité, prononce l'allocution suivante :

« IJO président de l'Union des syndicats de l'électricité a ls- rleveir de remercier, au nom des industriels, les membres des Comités, commissaires généraux et leurs collaborateurs de l'émi- nent service qu'ils ont rendu à l'industrie électrique en organisant cette belle exposition et ce savant Congrès. Et ce n'est pas seule- ment, Messieurs, un service à rendre aux industries constructives ou exploitantes. En vulgarisant les applications de l'électricité, en montrant au grand public leur utilité pratique, leur adaptation si souple à tous les besoins de la vie privée et de la vie. en com-

mun, cette exposition et ce Congrès ont, nous devons l'affirmer, une haute utilité sociale.

a La distribution de l'énergie électrique est devenue un service public ; elle sera bientôt un des plus importants services publics, plus important m ê m e que celui des transports, qui a cependant modifié si profondément la vie économique des nations.

« Lorsque, par le développement, que nous voyons déjà si ra- pide en peu d'aimées, des distributions publiques d'énergie éten- dant sur le pays tout entier leurs réseaux vivifiants, chaque usine, chaque exploitation agricole, chaque atelier de famille, chaque habitation pourra disposer de l'énergie électrique avec ses appli- cations si variées, si générales, supprimant l'effort musculaire et faisant du travailleur le directeur intelligent des forces motrices naturelles domestiquées, un énorme progrès économique aura été accompli.

» C'est pour hâter ce progrès par la vulgarisation des conquêtes de la science de l'électricité, que ce Congrès est réuni et que cotte exposition a été conçue et admirablement réalisée. Non seulement, Messieurs, vous aurez bien mérité de 1 industrie française, mais encore vous aurez mérité la gratitude de tous ceux qui travaillent, et qui peinent, de tous ceux dont le dur labeur sera dans l'avenir adouci et le bien-être augmenté par l'utilisation généralisée de l'énergie électrique. Nous vous remercions d'avoir fait une œuvre de progrès social ».

Après quelques paroles fort applaudies, prononcées par le délégué! de la Russie, M . YOIXAROWSKI, directeur de l'Institut électroteohniqiue impérial, la séance a été levée pour permet- tre la constitution des bureaux de sections. O n trouvera ci- après, en tête d u compte rendu des travaux de chaque sec- lion, la composition de ces divers bureaux.

Xo-us donnons ci-après un compte rendu sommaire des autres séances qui ont élé tenues au Lycée le matin. O n trouvera clans le numéro d'octobre 1008, de La Houille Blan- che, l'emploi du temps pour les excursions et visites orga- nisées pendant le Congrès.

-Le samedi, 19 septembre, a eu lieu la séance plénièrc d«

clôture, au cours de laquelle ont été ratifiés divers v œ u x votés par les diverses sections. (Ces v œ u x sont imtpnmés en ilalifjnes dans les comptes rendus ci-après).

A u cours de cette séance, M. MÀILLOUX, délégué de l'Asso- ciation des Ingénieurs électriciens de New-York, a proposé et 'fait émettre le v œ u suivant .concernant la pérennité du Congrès :

1° « Que le Congrès ayant pour objet l'élude de la pro- duction et des applications de l'électricité se réunissent pério- diquement dans différents pays.

2° « Que MiM. les délégués des gouvernements étrangers cl dos Sociétés techniques étrangères veuillent bien étudier, chacun en ce qui le concerne, les mesures à prendre pour aboutir à la formation d'un bureau iutornalional permanent, ayant, pour but la préparation et l'organisation de ces Con- grès.

3° « Que les renseignements recueillis soient, centralisés à Paris, au siège de la Commission d'organisation du Con- grès de Marseille, 63, boulevard Haussmann, par les soins d'une Comimission d'organisation ».

C o m m e conséquence directe do celle dernière proposition, on a constitué iuunédiaicmcnl une Corn mission chargée de ccniraliscr les renseignements à l'adresse indiquée par M'. Mailloux.

C O M P T E R E N D U D E S S E A N C E S D U C O N G R È S PIIRMIERE S E C T I O N

RÉGLEMENTATION

Président : M . Maurice Lfivv, m e m b r e de l'Iiisliiui.

Vire-présidents : M M . VOWAROWSKI, M.ONMBI\QOÉ, WKI^S.

Secrétaires : M M . BoucUif/r, O u «SON*, SÉK.

.Séance du mardi 15 septembre 1008. ~- M . 1)I,CRKI;\

diurne lecture de son rapport sur La travenée par les lujnm

électriques, des routes, voies ferrées, l'ujnes léléqraphiqws

et téléphoniques. Après la lecture de ce rapport, M . BACBKLAV insiste sur la fréquence des vols dont sont victimes les ex-

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L A H O U I L L E B L A N C H E

piuihuits des distributions d'énergie électrique et sur la né- cessité d'y porter remède.

M . PHAX voudrait que le cahier des charges de chaque con- cession, qui «>nfère aux agents des Compagnies la facilité de pénétrer chez les abonnés pour procéder à l'entretien, leui donne u n droit de contrôle.

M . le Président signale que le Comité permanent d'élec- Irieiié, composé par moitié d'industriels et de fonctionnaires, parait qualifié pour étudier la question et 'préciser la solu- tion à lui donner après une enquête sur les cas usuels de fraude.

Après quelques observations de détail de M M . VOJNA- HOWSKI, BENOIT, GIUAUD, JÛANNON, MONMERQUÉ et OURSON, M . le Président met aux voix la proposition suivante, dont le lexte est déposé par M . DUCREUX :

La première section du Congrès émet le vœu que le Comité permanent d'électricité recherche une solution pratique pour que. les industriels trouvent dans la législation française un mode légal de constatation du vol de Vénergie électrique.

Cette proposition est adoptée.

Vax ce qui concerne la question du transport à l'étranger de l'énergie électrique produite en France, la première sec- tion estime qu'un projet de loi sur le sujet ayant été déposé par M . le sénateur Ghauteraps, elle n'a pas à en délibérer.

Séance du mercredi 16 septembre. — Cette séance a été consacrée à la lecture du rapport de M . Vt>i SÉNAT sur Les

traversées des routes et voies ferrées par les lignes électri- ques industrielles.

Séance du jeudi 17 septembre. — M . le Président ou- vre la discussion sur la note de M . BOUGAULT sur le nouveau

Projet de loi relatif aux patentes des usines prenant en de- hors d'elles la force motrice nécessaire à leur fonctionne- ment (*).

M . BOUGAULT fait l'analyse de sa note et M . W E I S S en ap- puie les conclusions, tandis que M . PLATON se déclare parti- san du projet de loi du gouvernement.

M . le Président met aux voix la motion suivante, qui est adoptée à l'unanimité moins une voix :

La 1

r0

Section du Congrès, qui a étudié et discuté la pro- position de loi de M. Cazeneuve, député, et de quatre-vingts de ses collègues, et le projet de loi déposé par M. le minis- tre des Finances, relatifs à la patente des usines prenant en dehors d'elles la force motrice ;

Considérant qu'il est de jurisprudence et de pratique cou- rante que les matières qui se détruisent par l'usage ne ren- trent pas en ligne de compte dans l'estimation de la valeur locative des usines, qu'il n'y a donc pas lieu de faire une distinction, à ce point de vue, entre le charbon et le courant électrique qui sont des éléments fongibles ;

Considérant que la force motrice produite par la vapeur n'a jamais été considérée comme un élément imposable indé- pendamment de la machine qui la produit, que cette force motrice prise en elle-même ne doit pas être davantage impo- sée lorsqu'elle est produite par tout autre élément fongible, tel que le courant électrique ;

Considérant qu'il doit en être ainsi, alors même que le cou- rant a été produit à l'extérieur de l'usine, l'industriel qui le reçoit devant avoir un matériel important de réception et de transformation et souvent de secours sur lequel seul doit être assis le droit proportionnel, conformément au dernier para- graphe de l'article 12 de la loi du 15 juillet 1880 sur les patentes ;

Emet le vœu :

1° Que le Parlement adopte la proposition de loi de M. le député Cazeneuve, qui a le grand mérite de ne pas faire de distinction arbitraire, pour l'établissement du droit de pa- tente, entre les éléments qui servent à produire la force mo-

{*) Le texte intégral de cette note a été publié dans la Houille Blanche, de décemibre 1908.

irice, quand ces éléments sont de nature à être consommes ou détruits par l'usage ;

2° Que la Commission parlementaire saisie des projets du, loi déposés, sollicite sur celte question, qui soulève des difa.

cultes techniques d'application, l'avis du ministre des Tra- vaux publies, des Postes et des Télégraphes, auprès duquel est constitué le. Comité permanent d'Electricité.

M. le Président ouvre la discussion sur les conclusions de M . Voisenat, sur les dispositions des traversées des routes, voies ferrées, lignes télégraphiques, téléphoniques et de si gnaux par les lignes électriques industrielles.

Après .quelques observations de M M . Maurice LÉVY, VOÎNA ROWSKI, AUBERT, BIZET et OURSON, M . le Président met aux voix la motion suivante, qui est adoptée :

1° La 1™ Section du Congrès appelle l'attention des indus- triels sur l'intérêt qu'ils peuvent avoir, dans le calcul des installations, aux traversées des voies publiques et des voies ferrées par des canalisations aériennes électriques, à tenir compte des surcharges éventuelles, dues au givre, à la neige collante et au verglas ;

2° La même section est d'avis qu'il y a lieu d'interdire l'emploi de supports en bois non injecté pour la traversée des voies publiques et des voies ferrées par des canalisations électriques aériennes.

M. PAÏEN donne lecture de son rapport sur Les conséquen-

ces de la nouvelle législation sur les autorisations et conces- sions antérieures.

Séance du vendredi .18 septembre. — M . BOUGAULT analyse son rapport sur Les accidents causés aux tiers ou par

les tiers, et les moyens de faire connaître au public et aux

enfants le danger des lignes électriques. Il étudie également les conséquences que peut avoir la rupture des isolateurs, supports, etc., au point de vue de la sécurité de tous.

La 1™ Section adopte les conclusions de ce rapport et dé- cide qu'elles feront l'objet d'un v œ u à émettre conjointement avec les 3° et 8° sections.

D E U X I E M E S E C T I O N

CONSTRUCTION ET PROTECTION DES RÉSEAUX ÉLECTRIQUES Président : ML GROSSELIN.

Vice-Présidents : M M . SEMENZA, LANDRY.

Secrétaire : M. BARRIS.

Séance du mardi 15 septembre. — L'ordre du jour ap- pelle la lecture et la discussion du rapport do M . DE MAR- CHENA, sur Les câbles souterrains.

U n m e m b r e du Congrès fait l'observation suivante : cer- taines expériences prouvent que la réduction de l'épaisseur du diélectrique extérieur (entre conducteurs et plomb) aug- mente d'une façon notable les courants cle Foucault.

Après échange cle vues, et c o m m e conclusion de la discus- sion de ce jour, la section exprime les avis suivants :

1° Les essais d'isolement doivent être réduits à un simple contrôle de la régularité des chiffres d'isolement en cours de fabrication, sans préoccupation de la valeur absolue clo ces chiffres.

2° Pour les essais de rigidité diélectrique, adopter, à l'usine, un chiffre égal au triple de la tension de service ; et, après pose, un chiffre compris entre 2 fois et 2,5 fois la tension de service.

3° Il est important de s'assurer, dans les installations d'es- sais, que la tension réelle me dépasse pas la tension maxima admise, par suite d'effets cle résonnance ou d'autres causes.

4° Sur la question de savoir qu'elle est, dans l'état actuel de l'industrie des câbles, la tension m a x i m a admissible en service normal, la section exprime l'avis que la question est plutôt du domaine expérimental et qu'on doit éviter de tirer, dès maintenant, des conclusions trop absolues de calculs basés sur la rigidité électrique.

Séance du mercredi 16 septembre. — M . DELON appuie les conclusions adoptées la veille, d'après lesquelles il ne pa-

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raît pas possible de fixer par le calcul la lension m a x i m a de régime.

M . SAROLÉA, sur la question des accessoires de pose fournis actuellement par les constructeurs, expirimc le regret que la flxilô des scrrc-ills de jonction ne soit pas mieux assurée ; il en résulte des accidents pouvant laisser croire à des sur- tensions.

M . BHOCA fait une communication sur Les dangers possi- bles des orages de grêle pour les lignes à haute tension avec retour par la terre.

Des explications échangées à la suite de celte commamica- tion, il résulte que le phénomène observé au voisinage d'une ligne triphasée en exploitation — qui a motivé une c o m m u - nication cle MI. Violle à 1 Académie des Sciences (1) et à pro- pos de laquelle M . Broca a fait la présente étude — ne peut se rattacher aux théories développées par M . Broca. Il sem- ble impossible que de tels phénomènes puissent être provo- qués par des lignes triphasées et en général par des lignes n'ayant pas la terre c o m m e conducteur de retour. Il paraît m ê m e impossible de contrôler les théories de M. Broca par l'expérience déjà faite sur la ligne à 20 000 volts de Saint Maurice à Lausanne, avec retour par la terre.

M . GRQSSELIN présente son rapport sur La protection d<s . réseaux contre les surtensions.

Il résulte de la discussion approfondie qui suit la lecture du rapport que l'étude expérimentale de la question est en- core à faire, mais, qu'au point de vue pratique, la protection des appareils et des lignes souterraines paraît suffisamment assurée par l'emploi des divers protecteurs et les coefficients

•'e sécurité adoptés par les isolants.

Séance du jeudi 17 septembre. — 1° L a parole est à M . COURTOIS pour une comammication sur le Réglage des déchargeurs.

M . A N D R É fait une communication sur u n limiteur cle courant pour installations à forfait,

3° M . NÈGRE /ait une communication sur l'Influence des effluves sur les isolateurs.

4° M . MONTPELLIER développe ensuite diverses considéra- lions sur L'électrolyse provoquée par les réseaux de distribu- tion ; il propose à la section d'émettre le v œ u suivant, qui est adopté à l'unanimité :

« Considérant que les phénomènes d'électrolyse constatés dans le voisinage des réseaux de distribution d'énergie élec- trique et des voies de tramways, sont des plus complexes ;

« Que, d'autre part, les solutions indiquées pour éviter ces effets d'électrolyse sont très différentes les unes des autres, ce qui se conçoit facilement, les conditions d'établissement des lignes souterraines et la nature des terrains traversés n'étant pas les mêmes ;

« Le Congrès émet Je vœu que le Comité d'Electricité adresse à toutes les stations génératrices un questionnaire relatif :

« 1° Au mode d'établissement de leurs canalisations ;

« 2° Aux dispositifs qu'elles emploient pour éviter les plié nomènes d'électrolyse ;

« 3°^ Aux phénomènes d'électrolyse qu'elles ont constatés » 5° iLa parole est h M'. DUSAUGEY pour la lecture cle son rapport sur Les conducteurs aériens.

Après discussion, la Section adopte les conclusions sui- vantes :

L'aluminium paraît présenter plus d'avantages que d'in convénients, en comparaison avec, le cuivre, c o m m e con- ducteur dans les lignes aériennes ; il semble qu'il y aurait intérêt à développer son emploi.

Toutefois, cle nouvelles expériences concernant, sa résis tance mécanique, notamment à la torsion et au pliage, le mode do. fixation aux isolateurs et de jonction pour les bran

•chemenfs, sont encore nécessaires pour confirmer les pre miers résultas acquis, lesquels sont favorables.

{*) V o i r la Houille Blanche d e n o v e m b r e 1 9 0 8 .

La Section émet le v œ u qu'on élabore un projet de cahier des charges déterminant les conditions d'emploi de l'alumi- nium.

15° M. L E R O Y donne lecture de son rapport sur Les divers types de supports pour l installation des lignes aériennes.

Séance du vendredi 18 septembre. — 1° Après la lec- ture du procès-verbal, un m e m b r e de la section demande quil soit tait mention à ce procès-verbal, par voie de rectifi- cation, d'une remarque faite hier par un m e m b r e du Con- grès, au sujet du rapport de M . DUSAUGEY. La section adopte la rectification suivante :

L'emploi de l'aluminium sur les lignes semble moins avan- tageux que celui du cuivre, au point de vue financier, car le métal semble perdre toute valeur marchande en cas de démolition de la ligne.

2° M . GOURJON fait une communication sur Les applications du ciment armé.

3° Le président donne lecture d'une note de M . Buissin sur un Poteau unixle.

M. SEMENZA présente son rapport sur Les isolateurs.

De la discussion il paraît résulter que :

a). Les isolateurs en verre ont réccniiment subi dans la fabrication des modifications dont l'expérience a montré la nécessité ; il y a heu d'attendre, pour se prononcer sur la valeur des nouveaux types, les résultats d'exploitation un peu prolongée.

b). Conformément aux conclusions cle M . Semon/a, il pa- raît reoommandable d'employer des isolateurs lisses clans les installations intérieures et d'adopter, pour les isolateurs exté- rieurs, des profils donnant une répartition à peu près égale des masses de porcelaine sur le trajet extérieur du fit a la ferrure.

Sur ce point, M . LE B O Y fait l'intéressante observation sui- vante, appuyée par M'. SEMENZA : Les principaux inconvé- nients des exploitations aériennes proviennent de la super- position au courant d'exploitation de courants à liante fré- quence. M . L E R O Y indique qu'il croit que l'étincelle prove- nant de la haute fréquence amorce l'arc énergétique. FJn con- séquence, il semble intéressant de soumellre les isolateurs intérieurs ou extérieurs à des essais à haute fréquence ; ces essais conduiront peut-être à des modifications des formes actuelles.

5° L'ordre du jour appelle la discussion des rapports cl communications cle M M . L E ROY, GOURJON et BUISSET,

Les conclusions des rapporteurs sont adoptées.

8° M. BLONOIN présente une communication de M. BLONHEL sur un Procédé pratique pour le calcul des lignes de trans- port d'énergie à courants alternatifs.

M . BARRIS communique clos abaques pour Te calcul élec- trique des conducteurs aériens.

T R O I S I E M E S E C T I O N

EXPLOITATION TECHNIQUE ET COMMERCIALE Président : M . BOISSONNAS.

Vice-Présidents : M M . MAILLOLX et BRUNSWICK.

Secrétaire : M. LÉPINE.

Séance du mardi 15 septembre, — Il est donné lecture du rapport de M . GEORGE sur La Tarification de l'énergie électrique.

Oofle lecture amène une discussion animée h laquelle prennent part M M . LOUCIIEUR, MA.IIJ.OUX, BLOCII, VAI DUKV et VEDOVELLI, discussion au cours de laquelle il est traité des rapports do l'actionnaire et de l'exploitant.

Séance du mercredi 16 septembre. — ].a séance est ouverte à 9 heures, sous la présidence de M . BOISSONNAS.

M . X..„ professeur à Birmingham, présente une c o m m u - nication complémentaire aux observations do M . Mailloux sur une formule donnant te mérite, financier d'une entre- prise industrielle électrique.

M. BOISSONNAS présente ensuite son rnjiporl sur la Cmi-

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2 0 L A H O U I L L E B L A N C H E N«l

pamison des différents modes de transport d'énergie élec- trique.

M . lJunm donne lecture de son rapport et émet le v œ u qu'il faut instruire les populations sur le respect quelles doivent avoir pour les lignes de transport d'énergie.

La parole est ensuite donnée à M . DOLCERAIN pour l'expo- sition de son rapport sur Les diverses assurances applica- bles aux réseaux électriques.

M . MAILLOUX rappelle qu'en Amérique la prime d'assu- rance payée dépend du genre de 1 installation, soit sous moulures, soit sous tubes métalliques. M . ARCIIIMBAUD DE VKNÇAY en conclut la nécessité de faire l'éducation des Com- pagnies d'assurances françaises.

M . MAILLOUX révèle l'existence en Amérique d'un comité permanent (National Board of Fixe Linclerwriters) ayant un sous-oomifé qui s'occupe des réglementations. Pour qu'une installation soit assurée en Amérique, il faut qu'elle ait un cerliQoat signé des représentations de cette association ; la prime est fixée d'après la qualité de l'installation relevée.

M . PEREGO expose que, en Italie, il y a une surprime de 10 pour 100, sauf si, chaque année, l'isolement est trouvé supérieur à une certaine valeur. Le m ê m e système est appli- qué en Allemagne.

Séance du jeudi 17 septembre. — A la suite d'une observation présentée par M . GRUNRERG sur le rapport de M . Doucerain, une sous-commission est n o m m é e pour étu- dier la rédaction d'un v œ u tendant à obtenir dies Compagnies d'assurances une tarification variable conformément à ce qui existe déjà clans certains pays (Angleterre, Allemagne, A m é - rique...). Cette sous-commission est composée de M M . GRUN- RERG, TIIUL, HEILMANN, L A CASTA, GAYRRA, MARIO SICA, KAM- MERER et BOCK. Réunie après la séance, elle a adopté le v œ u suivant :

« La troisième section du Congrès émet le vœu que les Compagnie d'assurances adoptent, universellement, une ta-

rification de primes variable suivant la nature et les qualités des installations électriques,ainsi qu'il est déjà pratiqué dans certains pays ».

M . D u MONT présente alors une communication faisant suite au rapport de M . BOISSONNAS au sujet des Résultats obtenus dans le transport d'énergie continu-série Moutiers-Lyon ou se trouvent 9 kilomètres de câbles souterrains.

M .BATTELLT présente une communication sur un nouveau type d'accumulateur à plaques perforées.

La lecture du rapport de M . G. R o u x sur l'Exécution des installations électriques à l'intérieur des bâtiments donne lieu à un échange de vues dont, la conclusion est :

« Etant donné qu'il existe une commission électroteehni- que internationale ayant son siège à Londres, et ayant pour but d'unifier les questions réglementaires pouvant s'appli- quer à tous les pays, la section est d'avis que le v œ u de M . Iloux soit transmis à cette commission.

« Le Congrès international des Applications de l'électri- cité réuni à Marseille, reconnaissant l'intérêt de l'établisse- ment d'un règlement général concernant, les installations à 1 intérieur des immeubles, donne mission à son Bureau de faire agréer par la Commission parisienne actuellement char- gée de l'élaboration de ce règlement, une délégation qui aura qualité de représenter le Congrès, et qui devra pour- suivre la révision et la généralisation de ce règlement jus- qu'à la réunion d'un prochain Congrès ; elle se réunira à cet effet aussi souvent qu'elle le jugera utile ».

M'.. PicmsGO fait un rapport sur un Moyen d'adaptation des fils haute tension d'une ligne à l'usage du téléphone. Ce sys- tème peut présenter un intérêt, en raison du mauvais vou- loir des propriétaires des terrains traversés.

M . BARASSI donne connaissance du programme de con- cours international proposé par l'Association des industriels iinliens.

M . VAUDREY donne lecture d'une communication traitant .les avantages que peuvent tirer les ni.unicipalit.es des nom-

breuses applications de l'électricité en dehors de l'éclairage et de l'énergie.

Séance du vendredi 18 septembre. — A la suite du rapport de Ml. BOISSONAS, M.. VÉDOVELLI donne oonmussanet!

des chiffres résultant de l'enquête à laquelle il s'est livret au- près des fabricants de câbles, pour savoir si un m ô m e oalde résiste mieux au courant continu qu'au courant alternatif. De l'écart des chiffres connus il résulte que cette question n'es) pas encore résolue d'une façon certaine.

La parole est ensuite donnée à M . BARBILLION pour présen- ter son étude sur Le retour par la terre des courants indus- triels et le résumé du rapport de M . BRYLINSKI.

Sur une remarque de M . MAILLOUX, M . BARBILLION com- plète sa communication en faisant remarquer que la tension de la ligne n'intervient pas, ces phénomènes étant surtoul fonction de l'intensité. A ce propos, M . VÉDOVELLI donne connaissance d'un moyen de contrôle de la valeur d'une prise de terre.

M . Nissou présente ensuite son rapport sur L'emploi des accumulateurs dans les distributions d'énergie électrique.

M . GAILLARD signale à ce propos l'application des batteries chez certains consommateurs, s'alimentant à des usines vendant l'énergie à des prix différents suivant l'heure de la journée. Il y a là u n avantage économique et aussi une sécurité que ne donne pas toujours le courant alternatif.

M . MAILLOUX indique l'emploi en Amérique de batteries d'accumulateurs pour maintenir très constante l'excitation des alternateurs. Il montre, en outre, une nouvelle applica- tion permettant de supprimer les survolteurs soit pour les redresseurs, soit pour les oommutatrices.

La troisième Section confirme ensuite le v œ u émis la veille, par la sous-commission, concernant les Compagnies d'assurances contre l'Incendie.

Quant aux conclusions du rapport de M . Roux, M . MAIL- LOUX donne lecture d'une eomimumca lion de M . L E MAISTRE, secrétaire actif de la commission internationale électro- technique, disant que cette commission compte s'occuper de questions analogues et qu'il se fera un devoir de présen- ter celles-ci à la prochaine réunion de la commission qui aura lieu à Londres au mois d'octobre prochain. Cette com- mission s'est déjà occupée de la question, ainsi qu'il indi- que par une citation qui sera insérée au rapport définitif.

M . ARQUBMBOURG, après diverses observations de la part des assistants, présente un nouveau texte, lequel rallie tous tes suffrages :

« Etant donné qu'il existe une commission électro-tech- nique internationale, ayant son siège à Londres, ayant pour but d'unifier les questions réglementaires pouvant s'appli- quer à tous les pays, la troisième section reconnaissant l'in- térêt de l'unification proposée par M . G. R o u x à la suite de son rapport et étant donné le caractère international du Congrès, estime que cette unification pourra être réalisée dans les meilleures conditions par la dite commission ».

M . KAMMERER présente alors son rapport sur Les servied de contrôle des installations électriques industrielles.

A la suite d'une discussion entre M M . KAMMERER, GAIL- LARD et VALDREY, au sujet des accidents et des disposition?

à prendre, M . GAILLARD propose que la 3e section appuie, le v œ u de la 8e, demandant qu'il soit donné dans les écoles d'éleefrieité un enseignement, théorique et pratique concer- nant les mesures à prendre en cas de personnes foudroyées.

Ce v œ u rallie tous les suffrages.

Q U A T R I E M E S E C T I O N

ECLAIRAGE ET APPLICATIONS DOMESTIQUES Président : M . FABRV,

Vice-Président : M. LAPORTE.

Secrétaire : M . GOISOT.

Séance du mardi 15 septembre. — M . LAPORTE résume complexes, ne semblent pas encore au point. ; celles des pes électriques. Les spécifications des lampes h arc, assez

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complexes, ne s e m b l e n t pas encore au point ; celles des lampes à incandescence existent dans différents pays, mais sont très diverses ; elles paraissent cependant suffire, dans tous les cas, aux conditions actuelles de l'industrie des lam- pes à filaments cle carbone. Les lampes à filaments métalli- ques sont de trop récent emploi pour cire bien définies.

Sur une demande do M . WEISSMAIW, M . LAPORTE indique que les valeurs dos différents étalons fixées dans la réunion de Zurich vont être publiées par les soins de la Société tech- nique du gaz on France.

M . WEISSMANN signale des anomalies très curieuses quil a observées avec certains opérateurs. L'un d'eux présente une différence systématique cle 5 pour 100 on plus dans la com- paraison des lampes à incandescence, une autre une diffé- rence de 9 à 10 pour 100 en moins.

M . LAPORTE répond que lors d'essais effectués au Labora- toire central d'Electricité, en collaboration avec M . Broca, il a constaté, en opérant avec des photomètres très diffé- rents, des écarts systématiques -entre les opérateurs pour des sources de colorations différentes ; mais qu'avec des teintes voisines, aucune différence véritable n'a jamais été mise en évidence.

M . FABRY ne s'explique pas les écarts signalés par M . Weissmann, qu'aucune raison physiologique ne permet de justifier. 11 l'ait observer qu'il serait très désirable qu'il y ait accord sur la valeur de l'étalon lumineux, le mot bougie ayant différentes acceptions suivant les pays.

M . LAPORTE constate quil.n'y a, au point de vue indus- triel, q u e deux valeurs différentes : la bougie Hei'ner, d'une part et, d'autre part, la bougie anglo-américaine ou déci- male.

M . FARRY craint que la mesure du flux lumineux n'éprouve une difficulté à se répandre dans la pratique, où l'on connaît peu le lumen. L'intensité moyenne sphérique obtenue en divisant p a r 4~ te flux lumineux et exprimée e n bougies, semble plus facile à généraliser c o m m e emploi.

M . LAPORTE propose l'emploi du lumen pour définir photo- uiélnqueinenf l'arc en lui-même (charbon et régime élec- trique), l'intensité moyenne hémisphérique exprimée en bougies devant servir pour caractériser phofomélriquoment la lampe a arc dans les conditions de son emploi industriel (avec réflecteur et globe).

M . GAMICHEL, professeur à la Faculté des sciences de Tou- louse, résume les recherches qu'il a effectuées sur un nou- vel étalon photométrique, utilisant le mélhyl-oyclohexane, corps qu'on peut préparer très pur eu grande quantité par la méthode d'hydrogénation de M . Paul Sabatier, et qui brûle avec u n e flairante blanche. Cet étalon, d'emploi très commode, rendrait.de grands services dans les détermina- tions photométriques.

Sur une observation de M . FARRY, relative aux mesures industrielles, M . LAPORTE exprime sa conviction que, de plus en plus, les recherches sur les lampes étalons se con- centreront dans les laboratoires spéciaux et que les mesu- res industrielles seront faites au moyen de lampes étalon- nées dans ces laboratoires.

M . FABRY constate, en eli'ef, que la définition de la bougie décimale est, en q u e l q u e sorte, une définition d'apparat et (pie l'on pourrait très bien établir et conserver des étalons lumineux, c o m m e il a clé fait pour le mètre. Il fait ressortir, d'autre part, la nécessité d'une élude nouvelle sur l'étalon lumineux absolu. Les expériences de M . Viollc fiaient, on effet, de 1884 et n'ont pas été reprises depuis cette époque.

LAPORTE rappelle que la C o m m i s s i o n internationale de Photométrie a émis le v œ u cle voir reprendre clans les différents pays des expériences sur la constance cle la tem- pérature cle solidification du platine, et que, très certaine- ment, ces expériences sont actuellement en cours o u en pré- paration.

La 4° section n'a pas eu de séance le mercredi 16 sep- tembre.

.Séance du jeudi 17 septembre. — M , GOISOT résume son rapport sur Le chauffage électrique.

M . HERGOTT donne quelques renseignements complémen- taires sur la fabrication des tissus souples chauffés électri- quement. 11 distingue les tissus formés par la fixation d'un conducteur sur une étoffe et les tissus formés par une chaîne isolante et une trame conductrice. Ces derniers sont sépa- rés en tissus peu souples à chaîne d'amiante, réservés à l'obtention des hautes températures, et en tissus très sou- ples caractérisés par des fils élecirolhermiques d e m ê m e s textiles que le tissu, formés par une spirale conductrice inoxydable guipée sur textile. Ces tissus, dits tlicrmophiles, peuvent être fabriqués en pièces, et débités ensuite, ne se distinguant pour ainsi dire pas des étoiles similaires non chauffantes. Les lisières renieraient chacune un pôle col- lecteur d u courant.

M . GOISOT craint que 1 humidité du tissu, q u e le chauffage l'ait d'ailleurs disparaître, ne provoque par éleclrolyse u n e oxydation des fils qui pourrait à la longue produire une rupture du circuit.

M . DOLTER conseille l'emploi de (ils isolés par un vernis souple obtenu avec des brais cle sléarmeric.

M . FABRY craint que l'appréciation do M . Goisot sur tes fours de laboratoire à haute température ne. soit trop pes- simiste. Il a obtenu cle très bons résultais, et pense q u e les fours de ce genre peuvent rendre de grands services dans les mains d'un opérateur capable de régler et de réparer l'appareil, ce qui est le cas dans un laboratoire de recher- ches, où il n'est, d'ailleurs, pas indispensable que les appa- reils aient une durée considérable.

M'. FARRY rappelle que diverses Sociétés de la région de Marseille se sont préoccupées des l'ours de boulangerie.

M'. DOLTER signale q u e des essais ont été faits à Lyon pen- dant près de trois ans ; il insiste sur l'avantage que les transformateurs à basse tension auraient d'après lui. Il dé- crit un four à creuset chauffél par induction, en indiquant c o m m e m o d e de réglage le déplacement d'un contact sur les spires -primaires.

M . FABRY pense qu'il serait, préférable, a u point de vue du r e n d e m e n t , de séparer le primaire en plusieurs circuits indé- pendants, dont le groupement permettrait le réglage.

Séance du vendredi 18 septembre. —• M . LAPORTE ré- sume le rapport de M> BLONDEL sur Les progrès des lampes à arc électrique.

M'. GOTTÉ fait observer que si les arcs flamimes présentent d'un côté une augmentation lumineuse sur l'arc ordinaire, îL ont, par contre, des inconvénients au sujet : 1" De la non-fixité de la lumière ; 2" D u réallumage qui ne se l'ait pas toujours.

S'étondant sur ce poinl, M . Oorrf fait, r e m a r q u e r q u e des arcs en série peuvent m ê m e s'éteindre en pleine marche, du fait de l'accumulation de sels non conducteurs, et non vola tihsés par l'arc ; ces sels en se refroidissant forment un iso- lant parfait entre les pointes des deux charbons et le réallu- mago devient impossible. Le m ê m e inconvénient se présente chez l'abonné qui n'utilise pas en une seule fois les dix heures d'éclairage permis par la longueur des charbons : à l'extinction il se forme encore la perle non conductrice et le réallumago devient impossible. C'est un inconvénient grave, qui e m p ê c h e le développement, de ce système d'éclai- rage ; toutefois, il est certain qu'il n'y a là qu'une mise au point non insurmontable, mais que les exploitants désire- raient voir résoudre le plus rapidement possible.

M . Tiio-rvEXOT indique que la formation de ces scories dépend du degré de minéralisation. Avec les charbons cou- rants cle 15 à 20 pour 100, le réallumago peut être empêché par la présence cle ces scories. On a évité la production de ces scories dans la lampe Excelle, grAce à une minéralisafion faillie et à l'emploi de c h a r b o n s cle faible diamètre. L e dé- gagement de fumée est moindre, ainsi que la production d'acide fluorhydrique qui dépolit ordinairennwil les globes.

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22

L A H O U I L L E B L A N C H E

Al. FABHY fini observer qu'en diminuant ainsi la minéra- lisation, on diminue aussi le rendement. Les conditions de bon fonctionnement et de bon rendement sont en oppo- sition.

Sur une observation de M . COTTÉ, M!. TIÏOLVENOT indique que les fils de cuivre (pie l'on peut loger dans les charbons ne jouent aucun rôle dans la minéralisation. Ils servent sim- plement à diminuer la résistance. M . HINSTIN dit que la Société Auer a renoncé à l'emploi de ces fils métalliques améliorant la conductibilité du charbon employé, mais AI. COTTÉ fait remarquer que les fils métalliques évitent le collage des charbons.

M . FABHY insiste sur ce que sont les petits défauts de détail qui nuisent à l'are électrique, et font parfois renoncer à son utilisation.

M . COTTÉ signale à ce propos l'emploi d'une double paire de charbons pour empêcher l'arrêt de l'éclairage en cours d'un service prolongé (chemin de fer, port, etc.). M . HINSTIN

<iil que l'adaptation de cette seconde paire de charbon peut être faite sur les lampes existantes.

M . TuotiVFiNOT regrette que les conditions de comparaison des intensités lumineuses des arcs ne. soient pas rigoureuse- ment définies. Il est à souhaiter de se mettre d'accord à ce point de vue c o m m e il est, d'ailleurs, déjà fait en Allemagne.

M . FABHY dit qu'il serait rationnel de faire les mesures non sur les charbons seuls, mais sur la lampe complète dans les conditions de service.

L'arc au titane serait sans doute très intéressant, et son étude est à suivre en raison de l'intensité lumineuse si con- sidérable qu'il donne.

M . FABHY trouve que M . Blondel n'a pas insisté assez sur la différence de composition de la lumière de l'arc au mer- cure et de celle de la vapeur de mercure. A u spectre discon- tinu de la lampe à vapeur de mercure vient s'ajouter, en rai- son de la haute température, un spectre continu qui amé- liore notablement l'aspect de la lumière.

M . LAPORTE résume le rapport de M . BLONDEL sur Les pro-

grès de l'incandescence électrique.

AI. BIZET signale que les stations centrales ont déjà pu se rendre compte de l'influence des nouvelles lampes sur la consommation des clients et il constate cfiie les recettes n'ont lias diminué.

AL FABRY croit, contrairement à M.* Blondel, que l'on pro- posera des nouvelles lampes pour augmenter la puissance lu- mineuse et non pour réduire la dépense. Le bec Auer nous a habitué à de plus grandes intensités lumineuses, l'échelle dos éclaircments est en somnie changée.

M . WEISSMANN estime que l'avenir est à la multiplication des foyers par l'emploi de lampes de laiblc intensité, ce qui a l'avantage de disséminer la lumière et d'éviter l'éSlouisse- mienl. si fatigant pour l'œil et qui est occasionné par les foyers intenses.

AL. LAPORTE dit que cet éblouisscment dépend de l'éclat de la source ; il vaudrait donc mieux, au lieu de réduire la puissance unitaire des foyers, disposer ceux-ci de telle sorte qu'ils ne puissent frapper directement l'œil.

\f. WEISSMANN signale l'économie qui résulte de l'emploi des lampes à liasse tension, dont le filament est plus gros, plus solide, et p'oul être poussé davantage sans inconvé- nient. Il conteste la valeur de 10 à 15 pour 100 d'augmen- tation d'énergie indiquée par AI. Blondel c o m m e résultant do l'emploi d'os écononuseurs. Ceux-ci sont, en effet, consti- tués par des transformateurs travaillant à pleine charge.

Al'. FABRY n'est pas de l'avis de Al'. Blondel sur la cause des différences physiologiques que présentent les nouvelles lampes à incandescence ; l'ultra-violet n'existe pas dans les lampes à incandescence.

Ai HINSTIN fait une conumunicalion sur Les lampes à arc relativement à la lampe à arc en vase clos. Il signale, en particulier, l'intérêt des nouvelles lampes à fermeture com-

plètement hermétique, haut rendement lumineux, durée pro longée des charbons.

AI. VAUTIKR l'ait une communication sur Les travaux de h

Commission internationale de Pholomélrie, où l'on a pu

fixer, avec une précision très satisfaisante, les rapports en- tre les divers' étalons. 11 rappelle la part très active que AI. Laporte a prise à ces mesures si délicates.

(A suivre.)

IiE JWOIS HVD^O-ÉIiECTHlQUE

A C A D É M I E D E S S C I E N C E S

CHIMIE E T É L E C T R O C H I M I E

Nouvelle méthode d'attaque des ferro-alliages, et en particu- lier des ferro-siliciums.— N o t e d e M . P a u l NICOLARDOT. — S é a n c e d u 19 o c t o b r e i q o 8 .

L a n é c e s s i t é o ù l'on s e t r o u v e , p o u r a t t a q u e r les ferro-siliciums, d e les p o r p h y r i s e r et d e les m a i n t e n i r l o n g t e m p s a u c o n t a c t d'un m é l a n g e d e sels a l c a l i n s e n f u s i o n , r e n d l e u r a n a l y s e fort e n n u y e u s e , Il n'est p a s r a r e n o n p l u s d e v o i r les c r e u s e t s d e p l a t i n e s e d é s a - g r é g e r p r o m p t e m e n t , t a n t s o u s l'action d e s sels a l c a l i n s q u e d u sili- c i u m . E n f i n , il serait a v a n t a g e u x d e p o u v o i r e f f e c t u e r les a n a l y s e s d e m a n i è r e s différentes.

A p r è s a v o i r v a i n e m e n t e s s a y é d e t o u s les a g e n t s d ' a t t a q u e , j'ai dû r e n o n c e r à l'action d u c h l o r e s u r l'alliage p o r t é a u r o u g e , p a r c e qu'il est i m p o s s i b l e , d a n s le c a s d u f e r r o - s i l i c ï u m , d ' a t t a q u e r t o u t le c h l o r u r e d e s i l i c i u m . M a i s à l'aide d ' u n réactif fort e m p l o y é d a n s l'industrie d u c a o u t c h o u c , le c h l o r u r e d e s o u f r e i n d u s t r i e l , j'ai pu a t t a q u e r très f a c i l e m e n t les ferro-alliages les p l u s r é f r a c t a i r e s à l'ac- t i o n d e s réactifs.

S i , _ e n effet, o n c h a u f f e d u f e r r o - s i l i c i u m p u l v é r i s é , m ê m e très g r o s s i è r e m e n t , a v e c d u c h l o r u r e d e s o u f r e , o n v o i t d e s bulles g a z e u s e s s e d é g a g e r v e r s 7 00 e n très g r a n d e a b o n d a n c e . L ' a t t a q u e s'accélère b i e n t ô t , et e n 3 m i n u t e s elle est t o t a l e ; à i o o ° elle est vio- l e n t e , m a i s d e s f u m é e s b l a n c h e s s e d é g a g e n t e n a b o n d a n c e , indi- q u a n t le d é p a r t d u s i l i c i u m à l'état d e c h l o r u r e . A v e c les ferro- c h r o m e s , l'attaque est b e a u c o u p p l u s difficile; elle n e s e p r o d u i t q u ' a u d e s s u s d e 1 2 00. P o u r les ferro-titanes, elle c o m m e n c e à 7 00.

A u p o i n t d e v u e a n a l y t i q u e , il suffit, p o u r recueillir t o u s les c h l o - r u r e s p e u volatils, d e m u n i r l'appareil ( u n g r o s t u b e à e s s a i ) d'un b o u c h o n t r a v e r s é p a r u n r é f r i g é r a n t à r e f l u x ; m a i s il n ' e n e s t plus d e m ê m e a v e c les ferro-titanes, n i s u r t o u t a v e c les f e r r o - s i l i c i u m s . L a v a l e u r d e c e s alliages é t a n t établie d ' a p r è s l e u r t e n e u r e n silicium o u e n t i t a n e ; il est n é c e s s a i r e d e p e s e r la silice o u l'acide t i t a n i q u e , M e s essais a n t é r i e u r s s u r l'attaque d e s a l l i a g e s a u r o u g e p a r le chlore m ' o n t p r o u v é qu'il n e fallait p a s s o n g e r à a b s o r b e r le c h l o r u r e de s i l i c i u m . Il a u r a i t é t é n é c e s s a i r e , e n effet, d ' e m p l o y e r b e a u c o u p d e c h l o r u r e d e s o u f r e , d o n t l ' o d e u r e s t fort d é s a g r é a b l e . A l'aide d u m o d e o p é r a t o i r e s u i v a n t , il est p o s s i b l e d ' a t t a q u e r les f e r r o - s i l i c i u m s , m ê m e à très forte t e n e u r , a v e c u n p o i d s d e c h l o r u r e d e s o u f r e à p e i n e s u p é r i e u r à trois fois l e u r p o i d s , d a n s u n a p p a r e i l e n v e r r e de 2 5 o c m1, e n t i è r e m e n t c l o s .

Mode opératoire. — D a n s u n b a l l o n à f o n d r o n d , d e a5o c m3, bien s e c , o n i n t r o d u i t o,5_gr. d e f e r r o - s i l i c i u m g r o s s i è r e m e n t p u l v é r i s é . L e b a l l o n est f e r m é p a r u n b o u c h o n e n c a o u t c h o u c ( p a r a f f i n é o u n o n ) , t r a v e r s é p a r u n t u b e e n v e r r e m u n i d ' u n r o b i n e t . L a partie i n f é r i e u r e d u t u b e d é p a s s e d e q u e l q u e s m i l l i m è t r e s le b o u c h o n , et est t e r m i n é e e n siflet p o u r a s s u r e r l ' é c o u l e m e n t c o m p l e t d u c h l o r u r e d e s o u f r e , a u - d e s s u s d u r o b i n e t , le t u b e est f o r m é d e d e u x c y l i n d r e s d e d i a m è t r e d i f f é r e n t ; ln p a r t i e la p l u s étroite, d ' u n e c o n t e n a n c e d e 4 c m3, est g r a d u é e p a r d e m i - c e n t i m è t r e s c u b e s ; la p a r t i e la plus l a r g e a u n d i a m è t r e et u n e h a u t e u r s u f f i s a n t e p o u r i n t r o d u i r e facile- m e n t u n b o u c h o n .

Q u a n t l'appareil est ainsi m o n t é , o n y fait le v i d e j u s q u ' à 2 0 c m d e m e r c u r e , et l'on f e r m e le r o b i n e t . O n v e r s e 2 c m3 d e c h l o r u r e d e s o u f r e , q u ' o n i n t r o d u i t a v e c p r é c a u t i o n s a n s laisser r e n t r e r d'air.

L e x c è s d e c h l o r u r e d e s o u f r e est e n l e v é . O n c h a u f f e , et, d è s q u e l'attaque c o m m e n c e , o n c e s s e d e c h a u f f e r . A p r è s r e f r o i d i s s e m e n t , le c h l o r u r e d e s o u f r e q u i n'a p a s r é a g i s a c o n d e n s e et, e n p l o n g e a n t la p a r t i e i n f é r i e u r e d u b a l l o n d a n s l'eau f r o i d e ;-o n r e n d le c o n t a c t plus i n t i m e . E n c h a u f f a n t u n e s e c o n d e fois, l ' a t t a q u e est t e r m i n é e .

D e s q u e l'appareil est refroidi, o n i n t r o d u i t q u e l q u e s g o u t t e s d'eau a m m o n i a c a l e , d ' a b o r d a v e c p r é c a u t i o n , c a r la r é a c t i o n est v i v e lors- q u il reste d u c h l o r u r e d e s o u f r e , p u i s e n a s s e z g r a n d e q u a n t i t é . O n c o n t i n u e e n s u i t e à r e m p l i r le b a l l o n a v e c d e l'eau p u r e , a u fur et à m e s u r e qu'il s e refroidit.

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