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Sommaire

Revue de presse 6

30 jours 7

Débat/courriers 8

Actualités 10

• Forum Social Européen.

• Grand débat sur l’école : y être ou s’abstenir.

• Graves menaces sur la fonction publique.

• Après le conseil fédéral de la FSU.

• Bivalence : le retour.

Eco/social 16

• La Sécurité sociale allemande au pilon.

• L’affaire de la Pentecôte : une vraie mauvaise idée.

Vote FSU 17

Débat/opinion 18

• Les évolutions du syndicalisme.

• Jean-Marie Pernot.

• Bertrand Geay.

Dossier 21

• Le prix de l’éducation : l’avenir est-il trop cher?.

Fenêtre sur 28

• France 5.

Métier 30

• Les livres.

21

Réformer, moderniser !

Ces mots fleurissent sur les lèvres des différents ministres, de l’Éducation nationale à la Fonction publique, sans que jamais les objectifs en soient posés. A la louange de la réforme s’ajoutent tous les poncifs sur le

«carcan » des statuts, l’assouplissement nécessaire, la rationalisation.

Récemment encore Jean-Paul Delevoye, clôturant un colloque consacré aux perspectives de la fonction publique théorisait la nécessité d’évolution et avançait l’idée de renforcer la gestion individuelle des carrières, d’instaurer une rémunération en partie fondée sur le mérite pour les fonctionnaires, en fonction de logiques contractuelles.

Les suggestions ne sont pas neuves et ont traversé les débats autour de la

modernisation de l’Etat, depuis 1989 ; de plus en plus, à tous les niveaux, la

contractualisation est devenue un mode de gestion courant.

Pourquoi, en l’absence de tout bilan et de toute concertation, l’insistance actuelle sur ces orientations ? Comme le disait ingénieusement l’un des intervenants au colloque précité, il s’agit de redéployer l’État sur l’essentiel… la question cruciale étant celle du périmètre !

L’exemple de nos voisins britanniques devrait nous éclairer ; sous prétexte de moderniser les services publics, a été mis en place un programme de réformes aboutissant à une véritable saignée : des services publics fragmentés, un mouvement continu d’externalisation, la mise à mal des collectifs de travail et des solidarités.

Le sens de la réforme de l’Etat prônée par le gouvernement consiste en fait à accentuer le désengagement de celui-ci et à diminuer les effectifs des personnels. Luc Ferry, prompt à donner des gages à sa majorité, a déjà conçu toute une batterie de mesures d’économies, de l’externalisation de diverses fonctions à l’accroissement de l’autonomie des académies et des établissements, en échange – faut-il le préciser ? – d’un engagement à réduire les dépenses. Toutes ces options se retrouvent dans les documents préparatoires au «grand débat sur l’école », mais jamais n’y sont évoqués les risques induits par l’introduction des logiques de concurrence dans l’Education nationale, les questions de réduction des inégalités, le rôle social de l’école.

Se dessine, à l’inverse, des profils d’élèves distincts : d’un côté celui des élèves des classes sociales les plus défavorisées poussés à terminer leur scolarité le plus vite possible, de l’autre celui destiné à fournir des élites ; pour les former, des enseignants moins nombreux, assujettis à des problématiques locales et qui ne seront plus en mesure de poursuivre des objectifs communs à tous les élèves. Le gouvernement parle d’un « grand débat sur l’école » ouvert. Mais à l’évidence ses choix politiques imprègnent fortement le questionnement proposé. C’est sur d’autres

fondements, avec d’autres finalités que nous entendons la réformer et la faire progresser ; mettons-les en débat partout où cela sera possible.

Frédérique Rolet,

cosecrétaire générale

L’Université Syndicaliste, hebdomadaire du Syndicat national des enseignements de second degré (SNES, 1, rue de Courty, 75341 Paris Cedex07. Tél standard : 01 40 63 29 00). Directeur de la publication :Gérard Anthéaume, Tél. 01 42 80 91 04. Rédacteurs en chef :Serge Chatelain et Alexis Chabot.Rédactrice en chef adjointe : Andrée Béhotéguy. Secrétaire de direction :Thérèse Bara. Collaborateurs permanents :Nicolas Beniès, Fabrice Giovanazzi, Claudie Martens. Responsable publicité :Clotilde Poitevin, tél. : 01 42 80 96 05.

Photocomposition et photogravure :C.A.G.Imprimerie : RPN, Livry-Gargan (93). C. P.N° 0108 S 06386. I.S.S.N. N° 0751-5839. Dépôt légal à parution. Conception : Voltaire & Associés, 15, rue de la Banque, 75002 Paris. Prix du numéro : 1,30€.

Abonnement : 1) Personnels de l’Education nationale : France 26 €; étranger et DOM-TOM : 40€.

2) Autres, France : 37€; étranger : 51€. Publicité : APPLE (2-3), GMF (4), L’ÉTUDIANT (20), CRÉDIT MUTUEL (48). Encart volant : France abonnement, Les Restos du Cœur. Photo de Une :DR. Pour s’informer et donner son avis: Mél: [email protected], Internet: http://www.snes.edu 11

Entretien avec Christian Baudelot

44

28

Fenêtre sur : France 5

Dossier Le prix de l’éducation : l’avenir est-il trop cher ?

?

Avez-vous pensé à régler votr e

COTISATION SYNDICALE ?

2003/2004

• Circulaire enseignements artistiques.

• CPE : la vie scolaire mise à mal.

• SES : formation continue sous perfusion patronale.

• Technologie collège : le débat est lancé.

• Formation des professeurs de second degré.

Catégo/L’US pratique 34

• Retraites : questions-réponses.

• Affectation en Polynésie.

• Assistants d’éducation.

International 36

• Norvège : décentralisation.

• Conférence de Berlin.

Culture 38

Livres-revues

Cinéma/Théâtre/Spectacles/Expositions

Multimédia

Entretien 44

• Christian Baudelot : le bonheur et le travail en France.

(3)

REVUE DE PRESSE

ÉDUQUER

Liberté, mode(s) d’emploi

O ù en est l’école aujourd’hui ? Quels sont ses échecs, ses réussites ? Quatre experts du Haut Conseil de l’évaluation de l’école dressent, dans un document intitulé « Élé- ments pour un diagnostic de l’école », un état des lieux du sys- tème scolaire en France. (...)

(...) Le retournement de 1996. En créant le collège unique en 1975, René Haby a accéléré la démocratisation de l’ensei- gnement. Dans les années 80, une série de mesures – sup- pression du palier d’orientation en fin de Cinquième, création du bac professionnel – ont abouti à une croissance forte du taux d’accès au baccalauréat dans la décennie 1985-1995, ce que les auteurs appellent « les dix glorieuses ».

Cette évolution a marqué le pas à partir de 1992 et le taux de passage de Troisième en Seconde a baissé pendant quatre années, enrayant « la belle mécanique ». Les années 1990 sont caractérisées par une stagnation : en 2002, 32,6 % des jeunes Français ont obtenu un baccalauréat général – le même pourcentage que dix ans plus tôt (32,4 %). Ce retournement par- ticulièrement sensible à partir de 1996 s’explique par « un décrochage de la voie générale », alors que les bacs techno- logiques et professionnels poursuivent leur progression. Les auteurs s’inquiètent d’une « logique malthusienne », selon laquelle l’État donnerait la priorité aux formation courtes, au détriment des formations longues.

Cette stagnation des résultats au baccalauréat ne va pas dans le sens des besoins en termes de qualification : « La part actuelle des titulaires d’un niveau CAP-BEP est supérieure aux prévisions de besoins, tandis que celle des niveaux bac et sur- tout bac + 2 est insuffisante. » (...)

12 octobre 2003

État des lieux du système scolaire avant le grand débat national

jeunes cette inquiétude. Or, celle du

XXIe

siècle entend rassurer à tout prix. (...)

(...) Une pensée ne devient valide que si on est capable de la relier à une autre afin de former un raisonnement, c’est là tout l’apport des Lumières. À l’inverse, la juxtaposition reste de l’ordre de la pensée mythique ou religieuse.

C’est le discours de Dieu dans les textes sacrés, inaccessible aux hommes car non fondé sur le raisonnement. Un discours également hors du temps et de l’histoire, car dans la pure juxtaposition temporelle. Que penser, dès lors, de programmes qui suppriment l’histoire littéraire, ou encore d’un ministre de l’Éducation nationale, Claude Allègre en l’occurrence, déclarant dans une interview, le 23 novembre 1999, au journal France- Soir que l’enseignement de l’histoire ne « doit pas entrer dans les détails », mais « se contenter de quelques flash » ?

24 octobre 2003

LAÏCITÉ : UNE LOI POUR LA COHÉSION

par Gisèle Halimi

Le Conseil d’État, dans son fameux avis du 27 novembre 1989, a laissé à chaque établissement la responsabilité de ses définitions et de ses décisions. S’abstenant ainsi de tracer une ligne entre le permis et l’interdit, il a dessiné un nouveau (et pauvre) visage de la laïcité. Un patchwork d’où toute rigueur est absente. (...) (...) Quand l’« ostentation », le

« prosélytisme » se font intermittents, se diluent dans les cours et le temps, s’avancent masqués, que faire ? Où est la règle, le droit, la loi qui protège ou punit dans la totale égalité tous les citoyens ? (...)

(...) Alors ? Alors, besoin de dire le droit. (...) Une loi, ou toute autre disposition générale ayant force exécutoire, pour rappeler avec rigueur que la liberté de conscience religieuse ne se confond pas avec la liberté de pratiquer à l’école une religion.

Une loi prescrivant un dialogue obligatoire, des délais de réflexion en préalable à toute décision.

12 octobre 2003

UN NOBEL POUR UNE IRANIENNE

Femme, musulmane hostile au foulard et avocate des droits de l’homme. Les partisans de la démocratie en Iran ne pouvaient rêver de meilleur choix pour le prix Nobel de la paix 2003, et le régime islamique de pire, que celui de Shirin Ebadi. Première musulmane à être distinguée dans l’histoire plus que centenaire de la prestigieuse récompense, la distinction lui a été décernée « pour ses efforts en faveur de la démocratie et des droits de l’homme ». Plus particulièrement, a souligné le comité Nobel, pour les droits des femmes et des enfants dans un pays musulman et islamiste. (...) La décision des jurés apparaît néanmoins très politique. Sans être militante, Ebadi est proche du Front national, un parti nationaliste et laïque (interdit). Elle est favorable à une évolution calme, sans violence ni intervention étrangère, de l’Iran vers la démocratie. À Paris, lors d’une conférence de presse, elle a d’ailleurs déclaré que

« la population de chaque pays se devait de régler elle-même ses propres problèmes ». Comme le soulignait vendredi Ahmad Salamatian, un analyste iranien,

« le comité Nobel a reconnu que le passage à la démocratie dans le monde musulman passait par la femme ».

20 au 26 oct. 2003

POURQUOI L’ÉCOLE A DÉMISSIONNÉ DEVANT L’OBSCURANTISME

(...) Préjugés, idées toutes faites : nous voici décidément loin de l’école des philosophes rêvée par les Encyclopédistes ! Que les jeunes gens préfèrent naturellement le confort des certitudes, même infondées, à l’effrayante incertitude du doute, cela, certes, n’est pas neuf. S’il existe un savoir qui n’a rien de rassurant, c’est bien le

questionnement philosophique, la pensée critique des Lumières.

Mais l’école pensée par Condorcet visait justement à faire aimer aux

Le dessin du mois

Le Monde du 6 novembre 2003.

(4)

Voile (suite).

Jean-Pierre Raffarin n’exclut pas

«en dernière extrémité » une loi sur le port du voile à l’école.

Jean-Paul II a 25 ans.

16 oct.

Guerre.

Le Parlement turc autorise le déploiement de ses soldats en Irak.

oct. 9

Voile.

Le conseil de discipline du lycée Henri-Wallon d’Aubervilliers décide l’exclusion de deux élèves pour port du foulard islamique.

10 oct.

Polémique.

La presse israélienne reproche

à Jacques Chirac sa prétendue non-condamnation des propos antisémites du président de Malaisie.

19 oct.

Transparence.

L’Iran, sous la pression de l’Europe, accepte de faire la transparence sur son programme nucléaire.

20 oct.

Numéro 100.

Le prix Goncourt est attribué au roman de Jacques-Pierre Amette, La maîtresse de Brecht.

Tragédie.

70 immigrés clandestins périssent au large de l’île italienne de Lampedusa.

Résistance.

L’UDF décide de s’abstenir lors du vote du volet recettes du budget.

21 oct.

30 JOURS

Billet d’humeur

Salaire au mérite S ept semaines après son arri-

vée chez le réassureur Scor, Denis Kessler, ex-idéologue en chef du MEDEF, a perçu en sus de son salaire fixe une prime exceptionnelle de 150 000 D . Sa rémunération fixe est de 505 000 D annuels (35 fois le SMIC), versée pour moitié à Paris en euros et pour moitié à New York en dollars, ce qui témoigne d’une aversion cer- taine de l’assureur Kessler pour le risque (de change). La prime

exceptionnelle vient récom- penser une augmentation du capital «réussie » : les actions bradées à 50 % de leur valeur ont trouvé facilement preneurs.

Il faut dire que l’entreprise est au bord du gouffre.

Question : si les enseignants bradaient le bac pour faire grimper les taux de réussite, à combien le ministère esti- merait leur prime, en euros et en dollars bien sûr ?

Daniel Rallet

« Démocratie ».

Le candidat du Kremlin remporte l’élection présidentielle en Tchétchénie. Des résultats contestés...

oct. 5

Discipline.

Discussion devant le Conseil supérieur de l’éducation du projet de réforme des conseils de discipline.

sept . 16 FSE

C’est parti !

Le Forum social européen démarre jeudi 13 novembre à Paris, Saint-Denis, Bobigny et Ivry. Plusieurs dizaines de millers de participants, 55 plénières, 271 séminaires, près de 300 ateliers, et une manifestation aux dimensions de l’Europe, samedi 15 après midi. Après le mouvement social du printemps, le FSE sera un temps fort auquel le SNES invite les enseignants à participer.

En Europe, le Forum a la particularité de correspondre à un espace politique en construction. Les enjeux sont considérables : quelle Europe voulons-nous ? Une Europe de la paix, une Europe des droits, sociale et démocratique, pour la justice sociale, la protection de l’environnement, pour des échanges plus justes avec les pays du Sud, contre la marchandisation des biens communs : éducation, culture, santé, eau...

Des combats importants se sont développés dans de nombreux pays d’Europe. Faire le point, échanger nos analyses, réfléchir à des actions communes : il y aura de quoi faire .

Claudie Martens

Mérite.

Jean-Paul Delevoye présente ses mesures sur le salaire au mérite des fonctionnaires et la réorganisation de la haute fonction publique.

23 oct.

Grand débat.

La commission Thélot formule les 22 questions sur l’avenir de l’école, qui seront utilisées à partir de novembre dans le cadre du grand débat sur l’avenir de l’école.

22 oct.

Bloody Sunday.

15 soldats américains sont tués dans l’attaque de leur hélicoptère en Irak.

nov. 2

PAF.

Les intermittents du spectacle envahissent le plateau de la Star Academy de TF1, qui porte plainte.

Cogito ergo sum.

Le Parti socialiste lance ses «Assises de l’éducation ».

18 oct.

Droits de l’homme (et de la femme).

Le prix Nobel de la paix est attribué à l’Iranienne Shirin Ebadi.

10 oct.

Deuil.

Mort de Léon Schwartzenberg, cancérologue et militant, à l’âge de 79 ans.

14 oct.

Occupation.

L’ONU entérine à l’unanimité l’opération américaine en Irak.

17 oct.

(5)

DEBAT Courriers

Clerc obscur

A.B. (laïque), Paris (75)

Laïcité

L a source naturelle d’étymo- logie spontanée (SNES) mé- rite une bulle.

L’orthographe permet de faire la distinction entre laïc : opposé à clerc (ecclésiastique) et laïque: in- dépendant de toute croyance. Sinon il faudrait s’interroger sur : « un clerc n’est pas un laïc, mais peut être laïc.»

Un clerc qui peut être laïque,

Action

Pour une action différente de la grève

Professeurs du collège de Seilhac (19)

L a réforme sur les retraites a constitué une véritable agression contre les enseignants à laquelle s’est ajouté le début de démantèlement de notre ministère.

A notre grand regret, les mouvements sociaux de mai et juin n’ont eu pour effet que d’alléger nos feuilles de paye!

C’est dans ce contexte, qu’en fin d’année, nous avons pris la décision, en assemblée générale, de ne plus assumer de tâches à titre bénévole et ce, jusqu’à nouvel ordre. Nous avons fait voter une motion dans ce sens au conseil d’administration, qui a été adoptée à l’unanimité. Nous avons également informé les différents établissements de la région ainsi que la presse, le rectorat et les syndicats. Or, cette idée a fait des remous dans les sphères administratives. En effet, l’inspecteur d’académie a contacté notre principal en vue d’un éventuel dialogue avec le personnel, ce que nous avons refusé, n’en voyant pas l’intérêt.

La rentrée 2003 s’est passée dans le plus grand calme et le gouvernement semble pouvoir dormir sur ses deux oreilles.

Pourtant notre amertume est intacte. Aussi, notre assemblée générale a décidé aujourd’hui, 4/10/2003, de maintenir sa décision.

Toutefois, nous avons pleinement conscience qu’une action de ce type sera inefficace si elle est isolée. Nous souhaiterions donc que cette initiative se propage, faute de quoi nous serions contraints d’y renoncer et par là-même de reconnaître que tout ce qui a été fait en fin d’année dernière était complètement inutile. Dans des conditions pareilles, le gouvernement saura qu’il suffit d’attendre quelques vacances, d’user financièrement ceux qui protestent – cela lui permettant en plus de faire des économies! – pour nous faire accepter n’importe laquelle de ses décisions.

TOUJOURS PLUS

R. M.-C., Saint-Pierre-Elbeuf (76)

Je viens d’apprendre des services rectoraux de Rouen que mon fils né en 1968, alors que je n’étais pas encore entrée dans la fonction publique, ne comptera pas pour le calcul de ma retraite. Bravo M. Raf- farin pour avoir créé les bâtards de la fonction publique ! Naturelle- ment j’écris à Laurent Fabius, mon député, pour lui faire part de mon indignation pour une telle injustice. Qui en fera autant ?

Par ailleurs, dès juillet, mes journées de grève ont été déduites de mon salaire. Mais mes indemnités d’examens ne me sont toujours pas réglées et certaines remontent à mars (épreuve de synthèse de BTS MAI). Et pour le BTS CIRA, la somme que j’ai dû avancer est lourde : transport, nuits à l’hôtel, petits-déjeuners (qui ne sont jamais remboursés !), repas.

Puis-je savoir comment nos chers Raffarin et Ferry utiliseront les euros engrangés grâce aux grève ?

c’est plus clair. Que l’auteur de l’encadré « Laïc ou laïque », page 20 de la dernière US Mag se ras- sure : il peut se dire laïque sans prendre de liberté avec l’ortho- graphe et sans douter de sa mas- culinité. Tous les mots du genre féminin ne se terminent pas par

« e », et tous les mots qui se ter- minent par « e » ne sont pas fé- minins.

Au secours Voltaire ! Diderot ! Condorcet !

F.R., Palaiseau (91)

Laïcité

J e suis très inquiète de la publicité que vous accor- dez, dans la dernière US du 24 octobre, à la tribune libre parue dans Libération sous le titre « Le renvoi d’Alma et de Li- la Levy-Omari ne doit pas justi- fier une loi contre le voile à l’école... »

Serait-ce devenu la position du SNES? Et ceci dans le débat émi- nemment biaisé, et si adroitement embrasé au moment où les élus, les pouvoirs publics se penchent sur la question ?

J’admire et j’approuve la patien- ce des enseignants de la Cité sco- laire Henri-Wallon d’Aubervil- liers. Mais quelle guerre d’usure nous infligent ces jeunes inno- centes, qui se prennent pour des Jeanne-d’Arc de Loft Story ! L’inscription au CNED répond, je suppose, à toutes leurs pudeurs.

Par ces temps de pensée molle et de démagogie perverse, lisez, je vous en prie, le livre de Chah- dortt Djavann, Bas les voiles !, et accordez une large tribune à la voix éclatante de cette femme, qui a porté le voile, en Iran, et sait de quoi elle parle. Ecoutez aussi Gisèle Halimi (Le Monde du 24 octobre).

J’ai parfois la nausée au souvenir de ces avocats compatissants, de ces bonnes âmes compréhen- sives, qui se demandaient il y a quelques années s’il n’était pas

injuste, colonial, voire raciste d’interdire et de punir, en France, l’excision des petites filles... cer- taines en étaient mortes.

Une telle intransigeance, codi- fiée par la loi, n’était-elle pas

« humiliante et discriminatoire » et ne pouvait-elle pas « renfor- cer... les discriminations et donc les communautarismes » ? Au secours Voltaire ! Diderot ! Condorcet !

Ne nous laissons pas abuser par ceux qui parlent de « terrible dé- faite de la laïcité », et de « victoi- re vénéneuse de l’intolérance ». Il y va de notre honneur de ne pas autoriser les crimes d’honneur contre les femmes. Cessons de miner sournoisement la laïcité avec des « le voile, c’est mon choix. Parce que je le vaux bien » ! Adroite publicité de mar- chandises plus que douteuses. En désespoir de cause, laissons ces jeunes religieuses étudier tran- quillement au CNED (excellent établissement public), à l’abri de toute mixité ; épargnons les pho- tographes à leur pudeur discrète.

Gageons que cela les calmera.

Et, de même qu’il faut être ferme contre le dopage et contre les drogues, exprimons avec ferme- té l’intangibilité légale de la laï- cité et de la mixité à l’école et dans tout l’espace social public.

Et sur ce point aussi attention à l’avenir de l’Europe !

La FSU plaide pour une

« problématique plus large » que le foulard

L e foulard, toujours le foulard, encore le foulard… Soucieux de montrer que la commission sur la laïcité qu’il préside ne se focalise pas sur ce carré d’étoffe, Bernard Stasi répète que la question qui lui est soumise – la laïcité dans la République – dépasse largement « ce problème ». « Nous n’avons aucun préjugé contre aucune religion, en particulier l’islam » a-t-il insisté un peu lourdement, vendredi 24 octobre au Sénat, en ouvrant le débat devant les caméras de la chaîne Public Sénat.

La première personne auditionnée par les 13 des 20 membres présents l’a aidé à prendre de la hauteur. Gérard Aschieri

(1)

, secrétaire général de la FSU, principale fédération syndicale de l’Éducation nationale, inscrit la question du port des signes religieux dans une « problématique plus large » : lutter pour la laïcité, « cet

Le Monde

(6)

Elle est bien connue des alpinistes et des amoureux de la montagne, la petite librairie sise juste derrière le palais Mazarin, à Paris, au numéro 6 de la rue de Seine (1).

Créée en 1933 par André Wahl, alpiniste passionné et érudit, elle a été fréquentée au cours des années par

bien des grands noms de l’alpinisme, collectionneurs

de livres de montagnes qui savaient que c’était là qu’ils avaient le plus de chance de trouver le livre rare recherché : grand texte du XVIIeou XIXe ou simple topo épuisé, nécessaire à la préparation d’une course.

LA LIBRAIRE DES ALPESfête aujourd’hui son 70eanniversaire, c’est l’occasion ou jamais de la découvrir si vous ne la connaissez pas encore.

Noël n’est plus très loin et si vous manquez d’idée pour les cadeaux, vous êtes sûrs d’y trouver de quoi faire plaisir à vos amis passionnés ou

amateurs de la montagne. G. A.

Site internet : www.librairie-des-alpes.com Courriel : [email protected]

MORTELLE LOGIQUE

Popstar est une œuvre, le Conseil d’État l’a confirmé. « Ma prestation pédagogique en situation dans la classe est aussi une œuvre » dit le maître. La classe serait une Installation ? Fin 2003, pour l’œuvre, ça craint. Et pour le documentaire donc ! Pourquoi? On peut toujours éta- blir un contrat en bonne et due forme et filmer gentiment les « vrais gens ». Après ce préalable, leur être et leur paraître étant évalués et salariés, leur droit à l’image étant marchandisé et devenu un Avoir, vous pensez qu’ils seront moins « vrais » ? Cessez de penser : c’est leur nouvelle vérité. Le réel rémunéré ne serait-il pas aussi du réel ? Logique. Comme Popstar est une œuvre. Génial, au total. Et mortel.

Françoise Jeancolas-Audé

Être et avoir

instrument fondamental du “vivre ensemble” », c’est aussi s’opposer aux pressions de plus en plus nombreuses « pour obtenir des autorisations d’absence pour certaines fêtes religieuses juives ou musulmanes », à celles visant la réaffectation au culte catholique des chapelles situées dans certains lycées publics.

La question dépasse même largement les religions, avec les pressions commerciales, publicitaires et patronales en milieu scolaire.

Si M. Aschieri déclare qu’il défendrait une loi incluant « l’ensemble des problèmes », il affirme résolument l’opposition de son

organisation à un texte interdisant spécifiquement le port des signes religieux. « Ceux qui proposent une telle loi, argumente-t-il, s’appuient sur un certain nombre d’incidents parfois montés en épingle en oubliant d’ailleurs combien le travail éducatif a pu réduire leur nombre (... ). Mais chacun sait qu’à travers les “signes religieux”

c’est essentiellement “le voile” qui est visé alors que le port d’autres signes religieux comme les kippas et les croix, ou de ceux marquant un engagement idéologique, ne soulève pas la même indignation ».

Autant ne pas se cacher derrière son petit doigt. « Si l’on met en avant la proposition d’une loi, c’est parce que l’on cherche un instrument permettant l’exclusion expéditive sans contestation de ceux qui contreviennent au règles ; or cette démarche ne tient pas compte de ce qui nous semble essentiel : laisser aux équipes la possibilité d’explorer au préalable d’autres voies, en particulier celles du dialogue et de la démarche éducative pour obtenir le retrait du voile. » INTRANSIGEANCE TOTALE

Interrogé sur les divergences entre les syndicats composant la FSU – les chefs d’établissement prônent une loi contre les signes religieux–, M. Aschieri répète non sans une certaine solennité: « Nous disons publiquement à vous, à nos collègues : “Privilégiez l’éducation !” » tout en reconnaissant qu’« il n’y a pas d’action éducative sans sanction ». Il serait « illusoire » de penser qu’une loi de prohibition exonérerait les enseignants : il leur reviendrait toujours de

« déterminer ce qui est religieux et ce qui ne l’est pas », et de recourir

« ou non à la sanction dont la loi aurait ouvert la possibilité ».

Autre fédération, tout autre ton : Marie-Suzie Pungier, secrétaire confédérale de Force ouvrière, est venue, un peu plus tard, exclure tout dialogue sur la question et défendre une intransigeance totale face à un signe religieux — le foulard – « qui tente d’infiltrer la société ». Une sorte d’intégrisme laïque qui va jusqu’à refuser toute loi nouvelle pour exiger « une volonté politique » capable de « redonner son autorité à la loi de 1905 » (séparation de l’Église et de l’État).

Le foulard, le foulard, Dominique Sopo, président de SOS-Racisme, auditionné à son tour, ne parle finalement que de cela. Il insiste sur la

« grande douleur » dont souffrent « les gens pris dans l’amalgame Arabes = musulmans = intégristes » et sur la signification sexiste du foulard islamique. Il veut « faire en sorte qu’il n’y ait plus de signes religieux à l’école » car « quand on va à l’école, on est avant tout un enfant de la République ». Mais il s’oppose à l’idée d’une loi qui

« renvoie à un risque de stigmatisation » et parce que « la République, ce n’est pas seulement le bâton et la schlague ».

« PARTICIPÉ A LA CONFUSION »

Hanifa Cherifi fait un bond. Elle est médiatrice de l’Éducation nationale et membre de la commission Stasi ; elle se souvient qu’en 1989 à Creil, SOS-Racisme avait soutenu les premières collégiennes voilées. Elle demande poliment à Dominique Sopo si son association n’a pas participé à la confusion dans laquelle nous vivons aujourd’hui.

Frémissement dans la salle.

Le président des potes garde le ton de mise en ces lieux pour riposter : il parle du « contexte qui a évolué », de la nécessité de « ne pas être naïf » sans pour autant « stigmatiser une communauté ».

Ce refus de la stigmatisation, le président de la Conférence des évéques de France, Jean-Pierre Ricard, le partage. Il rappelle le long et douloureux combat qu’a été l’acceptation par l’Église des règles de séparation de 1905, et suggère qu’il faut aussi laisser du temps à l’islam pour s’acclimater. Une loi risque non seulement « de conforter les musulmans dans le sentiment qu’ils sont les mal-aimés de la République », mais aussi d’être perçue comme « une mise à l’écart » de toutes les religions, met en garde l’archevêque.

Répondant à une question de la place à ménager pour les religions minoritaires que sont l’islam et le judaïsme, le chef des évêques de France assure qu’il ne verrait « pas de difficultés » à ce que des jours fériés soient dédies à la célébration de l’Aïd el Kébir et de Yom Kippour. Le Monde du 28/10/03 - Philippe Bernard

(1) On pourra trouver l’intégralité de l’intervention de Gérard Aschieri, auprès de la commission STASI, sur le site de la FSU : http://www.fsu.fr

DE L’ASS AU RMI

Que vont devenir les 130 000 chômeurs de longue durée, aujour- d’hui bénéficiaires de l’ASS, qui n’y auront plus droit à partir du 1

er

juillet 2004 grâce aux mesures gouvernementales ? Ils de- vraient devenir Rmistes, soit une chute de revenu de 60 € par mois pour une personne seule. Mais il s’avère qu’ils ne remplissent pas toujours les conditions pour avoir droit au RMI (ce n’est pas simple d’être pauvre !). Quant à leurs droits à la retraite, en tant que chômeurs indemnisés, ils accumulent à peu près normalement des annuités. En tant que Rmistes, ils n’auront droit à rien.

Arnaud Parienty

(7)

ACTUALITES

La FSU dans le programme du FSE

PLÉNIÈRES

Jeudi 13 novembre Contre les politiques de dérégle- mentation et de privatisation en Europe, pour la défense des services publics, de l’information, de la culture et de l’éducation 9 heures - 12 heures

La Villette, Cité des Sciences, espace Condorcet

Pierre Musso (États généraux de la culture - France), Frank Bsirske (Verdi - Allemagne), Andrei Kolganov (Alternatives - Russie), Asbjorn Wahl (For Vel- ferdsstaten - Norvège), Ilaria Lani (UDU - Italie), Richard Boyd- Barret (Irish Anti War Movement - Irlande), Oscar Olivera (Cocha Bamba - Bolivie).

Modérateurs : Gisèle Jean (FSU - France), Kenny Bell (Unison Union – Royaume-Uni).

Vendredi 14 novembre Contre la déréglementation des services publics, bilan des privatisations, loi de la concurrence, AGCS 9 heures-12 heures Saint-Denis,

Chapiteau Grand Stade Gérard Aschieri (SG FSU - France), Horts Schmitthenner (IG Metall - Allemagne), Matyas BENYIK (ATTAC - Hongrie), Raoul Marc Jennar (Oxfam Soli- darité - Belgique), Spyros Papas- pyros (ADEDY-Confederation of Civil Servants Unions - Grèce), Laurentino Gonzalez (Cobas, Telefonica - Espagne, Catalogne), Cecilia Verdinelli (SITS - Suède), Cornelia Staritz (ATTAC - Autriche).

Modérateurs : Jean Michel Nathanson (US G10 Solidaires - France), Louise Richards (War On Want - Royaume-Uni).

SÉMINAIRES

Jeudi 13 novembre Qualité de l’éducation et inégalités sociales: réussite des élèves et évaluation

14 heures - 17 heures

Saint-Denis, Bourse du Travail, chapiteau

Coordonnateurs : SNUIPP- FSU, GEW.

Intervenante FSU : Bernadette Groison (secrétaire générale adjointe du SNUIPP).

Autres intervenants : GEW (Allemagne), UNSA Éducation, SGEN, ZNP (Pologne), Com- missions ouvrières (Espagne).

Legambiente (Italie).

Modérateur : FCPE Ile-de- France.

Enseignement, formation professionnelle et mondialisation, analyse critique du processus de Bruges

14 heures -17 heures Paris-La Villette, Grande Halle Boris-Vian Coordonnateur Internationale de l’éducation

Intervenant FSU : Thierry Rey- gades.

Diversité culturelle, égalité et pluralisme : pour une Europe sans discrimination

18 heures - 21 heures Paris-La Villette, Le Parquet de Bal

Intervenante FSU : Dominique Giannotti (SNES).

Vendredi 14 novembre Éducation et société : violence et jeunesse 9 heures - 12 heures

Saint-Denis, Bourse du Travail, salle Marcel-Paul

Coordonnateur : CEMEA.

Intervenante FSU : Cristel Choffel (secrétaire générale du SNUAS FP).

Autres intervenants : FERC CGT, CEMEA, un expert, FIDL, Mouvement de coopération édu- cative (Italie).

Modérateur : GFEN.

Le mouvement du logiciel libre : un mode de production et d’échange original garantissant l’accès à la connaissance de tous 9 heures - 12 heures Ivry, cinéma quai d’Ivry Coorganisateur : FSU.

Un intervenant FSU : Jean- Pierre Archambaud (SNES).

Décentralisation et

autonomie des établissements : démocratisation ou

privatisation ? 14 heures - 17 heures Saint-Denis,

stade Mandela, chapiteau Coordonnateurs : SNES-FSU, UNEF, CGIL-Scuola.

Intervenante FSU : Frédérique Rolet, cosecrétaire générale du SNES.

Modératrice : Dominique Gian- notti (SNES).

Autres intervenants : SG CGIL Scuola (Italie), SG FETE UGT (Espagne), SG SNPDEN (UNSA Éducation), UNEF, ESIB

Pour un moratoire

et une évaluation du commerce des services, pour le droit à des services

et des biens collectifs 14 heures - 17 heures Paris-La Villette, Cabaret Sauvage Coorganisateur : FSU.

Intervenant FSU : Daniel Rallet (SNES)

Retraites

14 heures - 17 heures Saint-Denis,

chapiteau, Stade de France Coorganisateur : FSU Intervenant FSU : Gérard Aschieri (Secrétaire général FSU).

Droits fondamentaux en Europe

18 heures - 21 heures Bobigny, Pablo-Neruda Coorganisateur : FSU.

Une intervenante FSU : Fran- çoise Dumont (SNES).

Samedi 15 novembre Pour une autre éducation 9 heures - 12 heures

Saint-Denis, Bourse du Travail, salle Marcel-Paul

Coordonnateurs : ATTAC, Ins- titut de la FSU, GFEN, ICEM Pédagogie Freinet.

Modérateur FSU : Christian Laval (Institut).

Autres intervenants : Samuel Joshua (ATTAC), Refondation communiste (Italie), Président de l’ICEM Pédagogie Freinet.

Services publics 9 heures - 12 heures

Saint-Denis, Légion-d’Honneur Coorganisateur : FSU.

Un intervenant FSU : Jean Michel Drevon (SNES).

Immigration et syndicalisme 9 heures - 12 heures Bobigny, petit chapiteau, parc de la Bergère

Intervenant FSU : Françoise Dumont (SNES).

OÙ RETROUVER LA FSU ET SES SYNDICATS

DANS LE FORUM ? STAND FSU (Fédération syndicale unitaire) Entrée du Parc de La Villette,

métro : Porte de Pantin Vendredi 14 novembre

Assemblée des partenaires de l’éducation

Bobigny, gymnase Henri-Wallon,

salle 1, 14 h-17 h.

Synthèse des séminaires sur l’éducation.

Samedi 15 novembre Une manifestation aux dimensions de l’Europe

Départ 14 heures de la place de la République

à la Nation.

Rendez-vous FSU : place de la République, angle boulevard Voltaire

Ordre du cortège

• Signataires de l’appel du comité d’initiative et donc impliqués dans l’organisation du FSE. Associations, syndi- cats (la FSU sera en tête des organisations syndicales), par- tis politiques.

• Autres organisations.

(liste non exhaustive des plénières et séminaires où le SNES et la FSU sont investis ; intégral sur note site www.snes.edu)

(8)

ACTUALITES/ ACTIONS

L e scepticisme et la suspicion dominent les salles de pro- fesseurs vis-à-vis du «grand débat» gouvernemental sur l’école.

On voit mal ce qui pourrait en sortir après l’absence de débouché du mouvement du printemps der- nier, après les décisions budgé- taires catastrophiques (– 13 000 emplois dans le second degré) que vient d’adopter l’Assemblée nationale, et après les déclara- tions provocatrices du ministre, justifiant la liquidation du sys- tème de remplacement et le recours à la bivalence dans les collèges. Demander, dans ce contexte, aux personnels de venir débattre avec les parents le mer- credi et le samedi au moment des conseils de classe, autant leur demander de se flageller en public.

En même temps, nous n’avons aucun intérêt à ne pas profiter du battage médiatique autour du

« grand débat », pour dire ce qui

va, ce qui ne va pas, et ce qui pourrait aller mieux avec une politique qui prendrait les pro- blèmes d’éducation avec le sérieux qu’ils méritent. C’est pourquoi le SNES met à la dis- position des collègues 700 000 brochures grand public pour faire connaître quelques propositions pour redonner du souffle à l’école.

Chaque section syndicale doit apprécier localement s’il faut ou non participer aux journées ins- titutionnelles. Si l’avis majori- taire est de ne pas y aller, qu’il en soit ainsi ; si l’avis est d’investir pour poursuivre le travail d’ex- plication entrepris l’an dernier, il faut y aller. Dans tous les cas, il faut dire haut et fort ce que nous voulons et ce que nous ne vou- lons pas dans les débats organi- sés par les préfets ou les chefs d’établissement ou en dehors d’eux, peu importe. L’important c’est de faire comprendre que nous voulons une école ambi-

tieuse, ouverte à tous, capable de réduire l’échec, libérée de l’emprise des intérêts locaux et particuliers, dans un service public plus épris d’égalité réelle, avec des contenus qui créent un monde commun entre les jeunes et avec les adultes, et en exer- çant un métier dans des condi- tions acceptables, laissant le temps nécessaire à la prépara- tion de cours intelligents, à la prise en compte des besoins de chacun et sans s’épuiser à la tâche. L’important, c’est d’aler- ter sur la crise du recrutement qui s’annonce, sur les besoins de formation initiale et continue des enseignants, sur le refus de dispositifs décentralisés qui frag- menteraient les équipes, sur les

dangers d’une autonomie des éta- blissements qui mettrait en concurrence les établissements et les personnels. L’important, c’est de dire aussi que nous ne voulons pas du retour à des pro- fesseurs polyvalents au collège, que nous exigeons le rétablisse- ment des MI-SE, la fin de la pré- carité, des recrutements suffi- sants et un système de remplacement performant avec des titulaires. L’important c’est d’exiger une nouvelle revalori- sation de nos métiers et une aide aux jeunes qui les ont choisis.

Utilisons tous les moyens pour le dire dans ou hors des journées institutionnelles. C’est le meilleur moyen de prolonger et de renouer avec nos luttes récentes. ■

ERRATUM

BROCHURE GRAND PUBLIC

Les années figurant en page 3 de la brochure sont inexactes. Il faut lire :

De plus en plus de bacheliers dans la population active (% chez les plus de 25 ans) :

1975 13 % 1990 22 % 1999 30 %

De plus en plus d’élèves en Termi- nale générale, technique ou pro- fessionnelle :

1980 35 % d’une classe d’âge 2001 69 % d’une classe d’âge Des sorties sans diplôme qui baissent :

1980 200 000 jeunes concernés 2001 moins de 100 000 jeunes concernés, dont 56 000 à un niveau inférieur au CAP.

GRAND DEBAT

Y être ou s’abstenir ?

S i nous avons réussi à infléchir le rapport du Haut Conseil de l’évaluation et les formules des fiches de la commission Thélot, la lecture de ces fiches-supports du

«grand débat» laisse assez deviner des choix, l’exclusion de certaines solutions au profit d’autres, et la volonté de rechercher l’assenti- ment dans le diagnostic et les réponses. «Ne faut-il pas … ?», formule omniprésente qui attend l’assentiment.

Les fiches, même avec des atté- nuations, continuent d’opposer ce qui ne doit pas l’être. Elles centrent le débat sur la scolarité obligatoire, poussent à une école fondamentale école-collège sur laquelle il faudrait recentrer l’ef- fort.

Elles suggèrent, au nom de la mobilité, le recours à la polyva- lence des maîtres au collège. Elles opposent prolongement de la for- mation initiale et développement

Un questionnement plein d’arrière-pensées

de la formation tout au long de la vie. Elles incitent au développe- ment du contrôle continu aux exa- mens. Elles envisagent la sélec- tion à l’entrée à l’université. Elles se placent dans la perspective d’un accroissement de la décen- tralisation et d’un renforcement de l’autonomie des établissements.

Nos métiers passent inaperçus mais l’idée de renforcer les chefs et l’encadrement est très présente, en y associant les CPE. Les moyens de l’école ne sont vus que sous l’angle de leur redistri- bution.

Si l’avis du Haut Conseil de l’éva- luation prend appui, comme nous le souhaitons, sur la réalité des besoins d’éducation et de qualifi- cation comme une raison majeure d’être ambitieux et d’investir encore au plan qualitatif et quan- titatif, il n’en va pas de même pour les fiches de la commission qui ne font pas vraiment mesurer la nature et le volume de ces besoins. ■

DR

(9)

PERSPECTIVES POUR LA FONCTION PUBLIQUE

Graves menaces

ACTUALITES

L e ministre de la Fonction publique vient de faire connaître sa proposition de négociations salariales annuelles obligatoires. En ce qui le concerne, après avoir confirmé la décision de revalorisation du point d’indice, unilatérale, de son pré- décesseur en novembre 2002, annoncé pour le 15 novembre 2003 une nouvelle décision uni- latérale, il fixe au début de l’année 2005 le premier rendez-vous, près de trois ans après sa nomination.

Pendant ce temps, l’écart se creuse entre l’évolution des salaires et des pensions et celle des prix.

Lors de la clôture de la journée d’étude organisée par le Conseil d’État le 27 octobre, il a redit qu’il proposerait aux organisa- tions syndicales de définir d’abord une nouvelle méthode de discus- sion après avoir réuni le collège des employeurs publics et installé un « Observatoire permanent des rémunérations ».

Pourtant dès 2004, 15 à 20 % de la rémunération de 500 hauts fonctionnaires sera modulée en fonction de leur réussite à appli- quer leur « lettre d’objectifs ». Et tous les autres fonctionnaires seraient progressivement concer- nés en fonction des performances atteintes collectivement.

Le ministre a aussi indiqué celles des pistes développées par le rap- port du Conseil d’État de mars 2003

(1)

qu’il entendait travailler.

S’il a précisé ne pas vouloir

« banaliser » l’emploi public, il a annoncé l’adaptation des règles juridiques pour favoriser la mobi-

lité européenne et la mobilité inter-fonction publique et les par- tenariats public/privé. Une piste

« prometteuse » est dessinée par le regroupement des corps dans une cinquantaine de « cadres de gestion ». Il entend enfin renfor- cer la « gestion individuelle des carrières ». Après avoir mutua- lisé, voire vu externaliser leurs

« tâches répétitives », les ser- vices des personnels seraient dis- ponibles pour une autre gestion des personnels, basée sur « la connaissance individuelle des agents, la définition des parcours de carrière, la détection de profils à potentiel, l’élaboration de pro- grammes de formation et l’ac- compagnement de la mobilité ».

Et pour conseiller les directions des ressources humaines (DRH) opérationnelles des ministères, la direction de l’administration de

la fonction publique pourra « faire appel à des compétences dont elle ne dispose pas en interne », com- prenez « appel à des cadres du privé ».

Ce sont sans doute ces orienta- tions, jamais discutées mais déjà retenues, qui expliquent l’annonce du transfert des prestations fami- liales des fonctionnaires aux caisses d’allocation familiales, ou celui du versement des alloca- tions pour perte d’emploi des agents non titulaires du ministère de l’Éducation nationale aux ASSEDIC.

En tout cas, voici des chantiers ouverts pour lesquels le ministre a précisé que le temps des déci- sions était venu. ■

Anne Féray

(1) Cf. US du 2 mai 2003 et US Mag de mai 2003.

Élus politiquesi

Parité public/privé

Les élus politiques venant du privé ont un retour difficile dans la vie profes- sionnelle. Le gouvernement cherche-t- il à en améliorer les conditions ? Non. Il propose pour les fonctionnaires élus, la disponibilité plutôt que le déta- chement. La progression dans la car- rière pendant le détachement serait interrompue. La parité est invoquée pour justifier une dégradation sensible.

Cela vous rappelle quelque chose ? Banlieuei

Diagnostic sévère

Le Conseil d’analyse économique (CAE) établit un diagnostic sévère de la situa- tion des banlieues et des cités : la

« ségrégation urbaine » mène à la « dis- location de la cité ». L’inégalité en matière de travail, d’école, de logement et d’équipements collectifs « s’est dura- blement installée » dans les villes.

Le fossé s’est creusé en quelques décennies entre banlieues et communes riches. En Ile-de-France, le revenu moyen des foyers fiscaux a fléchi de 3,5 % (15 % à La Courneuve ou Grigny) alors qu’il a augmenté de 6,9 % dans les communes riches.

Concernant l’éducation et la formation, le CAE estime qu’il « serait catastro- phique de renoncer aux zones d’édu- cation prioritaires », et « qu’il faudrait y affecter des moyens plus concentrés et plus adaptés »..

©CLÉMENT MARTIN

C et objectif inscrit dans notre brochure «Pour un vrai débat» fait déjà discuter. Certains lui reprochent d’en rabattre sur les 80 % de la loi de 1989, d’autres le trouvent complète- ment utopiques.

Rappelons qu’aujourd’hui 69 % d’une génération atteint en moyenne nationale une classe ter- minale préparant à un bac général, technologique ou professionnel.

61 % d’une génération obtient le bac. Fixer d’ici 6 ans 70 % de bacheliers revient de fait à s’ap- procher de 80 % au niveau d’une classe terminale. Cela signifie un progrès de 1,5 point par an. C’est un objectif extrêmement volon- tariste qui ne peut être atteint que par des mesures très puissantes sur le second degré.

Les élèves concernés sont, en effet, déjà en Sixième. Cet effort

devrait s’accompagner d’un effort encore plus grand en faveur des jeunes qui n’atteignent même pas aujourd’hui le CAP.

Nous n’en prenons pas le che- min... ■

Denis Paget

70 % de bacheliers en 2010 ?

SECRÉTARIAT NATIONAL DU SNES

La composition du secrétariat

national suivante a été validée

par la CA nationale du SNES, ré-

unie les 16 et 17 septembre 2003 :

Bernard Boisseau, Gisèle Jean,

Denis Paget, Frédérique Rolet (co-

secrétaires généraux), Gérard An-

théaume, Gérard Aschieri, Chris-

tophe Barbillat, Francis Berguin,

Eugenio Bressan, Marylène Ca-

houet, Bernard Collongeon, Odile

Cordelier, Nathalie Duceux, Fran-

çoise Dumont, Anne Féray, Ro-

ger Ferrari, Roland Hubert, Eliza-

beth Labaye, Claudie Martens,

Jean-Jacques Mornettas, Luc Mul-

ler, Monique Parra-Ponce, Daniel

Rallet, Thierry Reygades, Daniel

Robin, Nicole Sergent, André Tho-

my, Francis Valenti.

(10)

T out en ne cessant d’invoquer le dialogue social, le gou- vernement avance dans ses projets de réduction de la dépense publique et des missions exer- cées par l’Etat.

Chaque ministère est chargé dans cet esprit de mettre en œuvre la

«stratégie ministérielle de réforme», en procédant à un exa- men systématique des missions afin de déterminer celles suscep- tibles d’être sous-traitées, sup- primées, réorganisées. Lors du CTPM du 27 octobre, le direc- teur de cabinet de Luc Ferry devait ainsi présenter aux orga- nisations syndicales les déclinai- sons de cette cure d’amaigrisse- ment du ministère de l’Education nationale.

Cette présentation n’avait été pré- cédée d’aucune concertation ni consultation des instances repré- sentatives et devait servir d’alibi à un pseudo-dialogue social avant la présentation du projet devant le Parlement. La FSU a refusé de cautionner cette parodie et a quitté la séance avec toutes les autres organisations syndicales.

Quel est en effet le contenu de ce document pour lequel une rapide présentation devait suf- fire ? Rien de moins qu’une réor-

ganisation sur trois ans des mis- sions relevant de l’Education nationale et des structures affé- rentes… Des propositions sont faites de regroupements de ser- vices débouchant sur des sup- pressions d’emplois, une nouvelle étape de déconcentration dans la gestion des corps est program- mée (recrutement et gestion).

Parmi les tâches qu’il s’agirait de «simplifier» figure l’organi- sation des examens et concours, susceptible d’être en partie exter- nalisée sans que soient évoquées les questions de sécurité, de garantie pour les usagers.

Le deuxième point développe les démarches de contractualisation, avec les universités, les acadé- mies, les établissements (ou plutôt les chefs d’établissement !). Ins- pirées des politiques managériales importées du privé, celles-ci visent à instaurer des contrats d’objectifs, développer des procédures d’éva- luation et au final contraindre aca- démies et établissements à assu- mer une dotation insuffisante. Des exemples sont pris du retour imposé à l’équilibre budgétaire aux académies « qui avaient dépassé leur dotation ».

Jamais ne sont mentionnées les instances de contrôle particuliè-

rement indispensables dans ce cadre de fonctionnement. L’auto- nomie financière et de gestion lais- sée aux recteurs, prévue par la mise en place de la loi organique du 1

er

août 2001 relative aux lois de finances (LOLF), donnera en effet un pouvoir accru à ceux-ci.

Conjugué à la loi de décentralisa- tion, le développement des poli- tiques de contractualisation peut aboutir à un accroissement des inégalités entre les académies et des déséquilibres dans l’accom- plissement des missions.

Enfin, le troisième point, portant sur la gestion des ressources humaines à l’Education natio- nale, évoque pour les personnels enseignants les chantiers ouverts avec les organisations syndicales en matière de diversification, de mobilité, d’organisation du temps de travail... Ouverture fictive puisque les dites organisations avaient, à l’initiative de la FSU, boycotté les groupes de travail de la DPE en juillet.

N’y aurait-il de bon dialogue social au MEN que virtuel ? Nous exigerons d’être reçus rapi- dement pour donner nos analyses du projet de réforme et les dan- gers qu’il porte. ■

Frédérique Rolet

ÉDUCATION NATIONALE

Quelle stratégie ministérielle de réforme ?

ACTUALITES/ ACTIONS

Le SNES sera présent au

Salon de l’Éducation

du 19 au 23 novembre, porte de Versailles, hall 7.2, stands CE40

« carrefour de l’éducation »

et PS44 ADAPT

« Livres et multimédia »

Nous vous attendrons sur ces stands.

Science Poi

La justice annule la convention ZEP sans remise en cause au fond

La cour administrative d’appel de Paris a annulé la convention permettant à Sciences Po-Paris d’ouvrir un accès spé- cifique aux élèves de ZEP en première année en passant un examen spécial les dispensant du concours. Elle a en même temps précisé que « l’intérêt général de l’initiative prise par l’IEP de Paris n’est pas remis en cause ». Elle demande que l’école redéfinisse plus précisé- ment les modalités de l’expérience. Le syndicat enseignants-étudiants UNI était à l’origine de cette procédure. Il consi- dère en effet que la convention adoptée en septembre 2001 par l’IEP constitue

« une rupture de l’égalité entre les étu- diants ».

Le gouvernement a donc décidé d’accroître le temps de travail des salariés afin de contribuer au financement du plan « viellisse- ment », les entreprises pouvant choisir pour cela n’importe quel jour férié ou de RTT tandis que les fonctionnaires se verraient supprimer le congé du lundi de Pentecôte.

Alors que le gouvernement prend des mesures fiscales qui accrois- sent les inégalités et réduisent les moyens des services publics, il est scandaleux que seuls les sala- riés contribuent à ce qui doit rele- ver de la solidarité nationale. Il est inacceptable que le dispositif retenu puisse se traduire par du travail gratuit au profit des employeurs.

On peut également s’étonner que le gouvernement ait décidé de faire travailler plus les salariés en exer- cice, alors que le taux de chômage approche 10 %. Selon l’OFCE, cette mesure pourrait entraîner 30 000 chômeurs de plus.

Ce projet tourne le dos aux véri- tables solidarités.

Pour la FSU, la dépendance, qui ne concerne pas que les per- sonnes âgées, mérite une réflexion d’ampleur et de véri- tables solidarités. La voie choisie par le Gouvernement, d’inspira- tion compassionnelle, est bien loin des ambitions affichées. La FSU, après s’être élevée contre les régressions apportées par le gouvernement sur le financement de l’APA, rappelle sa demande

d’une véritable prestation dépen- dance financée par la sécurité sociale.

Paris, le 6 novembre 2003

Communiqué de presse FSU

JOUR FÉRIÉ

Vraie fausse solidarité

Institut de la FSUI

Colloque

« La culture technique : un enjeu de société »

Jeudi 20 et vendredi 21 novembre 2003

Au CNAM

292, rue Saint-Martin, 75003 Paris (Métro : Réaumur-Sébastopol

ou Arts-et-Métiers)

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ACTUALITES

ACTION

Après le conseil fédéral de la FSU

L es 5 fédérations de l’éduca- tion (FSU, SGEN-CFDT, UNSA Education, FERC- CGT et FAEN) avaient décidé de faire du 5 novembre une journée d’initiative et d’expression sur le budget de l’Education nationale qui était discuté à l’Assemblée nationale à partir du 4 novembre.

Plusieurs dizaines d’initiatives (rassemblements, délégations auprès des recteurs et des IA, conférences de presse) ont per- mis d’exprimer notre opposition aux choix qui ont présidé à l’éla- boration de ce projet particuliè- rement désastreux pour le second degré : suppression de 9 000 postes de MI-SE, de 1 500 postes d’enseignant et de 2 500 postes d’enseignant stagiaire, anticipant une régression des postes qui seront mis au concours pour le second degré.

Le Conseil délibératif fédéral national (CDFN) de la FSU a fait le bilan des difficultés de mobili- sation que l’on retrouve dans tous les secteurs et bien au-delà de l’Education nationale après le grand mouvement du printemps dernier. Il a cependant considéré, que s’il faut tenir compte de ces difficultés, tout doit être mis en œuvre pour peser sur les choix gouvernementaux, notamment en ce qui concerne la fonction publique et l’éducation.

Il a notamment décidé d’appeler les sections départementales de la FSU à prendre très rapidement les initiatives nécessaires pour organiser avec nos partenaires des 5 fédérations de l’éducation les forums départementaux décidés ensemble. Ces forums devraient nous permettre de mener le débat le plus ouvert possible avec les personnels, les parents d’élèves et plus largement tous ceux qu’in- téresse l’école. Ce sera l’une des manières de concrétiser l’appel que lance la FSU à se saisir de toutes les occasions de mener le vrai débat, sans se laisser enfer- mer dans le dispositif institution- nel mis en place par le ministre, et d’avancer nos propositions pour le système éducatif. Des rencontres de ce type sont déjà décidées à d’autres niveaux, villes et même

établissements, à l’initiative du SNES ou organisées de manière unitaire.

Le CDFN a aussi discuté de l’ini- tiative nationale que propose le SNES depuis le début de l’année scolaire. Il serait incompréhen- sible que les fédérations de l’édu- cation et la FSU ne s’expriment pas d’une manière audible au plan national, au moment où tout le monde parle de l’école et où orga- nisations politiques, associations, fédérations de parents d’élèves cherchent toutes à se faire entendre sur cette question.

L’UMP elle-même s’est lancée dans « une campagne de masse » avec distribution de tracts sur les marchés. Le CDFN a donc mis en débat l’idée d’une journée natio- nale, qui pourrait avoir une dimension de fête ou d’événe-

ment culturel, pour le mois de janvier. Plusieurs syndicats natio- naux (SNUIPP, SNEP notam- ment) réuniront leurs instances

ces jours-ci. Le bureau fédéral de la FSU tranchera définitivement le 17 janvier.

Le bureau national du SNES réuni par téléconférence dans la soirée du 5 novembre avec les sections académiques a confirmé la préfé- rence de notre syndicat pour une initiative fédérale qui permettrait d’aborder les problèmes de l’école dans leur globalité. Il a cependant décidé, au cas où le projet n’aboutirait pas, qu’un forum national second degré serait organisé début janvier.

Le CDFN a par ailleurs adopté les 4 pré-rapports soumis aux syn- diqués de la FSU dans la pers- pective du congrès de la fédéra- tion qui se tient en février à Perpignan.

1. Pour tous, pour l’avenir, l’édu- cation, la recherche, la culture, un vrai défi.

2. Des services publics et leurs agents.

3. Des droits à préserver et à conquérir pour transformer la société

4. Pour un syndicalisme et une FSU plus unitaire et plus efficace.

Ces textes seront publiés dans le prochain numéro de Pour. Les congrès départementaux prépa- ratoires se tiendront à partir de décembre. Nous reviendrons dans les prochaines US sur les problé- matiques des thèmes.

Le CDFN a enfin adopté le texte ci-contre sur le projet de Consti- tution européenne. ■

Bernard Boisseau

POUR UNE AUTRE EUROPE, SOCIALE ET DÉMOCRATIQUE

Le 4 octobre s’est ouvert à Rome la conférence intergouvernementale (CIG) chargée de réformer les traités européens afin d’assurer l’élar- gissement de l’UE à dix nouveaux pays (plus 3 autres dans un second temps).

Le projet de traité constitutionnel, établi par la Convention en juillet dernier, a été mis en discussion à la CIG.

En particulier sur les points suivants il pose de graves problèmes :

• A coté d’objectifs sociaux affichés, ce texte constitutionnalise le pri- mat de la « libre concurrence ».

• Il donne une vision restreinte du rôle de la place et des missions des Services Publics.

• Il reprend en l’état la Charte des droits fondamentaux, adoptée à Nice, charte dont la FSU, lors de son dernier congrès, avait considéré qu’elle

« n’était pas acceptable en l’état » !

• Le préambule et l’article 51-3 posent des problèmes sérieux au regard des principes de laïcité que la FSU défend.

• Le changement par rapport au traité de Nice où l’éducation dérogerait à la règle commune en matière de politique commerciale.

La FSU se bat pour une autre Europe, sociale et démocratique.

Elle fera tout pour que ses exigences soient prises en compte auprès des pouvoirs publics. C’est sur ces bases qu’elle mobilisera les per- sonnels et qu’elle interviendra dans les débats du FSE et du mouvement syndical européen.

Elle considère que l’importance de ces questions pour l’avenir de l’Europe impose un débat le plus large possible permettant aux citoyens de s’y impliquer.

Le CDFN décide de la création d’un groupe de travail qui préparera un document de travail visant à permettre aux personnels de se saisir du contenu et des enjeux relatifs au projet de constitution et au livre vert sur les SIG. Il s’agit aussi de préparer le prochain congrès qui devra approfondir le positionnement de la FSU sur la construction euro-

péenne. Texte adopté par le CDFN de la FSU

©CLÉMENT MARTIN

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L uc Ferry persiste dans ses

« maladresses ». Au lieu de se battre pour le budget de l’Éducation nationale, le plus mauvais depuis des décennies, il veut montrer sa bonne volonté de ministre obéissant gagné à l’idée des économies. Après s’en être pris aux TZR, il vient de trouver une nouvelle marge de manœuvre : les « surnombres dis- ciplinaires ». Il s’est engagé mardi 28 octobre devant la com- mission des finances du Sénat, à

« réduire le nombre d’enseignants en sureffectif dans leur discipline de 2 437 à 1 500 en 2004/2005 ».

Sont concernées : philosophie, allemand, physique et électricité appliquées, génie électronique et automatique, et électronique.

Comment ? En ressuscitant l’idée de la bivalence... Ainsi un pro- fesseur d’allemand pourrait ensei- gner le français, discipline qui ne nécessite aucune formation comme chacun sait.

Au-delà de leur caractère provo- cateur, les propos de Ferry appel- lent quelques commentaires : on peut se faire peur avec les chiffres mais 2 437 rapportés à près de 400 000 ne représentent que 0,6 % des professeurs du Second degré. De plus, les disciplines concernées ne correspondent pas forcément aux besoins dans les établissements et, sauf à consi-

dérer que tout enseignant peut enseigner toute discipline (et éventuellement en changer chaque année !), les problèmes de gestion ne trouveraient pas là de solution.

Rappelons aussi que si certains collègues, en LV en particulier, se trouvent en sous-service dans leur discipline, la raison est à cher- cher dans les politiques acadé-

miques fixant autoritairement des seuils d’ouverture et de ferme- ture des sections.

Enfin, notre ministre serait bien inspiré de réfléchir -et remédier- aux questions d’égalité et de diversité de l’offre de formation.

Il est savoureux de l’entendre promouvoir l’allemand lors de la visite récente de Schröder en France et de laisser péricliter la diversification des langues en France. De même, on sait l’im- portance qu’a eue la voie tech- nologique dans l’élévation des qualifications de nombreux élèves et la nécessité d’une répar- tition suffisamment équilibrée entre les établissements.

L’angle d’attaque consiste bien à tenter piètrement de justifier des diminutions des effectifs enseignants. Une bonne gestion ne consisterait-elle pas plutôt à prévoir les besoins en recrute- ments futurs ? ■

Frédérique Rolet

SURNOMBRES DISCIPLINAIRES ?

Bivalence : le retour

MODERNISER L’APPRENTISSAGE

Une conception étriquée

de la formation professionnelle

R enaud Dutreil, secrétaire d’État aux PME, au com- merce et à l’artisanat, a dans un rapport

(1)

fait « 50 pro- positions pour moderniser l’ap- prentissage ». Il s’agit, d’après

la lettre de mission de « déve- lopper l’accès des jeunes aux métiers du commerce et de l’ar- tisanat ».

Les propositions sont pour l’es- sentiel :

• Améliorer l’image de l’appren- tissage et mieux informer.

En développant les stages et par- cours de découverte en entreprise pour les collégiens et en dévelop- pant l’alternance dès 14 ans.

• Modifier le code du travail En introduisant une flexibilité ; période probatoire, possibilité de signer un contrat au-delà de l’âge maximum de 25 ans, possibilité d’introduire une période d’ap- prentissage à l’intérieur d’un CDI.

• Favoriser le financement de l’ap- prentissage.

En modifiant la répartition et la collecte de la taxe d’apprentissage au détriment des lycées profes- sionnels et technologiques.

Certaines de ces propositions, notamment celles relatives au code du travail, devraient être incluses dans la « loi sur la formation pro-

fessionnelle » actuellement en ges- tation.

Renaud Dutreil n’envisage aucune évaluation des formations en appren- tissage et oriente toute sa démarche vers le développement d’un appren- tissage précoce tourné vers les plus bas niveaux de qualification.

Plutôt que de proposer un déve- loppement ambitieux de la forma- tion professionnelle, répondant à la fois aux besoins économiques d’élévation des qualifications et à la nécessité sociale de former mieux les jeunes, le gouvernement propose encore des solutions étri- quées et sans perspectives de pro- grès. Il est clair qu’il fait fausse route. ■

Thierry Reygades

(1) Rapport disponible sur le site du ministère de l’Économie.

©THIERRY NECTOUX

DR

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