P a g e 1 | 15
55
èmeMatinale de la construction
Ouvrages en plaques de plâtre
Compte-rendu
Etaient présents :
SOCIETE NOM Prénom
AEF LABBE Claude
AMONIT MONEGER Laurent
AMONIT SEGHERS Cédric
ARTS ET STAFF MULLER Jacques
BATAVI VINCENT Pascal
BETTI BETTI Gilles
BUROTEC SALAH Sarah
CFA SAINT-LAMBERT TONIOLO Pascal
CHANIN SIMAO DA MOTA Nelson
CHANIN BRUANT Sylvain
EDB SERVICES FOY Xavier
EDILE CONSTRUCTION LECERF Evgueni
FAYAT BATIMENT COULOUMIES Philippe
ISOVER REYE Vincent
LES MAÇONS PARISIENS LENFANT Philippe
LFP OMER Jean-Marie
OPPBTP BROCHET François
PLACO REAUTE Patrice
PLACO ESQUIAGUE Benoit
RABONI GALABERT Jean-Paul
S3J REIS Joachim
SEC PARIS IDF BERNA Nicolas
SEC PARIS IDF BOUTABET Sabrina
SEC PARIS IDF LEMOINE Bertrand
SERTAC ERGAND Jacques
SMABTP ROUX Patrick
SMABTP PELLAUMAIL Mickael
SOCABAT PETITJEAN Olivier
SOCABAT JOSEF Jean-Claude
SRC MONGE Philippe
TOURRET ENTREPRISES COUTURIER Emmanuel
P a g e 2 | 15
UMPI-FFB LOAEC Fabien
VAC SCHMITT Sébastien
VAC HIRTZ Jean
Etaient excusés :
BSR CAYLA Camille
CALLIGARO ROUVROY Laurent
CALLIGARO TAIEB-COHEN Séverine
CCMT STRAGLIATI Stéphane
ECP ELLERMANN Luc
EGV BAKOWSKI Gilles
EMT FILLIAS-GATIGNOL Liliane
EUROPE DECOUPE TOLEDO Hernan
Ont animé cette matinale :
Messieurs Benoit ESQUIAGUE, chargé d’affaires Placoplatre ; Jean-Claude JOSEF, Expert Conseil BTP SOCABAT ; Fabien LOAEC, responsable technique à l’Union des Métiers du Plâtre et de l’Isolation de la FFB (UMPI-FFB) et Patrice RÉAUTÉ, responsable du développement commercial Placoplatre.
La plaque de plâtre1 est aujourd’hui un produit polyvalent, et la multiplication des offres répond, en termes de performance et de confort, aux besoins actuels de la construction et de la rénovation. Cependant, la conception des ouvrages verticaux ou horizontaux en plaques de plâtre doit être murement réfléchie…
Ont notamment été abordés au cours de cette matinale :
1 La plaque de plâtre est née aux Etats Unis en 1890, mais existe en France depuis 70 ans grâce à la société Placoplâtre. En termes de marché, trois leaders : il s’agit des sociétés Knauf, Lafarge-Siniat et Placo qui représentent 85 % du marché français. Les 15 % restant se répartissent notamment entre les sociétés Isolava et Pladur. On estime que 280 millions de m2 de plaques de plâtre sont annuellement posées en France …
P a g e 3 | 15 1. Les aspects normatifs des NF DTU 25.41 et 25.42 :
a. Ce qu’il faut retenir au sujet du NF DTU 25.41
1. Dimensionnement des éléments d’ossature destinés à des ouvrages horizontaux ou inclinés
2. Dimensionnement des ouvrages verticaux sur ossature 3. Cloisons et contre-cloisons dans des locaux humides b. Ce qu’il faut retenir au sujet du NF DTU 25.42
2. La pathologie des ouvrages en plaques de plâtre – Un sinistre à la loupe
1. Les aspects normatifs des NF DTU 25.41 et 25.42
Pour rappel, un certain nombre de textes encadrent les ouvrages en plaques de plâtre : Deux NF DTU (Document Technique Unifié), des AT/DTA (Avis Technique/Document Technique d’Application), des CPT (Cahier de Prescriptions Techniques), des Règles professionnelles, des ATEX…
Le « a minima » de la mise en œuvre des ouvrages en plaques de plâtre est rassemblé dans les NF DTU 25.41 et 25.42.
Par conséquent, il est indispensable de respecter les exigences sous peine de déchéance en termes d’assurabilité.
En revanche, les respecter n’est pas toujours suffisant, parfois des documents, notamment des notices techniques, se montrent plus exigeantes que les NF DTU (§ 2 du présent compte rendu).
Les deux NF DTU qui encadrent les ouvrages en plaques de plâtre sont les suivants : 1. NF DTU 25.41 :
Ouvrages en plaques de plâtre – Plaques à faces cartonnées 2. NF DTU 25.42 :
Ouvrages de doublage et habillage en complexes et sandwiches plaques de parement en plâtre et isolant
Ces deux NF DTU comportent trois parties :
a. CCT (Cahier des Clauses Techniques types), b. CGM (Critères Généraux de choix des Matériaux), c. CCS (Cahier des Clauses administratives Spéciales types).
Pour information, toute entreprise plâtrière, qualifiée par Qualibat, a gratuitement accès au corpus normatif de son métier.
Par conséquent, un plaquiste ou un plafiste peut consulter gratuitement les NF DTU 25.41 et 25.42.
P a g e 4 | 15 1.a. Ce qu’il faut retenir au sujet du NF DTU 25.41
Domaine d’application Ce document vise :
• les cloisons de distribution de hauteur inférieure à 6,85 m
• les contre-cloisons de hauteur inférieure à 6 m avec fixation intermédiaire (2,70 m avec appuis intermédiaires clipsés)
• les plafonds et les habillages, les parois de gaines techniques de bâtiments destinés aux logements, hôtels, bâtiments scolaires et hospitaliers ainsi qu’aux immeubles de bureaux et aux autres bâtiments soumis à des sollicitations équivalentes.
• les locaux classés EA (locaux secs ou faiblement humides), EB (locaux moyennement humides) et EB + Privatifs (locaux humides à usage privatif) au sens du cahier CSTB 3567 de mai 2006 « Classement des locaux en fonction de l'exposition à l'humidité des parois ».
Pour information, le classement des locaux en fonction de l'exposition à l'humidité des parois est le suivant :
En termes de matériaux Plaques de plâtre
Sont visées les plaques de plâtre conformes à la norme NF EN 520 et aux exigences de déformation maximale sous charge, de flèche résiduelle et de charge de rupture en flexion proposées par le CGM du NF DTU 25.41.
Les épaisseurs admises en mm sont de 12.5 (BA 13), 15 (BA 15) et 18 mm (BA 18) et les largeurs 600 ou 1200 mm.
Les seuls types de plaque concernés sont les qualités standard (A), hydrofugée (H1) et haute dureté (I). Les plaques marquées « NF Plaques de plâtre » ou équivalent répondent aux
P a g e 5 | 15 exigences requises par la NF DTU 25.41. Le code couleur des plaques est interne aux sociétés même si la couleur verte signale, la plupart du temps, des plaques hydrofugées.
Il est important de signaler que certaines plaques de plâtre peuvent être sous Avis Technique du CSTB, c’est le cas par exemple de la prégywab de Siniat qui peut être utilisée pour des locaux à très forte humidité EB + C ou EC…cette plaque est de type H1, mais de couleur orange !
Ossatures métalliques
Les profilés en tôle d’acier doivent répondre aux spécifications de la norme NF EN 14195 et être protégés contre la corrosion par galvanisation à chaud, conformément à la norme NF EN 10327. Les épaisseurs minimales des tôles et de leur protection contre la corrosion dépendent de la nature de l’élément. La marque « NF Profilés » ou équivalent garantit le respect de ces normes et des spécifications complémentaires de du NF DTU.
Matériaux de jointoiement
Ce sont des enduits mixtes associés à une bande en papier répondant à la norme NF EN 13963.
La marque « CSTBat » des enduits de traitement des joints pour plaques de plâtre, ou équivalent, garantit leur conformité à la norme et aux dispositions complémentaires exigées par le NF DTU.
1.a. 1 Dimensionnement des éléments d’ossature destinés à des ouvrages horizontaux ou inclinés
La fixation des plaques de plâtre nécessite la mise en place, sous la structure support (charpente, plancher, etc.), d’une ossature secondaire à moins que la structure support n’y satisfasse elle-même.
Cette ossature est la plupart du temps métallique et son dimensionnement peut être réalisé au moyen de l’un des 6 tableaux du § 6.2.2 - NF DTU 25.41 :
N° du tableau Type d’ossature Masse surfacique de l’isolant 1
Simples
6 kg/m2
2 10 kg/m2
3 15 kg/m2
4
Doubles adossées
6 kg/m2
5 10 kg/m2
6 15 kg/m2
Pour d’autres caractéristiques de profilés, des compositions de parement différentes (plaques multiples) ou d’autres cas de chargement, des justifications par le calcul ou par des essais
P a g e 6 | 15 seront effectués de façon à obtenir des flèches (≤ 5 mm) sous charges identiques à celles correspondant aux valeurs des tableaux de la norme.
Exemple du tableau n°3
NF DTU 25.41 – Ossatures simples avec isolant de masse surfacique de 10 kg/m2 :
1.a. 2 Dimensionnement des ouvrages verticaux sur ossature
Comme les travaux précédents, ceux-ci ne doivent être entrepris que dans des constructions accessibles, hors d’eau et locaux secs dont l’état d’avancement met les ouvrages en plaques à l’abri des intempéries et notamment du risque d’humidité.
La conception d’une cloison de distribution doit tenir compte de sa hauteur, de sa résistance au feu (éléments de bâtiments résidentiels, IGH) et des exigences acoustiques.
Ci-après, un extrait du catalogue PLACO pour des cloisons en plaques de 13 à 18 mm d’une largeur de 1200 mm.
P a g e 7 | 15
*Attention à la notion de parement, un parement est l’une des faces de la paroi et peut être constitué de plusieurs plaques de plâtre !
1.a. 3 Cloisons et contre-cloisons dans des locaux humides Les 4 points à retenir sont les suivants :
1. Tous les parements des ouvrages verticaux en plaques de plâtre en local EB + P sont en plaques de plâtre hydrofugé de type H1 et certifié « NF plaques de plâtre »2
2. Pour les cloisons et contre-cloisons sur ossature métallique, un joint central en bande de mousse imprégnée est incorporé entre la lisse et le sol (ou deux joints souples sur les bords du rail). Dans le cas de pose sur le sol brut seulement, un film polyane
2 Les plaques de plâtre sont autorisées dans les locaux classés EA, EB et EB Privatifs. Dans les locaux EB Collectifs, non visés par la NF DTU 25.41, un procédé sous avis technique ou équivalent s’impose. Elles sont donc exclues des locaux EC.
P a g e 8 | 15 dépassant d’au moins 2 cm le sol fini après le relevé, assure une protection complémentaire.
Extrait de « Ouvrages plaques de plâtre sur ossatures » - AQC-Septembre 2014
3. Pour les complexes et sandwichs, mis en place après calfeutrement d’un joint souple sur la périphérie du local concerné sur sol brut ou sur sol fini.
4. Le traitement des joints et raccords peut être réalisé de deux manières :
a. Soit avec un produit standard de couleur blanche choisi parmi les matériaux spécialement destinés et aptes à cet usage tels définis dans les CGM des NF DTU 25.41 et NF DTU 25.42.
b. Soit avec un produit hydrofuge de couleur verte définis dans les CGM des deux NF DTU.
Attention, plusieurs métiers peuvent être concernés par des cloisons composées de plaques de plâtre avec ou sans isolant. C’est le cas du plombier ou du carreleur.
Le NF DTU 60.1 –Plomberie sanitaire pour bâtiment à usage d’habitation précise :
Si un percement est pratiqué pour le passage de la canalisation, il ne doit pas compromettre la stabilité du gros-œuvre, ni l’étanchéité à l’eau ou à l’air ou la protection à l’eau le cas échéant. Les produits de rebouchage doivent être compatibles avec la paroi, en particulier lorsque cette dernière présente des propriétés particulières (propriété hydrofuge par exemple) et ils doivent permettre le maintien des propriétés.
P a g e 9 | 15 Les travaux de carrelage peuvent nécessiter la mise en place d’un Système de Protection à l’Eau sous Carrelage (SPEC), lequel n’est pas une étanchéité, mais une protection à l’eau.
En fonction de l’hygrométrie du local (EA, EB, EB + P, EB + C ou EC), les supports et les éventuelles protections sont précisées dans le tableau ci-après :
P a g e 10 | 15 Extrait du e-cahiers du CSTB n°3756 de janvier 2015
P a g e 11 | 15 1.b. Ce qu’il faut retenir au sujet du NF DTU 25.42
Désormais divisé en trois parties, la nouvelle version du NF DTU 25.42 vise les ouvrages de doublage et habillage en complexes et sandwiches de plaques de parement en plâtre et isolant. Elle apporte quelques nouveautés.
Les plaques de plâtre visées
Les parements en plaques de plâtre des complexes doivent être conformes à la norme NF EN 520 et répondre aussi à des spécifications complémentaires (déformation sous charge, flèches résiduelles…). Toutefois, la certification (marque NF Plaques de plâtre) permet de répondre à ces critères. Les plaques concernées sont de type A, H1 ou I, et leurs épaisseurs sont de 9,5 mm (pour les complexes de doublage), 12,5 mm, 15 mm et 18 mm . Au-delà et au-dessous de ces épaisseurs, les ouvrages ne sont pas visés par le NF DTU 25
Les isolants associés aux complexes de doublage
Les isolants peuvent être en mousse de polyuréthanne ou en polystyrène extrudé de 30 à 120 mm. Les polystyrènes expansés, élastifiés ou non, peuvent aller jusqu'à 140 mm, permettant des performances plus importantes. L'isolant peut aussi être une laine minérale de 30 à 120 mm.
Les supports visés
Les supports compatibles avec la pose collée des doublages sont la paroi béton (NF DTU 23.1), les maçonneries avec ou sans enduit ciment ou plâtre (NF DTU 20.1), le béton cellulaire (NF DTU 20.1) et les plaques de plâtre (NF DTU 25.41). D'autres supports bénéficiant d'Avis technique ou de Document technique d'application (DTA) peuvent être concernés. Ils doivent être sains et secs.
Les locaux visés
Ce sont uniquement ceux classés EA (locaux secs ou faiblement humides), EB (locaux moyennement humides) et EB+ privatifs (locaux humides à usage privatif) au sens du cahier du CSTB n° 3567 « Classement des locaux en fonction de l'exposition à l'humidité des parois ».
Pour l'ensemble des parois verticales apparentes des locaux classés EB+ privatifs, seuls sont admis les complexes constitués de plaques de plâtre hydrofugées de type H1.
Selon la résistance thermique souhaitée, quels complexes de doublage choisir ?
Pour les parois en maçonnerie ou en béton — situées en dehors des zones très froides — et dont la résistance thermique est supérieure ou égale à 0,086 m2.° C/W, les complexes sont de catégorie P1. Avec les parois en béton d'épaisseur inférieure à 15 cm dont la résistance thermique ne dépasse pas 0,086 m2.°C/W, ils sont de catégorie P2. Les complexes de catégorie P3 sont adaptés aux zones très froides et aux murs revêtus d'un enduit plâtre, quelle que soit la résistance thermique du mur à doubler.
Le passage des gaines verticales ?
P a g e 12 | 15 Afin d'éviter la circulation parasite d'air, les solutions sont le passage encastré dans la paroi sans endommager la structure ainsi que le passage apparent ou le passage des gaines verticales dans l'isolant côté chaud au moyen d'un thermo-furet ou autre moyen adapté. Le NF DTU 25.42 a introduit une nouveauté, réservée à des cas exceptionnels : si l'isolant est une laine minérale ou en polyuréthanne, et s'il n'y a aucune autre possibilité, une découpe de l'isolant est possible jusqu'à 16 mm .
Afin d'empêcher les échanges entre la lame d'air due aux plots de collage et le volume chauffé, certains points singuliers ont été précisés. C'est le cas, par exemple, du traitement en liaison de pied dans les pièces humides, du raccord avec les plafonds en plaque de plâtre ou les incorporations électriques.
P a g e 13 | 15
2. La pathologie des ouvrages en plaques de plâtre – Un sinistre à la loupe
Dans un même bâtiment, trois sinistres ont été constatés :
Le premier sinistre est un défaut d’aspect se manifestant par de la microfissuration en jonction de plaque. Le DTU a pourtant été respecté et il n’y a pas d’atteinte à la solidité ou à la sécurité.
Les plaques mises en œuvre ne relèvent pas de la norme EN 520 « Plaques de plâtre –définition, exigences et méthode d’essai »
En l’absence de DTA, les recommandations du fabricant, plus draconiennes que les exigences du DTU, sont opposables à l’entreprise. Dans le cas présent, le fabricant impose un entraxe de 33,33 cm au lieu de 60 cm.
La réparation du désordre a consisté en une mise en peinture, laquelle a été acceptée par le Maître d’Ouvrage.
Le second sinistre concerne de la microfissuration en imposte et sur du festonnage de plaques mis en évidence en lumière rasante dans l’espace VIP. Les exigences du DTU ont pourtant été respectées.
Néanmoins dans le cas présent, une pose en drapeau (hors DTU) aurait été nécessaire (Extrait de la fiche FIP n°8 en page suivante).
P a g e 14 | 15
Extrait de la fiche n°8 de la Fédération de l’Industrie du Plâtre
Concernant le festonnage des plaques de plâtre, mis en évidence par l’éclairage intégré au faux-plafond, l’entreprise a été reconnue responsable au motif qu’elle connaissait la destination de l’ouvrage (espace VIP) et qu’elle aurait dû avertir le maître d’ouvrage et lui proposer les dispositions évitant le festonnage.
Espace VIP
Remarque : Bien que la réception en lumière rasante ne soit pas admise, les dispositions architecturales peuvent favoriser l’apparition des défauts d’aspects lors de la réception des travaux de peinture.
P a g e 15 | 15
Le troisième sinistre, se traduit également par de la fissuration. Il a pour origine la mise en œuvre des plaques de plâtre à une époque où les conditions atmosphériques étaient rigoureuses (températures négatives) alors que le bâtiment était partiellement hors d’air (c.f.6/15)
Extrait relevé météo de janvier 2009. La première colonne indique les températures minimales. La deuxième colonne indique les températures maximales.