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Un réseau de partenaires pour rassembler et diffuser de la connaissance

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Academic year: 2022

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© Institut français du cheval et de l’équitation 2019

Un réseau de partenaires pour rassembler et diffuser de la connaissance

Laurent Vignaud1

1 IFCE Pôle DIR – Saumur France [email protected]

Ce qu’il faut retenir

L’IFCE a mené un programme de réflexion pour définir sa stratégie de diffusion 2018-2022. Il en ressort qu’il ne parviendra pas seul à bien diffuser la connaissance qu’il dispose auprès des acteurs très divers de la filière équine. Un comité de diffusion de la connaissance de la filière équine a donc été mis en place en janvier 2019.

Il rassemble une trentaine de partenaires diffuseurs ou contributeurs d’informations dans différents domaines d’activité. Son principe repose sur le rôle des relais de diffusion vers leurs propres cibles, selon la méthode marketing du Business to Business to Consumer (B to B to C). L’IFCE anime ce réseau afin d’optimiser la collecte des connaissances produites par ses différents membres. Ce comité définit les thématiques prioritaires de diffusion. L’objectif est de mieux diffuser, plus largement, plus efficacement auprès des cibles et de s’assurer que les messages passent. Les informations devront être centralisées et référencées pour être plus accessibles. Les supports de diffusion devront évoluer pour s’adapter aux nouvelles attentes sociétales en prenant en compte les évolutions numériques. La professionnalisation de cet aspect de la diffusion semble également nécessaire.

Résumé

Face à la très grande diversité de la filière équine et ses évolutions, le besoin de connaissances s’affirme.

Malgré tout, les segments d’activités sont nombreux. L’amateurisme y côtoie le professionnalisme, la recherche de loisirs, celle de la performance. De nombreuses connaissances sont produites mais de façon non centralisée. Elles sont par ailleurs encore mal diffusées. Deux problèmes majeurs sont identifiés :

 Comment atteindre toutes les cibles de la filière, et cela est-il possible ?

 Comment enrichir la connaissance : mutualiser les sources des différents contributeurs, en les rendant plus accessibles.

Un réseau de partenaires animé par l’IFCE doit permettre de répondre en partie à ces deux questions par un principe du relai de diffusion vers ses propres cibles. Un comité de diffusion de la connaissance a donc été mis en place en janvier 2019, afin de définir le fonctionnement de ce réseau. Il a pour objectif de favoriser les échanges d’information entre partenaires, d’anticiper les attentes de la filière, de permettre d’adapter les outils de diffusion à la transition numérique. Il souhaite favoriser la centralisation des données pour les rendre plus accessibles. Il devra garantir la production d’informations fiables et pertinentes. La réussite de ce projet repose en partie sur l’adaptation permanente des supports de diffusion des informations en fonction des différentes typologies de personnes ciblées et des évolutions numériques.

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Journées sciences et innovations équines – 23 et 24 mai 2019

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© Institut français du cheval et de l’équitation 2019 1 Contexte et objectifs

La filière équine est atomisée. Elle est divisée en de multiples entités, ce qui réduit l’efficacité des actions qui y sont menées. Le cheptel est dispersé en petites entités sur un grand nombre de lieux de détention (1 million d’équidés sur 170000 lieux). Les emplois sont en majorité à temps partiel (68%), conséquence d’un amateurisme dominant. La typologie des acteurs est extrêmement diverse. Elle comprend un secteur agricole de production paradoxalement très peu professionnel (60% des éleveurs ont 1 seule jument) et très peu spécialisé. Il est de plus instable avec un fort turn-over. L’utilisation des chevaux varie du loisir (dominant avec une Fédération sportive de 650000 adhérents) à un usage presqu’exclusivement professionnel dans le secteur des courses. Indirectement, de multitudes services sont développés dans des domaines très variés : vétérinaires, sellerie, transport, alimentation, structures, commerce, organisations évènementielles et professionnelles, ... Néanmoins, les activités pratiquées sont dans l’ensemble à dominante technique. Par essence cette filière n’est que peu professionnelle, mais elle tend depuis peu à se structurer. A l’empirisme historique s’oppose désormais une nouvelle attente de savoirs. Que l’on touche à la recherche de performances ou au maintien de l’intégrité d’un animal pouvant être de rente ou domestique, la connaissance est indispensable. Mais la disparité des acteurs génère un besoin de technicité hétérogène. Les informations existent cependant, mais les canaux de diffusion sont nombreux et parfois peu fiables. La grande variété des domaines d’activité induit une grande diversité de thématiques. Paradoxalement, les connaissances qui sont produites en particuliers par l’IFCE, sont souvent méconnues. Elles n’atteignent pas toujours leurs cibles finales. L’enjeu est donc de diffuser l’information la plus fiable, de manière la plus attractive et compréhensible pour atteindre un maximum de public. La présence d’un faisceau de cibles intermédiaires qui font office de relais de diffusion constitue une opportunité. Il faut maintenant développer un réseau de partenaires contributeurs et diffuseurs d’informations. L’IFCE peut en être l’animateur pour transmettre une information fiable et adaptée aux différents acteurs de la filière. Ce réseau devra permettre d’échanger des données existantes et de les centraliser. L’accessibilité à ces connaissances est un enjeu. Il existe aujourd’hui une grande variabilité de canaux de diffusion. Le numérique est une opportunité pour accompagner ce changement et toucher un public plus large. Le développement de structures d’encadrement technique de la filière augmente les besoins en connaissance. Ce réseau de diffusion devra prendre le virage nécessaire à l’accompagnement des transformations structurelles de notre filière.

2 Méthode

2.1 Le constat

 Les informations sont souvent non vérifiées et diffusées de façon très dispersée

 Les canaux de diffusion sont multiples :

o Print (ouvrages, presse, affiches, pockets, flyers, …)

o Digital (sites Internet, forums, blogs, réseaux sociaux, bases de données, encyclopédie numérique, emailings, …)

o Présentiel (colloques, vidéos, conférences, conseils, …)

 De nouveaux médias de diffusion se développent rapidement : vidéos, web-conférences, podcasts, applications smartphones.

 Une masse importante de connaissances existe, mais sa diffusion n’atteint que difficilement ses cibles.

 On recense différentes catégories de cibles : finales (celles à qui l’information est destinée), intermédiaires (relais de diffusion par lequel l’information passe vers une cible finale) et larges (nommées habituellement « grand public » externes à la filière). La cible intermédiaire retient plus particulièrement notre attention dans le cadre d’un réseau afin de gagner en efficacité.

 Les acteurs de la filière ont des profils très variés, plus ou moins en attente de d’information et de technicité (les personae).

 L’IFCE (Institut technique) possède un bon niveau d’expertise et diffuse une information fiable.

Mais il ne parvient pas seul à toucher l’ensemble d’un public très diversifié, notamment en dehors de ses « clients » historiques.

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Figure 1 : Potentiel de conquête de la diffusion de la connaissance sur les personae (Jeanne Dolley, IFCE).

2.2 La Méthode

Création d’un réseau associant des partenaires relais de diffusion et/ou contributeurs animé par un comité favorisant également la centralisation des connaissances

Mieux diffuser selon le principe : B to B to C = Business to Business to Costumer

On utilise le relai d’un partenaire plus pertinent pour atteindre la cible finale qui fait partie intégrante de ses liens privilégiés de fonctionnement (les abonnés d’un magazine de presse, les adhérents d’une association professionnelle, les licenciés d’une fédération sportive ou professionnelle, les clients d’un prestataire de service, …).

Produire plus de connaissance grâce à des contributeurs : l’expertise reconnue des partenaires du réseau, leur capacité à mener des programmes de recherche et leur intégrité justifient leurs contributions à la création de nouvelles connaissances et supports de connaissance dans le cadre du réseau. Les échanges facilitent la connaissance du besoin et le choix des priorités.

Recenser ce qui existe, archiver, stocker les productions de connaissances et la rendre accessible : le recensement des données existantes, la création de liens entre les bases numériques des partenaires et leur centralisation sont des étapes essentielles du fonctionnement du réseau. Ne pas refaire ce qui existe. Le rendre plus accessible en le recensant et en communiquant.

Animer le réseau : Le réseau de diffusion doit pour fonctionner être animer autour d’un comité de pilotage.

Se réunir, échanger des informations, décider de nouvelles orientations ou priorités, être tenu informé.

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Figure 2 : Le réseau des réseaux : une diffusion des informations BtoBtoC (IFCE) 3 Résultats

3.1 Un réseau de partenaire

A ce jour, il existe un réseau d’une trentaine de partenaires associés avec l’IFCE via des conventions bipartites. L’IFCE occupe par conséquent une place centrale dans ce réseau, mais est une courroie de transmission entre les différents partenaires, créant ainsi une synergie autour de l’existant. L’importance de ces partenaires est variable selon la nature de leurs cibles finales et leurs spécificités. Afin de garantir une fiabilité des informations diffusées par le réseau, leurs membres doivent pouvoir garantir leur intégrité de fonctionnement au sein de ce réseau. Une charte devra rapidement être mise en place pour en prévoir les règles d’exclusion et les limites des contributions de chacun.

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© Institut français du cheval et de l’équitation 2019 Figure 3 : Les relais de diffusion partenaires de l’IFCE

3.2 Le comité de la diffusion de la connaissance Un premier comité s’est réuni le 14/01/19 à Montreuil.

Liste des partenaires associés : CCN, Cheval Santé, Cheval TV, Educagri, Ekism, Equicer, Equimov, EquuRES, FCC, France-Galop, Fadeteq, FEG, FFE, GHN, Grand-Prix Magazine, Groupe Paris-Turf, Haras de la Cense, Hippolia, IDE, IDELE, L’Eperon, Le Selle Français, MSA, RESPE, REQS, Sciences Equines, SHF, … Les premières décisions du comité de la diffusion ont été les suivantes :

 Recenser les sources de connaissances existantes chez les différents partenaires,

 Etablir des liens entre leurs bases de données existantes,

 Désigner 3 thématiques prioritaires en 2019 : Bien-être, Economie et Infra-structures au sens large.

 Définir des règles de déontologie régulant le fonctionnement du comité et l’admission de ses membres et leurs rôles.

 Mettre en œuvre un plan de communication pour faire valoir la fiabilité et la neutralité des informations diffusées par le réseau.

L’animation de ce comité a été confiée par sa décision à l’IFCE.

Le comité devrait se réunir au moins 1 fois/an. Mais il pourra constituer différents groupes de travail spécifiques à certaines thématiques. Il fonctionnera par ailleurs par échange de mails et e-mailing de diffusion d’informations et d’actualités.

3.3 La médiathèque

Il existe aujourd’hui à l’IFCE une médiathèque rassemblant 55 000 ouvrages et documents dont 1/3 sont téléchargeables en ligne. Le comité a souhaité le maintien et l’enrichissement de cette base tenue par l’IFCE.

L’accent devra être mis sur le référencement afin de faciliter l’accès aux documents.

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© Institut français du cheval et de l’équitation 2019 4 Applications pratiques

Trois exemples de mise en œuvre de ce réseau sont présentés :

4.1 La MSA contributeur pour la prévention et l’usage de ses données

La CCMSA dispose de données importantes relatives à l’activité des professionnels et salariés de la filière équine. Elle mène par ailleurs un programme de prévention des accidents au travail en lien avec l’utilisation des chevaux. Elle va donc pouvoir, à la fois faciliter la constitution d’un fichier central de données accidentologie permettant de prévoir les activités les plus à risque et de développer des mesures et outils préventifs. D’autre part la CCMSA pourra être impliquée dans la réalisation de supports de diffusion (fiches équipédia et web-conférences) et la conduite de formations de prévention en territoire à destination de l’ensemble des acteurs de la filière. La CCMSA met également ses données (anonymes) à disposition de l’IFCE afin de faciliter les travaux de l’observatoire économique.

4.2 Cheval Magazine diffuseur d’informations techniques d’experts pour ses lecteurs

Un programme annuel de diffusion d’articles rédigés par les experts IFCE pour le compte de Cheval Magazine a été mis en place pour 2019. 6 articles techniques d’environ 4 pages seront rédigés par les experts IFCE sur des sujets majeurs retenus conjointement.

4.3 Educagri diffuseur de connaissances pour la formation via ses propres outils

Educagri développe ses propres supports pour la formation à destination de la DGER (ouvrages, e- learning, …). L’IFCE met donc à disposition ses experts et ses supports de diffusion existant pour mettre à jour les contenus ou créer de nouveaux supports pour Educagri. Un Copil a été créé associant la DGER, Educagri et l’IFCE pour prendre en compte les attentes de la DGER à propos des thématiques prioritaires en formation équine diplômante et préciser leurs contenus.

5 Perspectives

La stratégie de diffusion mise en œuvre par le comité de la diffusion de la connaissance et l’IFCE repose sur le principe privilégiant les cibles intermédiaires pour augmenter la possibilité d’atteindre la diversité de cibles finales. Cet axe de travail est à ce stade prioritaire en 2019.

Les futurs axes de développement permettant de toucher un public toujours plus large pour lequel on souhaite s’assurer qu’il s’est bien approprié les messages, passeront par la recherche de nouvelles formes d’outils de diffusion tels que :

 La conception de vidéos courtes et densifiées (format 2 min),

 Le développement du format audio avec la mise à disposition de podcasts créés à partir de nos différents supports papiers ou numériques (dont le fichier équipédia),

 Le montage des replays de nos différents évènements en ligne (Colloques, web-conférences, …) pour les rendre plus synthétiques et attractifs sur notre chaine EquiVOD (Youtube),

 Le développement d’applications smartphones notamment pour l’accès à nos bases de données, ou utiles à la gestion quotidienne des chevaux,

 La numérisation complète et le référencement de nos documents stockés dans la Médiathèque ;

 La participation croissante au développement d’outils connectés permettant une interactivité entre l’usager et le conseil.

Cela suppose une poursuite de la réorganisation des moyens de l’IFCE, le développement de nouvelles compétences et une collaboration accrue avec nos partenaires les plus qualifiés dans ces différents domaines.

Mais cette évolution passe sans doute également par une professionnalisation au moins partielle de la conception des supports de diffusion afin de les rendre toujours plus attractifs et plus facilement assimilables.

Enfin les circuits de remontée des informations devront être rendus plus opérationnels, afin de permettre des actualisations plus systématiques des connaissances existantes et pouvoir générer des alertes destinées aux usagers détenteurs des informations à mettre à jour. Cela suppose des échanges réguliers et transverses entre les acteurs du réseau, ainsi que la tenue de veilles techniques et scientifiques.

Références

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