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MÉDECINE ET LA CHIRURGIE

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(1)

MÉDECINE ET LA CHIRURGIE

DANS LES TEMPS

PRÉHISTORIQUES ET PROTOIIISTORIÜUES

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Par le Professeur Dr A.-F. LE DOUBLE, de Tours,

ASSOCIAINATIONAL DP. L’ACADÉMIE 'MÉDECINE, LAURÉAT DE L'INSTITUT (ACADÉMIE DES SCIENCES),

PRÉSIDENT D’HONNEUR DU COMITÉ LOCAL DU VI* CONGRES PRÉHISTORIQUE DE FRANCE

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MÉDECINE ET LÀ CHIRURGIE

DANS LES TEMPS

PRÉHISTORIQUES

ET

PROTOHISTORIQUES

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(4)
(5)

LA

MÉDECINE ET LA CHIRURGIE

DANS LES TEMPS

Par le Professeur Dr A.-F. LE DOUBLE, de Tours,

ASSOCIÉ NATIONAL DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE, LAURÉATDE L'INSTITUT (ACADÉMIE DES SCIENCES), MEUDRÏ-CORRESPONDANT DE L’ÉCOLE D’ANTHROPOLOGIE DE PARIS,

PRÉSIDENTD’HONNEUR DU COMITÉ LOCAL DU CONGRÈS

PRÉSIDENT D’HONNEUR DU COMITÉ LOCAL DU VI* CONGRES PRÉHISTORIQUE DE FRANCE

PARIS

VIGOT FRÈRES, Éditeurs

23, PLACE DE L’ÉCOLE DE MÉDECINE.

1911

(6)
(7)

Au Journaliste médical parisien qui n'a jamais mis son beau talent d’écrivain et sa vaste érudition qu’au service des causes justes et Iwnnéles,

A M. le Docteur F. HELME.

Hommage Reconnaissait;-.

A.-F. LE DOUBLE.

Tours,le 20mai 1911.

' k. .11

(8)
(9)

V|o CONGRÈS PRÉHISTORIQUE DE FRANCE (TOURS, le 20-28 Août 1910)

LA MÉDECINE ET LA CHÏRURGIE

DANS LES TEMPS

Messieurs,

Les sciences les plus nécessaires sont aussi les plus anciennes.FillesdelàCharitéetdelaSouffrance,

la

médecine

et la chirurgie sont nées, avec la pre- mière plainteet la première blessure,

dans

l’obscu- rité des cavernes

se réfugiaient nos sauvages an- cêtres les Troglodytes des âges de la pierre.

En

présencedesgrandes découvertes delapalethnologie

et de laprotohistoire qui ont tantaccrula

somme

de nos connaissances et reporté si loin

en

arrière les

bornes de notre horizon,

on ne

peut plus voir,

en

effet, dans Hippocrate,

comme

dans ses prédéces-

seurs

ou

ses successeursimmédiats, le pundîtTcha- raka, l’hiérophante

Hermès

etle Chinois Hoang-ti,

que

des auteurs relativement

modernes

et,

en

quelque sorte,

que

descontemporains. Qu’est-ce

que

les quatre

ou

cinq milleansqui

nous

séparentd’eux, auprèsdesmilliers de siècles

pendant

lesquels avait déjà vécu et pâti ici-basavant eux, l’humanité ?

Les

livres hippocratiques

eux-mêmes,

lezodiaque

médi-

cal indou, les

papyrus hermétiques

et les Chou-

Ivings, objets des

commentaires

et des méditations de tant desavants et de lettrés,

ne

doivent plus être considérés

comme

des

œuvres

personnelles,

mais

comme

des recueils de faitsantérieurs, soigneuse-

ment

collationnés,

que

la tradition des peuples re- connaissants avait conservés et

que

l’invention de

l’écriture a rendus immortels.

Soudain les temps ontreculé;

L’ombre a fui ; les tombeaux, les débris ont parlé (1).

Dans

les dépôts

non remaniés

des alluvions flu- viatiles postpliocènes, et les lianes vierges des dol-

mens

de l’Europe, de l’Asie et de l’Afrique,

au

sein inexploré des

mounds

et des cliulpas

du Nouveau-

(1) Lbgoüvè. Les Souvenirs.

(10)

Monde,

à la base oscillante intacte des

Kjœkken- mœdclmger

ou

amas

coquilliersde VAustralie, aussi bien

que dans

les divers

hypogées

protohistoriques inviolés de tous les pays,

on

a découvert des osse-

ments ou

des corps

humains,

entiers ou incomplets, portant les

marques,

visibles et tangibles, de mala- dies et d’opérations réputées nouvelles.

Ici c’est l'achondroplasie (1), personnifiée et ado- rée par les Cabires phéniciens (2) et les

Mages

de l'Egypte

pharaonique dans

le dieu

Phtah

(3) etpeut- être

également

dansle dieu Bès(4), etdont la nature héréditaire, contestée par certains pathologistes, est attestée parles deuxnaines,Ati,

femme

de Pariliou, roi de

Poun,

et sa fille, sculptées en ronde bosse, lapremière,

dans

le registre supérieur, 1a. seconde,

dans

leregistre inférieur,

du

bas-relief

du

temple de Deir-El-Bahari ; c’estle,pied bot(5) compliqué, chez

le

pharaon

Siptah, d’un raccourcissement de la

jambe

entraînant

une

claudication dont il souffrit plus

dans

son orgueil

que

dans sa personne : c’est

(1) Un nain du palais, Nam-Hotep, chef des parfums ou maître de

la garde-robe pendant ies dernières dynasties pharaonitpies et dont

lastatue décoraitunedesnécropolesde Saqqarah, étaitaffectéd'achon- droplasie. (Cf. V. Porak.. L’achondroplasie. Nouvelles Archives d’obsté- trique et de gynécologie, 1899-1900, et P.Marie. Presse Médicale, 14juillet 1900).

Le Musée de l'Ecole des Beaux-Arts de Parispossède (n° 3483) le

moulaged'un nain achondroplase del'ancienne Egypte,conduisantun

taureau. 11existe, au Musée du Louvre, une dizaine de figurinesre-

produisant avecfidélitétoutes lesdéformations physiques engendrées par l'achondroplasie. Parmi elles je signalerai en particulier des petites divinités à tètes de bélier(/VoumP)comprisesentre les n“2292

et2267(salle historique)etunbeau spécimen en terrevernisséebleue dans la grande vitrine centrale des bijoux (vitrine11).

Dans le Dizionario dimilologia egizia (1 LavolaXCIX, figura1)ilest

quesLion d’un achondroplase dontla statue figuredansleMuseeroyal de Naples(n° 401), etc.,etc.

(2) Audire d'Hérodote, les Cabires phéniciens « étaient les fils de

Phtah». .

(3)Parrot.Recueildetravauxrelatifs à laphilologieetàl’archéologie,

t. II.p.129. Paris,1880(sur l’origined’unedes formesdu dieu Phtah).

(4) V. Porak en a fait un achondroplase, etF. Régnault (Archives générales de médecine, 1902) un myxœdématcux. Il est assez difficile de se prononcer à cetégard. Sur les dessins et les statuettes du dieu Bès, même sur celle d’un art si fini trouvée dans le Sérapeum de Memphis et conservée au Musée du Louvre, il est impossiblededire

si la bouffissure des joues, l’enfoncement de la tète dans le cou, le

gonflement du ventre sont dus a l’infiltration d eau sous la peau que provoque le myxcedème, ou au dépôt sous-cutané de graisse qui accompagne souvent l'achondroplasie.

(5) Un nain de l’antique Egypte, atteintde double piedbol varus, estreprésentédans l’ouvrage de Rosselini H., intitulé Monuments ce l'Egypte et de la Nubie. Deux statuettes du Musée duLouvre,1res an- ciennes et provenant, l’une d’Egypte, l'autrede Chypre, ont. 1”>,e et l’autre, les jambescontournées et un pied bolvarusa droite. ( .

Charcotet Richer. Les DifformesetlesMaladies dans l

'

art.Pans, lb.u, clHeuzey. Catalogue des figures du Louvre, planche o.)

(11)

9

la variole dont,

comme

Louis

XV, mourut Ram-

sès

Y

(1), le rachitisme, le

rhumatisme,

la gravelle

biliaire et la gravelle urinaire, l’hydropisie

du

crâne avec tous les caractères

que

lui a attribués,

au

siècle, le

médecin

Antyllus, le torticolis chro- nique, révélé par

un

de ses

symptômes

ordinaires, la déformation oblique ovalaire

du

crâne

ou

plagio- céphalie (2), le

mal

vertébral dont P. Pott.a indiqué, en 1779, les phases successives et l'origine tubercu- leuse, l’ostéo-périostite avec

ou

sans formation cl’un séquestre invaginé (3), la carie, la nécrose, la luxa- tion congénitale de la hanche, la luxation de la

seconde vertèbre

du

cou

ou

axis sur la première

ou

atlas (4), Là, ce sont des ulcérations serpigineuses des os de la voûte

du

crâne, les exostoses éburnées

et les kystes alvéolo-périostiques des mâchoires, décrits hier par Magitot, des altérations multiples des dents (5) et des sinus maxillaires, des

tumeurs

blanches terminées par ankylosé, des fractures, simples

ou

compliquées, guéries sans difformité et sans raccourcissement, des blessures par

armes

de guerre, dont le projectile,

demeuré

dans la

trame

des tissus n’a pas

amené

la mort, ainsi

que

le prou- vent les végétations osseuses qui l’ont entouré et parfois

complètement

enseveli, etc., etc. Ailleurs, enfin, ce sont

deux

opérations sérieuses, la trépana- tionet la mutilation sincipitale

en forme

de

T

entier

ou

incomplet.

De

toutes les lésions traumatiquespréhistoriques

(1)La face,lescuisses,l’abdomen de la momiedeRamsèsV, offrent des traces d’une éruption pustuleuse ;on y voit, de plus, vers l’aine droite, un bubon ulcéré à lèvres épaisses, enduites d’une pommade

noirâtre. (Cf.Maspéro. LesPharaons àl’inspection médicale.)

(2)La plagiocéphalie. que détermine le torticolischronique,a été étudiée ily a quelques années seulement par les chirurgiens-ortho- pédistes.(Cf.Broca. Déformation du crâne sous l'inlluence du torti- colischronique. Bulletins de la Société d’anthropologiede Paris, p. 21, 1872 et p.452, 1870.)

(3)Surun fémur de la grotte de la Lave (Collection Deydier) on constate qu’au-dossous de labifurcation inférieure de la ligne âpre

etdans une longueur de6 centimètres, le diamètre del’os égale 105 millimètres. Cette augmentation devolume estdue à un proces- sus d’ostéiteavec foyers de suppuration. Il existe dans la région gonflée un pertuisqui a donnépassage à unpetitséquestre.Lecanal médullaire est intact. 11 s’agit doncbieq d’uneosléo-périostite et

nond’une ostéo-niyélite.(S, P. Raïxiond. Revue préhistorique, p 43.

Paris, 1906.)

(4) Marcel Baudouin. Bulletins de la Société d’anthropologiede Paris p. 553, 1904.

(5)Sur la mâchoireinférieured’un des squelettes paléolithiquesde Rrapina, on remarque, au niveau de la seconde prémolaire gauche,

l’orifice d’une fistule dentaire qui paraît avoir été causée par l’usure de l’émail des dents, la dentine ayantété secondairement attaquée.

Ce cas defistule dentaire humaine est certainement le plus ancien qu’on connaisse.

(12)

les plus

communes

sont les plaies de tête par ins-

truments

tranchants, piquants

ou

contondants. L’a-

dage

honio

homini infenms

nascitur

(l’homme

naît l’ennemi de

l’homme)

a été, hélas ! Messieurs, vrai de tout temps.

Deux

des êtres

humains

à physiono-

mie

bestiale, dormant,

au

fond d’une grotte, à Kra- pina et à Néanderthal, depuis des

temps

incalcu- lables,leur

suprême

sommeil, sur

un

lit delœss, ont lutté, l’un et l’autre,

pour

satisfaireleursbesoins ou leurs passions, contre leurs semblables.

Moins heureux que

vaillants, ils ont reçu, l’un et l’autre,

des blessures dont ilsont conservé des traces, l’un,

au

niveau de l’arcade sourcilière droite (1), l’autre,

au

bras

gauche

et au-dessus de l’arcade sourcilière droite.

Un

crâne féminin,d’une sépulture antéhisto- rique de Gro-Magnon,présente

une

plaiepénétrante de l’os

du

front à laquelle s’adapte

une

pointe de lance

en

pierre taillée, gisant à proximité sur le sol(2),etc.,etc.

Le moyenle

plus sûrdesedébarrasser de son adversaire

dans un combat

corps à corps, c’est de le frapper à la tête.

Les

plaies de tête sont plus graves

que

celles des autres partiesde l’orga-

nisme

; celles

même

qui n’intéressent

que

le cuir chevelu ont leur danger.

Nos

lointains aïeux s’en étaient

rapidement rendu

compte, et

ne

pouvant,en raison de l’imperfection et

du peu

de puissance de leurs

armes

dejet, se massacreraisément de loin,

s’assommaient

ou

se blessaient de près à coups d’épieu, dé

massue,

de casse-tête de bois

ou

de hache, ou de lance,de pierre.

Sicette constatation est douloureuse,

nous

en fai-

sons,

heureusement,

Messieurs,

une

autre plus con- solante. Il

ÿ

a eu

un

progrèsgraduel de l’altruisme inconscient des parents, à l’altruisme conscient

du

genrele plusélevé.

A

lafin del’âge

du

renne,l’assis- tance est organisée.

On

soigne affectueusement et

patiemment ceux

qui

consomment

sans produire, les vieillards, les blessés et les malades. Lescrânes édentés desvieillards se multiplient dans les gise-

ments

préhistoriques(3).

Des

mégalithistèmes(4)de

(1) Gorjanovic-Kramberger. Korrespondenz Blatt des archiv ftir An- thropologie, 1909.

(2) Broca. Mémoires de la Société d’anthropologie de Paris, 1869.

(3) Le nombre des crânes édenlés de vieillards trouvés à Solutré est considérable. (Pruner-Bey. Le Méconnais préhistorique, 1869.)

Dans la station du Clos-Charnier (Saône-et-Loire), il y a des indivi- dus de tout âge et de tout sexe, mais les enfants et les vieillards paraissent dominer (Ferry et Arceljk. L’âge du renne en Mécon- nais. Mémoire surla station du Clos-Charnier,1868)_, etc.

(1) Constructeurs de mégalithes (dolmens, menhirs, cromlechs).

Ce néologisme abréviatif a été créé par Bertrand, membre de l’Ins-

titut, directeurdu Muséedes Antiquités nationales de Saint-Germain- en-Laye.

(13)

11

Triel, de Nogent-les- Vierges, d’Oyes, de Vicq-sur- Aisne, de Cro-Magnon, etc., ont été si bien traités

qu’ils ontsurvécu à de larges entailles

du

front et des

tempes

au fond desquelles palpitait le cerveau,

mis

à

nu

: le travailde réparation des os scrutéssous toutes leurs faces en fait foi.

Au nombre

des pièces anatomo-pathologiques extraites des

chambres

sépulcrales néolithiques, il en est trois sur lesquelles les professeurs P. Bar-

tels, de Heidelberg (1), et P. Broca, de Paris (2), ont présenté des considérations magistrales.

La

pre- mière est

une

colonne vertébrale cyphotique par

mal

de Pott et dont la quatrième et la

cinquième

vertèbres

du

dos, écrasées, évidées, presque

mécon-

naissables, sontunies, l’une et l’autre,par des jetées osseuses, à la sixième.

La

seconde est

une

ankylosé

du

cou-de-pied consécutive à

une

ancienne

tumeur

blanche; lajointure a

longtemps

et

abondamment

suppuré, l’extrémité inférieure

du

tibia a été le siège d’une carie

ou

d’une nécrose dont

on

aperçoit

la cicatrice.

Quoique

toujourstrèsgraves, le

mal

de Pott et les

tumeurs

blanches suppurées des grandes articulations

peuvent

guérir sans l’intervention de

l’art, sous la seule influence de l’immobilité prolon- gée. Les

malades

dont il

ne

reste

que

ces significa- tifsdébris ont

donc pu ne

pas être l’objet de soins spéciaux,

mais

il estintéressantde

remarquer

qu’ils ont trouvé, tous deux,

dans

leur famille

ou dans

leur tribu, des personnes dévouées qui ontpartagé avec eux,

pendant

plusieurs mois, les produits de leur travail

ou

de leur chasse (3). N’est-ce pas là,

Messieurs, je vous le

demande,

l’indice d’un état socialles sentiments d’humanité et de solidarité étaient déjà développés?

La

troisième pièce anatomo-pathologique est

une

fracture del’extrémité inférieure de la

jambe,

avec déchirure des téguments, suppuration, expulsion de plusieurs esquilles. Cette fracture, ditecompliquée,

est trèsdifficileà réduire ; elle

ne

se consolide qu’à

la faveur d’un traitement bien dirigé et d’un appa-

reil de contention solidement

maintenu;

elle guérit

rarement

sans laisser de difformité. Ici le cal est parfait. « 11 n’estguère de chirurgiencontemporain,

s’est

exclamé

P. Broca, qui ne fût pas satisfait en

pareille occurrence, d’obtenir

un

aussi

bon

résultat.»

(1) P. Bautels. Arch.f. anthropol., p. 243, 1907.

(2) P. Broca. Bulletinsde la Société d'anlhrop. de Paris, p.liS, 1870.

(3) Une vertèbre de renne ramassée dans la station des Eyzies remontant à l’âge de la pierre polie, contient encore la llcche en silex qui l’a frappée.

(14)

Et cette cure

remarquable

n’est pas

une

exception

Une

des clavicules d’un squelette paléolithique de ICrapina, brisée

en deux

fragmentsréunis par

un

cal osseux, n'est pas aussi

déformée que

certaine cla- vicule

moderne

à la frapture de laquelle

on

a remé- dié par l’applicationd’un

bandage

amovible d’abord, et d’un

bandage

inamovible ensuite. Sur 22 frac- tures phéhistoriques décritespar Nicaise,Topinard

et Le

Baron

(1), il rty en a

que

5 dont le cal soit défectueux. Les consolidations vicieuses sont surtout représentées par les solutions de continuité des fémurs.

En

dépit des

immenses

progrès de la chirurgie, nos statistiques hospitalières ne sont pas plus satisfaisantes, maintenant, Messieurs,

quand

il

s’agitde

traumatismes

de ce genre.

Les fractures et les luxations étaient-elles plus

communes aux

âges lithiques qu’actuellement ?

Adhuc

sub judice lis est.

On

a dit, il est vrai,

que

la

luxation congénitale de la

hanche

est

une

desmala- dies qu’engendre la civilisation, parce

que mon

col- lègue,leprofesseur

Le Damany,

del’Ecole de

méde-

cine de

Rennes,

l’a rencontrée plus

fréquemment,

de notre temps, chez les

Européens que

chez les Asiatiques, et chez les Asiatiques

que

chez les

nègres et qu’on n’en a relevé des vestiges

que

sur les os des

hanches

detrois Dolméniques(2). Maisles statistiques

du

professeur

Le Damany,

à ce propos, prêtent, d’une part, matière à discussion, et il est toujoursprudent, d’autre part,de réserverles droits de l’avenir.

Les

dents des

hommes du

diluvium des vallées, des tumuli et des palafittesse cariaient

moins

faci-

lement,

mais

s’usaient plus vite

que

les nôtres <3).

Il faut chercher la raisondelapremière de ces

deux

(1) Le Baron. Thèse dedoclorat en médecine. Paris,188t. Nicaise, Topinard, cités par Le Baron.

,(2| Le Damany. Les maladies de la civilisation; P.Raymond. Revue préhistorique

, p. ISO,1909 ; M. Baudouin. Bull, de la Soc. d’anthrop.

de Paris, p. 144, 1909.

(3) Actuellement il en est encore ainsi dans les races regardées

comme inférieures. Les nègres d’Océanie (les Néo-Calédoniens, les Néo-Hébridais, les Papous, les indigènes du Toud, de Lisou, etc.), les Mélanésiensont des dents très volumineuses, robustes, blanches, magnifiques. DeRochaslesdonne mêmecommeinaltérables,etTomes

etMagitot assurent qu’il est très exceptionnel de les voir se carier.

Les Arabes ont une dentition belle et résistante (Lagneau, Lave- ran). Chez les Indiens de l’Amérique, les Cherruas notamment

(d’Orbigny) et chez les Chinois, les Maltais, les Javanais dont les dents sont très brillantes et admirablement rangées, la carie den-

taireestexcessivement rare.

Les dénis s’usent, par contre, de notre temps, plus rapidement chez les sauvages que chez les Européens parce qu’ils mastiquent

les uns, comme les Malais, des subsLances corrosives analogues au

(15)

13

particularités dans

une

influence ethnique, et celle de la seconde, dans le

mode

d’alimentation.

De

très

bonne

heure et partout les

Européens

primitifs ont

obéir àlaloi des habitudes et des climats et se contenter des alimentsindigestes etgrossiers,

qu une

naturemarâtre, en travail d’enfantement, mettait à leur disposition. Ils se sont repus de viandes co- riaces, de fruits et de racines sauvages et d

un

pain plus

dur que

le sempernicheel delà

Westphalie

et leflatbroed de la Norvège.

Le

pain fabriqué par les habitants des cités lacustres de la Suisse, qui

nous

est parvenu, est

mal

pétri et fait sans levain ; il ren- ferme des

glumes

et des gra ns à peine broyés par

la

meule

à

main

et des poussières granitiques de

cette

meule

(1),

absolument comme au temps

d’Ulysse, roid’Ithaque, lorsque de pauvres

femmes

esclaves s’exténuaient à écraser, par la force de leurs bras, le blé destiné à nourrir la chaste Péné- lope et ses cinquanteprétendants.

En

Egypte, la carie dentaire

ne prédomine

sur l’usure dentaire qu’au déclin de l’ancien

Empire.

Ramsès

II, presque octogénaire, avait les dents blanches et saines,

mais

réduites à moitié de leur hauteur (2). Etcependant la santé

du vainqueur

des Khétascélébréparle Pentaour,étaitloin d’êtrefloris- sante.

De même que

Charles-Quint,

Napoléon

I"

1

' et

maintsautresillustres capitaines,Sésostris-le-Grand souffrait d’une affection chronique de la peau.

Dès

la

XIX

e dynastie l’art de la prothèse dentaire estcréé;

un

basilico-grammate

en

vantelesbienfaits,

bétel, les autres, comme les Patagons, des substances très dures. Sui- vantla manière dont elle s’effectue, on distingue, enanthropologie, trois variétés dans l’usure des dents : l’usure plane ou horizontale, l’usure oblique externeet l’usureoblique interne.

Pour la carie dentaireàl’époque néolithique, consulter:L. Camus.

Bulletins de laSociété d’anthropologie de Paris, p.13G, 1910 et P. Ray- mond. Bulletinsde laSociétépréhistorique de France, 1904-. M. Baudouin.

Bullel. de la Société d’anthropologie de Paris, pp. 83-85 et 676, 1909 et Siffre, cod. loc., pp. 82-83, 1909 et Æsculape, p. 18, 1910. L’usure de la première et de la seconde molaire de lait à l’époque néoli- thique, a été spécialement étudiée par ces deux derniers auteurs.

(1) M. Baudouin, A. de Mortillet, Zaborowski. Bull, de la Soc.

d’Anthrop. de Paris, 1909. Zaborowski suppose quecette réduction de

la hauteurdes dents desNéolithiques pourrait bien être enrapport, aussi avec un usage ignorédenous avec la mastication d’un fruit ou d’unlégume comme la fève sèche avec laquelle les chameliers égyp- tiens modernes usent, en la mastiquant, leurs dents.

(2) La momie deRamsès II, cachée au fonddu temple de Deir-EI- Bahari, a été dépouillée de ses bandelettes sacrées, en 1881, par Masperoet Fauquet. Les fibres du cœurenontétéétudiéesau micros- cope par un savant qui honore grandement la Touraine, le docteur

J. Renaut, professeur à la Faculté de médecine de l’Université de Lyon, membrede l'Académie de médecine.(Cf.Lortkt.Comptesrendus de l’Académie des sciences, 2 avril, 1906.)

(16)

14

et les coquettes vieillies affluent à

Thèbes

(1), dans

la ‘maison de Séti,

pour demander aux

prêtres-

médecins

de

« réparer des ans l’irréparable outrage. »

Les

momies

des

hypogées

de l’antique cité, dont

les vides desmâchoiresontété

comblés

par des dents

artificiellesfixées

au moyen

de fils d’or

aux

dents naturelles voisines, prouvent

que

le savoir profes- sionnel de ces dentistes oubliés était remarquable.

Des

fouilles opérées

dans

les cimetières protohisto- riques d’Orvieto et de Tarquinia (Italie) (2)

nous

ont appris

que

celui des Etrusques desdouze villes con- fédérées

du Latium

n’était pas moindre.

(1) La découverte de l’avulsion des dentsestattribuée par Cicéron (DeNalurâ deorum), à Esculape, troisième du nom. Mais, bien long- temps avantl’aurore de la civilisation grecque,l’artdentaire existait.

Belzoni, l’éminent égyptologue, a trouvé sur quelques momies des dents en sycomore attachées par des fils d’or aux dents naturelles adjacentes. Dans la collection d’appareils anciens de chirurgie du docteur Lambros figure une pièce de prothèse dentaire, retirée à Tanagra, prèsde Thèbes (Egypte),d’unefosse creusée trois ouquatre siècles avant l’ère chrétienne. Perrine, de New-York, a consacré plusieurs pages à la description de pièces de prothèse dentaire retrouvées dans la bouche de diverses momies (A. Soûlé. Progrès médical, 1910. A-R. Æsculape, p. VIII, 1911). Des lois rigoureuses punissaient, dans l’Egypte antique, de la perte des dents certains criminels. Ceux qui les perdaient naturellement devaient donc employer tous les moyens pour cacher un défaut physique qui pouvaitcompromettre leur réputation d’honnêtes gens.

(2) On peut voir,auMusée de l’Université de Gand,plusieursdents artificielles découvertes, avec des bijoux et des vases, àOrvieto.dans une tombeétrusque datant,-à l’estimation duprofesseur Deneffe, de cinq à six mille ans avant J.-C. Des caveaux funéraires grecs de l’époquepélasgique contenaient des dents obturées avec del’or. Au

dired’Erasistrate, neveu d’Aristote et médecin de Seleucus Nicator, roi de Syrie (354 avant J.-G.), il y avait dans le temple de Delphes un instrument en plomb qui servait à extraire les dents : un tel instrument ne pouvait être évidemment employé que pour extraire les dentsqui ne tenaient guère. Les dentistes de la Rome impériale

remplaçaient lesdentshumaines tombéespar d'autres dentshumaines ou par des dents artificielles fabriquées avec de l’or ou de lacorne;

454 ans avant J.-C. il était défendu, par la loidesDouze-Tables, d’enterrer ou de brûler, sur le territoire de la République, des cadavres avec des objets en or, sauf lorsque ces objets faisaient parties intégrantes de la denture. Martial nous a même conservé le

nom d’un de ces praticiens de la stomatologie avant la lettre, logé dans une de ces boutiques du forum romanum qu’occupaientprin- cipalementles banquiers:

Eximit aut refccit dentem Crescenlius ægrum.

Ailleurs il a reproché àune femme d’ôter ses dents aumoment

d’aller aulit. Parlant d’autres femmes, ila ajouté:

Thaïs habel nigros, niveos Licania dénies,

Quæratio est?Emptoshæchahet, ilia saos.

Au XII8Congrès international de médecine quis'est tenu à Rome, en 1894, le professeurGuerini aprésenté quelques piècesde prothèse dentaire confectionnées par des confrères de Crescenlius et qui sont d’une solidité et d’un fini surprenants.

(17)

-

15

Les kystes alvéolo-périostiques des maxillaires étaient plus fréquents autrefois

que

de nosjours.

On

les rencontre surtout, Messieurs, chez les gens qui

ne

prennent

aucun

soin de leur bouche.

La

mal- propreté descontemporains enFrance, des puissants

animaux

quaternaires, éteints

ou

émigrés, égalait

celle des

Esquimaux

(1) actuels qui les rappellent tant

au

pointde

vue anatomique

qu'aupoint de

vue

des us et coutumes.

Parmi

lessquelettes

humains

préhistoriques, en- tiers

ou

incomplets,fossilisés

ou

non,

que

possèdent

le

Muséum

national d’Histoire Naturelle, le

Musée

Brocade

laSociétéd’Anthropologie deParisetdivers autres

musées

anatomo-anthropologiques français

ou

étrangers,ilenest

un

certain

nombre

dontlesarti- culations sont érodées, déformées, immobilisées par des stalactites osseuses, plusieurs dont l’épine dor- sale, détruite

en

partie par

une

infiltration tubercu- leuse, est affaissée et infléchie

en

avant, quelques-

uns

dont les côtesou lesos des

membres

offrent des

nodosités, des courbures

ou

des

amincissements anormaux.

Quoi de

moins

étonnant!

L’engorgement

desjointures,le

mal

vertébral dePott,le ramollisse-

ment

des os

ne

sont-ils,pas, Messieurs, lesmanifes- tations lesplus ordinaires des diathèses

engendrées

par la misère et la souffrance, le

rhumatisme,

la 'scrofule, la phtisie et le rachitisme.

Et quel paria

endure

ce qu’asouffert

l’homme

des

temps

géologiques?

L’homme, au moment où

il sortait des

mains

de

la nature,

pour

parlerle langage de Rousseau, a été exposé,faible etnu,

aùx

froids

mordants

delapériode

glaciaire qui transformait l’Europe tout entière et

une

grandepartiede l’hémisphère septentrionale

en

véritables terres de

mort

et de désolation. Il a logé, solitaire etfarouche,sous des abris

rocheux

et

dans

des grottes

humides que

n’assainissait jamais

un

rayon de soleil. Il a

connu

la faim qui tord les en-

trailles, la soifqui dessèche le palais, l’angoisse de l’inconnuquiaffolelecerveau.

Aveuglé

parles éclairs des volcans qui incendiaient les cieux, frissonnant d’une

suprême

épouvante, sur

un

sol qui tremblait et s’ouvrait sous ses pas, il lui a fallu disputer avec

l’ongle, le bâton etle caillou, sa nourriture et savie

(1) De toutes les races humaines contemporaines il n’y en a pas assurémentune qui soitrestée aussi pure que celle des Esquimaux, grâceà leur isolementmaintenu par tes conditionsgéographiques et atmosphériques. Lescrânesd'Esquimaux, au nombrec.'une douzaine, provenant tous du Groenland, quepossèdeleMuséum nationald’His- toirc naturelle, y forment lasérie la plus homogènedes galeries.

(18)

IG

à de gigantesques et féroces

mammifères

terrible-

ment armés

: l’éléphantàcrinière laineuse ou

mam-

mouth,

l’hippopotame amphibie, le rhinocéros di-

corne à narines cloisonnées, le chat-tigre géant, le

grand

ours des cavernes, le

machœrodus

â canines tranchantes et cultriformes, etc.

De

tous ces

monstres

il en est un, le grand ours des cavernes,_qui,

en

raison de seshabitudes et de ses

mœurs,

était plus spécialement

soumis aux

mêmes

influences mésologiques

que l’homme.

Deux

paléontologistes éminents, Meyer, de

Bonn,

etSchmerling,deLiège, ont

remarqué que

le

grand

ours des cavernes était

fréquemment

affecté d’ar- thrite déformante, de rachitisme et de carie os-

seuse (1).

Pour

clore ce qui a trait àlahauteantiquité decer- tainesmaladies, il

ne me

reste plus, Messieurs, qu’à

vous

entretenir de la gravelle dont l’existence

en

Egypte,

quand

la

couronne

de fer

du

soldat-roi,

Menés,

y

eut

remplacé

la tiare d’or

du

grand-prêtre,

nous

est révélée par la conservation multiséculaire de plusieurs calculsbiliaires et d’un calcul urinaire.

La

vésicule

du

fiel d’une des

momies

exposées, à l’abrid’une vitrine,

dans

le

Musée du

collège royal des chirurgiens de

Londres

(2), contient plusieurs petites pierres d’un noir brillant, de

forme

variée et

de

dimensions

inégales, à surface lisse ou hérissée d’aspérités et

dans chacune

desquelles

on

a

reconnu

la présence de la cholestérine et de matières colo- rantes.

Conformément aux

prescriptions rituelles, lesparaschistes, après avoir ouvert,avec

un

couteau de pierre (3),

l’abdomen

d’un des puissants digni- taires de l’Egypte royale

que

des coliques hépa-

ques

avaient

tourmenté

sa vie durant,

en

avaient

retiré le foie, ainsi

que

les autres viscères, et les avaient déposés, après les avoir

imprégnés

de natron et de substances résineuses, dans des ca- nopes,

ils étaient

demeurés

à l’abri des outrages

du

temps.

Non seulement

les fonctions

du

foie

mais

encore

celles.des reins

ne

se sont pas

continûment accom-

(1) Ona des preuves multiples del’existence deces maladies non seulement à l’époquedu bronzeet à l'époquede la pierrepolie, mais encore audébut de l’époque dela pierre taillée. Meyer a relevé des signes de rachitisme surl’hommedeNéanderthal,si éloignéde nous.

(Meyercitépar Prüner-Bey. Annales des sciences naturelles. Vote fai-

santsuite au mémoire de I,. Lortet sur les anciens Troglodytes du Périgord, 18G9). El les ostéophyles qui déforment les vertèbres du cou ou la rotule de quelques-uns des hommes primitifs de Krapina, nous renseignent sur leurs souffrances physiques et leurimpotence.

(2) lievue préhistorique,p. 239.Paris, 1908.

(3) Hérodote.

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