R EVUE DE STATISTIQUE APPLIQUÉE
A. H. B AZIN
Aspect statistique des mesures de grain
Revue de statistique appliquée, tome 5, n
o2 (1957), p. 45-75
<
http://www.numdam.org/item?id=RSA_1957__5_2_45_0>
© Société française de statistique, 1957, tous droits réservés.
L’accès aux archives de la revue « Revue de statistique appliquée » (
http://www.sfds.asso.fr/publicat/rsa.htm
) implique l’accord avec les conditions générales d’uti- lisation (
http://www.numdam.org/conditions). Toute utilisation commerciale ou im- pression systématique est constitutive d’une infraction pénale. Toute copie ou im- pression de ce fichier doit contenir la présente mention de copyright.
Article numérisé dans le cadre du programme
- 45 -
ASPECT STATISTIQUE DES MESURES DE GRAIN
par
A. H. BAZIN
Le
problènie
ii étudier est celui del’homogénéité
dugrain.
10
Définition
du « grainhomogène »;
2°. Déterminafion d’un critère
d’homogénéité permettant
de décider si unéch«ntillon
méfcillargiqne
donnéprésente
ungrain homogène
ouhétérogène.
LIMITE DE L’ETUDE.
La
présente
étude ~ est limitée aux métaux purs etalliages
en solutionssolides (c’est-à-dire an.i corps à une
seule phase)complètement
recristallisésaprès
un corroyage à
froid suffisant
pour détruire la structure defonderie.
L’étude a été menée
principalement
sur des métaux nonferreux
lourds (cuivre et laiton) maisquelques
études analogueseffectuées
sur l’aluminiltm et 1 aeier doux par d’autres auteursdonnent
à penser que lagé~néralisa~tion
à tous lesmétaux doit
pouvoir
sefaire
sansdifficultés.
1 -
DONNÉES EXPÉRIMENTALES
DUPROBLÈME
La cristallisation d’ un métal observé sur un échantillon
poli
et convenablementattaqué,
se révèletoujours irrégulière quant
à la taille et à 1arrangement
desgrains.
Ces
grains
sont des sections par leplan
de coupe despolyèdres
cristallinsqui
sontthéoriquement
destétrakaidécaèdres, figure d’équilibre
de masses fluidesjuxtaposées
etséparées
les unes des autres par uneenveloppe présentant
destensions
superficielles (grappe
de bulles de savon parexemple).
Le
plan
de coupe étant choisi au hasard, les sections depolyèdres égaux
sontévidemment de tailles différentes. Leur surface varie
depuis
0(plan
de coupe passant par unsommet) jusqu’à
une valeur maxima Sm - etprend
entre ces deuxvaleurs limites, toutes les valeurs
possibles
S.On a calculé
(1)
lafréquence théorique
de ces diverses valeurs : 1. - Ensupposant
les cristauxsphériques égaux (courbe I)
"
2. - En
supposant
les cristauxconiques (courbe II)
(Courbes tracées à main levée à titre purement
indicatif)
(1) Cf. W. D1CKENSHFID - Méthode calcul des grains et son application. Métaux Corrosion Industries. n° 341 (janvier 1954) pages 14 à 23.
Un calcul
théorique
a montréégalement qu’une
partimportante
de la surfacetotale
(50 %)
devait êtreoccupée
par desgrains
de section peu différente du maximum(0,8
Sm dans le cas degrains sphériques -
0, 5 Sm dans le cas degrains
coniques).
L’expérience
montre que la distribution réelles’éloigne beaucoup
de l’une etde l’autre de ces deux distributions
théoriques
et que lafréquence
despetits grains
est
beaucoup plus
forte que celleprévue.
Ces
petits grains correspondent à peu près
aux vides laissés entre lessphères
ou les cônes
adoptés
dans la théoriesimplifiée,
videsqui
dans la réalitéexpéri-
mentale, sont évidemment
occupés.
_Leur influence sur la mesure du
grain
moyen effectuée par les méthodes habituelles(comptage
du nombre degrains
sur une surfacedéterminée)
est trèsvariable. En effet,
plus
legrossissement
dumicroscope
est fort etplus
on arriveà
distinguer
depetits grains ;
le nombre degrains comptés augmente
avec legrossis serrent
et legrain
moyen calculé diminue enproportion
inverse.D’où la nécessité de travailler à
grossissement
constant - nécessitéqui
comporte certains inconvénients comme nous le verronsplus
loin.Nous devons ces remarques à M. DISKENSHEID
(1)
ainsiqu’à
MM. KOSTRON et DEDERICKS(2).
Ces auteurs ont
également procédé
à l’étudestatistique
des distributions desgrains
surmicrographie
et constatent que, du fait de lafréquence
anormale depetits grains,
il étaitindispensable d’adopter
pour les surfaces desgrains,
une échellelogarithmique,
de manière à distribuer lespetits grains
entre un trèsgrand
nombre de classes de faible intervalle et à regrouper les grosgrains
peunombreux dans un
petit
nombre de classes degrand
intervalle.L’erreur commise en
groupant
ainsi lesgrains
par classe estégale
à l’in-tervalle de classes ds ds
L’erreur relative
as
s est constante(par
définition de la fonctionlogarithmique.
Nous avons
adopté :
~ ~ 20 %
sLa
précision
de mesure des surfaces desgrains
étant à peuprès
de cet ordrede
grandeur.
Il -
ÉTUDES
DES MICROGRAPHIES-TYPE DE L’A. S.T. N. (3)Nous avons étudié 8 des
micrographies type
de l’AmericanSociety
forTesting
Materials
(45 -
50 - 60 - 70 - 90 - 120 - 150 -200~).
Pour
chaque micrographie,
nous avonsplanimétré
lesgrains
individuellement et construitl’histogramme
defréquence
deslogarithmes
des surfaces degrains
et des
diamètres,
cequi
revient à essayerd’ajuster
sur la distributionexpéri- mentale,
une loi du typelogarithmo-normal.
(1)
Art. cité plus haut(2) Archiv fur Metallkunde 3 - t~’49 - 193
(3)
Conformément à la méthode de mesure normalisée ASTM, nous avons admis que le"diamètre" D d’un grain était égal à la racine carrée de sa surface.
- 47 - A - Forme des
Histogrammes -
NormalitéTous ces
histogrammes
serapprochent grossièrement
d’une loi normale - et s’enrapprochent
d’autantplus
que legrain
moyen estplus
fin.Nous avons tracé les droites de HENRY
correspondant
aux distributions des micros 50 - 60 - 90 - 120 - 200 microns.(Voir Fig.
1 etFig.
1 A à 1H).
Alors que les courbes relatives aux
micros
45 et 60s’éloignent
peu d’une droite et révèlent toutjuste
unelégère dissymétrie,
la courbe90 il indique
uneforte
dissymétrie (Mode
à droite de lamédiane)
et les courbes 120 et 200 trahis- sent sansambiguité possible,
la bimodalité de la distribution.Les courbes sont assez mal définies dans la zone des
petits grains,
difficilesà
planimétrer (et
dont le nombre varie suivant la netteté de laphotographie)
maisleur allure est
caractéristique.
Sion
remplace chaque
courbe par sa droite moyenne, on obtient un réseau de droites dont la pente décroitlorsque
legrain
moyenaugmente,
cequi
traduit uneaugmentationde l’écart-type - augmentation légère -
comme nous le verronsplus
bas.
Par ailleurs, dans la zone des gros
grains,
la courbe permet de déterminer parextrapolation
assezprécise,
leplus
grosgrain possible (au
seuil deprobabi-
lité
1°/°°)·
C’estl’ abaisse dupoint
de la courbe defréquence
cumulée d’ordonnée0,999.
Nous avons obtenu, en fonction du
grain
moyen, les valeurs suivantes :Moyenne G/ m #
2, 7Un calcul de
régression plus précis
a donné :G #
2,8m
NOTA - L’utilisation de seuil de
probabilité 1/1000 appelle
une remarque.Onpeut
estimer trèsimprobable
de trouver ungrain
deprobabilité
inférieureà
1/ 1000
si le nombre degrains comptés
sur lamicrographie
est faible.Si l’on compte 20 grains
par micro, ons’expose
à trouver en moyenne 1 microsur 50
qui présentera
1grain plus
gros que G calculé ci-dessus.Il n’en est pas de même si on
compte
500grains
sur la micro. Dans ce cas ons’expose
à rencontrer une fois sur deux(ou presque)
ungrain supérieur
à la valeurlimite
adoptée.
On devrait donc pour être
logique :
- oubientravailler à
grossissement
variable, de manière àcompter toujours
le même nombre de
grains
dans lechamp
dumicroscope quel
que soit legrain
moyen. ce
qui
est évidemmentimpraticable
pour des mesures de contrôlerapide
et à déconseiller pour la raison
signalée plus
haut.Ou bien
adopter
pour le calcul de G un seuil deprobabilité
variableet égal
â, 1 n
étant le nombre degrains comptés
surchaque micrographie
et p le nombre pnmoyen de
micrographies
examinées entre deuxapparitions
d’un grosgrain
"anormal" c’est-à-dire excédant la limite
théorique
calculée.Cette manière de
procéder
comporte un grave inconvénient carl’extrapolation
des résultats
expérimentaux
devient très douteuse pour les faiblesprobabilités.
Nous avons donc été amenés à la conclusion que cette notion de
"plus
grosgrain possible"
n’était pas d’ungrand
secourspour juger
del’homogénéité
dugrain.
Nous avons néanmoins achevé l’étude
complète
deshistogrammes
en calcu-lant pour chacun d’eux :
- la moyenne
log ~
deslogarithmes
des surfaces degrain.
-
l’écart-type
cr deslogarithmes
des surfaces.- le coefficient de
dissymétrie j3
et le moment d’ordre3, P.
3 pour les histo - grammes s’écartant nettement d’une distributionlogarithmo-normale.
Le tableau I ci-dessous résume les résultats :
PARAMETRES DES DISTRIBUTIONS
On constate en examinant ces résultats :
(voir Fig. 2
et 2bis).
1.-
uneaugmentation’del’écart-type
en fonction dugrain
moyen. La droite derégression (de
cr enlog m)
calculéeindique
uneaugmentation
moyenne de cr de0,156
pour uneaugmentation
de 1, 0 delog
m(ce qui correspond
à unemultiplica-
tion par 10 de
m) (voir Fig. 2).
Parallèlement
l’amplitude augmente
maisproportionnellement
moins vite quel’écart-type
car le nombre degrains comptés,
diminuequand
maugmente
et cecitend à faire diminuer
l’amplitude (voir Fig. 2 bis).
- 49 -
Fig,
1,.. Micrographies - Type ASTMCombes de
tr~quenee
cumulée des diamètres de grains Miches de gr4inumoyen 45-60-90-120-200 ~
Fig.l-A
-51- Fig. 1 -p
F~g, 1-C
- 53 - Fig. 1-D
F ig. 1 - F
- 55 - Fig. 1-F
F 19 . J - G
- 57 - Fig, 1-il
Fig. 2.- Variation de
l’écart-type
en fonction du grain moyen.
- 59 -
Fig. 2 bis. - Variation de l’Amplitude
~n fonction du grain moyen m
(Micrographies
A.S.T.M.)2. - Une
augmentation
du coefficient dedissymétrie P lorsque
legrain
moyen augmente.L’ augmentation ne parait
pasprogressive.
Il semble y avoirapparition
d’une
dissymétrie prononcée
dès que legrain
moyendépasse 70 u.
Cettedissy-
métrie allant
jusqu’à
la bimodalité pourm>90 explique
à elle seule la croissance de cr.3. - La moyenne
logarithmique ~
diffère nettement de m cequi
est tout à faitnormal et conforme à la théorie de la transformation
logarithmique, puisqu’en
choisissant convenablement
l’origine
Xo de latransformation,
on doit avoir(en log népériens) :
soit en
log
décimauxsoit dans le cas
présent :
- -
v
La relation entre m
et ~.
calculée parrégression
est :log
m = 1.09log"}
+0.029.
cr2/
2log
e = 0. 015. La concordance est médiocre, cequi
est inévitable du fait de la faibleprécision
des mesures et des anomalies des distributions.Pratiquement
on
peut
admettre :1 1
4. - Relation entre G et m
Si on calcule
l’équation
de la droite derégression
de G en m, on trouve :- un coefficient
angulaire b,
+ 0,91- une o rdonné e à
l’origine bo
=0, 62.
Une étude antérieure dont nous donnerons
plus
loin les résultats ayant montré que b était voisin de I,(valeur statistiquement identique
à 0,91 d’ailleurs, la différence entre ces valeurs n’étant passignificative),
nous avonsadopté :
b,
= 1.00 . Il en résulte que :bo
= 0, 441, c’est-à-dire :Cette relation
particulièrement simple indique
donc que999°/ oo
desgrains
rencontrés sur unemicrographie
conforme auxspécifications
de l’ASTM ont undiamètre inférieur à 2,8 fois le diamètre du
grain
moyen.Le tableau II page suivante
indique
les dimensions de G en fonction de m.Le fait de rencontrer
plus
de1 °/ °
° degrains
de taillesupérieure
à G doitdonc être considéré comme un indice
d’hétérogénéité.
-61-
Mais ce critère n’est pas d’un usage commode ni d’une
précision
suffisante.Il est d’ailleurs fâcheux d’avoir à
parler d’homogénéité,
deprendre
comme réfé-rence
d’homogénéité
desmicrographies-type
dont la distribution, nettement bi- modale, révèlel’hétérogénéité statistique.
Malheureusement, il n’est pas
possible
de faire autrement.TABLEAU II
DIMENSIONS LIMITES DES GRAINS D’UN ECHANTILLON HOMOGENE
(Seuil 2°/ ,J d’après micrographies
A. S. T. M.Nota - 1. -
Lorsqu’on mesure
legrain
moyen par la méthodeIntercept (HEYN)
ontrouve des valeurs d’environ 20
%
inférieures à celles trouvées par la méthode Jeffries.Il y
a lieu d’en tenircompte
et de rentrer dans le tableau ci-dessus avec des valeurs dugrain
moyenmajorées
de 20% lorsque
legrain
moyen a été me"suré par la méthode
Intercept.
2. - Par ailleurs, la méthode
Intercept
étant peuprécise,
il sera bon de faireplusieurs
mesures dugrain
moyen et d’enprendre
la moyennechaque
foisqu’on
trouvera des
grains
excédant les limites ci-dessus.- 3. - Les dimensions extrêmes
indiquées
sont celles à l’intérieurdesquelles
on doit trouver
998°/ ~
desgrains comptés.
La
présence
d’unpourcentage
degrains
horslimites, supérieur
à2/1000
estun indice
d’Hétérogénéité.
L’examen de
micrographies
effectuées sur cuivre, sur laiton et sur alumi- nium a confirmé les remarques ci-dessus(1).
(1)
Ainsi que les travaux précédemment cit~s de MM. KO.STRON, DEDERICHS et DICKEN- HEID.Statistiquement
une coupemicrographique
seprésente
comme un échantillonhétérogène mélangé
de grosgrains
et depetits grains.
Cettehétérogénéité parait
d’autant
plus
accentuée que legrain
estplus
gros.L,e mécanisme
physique
de la croissance dugrain
aide àcomprendre
cetteanomalie. En effet, un
grain
croit auxdépens
de ses voisins. Lafréquence
despetits grains
diminue doncrapidement
à mesurequ’ils
fusionnent et ladisparition
de
plusieurs grains
d’une classe inférieure donne un seulgrain
deplus
dans uneclasse
supérieure.
Il est donc normal
qu’il
y aitapparition
d’unedissymétrie
etqu’il
y ait éta- lement de la distribution, lapopulation
des grosgrains
croissant avec une certainerégularité
et celle despetits grains
restant "à la traine" .C’est à peu
près
ce que traduit des courbes defréquence
cumulée de laFig. 1 puisqu’on
trouve encore sur une micro degrain
moyen 120, d’aussipetits grains
que sur celle de
grain
moyen 60.Dans ces conditions, dire que
999°/oo
desgrains
sont inférieurs à la limitethéorique calculée,
revient à dire que lamicrographie
observée n’est pasplus hétérogène
que letype
ASTM, mais ne prouve pas(et
pour cause,qu’elle
soithomogène).
5. -
Synthèse graphique
des résultats(Fig. 3).
On peut, pour résumer ces
résultats, pointer
sur ungraphique
à échelleslogarithmiques :
- les
plus
grosgrains
mesurés et calculés G.- les moyennes
logarithmiques J,
en fonction dugrain
moyen m.Nous avons tracé les courbes de
régression
estimées lesplus probables,
soitG=2,8met~= 0, 66 m.
On
pourrait également pointer
lesplus petits grains
mesurés et lesplus petits grains possibles
au seuil1 °/ ° °
mais la trèsgrande dispersion
des résultatsenlève
beaucoup
d’intéret à ces mesures. Par ailleurs, comme il a été ditplus
haut, la notion deplus petit grain possible
est trèssubjective.
Nous
indiquerons simplement
que leplus petit grain
me suré semble augmen- ter très lentement en fonction dugrain
moyen.log. # 0, 63 log.
m - 0. 12soit :
III -
ÉTUDES
DE CONFIRMATIONA - Confrontation avec d’autres
micrographies
Nous avons cherché la confirmation de ces résultats en examinant diverses
micrographies
exécutées sur divers métaux etalliages.
- 4
micrographies
sur cuivre(F,
M, G,H).
- 1
micrographie
surimage-type
AFNOR.- 1
micrographie
sur laiton 1er Titre.- 1
micrographie
sur Aluminium.Le tableau III
ci-joint
résume les résultatsobtenus qui
viennent confirmer trèscorrectement les résultats
précédents.
- 63 -
Fig. 3.- SYNTHESE GRAPHIQUE DES RESULTATS.
Les
écarts-types
calculéspointés
sur lediagramme
de laFig.
2 tombent tous dans l’intervalle de confiance calculé à l’aide des micros ASTM.Les courbes de
fréquence
cumulées tracées surpapier logarithmo-Gaussien
ont la même allure que les courbes obtenues sur les micros ASTM
(Voir Fig.
44 bis et 4 ter.
Il est à noter que les
micrographies
faites sur Cuivre ont été observées avecdes
grossissements
variables, choisis de manière àpouvoir compter
un nombre degrains compris
entre 150 et 200.(Sauf
pour l’échantillon Hqui
vu sous leplus
faiblegrossissement possible
apermis
toutjuste
lecomptage
de 35grains.
Le
grossissement
est alors fonction inverse dugrain
moyen. Leplus petit grain mesurable
étant fonction inverse dugrossissement
se trouve de ce fait fonction dugrain
moyen, cequi explique
l’allureplus régulière
deshistogrammes
obtenus dans ces conditions
expérimentales.
La
fréquence
despetits grains
est moins normale.Le tableau
III’ci-après
résume les résultats des examens et calculs effectuéssur ces
micrographies,
La confirmation est dans l’ensemble satisfaisante.
L’amplitude apparait
commeremarquablement
oonstante, etl’écart-type
comme
très
peu variable en fonction dugrain
moyen.Le fait que cet
écart-type parais
seindépendant
de la nature du métal considérénous
parait
unphénomène
tout à faitremarquable
traduisant l’identité desprocessus thermodynamiques
de recristallisation dans les divers casétudiés
(1).
Le nombre des essais effectués
ayant
été trèslimité,
il seraitprésomptueux
de se baser sur les résultats obtenus pour affirmer
l’identité
absolue des structuresmicrographiques
de tous lesmétaux
etalliages
à une seulephase, complètement recristallisés,
Les testsstatistiques
sonttpujours des
tests né-gatifs,
Ils nepermettent
pas de prouver unehypothèse
maisseulement de
la détruire.Néanmoins la concordance assez
frappante
de cesdifférents résultats
méritequ’on
yporte
attention ; il nous semblequ’il yalàmatièreà
desétudes
u~tallur-giques
intéressantes et dont lesapplications
industrielles seraientnombreuses.
B -
Comparaison
avecdes
ensembles de mesureNous avons
également
cherché la confirmation des résultatsprécédents
enexaminant 185 mesures faites au cours de
plusieurs
mois sur desmicrographes
de cuivre laminé recuit,
(1)
Cette constatation nous semble corroborée par l’étude de MM. LARSON et SALMAS(utilisation d’une relation
Température -
Temps pour l’étude de la recristallisation et du gros- sissement du grain. Transactions of theASM).
Cette étude te ndait en effet à montrer que si l’on prend comme variable l’énergie d’activation Q fournie au métal.
Q = T (20 + log
t)
(T étant la température absolue et t le temps detraitement),
les courbesdonnant le.s variations de la dureté et de la taille du grain en fonction de Q étaient indépendantes
de la nature du métal).
Cette identité duprocessus thermodynamique quel que soit le métal traité nous parait à retenir
-65-
Tableau III - PARAMETRES DES DISTRIBUTIONS
Sur
chaque micrographie,
on a mesuré legrain
moyen(méthode Intercep
et le
plus
grosgrain.
Ces mesures ont étépointées
sur undiagramme logarith mique analogue
à celui de laFig.3. (Fig. 5).
A
partir
de ces 185 mesures, nous avons calculé larégression.
log.
G = f(log. m).
C’est une droite
d’équation :
log.
G = 1.06log.
m + 0.168.L’écart-type
autour des lois liées autour de larégression
est :cr
log. G/log.
m = 0.103.Les données
permettent
de déterminer la limitesupérieure
delog.
G.Au seuil
1°/..
parexemple,
c’est une droited’équation :
soit : .
Ce
qui
donne pour :m = 10 microns
Go,999 =
35 micronsm = 100 microns
GO,999 =
404 micronssoit à peu
près
dans les limites étudiées :Si l’on se souvient que le
grain
moyen mesuré par la méthodeIntercept
est d’environ 20% plus
faible que celui mesuré par la méthode Jefferies, on voit que la concordance est assez bonnepuisque :
Fig. 4.- MICROGRAPHIES CUIVRE Courbes de fréquences cumulées
des diamètres de grains
- 67 -
Fig. 4 bis. - MICROGRAPHIES DIVERSES Courbes de fréquences cumulées
des diamètres de grains
Fig. 4 ter. - LAITON 1er TITRE Courbes de fréquences cumulées
des diamètres de grains
- 69 -
Fig. 5et que l’étude sur les
micrographies
ASTM en mesurant m par la méthode Jefferies et en déterminantGo,999
à l’aide des distributionsexpérimentales
avaitdonné :
L’expérience confirme
donc bienla valeur ainsi déterminéepuisque
les écartsentre les valeurs de
Go,,999
claculés par les deuxprocédés
sont de l’ordre de :écarts inférieurs aux erreurs de mesure sur
G 0999 (10 % environ).
IV - TEST
D’HOMOGÉNÉITÉ
DU GRAINLes considérations ci-dessus font ressortir la difficulté de
juger
de l’homo-généité
dugrain
par la seule mesure duplus
grosgrain (sur
deux diamètres oudans le
champ
dumicroscope).
D’après
cecritérium,
il estpratiquement impossible
dejuger
avec certitudesi le
grain
esthomogène
ou non.Nous pensons que
l’hétérogénéité
d’une structure cristalline est caractériséepar la présence
d’amas locaux de grosgrains parmi
desgrains fins, (ou
degrains
fins
parmi
de grosgrains) plutôt
que par laprésence
d’un seulgrain
anormalement gros.L’expérience
confirmeamplement
l’existence de telles structures mais il n’est pastoujours
facile de déterminer la limite exacte entre lesirrégularités
dues au hasard et les
agglomérations
réellement anormales de grosgrains
ou degrains
fins.C’est dans ce but que nous avons construit
l’abaque ci-joint (Fig.6).
Ce dernier constitue une
simple application
du test de Student.En effet,
juger
del’hétérogénéité
de telles structuresmicrographiques
revientà comparer le
grain
moyen m1 d’uneagglomération
de grosgrains
à celui m2 de la zone voisine, c’est-à-dire calculer :n1 et n2 étant les nombres de
grains comptés respectivement
danschaque
zone pour la mesure de m1 et In2,.Pratiquement
on peut admettre poursimplifier :
cri = Q 2 # 0.22
(valeur
moyenne de o pour mcompris
entre 10 et 100microns).
et admettre
également, :
log.
n11 -log. m2 # log. ~ 1 - log. ~ 2
aB ec les notations des
paragraphes
III et IV.1 a variable t suit avec une bonne
approximation
une loi de Student à n1 + n2 - 2degrés
de liberté. Si j’on se fixe un seuil deprobabilité (5 %
parexemple)
on doitavoir :
- 71 -
Fig. 6. - CONTROLE DU GRAIN
(Test
d’homogénéité)avec o- = 0. 22.
Le second membre de
l’inégalité
étantuniquement
fonction de n1 et de n2, il est alors tout à faitsimple
de construirel’abaque
de laFig. 6,
donnant la valeurlimite de
log 2013~
au. seuil 5%
en fonction de n1 et de n2.m2
Usage
del’Abaque
Cet
abaque
permet donc de comparer lesgrains
moyens de deuxplages
degrains présentant 4
l’oeil des différences sensibles.Si m1 est le
grain
moyen d’uneplage
de grosgrains,
mesuré en comptant n,grains
sur une surface donnée (ou sur unelongueur donnée)
et m2 legrain
moyen d’uneplage
de grains fins mesuré encomptant n2grains
sur une surface donnée(ou
sur un diamètredonné),
il suffit de rentrer dansl’abaque
avec n-2(échelle
desabscisses),
pour lire en ordonnées sur la courbecorrespondant
à nt la valeur du rapportm,/m1 qui
nepeut
êtredépassée
par hasard que2, 5
fois sur 100.Si donc le
rapport
m~ mesuré estplus
élevé que cette valeur, onpeut
con-mi
clure à
l’hétérogénéité
de l’échantillon examiné.Si, au contraire, le
rapport m,/m2,
mesuré est inférieur à cette limite, on peut admettre que les différences constatées à l’oeil sontimputables
au hasard.V - CONCLUSIONS
L’étude
qui précéde
est forcément sommaire car elle ne constitue pas un travailscientifique
effectué en laboratoire, mais undégrossissage
d’unequestion
très
complexe,
à l’aided’approximations permettant
d’arriver à une solutionsim-ple
d’unproblème
de contrôle des fabrications.Il faut
souligner
l’aideapportée
par les méthodesstatistiques
à une telle étude. Il faut sepénétrer
desconceptions probabilistes,
si l’on veut aborder avecquelques
chances de succès desproblèmes
de ce genre où le hasard est l’élément dominant.L’étude
mathématique
des distributions aléatoires donne le fil conducteur de l’étude etpermet
dedégager
desparamètres
dont la quasi-constancepermet
de caractériser lesphénomènes
de manièreplus
satisfàisante que les critèresempiriques.
Les
points importants
à retenir nousparaissent
les cuivants :1. - Une structure
"homogène"
formée degrains
touségaux
en volume n’existepratiquement
pas.A fortiori, il est
utopique d’espérer
trouver sur unemicrographie plane
unensemble de
grains
de surfaceségales.
Onpeut
avoir l’illusion de larégularité quand
on observe les structures fines augrossissement
100, mais cette illusionne résiste pas à une
augmentation
dugrossissement.
2.- Tout
au plus peut-on
définir unehomogénéité statistique
d’un ensemble degrains lorsqu’ils appartiennent
à une même distribution de tendance centraleunique.
Cette distribution se
rapproche
d’une distributionlogarithmo-normale,
d’autant mieux que le
grain
estplus
fin.-73-
3. -
Lorsque
legrain
moyendépasse
60 microns, la structuremicrographi-
que devient nettement
hétérogène,
d’autantplus
nettement que legrain
estplus
gros. Il semble
qu’on
se trouve enprésence
d’unepopulation
de grosgrains, mélangés
à unepopulation
degrains
fins.4. - Dans les limites étudiées
(grains
moyenscompris
entre 8 et 300microns)
il semble que 999
0 / 0 0
desgrains
observables aient un diamètre inférieur ouégal à 2,8
fois le diamètre dugrain
moyen.(le
diamètre étant défini comme la racine carrée de la surface dugrain
et legrain
moyen étant mesuré par la méthodeplanimétrique
deJefferies).
5. - La
dispersion
des distributionslogarithmiques
des diamètres degrain
semble
indépendante
de la nature dumétal ;
la relation ci-dessus semble doncapplicable
àtous les métaux à une seulephase,
recristallisée. Mais il estprudent
de ne
généraliser qu’à
bon-escient etaprès
étudecomplémentaire
dechaque
casparticulier.
6. -
L’écart-type
des distributions deslogarithmes
des diamètres desgrains pouvant
être considéré comme constant dans unefaible
zone de variation dugrain
moyen
(entre
10 et 100 microns parexemple),
onpeut
utiliser le Test de Student Fisher pour comparer lesgrains
moyens de deux zones d’une mêmemicrographie.
L’abaque joint
à cette étudeindique
les valeurs limites au seuil 2,5%
durapport
desgrains
moyensmesurés.
Ce test
permet
donc dejuger
d-el’hétérogénéité
d’une structure mieux que les considérations relatives au"plus
grosgrain"
mesuré.Cette définition de
l’hétérogénéité
liée à laprésence d’agrégats
cristallins isolésparmi
des cristaux de diamètre moyenplus
fin(ou plus gros),
nousparait
confirmée par la
pratique
des observationsmicrographiques
effectuées sur lesalliages
non ferreux.Ce test
apporte pratiquement
le seul critère dejugement
efficace dans lescas douteux où un observateur hésite à décider si on
peut
considérer un métalcomme
hétérogène
ouhomogène.
ANNEXE
Une des
conséquences
de l’étude ci-dessus est depermettre
d’évaluer l’erreurcommise sur une mesure de
grain
moyen.En effet, si on a
compté
ngrains
dans unepopulation
degrains
dont les dia- mètres sont distribués suivant une loilogarithme-normale
de moyennelog.
z etd’ é ca rt -type 0’
l’erreur surlog
z est pardéfinition :
au seuil
2"/..
On
peut
admettre que l’erreur surlog
m est la mêmepuisque :
Les limites de confiance d’une mesure de
grain
moyen m effectuée encomptant
n
grains
sont doncmsup
et minf telle que :Seuil
2 0 / 0 0 log log rn3up
m.nf = =log log
m m - + 3, 3,0909 .~= ~ Cr
L’abaque ci-joint (Fig. 7)
donne directement ces limites en fonction de m et den. Il a été établi en admettant la croissance de or en fonction du
grain
moyen.Il permet de constater que même en
comptant
un nombreimportant
degrains
l’erreur sur le
grain
moyen esttoujours
forte.Par
exemple,
encomptant
100grains
pour mesurer ungrain
de30 p.,
oncommet une erreur de :
5 ~+6~
soit environ ± 18%
En comptant 100
grains
pour mesurer ungrain
de 300fut
on commet une erreurde
70 soit environ~23 %.
~~
t + 80 soit
environ :t23 %.
- 75 - Fig. 7
CUIVRE AU PHOSPHORE
(Etat recuit)
Mesures de grain