FACULTÉ DE PHILOSOPHIE, ARTS ET LETTRES
Finalité didactique du Master en Histoire de l’art et archéologie et
Agrégation de l'enseignement secondaire supérieur en Histoire de l'art et Archéologie
ARKE 2910
DIDACTIQUE DE L'HISTOIRE DE L'ART ET DE L'ESTHÉTIQUE
Préparation de leçons
M.-É. RICKER 2009-2010
SOMMAIRE
CHAPITRE I : OBJECTIFS ET EXIGENCES DES STAGES DE PRATIQUE ENSEIGNANTE EN HISTOIRE DE L’ART
1. OBJECTIFS p. 2
2. EXIGENCES p. 3
CHAPITRE II : PRÉPARATION D'UNE LEÇON
1. CONSEILS GÉNÉRAUX p. 10
2. TEXTE DE LA PRÉPARATION p. 11
3. PRÉPARATION D'UNE VISITE AU MUSEE p. 57
4. ÉVALUATION ET NOTATION p. 58
5. BONNES PRATIQUES D’UNE PRESENTATION p. 62 POWERPOINT
CHAPITRE III : LE QUESTIONNEMENT EN CLASSE
1. INTRODUCTION p. 64
2. QUESTIONS EFFICACES p. 66
3. CONCLUSIONS p. 76
CHAPITRE I : OBJECTIFS ET EXIGENCES DES STAGES DE PRATIQUE ENSEIGNANTE EN HISTOIRE DE L’ART
1. OBJECTIFS
1.1. Formation à l’enseignement secondaire par un apprentissage des :
- méthodes d’approche de l’art : indispensables puisque les étudiants sont généralement formés dans une spécificité (archéologie ou histoire de l’art, période antique, Moyen Age, temps modernes, époque contemporaine, etc.) et que, dans l’enseignement secondaire, ils doivent être formés à enseigner les courants artistiques de toutes les époques;
- procédés de sensibilisation aux moyens et aux messages de l’art dans ce qu’il a d’original au niveau de la formulation plastique.
Il s’agit donc d’une formation qui apporte aussi la capacité d’accéder à des débouchés diversifiés dans le domaine artistique :
- services éducatifs et pédagogiques des musées,
- conférencier pour des associations culturelles et dans le cadre des grandes expositions,
- conseiller artistique auprès de sociétés ou dans le monde de l’édition,
- à la sensibilisation et à l’initiation à l’art dans des formes très diversifiées d’enseignement et d’éducation (études supérieures, écoles maternelles et primaires, personnes inadaptées ou handicapées...).
1.2. Formation à la recherche en didactique, organisée autour de deux axes:
1° la matière à enseigner en insistant notamment sur les réalisations artistiques contemporaines et sur les nouvelles interprétations des périodes envisagées.
2° les méthodes d’approche pour sensibiliser plus efficacement le public à l’art.
Ces deux axes sont répercutés par les publications produites par l’Unité de Didactique et de Communication en histoire de l’art et archéologie et par les recyclages organisés dans le cadre de la formation continue des professeurs.
2. EXIGENCES
Chaque étudiant a un dossier personnel « portfolio » dans lequel sont notés les exercices et les stages réalisés ainsi que les observations qui en découlent. Le portfolio sera commenté par l’étudiant lors de l’examen de la partie de cours « séminaire d’intégration des stages ».
Pour que le stage en agrégation aboutisse aux meilleurs résultats pédagogiques et humains, différents types d’exercices sont organisés.
2.1. Types d’exercices et de cours
Pour encourager le stagiaire et l’habituer à la réflexion pédagogique, les exercices didactiques ont été conçus selon des étapes de difficultés progressives.
Ils se réalisent dans trois lieux :
• À l’Université, lors des séminaires de ARKE 2910 Partie "Réflexion sur les contenus des programmes" et ARKE 2920 Partie "Séminaire d'intégration des stages" qui ont lieu à l’unité Didactique, Collège Mercier, au 3e étage dans le local audiovisuel B 323.
• Dans les écoles, avec des maîtres de stages, licenciés agrégés, autorisés par le Recteur.
• Dans les musées, sous la direction des maîtres de stages.
2.1.1. Réunions à l'université du groupe des étudiants en cours de stage
Les types d’exercices en situation “simulée” varient selon les problèmes rencontrés par les stagiaires. À titre d’exemples, ils peuvent s’effectuer à propos de :
- une recherche de sensibilisation esthétique à un courant artistique, à un maître ou à une œuvre;
- des exercices de synthèse.
Une des principales difficultés des cours de l’enseignement secondaire est de présenter en 50 minutes une matière souvent vaste, couvrant une époque, un courant, un style, ou encore l’évolution d’un maître.
Le choix des données essentielles, à illustrer par des illustrations explicites, est souvent difficile à opérer. Quelle étape choisir ? Quelle partie supprimer ?
Pour déterminer la matière retenue, les objectifs de l’enseignement secondaire guident la réflexion ainsi que le niveau spécifique de la classe à laquelle la leçon s’adresse.
- l'adaptation de la matière à des niveaux différents de classe.
Exercices à effectuer par des étudiants ayant déjà donné cours. Cette adaptation s’effectue au niveau de la présentation des difficultés de la matière enseignée, de la quantité des illustrations utilisées, du type de vocabulaire, des questions posées et du procédé d’analyse esthétique suivi.
Les cours de l’enseignement secondaire portent sur des tranches d’âge allant de 13 (3e option art) à 18-20 ans, aussi on s’efforce d’entraîner les stagiaires à des exercices multiples d’adaptation et de sensibilisation artistique.
- le vocabulaire de base
Des exercices portant sur le choix du vocabulaire de base à faire mémoriser par les élèves sont effectués tant dans le domaine de la peinture, qu’en sculpture ou architecture. La détermination du vocabulaire indispensable est réalisée en fonction de plusieurs critères : types d’options, programme des années suivantes, poursuite des études, milieu socioculturel de la classe,...
- le problème des questions
L’assistance aux leçons des stagiaires met en évidence les difficultés rencontrées pour poser les questions précises qui apportent des réponses utilisables pour la progression du cours. Sur une matière donnée (de préférence peu connue de l’ensemble du groupe) les stagiaires apprennent à susciter les réactions des élèves.
2.1.2. Exercices didactiques dans les écoles 1° Constitution des groupes
Soit seul, soit par petits groupes (deux ou trois étudiants), les étudiants effectuent trois à quatre leçons avec un même maître de stage. Certaines leçons peuvent être réalisées en
« duo ».
Les stagiaires qui débutent peuvent commencer par suivre certaines leçons données par les autres étudiants, ils participent aux discussions et aux conseils qui suivent les leçons.
2° Matière
Le titre de chaque leçon est donné environ trois semaines avant la date prévue pour l’exercice. Après dix à quinze jours, soit une semaine au plus tard avant la leçon, le stagiaire communique au maître de stage le texte de sa préparation (dactylographié) pour d’éventuelles corrections. Un exemplaire de la préparation définitive et du PowerPoint
doit être systématiquement déposé la semaine suivant la leçon dans le casier de courrier de la responsable de l’agrégation.
Après la leçon, la discussion avec le groupe et les observations du maître de stage permettent de renforcer les acquis, de cerner les problèmes et de comprendre les difficultés.
Les matières des leçons sont variées et s’étendent de la Préhistoire jusqu’au 21e siècle. Les exercices se déroulent dans des classes de niveaux différents, en donnant la « vraie » leçon que le professeur en charge du cours aurait dispensée lui-même.
2.1.3. Exercices dans les musées Deux types d’exercices sont réalisés :
- 1° des exercices de sensibilisation personnelle aux œuvres en s’appropriant une méthode structurée d’analyse de l’œuvre d’art qui sera transposée dans les préparations de leçon,
- 2° des préparations et organisations de visites.
1° Les exercices de sensibilisation personnelle :
Ils ont comme objectif de faciliter la formation du stagiaire pour sa future fonction d'enseignant du secondaire, où il sera amené à préparer des activités culturelles pour les cours d'Histoire de l'Art et d'Esthétique en lien avec d'autres cours généraux.
Il s’agit d’apprendre à regarder, à éprouver une émotion esthétique et surtout à en prendre conscience pour pouvoir la communiquer verbalement.
Il est toujours meilleur pour l'éducation de l'œil d'observer et d'analyser l’œuvre réelle plutôt que d'après une reproduction.
Avant de faire découvrir les caractères stylistiques d’une œuvre à ses élèves, le stagiaire doit apprendre à en déceler les qualités : voir, regarder, saisir les subtilités d’un modelé, d’un choix de coloris, sert à mieux comprendre l’unité d’une œuvre et ses caractéristiques stylistiques.
Ce type d’exercice constitue une application directe du procédé d’analyse esthétique recommandé dans le cours de "Didactique de l'histoire de l'art et de l'esthétique".
On demande aux stagiaires de préparer directement sur place le commentaire d'une œuvre. Un maître de stage assiste à l'exercice et discute de l'analyse présentée avec le stagiaire et le groupe. Dans un second temps, le stagiaire présente deux exercices préparés à l’avance.
Ces exercices (au nombre de cinq) sont effectués dans un musée de Bruxelles, au musée de Louvain-la-Neuve ou dans une exposition.
2° Organisation de visites guidées :
- Étape préparatoire : un exercice de synthèse est demandé, il consiste en une réflexion sur la préparation de la visite, le choix des œuvres qui seront commentées et sur les types de critères retenus (qualités esthétiques, ou caractères stylistiques déterminants pour la compréhension de l’évolution de l’artiste, soit encore une œuvre jouant un rôle dans le contexte culturel de son époque).
- Organisation de visites organisées soit aux:
- Musée de Mariemont,
- Musée du Cinquantenaire à Bruxelles,
- Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique à Bruxelles, - Musée de Louvain-la-Neuve,
- Abbaye de Villers, etc.
Suivant les habitudes de l’institution concernée, ces visites sont parfois précédées d’une introduction avec illustrations et/ou suivies d’une récapitulation (exercices de créativité, dessin, modelage, jeux éducatifs divers...).
- Préparation des exercices : les exigences sont les mêmes que celles qui sont posées pour les leçons données en classe : procédé pédagogique identique, méthodes actives avec jeu de questions pour faciliter l’approche de l’art et pour vérifier le niveau de compréhension.
2.2. Nombre d’exercices
Il dépend de la qualité des leçons réalisées, de la signification des résultats obtenus, de la progression possible. Ils se répartissant :
- dans les écoles et académies (environ 20) sous la conduite de maîtres de stages différents;
- dans les musées (environ 10) avec un maître de stage : organisation et présentation de visites- conférences portant sur des thèmes différents.
- 10h00 de projet pédagogique : contrat à établir entre l'étudiant, le maître de stage et la responsable de l'agrégation.
2.3. Projet pédagogique
L’étudiant propose un projet d’activités didactiques au directeur des stages. Le projet peut prendre divers aspects favorisant l’immersion dans la vie de l’institution scolaire : participer à des évaluations ou effectuer des corrections, assister à des conseils de classe, organiser des visites ou des voyages avec les élèves, rédiger des supports pédagogiques, concevoir un module pédagogique novateur…
Ce projet pédagogique est un travail personnel et créatif équivalent à 10 heures de stages. Il concerne le public scolaire de secondaire supérieur. Si l’activité vise principalement
un autre public, on veillera toujours à créer une transposition détaillée de son projet pour le secondaire supérieur.
Que ce soit en musée ou dans une exposition, lors d’une visite culturelle ou d’un voyage scolaire, ou la préparation d’une séquence de cours originale, on prévoira de faire figurer dans le projet le travail de préparation, d’accompagnement (s’il est réalisé par le stagiaire) ainsi que les résultats observés et les propositions en vue de son amélioration. Les objectifs du projet, son déroulement et la réflexion pédagogique seront strictement rédigés sur base du modèle de la préparation de leçon. Les séances préparatoires à la visite de même que la création de livrets, questionnaires ou tout document accompagnant les visites s’inscriront dans le même schéma.
Les projets portant sur l’évaluation des travaux d’un groupe d’élèves (interrogation, examen, jury de fin d’année) se feront en lien avec un maître de stage. Que vous rédigiez le questionnaire vous-même ou non, que vous assistiez vous-même ou non aux épreuves, il est demandé de corriger les examens des élèves photocopiés avant que le professeur ne les corrige. Cela implique la mise au point, en concertation avec l’enseignant, d’une grille de correction motivée et justifiée. Détaillez ensuite la comparaison entre vos évaluations et celles du maître de stage. Finalement, tirez les conclusions critiques en termes de critères d’évaluation, de précision ou choix des questions, etc. Les indications relatives aux modifications souhaitables pour améliorer éventuellement l’enseignement de la matière seront proposées avec prudence.
Tout projet doit comprendre une introduction, une conclusion et une table des matières. Des références à la bibliographie utile sont souhaitées.
Consignes pour rédiger le projet pédagogique :
Tous les points évoqués ci-dessous ne concernent pas tous les projets pédagogiques.
Sélectionner les points qui paraissent pertinents en fonction des spécificités du projet pédagogique choisi.
Remarques préalables
Le projet pédagogique est un travail aussi rigoureux que tout autre document universitaire et se conforme aux règles en vigueur dans la communication d’un savoir scientifique (notamment les références infrapaginales et les références bibliographiques).
Des documents supplémentaires peuvent être joints en annexe, s’ils présentent un lien précis avec le projet pédagogique. Les annexes doivent être répertoriées (liste des annexes et leurs titres) et numérotées. Quand on fait référence aux annexes, on indique entre parenthèses leur numéro pour que le lecteur puisse aisément les consulter. Chaque document mis en annexe comporte un titre explicatif ou une légende explicite.
Le projet pédagogique doit être concis et synthétique mais il va être lu par un lecteur qui est censé ne rien connaître de l’institution où a lieu le projet pédagogique. N’oubliez pas que vous êtes ‘plongé ‘ dans votre sujet et que vous exprimez souvent beaucoup moins que ce que vous connaissez.
Notes : citer en notes infrapaginales les sources et les documents utilisés.
Structure et contenu du projet pédagogique
Page de garde : indiquer clairement vos nom et prénom et le sujet précis de votre projet pédagogique.
Sommaire: placé au début, 1/2 page environ
- Indiquer les titres des différentes parties et la pagination.
Introduction :
- Préciser les modalités du choix du projet pédagogique : les centres d’intérêt et les perspectives personnelles et professionnelles des ou du domaine d’intérêt. Les éventuelles hésitations et démarches entreprises et l’évolution du projet. Cerner les buts et les perspectives des démarches entreprises,
Analyse :
- Sélectionner les enjeux essentiels du projet pédagogique.
- Rechercher les causes des situations significatives relevées, en exposer les conséquences, établir des liens entre certains aspects, mettre en évidence des points forts et/ou des difficultés liées à des conjonctures plus larges ou à des situations particulières, déceler les aspects qui favorisent et les éléments qui freinent…
- Sélectionnez certains enjeux plus concrets de sa profession tels qu’ils vous ont été présentés par le maître de stage chez qui vous réalisez votre projet pédagogique ou d’après ce que vous avez observé. Quels sont les aspects qui vous semblent prévisibles, quels sont les aspects qui vous paraissent inattendus ? Quelles qualités professionnelles et humaines doit–on particulièrement déployer dans ce type d’activité ?
- Sélectionner des moments significatifs (= incidents critiques, « événement »…) qui mettent en évidence soit les valeurs prônées par l’institution, soit les particularités de la pratique professionnelle dans cette institution ou encore des observations relatives aux relations interpersonnelles entre les enseignants et/ou avec la direction etc. Les moments significatifs doivent être positifs et négatifs. Relater uniquement les données qui permettent de bien comprendre le contexte des incidents relatés et préciser les enseignements que vous en avez retirés.
Rédaction de la préparation de(s) leçon(s) : objectifs, plan, réflexion pédagogique etc.
conformément au modèle type de la préparation de leçons. Indiquer clairement le déroulement des séquences en fonction des heures de cours.
Discussions et propositions:
- Comment l’analyse de l’institution ou des activités professionnelles observées et exercées vous font-elles réfléchir ?
- Les incidents critiques que vous avez relevés dans l’analyse vous permettent-ils de
suggérer des pistes de solution ou d’amélioration ?
- Quels enjeux déontologiques ou éthiques avez-vous découverts ? Quels paradoxes ou situations complexes avez-vous mieux perçus ? Quelles questions cela pose- t-il dans le domaine culturel et vis-à-vis de la société en général ?
- Quels sont les aspects du secteur professionnel observé qui vous séduisent, quels sont les aspects pénibles ou désagréables ?
- Comment vous êtes-vous intégrés dans cet horizon inconnu ? Comment avez-vous progressé durant l’évolution de votre projet pédagogique ? Comment vous êtes-vous impliqué dans les tâches confiées ? Comment avez-vous vécu votre insertion dans une équipe et géré les relations humaines ? Avez-vous été actif et de quelle manière, avez-vous posé des questions ? Comment estimez-vous avoir rempli les tâches qui vous ont été confiées ?
- Quels aspects de l’expérience professionnelle vécue dans le cadre de ce projet pédagogique mettez-vous en lien avec vos études d’histoire de l’art ? Quels sont les savoirs théoriques et/ou pratiques acquis durant vos études qui vous sont venus à point ou que vous avez utilisés ?
Conclusion:
- Parmi tous les éléments qui ont été développés dans le projet pédagogique, pointer les éléments les plus significatifs (positifs et négatifs), les découvertes intéressantes.
- Mettre en perspective les raisons initiales du choix du projet pédagogique et les comparer à l’expérience menée et ce que vous en avez retiré.
- Citer les aspects marquants pour le développement de votre personnalité, ce que vous avez découvert à propos de vous-même, la manière dont vous imaginez les enjeux personnels de votre future carrière professionnelle (vos atouts, les difficultés à dépasser).
- Quels conseils donneriez-vous à un autre stagiaire qui souhaiterait réaliser le même projet pédagogique que vous ?
- Suite à cette expérience, estimez-vous que certains enseignements devraient être plus développés dans votre formation à l’université ?
- Quels sont les découvertes et bénéfices que vous en retirez ? Quel impact cette expérience aura-t-elle sur la poursuite de votre carrière ?
2.4. Évaluation des résultats
Après, environ, cinq à dix exercices, l'étudiant est tenu de demander un premier bilan de son dossier de stages. Les préparations remises au fur et à mesure des exercices seront confrontées aux évaluations des leçons rendues par le(s) maître(s) de stages. Ce premier bilan est réalisé avec la responsable de l’agrégation ; il vise à mettre en évidence les acquis, les difficultés et les moyens possibles de progression. L’étudiant qui prend rendez-vous aux valves, signale qu’il s’inscrit pour un bilan de dossier afin que les évaluations des maîtres de stages puissent être réclamées si elles ne sont pas encore rentrées. Il est conseillé de demander plusieurs bilans en cours d’année.
À l’occasion de la vérification du dossier et du bilan de l’évaluation du stage, on décide, soit la prolongation des exercices, soit la réalisation d'un projet pédagogique.
L'inscription aux examens et aux leçons publiques est toujours convenue avec la responsable de l'agrégation après une analyse finale du dossier.
CHAPITRE II : PRÉPARATION D'UNE LEÇON
SOMMAIRE du chapitre II 1. CONSEILS GÉNÉRAUX
2. TEXTE DE LA PRÉPARATION DE LEÇON
2.1. Objectifs à atteindre 2.2. Plan général de la leçon 2.3. Réflexion pédagogique
3. PRÉPARATION D'UNE VISITE 4. FICHE D'ÉVALUATION
1. CONSEILS GÉNÉRAUX DE LA PREPARATION DE LEÇON
Il semble nécessaire de récapituler la démarche conseillée dès l'attribution de la matière d'une leçon :
- se documenter et surtout observer attentivement les illustrations des revues et livres consultés, réunir les illustrations disponibles et les regarder d'un oeil neuf (surtout si la matière semble connue). Il est important de veiller à limiter cette phase préparatoire. En effet, par manque cruel de manuels scolaires combiné avec la complexité de la matière que l’étudiant craint de ne jamais connaître à fond, il est tenté de prolonger indûment cette phase et de trop postposer la phase suivante ;
- définir les objectifs cognitifs et dresser un plan bien structuré en lien avec les objectifs ;
- revoir les illustrations, effectuer un premier tri réaliste : environ une quinzaine d’illustrations peut être observée pendant une leçon de 50 minutes. Ce nombre peut évidemment varier considérablement suivant les scénarios pédagogiques qui seront exploités : certains détails ou des éléments de rappel et de comparaison seront plus rapidement exploités. Cependant, cerner le plus rapidement possible les œuvres essentielles qui seront analysées en classe augmentera l’efficacité de la préparation et fera gagner du temps à l’étudiant ;
- regarder sur écran et tester sur grand écran les illustrations sélectionnées, comparer leur qualité aux documents reproduits dans les livres (il est souvent préférable de supprimer un cliché que de montrer une projection déformant complètement les qualités de l'œuvre). Privilégier les documents que vous scannez aux images tirées d’Internet ;
- rédiger ses objectifs visant à un éveil de la sensibilité artistique et décider des notions, des caractères stylistiques que l'on fera découvrir à chaque illustration. Réfléchir à l’ordre d’analyse des illustrations en fonction des objectifs cognitifs ;
- rédiger la préparation en respectant les indications, données dans le syllabus, de présentation et d'ordonnance des différentes parties.
2. TEXTE DE LA PRÉPARATION
Des indications précises sont indispensables sur la première page du texte (des préparations dont les références sont lacunaires, exigent des recherches d'attribution).
Aussi chaque préparation écrite débute par : NOM, PRÉNOM :
ADRESSE MAIL, N° DE TEL/GSM : PRÉPARATION DE LA LEÇON N° : La leçon se donne en …. heure(s).
SUJET DE LA LEÇON (ou) DE L'EXPOSITION (ou) DE LA VISITE : MAÎTRE DE STAGE :
LIEU : (Musée, école,... et VILLE) CLASSE :
DATE :
- Pour la rédaction du texte, inutile de faire de la "littérature", de construire des phrases compliquées, il suffit d'aligner des idées bien rigoureuses avec un vocabulaire précis.
- Respecter l'ordonnance demandée, elle a une signification pédagogique.
Le texte comprend trois parties :
2.1. L'exposé des objectifs à atteindre, explicités par des exemples précis puisés dans la leçon.
2.2. Le plan général du déroulement de la leçon comprenant le résumé.
2.3. Une réflexion sur la démarche pédagogique suivie (préalable à la leçon).
Plan pour la rédaction d’une préparation : I. Les objectifs à atteindre
1. Objectifs cognitifs visant l'acquisition d'une culture artistique intégrée a une formation générale
Questions à se poser :
A. Quelles sont les caractéristiques essentielles que les élèves doivent retenir de la matière enseignée ?
B. Comment cette matière s'inscrit-elle dans un aspect évolutif de l'Histoire de l'Art ? 2. Objectifs visant à un éveil de la sensibilité artistique
Comment éduquer l'œil des élèves, sur quels détails attirer leur attention?
3. Objectif visant à une meilleure ouverture d'esprit, à un réel sens critique et lorsque la possibilité s'en présente, au développement d'un sens social
- Comment faire éclater la vision trop conformiste de l'élève et l'engager à utiliser plusieurs critères avant de formuler un jugement?
- Comment objectiver et relativiser une appréciation?
- Comment amener l'esprit de l'élève à des modes de pensées différents?
4. Objectif cognitif : le développement optimal des aptitudes mentales
- Comment favoriser la réflexion, le raisonnement?
- À partir de quels éléments mener l'élève à effectuer des inductions, en établissant des relations multiples, en utilisant plusieurs critères, en multipliant les combinatoires ?
5. Objectifs ultimes : comportements terminaux souhaités
- Comment donner aux jeunes le désir de loisirs culturels?
- Comment créer le besoin de se cultiver en dehors de l'école, comment faire naître une curiosité intellectuelle?
II. Plan général de la leçon
1. « L’accroche » pratique de la leçon :
En se fondant sur l’observation de particularités stylistiques observées dans une œuvre ou dans la production d’un artiste, induire l’hypothèse de généralités. On vérifiera ensuite, durant la leçon, comment ces premières caractéristiques se confirment et se nuancent. Le but est d’habituer au raisonnement inductif qui va du particulier au général. Pour conduire un raisonnement inductif, l’élève analyse divers cas particuliers, recherche les constantes et tente d’en tirer une loi générale.
Il s’agit de concevoir un scénario d’accroche qui pose une question ou établit un lien avec la matière déjà vue ou les connaissances générales des élèves. Le but est de susciter la curiosité, l’envie d’en savoir plus, de découvrir la suite de la leçon. Il est conseillé de réaliser cette accroche directement avec l’aide d’une ou plusieurs illustrations pour illustrer très concrètement le thème envisagé.
2. Le corps de la leçon :
Il est structuré par l’ordre de présentation des illustrations, leur commentaire et leur scénario d’exploitation pédagogique. Pour chaque illustration, il est indispensable d’indiquer :
- Les références précises (localisation du musée, dimensions, technique, date de réalisation de l’œuvre…) ;
- Un scénario d’exploitation pédagogique comprenant : l’exposé bref des buts qui sont poursuivis par le choix de cette œuvre avec références explicites aux objectifs de la leçon auxquels on compte répondre précisément ; le ou les procédés pédagogiques choisi(s) pour l’exploitation de cette illustration (comparaison, actualisation, répétition…) ; les principales questions qui seront posées à la classe en fonction des procédés pédagogiques choisis et les réponses attendues ; l’analyse esthétique ou la partie d’A.E. précise qui sera effectuée sur l’œuvre projetée.
3. Type de récapitulation adoptée.
4. Les modifications éventuelles.
5. L'utilisation du tableau ou de la projection PowerPoint.
6. Le résumé très court, en principe d'une page, pour les élèves.
7. La bibliographie.
III. Réflexion pédagogique (préalable à la leçon)
Cette partie de la préparation est une réflexion personnelle de l'étudiant qui débouche sur une justification de la démarche suivie, prouvant la prise de conscience des difficultés rencontrées dans l'organisation et la présentation de la matière. Une réflexion pédagogique a posteriori (suite à la leçon) n’est pas demandée. Cette réflexion a posteriori s’actualise par la maturité acquise dans la réflexion pédagogique préalable de la leçon suivante. Cependant, il faut noter que pour une même préparation, si la leçon est donnée plusieurs fois, une réflexion pédagogique à posteriori est alors demandée. Y seront indiqués et justifiés les changements pédagogiques effectués suite au cours précédemment donné.
Pour toutes les préparations, selon les problèmes rencontrés, on prendra notamment en compte certains des thèmes suivants:
1° Les procédés d'apprentissage utilisés.
2° Bien expliciter la manière de trouver les caractères stylistiques.
3° L'importance accordée au vocabulaire et aux termes techniques.
4° La justification pédagogique de la sélection des œuvres montrées.
5° Les questions posées.
6° L'utilisation de l’analyse esthétique.
7° Les difficultés rencontrées.
2.1. Les objectifs à atteindre
Remarque préliminaire
Nous recommandons de relire attentivement le chapitre "Objectifs" de la partie du cours de
"Didactique de l'histoire de l'art et de l'esthétique" (ARKE 2910).
Il est évident que lors de la préparation d'une leçon, il n'est pas possible d'aboutir à la totalité des objectifs fixés pour une année scolaire, aussi nous avons sélectionné, dans les pages suivantes, les objectifs applicables à chaque cours, tout en demandant d'avoir présent à l'esprit le fait qu'ils s'intègrent à un ensemble qui doit déboucher sur les comportements terminaux souhaités.
2.1.1. Objectifs cognitifs visant l'acquisition d'une culture artistique intégrée à une formation générale
Questions à se poser :
Ne pas faire un exposé de la matière mais veiller à sérier par ordre d’importance les caractéristiques essentielles à retenir.
A. Quelles sont les caractéristiques essentielles que les élèves doivent retenir de la matière enseignée ?
B. Comment cette matière s'inscrit-elle dans un aspect évolutif de l'Histoire de l'Art ?
Bons exemples :
Leçon sur l'ORDRE IONIQUE. Classe : 3e Option Art.
A. Quelles sont les caractéristiques essentielles que les élèves doivent retenir de la matière enseignée ?
Dans l’architecture du temple,
- L’ordre ionique se différencie de l’ordre dorique par ses proportions plus élancées et une décoration plus développée.
- Retenir les caractéristiques essentielles de l'ordre ionique et apprendre aux élèves à utiliser le vocabulaire adéquat et spécifique : sous bassement, colonnes cannelées avec base, chapiteau à volutes, abaque carré, architrave à trois bandeaux moulurés, la frise de l’entablement entièrement sculptée en continu.
- La colonne est parfois remplacée par une statue féminine.
- Rappeler ce qu'on entend par le terme "ordre" : système architectural ayant une unité de style dans toutes les parties de l'édifice et principalement déterminé par un type précis de colonne et d’entablement.
B. Comment cette matière s'inscrit-elle dans un aspect évolutif de l'histoire de l'Art ?
- Replacer cet ordre dans son rapport avec l’ordre dorique et comme étape intermédiaire avant l’art corinthien.
- Nuancer la vision chronologique : à l’origine, les ordres dorique et ionique se distinguent, ensuite ils s’influencent réciproquement.
Leçon sur la CÉRAMIQUE GRECQUE ARCHAÏQUE. Classe : 4e Option Art.
A. Caractéristiques essentielles de la matière
- Acquérir une connaissance générale de la céramique grecque pour les périodes géométrique et orientalisante et l'intégrer à l'art grec.
- Retenir les caractéristiques essentielles :
. période géométrique : d’abord des cercles puis des motifs linéaires (zigzags, triangles, losanges, damiers, méandres, svastikas = croix gammées) répétés indéfiniment dans des registres, peu de scènes figurées : êtres humains et animaux schématisés, scènes funéraires ;
. période orientalisante : influence de l'Orient dans les motifs décoratifs (griffons, sphinx, sirènes, lions, panthères, rosaces, palmettes,...). Scènes de la mythologie et de légendes : êtres humains progressivement de plus en plus importants. Le dessin se précise, introduction des couleurs.
B. Comment cette matière s'inscrit-elle dans un aspect évolutif de l'histoire de l'Art ?
- Montrer l'importance de la céramique grecque étant donné la disparition des autres formes d'expressions picturales de cette époque. Témoin artistique essentiel pour comprendre la peinture grecque.
- La céramique grecque a donné lieu à de nombreuses interprétations ornementales au cours des siècles, notamment la frise « grecque » (Renaissance, Classicisme, Néoclassicisme).
Leçon sur L'ARCHITECTURE ROMAINE. Classe : 3e Option Arts.
A. Quelles sont les caractéristiques essentielles que les élèves doivent retenir de la matière enseignée ?
1) Les Romains ont été de grands bâtisseurs : réseau de routes, notion d'urbanisme et conception moderne de l'espace urbain (plan géométrique de la ville, les rues se coupent à angle droit, au centre se trouve le forum).
* création de nombreux monuments publics dont la structure est parfaitement adaptée à la fonction : forum, basilique, thermes, amphithéâtre, cirque, théâtre, aqueduc…
* type de la maison particulière à deux corps de bâtiment : la vie publique s’organise autour de l’atrium et la vie privée autour du péristyle.
2) art d'ingénieur : techniques de construction parfaitement adaptées aux matériaux, reprise de la voûte appareillée étrusque, invention du béton romain qui permet les larges coupoles.
B. Comment cette matière s'inscrit-elle dans un aspect évolutif de l'histoire de l'Art ?
- architecture romaine résultant d’une vaste synthèse de l’architecture de l’Antiquité grecque et du Moyen-Orient.
- grands novateurs : pour la première fois, les matériaux sont utilisés avec des techniques de constructions adaptées à leur spécificité; murs en moellon ou briques puis placage de marbre ou de stuc.
- la rationalisation de la structuration interne des monuments est le reflet de l'esprit d'organisation de la civilisation romaine qui se retrouve dans toutes les activités (droit, administration de l'empire...) et qui influencera les grandes réalisations contemporaines;
- pionniers d'un vocabulaire ornemental qui influencera toutes les formes architecturales des siècles suivants : ordres grecs, toscan, composite, grotesques, rinceaux, bandes ornementales, moulures, etc.
- importance de l’empire romain qui a marqué toute l’Europe occidentale.
Leçon sur Lorenzo GHIBERTI. Classe : 4e Option Art.
A. Quelles sont les caractéristiques essentielles que les élèves doivent retenir de la matière enseignée ?
1) Montrer, en sculpture, l'évolution de la représentation de l'homme et de son environnement:
- passage d'un espace fermé, surchargé, encombré, à un espace ouvert, vaste, clair, unifié, plus organisé, plus structuré;
- grand intérêt pour l'homme, l'humanisme se manifeste :
. dans la représentation d'un espace à la dimension humaine et dans lequel les personnages se meuvent avec souplesse;
.dans une représentation soucieuse de correspondance concrète avec la réalité vivante;
- référence et curiosité pour le réel (réalisme) : observation minutieuse, détaillée, sensible et subtile de la nature dans ses multiples manifestations.
2) Expliquer que cette nouvelle manière de représenter le monde reflète
- L'esprit et les conceptions de la Renaissance :
. curiosité scientifique, mathématique, naturaliste,...
. goût pour l'analyse, l'observation méthodique et expérimentale,
. préoccupation non plus centrée essentiellement sur Dieu comme au Moyen Âge, mais sur l'homme.
- La réflexion basée sur les recherches des sources antiques, amène une meilleure compréhension et utilisation par l'artiste des procédés techniques, et cela concerne tous les domaines artistiques de la peinture à l'architecture et les œuvres sculptées. Petit à petit, l'artiste se libère des tâtonnements du début du siècle pour épanouir son génie créateur, sa sensibilité, et sa vision du monde, dans un art qu'il appréhende et domine mieux.
- Une évolution de la sensibilité esthétique basée sur une nouvelle vision du monde qui entraîne une observation plus minutieuse de l'homme, de sa vie, et de la nature qui l'entoure.
B. Comment cette matière s'inscrit-elle dans un aspect évolutif de l'histoire de l'Art ?
- Analyser les conceptions et les caractères stylistiques de la Renaissance qui ont été repris à l'Antiquité. Mais préciser que ces éléments n'ont pas été copiés mais retraduits, réinterprétés selon la sensibilité et les préoccupations de l'homme du XVe siècle.
- La sculpture renaissante a réactualisé les canons antiques de beauté, ceux-ci ont marqué la sulpture académique et persistent, actuellement, notamment dans la publicité.
Leçon sur Georges DE LA TOUR. Classe : 5e Option Art.
A. Quelles sont les caractéristiques essentielles que les élèves doivent retenir de la matière enseignée ?
- Donner une connaissance générale de l'œuvre de G. de la Tour intégrée à l'art du XVIIe siècle français.
- Retenir les caractéristiques essentielles de son œuvre :
. Intériorité des expressions soulignée par le silence, le statisme, l'immobilité des personnages, le dépouillement des formes et les éclairages,
. géométrie des volumes,
. passion des éclairages nocturnes contrastés et indirects : chandelle, torche, lanterne…
. thèmes : scènes de la réalité quotidienne à travers des scènes bibliques jouées par des humbles.
B. Comment cette matière s'inscrit-elle dans un aspect évolutif de l'histoire de l'Art ?
- Intégrer son œuvre dans le contexte historique de son époque : réaction à l'idéalisme de la Renaissance et influence du Caravage. G. de la Tour s'inscrit dans le courant "réaliste" du XVIIe siècle français, coexistant avec le courant classique.
- Importance de ce courant réaliste pour les siècles suivants et surtout importance de l'œuvre de G. de la Tour qui répond à notre sensibilité moderne, notamment par ses représentations actualisées dans des personnages humanisés.
Leçon sur le FAUVISME. Classe : 5e Option Art.
A. Quelles sont les caractéristiques essentielles que les élèves doivent retenir de la matière enseignée ?
- exaltation de la couleur libérée de la fidélité à la réalité, luminosité éblouissante, exubérance et liberté sauvage = témoins de l'amour de la vie;
- formes schématisées, lignes épurées, jusqu'au graphisme;
- nouvelle conception de la perspective : rejet des dégradés qui suggèrent le modelé, relief et volumes surgissent du contraste des couleurs,...
- renouvellement audacieux des techniques : aplats, formes soulignées par un cerne ou un anticerne.
- influence des arts non-européens et liberté d’oser transgresser les règles académiques.
B. Comment cette matière s'inscrit-elle dans un aspect évolutif de l'histoire de l'Art ?
- rappel des recherches de la fin du XIXe siècle et des œuvres de Gauguin; première étape vers une libération de la couleur, refus du "ressemblant";
- dans les œuvres "fauves" les formes et couleurs ne se superposent plus = début des recherches spécifiques au XXe siècle ;
- libération de certaines missions traditionnelles de la peinture (= image du réel) suite à l’invention de la photographie.
Leçon sur Alberto GIACOMETTI. Classe : 6e complémentaire.
A. Quelles sont les caractéristiques essentielles que les élèves doivent retenir de la matière enseignée ?
- Traitement de la figure humaine : schématisme, réduction aux lignes essentielles, dématérialisation charnelle, déformations corporelles expressives pour traduire la fragilité de l'homme dans le monde actuel.
- Traitement de la matière : choix du métal (bronze), recherche d'animation épidermique du métal, caractère agressif de la surface, impression de corrosion de la matière, exprimant le statut précaire de la condition humaine.
- Sensation spatiale : caractère inconfortable des figures dans l'espace qui est ressenti comme un vide suffocant. L'homme, isolé de son environnement : incommunicabilité avec autrui.
Impression de solitude qui accentue le caractère tragique de l'existence.
B. Comment cette matière s'inscrit-elle dans un aspect évolutif de l'histoire de l'Art ?
Par rapport au passé :
- reprise de l'expressivité de la matière, inaugurée à l'époque impressionniste par M. ROSSO et A. RODIN.
- Affinité avec le travail du bronze à l'époque étrusque (4e s. av. J.C.).
Par rapport à son époque :
- affinité avec le surréalisme, abandon de la réalité visible. L'artiste recherche au-delà des apparences l'énigme de notre présence dans le monde.
- Affinité avec l'existentialisme (Sartre, Merleau-Ponty), visant à donner un sens à la condition humaine : expression du climat angoissé de l'époque, parallèles à évoquer avec Germaine RICHIER, Théodore ROSZAK.
« Mauvais » exemples de rédaction des objectifs cognitifs1 :
A. Quelles sont les caractéristiques essentielles que les élèves doivent retenir de la matière enseignée ?
Leçon sur LE BAUHAUS. Classe : 6e transition art plastique.
Montrer :
- le but du Bauhaus,
- sa méthode d’enseignement révolutionnaire, - son évolution,
- et son influence sur les époques qui ont suivi.
Objectifs trop succincts car non développés par des exemples précis pour chacun des quatre points.
Leçon sur LE ROMANTISME. Classe : 6e qualification option tourisme
- Être capable de situer le romantisme dans le temps et l'espace: Le Romantisme est un mouvement artistique qui se développe en Europe au début du XIXe siècle et qui concerne la littérature, la musique et les arts plastiques.
- Être capable d'utiliser le vocabulaire suivant: composition, contraste, perspective.
- Être capable de situer les six peintres étudiés dans l'espace (pays) et connaître la tendance caractéristique de cette nation.
- Faire le lien avec l'art baroque comme un «art de l'émotion» et un refus des « limites de l'art classique».
Objectifs trop généraux et mal sériés.
1 Les « mauvais » exemples visent à éclairer l’étudiant sur les écueils fréquemment observés dans les premières préparations de leçon remises par les stagiaires. Il est utile de préciser que les objectifs présentés dans cette rubrique ne sont pas nécessairement faux, bien au contraire, ils contiennent souvent certaines bonnes idées. Il s’agit donc, la plupart du temps, d’une réorganisation et d’une précision des idées suivant le schéma préconisé.
Leçon sur LA PREMIERE RENAISSANCE. Classe : 4e option art.
Les caractéristiques générales à retenir sont d’abord les principaux aspects historiques de la première renaissance et les grandes caractéristiques du mouvement artistique, c’est-à-dire ce que nous notons au tableau. Les caractéristiques des œuvres vues et leur rapport avec la globalité du mouvement, et les caractéristiques générales de leur auteur sont également importantes.
Toutefois, comme nous le verrons plus loin, le choix des œuvres a été influencé par les illustrations du livre de références des élèves, afin que ceux-ci aient un maximum de documentation directement disponible en rapport avec le cours. Dès lors, le plus capital est de pouvoir retrouver en quoi telle ou telle œuvre fait partie du mouvement.
Objectifs mal rédigés, hors sujet et incomplets.
Leçon sur RODIN. Classe : 5e année option art.
Par rapport aux sculptures en marbre :
- Caractéristique de Rodin : thème du fragment et de l'inachevé, notion de répétition ou de série, plus d'utilisation du socle dans son rôle rhétorique, contraste entre les corps des personnages et le socle. Retenir quelques éléments principaux de la biographie de l'artiste : sa relation avec Camille Claudel, son voyage en Italie et sa découverte de Michel-Ange, sa formation en atelier, son scandale avec L'Age d'airain.
- Caractéristique de l'époque : tradition de la sculpture : sculpture souvent liée à un monument ou en référence à la peinture ou à une scène historique (Seul Michel-Ange avait réussi à créer des espaces où l'architecture, la sculpture et la peinture étaient en parfaite relation d'égalité avec même une petite supériorité de la sculpture).
Par rapport aux sculptures en bronze :
- Grande recherche par rapport à l'anatomie, au mouvement, à l'attitude et à l'expression des personnages (// Léonard de Vinci) ;
- Souci de rendre les oeuvres accessibles au public notamment par la diminution du socle ; - Réalisation de nombreuses études avant d'arriver au résultat final : dessin, sculpture en plâtre des personnages nus, vêtus, séparés, etc. Artiste méticuleux d'où la qualité du résultat ;
- Plusieurs innovations ou originalités par rapport au traitement de la masse, du relief, de la composition, du rythme, etc. ;
- Volonté de ne pas idéaliser les personnages, mais plutôt, souci de les représenter tels qu'ils sont réellement avec leurs propres sentiments intérieurs (portrait moral) ;
- Négation de la pose de type académique, autrement dit, de la « belle pose » ;
- Réalisation d'un groupe sculpté en ronde-bosse (rare !) où l'on retrouve une grande cohérence malgré l'individualisation de chacun des personnages (« Les Bourgeois de Calais »).
Objectifs mal sériés, mal rédigés et confondus avec un exposé de matière.
Leçon sur DE VINCI ET RAPHAËL. Classe : 5e option art
- Par rapport à la Renaissance :
Les caractéristiques majeures de cette période d'un point de vue artistique.
- Par rapport à Léonard de Vinci :
. Origine : Florence, à Vinci d'où son nom.
. Génie de la Renaissance italienne (peintre, architecte, ingénieur, écrivain, sculpteur).
. Vie divisée en quatre périodes principales : formation à Florence durant 13 ans dans l'atelier de Andréa del Verrochio, premier séjour à Milan, maturité, vieillissement et mort en France auprès de François 1er.
D'un point de vue artistique : Léonard de Vinci a mis au point le sfumato, il considère que les gestes, attitudes et expressions des personnages doivent révéler leur contenu mental, il utilise la composition pyramidale, ce qui donne de l'équilibre à ses œuvres, il maîtrise et pousse plus loin les recherches sur la perspective (aérienne et géométrique), il préfère jouer sur les nuances d'une seule couleur plutôt que d'en utiliser plusieurs, il accorde beaucoup d'importance à la beauté et à l'idéalisation, il renouvelle la notion de paysage, il réalise pour nombreux de ses personnages féminins un sourire qui a valeur de signature, il lui faut beaucoup de temps afin de réaliser une œuvre (plusieurs années).
- Par rapport à Raphaël :
. Origine : Urbino (Ombrie)
. Artiste de la renaissance contemporain de Léonard de Vinci et de Michel-Ange.
. Sa vie est également divisée en quatre périodes principales : débuts à Urbino dans l'atelier du Pérugin, Florence où il produit une grande quantité d'œuvres, Rome sous le pontificat de Jules II puis sous celui de Léon X.
D'un point de vue artistique : Raphaël se caractérise par l'équilibre, la sérénité et l'harmonie de ses œuvres, par des compositions ordonnées, symétriques ou pyramidales, par la réalisation de nombreuses madones, douées, jeunes, élégantes et sereines, par l'utilisation de la perspective aérienne et géométrique, par une grande maîtrise des couleurs et de la lumière.
Objectifs trop développés et confondus avec la matière.
B. Inscription dans un aspect évolutif de l'histoire de l'art : « Mauvais » exemples
Leçon sur LA PREMIERE RENAISSANCE. Classe : 4e technique option art.
La première Renaissance (XIV-XVe siècles) entre en rupture avec l'art du Moyen-âge, gothique, et débute dans une contrée où celui-ci n'a jamais pu s'imposer réellement face à l'art de tradition byzantine. Le retour à l'Antiquité se manifeste dans tous les arts plastiques et dans sa première phase, il repose sur une innovation fondamentale, la perspective linéaire, mais également sur une grande importance des mathématiques. L'harmonie recherchée par calcul aboutit souvent à des figures peu mobiles et l'inspiration antique, par les statues ayant tout fait ressembler les sujets à des modèles en train de poser. L'évolution vers la deuxième Renaissance (XVIe siècles) se marque par une plus grande liberté, une meilleure souplesse, un abandon progressif de la délimitation par lignes claires et une prise de distance par rapport à des proportions
«obligatoires».
Objectifs confondus avec la matière.
Leçon sur DE VINCI ET RAPHAËL. Classe : 5e option art.
La vie de Léonard de Vinci et de Raphaël est abordée selon des périodes successives et chronologiques :
Léonard de Vinci :
Période de formation à Florence : 1468-1481 ; Période milanaise : 1482-1500 ;
Maturité: 1500-1516;
Vieillissement et mort en France : 1517-1519.
Raphaël :
Période de formation à Urbino ; Période florentine : 1504-1508 ;
Rome sous le pontificat de Jules II : 1508-1513 ; Rome sous le pontificat de Léon X : 1513-1520.
Objectifs hors sujet, confondus avec la matière, sans rapport avec un aspect évolutif.
2.1.2. Objectifs visant à un éveil de la sensibilité artistique Question à se poser :
Comment éduquer l'oeil des élèves, sur quels détails attirer leur attention?
Ces objectifs doivent être rédigés en termes sensibles, à l’aide d’un vocabulaire relevant de l’esthétique et sur base d’exemples précis étudiés durant le cours.
Bons exemples :
Leçon sur l'ORDRE IONIQUE. Classe : 3e Option Art.
Éveiller la sensibilité artistique en éduquant l'oeil à saisir :
- la grâce des formes générales, l'organisation des proportions;
- la forme élancée des colonnes ioniques, l'amoindrissement progressif du diamètre du fût;
- les jeux de lumière créés par les cannelures qui sont séparées par un méplat à l’inverse de l’ordre dorique à arêtes vives ;
- la parfaite jonction, d'un point de vue plastique, entre le fût cylindrique et le chapiteau quadrangulaire;
- l'ornementation parfaitement intégrée dans les formes architecturales, la recherche d’équilibre entre les zones rythmées par des alternances.
Leçon sur L'ARCHITECTURE ROMAINE. Classe : 3e Option Arts Plastiques.
Un bâtiment relativement bien conservé concentrera l'observation esthétique, Le Panthéon :
- courbe parfaite de la coupole intégrée dans les proportions de l'ensemble;
- l'heureuse proportion de l'élévation intérieure (le diamètre de la coupole = la hauteur totale de l'édifice), la forme des caissons adaptée à la courbe de la coupole, le jeu des piliers et des colonnes qui rythment l'espace intérieur de l'édifice,...
- la répartition des courbes (coupole, colonnes) et des droites (linteau, pilastre,...) : elles se répartissent pour scander l'espace et créent une impression d'équilibre absolu.
Leçon sur Lorenzo GHIBERTI. Classe : 4e Option Art.
- Montrer que l'esthétique de la Renaissance est basée :
. à la fois, sur une volonté de rationalisme et de réalisme : dans la représentation d'un espace unitaire (où tous les éléments sont intégrés) et perspectiviste dans la reproduction minutieuse de la réalité, conforme à certains égards à la vision humaine;
. ces éléments sont alliés à une sensibilité harmonieuse, dans l'exaltation de la nature et d'un univers à dimension humaine.
- Faire découvrir l'équilibre parfait et l'unité de la composition rendus par:
. la disposition des scènes, les gestes, les lignes, les attitudes qui se répondent et s'enchaînent;
. l'intégration de tous les éléments de la scène à l'espace : ronde-bosse pour l’avant-plan, ensuite dégradé progressif de volumes de moins en moins marqués.
- Insister sur le raffinement de l'ensemble rendu par la délicatesse, la subtilité des modelés, ainsi que par l'élégance des gestes, des attitudes.
- Faire comprendre comment l'unité naît de l'équilibre, de la délicate subtilité des formes et des modelés, et que les tons dorés s'unissent pour créer un sentiment d'harmonie.
Leçon sur Georges DE LA TOUR. Classe : 5e Option Art.
Éveiller la sensibilité artistique en :
- éduquant l'oeil pour saisir l'équilibre et la sobriété des compositions, la schématisation des volumes, la subtilité des nuances de couleurs. Le plaisir de l'oeil naît de la contemplation de ces personnages silencieux et immobiles, éclairés par la lueur d'une chandelle ou d'une torche;
- sensibilisant au mystère répandu dans ses toiles par les savants éclairages;
- mettant en évidence la concordance parfaite entre la recherche formelle et le profond sentiment mystique.
Leçon sur le FAUVISME. Classe : 5e Option Art.
- Attirer l'attention sur l'audace des couleurs et les effets obtenus par le rapprochement de plusieurs variétés de tons roses orangés, dans les œuvres de Dufy,...
- Montrer, dans les œuvres de Matisse, la sensibilité de la courbe traçant tous les objets, aussi bien un corps féminin qu'une chaise longue.
- Insister sur le souci d'harmonie dans les couleurs d'un tableau de Bonnard, les jeux de dégradés, les rappels, le plaisir de l'œil dans la contemplation des tons chauds, audacieux, mais toujours harmonieusement rapprochés,...
Leçon sur Alberto GIACOMETTI. Classe : 6e complémentaire.
Éveiller la sensibilité artistique en :
- attirant l'attention sur la mise en espace des œuvres (monumentalité, solitude, vide oppressant,... );
- montrant comment l'artiste arrive à concilier l'impression de mouvement et le statisme de ses personnages;
- faisant découvrir la façon dont Giacometti exprime son incertitude angoissée (déformations formelles, corrosion du métal, agressivité de la structure,...);
- montrant les constantes thématiques de son répertoire à travers des modes d'expression variés.
« Mauvais » exemples :
Leçon sur POUSSIN, LE LORRAIN ET DE LA TOUR. Classe : 5e option art.
- Avec Lorrain, ils auront un aperçu de la peinture des paysagistes. Lorrain s'est attaché à représenter des thèmes nouveaux mais surtout qui lui tenaient à cœur, comme le soleil et les ports. Sa peinture influencera notamment Turner et les impressionnistes. Les paysages de Lorrain ont quelque chose de magique qui nous touche encore maintenant. Il faudra essayer de leur faire comprendre la sensibilité particulière de Lorrain et le fait qu'il a été en quelque sorte précurseur d'un style nouveau. Ce n'est pas pour rien si les impressionnistes ont été touchés par ses peintures. Sa peinture n'est en rien démodée.
- La Tour offre une peinture tout aussi intéressante à analyser car il a voulu percer le mystère profond de l'homme et le rendre en peinture. Avec sa technique du clair-obscur dans ses tableaux nocturnes, il crée une certaine atmosphère d'intériorité.
Objectifs hors sujet, littéraires.
Leçon sur LE MOUVEMENT COBRA. Classe : 5e année latin grec.
Éveiller la sensibilité artistique en éduquant l'œil à saisir :
- Montrer par l'œuvre de Karel Appel, d'Asger Jom ou de Pierre Alechinsky la spontanéité du geste, le dynamisme, l'aformalisme, les couleurs vives, l'expérimentation, la pulsion, …
- Montrer par les œuvres de Christian Dotremont l'intégration de l'écriture dans la peinture.
- Attirer l'attention sur l'audace de la couleur et sa matérialisation.
Objectifs trop généraux, imprécis et problème de vocabulaire.
Leçon sur LE CUBISME. Classe : 4e professionnelle habillement.
L'accent est mis sur l'examen des caractéristiques marquantes du cubisme et des diverses phases de son évolution. La méthode de comparaison entre les œuvres permet de montrer le cheminement qui relie Cézanne au cubisme synthétique.
Objectifs hors sujet, trop généraux.
Leçon sur LA PEINTURE DANS LES PAYS-BAS ESPAGNOLS AU XVIIe S. Classe : 5e option art.
Faire reconnaître aux élèves les éléments marquants présents dans les œuvres, et les moyens mis en œuvre confrontés aux effets obtenus. En priorité, concernant le baroque, les compositions et formes de base (diagonales, courbes) en rapport avec la sensation d'énergie qui se dégage de l'œuvre, et le rôle de la couleur dans l'effet de drame, de théâtre, de luxe.
Objectifs pas assez spécifiques, incomplets.
2.1.3. Objectif visant à une meilleure ouverture d'esprit, à un réel sens critique et lorsque la possibilité s'en présente, au développement d'un sens social
Questions à se poser :
- Comment faire éclater la vision trop conformiste de l'élève et l'engager à utiliser plusieurs critères avant de formuler un jugement?
- Comment objectiver et relativiser une appréciation?
- Comment amener l'esprit de l'élève à des modes de pensées différents?
Bons exemples :
Leçon sur l'ORDRE IONIQUE. Classe : 3e Option Art.
- comparer l'ordre ionique et l’évolution de l’ordre dorique, insister sur la différence de conception et d'esprit de création;
- indiquer que les lignes qui semblent droites sont toutes incurvées ou renflées pour des raisons esthétiques : importance des illusions d’optique pour satisfaire l’œil humain ;
- insister sur la pérennité des formes et du vocabulaire ornemental qui se retrouvent jusque dans les réalisations contemporaines.
Leçon sur L'ARCHITECTURE ROMAINE. Classe : 3e Option Arts Plastiques.
- Insister sur le renouvellement des formes et des techniques, il y a plus de 2000 ans, les bases de l'architecture moderne et contemporaine ont été posées (postmodernisme), revalorisation du passé et esprit de continuité par de lentes progressions dans les recherches humaines,...
- Relativiser les réalisations des civilisations antérieures souvent trop valorisées (architecture égyptienne et grecque). Faire remarquer l'aboutissement de leurs créations malgré des méthodes de construction essentiellement manuelles.
- Situer les thermes romains en rapport avec la mode actuelle du thermalisme et de l’aquathérapie.
Leçon sur Lorenzo GHIBERTI. Classe : 4e Option Art.
- Montrer comment les caractéristiques de la Renaissance (style, conception du monde) se retrouvent déjà dans la "Nativité", mais appliquées de manière encore exploratoire, en tâtonnements.
Par comparaison avec le bas-relief de l'"Histoire d'Abraham", expliquer l'énorme pas franchi par GHIBERTI, l'accomplissement de son art dans sa maîtrise des procédés : composition - formes - matériaux - pour traduire un ensemble conforme aux idéaux de la Renaissance.
- Sensibiliser les élèves aux conceptions de l'époque et montrer comment ces principes se retrouvent dans la création d'une impression et d'une esthétique particulières.
- Insister sur la qualité et le souci constant des détails tout en montrant qu'ils ne nuisent jamais à l'unité générale de l'œuvre. Exemple : la bordure de fruits et de fleurs habitée par des oiseaux qui encadre l’ensemble des panneaux de la porte du Paradis.
Leçon sur Georges DE LA TOUR. Classe : 5e Option Art.
- Rechercher la valeur esthétique spécifique de chaque œuvre en se basant sur des critères précis : impression générale, procédés techniques, concordance entre les effets recherchés et les procédés techniques qui relient à certains égards chaque œuvre mais les différencient également.
- Faire découvrir la dimension universelle de l’expression d’intériorité, le goût de la juste mesure, la clarté de ce style dans son idéalisation du vrai.
- Il ne subsiste qu’une trentaine d’œuvres de Georges De La Tour pour une période de travail de presque 40 ans.
Leçon sur le FAUVISME. Classe : 5e Option Art.
- Sensibiliser aux conceptions audacieusement novatrices de cette peinture qui met l'accent sur un mode d'expression qui puise sa signification dans une recherche esthétique de juxtaposition de couleurs et de formes en refusant la référence absolue au "réel".
- Le cours aura été préparé dès l'étude des courants du XIXe siècle puisqu'on aura recherché principalement l'apport dans le renouveau de formulation plastique d'une œuvre, sans se limiter aux caractères historiques et anecdotiques.
- Difficulté de cerner un mouvement non organisé, conception brève de différents artistes aux sources et influences multiples.
Leçon sur Alberto GIACOMETTI. Classe : 6e complémentaire.
- Sens critique : effectuer une évaluation de l'œuvre en voyant en quoi elle est l'image d'un contexte culturel et social (climat de l'après-guerre), la projection d'une idéologie (existentialisme, interrogation sur le sens de la présence humaine dans le monde) et en évaluant son rôle historique dans l'évolution des recherches esthétiques.
Sensibiliser à la vision personnelle de Giacometti par rapport aux sculpteurs surréalistes.
- Ouverture d'esprit : étudier les rapports existant entre ce type d'œuvre et l'art étrusque, éventuellement l'art des Cyclades.
« Mauvais » exemples :
Leçon sur LA PERIODE FIGURATIVE DE MONDRIAN. Classe : 6e option art
- Mettre en avant la nécessité d'accueillir sans à priori une impression générale, ne pas rejeter d'emblée l'œuvre.
- Justifier par la logique uniquement, ne pas tolérer les approximations.
- Formuler après observation attentive, en mettant en relation les différents éléments constatés.
- Montrer aux élèves la diversité d'un parcours, la complexité d'une évolution, montrer à quel point l'individu est dépendant de ses aînés, de ses influences. Montrer aussi comment des styles, courants très différents peuvent apporter à l'artiste l'occasion de progresser en restant très personnel.
Objectifs transposables.
Leçon sur LA PREMIERE RENAISSANCE. Classe : 5e option art.
Lors de l'examen des œuvres, il est perpétuellement demandé aux élèves de faire des rapports entre les œuvres mais également de s'interroger sur certains aspects reliant l'œuvre au contexte général de l'époque. Par ailleurs ils sont invités à se justifier et à ne pas donner d'avis intuitif.
La Renaissance est en général admirée par les élèves qui fréquemment partagent les préjugés des hommes du XVe siècle italien. En revanche, beaucoup ignorent que la souplesse et l’impression de mouvement n’arrivent pas du premier coup. Ainsi, on insiste sur la notion de figure rigide à travers les œuvres et sur l’absence ou le peu de mouvement. La représentation de la Naissance de Vénus de Botticelli est à ce titre révélatrice en regard des autres œuvres, par la sensation relative de naturel qui s’en dégage.
Objectifs trop restrictifs et littéraires.
2.1.4. Objectif cognitif : le développement optimal des aptitudes mentales Questions à se poser :
Comment favoriser la réflexion, le raisonnement? À partir de quels éléments mener l'élève à effectuer des inductions, en établissant des relations multiples, en utilisant plusieurs critères, en multipliant les combinatoires ?
Bons exemples : Leçon sur l'ORDRE IONIQUE. Classe : 3e Option Art.
- Comparer toutes les caractéristiques de l’ordre dorique à celle de l’ionique.
- Rappeler l’importance des propriétés et caractéristiques des matériaux de construction, les procédés techniques de l'époque, faire découvrir l'"archaïsme" technique des méthodes de taille et de construction, donc l’exploit technique des bâtisseurs grecs.
- Tester, par des œuvres architecturales choisies à travers les siècles, la compréhension et la maîtrise du vocabulaire.
Leçon sur L'ARCHITECTURE ROMAINE. Classe : 3e Option Arts Plastiques.
- Faire réfléchir à l'organisation moderne, fonctionnelle d'une nouvelle ville romaine et à ses implications quotidiennes : gain de temps, hygiène, sécurité, etc.
- À partir du quotidien des élèves, découvrir la destination des édifices de la ville antique, selon leurs formes, leur emplacement, leur situation, etc. : lieux de culte, réunion des fidèles, assemblée du peuple, jeux, loisirs,... Puis, percevoir en fonction de ces différents édifices, les préoccupations des Romains (hygiène, distraction, affaires, confort, etc.)
- Faire saisir la structuration rationalisée d'un édifice. Insister sur la signification d'un agencement, sur la fonctionnalité d'un plan, sur le rôle d'une ornementation,... et les multiples interactions entre ceux-ci.
Leçon sur Lorenzo GHIBERTI. Classe : 4e Option Art.
- Par le procédé de l'induction : à partir de l'observation des différences d'impression qui existent entre le bas-relief de la "Nativité" et celui de l’”Histoire d'Abraham", faire découvrir l'évolution, les progrès réalisés dans l'utilisation des procédés techniques, leur importance, le rôle qu'ils jouent dans l'apparition d'une émotion esthétique mais aussi l’effervescence culturelle de l’époque.
- Mettre en évidence le développement de l’esprit de synthèse de l’artiste par une participation de tous les éléments (composition, matériaux, couleurs, lignes, formes,...) afin de créer une atmosphère et une harmonie totale.