Automorphismes intérieur de S n
Emily Clement 7 février 2017
Référence :
— Cours d’algèbre de Daniel Perrin Proposition .1
Pour n‰6, AutSn “IntSn
Pour rappelle, si on a un groupeG, on définit les automorphismes intérieurs de G par : IntG“ ig : x ÞÑ gxg´1 ;g PG(
L’inclusion Ě est donc évidente.
Pour l’inclusion inverse, on va procéder par deux étapes :
Étape 1 : On montre que si un automorphisme de Sn transforme les transpositions en transpositions, alors il est intérieur.
Étape 2 : On montre que c’est le cas pour tout automorphisme deSnen caractérisant les transpositions : elles sont d’ordre2, mais ce ne sont pas les seules...
Démonstration de Ď: :
Étape 1 : Un petit lemme : SoitϕPAutSn, tel que ϕtransforme les transpositions en transpositions.
Or,Sest engendré par les transpositions de la formep1iqdonc on peut se restreindre aux transpositions de cette formes, notons les :
τi “ p1iq,@iě2
Parhypothèse, pour tout iě2,ϕpτiqest une transposition.
Or,ϕpτiqetϕpτjqne commutent par pour touti‰j, car commeϕest un morphisme injectif, si elle commuteraient,τi“ p1iqetτj “ p1jqcommuteraient, ce qui est exclut par simple calcul.
Donc ϕpτiq et ϕpτjq ne sont pas disjointes (sinon elles commuteraient), elles ont toutes deux à deux un seul éléments de leur support commun :
Posonsϕpτ2q “ pα1α2qet alorsϕpα1α3q, oùpα1,¨ ¨ ¨ , αnq “ t1,¨ ¨ ¨ , nu.
Alorsϕpτiq “ pα1, αiq pour iě 3 car si on avait ϕpτiq “ pα2, α3q par exemple, on aurait alors :
pα1, α2q pα1α3q pα2α3q “ pα1α3q Autrement dit :
ϕpτ2qϕpτ3qϕpτ1q “ϕpτ3q 1
en regroupant à gauche dans ϕ car c’est un morphisme et en appliquant à gauche ϕ´1 (c’est un automorphisme), on a τ2τ3τi “τ3 ce qui donne :
p12q p13q p1iq “ p13q
Ce qui est exclut.
De plus, lesαi sont distincts@i, par injectivité de ϕ:ϕpτiq “ pα1, αiq,@iě2 On pose :α “
ˆ1 ¨ ¨ ¨ n α1 ¨ ¨ ¨ αn
˙
et comme :
α τi
loomoon
p1iq
α´1“ pαp1qαpiqq
Alors :ϕetiα coïncident sur lesτi, qui engendrentSn, donc surSn. Donc :
ϕ“iα PIntpSnq
Étape 2 :
ϕest un automorphisme, donc envoie un élément d’ordre 2 sur un éléments d’ordre 2.
Les transpositions..ne sont cependant pas les seuls éléments d’ordre 2, il y a pas exemple ceux de la formespabq pcdq...
On va s’intéresser au centralisateur :
Cpsq “ gPSn, gsg´1 “s( Lemme .1
SoitsPSn, on supposen“ ÿn
i“1
iki et quesest le produit de k1` ¨ ¨ ¨ `kn cycles disjoints :
k1 cycles d’ordre 1, ...,kn cycles d’ordren.
Alors :
|cpsq| “
n
ź
i“1
ki!iki
Siτ est une transposition,ϕpτq est d’ordre 2 donc comme ϕpτq PSn il est décom- position en produit dektransposition, et comme i lest d’ordre2, elles sont disjointes.
Ici,ϕpcpτqq “cpϕpτqqcarϕest injective et un morphisme, d’où l’égalité :
|cpτq| “ |cpϕpτiqq|
Ici par rapport au lemme, pourτ :n“2k2`k1 etk“1etk2“n´2 donc :
|cpτq| “`
pn´2q!11˘
¨` 1!21˘
“2pn´2q!
Pourϕpτq :n“k`1`2kcar on a ktranspositions disjointes.
|cpϕpτqq| “ pn´2kq!1pn´2kq¨k!2k
“2kk!pn´2kq!
Emily Clement page 2
Donc :
2pn´2q!“2kk!pn´2kq!
Donck“1sauf pour n‰6
Doncϕpτq est le produit...d’une seule transposition..donc c’est une transposition ! Pour par l’étape 1, comme ϕenvoie toutes les transpositions sur les transpositions, on a montré que les automorphisme de Sn sont tous intérieur, sauf peut-être pour n“6.
Emily Clement page 3
Simplicité du groupe alterné
Emily Clement 7 février 2017
Référence : Perrin, Cours d’algèbre, page 28-29
simplicité du groupes alterné An
Proposition .1
Le groupeAn est simple pourně5
Corollaire .1
Pourně5, les sous-groupes distingués de Sn sontt1u,An,Sn
Interêt dans la leçon 103: on a un bon exemple de groupe simple Question à se poser : et en dessous de 5?
Quelques rappels bêtes mais importants : Définition .1
Sn est le groupe des permutations de l’ensembleJ1, nK
unk-cycle est une permutation particulièreσ“ pa1,¨ ¨ ¨, akq,ai PJ1, nK, où σpaiq “ai`1
Pourk“2 on parle de transpositions.
ε: Sn Ñ t´1,1u le morphisme signature tel queεpσq “ p´1qk`1pour unk´cycle.
On noteAn “kerpεq “ε´1p1qle groupe des permutationspaires.|An| “ n!
2 “ |Sn| {2
Casn“5 :A5 est simple.
Démonstration Démonstration du théorème :
#A5“5!
2 “60.
Dénombrons les éléments deA5 : On peut dénombrer le nombre de k´cycle dansSncomme
˜ n k
¸
pk´1q!:
— Le neutre, Id :1élément
— 3cycles : on en a20
— 5cycles : on en a
˜ 5 5
¸ 4!“24
1
— double transpositions à support disjoints, qui sont d’ordre2: on a
˜ 5 2
¸
“10
possibilités pour la première transposition, puis
˜ 5 3
¸
“3possibilités.
Soit un total de30choix si on prend l’ordre en compte, mais les transpo- sition commutent˚0 donc on a en fait15choix.
On a dénombrer ainsi tous les éléments de A5. Soit H CG un sous-groupe distingué deG, non trivial.
On invoque le lemme suivant : Lemme .1
SiσPSn, est un cycle d’ordrep,σ“ pa1,¨ ¨ ¨, apqet siτ PSn, on a :
τ στ´1“ pτpa1q,¨ ¨ ¨, τpanqq
Démonstration :
SixR tτpa1q,¨ ¨ ¨, τpanqu,τ´1pxq R ta1,¨ ¨ ¨, apuet donc : τ στ´1pxq “τ τ´1pxq “x
Six“τpaiq,τ στ´1pxq “τ σpaiq “τpai`1q
Il suffit, si on prendpi, j, kqet` i1, j1, k1˘
:
σpi, j, kqσ´1“ pσpiq, σpjq, σpkqq Donc, :
— SiH contient un élément d’ordre3, ils le contient tous.
— SiH contient un éléments d’ordre 5, il contient le5-Sylow engendré par cet élément, donc tous les5-sous-Sylow (ils sont conjugués), donc tous les éléments d’ordre5.p1q
H est un sous-groupe deGdonc par Lagrange,|H| |60“ |A5|.
On énumère les possibilités :
1. H contient les doubles transpositions : 16“15`1(on compte le neutre) ne divise pas60
2. H contient les3´cycles :20`1-60 3. H contient les5-cycles :24`1“25-60
DoncH contient au moins deux des trois types de permutations :|H| ě1` 15`20“36donc|H| “60.
DoncH“A5
Remarque .1
Pourp1qon invoque le théorème de Sylow : (5.7 dans Perrin) : Théorème .1 (Théorème de Sylow)
SoitGun groupe de cardinal|G| “pαm,p-m
1. SiH ďG, qui est unp´groupe, il existe unp´Sylow,S, avecH ĂS 2. Lesp´Sylow sont tous conjugués (et donc leur nombrekdivisen) 3. k”1 modp
Emily Clement page 2
Remarque : une version plus poussés pour l’histoire des 3´cycles conjugués : On utilisera pour cette démonstration les lemmes suivants :
Lemme .2
Sině5:
Le groupeAn estn´2fois transitif surJ1, nK: si on aa1,¨ ¨ ¨ , an´2distincts etb1,¨ ¨ ¨, bn´2 distincts,DσPAn tel que :
σpaiqbi
Démonstration :
Il suffit d’écriret1,¨ ¨ ¨, nu “ ta1,¨ ¨ ¨, an´2, an´1, anu “ tb1,¨ ¨ ¨, bn´2, bn´1, bnu et on poseσtelle queσpaiq “bi
Siσest paire : Ok
Sinon, on prendσ˝ pan´1, anq
Dont le corollaire nous sera utile : Corollaire .2
Sině5, les cycles d’ordre 3sont conjugués dansAn
Démonstration : SoitσPSn
Cas général An est simple pour ně5 Démonstration :
E:“J1, nK, SoitHCAn, non trivial.
SoitσPH,σ‰1.
Ramenons nous au cas précédent : Construire une permutation deAnqui ait n´5point fixes.σ‰1doncDaPE, tel queb“σpaq ‰a.
SoitcPE tel quec‰a, b, σpbq.
On poseτ“ pacbqle3´cycle.
b“σpaqdoncF “ ta, b, c, σa, σb, σcuest de cardinalď5 ρ:“τ στ´1σ´1“τ`
στ´1σ´1˘ DoncrhopFq “F etρE´F “IdE´F
Quitte à rajouter des éléments, supposons|F| “5,ρ‰1carρpbq “τ σpbq ‰b, carσpBq ‰τ´1pbq “c
SoitApFql’ensemble des permutations paires deF.
On pose :
ApFq Ñ An
u ÞÑ u: x ÞÑ
#upxq sixPF
x sinon
On a doncA5“ApFq
PosonsH0:“ tuPApFq |uPHu “HXApFq,H0CApFq »A5. ρ|F PH0,ρ|F ‰IdF
OrApFq »A5 est simple, doncH0“ApFq.
Soituun3´cycle deApFq, donc uPH0, doncuest un3´cycle dansH, or les3-cycle sont conjugués dansAn, ils sont donc tous dansH.
Or :
Emily Clement page 3
Lemme .3
Les3-cycles engendrentAn
On a doncH“An
Remarque .2
Pourquoi les3´cycles engendrentAn? Cf Perrin.
Emily Clement page 4