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Isométrie du cube et applications Emily Clement Master 2 MEEF

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Academic year: 2022

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Isométrie du cube et applications

Emily Clement Master 2 MEEF

Cadre :

On prend un cube (i.e.12arrêtes, 6faces, 8sommets, etrcouleurs (0ďrď6).

On va introduire des notations :

— E3leR´espace affine euclidien de dimension3.

— IsompCq “ tf PO3pRq |fpCq “Cule groupe des isométries affines def

— Isom`pCq “IsompCq X tdet“1ule groupe des déplacements def.

O3pfqopère naturellement surE3 par f, AÞÑf ¨A , Isom`pfqest le stabilisateur de O3`pRqOn nu- mérote les grandes diagonales pour mieux expliquer les choses sur le dessin suivant :p1q,p2q,p3q,p4q.

On va alors affirmer les deux choses suivantes : Proposition .1

SoitC un cube, les isométries directes du cube est un groupe isomorphe àS4. Application :

Si on dispose depcouleurs, on a57manières différentes à isométries près de colorier un cube.

On se place avec un cube centré en le pointOd’origine car cela ne change rien au problème. On va faire la démonstration en plusieurs étapes :

1. On montre l’existence d’un morphismeρ: G Ñ S4 oùG“IsompCq 2. on montre queρ|G` est injectif par étude du noyau

3. on montre qu’il est surjectif (donc bijectif) en cherchant les antécédents des éléments de S4 géométriquement.

4. (Application) On utilise les actions de groupe pour dénombrer les points fixes par éléments deG` 5. on applique Burnside pour calculerkle nombre de coloriage possible à isométrie directe près Démonstration de la proposition

Étape 1 Soit f une isométrie, f préservant le cube, elle préserve les distances donc un segment réalisant le diamètre est envoyé sur un segment réalisant le diamètre, ici un dessin pour nommer les grandes diagonales du cube,p1q,p2q,p3q,p4q:

On a ici4grandes diagonales, donc on peut considérer la restriction de l’action de GsurS4 sur les4 grandes diagonales. On poserhole morphisme associé :

ρ: G Ñ S4

1

(6)

Étape 2

kerpρqest l’ensemble des isométries qui envoientp1qsurp1q,p2qsurp2qetc, donc on a évidement l’identité ets0qui intervertit chaque sommets diagonalement opposés, mais cette transformation est de déterminant´1donc :

ker` ρ|G`

˘“ tIdu

en effet, siσPkerpρqtel queσ‰Id, alors il existe un sommet qui n’est pas envoyé sur lui-même, mettons que ce soitA.

AlorsσprAGsq “ rAGs, donc comme les isométries préservent les barycentres, elle préservent les extrémités de segment doncσpAq “GetσpGq “A.

De même,σpBq P tB, Hupar le même argument, or les distances étant préservé σprABsq est de même longueur querABs, donc on a en choix, pour queσpBqsoit à distance derABsdeG:

σpBq P tF, C, Hu doncσpBq “H

De mêmeσpCq “C, or les vecteurOA,OB et OC formant une base de l’espace affine, on peut retrouver l’isométrieσ“s0

Étape 3 Recherchons maintenant les antécédents de chaque éléments deS4 :

2´cycles (transposition)

On a un éléments par exemple de la forme σ“ p12qcorrespond au rotations d’angle π de d’axe passant par le milieu des arrêtes :2 Ici les diagonales p1q et p2q restent inchan- gées etp3qest envoyées surp4qet réciproque- ment, on a donc bien exhibé un2´cycles.

π

On a6 telles rotations différentes d’angleπ (6 paires de deux arrêtes)

3´cycles

Un3´cycle conserve la grande diagonale qui sert d’axe de rotation p4qd’angle 2π

3 , et la diagonalep1qest envoyée surp3q,p3qsurp2q et p2qsurp1q. Cela forme un3´cycle.

2π 3

On a8telles rotations (2 par diagonales car on peut inverser l’angle et faire une rotation de´2π{3

4´cycles

πouπ{2

Un4´cycle correspond à une rotation deπ{2 avec comme avec de rotation les deux centres de deux faces opposées.

Ainsi avec unσ“ p1234q, on envoiep1qsur p2q,p2qsurp4q,p4qsurp3qet p3qsurp1q.

On a donc bien un4´cycle avec cette trans- formation et6telle transformations.

Doubles transpositions On a le même rai- sonnement ici :σ“ p12q p34qenvoiep1qsur p4q, p4qsur p1q, et p2qest envoyé sur p3qet réciproquement.

2

(7)

Étape 4 : On dénombre les points fixes par ces rotations :

‚ 2´cycles On a numéroté les faces ici pour une meilleure lisibilité :

A B

C D

E

F

π

Avec cette rotation :

Face bleue A Ø Face rouge D

Face B Ø Face C

Face E Ø Face F

On a donc p3 coloriages possibles

‚ 3-cycles Si l’on colorie les faces du cube en gris, vert et rouge pour mieux visualiser :

A B

C D

E

F

2π 3

On a :

F. verte E Ñ F. grise D Ñ F. rouge A Ñ F. verte E

Et on a la même chose pour le deuxième groupe de 3 faces, que l’on a pas colorié par soucis de lisibilité. Pour fixer le coloriage, on doit donc fixer deux groupes de faces : Le premier des faces en couleur sur le dessin, et le deuxième sans couleur.

On a donc p2 coloriages possibles

3

(8)

‚ 4-cycles et doubles transpositions

πouπ{2 D

F E

C

B A

Pour les4´cycles, donc les rotations de π

2, la faceF(verte et en bold pour moins d’ambiguïté avec la face de devantE) est envoyée sur la faceC...en fait on va résumer par la suite suivante :

D Ñ F Ñ C Ñ E Ñ D

A Ø A B Ø B

et les faces AetB par lesquelles passent l’axe de rotations restent donc inchangées.

On peut donc choisir le coloriage de A, B et d’une des faces C, D, E, F, on fixe donc p3 coloriages possibles

Pour les doubles transpositions, on a :

D Ø C E Ø F A Ñ A B Ñ B

On fixe donc p4 coloriages possibles.

Conclusion

Étape 5 : compter le nombre de coloriages possibles avec Burnside On rappelle la formule de Burnside, si on noterle nombre d’orbites :

r“ˇ ˇOrbX`

G`˘ˇ ˇ“ 1

|G|

ÿ

gPG`

|FixXpgq|

4

(9)

Rotation Nombre de rotations

Nombre de colo- riages fixés par une rotations

Contribution à ÿ

|Fixpgq|

dans le cas p“3

Id 1 p6 729

Axes par sommets diago- nalement opposés, d’angle

˘2π 3

8 p2 72

Axes par milieux des cotes opposés, d’angleπ

6 p3 162

Axes par centres des faces opposés, d’angleπ

3 p4 243

Axes par centres des faces opposés, d’angle ˘π

2

6 p3 162

Total : 24 1368

D’où

ˇˇOrbX

`G`˘ˇ ˇ“ 1

|G|

ÿ

gPG`

|FixXpgq|

Sip“3par exemple, ˇ ˇOrbX

`G`˘ˇ

ˇ“ 1368 24 “57.

Pourpcouleurs quelconques, on a :

p6`p2`2p3`p4 24

coloriages possibles.

On a donc57manières différentes de colorier un cube en rouge, blanc et/ou bleu, par Burnside !

Questions sur ce développement

1. Pourquoi Kerρ“ tId, s0u? Lorsque nous considérons les isométries directes etindirectes, nous devons alors prendre en compte l’isométrie qui intervertit chaque sommets diagonalement opposés.

Cette transformation est indirecte car de déterminant´1.

On a donc ensuiteKer` ρ|G`

˘“ tIdud’où l’injectivité.

2. Quelles est la différence entre retournement et renversement ? Le renversement est une symétrie par rapport à un hyperplan et un retournement une rotation d’angleπ, c’est donc un déplacement.

5

(10)

Définition du symbole de Legendre :si xP

´

Z pZ

¯˚

, on définit : ˆx

p

˙

$

&

%

1 sixest un carré dans

´

Z pZ

¯˚

´1 sinon Convention :´

0 p

¯

“0

Lemme .1 (H2G2 T1 p 184)

Soitqun nombre premier impair,aPF˚q, ˇ

ˇ xPFq, ax2“1(ˇ ˇ“1`

ˆa q

˙

Théorème .1 (Loi de réciprocité quadratique)

Pour qPN,qą2 un nombre premier, différent dep, on a la loi suivant : ˆp

q

˙ ˆq p

˙

“ p´1q

pp´1qpq´1q 4

La preuve va consister à calculer le cardinal modulopde la sphère suivante : X “

#

px1,¨ ¨ ¨ , xpq PFpq,

p

ÿ

i“1

x2i “1 +

pour obtenir les deux équations suivantes :

|X| “ ˆp

q

˙

“1 (A)

|X| “

´

qd` p´1qp´12 q´12 ¯

qd, d“ p´1

2 (M)

On les traduit ensuite par les symboles de Legendre via : Lemme .2 (H2G2 T1 p 183)

Soitpun nombre premier, impair, etqPFp, on a la caractérisation suivante :

ˆq p

˙

“qp´12 .

Démonstration : ‚Étape 1: calcul de|X|via les actions de groupes.

XĂFpq et pZ

ZñFpq par permutation cyclique :

Z

pZ ˆ Fpq Ñ Fpq

k , px1,¨ ¨ ¨, xpq ÞÑ px1`k,¨ ¨ ¨, xn`kq

où les indices sont vu modulop,i.e:xl`p“xl. Stabx

! kPpZ

Z, k¨x“x ) Orbite de pZ

Z dansX :soitxPX,

— Soitx“ px,¨ ¨ ¨, xq PFpq, etStabxpZZ

Nombre d’orbite de cette forme : c’est exactement les solutions depx2“1.

Ce nombre d’équations vaut1`

´p q

¯

par le lemme .1.

1

(11)

— SoitDi‰j,xi‰xj etStabx“eseulement, ces orbites sont de taillep.

Les orbite forment une partition deX, en sommant on a donc :

|X| “1` ˆp

q

˙

modp

‚ Étape2: Utilisation des matrices congruentes d“p´12 , on considèreIp, APMppFqq:

Ip

¨

˚

˝ 1

. .. 1

˛

‚, A“

¨

˚

˚

˚

˝ B

B . ..

a

˛

oùB“ ˆ0 1

1 0

˙

,a“ p´1qp´12 “ p´1qdOn a les propriétés suivantes :

A etIp sontsymétriques, de rangp, de déterminant 1donc de même discriminant )déterminant modulo les carrés) surFp.

Elles sont donc congruentes, on a donc un changement de variable linéaire qui identifieX à :

X1“ py1,¨ ¨ ¨, yd, z1,¨ ¨ ¨, zd, tq PFpq,2py1z1` ¨ ¨ ¨ydzdq `at2“1(

Comptons les différentes types de points :

— Siy1“ ¨ ¨ ¨ “yd“0, leszisont donc quelconques (qd“qpp´1q{2 possibilités) et seulat2“1déter- mine les points (1`

´a q

¯

possibilités par le lemme .1, donc en sommant :qpp´1q{2

1`apq´1q{2 ı

” qpp´1q{2

ı ”

1` p´1qpp´1qpq´1q2¨2 ı

tels points.

— SiDitel queyi‰0: on fixepy1,¨ ¨ ¨, ydqett(qd´1choix pouryietqpourt) on doit alors choisir z1,¨ ¨ ¨, zddansFdq tels que l’équation est vérifiée, c’est donc choisir cet ensemble de point dans un hyperplan affine deFdq :qd´1 choix.

On a donc` qd´1˘

¨q¨qd´1

´

qpp´1q{2´1

¯

qpp´1q{2 tels points.

En sommant on obtient :

|X| “

” qpp´1q{2

ı ”

1´1`qpp´1q{2` p´1qpp´1qpq´1q2¨2 ı

Soit :

|X| “qpp´1q{2

´

qpp´1q{2` p´1qpp´1qpq´1q2¨2

¯

En combinant les deux équations, on a :

qpp´1q{2

´

`qpp´1q{2` p´1qpp´1qpq´1q2¨2

¯

“1` ˆp

q

˙

modp

Soit :

ˆq p

˙ ˆˆq p

˙

` p´1q

pp´1qpq´1q 2¨2

˙

“1` ˆp

q

˙

modp En multipliant par

´p q

¯

, comme un symbole de Legendre au carré vaut forcément1, on obtient la loi de réciprocité quadratique :

ˆq p

˙

` p´1q

pp´1qpq´1q

2¨2

ˆq p

˙

` ˆq

p

˙ ˆp q

˙

modp

ˆp q

˙ ˆq p

˙

“ p´1qpp´1qpq´1q4

2

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