IFT313
Introduction aux langages formels
Froduald Kabanza
Département d’informatique Université de Sherbrooke
planiart.usherbrooke.ca/kabanza/cours/ift313
Automates finis
Sujets couverts
• Automates finis.
• Reconnaître des tokens avec un automate fini.
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Objectifs
• Être capable d’écrire une automate fini acceptant un langage donné.
• Être capable de programmer un automate fini reconnaissant les tokens d’un langage donné.
Références
[1] Sudkamp, T. A.. Languages and Machines. Third Edition Edition.
Addison-Wesley, 2005.
– Sections 5.1 à 5.5.
[2] Appel, A. and Palsberg. J. Modern Compiler Implementation in Java.
Second Edition. Cambridge, 2004.
– Sections 2.3
[3] Wolper, P. Introduction à la calculabilité, 3è édition. Dunod, 2006 – Sections 2.1 à 2.5
[4] Aho, A., Lam, M., Sethi R., Ullman J. Compilers: Principles, Techniques, and Tools, 2nd Edition. Addison Wesley, 2007.
– Sections 3.6
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Automates à états finis
Un automate à états finis, ou automate fini (AF) tout court, est un modèle très simpl e de programme ayant :
une entrée de chaîne de symboles (caractères),
un ensemble fini d’états,
des transitions entre les états en fonction des symboles lus, et
un état initial
un ensemble d’états accepteurs (appelés aussi états finaux).
if (rate >= 0) ……
Entrée
i f
IF
1 3 4
2 ...
w h
AF Tête de lecture
Définition formelle
Un automate fini M est un tuple M = (S,A,R,s0, F) : - A est un ensemble de symboles (l’alphabet) - S est un ensemble fini d’états
- R est soit:
+ Une relation de transition R : S × A* ® 2S
pour les automate fini non déterministe (AFN) + Une fonction de transition R : S × A ® S
pour les automates finis déterministes (AFD) - s0 est l’état initial (appartenant dans S)
- F est un ensemble finaux d’états (appartenant dans S)
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Langage accepté par un automate
- La trace d’exécution d’un automate est la séquence d’états qu’il traverse en lisant son entrée.
- Un automate accepte son entrée s’il existe une exécution telle que l’automa te génère une trace terminant par un état accepteur et toute l’entrée est lu.
- Pour un automate non déterministe il y a plusieurs exécution potentielles:
Un tel automate accepte son entrée si une telle exécutions terminant pa r un état accepteur et toute l’entrée est lu.
- Le langage accepté par un automate est l’ensemble des mots acceptés par l’
automates.
Exemples
1 2
[a-z]
[a-z]
[0-9]
ID :
REAL : 1 3
4 [0-9] 2
[0-9]
[0-9]
[0-9]
.
.
NUM : 1 [0-9] 2 [0-9]
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Exemples
1 4
/ \n
Commentaires,
espaces, \n, \t : 2 3
/
[a-z]
“ “ , \n, \t 5
“ “ , \n, \t
Exemple : automate combiné
i f
ID
1 2 3
IF
[0-9a-z] 4 ID [a-eg-z0-9]
[0-9a-z]
/
\n 9
10 /
Comments Error
[a-z]
12
“ “, \n, \t
“ “, \n, \t
white space 13
5 6
[0-9]
REAL
[0-9]
Error other
7
8 [0-9]
[0-9]
NUM .
. [0-9]
[a-hj-z]
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Implémenter un AFD
- AFD = Automate fini déterministe
- La composante principale d’un AFD est sa fonction de transiti on.
- Elle est facilement implémentée par un tableau à deux dimensi ons indexé par les états (des nombres) et l’alphabet.
- Par exemple si on met les états en lignes et l’alphabet en colon ne
trans[s][a]
est l’état successeur de s sous la transition a
Exemple
a..z 0..9 . “ ”
other1 2 3 4 5
0 0 0 0 0
0 0 0 0 0 5 0
0 0 5 4
3 0 0 0 2 2
3 3 0
1 3
4
[0-9]
2
[0-9]
[0-9]
.
.
REAL NUM
[0-9]
5 “ ”
“ ”
SPACE
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Implémenter un AFD
- En pratique l’AFD sera calculé par un générateur d’analyseur lexical tel qu e JFLEX, à partir d’un ensemble d’expressions régulières, du genre :
(“ ”)+ { /* ignore */}
[0-9]+ {return new Token(…);}
([0-9]+ “.”[0-9]*) | (“.”[0-9]+) {return new Token(…);}
Implémenter un AFD
- L’automate global est une combinaison des automates individuels
1 2
SPACE
“ ” “ ”
(“ ”)+
1 2
NUM
[0-9] [0-9]
[0-9]+
1 3
4 [0-9] 2
[0-9]
[0-9]
.
.
REAL [0-9]
([0-9]+ “.”[0-9]*) | (“.”[0-9]+)
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Simuler un AFD
Algorithme I : DFASimualtor (Simulateur d’AFD ou PiloteAFD) - Entrée :
+ Chaîne de symboles input terminée par EOF (fin de fichier).
+ AFD D, avec la matrice de transitions trans, état initial s0 (in itialState), et états accepteurs F
- Sortie : True if D accepts x; False otherwise.
- Approche :
+ Suivre la fonction de transition trans.
+ Utiliser input.nextChar() pour lire la prochaine caractère dan
s input.
Code de l’algorithme
currentState = D.initialState;
currentInputPosition = 0;
currentChar = input.nextChar();
currentInputPosition++;
while ((currentChar!=EOF) && (currentState !=0 ) ) {
currentState = D.trans[currentState][currentChar];
currentChar = input.nextChar();
currentInputPosition++;
}
if in(currentState, D.F) && (currentChar == EOF)) return TRUE;
else return FALSE;
Exemple de trace
Entrée : 9 7 . 5 EOF
Retourne TRUE (accepte l’entrée) parce qu’il termine dans un état ac- cepteur et toute l’entrée est lue.
current State current
Input Position
0 1
2 2
3 3
4 3
1 2
1 3
4 [0-9] 2
[0-9]
[0-9]
.
.
REAL NUM
[0-9]
5
“ ”
“ ”
SPACE
‘ ‘ [0-9] ‘.’
1 5 2 4
2 0 2 3
3 0 3 0
4 0 3 0
5 5 0 0
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Reconnaître des tokens
- L’algorithme précédent accepte ou rejette un chaîne de caractères.
- La tâche d’un analyseur lexical n’est pas juste d’accepter ou rejeter des cha înes de caractères.
- Il doit trouver la plus longue sous-chaîne de l’entrée correspondant à une e xpression régulière (longest match).
- On peut étendre l’algorithme précédent pour garder une trace de la plus lon gue sous-chaîne acceptée, en introduisant des variables additionnelles.
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Reconnaître des tokens
- Garder une trace de la plus longue sous-chaîne acceptée revient à mémoris er la dernier état accepteur visité par l’AFD.
- Cela est fait en introduisant les variables suivantes :
+ initialInputPosition : position initiale de la tête de lecture;
+ LastFinal : Plus récent état accepteur visité;
+ inputPositionAtLastFinal : position dans la chaîne d’entrée lorsque l’
AFD était dans cet état.
+ text : sous-chaîne entre
+ initialInputPosition (left) et
+ inputPositionAtLastFinal (right).
C’est le texte du token.
- La plus longue sous-chaîne acceptée (longuest match), c-à-d., le token est reconnu, lorsque l’AFD atteint un cul-de-sac (c-à-d., état 0)
Reconnaître des tokens
- Chaque fois qu’un token est reconnu, l’AFD recommence dans son état init ial pour reconnaître le prochain token.
- En général, lorsqu’un token est reconnu, currentInputPosition peut être au- delà de inputPositionAtLastFinal.
Il faut donc réinitialiser currentInputPosition
- En plus, il faut spécifier une table d’actions à effectuer dans les états accept eurs lorsqu’un token est reconnu.
Ces actions sont du code Java.
Action[d] donne le code pour l’état d.
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Exemple
a..z 0..9 . “ ”
other1 2 3 4 5
0 0 0 0 0
0 0 0 0 0 5 0
0 0 5 4
3 0 0 0 2 2
3 3 0
1 3
4
[0-9]
2
[0-9]
[0-9]
.
.
REAL NUM
[0-9]
5 “ ”
“ ”
SPACE
Reconnaître des tokens
- Actions
A[1] = {/* ignore */}
A[2] = {return new Token(Token.NUM, text, left, right);}
A[3] = {return new Token (Token.REAL, text, left, right);}
1 3
4
[0-9]
2
[0-9]
[0-9]
.
.
REAL NUM
[0-9]
5 “ ”
“ ”
SPACE
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Reconnaître des tokens
- Token est une classe Java.
Son constructeur accepte comme arguments :
* type NUM or REAL
* String text : texte du texte d’entrée correspondant au token.
* int left : position de début (initialInputPosition)
* int right : position de fin (inputPositionAtLastFinal)
Exemple
Input : 9 7 . 5 7 EOF
lastFinal State current
State current
Input Position
initialInput Position (left) inputPosition
AtLastFinal State (right)
0 2 3 4 1
1 2 3 3 2
5 0
0 2 3 3 2
3
0 2 3 4 1
4
0 0 0 0 0
0
Action
A[3]
1 3
4
[0-9] 2 [0-9] [0-9]
.
.
REAL NUM
[0-9]
5 “ ”
“ ”
SPACE
0
ungetChar() => initialInputPosition = 4
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Exemple (suite)
text = substring(start,end) = substring(4,5) = “ ”
lastFinal State current
State current
Input Position
initialInput Position (left) inputPosition
AtLastFinal State (right)
4 6 5
1 0 5
0 5 5
4 5 5
4 4 4
Action
A[5]
1 3
4
[0-9] 2 [0-9] [0-9]
.
.
REAL NUM
[0-9]
5 “ ”
“ ”
SPACE
Input : 9 7 . 5 7 EOF
0
ungetChar() => InitialInputPosition = 5
text = substring(start,end) = substring(5,6) = 7
lastFinal State current
State current
Input Position
initialInput Position (left) inputPosition
AtLastFinal State (right)
5 6 6
1 0 2
0 2 2
5 6 6
5 5 5
Action
A[2]
Exemple (suite)
Input : 9 7 . 5 7 EOF
1 3
4
[0-9] 2
[0-9]
[0-9]
.
.
REAL NUM
[0-9]
5 “ ”
“ ”
SPACE
0
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Résumé
- Un AFD est un outil opérationnel pour reconnaître des tokens.
Pour cela, il faut reconnaître la plus longue sous-chaîne de l’entrée, acceptée p ar l’automate.
- Une partie du devoir 1 consiste à implémenter l’algorithme de reconnaissance de to kens par un AFD.
- Mais les AFD peuvent être complexes à spécifier.
- Les expressions régulières sont plus simples.
- Il nous faut une méthode pour traduire une expression régulière en un automate fin i.
- La suite du cours explique comment :
Convertir une expression en un AFN
Convertir un AFN en un AFD.
Simuler un AFN pour reconnaître des tokens.