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Submitted on 13 May 2009
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Sur l’espace des configurations d’une araignee
Pierre Mounoud
To cite this version:
Pierre Mounoud. Sur l’espace des configurations d’une araignee. Osaka Journal of Mathematics, Osaka University, 2011, 48 (1), pp.149-178. �hal-00383765�
Sur l'espae des ongurations d'une araignée
∗
Pierre Mounoud
Abstrat
We study theongurationspae of thelinkagesalled spiders. Let g beanon negative
integerand r be the greatestintegersuh that 2r divide g−1. Weshow that there exists a
spiderwhoseongurationspaeisdieomorphitoanorientable ompatsurfaeofgenderg
ifandonlyif
1
2r(g−1)≤6r+ 12. Afterwardwegiveamethodthat allowsto desribealarge
familyofsingularongurationspaes.
Résumé
On étudie les espaesdes ongurations dessystèmes artiulés appelés araignées. Soit
g unentierpositif et rleplusgrandentier telque2r divise g−1.On montrequ'ilexiste une
araignée dont une omposante onnexe de l'espae des ongurations est diéomorphe à une
surfaeompateorientabledegenregsietseulementsi 21r(g−1)≤6r+ 12.Ondonneensuite
unméthodepermettantdedérire omplétementune largefamilled'espaesde ongurations
singuliers.
1 Introdution
Onappelle araignéeànpattes lesystèmeartiulé réaliséde lafaçonsuivante.Ononsidère 2nbarresrigidesdelongueursquelonques(non nulles). Onlesattaheensembleparpairede façon
àobtenir npattes. Onhoisit uneextrémité dehaunedees pattesquel'on appellepied.
Onsedonne npoints(xes)etonattaheunpiedenhaundeespoints.Enn, onidentieentre
ellesles nextrémitéslibresdespattes de façon àformer leorpsde l'araignée(il fautdon que
les pattessoient susamment longues). Le systèmeartiuléobtenu ressembleàune araignée ayant
npieds ollésau sol.Onsupposebien sûrqueles pattes peuvent seroiser librement.
Nousallonsnousintéresser àl'espaedesongurations deesystèmeméanique quel'onvanoter
CA.Cetespaeestnaturellement unferméde Cn+1.Pourlevoir,nousallonspréiserleshoses.On identie le planau orpsdes nombres omplexes C. Ondésigne par ω1, . . . , ωn les pointsdu plan
où sont ollés les pieds. On désigne par li la longueur de la barre attahée à ωi, par zi l'extrémité libre delabarre(legenouen quelquesorte),par Li lalongueur delabarreattahée enzi etpar z0 leorps.On alairement :
CA={(z0, z1, . . . , zn)∈Cn+1;∀i∈ {1, . . . , n},|zi−ωi|=li et|z0−zi|=Li}
Le but de e papier etde déterminerquellessontles araignées dont l'espae desongurations est
lisse etsurtout dedéterminer quelleest alorsla topologie deet espae.
Lesaraignées ont déjàdonné lieuàdestravaux, itonsii l'artilede Shvalb, ShohametBlan
[4℄ (qui ontient un analogue de la proposition 3.1) et l'artile de J. O'Hara [3℄ (qui répond aux
∗
2000MathematisSubjetClassiation:57M20,70B15
points libres articules points fixes
Fig. 1 Une araignée à4 pattes.
questionsposéesplushautpourunearaignéetrèssymétrique).Lesaraignéessontdesaspartiuliers
d'espaesdesongurationsdesystèmesartiulés,espaesétudiésdansdenombreuxtravauxitons
notamment[2℄.DansetartileKapovihetMillsonmontrentquetoutevariétéompateorientable
peutêtrevueommeuneomposanteonnexe del'espae desongurations d'unsystèmeartiulé,
donnantmême unalgorithmepermettant d'assoier,àuneéquationalgébrique,unsytèmeartiulé.
Malgréela,ilseraitinteressant deonnaîtreexpliitementunefamille simpledesystèmesartiulés
réalisant toutesles surfaesompates orientables.
Les araignées forment une famille de systèmes artiulés simple mais rihe dont les espaes de
ongurations sont de dimension (réelle)2.Le prinipalrésultat de e papierest :
Théoreme 1.1 Soitgunnombreentieretr leplusgrandentiertelque 2r diviseg−1.Unesurfae
ompate orientable lisse de genre g est diéomorphe à (une omposante onnexe de) l'espae des
ongurations d'unearaignée si et seulement si
1
2r(g−1)≤6r+ 12.
Ainsi toutes les surfaes ompates etorientables ne sont pas réalisables en tant queomposantes
onnexes de l'espae des ongurations d'une araignée. On voit que la surfae la plus simple qui
n'est pasréalisableest lasphère à14 anses.
Lasuitedupapierestonsaréeàl'étudedesespaesdeongurationssinguliers.Lessingularités
deCAsevoientsurleprojetédeCA surCobtenuparl'appliationpremièreoordonnée,'est-à- dire surl'ensembledespositions quepeutprendre leorps de l'araignée.Nousnous sommeslimité
au asoùlessingularités seprojettent surun ensemble disretde C.En partiuliernousdetaillons une méthode permettant de dérire omplètement CA lorsque son lieu singulier se projette sur un
pointde C.
Je remerie Charles Boubelpoursonidéed'utiliser lasphère S2 lorsde lapreuvede laproposition 4.4. Il m'apermisde raourir onsidérablement lapreuve.
2 Premières propriétés.
On désigne par Π la projetion de Cn+1 dans C qui à (z0, z1, . . . , zn) assoie z0, Π(CA) est
l'ensemble des points du plan où le orps de l'araignée peut se rendre. On va étudier CA via son
image par Π.
Soient ri = |Li −li|, Ri = li +Li et Ai la ouronne fermée entrée en ωi de petit rayon ri
(éventuellement nul) et de grandrayon Ri ('est-à-dire Ai =D(ωi, Ri)\D(ωi, ri)). Il est faile de
voir queΠ(CA) =Tn
i=1Ai.On désignerapar Γi le grand erlebordant Ai et par γi le petit erle
bordant Ai.
Fig. 2 Π(CA) lorsqu'onA estl'araignée de lagure1.
Dénition 2.1 Soit U une omposante onnexe de Π(CA) = Tn
i=1Ai. On dénit ∂U, le bord de U, par ∂U =Sn
i=1(U ∩∂Ai).On appelle tés de ∂U les ars deerles (de longueur possiblement nulle) formant le bord de U (ie les omposantes onnexes des U ∩Γi et des U ∩γi). On appelle
sommets de∂U les pointsappartenant à l'intersetion de deux tés de ∂U.
Ondiraqu'unsommetsde∂U estunpointdetangene (resp. unpointtriple,resp.unpointspéial)
si tous les tés se oupant en s sont tangents deux à deux ens (resp. si s appartient à au moins
trois tés nontous tangents, resp. si sappartient à au moins deux tés dont l'un est réduit à un
point).
Ondira qu'unsommet sest unpointsingulier s'ilest unpointdetangene ou unpointtriple ouun
point spéial.
Leserles onsidérés pouvant être de rayon nul, les tés peuvent êtreréduit à un point, e point
pouvant aussi être onsidéré ommeun sommet (on a alors un point spéial). Lorsqu'il existe une
omposante onnexe dubord deU réduiteàun erle-point, ∂U n'est paslebord topologique.
Dénition 2.2 On dira que la patte i, 'est-à-dire le triplet (ωi, zi, z0), est tendue, (totalement) repliée, tournée vers la gauhe ou tournée vers la droite selon que l'argument de
z0−zi
zi−ωi
appartienne
à {π},{0},]0, π[ ou ]−π,0[.
L'araignée A en positionx ∈ CA a une patte tendueou repliée si etseulement si Π(x)∈∂U.Plus
préisement sa i`eme patte esttendue (resp. repliée) si etseulement si Π(x) appartient au erle Γi
(resp.γi).
Remarque 2.3 Si l'on se donne Π(x) ('est-à-dire la position du orps) et si Π(x) ∈/ ∂Ai, on
voit, par unargument de géométrieélémentaire, que zi peut prendre exatement deux valeurs, l'une
orrespondant à une patte tournée vers la gauhe, l'autre à une patte tournée vers la droite. Si
Π(x) ∈ γi et si ri 6= 0 ou si Π(x) ∈ Γi alors il n'y a plus qu'une valeur de zi possible. Enn si Π(x) =ωi (donri = 0)alorszi peut être n'importequelpointdu erle deentre ωi etderayonli.
Si y∈Π(CA)\ {ω1, . . . , ωn} et siy appartient à l≥0 tés de ∂CA alors Π−1(y) ontient 2n−l
éléments.
Nota Bene. Dans la suite on indexera souvent par des veteurs de Zn
2 ou d'espaes vetoriels
quotients de et espae. On désigne par e1, . . . , en les veteurs de la base anonique de Zn
2. Si
x∈ CA orrespond àune positionoù A n'aauunejambe tenduenirepliée on peut assoier àx le
veteur (u1, . . . , un) ∈ Zn
2, déterminé par ui = 1 si et seulement si la i`eme patte de A est tournée
versla gauhe.Delamême façon on indexelesparties onnexesde CA surlesquellesl'araignéen'a
auunejambe tenduenirepliée. Onranee proédé:siLest unepartie deCA surlaquelleseules
les pattes i1, . . . , im se retournent ('est-à-dire sont parfois tournées vers la gauhe et parfois vers ladroite) alors onattribuera à L unveteurde Zn
2/Vect(ei1, . . . , eim).Dans e quisuit toutindie
appartenant àZn2 ou àun quotient serapportera à laposition despattes.
On peut aussi remarquerque si l'on se donne deux points prohes dansΠ(CA) alors on peut tou-
jours trouver deux points prohes dans CA se projetant sur eux. On en déduit que l'image d'une
omposante onnexe deCA par Π estégale àune omposanteonnexe de Π(CA).
Proposition 2.4 Soit A une araignée à n pattes et soient A1, . . . An les n ouronnes lui étant
assoiées. Ondésigne par U1, . . . , Ul les omposantes onnexes de Π(CA) =Tn
i=1Ai. SoitOj ={i∈ {1, . . . , n} |∂Ai∩Uj =∅}.
Pour tout j ∈ {1, . . . , l}, Π−1(Uj) a 2oj omposantes onnexes deux à deux homéomorphes, où
oj = cardOj. AinsiCA a Pl
j=12oj omposantes onnexes.
De plus si oj > 0 et si i ∈ Oj, on désigne par A′ l'araignée obtenue en enlevant la patte (ωi, zi, z0)àA.Alorshaque omposante onnexe deCA seprojetantsur Uj est homéomorpheà une omposante onnexe de CA′.
Preuve. À haune des 2n omposantes onnexes de Π−1(Uj \∂Uj) on assoie v ∈ Zn
2 omme
indiqué i-dessus. La omposante d'indie v etelled'indie v′ peuvent être reliées si etseulement
pourtout i∈Oj lesi`emes oordonnées de v etv′ sont égales.Ce quidonne lepremier résultat.
Si oj > 0, il existe deux omposantes onnexes distintes K et K′ se projetant sur Uj. Cela
signie qu'il existe un ertain nombre ej ≤oj de pattes de A qui pour tout x ∈ K sont toujours
tournées vers la gauhe (resp. vers la droite) et pour tout x ∈ K′ sont toujours tournées vers la
droite (resp. vers lagauhe). À une onguration x ∈K,on peutassoier laonguration y ∈K′
obtenue en retournant es ej pattes et en ne touhant pas aux autres pattes. On dénit ainsi un
diéomorphisme d'unvoisinagede K dansunvoisinage de K′ envoyant K surK′.
Soit i ∈ Oj 6= ∅. Soit A′ l'araignée obtenue en enlevant la ieme patte de A. L'appliation de
Cn+1 dans Cn qui à (z0, z1, . . . , zn) assoie (z0, . . . ,zbi, . . . , zn) envoie une omposante onnexe se
projetant sur Uj dans une omposante onnexe de CA′. Comme i ∈ Oj, la remarque 2.3 nous dit
quel'on peutaluler zi en fontion de z0 ettrouverune appliation réiproque lisse.
Lapropositionnousditdonque,sil'ons'intéresseà latopologiedesomposantesonnexesdeCA,
on peut supposer (enreprenant les notations dela proposition) que pour pour tout j∈ {1, . . . , l},
on aoj = 0.Cequi nousamèneà ladénitionsuivante :
Dénition 2.5 Soit A une araignée et K une omposante onnexe de CA. On dira que la patte i
est utileà K si γi ou Γi renontre ∂Π(K).
Ainsilaproposition 2.4ditnotamment quetoutesles pattesde AsontutilesàK sietseulementsi Π−1(Π(K)) =K.
La premièrequestiononernant lesomposantesonnexesde CA estdesavoirs'ils'agitounon
de sous-variétéslisses.
Proposition 2.6 Soit K une omposante onnexe de CA non réduite à un point. K est lisse au
voisinage de x si et seulement si Π(x) n'est pas un point singulier (e qui justie a posteriori la
terminologie).
Fig. 3 Une briqueBv etsamodiation simplement onnexe.
Preuve.Dans [4℄ les auteurs montrent que si Π(x) n'est pas un point singulier alors l'appliation dénissantCAestunesubmersion,equimontreuneimpliation(onpeutaussionstruireàlamain desoordonnéesau voisinagedex).L'impliationréiproqueest uneonséquenede lasetion6.
3 Topologie des omposantes lisses.
Proposition 3.1 SoitK une omposante onnexe lissedeCA. Onnote plenombre desommetsde
∂Π(K),k son nombre deomposantes onnexes etn lenombre depattes deA utiles à K. Alors K
est diéomorphe à une surfae ompate onnexe orientable de genre g= 1 + 2n−3(p+ 4k−8).
Preuve. Il est évident que K est ompate et orientable (ar K est globalement dénie par une submersion). Pour simplier lesnotations onsupposeque norrespondau nombrede pattes deA.
L'appliationΠ étantune submersion(auvoisinage deK) àbresompates,unepetiteperturba-
tiondeslongueursdespattesdel'araignéenehangepaslatopologiede K.Onpeut donsupposer
que ∂Π(K) ne ontient pas de erles-points. Onpose U = Π(K).On a vuque Π−1(U \∂U) a2n
omposantes onnexes. Onles noteBv ave v ∈Zn
2, v indiquant dansquel sens est tourné haque
patte. Onnote Bv l'adhérene de Bv. La restition de Π à Bv estun homéomorphisme sur U (on
utilise laremarque2.3pourdénirlaréiproque).Ondénit lessommetsetlestésdeBv omme
étant les sous-ensembles deBv qui seprojettent surles sommetsetlestés du bord de U.
On onstateaussique
S
v∈Zn
2 Bv =K etquesi Bv∩Bw 6=∅ alors etteintersetion estégale à une réunionde tés ou desommetsde ∂Bv.Autrement ditona aaireà unpavage deK.
La proposition2.6nousdit quelelongd'untéde Bv uneseule patteesttendue ourepliéeet
qu'en unsommet de Bv exatement deux pattes sont tenduesou repliées. Ainsideuxpavésont un
té(respetivementunsommet) enommunsietseulementsileurs indiesont n−1(resp.n−2)
oordonnées identiques.On voit don queles sommets des pavés sont reollés 4 à 4 an d'obtenir
les sommetsdupavage (ilpart donquatre arêtesdehaquesommet du pavage).
Les2npavéssontdeuxàdeuxdiéomorphesmaisnesontpas,apriori,simplementonnexes(i.e.
n'ont pasqu'une seule omposante debord).Aussi, lorsque k,lenombrede omposantes onnexes
de bord, est supérieur à 1, on oupe haque Bv de façon à relier ses omposantes onnexes de
bord entre elles(voirgure 3).Le pavé obtenu adon 4(k−1) nouveaux sommetset qu'une seule
omposante de bord. Ainsi, lenouveau pavé a autant de sommets que de tés (p+ 4(k−1)). De
plus, es nouveaux sommets sont aussi reollés 4 à 4. On peut don exprimer le nombre d'arêtes
du pavage etle nombre de sommets du pavage en fontion du nombre de pavés et du nombre de
sommetsd'unpavé.Le alulde laaratéristique d'Euler de K est don faile: