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Sur l'espace des configurations d'une araignee

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Academic year: 2021

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HAL Id: hal-00383765

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00383765

Submitted on 13 May 2009

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Sur l’espace des configurations d’une araignee

Pierre Mounoud

To cite this version:

Pierre Mounoud. Sur l’espace des configurations d’une araignee. Osaka Journal of Mathematics, Osaka University, 2011, 48 (1), pp.149-178. �hal-00383765�

(2)

Sur l'espae des ongurations d'une araignée

Pierre Mounoud

Abstrat

We study theongurationspae of thelinkagesalled spiders. Let g beanon negative

integerand r be the greatestintegersuh that 2r divide g1. Weshow that there exists a

spiderwhoseongurationspaeisdieomorphitoanorientable ompatsurfaeofgenderg

ifandonlyif

1

2r(g1)6r+ 12. Afterwardwegiveamethodthat allowsto desribealarge

familyofsingularongurationspaes.

Résumé

On étudie les espaesdes ongurations dessystèmes artiulés appelés araignées. Soit

g unentierpositif et rleplusgrandentier telque2r divise g1.On montrequ'ilexiste une

araignée dont une omposante onnexe de l'espae des ongurations est diéomorphe à une

surfaeompateorientabledegenregsietseulementsi 21r(g1)6r+ 12.Ondonneensuite

unméthodepermettantdedérire omplétementune largefamilled'espaesde ongurations

singuliers.

1 Introdution

Onappelle araignéeànpattes lesystèmeartiulé réaliséde lafaçonsuivante.Ononsidère 2nbarresrigidesdelongueursquelonques(non nulles). Onlesattaheensembleparpairede façon

àobtenir npattes. Onhoisit uneextrémité dehaunedees pattesquel'on appellepied.

Onsedonne npoints(xes)etonattaheunpiedenhaundeespoints.Enn, onidentieentre

ellesles nextrémitéslibresdespattes de façon àformer leorpsde l'araignée(il fautdon que

les pattessoient susamment longues). Le systèmeartiuléobtenu ressembleàune araignée ayant

npieds ollésau sol.Onsupposebien sûrqueles pattes peuvent seroiser librement.

Nousallonsnousintéresser àl'espaedesongurations deesystèmeméanique quel'onvanoter

CA.Cetespaeestnaturellement unferméde Cn+1.Pourlevoir,nousallonspréiserleshoses.On identie le planau orpsdes nombres omplexes C. Ondésigne par ω1, . . . , ωn les pointsdu plan

sont ollés les pieds. On désigne par li la longueur de la barre attahée à ωi, par zi l'extrémité libre delabarre(legenouen quelquesorte),par Li lalongueur delabarreattahée enzi etpar z0 leorps.On alairement :

CA={(z0, z1, . . . , zn)∈Cn+1;∀i∈ {1, . . . , n},|zi−ωi|=li et|z0−zi|=Li}

Le but de e papier etde déterminerquellessontles araignées dont l'espae desongurations est

lisse etsurtout dedéterminer quelleest alorsla topologie deet espae.

Lesaraignées ont déjàdonné lieuàdestravaux, itonsii l'artilede Shvalb, ShohametBlan

[4℄ (qui ontient un analogue de la proposition 3.1) et l'artile de J. O'Hara [3℄ (qui répond aux

2000MathematisSubjetClassiation:57M20,70B15

(3)

points libres articules points fixes

Fig. 1 Une araignée à4 pattes.

questionsposéesplushautpourunearaignéetrèssymétrique).Lesaraignéessontdesaspartiuliers

d'espaesdesongurationsdesystèmesartiulés,espaesétudiésdansdenombreuxtravauxitons

notamment[2℄.DansetartileKapovihetMillsonmontrentquetoutevariétéompateorientable

peutêtrevueommeuneomposanteonnexe del'espae desongurations d'unsystèmeartiulé,

donnantmême unalgorithmepermettant d'assoier,àuneéquationalgébrique,unsytèmeartiulé.

Malgréela,ilseraitinteressant deonnaîtreexpliitementunefamille simpledesystèmesartiulés

réalisant toutesles surfaesompates orientables.

Les araignées forment une famille de systèmes artiulés simple mais rihe dont les espaes de

ongurations sont de dimension (réelle)2.Le prinipalrésultat de e papierest :

Théoreme 1.1 Soitgunnombreentieretr leplusgrandentiertelque 2r diviseg−1.Unesurfae

ompate orientable lisse de genre g est diéomorphe à (une omposante onnexe de) l'espae des

ongurations d'unearaignée si et seulement si

1

2r(g−1)≤6r+ 12.

Ainsi toutes les surfaes ompates etorientables ne sont pas réalisables en tant queomposantes

onnexes de l'espae des ongurations d'une araignée. On voit que la surfae la plus simple qui

n'est pasréalisableest lasphère à14 anses.

Lasuitedupapierestonsaréeàl'étudedesespaesdeongurationssinguliers.Lessingularités

deCAsevoientsurleprojetédeCA surCobtenuparl'appliationpremièreoordonnée,'est-à- dire surl'ensembledespositions quepeutprendre leorps de l'araignée.Nousnous sommeslimité

au aslessingularités seprojettent surun ensemble disretde C.En partiuliernousdetaillons une méthode permettant de dérire omplètement CA lorsque son lieu singulier se projette sur un

pointde C.

Je remerie Charles Boubelpoursonidéed'utiliser lasphère S2 lorsde lapreuvede laproposition 4.4. Il m'apermisde raourir onsidérablement lapreuve.

2 Premières propriétés.

On désigne par Π la projetion de Cn+1 dans C qui à (z0, z1, . . . , zn) assoie z0, Π(CA) est

l'ensemble des points du plan le orps de l'araignée peut se rendre. On va étudier CA via son

image par Π.

Soient ri = |Li −li|, Ri = li +Li et Ai la ouronne fermée entrée en ωi de petit rayon ri

(éventuellement nul) et de grandrayon Ri ('est-à-dire Ai =D(ωi, Ri)\D(ωi, ri)). Il est faile de

voir queΠ(CA) =Tn

i=1Ai.On désignerapar Γi le grand erlebordant Ai et par γi le petit erle

bordant Ai.

(4)

Fig. 2 Π(CA) lorsqu'onA estl'araignée de lagure1.

Dénition 2.1 Soit U une omposante onnexe de Π(CA) = Tn

i=1Ai. On dénit ∂U, le bord de U, par ∂U =Sn

i=1(U ∩∂Ai).On appelle tés de ∂U les ars deerles (de longueur possiblement nulle) formant le bord de U (ie les omposantes onnexes des U ∩Γi et des U ∩γi). On appelle

sommets de∂U les pointsappartenant à l'intersetion de deux tés de ∂U.

Ondiraqu'unsommetsde∂U estunpointdetangene (resp. unpointtriple,resp.unpointspéial)

si tous les tés se oupant en s sont tangents deux à deux ens (resp. si s appartient à au moins

trois tés nontous tangents, resp. si sappartient à au moins deux tés dont l'un est réduit à un

point).

Ondira qu'unsommet sest unpointsingulier s'ilest unpointdetangene ou unpointtriple ouun

point spéial.

Leserles onsidérés pouvant être de rayon nul, les tés peuvent êtreréduit à un point, e point

pouvant aussi être onsidéré ommeun sommet (on a alors un point spéial). Lorsqu'il existe une

omposante onnexe dubord deU réduiteàun erle-point, ∂U n'est paslebord topologique.

Dénition 2.2 On dira que la patte i, 'est-à-dire le tripleti, zi, z0), est tendue, (totalement) repliée, tournée vers la gauhe ou tournée vers la droite selon que l'argument de

z0−zi

zi−ωi

appartienne

à {π},{0},]0, π[ ou ]−π,0[.

L'araignée A en positionx ∈ CA a une patte tendueou repliée si etseulement si Π(x)∈∂U.Plus

préisement sa i`eme patte esttendue (resp. repliée) si etseulement si Π(x) appartient au erle Γi

(resp.γi).

Remarque 2.3 Si l'on se donne Π(x) ('est-à-dire la position du orps) et si Π(x) ∈/ ∂Ai, on

voit, par unargument de géométrieélémentaire, que zi peut prendre exatement deux valeurs, l'une

orrespondant à une patte tournée vers la gauhe, l'autre à une patte tournée vers la droite. Si

Π(x) ∈ γi et si ri 6= 0 ou si Π(x) ∈ Γi alors il n'y a plus qu'une valeur de zi possible. Enn si Π(x) =ωi (donri = 0)alorszi peut être n'importequelpointdu erle deentre ωi etderayonli.

Si y∈Π(CA)\ {ω1, . . . , ωn} et siy appartient à l≥0 tés de ∂CA alors Π−1(y) ontient 2n−l

éléments.

(5)

Nota Bene. Dans la suite on indexera souvent par des veteurs de Zn

2 ou d'espaes vetoriels

quotients de et espae. On désigne par e1, . . . , en les veteurs de la base anonique de Zn

2. Si

x∈ CA orrespond àune position A n'aauunejambe tenduenirepliée on peut assoier àx le

veteur (u1, . . . , un) ∈ Zn

2, déterminé par ui = 1 si et seulement si la i`eme patte de A est tournée

versla gauhe.Delamême façon on indexelesparties onnexesde CA surlesquellesl'araignéen'a

auunejambe tenduenirepliée. Onranee proédé:siLest unepartie deCA surlaquelleseules

les pattes i1, . . . , im se retournent ('est-à-dire sont parfois tournées vers la gauhe et parfois vers ladroite) alors onattribuera à L unveteurde Zn

2/Vect(ei1, . . . , eim).Dans e quisuit toutindie

appartenant àZn2 ou àun quotient serapportera à laposition despattes.

On peut aussi remarquerque si l'on se donne deux points prohes dansΠ(CA) alors on peut tou-

jours trouver deux points prohes dans CA se projetant sur eux. On en déduit que l'image d'une

omposante onnexe deCA par Π estégale àune omposanteonnexe de Π(CA).

Proposition 2.4 Soit A une araignée à n pattes et soient A1, . . . An les n ouronnes lui étant

assoiées. Ondésigne par U1, . . . , Ul les omposantes onnexes de Π(CA) =Tn

i=1Ai. SoitOj ={i∈ {1, . . . , n} |∂Ai∩Uj =∅}.

Pour tout j ∈ {1, . . . , l}, Π−1(Uj) a 2oj omposantes onnexes deux à deux homéomorphes,

oj = cardOj. AinsiCA a Pl

j=12oj omposantes onnexes.

De plus si oj > 0 et si i ∈ Oj, on désigne par A l'araignée obtenue en enlevant la pattei, zi, z0)àA.Alorshaque omposante onnexe deCA seprojetantsur Uj est homéomorpheà une omposante onnexe de CA.

Preuve. À haune des 2n omposantes onnexes de Π−1(Uj \∂Uj) on assoie v ∈ Zn

2 omme

indiqué i-dessus. La omposante d'indie v etelled'indie v peuvent être reliées si etseulement

pourtout i∈Oj lesi`emes oordonnées de v etv sont égales.Ce quidonne lepremier résultat.

Si oj > 0, il existe deux omposantes onnexes distintes K et K se projetant sur Uj. Cela

signie qu'il existe un ertain nombre ej ≤oj de pattes de A qui pour tout x ∈ K sont toujours

tournées vers la gauhe (resp. vers la droite) et pour tout x ∈ K sont toujours tournées vers la

droite (resp. vers lagauhe). À une onguration x ∈K,on peutassoier laonguration y ∈K

obtenue en retournant es ej pattes et en ne touhant pas aux autres pattes. On dénit ainsi un

diéomorphisme d'unvoisinagede K dansunvoisinage de K envoyant K surK.

Soit i ∈ Oj 6= ∅. Soit A l'araignée obtenue en enlevant la ieme patte de A. L'appliation de

Cn+1 dans Cn qui à (z0, z1, . . . , zn) assoie (z0, . . . ,zbi, . . . , zn) envoie une omposante onnexe se

projetant sur Uj dans une omposante onnexe de CA. Comme i ∈ Oj, la remarque 2.3 nous dit

quel'on peutaluler zi en fontion de z0 ettrouverune appliation réiproque lisse.

Lapropositionnousditdonque,sil'ons'intéresseà latopologiedesomposantesonnexesdeCA,

on peut supposer (enreprenant les notations dela proposition) que pour pour tout j∈ {1, . . . , l},

on aoj = 0.Cequi nousamèneà ladénitionsuivante :

Dénition 2.5 Soit A une araignée et K une omposante onnexe de CA. On dira que la patte i

est utileà K si γi ou Γi renontre ∂Π(K).

Ainsilaproposition 2.4ditnotamment quetoutesles pattesde AsontutilesàK sietseulementsi Π−1(Π(K)) =K.

La premièrequestiononernant lesomposantesonnexesde CA estdesavoirs'ils'agitounon

de sous-variétéslisses.

Proposition 2.6 Soit K une omposante onnexe de CA non réduite à un point. K est lisse au

voisinage de x si et seulement si Π(x) n'est pas un point singulier (e qui justie a posteriori la

terminologie).

(6)

Fig. 3 Une briqueBv etsamodiation simplement onnexe.

Preuve.Dans [4℄ les auteurs montrent que si Π(x) n'est pas un point singulier alors l'appliation dénissantCAestunesubmersion,equimontreuneimpliation(onpeutaussionstruireàlamain desoordonnéesau voisinagedex).L'impliationréiproqueest uneonséquenede lasetion6.

3 Topologie des omposantes lisses.

Proposition 3.1 SoitK une omposante onnexe lissedeCA. Onnote plenombre desommetsde

∂Π(K),k son nombre deomposantes onnexes etn lenombre depattes deA utiles à K. Alors K

est diéomorphe à une surfae ompate onnexe orientable de genre g= 1 + 2n−3(p+ 4k−8).

Preuve. Il est évident que K est ompate et orientable (ar K est globalement dénie par une submersion). Pour simplier lesnotations onsupposeque norrespondau nombrede pattes deA.

L'appliationΠ étantune submersion(auvoisinage deK) àbresompates,unepetiteperturba-

tiondeslongueursdespattesdel'araignéenehangepaslatopologiede K.Onpeut donsupposer

que ∂Π(K) ne ontient pas de erles-points. Onpose U = Π(K).On a vuque Π−1(U \∂U) a2n

omposantes onnexes. Onles noteBv ave v ∈Zn

2, v indiquant dansquel sens est tourné haque

patte. Onnote Bv l'adhérene de Bv. La restition de Π à Bv estun homéomorphisme sur U (on

utilise laremarque2.3pourdénirlaréiproque).Ondénit lessommetsetlestésdeBv omme

étant les sous-ensembles deBv qui seprojettent surles sommetsetlestés du bord de U.

On onstateaussique

S

v∈Zn

2 Bv =K etquesi Bv∩Bw 6=∅ alors etteintersetion estégale à une réunionde tés ou desommetsde ∂Bv.Autrement ditona aaireà unpavage deK.

La proposition2.6nousdit quelelongd'unde Bv uneseule patteesttendue ourepliéeet

qu'en unsommet de Bv exatement deux pattes sont tenduesou repliées. Ainsideuxpavésont un

(respetivementunsommet) enommunsietseulementsileurs indiesont n−1(resp.n−2)

oordonnées identiques.On voit don queles sommets des pavés sont reollés 4 à 4 an d'obtenir

les sommetsdupavage (ilpart donquatre arêtesdehaquesommet du pavage).

Les2npavéssontdeuxàdeuxdiéomorphesmaisnesontpas,apriori,simplementonnexes(i.e.

n'ont pasqu'une seule omposante debord).Aussi, lorsque k,lenombrede omposantes onnexes

de bord, est supérieur à 1, on oupe haque Bv de façon à relier ses omposantes onnexes de

bord entre elles(voirgure 3).Le pavé obtenu adon 4(k−1) nouveaux sommetset qu'une seule

omposante de bord. Ainsi, lenouveau pavé a autant de sommets que de tés (p+ 4(k−1)). De

plus, es nouveaux sommets sont aussi reollés 4 à 4. On peut don exprimer le nombre d'arêtes

du pavage etle nombre de sommets du pavage en fontion du nombre de pavés et du nombre de

sommetsd'unpavé.Le alulde laaratéristique d'Euler de K est don faile:

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