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Quelques cas de lipomes du sein et de la région mammaire · BabordNum

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(1)

FACULTÉ DE MÉDECINE ET DE PHARMACIE DE BOilDEAUX

^VnSTlSrEE 1897-98 No 118

QUELQUES CAS

IIP1ISI, SI ET Dli LA REGION MIMIAIR

THÈSE POUR LE DOCTORAT EN MÉDECINli

présentée et soutenue publiquement le 30 Juillet 1898

Gabriel-Jean ESTHADÉRE

Né àBagnères-de-Luchon

(Hautes-Pyrénées), le 24 octobre 1870.

/ MM. DEMONS, professeur...

Président.

,, . , , . ,p,,

\ BOURSIER, professeur... )

ilUlUlNR * bFtet ' DENUCÉ, agrégé

} Juges.

B1NAUD, agrégé

Le Candidatrépondra aux

questions qui lui seront faites sur les diverses

parties de

l'Enseignement médical.

BORDEAUX

M PRIME

RIE Y. CAD OR K

17 HUE MOJNTMÉJAN 17 1898

(2)

FACULTE ME MÉDECINE ET DE PHARMACIE DE BORDEAUX

M. de NABIAS

Doyen. | M. PITRES.

PROFESSEURS :

Doyenhonoraire MM. MICE

AZAM I

(

Professeurshonoraires.

DUPUY

MOUSSOUS 1

Clinique

interne.

Clinique

externe

Pathologie

et

thérapeu¬

tiquegénérales

Thérapeutique

Médecineopératoire...

Clinique d'accouchements

Anatomie

pathologique

Anatomie

Anatomie générale et

histologie Physiologie

Hygiène

MM.

PICOT.

PITRES.

DEMONS.

LANELONGUE.

VERGELY.

ARNOZAN.

MASSE.

N.

COYNE.

BOUCHARD.

VIAULT.

JOLYET.

LAYET.

Médecinelégale

Physique

Chimie

Histoirenaturelle Pharmacie Matière médicale Médecine expérimentale.

Clinique ophtalmologique Clinique des

maladies

chirurgicales Clinique gynécologique.

Clinique médicale des maladies des enfants.

Chimie

biologique

MM.

MORACHÇ.

BERGONIE.

BLAREZ.

GUILLAUD.

FIGUIER.

deNABIAS.

FERRE.

BADAL.

PIÉCHAUD.

BOURSIER.

A.MOUSSOUS DENIGES.

AGREGES EN EXERCICE

section de médecine

(Pathologie

interne et Médecinelégale).

MM. MESNARD.

CASSAET.

AUCHÉ.

MM. SABRAZES.

Le DANTEC.

section ee chirurgie et

accouchements 1MM.VILLAR.

Pathologie

externe BINAUD.

( BRAQUEHAYE

Accouchements MM. RIVIERE.

CHAMBRELENT.

Anatomie.

section des sciences anatomiques et physiologiques

J MM.

PRINCETEAU.

I

Physiologie

MM. PACHON.

' ' '

( CANNIEU. Histoirenaturelle

BEILLE.

Physique

section des sciences physiques MM, SIGALAS. 1 Pharmacie

M. BARTHE.

COURS

COMPLEMENTAIRES

:

Clinique

des maladiescutanéeset

syphilitiques

MM.

DUBREUILH.

Clinique

desmaladies des voies urinaires Maladiesdu

larynx,

desoreillesetdu nez

Maladies menfales

Pathologie

interne

Pathologie

externe

Accouchements Chimie

Physiologie Embryologie Pathologie

oculaire

Hydrologie

etminéralogie

Le Secrétaire dela Faculté

POUSSON.

MOURE.

RÉGIS.

RONDOT.

DENUC RIVIERE.

DUPOUY.

PACHON.

CANNIEU.

LAGRANGE.

N.

LEMAIRE.

Pardélibérationdu 5 août

1879, la Facultéaarrêtéqueles opinions émises dans les ' hèsesqui ui sont présentées doivent être considérées comme

propres àleursauteurs, et qu'elle n'entend

eurdonner ni approbation ni improbation.

(3)

A MON

GRAND-PÈRE

A MON

PÈRE, A MA MÈRE

A

MES FRÈRES, A MES SOEURS

(4)
(5)

MES

MAITRES

A MES

AMIS

(6)
(7)

A mon

Président de Thèse

Monsieur le

Docteur DEMONS

Professeurde Clinique

chirurgicale à la Faculté de Médecine de Bordeaux,

Officier de laLégion

d'honneur, Officier de l'Instruction publique,

Membrecorrespondant de

l'Académie de Médecine,

Membrecorrespondantdela

Société de chirurgie de Paris.

(8)
(9)

AYANT-PROPOS

Le sein est un

des

organes

qui offrent à l'étude le plus grand

nombre

d'affections variées; si l'on songe de combien d'espèces

diverses sont

les tumeurs, qui peuvent se développer dans cette

glande et réclamer l'intervention de la chirurgie, on ne sera

pas

étonné qu'il faille presque arriver jusqu'à nos jours, pour

trouver une

monographie complète des maladies du sein. Il

nous a paru

cependant que, parmi les tumeurs si nombreuses et

de nature

si différentes qui peuvent se développer dans la

glande mammaire, il en est une variété qui a été longtemps et

qui est encore aujourd'hui délaissée par bon nombre d'auteurs :

nous voulons

parler des lipomes du sein; admis par quelques

chirurgiens, mis en doute par la plupart parce qu'ils n'en ont

pas

rencontré dans leur carrière ou qu'ils les ont confondus avec

d'autres tumeurs

bénignes, les lipomes du sein et de la région

mammaire

n'ont

pas une

histoire à part; c'est la raison qui

nous a

décidé à aborder le sujet que nous avons choisi pour

notre thèse.

Dans le cours

de

ce

travail, nous essayerons de résumer

aussi

nettement

que

possible les opinions des divers auteurs ;

nous

signalerons les observations prises par les divers chirur¬

giens,

nous

ajouterons enfin celles que nous avons pu recueillir

nous-même

dans le

cours

de nos études et qui n'ont pas encore

été

publiées. Quelques-unes, malheureusement, ont été écour-

tées,

néanmoins elles renferment des détails assez précis pour

qu'on

ne

puisse mettre en doute leur nature.

L'anatomie

pathologique de ces tumeurs ne nous retiendra

pas

longtemps, car elle est de tous points semblable à celle des

lipomes des autres régions.

(10)

12

Mais le

diagnostic

en est

difficile

et c'est

sur lui que nous

nous

étendrons

le

plus longuement.

Mettant

à

profit les leçons

orales de nos maîtres dans les hô¬

pitaux, les leçons

écrites que nous trouvons dans les

ouvrages, peut-être réussirons-nous

à résumer aussi

clairement

que pos¬

sibleSi ce

qui

a été fait sur

l'histoire

de ces

tumeués.

nous restons

au-dessous

de notre

tâche,

nous

espérons

que

nos

juges voudront

bien tenir

compte de

nos

faibles efforts; leur

indulgence

sera pour nous un

encouragement.

Qu'il

nous soit

permis de témoigner ici

toute notre reconnais¬

sance à M. le

professeur Démons, qui

a bien voulu nous faire

l'honneur d'accepter la présidence

de notre

thèse,

pour

les excellentes leçons qu'il

nousa

données pendant l'année

que nous

avons

passée dans

son service.

Nous remercions M. le

professeur Pitres

de la

bienveillance qu'il

A a montrée à notre

égard pendant

nos études.

MM. les

professeurs agrégés Binaud

et

Braquehaye l'ex¬

pression

de toute nôtre

gratitude

pour

les

bons conseils

qu'ils

nous ont

donnés

pour mener à

bonne

fin ce modestetravail.

(11)

QUELQUES CAS

LIPOMES 1 SIS !,I M U REGION MAMMAIRE

CHAPITRE PREMIER

HISTORIQUE

Le

lipome, Attoç, graisse, est une hypertrophie circonscrite ou

diffuse du tissu

adipeux; c'est le plus souvent une tumeur hyper-

plasique qui procède du tissu adipeux préexistant et se présente

comme un

accroissement excessif quelquefois du tissu graisseux.

Littre est

le premier qui, en 1709, donna le nom de lipomes

aux tumeurs

de

ce nom.

Notre but est d'attirer l'attention sur

unecertaine

catégorie de lipomes, les lipomes de la région mam¬

maire dont

l'étude

nous a paru

très peu approfondie jusqu'à

présent. Sans avoir la prétention de donner un travail définitif

et

complet,

nous

signalerons ici l'opinion des auteurs qui les ont

mentionnés les

premiers et en ont rapporté des observations.

Nosconnaissances sur

cette affection sont de date relativement

récente. Il ne

faudrait

pas

cependant en conclure qu'il s'agit

d'un nouvel état

morbide.

Si la

maladie, dont les caractères cliniques sont si frappants, a

pendant longtemps passé inaperçue, c'est que, d'une part, on

ne lui a pas

assigné dès le début une place à part dans l'étude

(12)

des

lipomes

en

général.

Il faut

également

tenir

compte de

ce

fait que

les

malades

porteurs

de cette variété de

tumeurs

n'en

sont

guère incommodés.

Ilsne

viennent

le

plus

souvent

prendre

les conseils du médecin que

lorsque l'affection

a atteint des pro¬

portions monstrueuses.

Le

premier

en date est A.

Cooper qui (dans Illustration of the diseases of the breast, London, 1829)

en

rapporte deux

cas : l'un relatif à un

lipome rétro-mammaire, l'autre

à un

lipome

sous- cutané. « Deux

fois, dit-il,

on m'a

demandé d'enlever

une tumeur

»

adipeuse du

sein. Dans les deux cas,

la

tumeur avait

acquis

un

» volume très

considérable.

Dans le

premier

cas,

l'affection

avait

» débuté par

la partie postérieure

de la mamelle et s'était déve-

»

loppée

entre la

glande

et le muscle

grand pectoral

». Dans le second cas, tous ces

lobules graisseux, qui

sont parsemés entre les

diverses parties de

la

glande

mammaire et

qui

servent natu¬

rellement

à augmenter le volume du sein et àlui

faire faire une

saillie

plus considérable

à la

partie

antérieure de la

poitrine,

avaient

acquis

une grosseur anormale et

constituaient

une

tumeur

qui,

avant

l'incision,

semblait

intéresser

tout le tissu

glanduleux

de la mamelle.

Nélaton, dans

sathèse

d'agrégation (Des

tumeursde la

mamelle, Paris, 1839), fait

une

place

aux

lipomes

de la

région

mam¬

maire. Pour

lui, ils

se

distinguent de l'hypertrophie graisseuse

en ce

qu'ils

se

présentent

sous la forme de tumeurs bien cir¬

conscrites, lobulées, quelquefois

même

pédiculées.

Mais il n'en

a observé

personnellement

aucun cas, et il

ne cite que

les deux observations

de A.

Cooper,

et encore serait-il tout

disposé à

faire rentrer l'obs.

CDLXXVII

dans

l'hypertrophie graisseuse simple. Il

laisse de côté les

lipomes

difïus dont nous allons

cependant rapporter plus loin quelques observations.

Il mécon- nait aussi les

lipomes intra-glandulaires qui occupent leur place

dans l'étude des

lipomes de

la

région

mammaire.

Peu de

temps après, Velpeau

avait

l'occasion

d'en observer

uncas chez une

femme

de 42 ans

qu'il opéra après

avoir

porté

le

diagnostic

de

kyste

ou tumeur

renfermant

des éléments variés. L'idée de

lipome

ne lui était pas venue à

l'esprit.

(13)

15

En

1845,

une

autre femme âgée de 39 ans se présenta aussi à

son

observation,

avec une

tumeur du sein du volume d'un œuf

de

poule. Le diagnostic porté fut kyste, et après l'opération on

reconnaît un

lipome. Ces deux erreurs ont certainement contri¬

bué pour

beaucoup à l'obliger à donner aux lipomes la place

qu'ils occupent dans son Traité des maladies du sein et de la

région mammaire, publié en 1858. « On aurait tort de croire,

»

dit-il,

que

l'hypertrophie adipeuse puisse être confondue avec

» le

lipome,

que

le lipome ne soit qu'une variété, une nuance

» de

l'hypertrophie graisseuse du sein ; assez rares pour n'avoir

» pas

été mentionnés jusqu'ici, ils offrent cependant un intérêt

» assez

grand

au

point de vue clinique attendu que leur diag-

» nostic est

parfois fort difficile ».

Virchow, en

1867, dans

son

Traité des tumeurs, n'en signale

aucun cas,

mais cependant il

ne

les passe pas sous silence et fait

le

diagnostic

avec

les autres tumeurs du sein.

Cornil, dans l'article Lipome du Dictionnaire encyclopédique,

dit ceci : « Les

mamelles peuvent être le siège de lipomes cir¬

conscrits

qui

ne

diffèrent en rien du lipome commun ». Et plus

loin

Tripier ajoute :

«

Les lipomes des mamelles se présentent

soit sous la forme

circonscrite, soit sous la forme diffuse ».

Nous arrivons sans

autre observation jusqu'en 1875. Labbé

et

Coyne, dans leur Traité de£ tumeurs du sein, ne rapportent

encore que

le

cas

publié par Velpeau. Pour eux, les lipomes

dans la

mamelle

sous

forme de lipomes circonscrits sont très

rares.

Follin et

Duplay (1878) donnent comme exemple l'observation

de Billroth

(1860) où

un

lipome, énorme d'ailleurs, avait été pris

pour une

hypertrophie de la glande mammaire.

Queirel (de Marseille), en 1889, présente au Congrès français

de

chirurgie le

cas

d'un volumineux lipome de la région mam¬

maire chez un

homme de 64

ans.

C'est le premier cas de ce

genre que

l'on trouve dans la littérature médicale, aussi a-t-il le

soin de le

faire

remarquer

et de faire faire l'examen histologi-

que

de la tumeur.

Le Ilritish

médical, 1881, t. II, relate un cas de Lister relatif

(14)

- 16

à

l'extirpation d'un lipome chez

la

femme;

mais

l'examen

de la tumeur

n'ayant

pas

été fait

et

l'observation manquant de

détails,

nous

hésitons

à

admettre

ce

diagnostic.

En

1891, M. Bégouin publie

une

observation

d'un

lipome intra-

mammaire chez une

femme

de 47 ans.

Willams,

en

1894,

en relate une série tant chez

l'homme

que chez la femme que

l'on

trouveraau

chapitre

consacréaux obser¬

vations.

Depuis,

nous avons pu

recueillir

trois

observations

nouvelles.

Une dans le service de M. le

professeur Piéchaud (1897). Une

dans le service de M. le

professeur Démons

que nous

devons

à

l'obligeance

de MM.

Braquehaye et Bégouin. La troisième, enfin,

de M.

Bégouin,

en 1892.

Comme

on

peut le voir,

par cette

rapide énumération, les

lipomes du

sein sont rares et leur

existence

n'est

signalée

que

depuis Velpeau. Bien

des auteurs les ont

laissés

de

côté; quel¬

ques-uns les ont

mentionnés,

ne leur accordant

qu'une impor¬

tance très

médiocre.

Il est à

remarquer

que

depuis quelques années, dix

ans

environ, de

nombreux cas ont été

publiés,

non

qu'ils soient devenus plus fréquents qu'autrefois,

mais bien

grâce

à une

observation plus méthodique. Leur innocuité,

le peu

de

volume

qu'acquièrent

en

général

les

lipomes intra

ou

extra-mammaires, leur indolence,

sont

peut-être

les causes les

plus importantes

pour

lesquelles les malades, femmes

ou hom¬

mes,

porteurs

de ces tumeurs

n'étaient

pasvenus lessoumettre

l'appréciation

des

chirurgiens. Aujourd'hui

ils

doivent

teniruneà

place dans

la

science,

et l'on en trouvera une

description magis¬

trale dans le Traité de

chirurgie Le Dentu

et

Delbet

de

1898, dû

à MM. les

professeurs agrégés Binaud

et

Braquehaye qui

nous ont

communiqué leur

travail encore

inédit.

(15)

CHAPITRE II

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Laissant de

côté tout

ce

qui peut se rapporter à l'anatomie

pathologique du lipome en général, nous ne nous occuperons

que

de celle des lipomes de la région mammaire. Nous ne

savonspas

qu'il

y

ait eu encore d'analyse, de classification bien faite

parue

jusqu'à ce jour, aussi allons-nous tenter d'en donner une.

L'intérêt que

présentent ces tumeurs est autant leur rareté,

que

le volume qu'elles acquièrent parfois ; à ce dernier point de

vue, nous

ferons remarquer en passant que les femmes sont

plus souvent affligées de ces tumeurs que les hommes et qu'elles

voient

péniblement déformer une partie de ce qui fait leur

charme, par une

tumeur de nature inconnue.

Une fois

enlevé, le lipome type représente une masse lobulée

de

graisse molle et jaune, renfermée dans une capsule mince

de tissu fibreux

dont les cloisons pénètrent dans l'intérieur de

latumeur eten

limitent les lobules.

Ces

lipomes de la région mammaire peuvent être : ou intra-

glandulaires, ou extra-glandulaires, et dans ce dernier cas, ils

peuvent se rencontrer : 1° au-dessus de la glande dans le tissu

cellulaire

sous-cutané

;

2o en arrière de la glande dans le tissu

cellulaire

rétro-mammaire. Voilà, ce semble, une première divi¬

sion

qui doit rendre l'examen clinique plus aisé, en même

temps qu'il délimite bien leur situation dans cette région. Quant

à leurnature,

ils peuvent être ou encapsulés ou diffus.

Noussavons

bien qu'il existe une grande variété de lipomes

constitués parun

mélange de tissu fibreux, avec le lipomateux ;

mais ces tumeurs,

qui, par leurs caractères, semblent s'éloigner

du caractère

des lipomes purs, rentrent toutefois dans le cadre

(16)

18

de notre

sujet

etnous ne

manquerons

de les

signaler

à

l'occa¬

sion.

Résumant

les notions que nous venons

d'indiquer,

nous pour¬

ronsenconstituer un

petit tableau

ainsi divisé :

Lip. intra-glandulaires.

L'aspect du lipome,

sa

ressemblance parfaite

avec le tissu

cellulo-adipeux

sous-cutané

peut dispenser quelquefois

de l'em¬

ploi du microscope. Néanmoins, il faudra

y

avoir

recours pour voir si l'on aaffaire à un

lipome

purou

mélangé de

tissu

fibreux,

myxomateux ou autre.

Ce sont des tumeurs tantôt

molles,

tantôt

fermes, nodulaires, lobulées qui atteignent quelquefois

un volume très

considérable.

Leur structure se

compose

de lobules adipeux qui

sont réunis les uns aux autres par

des cloisons conjonctives d'épaisseur

variable. Et ces lobules

ressemblent, histologiquement,

à ceux

du

pannicule adipeux; seulement,

ils sont

d'ordinaire plus volu¬

mineux. En

général,

ces tumeurs sont bien

circonscrites, ayant

pour

siège le tissu cellulaire

sous-cutané ou les espaces

inter¬

musculaires.

Leur volume est variable

depuis

une

noisette,

une montre de

femme,

selon

l'expression

des auteurs

anglais, jusqu'à dix

et

quinze

kilos. Leur forme est

lobulée

à la

partie superficielle, plane

au contraire à la

partie postérieure.

Si le

lipome

est sous-

cutané,

même

quelquefois

s'il est

profond

et

qu'il atteigne

un gros

volume, il

repousse

les téguments qui le

recouvrent, tend à se

pédiculiser

et à devenir

polypeux. D'ordinaire, il

reste

encapsulé

et alors son volume ne

dépasse guère

celui du

poing.

Au

microscope,

on y

trouve

:

t° Des cellules

adipeuses

très

réfringentes

dont le noyau

est rejeté

à la

périphérie

etdont le

protoplasma

est

rempli

par une grosse vésicule de

graisse liquide

; ces cellules sont

remarqua-

Nature.

Siège.

Sous-cutanés.

Itélio-mammaires.

(17)

19 -

bles par

leur volume qui est plus considérable qu'à l'état nor¬

mal; elles sont groupées pour former des lobules et ces lobules,

plus volumineux que d'habitude, s'associent pour constituer des

lobes.

2" Du tissu

conjonctif lâche qui, sous forme de travées, sépare

les uns des autres

les lobes de la tumeur.

3° Des vaisseaux

sanguins dont les plus volumineux rampent

dans les travées

conjonctives interlobaires puis se résolvent en

réseaux

capillaires qui, pénétrant dans les lobules, circonscri¬

vent les

cellules adipeuses

ou

des groupes de cellules associées.

Comme

variétés dans le]sein, nous ne trouvons signalé que le

fibro-lipome.

Quant

au

développement et à la pathogénie, nous nous rap¬

porterons à l'opinion de M. le professeur Coyne : « Le lipome

se

développe

aux

dépens de cellules embryonnaires subissant

l'évolution

définitive qui

en

fait des cellules adipeuses. Cette

transformation a

lieu

en

passant par le stade d'infiltration mu¬

queuse

de cellules fermes. On sait, en effet, que le tissu cellulo-

adipeux à l'état normal provient des cellules embryonnaires qui,

pendant

un

certain temps, traversent le stade muqueux, ainsi

qu'on le constate sur l'embryon du 4e au 5I! mois de la vie intra-

utérine.

M.

Bégouin

a pu

faire l'examen anatomo-pathologique de la

tumeur

intra-glandulaire observée par lui.

Voici les

résultats qu'il

a

publiés (Journ. méd. Bordeaux,

15 février

1892)

:

A unfaible

grossissement, on voit qu'au milieu du tissu adi¬

peux

qui forme la plus grande partie de la préparation, sont

disséminés

des tubes glandulaires en amas plus ou moins consi¬

dérables

réunis entre

eux par

du tissu conjonctif. Les uns dilatés

renfermentune masse

jaunâtre formée par du lait coagulé, les

autres ont une

lumière étroite qui apparaît comme un point

transparent. A un plus fort grossissement, on distingue de gros

cristauxétoilés

de margarine ou de stéarine disséminés au milieu

du tissu

adipeux. Parmi les tubes glandulaires, les uns ont perdu

leur

épithélium, les autres ont conservé par endroits un.épithé-

(18)

lium, cylindrique le plus

souvent,

quelquefois cubique. Les

tubes de

petite dimension

sont formés d'une

paroi

externe con¬

jonctive

On

n'y voit

etd'unaucun

épithélium

vaisseau.

cubique à

uneseule couche de

cellules.

Quelquefois

on trouve au centre de la tumeur

lipomateuse

un

osIlcomme dans

l'observation

de

Cooper.

n'est pas rare de trouver

d'autres lipomes dans d'autres régions

du corps,

ainsi qu'il

ressortde

l'observation

de Baker et

Bowlby et de l'observation

de

Bryk. Pourrait-on

de ces deux- faits

déduire

que

le lipome du

sein neconstitue pas une variété à

part

pouvant

prendre

son

point de départ ailleurs

que

dans

Je tissu

graisseux

ou encore

qu'il doit nécessairement

rentrer dans la

diathèse lipomateuse.

Nous ne le pensons pas, car ils ontdes caractères

anatomiques

et

cliniques différents

des autres

lipomes.

Au

point de

vue

étiologique

nous ne

pourrions

faire mieux

qu'imiter

la conduite de tous les auteurs

qui

se sont

occupés de

cette

question

: la passer sous silence.

Cependant

il est un cer¬

tain nombre de

problèmes qui

se sont offerts à notre

esprit et qui

nous semblent des

plus intéressants

à

résoudre.

Le

premier

serait de savoir si ces tumeurs ne sont pas

congénitales.

Ne

pourrait-on

pas

tout

au moins attribuer aux

lipomes

renfermant

un os,

la

même

origine qu'aux kystes dermoïdes?

Bésolu pour

ces

derniers, le problème

nous

parait

moins aisé pour

les lipo¬

mes, étant donné le

petit

nombre de cas que

l'on

en trouveet leur étude encore

trop incomplète.

Les

traumatismes

ont-ils une

influence?

Nous 11e le pensons pas.

La plupart des

malades porteurs de tumeurs du sein invo¬

quent

toujours

comme cause un choc reçusur lesein. Mais nous

rapportant

dans toutes nos

observations

à la

distance qui

a

séparé le choc, de l'apparition

de la

tumeur, d'autre part

pas¬

sant en revue les

lipomes du

sein chez

l'homme

jamais

le

traumatisme

n'est

invoqué,

nous en concluons

que

c'est

une cause

étiologique qu'il

ne faut

prendre

en considération que

sous toutes réserves.

L'âge, le

sexe ont-ils une

influence?

Nous avons

des obser-

(19)

vations à tous

les âges depuis 14

ans

jusqu'à 80. Cependant

nous n'en avons pas

dans le jeune âge, ce qui semblerait indi¬

quer que

si le lipome apparaît un peu à tous les âges avec une

préférence marquée de 25 à 45 ans, il n'apparaît jamais avant

le

développement complet.

Les femmes y

sont plus sujettes que les hommes dans la pro¬

portion de 75 0/0. La grossesse, sans influence sur l'apparition

du

lipome, semble lui imprimer un développement plus grand.

Nous lisons, en

effet, dans les observations de Velpeau (obs. III,

V) qu'après chaque couche le lipome augmentait d'une façon

très sensible.

La menstruation ne

parait

pas

troublée, pas plus du reste que

la

lactation,

car

la glande conservant, en général, son volume,

ne

pourrait voir, ses fonctions altérées que par la compression

des canaux

galactophores.

Observation I

(AstleyCooper.OEuvres

chirurgicales. Traduction de Chassaignac et Richelot, 1887.

Lipomesous-mammaire

du sein gauche.

Extirpation de la tumeur

et delaglande.

Guérison.

Obs. 477. Mistress

Smilh entra à l'hôpital de Guy en août 1835

pour une

tumeur énorme de la mamelle gauche qui avait 31 pouces

decirconférence et 10 pouces

1/2 de long. La tumeur fut enlevée le

29 août. On

pratiqua d'abord

une

incision semi-lunaire à la partie

antérieure et

supérieure de la tumeur et l'on attira celle-ci en bas.

Puis on fit une incision le

long de

sa

partie supérieure jusqu'à ce que

le muscle

pectoral fût mis à

nu.

Ensuite on disséqua la tumeur de

haut en bas,

dissection qui fut facilitée par la tension que le poids de

la tumeur déterminait dans

le tissu cellulaire qui l'unissait aux mus¬

cles. Un aide comprima

tous les vaisseaux à mesure qu'on les divisait,

aussi s'écoula-t-il [jeu

de

sang

pendant l'opération. Enfin une très

grande

partie de la

peau

et la totalité de la mamelle avec la tumeur

qui

était derrière elle furent enlevées. Les bords de la plaie furent

Estradère

3

(20)

22

maintenus rapprochés au moyen de

plusieurs points

de suture et de bandelettes

agglutinatives. Laguérison

fut

rapide.

La tumeur conser¬

vée dansla collection de

l'hôpital

Saint-Thomasp es ai 114livreslOonces.

Observation II

Aslley Coopek. OEuvreschirurgicales.

Lipomesous-cutanévolumineux du sein.Extirpation delatumeur.—

Guérison complète.

Obs. 476. Une femme nommée Martin entra à

l'hôpital

de

Guy

pour une tumeur du sein qui avaitun volume

considérable,

et quipa¬

raissait,

au toucher, provenir d'une

hypertrophie

des différents lobes qui composent la glande mammaire.

Lorsqu'on

eut incisé la peau dans l'intention de

pratiquer l'extirpation

de la tumeur, on reconnut que tous les paquets graisseux

qui

entrent dans la composition de la mamelle avaient augmenté de volume et que la glande elle-même était saine. Les différentes ramifications qui constituaient l'ensemble de cette tumeur furent retirées d'entre les différentes

parties

de la

glande

de manière à. laisser de

larges

cavités qui avaient servi de

réceptacle

àcette espèce de tumeur ramifiée. Une

simple

incision très

allongée

fut suffisante pour mettre à découvert toute la surface de la tumeur, En exerçant des fractions,

je

parvins à

allonger

les prolon¬

gements celluleux qui l'unissaientà la glande et une dissection très

simple

procura son entier isolement.

Il y a peu de temps que celte personne m'a écrit pour

répondre

à

quelques

questions que je lui adressais relativement à l'état de sa

sauté. Elle m'a répondu

qu'elle

n'a eu aucune récidive de sa maladie et queson sein est entièrement libre de toute douleur.

(21)

23

Observation III

Velpeau.Destumeursdusein.

Volumineuxfibro-lipome

du sein gauche.

Extirpation de la tumeur et

delaglande.

B..., 4-2 ans,

couturière, mariée, entre à l'hôpital le 3 septembre

1839 pour une

tumeur du sein gauche. Il y a 13 ans, celle femme

avaitdéjà

ressenti

par

là quelques douleurs légères sans qu'elle pût

en attribuerlacause

à quoi que ce soit. A cette époque, elle tomba de

cheval : un homme

chercha à la retenir et son sein fut durement

froissé, ha douleur

fut très vive. Mais le lendemain elle n'y pensait

plus. Six mois après, en se déshabillant, elle sentit deux grosses glan¬

des comme une

petite aveline un peu plus bas que le mamelon à

un pouce

à

peu

près. Jusqu'alors elle n'y avait fait aucune attention

mais elle croit se

souvenir qu'elle ressentait déjà de temps à autre de

légères

douleurs. Peu de mois (3-4) après, elle s'aperçut qu'il s'en était

formé d'autres autour

du mamelon, de manière que le bout du sein

étaitcomme

enfoncé

au

milieu d'une couronne. Elle n'a pas nourri,

mais elle s'est aperçue

qu'après chaque couche -(elle en a eu cinq) la

tumeuravait

augmenté, surtout ap-rès la dernière. Des douleurs sour¬

des que

la malade compare à un vent froid sur une plaie à vif, des

élancements

répétés sont venus alarmer cette femme l'hiver dernier.

Le sein

gauche est gros comme les deux poings et bosselé. L'autre est

peu

apparent. On y sent six bosselures ou tumeurs distinctes, grosses

comme un œuf

de

cane

chacune, les unes plus dures, les autres plus

molles. Toutes se

tiennent

;

la peau qui les recouvre est rouge et

amincieprès

du mamelon. Dans son ensemble, la tumeur a 6 pouces

de long sur

4 de large.

Elle se porte un peu du côté de la clavicule,

n'est pas

sensible à la pression et quelques-unes de ses parties sont

commefibreuses.

Opération de manière à circonscrire, à enlever toute la peau malade

avec la tumeur.

On lie cinq artères, qui ont donné peu de sang. Les

lèvresde la

plaie sont tenues rapprochées avec des bandelettes dedia-

chylon et l'on panse avec linge troué et charpie.

L'examen montre une

grosse tumeur formée de lobules de graisse

(22)

—r 24

accolésles uns aux autres; la

glande

mammaire n'est

plus

reconnais-

sable;

au-dessous on trouve

quelques

traces de tissu fibreux entre les lobules graisseux.

Observation

IV Velpeau. Destumeurs dusein.

Lipome sous-cutané du sein.Ponction exploratrice. Extirpation de la tumeur. Guérison.

Une femme

âgée

de 30 ans, bien portante, d'un

embonpoint

médio¬

cre, d'une bonne

constitution, n'ayant

pas eu

d'enfants,

se présente à

l'hôpital,

en 1845, pour une tumeur du sein. Celte

tumeur,

qui offrait le volume d'un œuf de poule, qui occupait, la

région

externe et infé¬

rieure de

l'aréole,

existait

depuis plusieurs

années.

Légèrement

sail¬

lante à

l'extérieur,

elle ne causait aucune

souffrance,

n'était compli¬

quée d'aucun

engorgement, d'aucune

altération,

soit des

téguments,

soit des autres tissus de la région.

Souple,

molle, vaguement bosse¬

lée,

elle ne pouvait se rapporter àaucune des tumeurs concrètes du sein; elle était évidemmentsituée entre le tissu

glanduleux

et l'enve¬

loppe

tégumentaire.

Reposant

sur la mamelle

même,

elle cédait à la pression de manière à faire naître d'abord des doutes sur la nature des éléments qui la constituaient. Elle était survenue sans cause

appréciable,

d'une manière insensible. La

malade,

qui ne pouvait pas

en

indiquer

la date

précise,

assurait seulement que,

depuis

six mois,

sa tumeur avait pris un accroissement notable et

que, parfois, elle était assez sensible pour lui occasionner de la gêne et de l'embarras.

Après

l'avoir examiné de toutes les manières, je restai convaincu qu'il

s'agissait

d'un

kyste,

tant lafluctuation

m'y

avait paru certaine.

J'en conclus qu'on pourrait en débarrasser la maladeavec une

simple

ponction suivie

d'injection

iodée.

Cependant,

comme

je

n'avais pas

la

certitude que le

kyste

contîntdu sérum

diaphane

ousanguinolent, plu¬

tôtqu'une matière gélatineuse ou

glaireuse,

il fut convenu que

l'opé¬

ration serait commencéecomme

pour

l'injection

iodée,c'est-à-dire par

une ponction avec le trocart; mais que si au lieu de matière très

fluide,

la tumeur renfermait

quelque

autre

chose, l'appareil

serait prêt

(23)

pour

permettre de procéder sur le champ soit à l'incision complète,

soità l'extirpation

de la mamelle.

Préparée comme

pour l'extirpation de toute autre tumeur du sein,

très désireuse

d'ailleurs d'être opérée, la malade reçut d'abord un

coup

de trocart

sec

et net dans sa tumeur, préalablement tendue au

moyen

de la main gauche. Trouvant que l'extrémité de l'instrument

jouait

avecune

entière liberté dans les parties, je restai plus convaincu

que

jamais qu'il s'agissait d'un kyste, aussi éprouvai-je une véritable

surprise

en ne

voyant rien sortir par la canule du trocart dès que j'en

eus retiré le

poinçon. Je

me

demandai alors si quelques grumeaux,

quelques flocons concrets ne s'opposaient pas à la sortie du liquide.

Dans cette

pensée, j'introduisis un stylet jusqu'au fond du prétendu

kyste

sansaucun

obstacle. J'en inclinai, j'en portai la tête dans toutes

les directionset

cependant

nous ne

vîmes rien sortir. A cet instant je

me serais moins

imaginé

que

jamais être entré dans un lipome. Je

crus à l'existence

d'un kyste

ou

sébacé ou hématique, et je procédai

de suiteà une

opération plus complète. Les téguments furent incisés

dans le sens du

grand diamètre de la tumeur qui se trouva bientôt à

nuet qui se

montra dès lors avec tous les attributs d'une masse grais¬

seuse, pure,

molle, formée de trois pelotons principaux que j'extirpai.

Quelques

arlérioles furent liées, je rapprochai les lèvres de la plaie et

la malade

guérit bien et rapidement,

Observation V

Velpeau. Traité des tumeursdu

sein.

Fibrolipomedusein

pédiculé.

Extirpation. — Guérison rapide

Unejeune

femme d'une complexion un peu délicate, bien réglée,

entre à

l'hôpital

pour une

tumeur du sein droit plus volumineux

qu'une tête d'adulte.

Ily a

trois

ans

et demi, au milieu d'une grossesse, le sein, normal

auparavant, s'est développé en masse et d'une façon égale sur tous les

points. A la fin de la grossesse, il avait déjà un très fort volume ; pen¬

dant la lactation,

il survint

un

abcès qui fut ouvert en 3 ou 4 endroits

à l'aide du

bistouri. Depuis cette époque, la tumeur s'est accrue lente-

(24)

26

ment, sans douleurs. Une seconde grossesse s'est terminée il y a 6 se¬

maines; depuis lors,

la tumeur a fait

beaucoup de

progrès.

Avec la forme d'uue boule à peu près ronde, ayant 50 centimètres de

circonférence,

elle est très pesante, tombe au-devant de l'abdomen

et descend

lorsque

la malade est debout

jusqu'au

niveau de la crête de l'os des Iles. Son pédicule est formé par la peau que la pesanteur de cettemasse énorme plisse dans le sens vertical, il a près de 40 centimètres de circonférence.

La peau est mobile à sa surface, excepté en bas, au niveau de la cicatrice résultant d'incisions faites pour vider les anciens abcès.

Le mamelon situé au-dessous et un peu en dehors ne fait point saillie sous la peau ;

l'aréole,

très

large,

molle, non

fluctuante, indolente,

est formée de lobes

élastiques

mobiles les uns sur les autres.

13

juin

: Onouvre le pédicule de latumeur par deux incisions trans¬

versales,

semi-lunaires,

empiétant de 3-4 centimètres sur la masse à cause de la rétraction présumable des tissus après

l'opération.

Im¬

médiatement après le poids de la tumeur est de 4 livres et demie.

En la

disséquant,

onconstate qu'elle est

lobulée;

avec unpeude soin,

il devient facile de

séparer

ses lobules les uns des autres. Un peu eu dehors et eu bas on retrouve d'une manière distincte des grains ap¬

partenant à la mamelle

saine;

il n'existe pas d'adhérences entre celte portion saine, qui du reste est peu

considérable,

et la portion

adipeuse.

Toute la masse représente un

mélange

de lobules

adipeux

et de tissu glanduleux

hypertrophié,

une des variétés du

lipome

fibreux.

Plusieurs coupes sont

pratiquées

selon le grand diamètre de la tu¬

meur ; sur toutes, on voit distinctement les lobes réunis par du tissu

fitreux,

assez

abondant;

le tissu en est

blanc, résistant, élastique;

il

ne se laisse pas écraser par

la

pression du

doigt

et l'on n'en fait suin¬

ter qu'un

liquide visqueux analogue

à de la synovie. On rencontre, mêlées au tissu

glandulaire,

des masses blanchâtres dont

quelques-

unes

atteignent

le volume d'une petite noix; molles, onctueuses, solu- bles dansl'eau, elles offrent tousles caractères

physiques

du caséum.

Le

microscope n'y

a point retrouvé les éléments de la glandemam¬

maire il n'a reconnu

que l'élément graisseux.

V-

(25)

27

La

plaie

a

près de 20 centimètres de long ; ses bords sont réunis au

moyen

de

onze

serre-fines et le tout est recouvert de compresses imbi¬

béesd'eau

fraîche.

12

juin

:

L'état général est bon, il n'y a pas de fièvre, la malade a

bien dormi ;

l'état local est aussi des meilleurs. Les bords de la plaie

sont

agglutinés

; on

retire six serre-fines.

3

juillet: La malade sort de l'hôpital. Depuis le jour où toutes les

serre-fines ont

été retirées, les lèvres de la plaie ne se sont point

décolléees, ilne

s'est fait de suppuration que par les points où passent

les fils àligature.

Aujourd'hui la malade est complètement guérie.

Lipome du

sein gauche.

Kystes

mellegauche.

nombreux. — Extirpation de la ma¬

A la fin de

janvier le professeur Villemin, notre éminent collègue

du Val-de-Grâce,

m'appelle auprès d'une de ses clientes dont le sein

gauche était le siège, depuis un très grand nombre d'années, d'une

tumeur indolore

faisant corps avec la mamelle, mais sans adhérences

avec la peau,

souple et de coloration normale, longtemps slationnaire,

elle

prit, il

y a

un an, un accroissement progressif, et lors de mon

examen,

elle avait le volume d'un œuf de poule. Elle était de résis¬

tance

squirrheuse, et je ne pus y sentir ni élasticité, ni rénilence, ni

fluctuation.

Tout autour d'elle, on constatait de petites nodosités du

volume d'un

grain de ehènevis. La palpation de la glande donnait la

sensation de ces

pièges à oiseaux, de ces planchettes sur lesquelles

du mil est

collé. Le sein droit présentait les mêmes granulations ca¬

ractéristiques,

mais évidemment moins saillantes.

Je

pratique l'extirpation de la mamelle gauche, et j'y trouve une

poche principale qui contient de 25 à 30 grammes de liquide noirâtre.

Les cavités

secondaires avaient une coloration semblable; la glande

disséquée

ressemblait à une grappe de ces raisins précoces que nous

envoie la

Belgique. Les kystes les plus gros existaient sur la face pro-

Reclus.Clinique

chirurgicale de la Pitié. Paris, 1894.

(26)

- 28

fonde de la mamelle el la

palpation

ne nous les avait pas révélés ; mais à la

périphérie

et sur la surface convexe, on en constatait une

infinité de petitsque

remplissait

une substance

plus

concrète, presque crayeuse ; la pression en faisait sourdre des filaments vermiformes

analogues

à ceux qui

s'échappent

des tannes de la peau.

A

v

Observation

VII

Bili.roth. Deutschechirurgie,Lief., XLI.

Lipometrès volumineuxde la mamelle droite. Ablation de la tumeur.

Une femme

multipare âgée

de 34 ans se présenta à la consultation pour une tumeur qu'elle portait à la mamelle droite. On constate en effet, une

augmentation colossale de la dite mamelle qui tombait sur

le ventre

jusque

sur le bassin. Le mamelon et

l'aréole sont à la partie inférieure de la tumeur. La peau est

rouge pourpre

foncé,

par suite de la congestion de la partie malade. Au

loucher,

la tumeur donne

une sensation molle,

élastique

sur toute la

surface,

avec disséminés çàet là des noyaux un

peu plus fermes et des

lobulations.

L'état général ne semblait pas atteint. La malade avait constaté l'existence de sa tumeur six ans

auparavant; elle avait eu

plusieurs enfants; son

dernier datait de deux ans. Les couches avaient été normales, elle n'avait pas

remarqué si, à partir de ce moment, la tumeur avait pris

un

développement plus

rapide. On pensait

avant

l'opération

avoir affaire à un cas

d'hypertrophie

graisseuse ou de cysto-sarcome.

L'étonnement

fut grand

lorsque

après l'ablation on reconnut un

gigantesque lipome rétro-mammaire.

On trouva la glande

atrophiée

au

voisinage

du mamelon.

Malheureusement

la tumeur ne fut pas pesée.

y Obsekvation

VIII Bryk. Airch. f. Klin. chirurg.,DXVII.

Fibro-lipome du sein droit.

Extirpation. Mort de la malade par septicémie.

Une énorme tumeur de la mamelle droite. La tumeur était dure,

bosselée,

non

douloureuse

mais

gênante

par son volume. La malade

(27)

29

fat

opérée et

on

reconnut après examen avoir eu à affaire à un fibro-

lipome

du sein. La tumeur pesait 12 livres. Les suites opératoi es ne

furent pas

très favorables, et la malade mourut de septicémie. L'au¬

topsie faite,

on

découvrit une autre tumeur du cœcum, volumineuse

déjà,

et qui fut reconnue de nature lipdmateuse.

Observation IX

Bégotjin. Sociétéd'Anatomie et

Physiologie de Bordeaux, 16 novembre 1891.

Lipome

capsulé dusejn droit.

Guérison.

Incision et énucléation de la tumeur.—

M.

Bégouin présente un lipome enlevé le 13 novembre 1891 par

M. le

professeur Démons chez une femme de son service. Celte tumeur

a le volume et

la forme d'un petit œuf. Elle a tous les caractères

macroscopiques du lipome, tant à la surface qu'à la coupe, qui montre

cependant

en

outre de sa masse lipomateuse une traînée fibreuse blau-

châtredu

volume d'une plume d'oie incluse dans la partie superficielle

dela tumeur.Une

capsule entourait ce lipome qui s'est énucléé aussi¬

tôt que son

enveloppe fibreuse a été incisée. En cela a consisté toute

l'opération.

Au dire de la

malade,

une

femme de 47 ans qui a toujours eu une

excellente santé,

cette tumeur aurait apparu en juillet 1891. Toujours

est-il que

c'est à celte époque qu'elle la découvrit en faisant sa toi¬

lette. Elle

siégeait à la partie supérieure du sein droit roulant sous le

doigt,et

était d'une indolence parfaite au loucher. Mais elle était le point

de

départ d'élancements douloureux, spontanés, qui s'irradiaient dans

l'épaule et '.e bras droit jusqu'aux doigts et qui étaient assez pénibles

pour

éveiller la malade pendant la nuit. Au moment de ses règles, les

douleurs

diminuaient très notablement.

A sonentrée à

l'Hôpital,

on

constata à la partie supérieure et externe

du sein droit une

tumeur du volume d'un petit œuf au niveau de

laquelle la peau n'avait pas changé de coloration et avait gardé sa

mobilité.

Indépendante de la mamelle, roulant sous le doigt avec la.

plus grande facilité, sa surface était lobulée et sa consistance molle

étaittellement

celle du lipome que, malgré la rareté île cette tumeur

(28)

en celle

région,

le

diagnostic

fut porté. La mobilité surles parties pro¬

fondes était d'ailleurs

complète.

La mamelle était saine. On ne trou¬

vait aucun

ganglion

dans

l'aisselle,

l'état général était excellent.

X

Observation X Brodie. Sir W. R.

Williams,dans Amonographyondiseasesof thebreast, London, 1894,endonneuncertain nombre d'observations que nous reproduisonsici.

Lipome rétro-mammaire.

One

dame,

veuve d'un médecin

anglais,

avait

déjà

consulté trois ou

quatre des

chirurgiens anglais

les plus

renommés pour une tumeur apparue au-dessus de la mamelle et ayant acquis un volume consi¬

dérable. Aucun d'eux n'étaient d'accord sur sa nature, néanmoins ils conseillaienttous

l'intervention.

Elle vint nous trouver et

l'opération

fut décidée. On trouva un gros

lipome

situé sous la mamelle, etc'est là que la malade l'avait trouvé pour la première fois. La glande mammaire avait été soulevée par la tumeur, etsemblait être augmen¬

tée de volume.

f"

Observation XI s. w. r.wlllams.

Lipomesous-cutané dela mamellegauche. Enucléation delatumeur.

Guérison.

Une servante

âgée

de 30 ans vientse présenter à notre observation.

Depuis

deux ans, elle a constaté l'existence d'une tumeur au seingau¬

che qui s'est accrue

progressivement,

très lentement et sans douleur.

Elle atteint

aujourd'hui

le volume d'une montre de

femme,

et est située à la partie supéro externe de la

périphérie

de la mamelle gau¬

che. On ne constate à ce niveauaucunealtération des

téguments

et la

palpalion

n'en est nullement douloureuse. On fit l'excision des

tégu¬

ments et la tumeur s'énucléa d'elle-même.

(29)

- 31

Observation

XII

'V

Bryant.Diseclsesof the

breast.

Lipome

sous-cutané de la mamelle gauche. Extirpation de la tumeur.

Bryant

a eu

l'occasion rie voir une femme qui avait à la partie supé¬

rieure de la

mamelle gauche une tumeur du volume de la moitié

environ d'une orange.

Cette tumeur

n'ayant entraîné aucun trouble nutritif ou vaso-

moteur des

téguments donnait au toucher la sensation d'une tumeur

graisseuse à surface lobulée et complètement indolente.

La femme

était âgée de 50 ans, et il y avait cinq ans qu'elle s'était

aperçue

de l'existence de sa tumeur. L'extirpation fut décidée et

faite.

Observation

XIII

Bryant. Diseusesof

the breast.

(

jr'

Lipomede

la région mammaire.

Bryant

cite encore le cas qu'il a vu d'une taille use de 45 ans qu'il a

opérée

d'une tumeur semblable, mais dont nous n'avons pu nous pro¬

curer

l'observation. Lui-même, du reste, ne fait que la citer sans

autres détails.

Observation

XIV

Kôper.

Lipome

pédiculé de la région

Guérison.

mammaire. — Extirpation de la tumeur.

Kôperavu

une femme âgée de 87 ans, porteur d'une grosse tumeur

pédiculée qui avail commencé h apparaître cinquante-huit ans aupa¬

ravant. N'eût

été

sa

grosseur, la femme n'eu aurait été nullement

incommodée.

Il porta le diagnostic de fîbro adénome. A l'examen de

la tumeur, on trouva une

grosse masse de tissu graisseux, renfermant

à son centre un os

irrégulier-.

(30)

32

Observation

XV

Bégouin,séance de la Sociétéd'anatomie1892.etde physiologiede Bordeaux, 15 février

Lipome

intra-glandulaire

du sein.

Extirpation de la mamelle.

Guérison.

J'ai été assez heureux pour

rencontrer,

malgré

leur extrêmerareté)

un

lipome

nettement

intra-glandulaire

du sein.

Anatomie

pathologique.

Deux coupesprises l'une au ceutre, l'autre

à la

périphérie

de la tumeur.

L'histoire

clinique

de la tumeur ne présenterien

d'intéressant

; elle

siégeait

à la partie supéro-externe du sein et elle s'était

développée

lentement avec toutes les allures d'une tumeur

bénigne.

La

malade, âgée

de 47 ans, l'avait

découverte

par hasard il

y a deux ans; elle avait alors levolume d'une noix qu'elle avait à peine

dépassé

au mo¬

ment on l'a opérée.

Observation

XVI Baker-Bowlby(S. W. R.

Willams).

Cas dehommes.lipomes du Lipomes symétriquessein ou de la régiondemammairela régionobservésmammaire.chez des

Un homme

âgé

de 29 ans était porteur d'un certain nombre

lipomes disséminés

un de

peu dans toutes lesrégions. Ilen avait un dans la

région sus-pubienne,

un autre à la

partie supérieure et inférieure de

chaque

membre supérieur.

y Observation

XVII

Willams.

Lipomede larégion mammaire gauche. Extirpation. Guérison.

Un homme

âgé

de 33 ans se présente à nous avec une tumeur peu

volumineuse,

environ la grosseur d'une montre de

femme,

située à deux pouces

au-dessous du mamelon

gauche. Celte tumeur, datant de peu de

temps,

fut

opérée

et l'examen démontra

qu'on

avait eu

affaire à un

lipome

pur de la

région

mammaire.

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