HAL Id: jpa-00207442
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Submitted on 1 Jan 1973
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La diffusion élastique nucléon-6Li
W. Laskar, B. Remaud
To cite this version:
W. Laskar, B. Remaud. La diffusion élastique nucléon-6Li. Journal de Physique, 1973, 34 (10),
pp.783-790. �10.1051/jphys:019730034010078300�. �jpa-00207442�
LA DIFFUSION ÉLASTIQUE NUCLÉON-6Li
W. LASKAR et B. REMAUD
Département
dePhysique Théorique
Institut dePhysique 38,
bdMichelet,
44Nantes,
France(Reçu
le 25 avril1973)
Résumé. 2014 Le
potentiel
nucléon-nucléon utilisé pour l’étudemicroscopique
de la diffusionélastique
nucléon -6Li est unpotentiel
central de formegaussienne.
La fonction d’onde totalementantisymétrisée
du noyau cible est tirée du modèle en couches des noyaux du type(1 s)A (1 p)A’.
Les corrélations entre
nucléons,
nécessaires pour rendre compte descaractéristiques
du6Li,
sont introduites par la méthode des groupes de résonance. Ceci permet de retrouver
l’énergie
de liaison du noyau,
l’énergie
de liaison du deutéron avec le groupe 4He et, à uneprécision moindre,
la valeur
quadratique
moyenne du rayon du 6Li.Les
phases
calculées pourp-6Li
sont en bon accord avec celles tirées des donnéesexpérimentales.
Pour
p-6Li
et n-6Li dans la voie despin 3/2
et L = 1, une résonance permet de mettre en évidenceun niveau 4P. Le
potentiel
utilisé étantcentral,
ce niveau se situe entre les niveaux 4P5/2 et 4P3/2 trouvésexpérimentalement.
Pourn-6Li,
une résonance apparaît à 10,1 MeV dans la voie S = 1/2, pour L =0 ;
c’est le niveau(1/2)+ prévu théoriquement
mais non encore localisé.Abstract. 2014 A nucleon-nucleon
potential,
withgaussian shape,
is used in themicroscopic study
of elasticscattering
of nucleonsby
6Li.The 6Li wave function is
completely antisymmetrised ;
it is extracted from shell model calcu- lations for nuclei(1 s)A (1 p)A’.
The correlation betweennucleons,
needed toexplain
the charac- teristics of6Li,
are introducedby resonating-group
methods. Thebinding
energy, the relative energy between 03B1 andd, and,
with less accuracy the mean square radius are found ingood
agree- ment withexperimental
results.The calculated
phase
shifts are ingood
agreement with those obtained from ananalysis
of expe- rimentaldata,
in the case ofp-6Li.
In the
study
ofp-6Li
andn-6Li,
with S = 3/2 and L =1,
a resonance indicates a 4Plevel ;
thepotential
usedbeing purely central,
this level lies between the 4P5/2 and 4P3/2 levels foundexperimentally.
In the n-6Li case, thephase
goesthrough
90° at 10,1 MeV for L = 1 and S = 1/2 ; it is the(1/2)+ level, expected by
thetheory,
but not yet located.Classification Physics Abstracts
4.420 - 4.163
1. Introduction. - Les
possibilités
de la méthode des groupes de résonance[1] ]
initialementappliquée
par
Massey [2]
et sonécole,
sont étudiées actuelle-ment par de nombreux chercheurs.
Partant d’une interaction nucléon-nucléon
phéno- ménologique,
il estpossible
d’écrire un hamiltonien pour unsystème
de A nucléons. La recherche des fonctions propres de cet hamiltonien nécessite évi- demment des méthodesd’approximation ; cependant,
il est
possible
de retrouver lescaractéristiques princi- pales
des noyauxlégers,
notammentlorsque
l’onutilise des fonctions d’ondes
complètement
anti-symétrisées ;
cequi
met en lumière les rôlesrespectifs
et
complémentaires
quejouent
leprincipe
d’exclusion de Pauli et la formeparticulière
de l’interaction nucléon- nucléon dansl’explication
desphénomènes nucléaires,
aux basses
énergies
notamment[3].
Les études micro-scopiques
de diffusion se sont naturellementportées
vers les cas où la cible et le noyau incident appar- tiennent tous deux à la couche 1 s
[4].
Eneffet,
tenircompte
de toutes les interactionsnucléon-nucléon,
avec des fonctions d’onde
complètement antisymé- triques
pour des noyauxplus
lourds - ceux de lacouche
(1 p)
notamment - amène une trèsgrande complication [5].
Cependant,
nous croyonsqu’il
est trèsimportant
d’étendre les études
microscopiques
aux réactionsincluant des noyaux
complexes,
et, dans unpremier temps,
aux diffusions incluant des noyaux de la couche(1 p).
1)
Pour inclure les canauxinélastiques
dans lesréactions
précédemment
étudiées.2)
Pourpouvoir
traiter defaçon
unifiée uneplus grande
variété de réactions nucléaires. De telles réac- tions mettent enprésence
suffisamment de nucléonsArticle published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:019730034010078300
784
pour faire
apparaître
des effets collectifs et sufhsam- ment peu pour que l’onpuisse
en faire une étudemicroscopique.
La
première
étudemicroscopique
d’une diffusionnucléon-noyau
de la couche(1 p) qui
vient àl’esprit
est celle de
nucléon-6Li.
Elle est intéressante pour 2 raisons :1)
Le6Li
est un noyau constitué d’un coeur intera-gissant
faiblement avec les nucléons d’une couchenon saturée.
2)
Le6Li
a despropriétés
trèsparticulières ;
songrand
rayon carré moyen, sa surfacediffuse,
son faible momentquadrupolaire
sont difficiles àexpliquer
dans le cadre d’une
systématique
des noyauxlégers.
Le modèle en couches à
particules indépendantes
nepeut
rendrecompte
de tellespropriétés.
De très nom-breuses méthodes ont été
proposées
pour introduiredes corrélations entre nucléons et retrouver, notam- ment, les résultats des diffusions
e--6Li
à hautesénergies.
M. A. K. Lohdi et R. W. Miresprésentent
une revue des
principales [6].
Un
modèle, parmi
les mieuxadaptés,
est celui desgroupes de
résonances ;
onassigne
au6Li
dans sonétat fondamental une structure
prédominante
oc - d.Le
calcul,
dans cecadre,
del’énergie
deliaison,
dufacteur de
forme,
montre que l’amas a et l’amas d sont relativement bienséparés
dansl’espace
et intera-gissent
faiblement. Ceci est confirmé aussia)
parl’analyse
de la réaction(p,
2p) qui
montre que les nucléons de valencecomportent
uneproportion impor-
tante d’état
(1 p)
et(1 s)
parrapport
au coeur[7], b)
par le calcul avec le modèle de Hartree-Fock[8]
de la fonction d’onde du
6Li : celle-ci, décomposée
sur la base des fonctions d’ondes du
potentiel
harmo-nique,
inclut desconfigurations
d’ordre élevé.Nous nous proposons donc d’étudier la diffusion
élastique nucléon-6Li.
Dans la section2,
estprésentée
la formulation du
problème.
Dans la section3,
sontexposées
les fonctions d’ondes utilisées pour les états fondamentaux des noyaux(1 s)’ (1 p)A’
et les résultatsobtenus pour le
6Li. Enfin,
la section 4 donne lesdéphasages
obtenus et les sections efficace.2. Formulation du
problème.
-a)
L’Hamiltonien dusystème
à 7particules
s’écrit :Le
potentiel
nucléon-nucléon utilisé est unpotentiel
central de forme
gaussienne qui
a donné de bonsrésultats dans les calculs de diffusion pour les noyaux
légers [4]
1
eg
= 1 sii, j représentent
desprotons
et 0 dans lecas contraire. Les constantes pour les
opérateurs d’échange
satisfont à la condition de normalisation :Le
rapport
de l’interaction nucléon-nucléon pour l’étatsingulet
à celle de l’étattriplet
est :Les valeurs des
paramètres
pour laprofondeur
etla
portée
depotentiel
sont :Un tel
potentiel,
uniformémentattractif,
sans coeurrépulsif,
ne rend pascompte
de la saturation des forcesnucléaires,
ceci a peud’importance
dans lescalculs de diffusion à basses
énergies ;
eneffet,
commenous le verrons
plus tard,
leprincipe
d’exclusion de Pauliempêche
lesparticules
incidentes depénétrer
dans la cible pour les ondes de faible moment angu-
laire ;
pour les ondes de momentangulaire élevé,
intervient alors lepotentiel centripète.
La forme de
potentiel
nucléon-nucléon est ainsimasquée lorsque
la distancecible-particule
incidenteest faible.
Dans le cas des diffusions
élastiques,
la fonction d’onde décrivant les 7particules interagissant,
s’écrit :A est
l’opérateur d’antisymétrie
pour 7particules ; ç(1,
...,6)
est la fonction d’onde du noyau cible dansson état fondamental.
r est la distance entre le nucléon incident et le
centre de masse du noyau cible.
1/¡
satisfait à :Pour obtenir
F(r),
onprojette l’éq. (1)
sur l’étatfondamental du noyau cible. Si
Ao
est la restriction desqui antisymétrise
la fonction d’onde à 6 nucléons.Alors :
et
Ao qJ
est l’état fondamental du noyau cibleAo
étant unopérateur hermitique, J6
étantcomplète-
ment
symétrique, l’éq. (2)
estproportionnelle
à :L’éq. (3)
n’est paséquivalente
à(1) ;
en touterigueur,
la résolution de
(1)
nécessite que sesprojections
surun ensemble
complet
d’états propres du noyau cible soient toutesnulles ; cependant puisque
nous traitonsune diffusion
élastique
à 1canal,
nous supposeronsnulle la
probabilité
pour la cible deprendre
un étatautre que l’état fondamental
Ao
ç.L’opérateur A, appliqué à ç
introduit dans la réaction l’effet depolarisation
sur la cibleproduit
par les
multiples échanges
entre le nucléon incident et le noyaucible ;
cettepolarisation
a pour ef’et de modifier la densité du noyau sanschanger
sasymétrie spatiale.
L’éq. (3) peut
sedévelopper
car :Ro, Eo
sontrespectivement
l’hamiltonien etl’énergie
propre fondamentale du noyau :
Kr, Y Vi,, EN représentent respectivement l’opéra-
teur
d’énergie cinétique, l’opérateur d’énergie poten-
tielle etl’énergie
du nucléon incidentexprimés
dansle
système
du centre de masse.L’éq. (3)
s’écrit[5] :
Le membre de
gauche
del’éq. (4) représente prin- cipalement
l’interaction directe entre le nucléon et la cible carAo
laisse invariant le vecteur r.Le membre de droite
représente
surtout la contri-bution non locale introduite par
l’antisymétrisation.
Si l’on
explicite (4),
il vient :avec :
Kp
est le noyau contenant toutes les interactions nonlocales introduites par les
opérateurs d’antisymétri-.
sation et les
opérateurs d’échanges
despin
etd’isospin.
Le noyau de normalisation s’écrit :
b)
Lespropriétés
du noyauKN(r, r)
ont été étu-diées par Feshbach
[9]
dans son étudethéorique
surles réactions
nucléon-noyau ;
Saïto[10]
a montré lerôle que
joue
leprincipe
d’exclusion de Pauli dans les interactions noyau-noyau. Ce rôlepeut
être mis en évidence àpartir
despropriétés
deKN.
Le
problème
de la diffusion est résolulorsque F(r)
est connu
puisque
àpartir
de là onpeut
facilement endéduire les
déphasages
et les sections efficaces.Cepen- dant,
la fonction d’onde réelle dusystème
est :Et ce n’est que
pour 1 r 1 grand
que l’onpeut
facto- riserF(r) :
Considérons la fonction
U(r)
définie par :Dans la
suite,
nous poserons :Une fois effectuée
l’intégration
sur les variables despins
et sur les variablesd’espace
internes à lacible, l’éq. (6)
s’écrit :U(r)
etF(r)
ont mêmecomportement asymptotique
car
KN(r, r’)
décroîtexponentiellement quand 1 r tend
vers l’infini.
Soient
gÂ(r)
les solutions propres del’équation
inté-grale :
KN(r, r’)
est construit àpartir
de la fonction d’onde de lacible ;
les fonctions propresgÂ(r)
décroissentexponentiellement
etreprésentent
des états liés du nucléon incident avec le noyau cibleSoit : o
Donc
U(r)
estorthogonal
aux états propres g).1 de valeur propre A = 1. Ces étatsg).1 disparaissent
parantisymétrisation :
Ce sont les états interdits par le
principe
de Pauli.La condition
U 1 g;’l
> = 0 pour toutà
= 1est très
importante
pour notre étude car elle est tota- lementindépendante
del’énergie
et comme le domained’existence de
gz,
est de l’ordre de celui du noyaucible,
cette condition dicte lecomportement
deU(r)
à l’intérieur du noyau.
Cependant,
nous ne calculonsexplicitement U(r)
et
F(r) qu’à
travers leurdéveloppement
sur une basesphérique
L’équation
aux valeurs propres(7)
s’écrit :786
La relation
(8)
devient :Deux cas sont à considérer :
1)
La fonction d’onde de la cible n’introduit pas de corrélation entre les nucléons. Les états interditsont un moment
angulaire
bien défini L.La relation
(9)
s’écrit :Les états totalement interdits sont tels
que Â
= 1 etSi L =
0, gA L 1(r)
esttoujours positif,
doncu°(r)
doitprésenter
un noeud à l’intérieur du noyau. D’une manièregénérale,
la relation(10) impose
des oscilla- tions à la solutionuL(r),
à l’intérieur du noyau.L’action de
(10)
décroîtquand l’énergie
de la par-ticule incidente
augmente ;
carUL(r)
oscille commejL(kr)
dont lepremier
noeud serapproche
del’origine
quand
kaugmente.
2)
Si on introduit des corrélations entrenucléons,
il n’est
plus possible
d’associer une relation d’ortho-gonalité
pourchaque
momentangulaire ;
il existealors des états
partiellement interdits ; l’analyse
deleur influence sur le
comportement
dechaque
solu-tion
uL(r)
estplus
délicate.En
guise
de conclusion pour cettesection, l’éq. (5) permet
le traitement cohérent d’une diffusion élas-tique
dans le cas où l’onnéglige
les transitions auxétats excités.
L’antisymétrisation complète
de lafonction d’onde élimine les états interdits de
couplage
de nucléon incident avec la cible. Elle introduit un terme non
local, indépendant
de la forme dupotentiel qui
dicte lecomportement
de la fonction de diffusion dans le noyau pour les faibles momentsangulaires.
3. La fonction d’onde du
Li6.
-- 3.1 LES NOYAUX DU TYPE(1 s)’ (1 p)A’.
- Dans un modèle en coucheà
particules indépendantes,
la fonction d’onde anti-symétrique
décrivant un noyau dutype (1 s)’ (1 p)A’
peut
s’écrire :ai et Li étant
respectivement
lespin
etl’isospin.
Un
changement
de variablespermet d’exprimer
la
position
des nucléons en fonction du centre degravité
de leurs couches.Après
avoir éliminé le centre degravité :
PNL(L RI !)
est unpolynôme
dont ledegré dépend
deN,
L nombresquantiques
associés au mouvementrelatif des centres de
gravité
de deux couches :et
PNL(I RA 1)
est donc unpolynôme
dedegré
A’. Enraison de
l’antisymétrisation,
tous lespolynômes
de
degré
A’ sontéquivalents.
Les
paramètres Â, Â,
Ali sont liés auparamètre classique
de l’oscillateurharmonique :
Le modèle en couches à
particules indépendantes
étant insuffisant pour rendre
compte
despropriétés
de ces noyaux ; on introduit des corrélations entre nucléons. De nombreuses
expériences [11]
et descalculs
théoriques
ont montré que les nucléons ont tendance à se grouper en amas trèsliés ;
les nucléonsinteragissant
faiblementlorsqu’ils n’appartiennent
pas au même groupe.
Dans le cas où le
couplage
LS estprédominant,
ce
qui
est le cas pourA’ 4,
onpeut
rendrecompte
de cettepropriété
en faisant varier lesparamètres Â, Â,
Â"séparément.
Ainsi et Â" caractériseront surtout la densité de matière dans chacun des
amas
décrira leurdegré
de
séparation
dansl’espace.
La fonction d’onde0’(1,
..., A +A’)
définie dans(11)
est donc soumiseà une méthode
variationnelle ; J,, Â’,
Â" sont déter-minés en recherchant le minimum de :
3.2 LE LITHIUM-6. - Le lithium-6 dans son état fondamental est décrit par
(11)
avec A =4,
A’ - 2.Le
potentiel
central nucléon-nucléon définiplus
haut
permet
d’écrire les différentescomposantes
del’énergie
de liaison.En raison du caractère non saturant des forces nucléaires
utilisées,
on nepeut
fixer À par la méthode variationnelle. On lui donne la valeur déduite de l’étude de laparticule
a libre.Nous
prendrons
=0,14
x1026 cm- 2
cequi
donne un rayon carré moyen de1,42
fermi pour laparticule
a libre.Les résultats sont
présentés
dans lesfigures
1 et 2.Dans la
figure 1,
est montrée l’évolution del’énergie
FIG. 1. - Variation de l’énergie de liaison du 6Li en fonction du degré de séparation de l’amas a et de l’amas deutéron,
pour différentes valeurs de 1" paramètre de densité du deutéron (A’ et 1" sont exprimés en 10+26 cm-2).
FIG. 2. -
Courbes {
E(Â’, Â") -Emin }
= Cte. « x » indiquele minimum variationnel de l’énergie de liaison ; z » donne
la valeur de Î" pour laquelle le deutéron libre est le plus lié ;
« + » indique les valeurs de Â’ et Â" pour le modèle en couches.
de liaison en fonction de À’ pour différentes valeurs de Â" :
- À’ = 0
correspond
à uneséparation
totaleentre l’amas a et l’amas deutéron.
Le minimum est atteint pour les valeurs suivantes :
De
plus, l’énergie
de liaison du deutéron avec l’amas a est de1,60 MeV,
valeur trèsproche
durésultat
expérimental 1,47
MeV.La
figure
2présente
les courbes de niveauAinsi est mis en évidence le
grand degré
d’isola-tion entre les deux amas a-d
puisque À2;n
diffèrenotablement de la valeur issue du modèle en couches.
D’autre
part,
comme il étaitprévisible,
le deutéronse révèle une structure déformable
(cf. Fig. 1)
maisbeaucoup plus
densequand
elle est incluse dans unnoyau que
lorsqu’elle
est à l’état libre.Seule la valeur
quadratique
moyenne du rayon duLi6
calculé diffère de la valeurexpérimentale.
Laforme
gaussienne
de la fonction d’onde nepeut
rendrecompte
de lalongue portée
de la liaison entreles 2 amas a-d.
Ces
résultats, cependant,
en excellent accord avecd’autres calculs
déjà
effectués[12]
nouspermettent d’espérer
que la fonction d’onde ainsi définie soit suffisamment réaliste pour servir de base à une étude de diffusion.4. La diffusion nucléon-lithium-6. - La
princi-
pale
difficulté résulte du calculexplicite
dupotentiel
788
direct et du
potentiel
non local del’équation
dediffusion
Comme le
Li6
a unspin
total de1,
nous devons consi- dérer deux canaux despins.
Une
méthode,
utilisant lespropriétés
des groupesde
permutations, permet
de calculer l’action des différentsopérateurs d’échange
sur la fonctiond’onde et les
intégrales
despin.
Lesintégrales portant
sur les variables
d’espace
sontregroupées
en classesd’équivalence
en raison despropriétés
desymétrie
de la fonction d’onde
d’espace.
Nous obtenons alors
Vo
et K comme une combi-naison linéaire
d’intégrales portant
sur les variablesd’espaces.
Letraitement, lorsque
trois groupes de nucléonsinteragissent,
est trèscompliqué.
Eneffet,
l’interaction du nucléon incident avec un nucléon du groupe oc,
par exemple, dépend
dudegré d’échange
existant entre le groupe a et le groupe deutéron.
L’évaluation
numérique
de cesintégrales
utilisedes méthodes
exposées
en détail dans la référence[5].
Le
développement
de la solutionF(r)
del’éq. (12)
en ondes
partielles
conduit à un ensembled’équations intégro-différentielles
noncouplées
pourchaque
moment
angulaire
etchaque
valeur despin :
Ces
équations
sont résolues aux différentesénergies
par une méthode aux différences finies.
Le
comportement asymptotique
des solutionsf,,s(r) permet
de déterminer lesdéphasages.
Le calcul des sections efficaces tient
compte
des deux orientations despin possibles :
SLi6
etSN
sontrespectivement
les nombresquantiques
de
spin
pour le’Li
et le nucléon incident.Le traitement de la diffusion
p_6Li
ne diffère de celui den-6Li
que par l’introduction de l’interaction coulombienne. Comme lepotentiel
coulombien aune
longue portée,
onnéglige
les termes non locauxintroduits par
l’antisymétrisation ;
seules intervien-nent les interactions coulombiennes directes entre le
proton
incident et lesprotons
du noyau cible.4.1 RÉSULTATS POUR
p-6Li.
- 4.1.1 Lesdépha-
sages. - Les
déphasages
ont été calculés pour « L » allant de 0 à3,
pour desénergies
n’excédant pas 15 MeV dans lesystème
du centre de masse ; les résultatsapparaissent
dans lafigure
3. Une compa- raison avec desdéphasages
extraits de résultatsexpérimentaux
estpossible jusqu’à
5 MeV.Petitjean,
Brown et
Seyler [13]
ont utilisé des mesures de dis-tributions
angulaires
depolarisation
pour déterminer lescaractéristiques
des niveaux excités du’Be
de7,2
MeV et9,9 MeV ;
ils ont ainsi obtenu les courbes dedéphasages
pour les ondes2S, 4S
et4P.
FIG. 3. - Déphasages obtenus pour p-6Li dans le système du centre de masse. En continu, le canal S = 2 ; en pointillé le
canal S = i.
Une
comparaison
entre nos résultats et les leurapparaît
dans lafigure
4. L’accord entre les résultatsFIG. 4. - Comparaison entre notre résultat (en continu)
et les résultats expérimentaux de Petitjean et coll. [13] pour
p-6Li.
expérimentaux
et ceux obtenus dans notre étudeparaît
correct. Pour L =1,
S =2,
la courbe dedéphasage
passe au milieu des courbes du groupe4P.
Puisque
nous utilisons unpotentiel central,
nous nepouvons
distinguer
les trois états du momentangulaire total ;
nos résultats sont la sommepondérée
destrois contributions
4P5/2, 4P3/2,
@4p 1/2.
Les niveaux
4P5/2
et4P3/2 correspondent
à un étatdu noyau
composé
obtenu par excitation du groupe’He
du’Be.
L’effet du canal3He-4He
estfaible,
car le noyau nepeut
se désexciter dans cettevoie, qu’après
un
changement
despin égal
à l’unité.Le
déphasage
pour l’onde L =1,
S =1/2
tendvers n aux basses
énergies ;
onpeut
lui associer les niveaux lesplus
basdu 7Be, -L -
et3
Les
déphasages
L = 0 décroissent uniformément dans le domained’énergie
considéré. Il faut noter aussi la trèsrapide
décroissance desdéphasages quand
le moment
angulaire augmente puisque
pour L =3,
ledéphasage
n’est que dequelques degrés
à 15 MeV.4.1.2 Les sections
efficaces.
- L’accord des sectionsefficaces calculées avec les résultats
expérimentaux
ne
peut
être quequalitatif.
Le nombre de canauxouverts à toutes les
énergies
estimportant ;
la sectionélastique
nereprésente
que la moitié environ de la section efficaces totale.Parmi les réactions
énergétiquement possibles,
ilfaut citer
La
figure
5présente
deux sections efficaces diffé-rentielles. Les
points expérimentaux
sont ceux deHarrison et Whitehead
[14]
pour uneénergie
incidentede 6 MeV dans le laboratoire.
FIG. 5. - Sections efficace différentielles pour p-6Li dans le système du centre de masse. Les ponts expérimentaux sont
ceux de Harrison et Withehead [14].
La courbe de section efficace différentielle
élastique
passe
toujours
au-dessus despoints expérimentaux,
surtout pour les
grands angles
où le manque d’inter- action despin-orbite
dans les calculs se fait sentir.4.2 RÉSULTATS POUR
n-6Li.
- 4.2.1 Lesdépha-
sages
(Fig. 6).
- Lecomportement
desdéphasages
dans le cas de la diffusion
n-6Li
est semblable à celui desdéphasages
pourp-6Li ;
les niveauxd’énergie
du’Be
se déduisent pour laplupart
de ceux du’Li
paradjonction
del’énergie
coulombienne.E (MeV) FIG. 6. - Déphasages obtenus pour n-6Li dans le système du centre de masse. En continu, le canal S = en pointillé le
canal S = i.
Le
déphasage
pour L =1,
S= 2 présente
doncune résonance très
prononcée
à2,0 MeV,
onpeut
lui associer les niveaux excités duLi’
du groupe4P.
Expérimentalement,
on obtient une résonance à0,22
MeV. Commeplus haut,
cet écarts’explique
par le fait que nos calculs effectués à l’aide d’unpotentiel
central nepermettent
pas dedistinguer
les différentsétats de moment
angulaire
du groupe 4 p.La résonance à
10,1
MeV de l’onde L =0, S = 2
n’a pas
d’équivalent
pourP-6Li
dans le domained’énergie
considérée. Cette résonance met en évi- dence lepremier
des niveaux deparité positive
du’Li
le niveau2S1/2. Ce
niveau estprévisible d’après
le modèle en couches mais n’a pas encore pu être observé
expérimentalement.
Notre étude
permet
de le situer à17,3
MeVd’énergie
d’excitation par
rapport
au niveau fondamental du7 lui.
4.2.2 Les sections
efficaces.
- Comme pourp-6Li,
les sections efficaces calculées restent en moyennesupérieures
à celles déduites del’expérience.
790
FIG. 7. - Section efficace différentielle pour n-6Li dans le
système du centre de masse. Les points expérimentaux sont
ceux de Abbondanno et coll. [15].
La
figure
7présente
une courbe de section efficace différentielle à uneénergie
de12,2
MeV dans le sys- tème du centre de masse ; c’est-à-dire à uneénergie
de
14,2
MeV dans lelaboratoire, énergie
pourlaquelle
on
possède
les résultats de Abbondanno et coll.[15].
5. Conclusion. - Nous avons abordé le calcul
explicite
d’une diffusion d’un nucléon par un noyaucomplexe,
àpartir
d’une interaction nucléon-nucléonphénoménologique
et d’une fonction d’ondecomplè-
tement
antisymétrique.
La
complète antisymétrisation
et le fait de tenircompte
de tous leséchanges possibles
entre nucléonscompliquent
lescalculs,
maispermettent
d’éliminer les états interdits et donc d’introduire defaçon
naturellele
principe
d’exclusion de Pauli dont les effets sont dominants dans l’interactionnucléon-noyau,
auxbasses
énergies.
La méthode utilisée
permet
de décrire defaçon
satisfaisante lesdéphasages
et de situer les niveauxen bon accord avec
l’expérience ;
ceci dansl’approxi-
mation à un canal et dans le cas du noyau très
parti-
culier et aisément déformable
qu’est
leLi6. Aussi,
nous pensons
qu’une
telle voiepermettra
d’aborder l’étudemicroscopique
de réactions nucléairesplus complexes.
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