A NNALES DE LA FACULTÉ DES SCIENCES DE T OULOUSE
L. R AFFY
Quelques propriétés des surfaces harmoniques
Annales de la faculté des sciences de Toulouse 1resérie, tome 9, no2 (1895), p. C1-C44
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C.I
QUELQUES PROPRIÉTÉS
DES
SURFACES HARMONIQUES,
PAR M. L.
RAFFY,
Maître de Conférences à l’École Normale supérieure
et à la Faculté des Sciences de Paris.
rappelle surfaces harmoniques
les surfaces dont l’élément linéaire estréductible à la forme
qui
apermis
à Jacobi de trouver leslignes géodésiques
des surfaces du seconddegré.
Les
résultats
duprésent
travail(t)
sont de naturediverse,
mais segroupent
naturellement ensemble à raisonde
la similitude desprocédés qui
les fournissent. Nous déterminons d’abord les surfacesharmoniques
dont les
lignes d’égale
courbure sontparallèles, puis
cellesqui
sontréglées.
Enfin nous étudions les surfaces pour
lesquelles
leproblème
des cerclesgéodésiques
admet uneintégrale quadratique.
(1) Première Partie de mes Recherches sur les surfaces harmoniques, qui ont obtenu
de l’Académie des Sciences une mention honorable dans le concours pour le prix Bordin (1892). L’auteur, ne devant pas se faire connaître, ne pouvait renvoyer à ses travaux anté- rieurs. La citation en sera faite en note, entre crochets. La deuxième Partie de ces Re- cherches a paru dans le Journal de Mathématiques pures et appliquées (4e série, t. X,
p. 331; 1894), la troisième et dernière dans les Annales de l’École Normale supérieure (3e série, t. XII, p. I45; 1895 ).
CHAPITRE I.
LA MÉTHODE DE L’INTÉGRALE QUADRATIQUE POUR LES ÉLÉMENTS LINÉAIRES DONNÉS SOUS LA FORME DE GAUSS.
1. Nous
prendrons
pourpoint
dedépart
uneproposition
due àM.
Massieu, qui
estcapitale
dans la théorie des surfacesharmoniques
etqui peut
s’énoncer ainsi(’ ) :
’
THÉORÈME FONDAMENTAL. - Pour
qu’une surface
d’élément linéairesoit
harmonique,
ilfaut
et ilsuffit
quel’équation
aux dérivéespartielles
dont
dépend
la détermination de sesgéodésiques,
admette uneintégrale quadratique
dont le
premier
membre n’ait pas defacteur
linéaire E p + ~ q communavec le trinome
Eq2
- 2 F pq + Gp2. Si,
pour une valeur convenable de la constanteS,
laforme
I - Sa est le carré d’unefonction
linéaire dep et de q, la
surface
considérée estapplicable
sur unesurface
de révo-lution.
Cette
proposition fournit,
on levoit,
un moyenthéorique
de reconnaître si un élément linéaire donné est ou n’est pasharmonique.
Eneffet,
la con-dition connue pour que la relation
(3)
soit uneintégrale
del’équation (2)
est que l’on
ait,
pour toutes les valeurs de p et de q,( 1 ) Voir DARBOux, Leçons sur la théorie des surfaces, t. III, p. 30 à 3~.
Le
premier
membre de cetteéquation
est une forme binairecubique
en~p
et q. Onégale
à zéro les coefficients dep3, p2q~, p~2
etq3,
cequi
fournitquatr~e équations
linéaires aux dérivéespartielles
entre les trois fonctionsinconnues
A,
B et C des deux variables u et v et les coefficientsE, F,
G del’élément linéaire. Il reste à reconnaître si ces
équations
admettent ou nondes solutions communes.
Ce
problème présente
degrandes
difficultésquand
l’élément linéaire considérédépend
de fonctions inconnues. C’est cequi
arrivequand,
s’étantdonné seulement la forme
analytique
d’un élémentlinéaire,
on veut dé-terminer les fonctions
qui
y entrent de manière à le rendreharmonique.
Néanmoins on réussit
parfois
parl’emploi
d’unprocédé particulier
queje
vais
indiquer (’ ~.
2. Soit un élément linéaire donné sous la forme de Gauss
l’équation
auxgéodésiques
est iciSoit,
commeplus haut, l’intégrale quadratique
cherchéeFormant le crochet
~~, I ~
dont l’évanouissementexprime
que 1 est uneintégrale
del’équation
d == i, on arrive à l’identitéd’où,
enégalant à zéro
les coefficients desquatre
termes de la formecubique
La dernière de ces
équations
montre que A est unefonction de v
seule-Nous écrirons donc désormais A’ au lieu de
A’v,
et nous mettrons les(1) [L. RAFFY, une classe de surfaces harmoniques (Comptes rendus de l’Académie
des Sciences, t. CXII, p. 424; I89I)].
trois autres
équations
sous la forme suivanteA la dernière
ajoutons
lapremière multipliée
par 2 ; il vientNous avons
donc,
en introduisant une nouvelle fonction inconnue ~,Ainsi, quand
on connaîtra A et ~,, les deux fonctions B et C serontexpli-
citement déterminées. Si l’on
porte
les valeurs(8)
et(g)
de C et de B dansles
équations (5)
et( ~ ),
elles se réduisent l’une et l’autre àQuant
àl’équation (6),
elle se transforme en celle-ciIl suffira donc
qu’on puisse
trouver deuxfonctions,
l’une p.dépendant
de u et
de v,
l’autre Adépendant
seulementde v, qui
vérifient le sys-et (II)
pour quel’équation
auxgéodésiques
.admette une
intégrale quadratique.
La condition est d’ailleurs nécessaire.3. En vue des
applications qui
vontsuivre,
nous écrirons lesystème précédent
d’une manière un peu différente. Divisons les deux membres del’équation (10)
par G etintégrons
parrapport
à u; en introduisant unefonction W de v
seulement,
nous pourrons écrireet il viendra pour
l’équation (I 1 )
Si la fonction G est d’une forme
analytique
tellequ’on puisse
effectuerau moyen de
symboles explicites
les deuxquadratures
dontdépendent
lesdeux dérivées
partielles ~~
et~s,,
on n’auraplus qu’à
poserpour obtenir
l’unique équation
duproblème.
Cetteéquation
necontiendra,
en dehors de la fonction G et de fonctions connues introduites par l’inté-
gration,
que trois fonctions inconnues d’une seule variable v, savoirA,
Wet la fonction
V,
iqui s’ajoute
comme constante au second membre del’équation (11’) intégrée
parrapport
à u. Laquestion
se trouvera ainsisimplifiée, puisqu’on
n’auraplus
à déterminer que des fonctions d’une seule variable. Dans cequi
vasuivre, l’application
de ceprocédé
conduit à lasolution
complète
desquestions proposées.
4.
Remarque
I. -Quand
on sait que la fonction A est constante, onpeut
la supposer nulle. Eneffet, quand
A est constant, on aen même
temps
quel’intégrale quadratique
Il suffit de retrancher ces
équations
membre à membre pour obtenir une nouvelleintégrale
où ne
figure plus
de terme enp~,
cequi justifie
notre assertion.Remarque
II. -Quand
A est constant, s’il en est de même de u, l’inté-grale quadratique disparaît.
Eneffet, puisqu’on peut
faire A = o, leséquations (8)
et(9)
se réduisent actuellement àComme A est nul
aussi, l’intégrale quadratique
cesse d’exister.CHAPITRE II.
LES SURFACES HARMONIQUES A LIGNES D’ÉGALE COURBURE PARALLÈLES.
1. Le
procédé
de calculindiqué
auChapitre précédent
va nous donnerune
proposition importante
pour la théorie des surfacesharmoniques
etqu’il
semble difficile d’établir autrement.THÉORÈME. 2014 Toute
sur f ace harmonique
dont Leslignes d’égale
cour-bure sont
parallèles
estapplicable
sur unesur f ace
de révolution.L’élément linéaire des surfaces dont les
lignes d’égale
courbure u = const.sont
parallèles
est de la forme, et, pour
qu’il
convienne à une surface derévolution,
il faut et il suffit que la courburegéodésique
des courbes u = const. soitindépendante
de p : :c’est-à-dire que la fonction V doit se réduire à une constante. Il
n’y
ad’exception
que si la courbure totale de la surface estinvariable,
cas quenotre
analyse
nous fournira.Or,
pour que l’élément linéairesoit réductible à la forme
harmonique,
il faut et ilsuffit (Chapitre I,
n°3)
qu’on puisse,
en choisissant convenablement les deux fonctions A etW de la seulevariable v,
satisfaire aux deuxéquations
2. Dans le cas
présent,
nous nous donnonson peut alors effectuer la
quadrature indiquée,
et il vientd’où l’on déduit par différentiation
Quant
à la formule(3),
elle devientL’intégration
estimmédiate;
elle introduit une nouvelle fonction in-connue
V
t de v :Nous avons donc la valeur
explicite
ce
qui
nous fournit une nouvelleexpression
de la dérivée secondeLa seule condition d’existence de la fonction auxiliaire ~, et, par
suite,
de
l’intégrale quadratique
est donc l’identité des deuxexpressions (5)
et(6).
On est ainsi conduit àl’équation
indéterminéeTelle est
l’équation qu’il s’agit
de traiter. Il yfigure
quatre fonctionsinconnues
de v,
savoirA, V, W et V,
et une seule fonction U de u. Commecette fonction ne
peut
se réduire à une constante, nous laprendrons
pour nouvelle variable et nous poseronsl’accent
désignant
maintenant la dérivée deU,
parrapport
à U. Onpeut supprimer
le facteurU,
commun à tous les termes, et faire pourabréger Enfin,
effectuons et groupons les termes de manière que chacun d’eux soit leproduit
d’une fonction de v par une fonctionde u;
nous arrivons àcette nouvelle forme de
l’équation proposée
lE. Nous allons prouver que, siJ’on exclut
l’hypothèse
V = const.qui
donne les surfaces à courbure variable
applicables
sur les surfaces derévolution,
cetteéquation (g)
n’admet pas d’autres solutions que cellesqui correspondent
aux surfaces à courbure totale constante. A ceteffet,
cher-chons la forme la
plus générale
de l’élément linéairequi correspond
à une courbure totale constante. On saitqu’avec
l’élémentlinéaire
(i)
la courbure totale a pourexpression
Si dans cette formule nous faisons
nous trouvons par un calcul facile
Nous devons donc
avoir,
en effectuant le secondmembre,
Il suffit de différentier cette relation pour trouver
U~’
= o; c’est-à-dire queU,
f ou U’ est un trinome du seconddegré
en U.Les
surfaces à cour-bure constante sont donc caractérisées par
U’: ==
o ; la fonction V restearbitraire.
Revenons maintenant à
l’équation (g).
On voit immédiatement que,quand
onprend
pourU,
un trinome du seconddegré
enU,
elle se réduit àL, M,
N étant trois fonctions de v. On devradonc,
pour lavérifier,
poserce
qui
fera troiséquations
seulement entre lesquatre
fonctionsV, A’,
Wet
V, .
On pourra donc se donner arbitrairement lapremière
et déterminerles trois autres. A raison des constantes que
l’intégration introduit,
il yaura une infinité
d’intégrales quadratiques;
eneffet,
l’élément linéaire des surfaces à courbure constante est réductible d’une infinité de manières à la formeharmonique.
,4. Il nous reste à prouver que
l’équation (g)
n’admet aucune solutionquand
on supposeV’ ~ o
etU~ ~
o. Pourcela,
nous différentions sonpremier
membre trois fois successivement parrapport
àU,
cequi
donneAfin de
pouvoir
diviser tous les termes par montrons que W doit êtresupposé
différent de zéro. Eneffet, quand
W = o,l’équation (10)
se réduit à
Donc la
parenthèse
estnulle,
ou bien A’ est nul. Pour que la paren- thèse soitnulle,
V n’étant pas constant, il faut supposerU1=
o, cequi
ramène aux surfaces à courbure constante.
D’autre
part, je
dis que A’ n’est pas nul.Car,
si A’ est nul en mêmetemps
queW, l’équation (2)
donnece) =
o ; la dérivée seconde~,~~
est doncnulle
aussi,
en sorte quel’équation (6)
devientce
qui
entraîneV~
= o et,puisque
V’ n’est pasnul, V,
= o. Mais on a vuque A
peut
êtresupposé
nulquand
il est constant. Alorsl’équation (3’)
donne o. Ainsi les deux dérivées de ~, sont
nulles; ~,
se réduit à uneconstante, et il
n’y
aplus d’intégrale quadratique (Chap. I, n° 4). Donc,
en
résumé,
W n’est pas nul.5. Nous pouvons en
conséquence
diviserl’équation (10)
par leproduit WU’;.
Ensuite nouségalerons
à zéro la dérivée seconde de sonpremier
membre
prise
parrapport
à U et à v, cequi
donneraJe vais prouver
qu’on
nepeut
supposer nulle ni la fonction de Uqui figure
au secondmembre,
ni la fonction de vqui figure
aupremier.
Posons en effet
L’équation (i i)
deviendraSi nous supposons
elle se réduit à
ce
qui
montre queQ
est une constante.D’autre
part,
en effectuant les calculs dansl’équation y o)
et divisantpar
WU’~,
on trouverelation
impossible,
car sonpremier
membre est un trinôme du seconddegré
en Uqui
ne peut s’évanouir que si ses trois coefficients sontnuls;
donc d’abord il faudrait
prendre Q
= o ; mais alors le terme en U a pourcoefficient 4
et nepeut disparaître. Ainsi,
on nepeut
pas fairel’hypo-
thèse
On ne peut pas non
plus
supposerQ’=
o.Car,
en vertu del’équation (1 x’),
cettehypothèse
entraîne soit laprécédente, qui
vient d’êtreexclue,
soit
l’hypothèse Q
= o,incompatible
avecl’équation (10’).
6. Les deux fonctions que nous venons de considérer étant différentes de
zéro,
nous pouvons diviser les deux membres del’équation (i 1’)
par leurproduit,
cequi
donneDe là on
déduit,
enintégrant
etdésignant
par a et b deux nouvelles con- stantesarbitraires,
ou encore
Substituons ces valeurs de
Q
et de A’:W dansl’équation (to’);
noustrouvons
Les termes
qui dépendent
de U et ceuxqui dépendent
de V devant sé-parément
être constants, nous poseronsChassant les
dénominateurs,
on aura deuxtrinomes,
l’un enU,
l’autreen
V, qui
devront êtreidentiquement
nuls. Annulant les coefficients de U~et de
V2,
on arrive aux deux conditions contradictoiresAinsi,
les solutions V’ = o et = o sont les seulesqu’adrnette l’équation (()).
Toutes deux ne donnent que des surfacesapplicables
sur des surfaces derévolution, puisque
les surfaces à courbure constante sontapplicables
sur des surfaces de révolution. Notre théorème est donc
complètement
dé-montré.
CHAPITRE III.
LES SURFACES RÉGLÉES HARMONIQUES.
1. Les combinaisons
analytiques
dont nous avons donné leprincipe
auChapitre
1s’appliquent
avec succès à l’élément linéaire des surfacesréglées
et
conduisent,
comme on va levoir,
à laproposition
suivante( ~ ) :
:THÉORÈME. - Si l’on
f ait
abstraction dessurfaces qui
ont même côjaedirecteur que la
sphère,
iln’y
a pas d’autressurfaces réglées
harmo-niques
que cellesqui
sontapplicables
sur leplan,
sur lessurfaces
derévolution ou sur les
surfaces
du seconddegré.
Pour établir ce
théorème,
nous examineronsséparément
les surfacesgauches qui
n’ont pas deplan
directeurtangent
au cercle de l’infini et cellesqui
admettent unpareil plan
directeur.I. - Surfaces n’admettant pas de plan directeur tangent
au cercle de l’infini.
2. Leur élément linéaire
peut toujours
être mis sous la formeen
désignant
par a et k deux fonctions de la seule variable v. La fonction kest essentiellement différente de zéro dans les surfaces
gauches :
c’est leparamètre
de distribution. Nous supposons en outre que les deux dérivées a’ et k’ ne sont pas nulles à lafois;
car alors on aurait des surfacesréglées applicables
sur la surface de révolutionqui
a reçu le nomd’alysséide.
Nous allons déterminer a et k de manière que
l’équation
auxgéodésiques
admette une
intégrale quadratique.
Pourcela,
il faut et il suffit(Chap. l,
n°
3) qu’on puisse
trouver troisfonctions, l’une p dépendant
de u etde v,
les deux autres A et W
dépendant
seulement de v etqui
vérifient les deux (1) [L. RAFFI’, Détermination des surfaces harmoniques réglées ( Comptes rendusde l’Académie des Sciences, t. CX, p. 203; ; ~8go)~. ’
équations
Grâce à la forme
particulière
de la fonctionG,
onpeut,
sans connaîtrea et
k,
effectuer laquadrature
Par
suite, l’équation ( 1 )
devientet donne une
première expression
de la dérivéeD’autre
part, l’équation (2)
devienten
désignant
par des accents les dérivéesprises
parrapport
à v.Intégrons
par
rapport à u,
cequi
introduit une nouvelle fonction arbitraire V de v;nous aurons, en
séparant
les termes de formedifférente,
Les
quadratures indiquées peuvent
s’effectuer et l’on trouve, tous calculsfaits, après
avoirmultiplié
parG,
en
posant
pourabréger
3. Il faut maintenant identifier la dérivée
prise
parrapport
à vavec
l’expression ( 3 ).
A cet
effet,
remarquons que la dérivéeprise
parrapport
à v du second membre del’équation (4)
contient le termequi
n’a pasd’analogue
dans la formule(3).
Il faut donc que l’onait, quel
que soit u,
.
Or,
pour que la fonction linéaire de uqui multiplie
A’ fûtidentiquement nulle,
il faudraithypothèse
exclue. Il reste donc A’ = o, c’est-à-dire que A est une con-stante.
L’équation (3)
se réduit alors à .Mais on a vu
(Chap. I, n"4)
que,quand
la fonction A est constante, onpeut
la supposer nulle. Dans la relation(~t),
faisons doncA = o;
il resteLa différentiation par rapport à v
donne,
entre autres, un terme enarc a pour coefficient
et
qui
doitdisparaître, puisqu’il
n’existe pas dans la formule(3’).
En con-séquence, l’expression
doit être une fonction de u
seulement,
cequi
nepeut
avoirlieu,
en dehorsde
l’hypothèse
exclue oc’ = k’ = o, que si l’on suppose On tire delà,
endésignant
par h une constantearbitraire,
L’équation (4’)
sesimplifie
encoreOn voit
que V
doit être une constante pour que la dérivée ne con- tienne pas de terme en(u - x)~.
Effectuons maintenant la différentiation parrapport
â v du second membre del’équation (4");
le résultat doitêtre,
en vertu des relations
(3’)
et(5), identique
à2 h ( u - rl)
On doitdonc avoir
identiquement
d’où résultent les deux
équations
Il
faut, puisque
a’ estmultiplié par V
dans laseconde, distinguer
deux cas,suivant que V est différent de zéro ou
égal
à zéro.4. . Premier cas. --
Supposons
d’abord la constante V différente de zéro.De
l’équation (7)
on tireet, substituant dans la
précédente,
on trouveTelle est
l’équation
du troisième ordrequi
détermine leparamètre
de dis-tribution ~r.
Nous allons
l’intégrer. Remarquons,
aupréalable,
que la constante A n’est pas nulle. Car si ellel’était,
leséquations (6)
et(7 )
entraîneraient a’ = h’ = o, contrairement à noshypothèses.
Nous pouvons doncdésigner
par
gll2 :
2V la constantequi
s’introduitquand
onintègre
les trois termesde
Fequation (g).
Il vient alorsce
qui
est uneéquation
du second ordre. Pour lasimplifier,
nous poseronsce
qui donne, après quelques réductions,
Multiplions
par la dérivéep’
etintégrons;
soit m la constantearbitraire;
nous aurons
d’où l’on déduit
Telle est la
quadrature elliptique
dontdépendent p
et, parsuite,
son in-verse k.
Quant
à la fonction oc, onpeut
aussil’exprimer
en fonction de p en inté- grantl’équation (8).
On trouve ainsiOn connaît donc les deux fonctions cherchées a et k de la variable c. Si l’on se
rappelle
quel’angle
c~ souslequel
laligne
de striction coupe lesgénératrices
d’une surfaceréglée
est donné par la formuleon voit que la relation
(8)
donneL’équation (II) permet
de calculerexplicitement
le secondmembre;
ontrouve
ainsi,
enremplaçant p
en fonction dek,
Cette formule nous servira
bientôt,
ainsi que la formule(11)?
à établirque les surfaces
réglées qui
viennent d’être trouvées sontapplicables
surl’hyperboloïde.
5. Second cas. - Nous supposons maintenant V = o. Si l’on
fait,
enoutre, h = o, il est clair
qu’on
vérifie leséquations (6)
et(7 ) ;
mais alorsles formules
( 3’ )
et(!~")
donnentet nous avons vu
(Chap. I,
n°4 )
que,quand
A et ~, se réduisent à des constantes,l’intégrale quadratique disparaît.
Il faut donc supposer o, et,supprimant
cefacteur,
on aLa seconde de ces
équations
n’est autre queOn
peut,
sans restreindre lagénéralité, prendre
pour sonintégrale
au lieu
de ) sin( v
-vo ),
endésignant par )
une constante arbitraire. On adonc
1)’autre
part, l’équation (6’) donne,
avec une nouvelle constante y,d’où,
enayant égard
à la formule( I 4 ),
Ainsi se trouvent
complètement
déterminées les deux fonctions a et li dansl’hypothèse
V = o. Il suit de la relation( 5 )
et de la formulerappelée plus
haut que laligne
de striction coupe lesgénératrices
sous unangle
(ùtel que
6. Pour être en droit d’affirmer que les éléments linéaires trouvés dans les deux cas
V ~
o et V = o conviennent bien à des surfacesharmoniques,
il faudrait calculer les coefficients de
l’intégrale quadratique
et discuter lesdeux cas
d’exception prévus
par larègle posée
au début de ce travail.Mais nous allons montrer directement que ces deux éléments linéaires
appartiennent
à desquadriques,
cequi
lèvera toute difficulté.Commençons
par ledernier,
celui que déterminent les formules(14)
et
(i5).
Je disqu’il
existe unparaboloïde
admettant cet élémentlinéaire.
En
effet,
si dans la formuleon introduit la variable
qui représente
la distance dupoint ( u, v)
aupoint central,
il vientDans le cas
présent
nous avonsde sorte que notre élément linéaire
peut
s’écrireOr,
si l’on considère la surface dont les coordonnéesrectangulaires
ontpour
expressions
on trouve aisément que son élément linéaire est
représenté
par la for- mule(18).
D’autrepart,
l’élimination des deuxparamètres
l et v se faitimmédiatement et donne
ce
qui
estl’équation
d’unparaboloïde.
Par là il est démontré tout à la foisque l’élément linéaire obtenu dans
l’hypothèse
V = o estharmonique
etqu’il
ne convientqu’à
des surfacesapplicables
sur desparaboloïdes.
Cetélément linéaire est le suivant
7. Revenons maintenant à l’élément linéaire trouvé en
premier lieu,
dans
l’hypothèse V ~
o, et que nous mettons sous la formeen
posant,
conformément auxéquations
Nous allons prouver que,
quelles
que soient lesconstantes g, m
et n, onpeut toujours
trouver unhyperboloïde
admettant cet élément linéaire.A cet
effet,
nousdonnerons,
mais sans lesdémontrer,
certaines formulesdont on ne saurait se passer
quand
on veut étudierl’hyperboloïde
aupoint
de vue de la théorie des surfaces
réglées.
Soit,
en coordonnéesrectangulaires, l’équation
On
peut
évidemment poseren
faisant,
pourabréger,
Avec ces
notations,
on trouve, pour leparamètre
dedistribution,
et pour l’élément linéaire
On en conclut que la valeur
de u, qui correspond
aupoint central,
estet, si l’on introduit la distance l = u - 03B1
comptée à partir
de cepoint,
l’élé-ment linéaire devient
l’accent
désignant
une dérivéeprise
par rapport à y.Or,
si l’on compareavec la formule
générale
on obtient les deux relations
d’où l’on déduit
8. Pour former la
première
de ceséquations,
il suffit de différentier parrapport à ~ l’expression
donnéeplus
hautet de réintroduire
partout k
à laplace de ? .
On trouve ainsiDe
même,
en effectuant les calculs dontdépend l’expression explicite
de a’ et tenant compte de la valeur de
k,
onélimine 03C6
et l’on trouvePour établir la
proposition annoncée,
iln’y
aplus qu’à
montrerqu’on
peut
identifier à la fois les formules(20)
et(20’)
d’une part, ainsi que lesformules et
(~ g’)
d’autrepart.
Lacomparaison
des deuxpremières
donne
et l’on vérifie aisément que ces trois relations entraînent l’identité des for- mules
(19)
et(i g’ ).
Enconséquence,
on voit que l’élément linéaire obtenu dansl’hypothèse V ~
o convient àl’hyperboloïde
dont les demi-axes sontc
quand
onprend
poura2,
b2 et - c2 les racines del’équation
Notre théorème est donc démontré en ce
qui
concerne les surfacesréglées
sans
plan
directeur tangent au cercle de l’infini.II. - Surfaces admettant un plan directeur tangent
au cercle de l’infini.
9. Leur élément linéaire
peut toujours
être mis sous la formeoù p et q désignent
deux fonctions de la seule variable v. Or lafonction p n’est pas nulle,
sansquoi
la surface seraitdéveloppable.
Nous pouvons doncfaire p
= i. Enfin posons == 2014 ~ et remarquons que la dérivée a’ n’est pasnulle;
car si a était une constante, on aurait l’élément linéaire d’une surface de révolution. Soit donc désormaisNous aurons, en ’conservant
toujours
les mêmesnotations,
Or
l’intégration
donneen sorte
qu’il
vientd’après l’équation ~1)
On déduit de là une
première expression
deCalculons maintenant le second membre de
l’équation ( 2 ) ;
il vientMultiplions chaque
terme par du etintégrons
en faisant usage de la for- mulesoit V la fonction de v
qui
s’introduit comme constante arbitraire.L’équa-
tion
(2)
ainsiintégrée
nous donne10. Si nous différentions par
rapport
nous trouverons entre autresle terme - A’ a’~
( u - x) qui
n’a pasd’analogue
dansl’expression précé-
demment trouvée pour
~,ü~.
Enconséquence,
comme a’ estsupposé
diffé-rent de
zéro,
la dérivée A’ doit êtrenulle,
c’est-à-dire que A est une con-stante.
Cette constante
peut
êtresupposée
nulle(Chap. I,11° 4,
Rem.7).
Alorsla valeur se
simplifie
ainsi que celle de
~ü~, qui
se réduit à W. Comme elle ne contient pas determe
logarithmique,
il fautégaler
à zéro le coefficient du terme enlog(u
-~ ),
trouvé en différentiant parrapport
il v. On adonc, quel
que soit u,
c’est-à dire que le binôme W’u - W’a ne
dépend
pas de v. Comme a nepeut
pas êtresupposé
constant, on conclut de là que W’ est nul. Donc West une constante. Il vient
alors,
encomparant
les deuxexpressions
del’identité
d’où l’on déduit
La constante W ne
peut
êtrenulle,
sansquoi
V serait nulleaussi;
lesdeux dérivées et
s’évanouiraient; l’intégrale quadratique disparaîtrait (Chap. I, n° 4,
Rem.II).
il. Par contre, la constante V
peut
être nulle. D’où deux cas à distin- guer.Supposons
d’abordV ~
o et soit V = W : a. Nous avons, pour déter- miner a,l’équation
qui donne,
endésignant
par vo et b deux constantesarbitraires,
On aura
donc,
en faisant rentrer dans u la constantea(c~~
+a),
cet élé-ment linéaire
Remarquons
que la constante b n’est pasnulle,
sansquoi
nous aurionsl’élément linéaire d’un
paraboloïde
de révolution. Nous pouvons donc faire lechangement
de variablesqui
seraitimpossible
si b était nul. Effectuant lescalculs,
on trouve aisé-ment
ce
qui
est une formedégénérée
de l’élément linéaire desquadriques
rap-portées
à leurslignes
de courbure.Supposons
maintenant V = o ; il vienta."=n,
cequi
permet, sans res- treindre lagénéralité,
deprendre
2 a -v2,
de sorte que l’élément linéaire est, dans ce casparticulier,
Il suffit de faire le
changement
de variablespour trouver par un calcul facile
ce
qui
est encore une formedégénérée
de l’élément linéaire desquadri-
ques. Notre théorème est donc entièrement démontré. Des
quatre
formesque nous avons trouvées pour l’élément linéaire des surfaces
réglées
harmo-niques,
lapremière
convienttoujours
à unhyperboloïde,
les trois dernièresappartiennent toujours
à desparaboloïdes ; mais,
pour les éléments linéaires(21)et(22),
leparaboloïde
nepeut
êtreréel, puisqu’il
admet unplan
di-recteur, et un
seul, tangent
au cercle de l’infini.Remarque.
-L’analyse
parlaquelle
nous avons obtenu tous les élé-ments linéaires des surfaces
réglées harmoniques
montre quel’intégrale quadratique
del’équation
auxgéodésiques
est, pour cessurfaces, unique
etparfaitement
déterminée. Il suit de là que ces éléments linéaires ne sont réductibles qued’une
seule manière à la formeharmonique.
Nous avonsdonc démontré que toutes les
quadriques
sontsimplement harmoniques,
abstraction faite bien entendu de la
sphère,
que nous avons écartée dès le début.CHAPITRE IV.
LES CERCLES
GÉODÉSIQUES
ET LES SURFACES HARMONIQUES.1. Les surfaces
applicables
sur les surfaces de révolution sont lesseules,
à ma connaissance du
moins,
dont on ait déterminécomplètement
lescercles
géodésiques.
M. Darboux(’ ), après
avoir étendu aux cerclesgéo- désiques
la méthode de recherche deslignes géodésiques qui procède
duthéorème de
Jacobi,
a déterminé par deuxquadratures
les cerclesgéodé- siques
des surfaces de révolution. Nous nous proposons d’étudier ici lesintégrales
linéaires etquadratiques
del’équation
aux cerclesgéodésiques.
A cet
effet,
nousrappellerons
larègle posée
par M. Darboux.Pour chercher sur les
surfaces
d’élément linéaireles courbes dont la cour~bure
géodésique
est donnée etégale
àk,
ondéter°mine deux
fonctions
M etN assujetties
àl’unique
conditionet l’on
forme l’équation
aux dérivéespartielles
Si l’on en
peut
trouver uneintégrale
8qui dépende,
ainsi que l’une au moins de ses dérivées p et q, d’une constante arbitraire a,l’équation finie
des courbes cherchées s’obtient enégalant
à une nouvelle constantearbitraire la dérivée de 8 par
rapport
à a. .On est donc conduit à chercher s’il existe des
intégrales
( 1) Leçons sur la théorie des surfaces, t. III; Livre IV, Chap. VII.
compatibles
avec V = l, c’est-à-dire telles que le crochetsoit nul en vertu de la seule
hypothèse
V - i = o. C’estfaire,
pour les cerclesgéodésiques,
ce que M. Massieu a fait pour leslignes géodésiques.
Mais ici
l’expression
V n’étant pashomogène
en p et q, on nepeut plus,
comme dans le
problème
de M.Massieu,
supposerhomogènes
les inté-grales 1,
cequi simplifiait
considérablement les calculs.I. - Intégrales linéaires.
2. Du résultat obtenu par M. Darboux on déduit aisément que, pour les surfaces
applicables
sur les surfaces derévolution, l’équation
aux cerclesgéodésiques
admet
l’intégrale
linéaireNous allons voir que la
réciproque
de cetteproposition
est vraie.Suppo-
sons, en
effet,
quel’équation
aux cerclesgéodésiques
admette uneintégrale
linéaire
où
A,
B et C sont des fonctions encore inconnues de x et y.Écrivons
quele crochet
[V, I]
est nul en vertu de V -- i = o. Comme c’est une fonctionquadratique
de p etde q,
on devraavoir, quels
que soient p et q,en
désignant
par p une fonction convenablement choisie de x et y. Le calcul effectué conduit à l’identitéOn voit que le
premier
membre ne doit contenir ni terme enp2
ni termeen
q2.
Donc on aD’après cela,
onpeut,
sans restreindre lagénéralité, prendre
On n’exclut ainsi que
l’hypothèse
où l’une des fonctions A et B seraitnulle.
Or,
en supposant, parexemple,
B = o avec A = I, on est conduitaux relations d’identification
d’où l’on conclut
’~x = o.
Les surfacescorrespond.antes
sontdéveloppables.
Soit donc désormais A = B === 1. La
comparaison
des termes en pq dansles deux membres donne .
et l’identité à vérifier se réduit à
d’où les trois relations
Or,
en vertu des deuxpremières,
la dernière devient~~,
+~00FF.
- o. Il enrésulte
que À
est une fonction de x - yseulement;
d’où la conclusionannoncée : :
Les seules
surfaces
pourlesquelles l’équation
aux cerclesgéodésiques
admette une
intégrale
linéaire sont lessur faces applicables
sur les sur-faces
de révolution.M. Massieu a démontré la même
propriété
relativement aux6
géodésiques.
On voit que son théorème peut êtregénéralisé
et étendu auxcercles
géodésiques.
3. Pour