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Submitted on 1 Jan 1993
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Conclusions
D. Vermersch, B. Schmitt, P. Le Neindre
To cite this version:
Conclusions
La version actuelle de la réforme de la PAC soulève de nombreux
problèmes,
notamment :-
une incertitude quant à la
régulation
escomptée
de l’offrecéréalière ;
- un volet environnemental de la réforme
contestable : le nouveau
système
deprix
etd’aides
gèle
l’intensification desproductions
à son niveau actuel sans pour autant favoriser l’extensification. Cette dernièresouffre,
du moins enFrance,
d’une absence despécifica-tions de ses
avantages
comparatifs ;
- le soutiensemi-découplé
(à l’hectare ou àla tête de
bétail)
s’apparente parfois
à unerente de situation
préjudiciable
à terme àl’ob-tention de nouveaux
gains
deproductivité
etfavorisant la
poursuite
de l’éviction du travail. Le manque de cohérence de laréforme,
par-ticulièrement
tangible
pour cequi
concerne lesproductions animales, complique
la mise enplace
des nouvelles orientations de recherchesà
entreprendre
surl’élevage.
Néanmoins,
cer-taines de ces orientationspeuvent
être avan-cées si l’on admet que la viabilité future desexploitations agricoles
sera fondée pour l’es-sentiel sur deuximpératifs :
- une efficacité
technico-économique
propreincluant,
selon les cas, uneaugmentation
de laproductivité
partravailleur,
une maîtrise des coûts à volume deproduits fixé, ...
- une efficacité
"environnementale",
motivée par les nouveaux et futurs soutienspublics
àl’agriculture
dans cedomaine,
dépassant
laseule fonction
productive agricole
etcontri-buant au
développement
durable de l’économieglobale.
L’évolution des différentes
exploitations
devrait être fortementdépendante
de leurscaractéristiques
initiales. Dans la mêmerégion,
des orientationstechniques
etécono-miques
très différentespourraient apparaître,
ce
qui
conduira à une diversification trèsimportante
destypes d’exploitations.
La seule introduction d’une
prime
et sesmodalités
d’application peuvent
êtredétermi-nantes. Ainsi par
exemple,
lescaractéristiques
de la
prime
à l’herbe(montant, plafonnement
des surfaces et pourcentage maximum desur-face en culture dans une
exploitation
pour quel’exploitation puisse
enbénéficier)
peuventdéterminer en
grande partie
l’orientationplus
extensive des
exploitations.
Sans cetteprime
àl’herbe,
etcompte
tenu des autresprimes,
enparticulier
de celle au maïsfourrage,
leséle-veurs auraient intérêt à intensifier leurs
pro-ductions.
Les
productions animales,
du moins celles desruminants,
sont d’excellentes candidates àl’utilisation extensive des surfaces. De
plus,
laproduction
de viande bovine estparticulière-ment
dépendante
du nouveaudispositif
deprimes
mis enplace.
De cefait,
le dossier a été consacrépresqu’exclusivement
à cetteproduc-tion. La
production
ovine a été très peuabor-dée car les
conséquences
directes de la PACparaissent plus
faibles et elles ne devraientpas modifier les tendances actuelles même si
elles sont très peu favorables. De la même
façon
lesconséquences
de la PAC sur lespro-ductions
porcines
et sur les volailles n’ont étéque très sommairement
évoquées, malgré
leurimportance
sur les autres.Deux scénarios
généraux possibles
se sontdégagés qui
conduisent tous les deux à uneextensification de l’utilisation de tout ou
partie
des surfaces :
- la
production
intensive est favorisée. Dansce cas, les
régions
àproductions extensives,
telles que les zones de
montagne,
sont trèsdésavantagées
et un nouveléquilibre
devrait êtretrouvé,
probablement
en abandonnantune
partie
des terres à lafriche,
voire auboise-ment, et en
développant
destechniques
depro-duction très extensives dans ces zones. -
une certaine désintensification est
intéres-sante financièrement et les
exploitations
del’ensemble des
régions françaises s’engagent
dans cette voie. Lesexploitations déjà
peu intensifiées se maintiennent en l’état ou accen-tuentplus
ou moins l’utilisation extensive de leur terre.Effets indirects
générés
parla
production
animale
Jusqu’alors
seuls lesproduits
directement commercialisables(lait, viande, cuir, laine,....)
étaient
pris
encompte
pour l’élaboration du revenu des éleveurs.Il
paraît
désormais nécessaire de tenircompte d’éléments
supplémentaires
définiscomme des
"externalités",
autrement dit des effets indirects de l’activitéproductive agricole
n’agissant
pas par l’intermédiaire dusystème
des
prix.
Celles-cipeuvent
êtrenégatives
comme lespollutions
del’eau,
lesodeurs,
lesbruits,
le mal-être desanimaux,
... ouposi-tives,
comme le maintien du paysage, lapro-tection contre le
feu,
.... Les utilisateurs nepayent
pas ces ressources et lesproducteurs
neperçoivent
pas decompensations :
la ressource a tendance àdisparaître.
Toutes les
productions
animales sontconcernées par ce
problème depuis
lesplus
intensives,
telles que lesproductions
hors-solde porc, de volaille et de veau de boucherie
pour
lesquelles
il faut d’abord réduire lesexternalités
négatives, jusqu’aux extensives,
telles que les femelles allaitantes desespèces
bovine,
ovine etéquine qui peuvent
participer
au maintien de
l’espace
rural. Ces externalitésdevraient être
définies,
quantifiées
et la valeurque la société peut leur attribuer estimée afin
d’en faire bénéficier les
agriculteurs
sur des basesobjectives.
Les conditions
d’élevage
minimisant lesexternalités
négatives
et maximisant lesposi-tives sont à rechercher. Celles-ci passent au moins en
partie
-1 par une certaineextensifica-tion, qui
nepeut
être rendue rentable que par la diminution desintrants,
cequi
nepourrait
querépondre
au souhait d’uneagriculture
&dquo;biolo-gique&dquo;ou
&dquo;durable&dquo; -2 par de nouvelles formesd’associations
cultures-élevage,
que ce soit au niveau del’exploitation
ou au niveau d’un bas-sin deproduction.
Deplus,
des types spécifiques deproduction
sont à étudier dans ce cadre telsque les boeufs
âgés,
l’aviculture en conditions moins concentrationnaires ou les porcs enéle-vage
extensif (porcs
élevés enplein
air).La rentabilité des
élevages
passera à termeégalement
par uneaugmentation
de laproduc-tivité des éleveurs et donc de la taille des
trou-peaux. Cette
augmentation
pose desproblèmes
spécifiques
degestion
des animaux tant enproduction
intensivequ’extensive,
notamment parce que :- les
risques
sanitairesaugmentent
lorsque
la taille des troupeaux croît. Lesstratégies
sanitaires doivent être modifiées en
privilé-giant
ledépistage
par la recherche deprédic-teurs et les traitements
préventifs ;
- la diminution des contacts
avec les
humains modifie la réaction des animaux lors
des
manipulations,
cequi risque
de devenir unfacteur de mal-être aussi bien pour l’homme
que pour
l’animal ;
L’élevage
dans les conditions de milieux dif-ficiles suppose uneadaptation spécifique
des animaux à ces conditions. Celles-ciportent
sur demultiples
aspects :
résistance auxparasites,
capacité
à utiliser des ressources alimentairesvariées,
résistance aux conditionsclimatiques
rigoureuses.
Dans cesconditions,
les animauxdoivent,
tout enproduisant,
restermanipu-lables et
aptes
àexploiter
différents milieux etdonc flexibles. La sélection d’animaux