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Submitted on 1 Jan 1992
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Introgression génique assistée par marqueurs
F. Hospital, J-M. Elsen
To cite this version:
F. HOSPITAL J-M. ELSEN
INRA Laboratoire de
Génétique
cellulaire BP 27 31326 Castanet-Tolosan Cedex*/A!*A S’!a!oK d’A77te/:ora!:OK
!e!e!q’Me
des*INRA Station d Amélioration génétique des
animaux BP 27 31326 Castanet-Tolosan Cedex
Apports
actuels
et
futurs des
marqueurs
génétiques
dans
l’amélioration
des
populations
animales
Introgression génique
assistée
par marqueurs
L’introgression génique
consiste à inclure dans legénome
d’une race sélectionnéeA,
un et un seulgène
favorable,
G,
d’une race B par ailleurs moinsproduc-tive. Ceci s’effectue
classiquement
par unpremier
croisement
AxB,
suivi d’une série de croisements enretour
(Backcross),
des descendantsportant
legène
G,
par la race A. Tous ces descendants sont parconstruction
hétérozygotes Gg
(nous supposons poursimplifier qu’il
y a un seul allèle de G dans la race A :g). L’introgression
s’achève si besoin par unaccouple-ment entre animaux
Gg
de la race A(intercross),
afinde
produire
deshomozygotes
GG de "racepure"
A. L’utilisation de marqueurspeut
améliorer ce pro-cessus de deuxfaçons :
- dans
une
première étape,
pour trier les animauxselon leur
génotype
au locusmajeur,
c’est-à-direchoi-sir des
reproducteurs
porteurs
de G.- dans
une deuxième
étape,
pourtrier,
parmi
lesreproducteurs
porteurs
deG,
ceuxqui
sont lesplus
proches
du"type génétique"
A.Le processus
d’introgression
sera amélioré si lerésultat final (obtention d’un effectif minimal
d’ani-maux GG
possédant
unpourcentage
maximum degènes
de la race A) est obtenuplus
vite et/ou àmoindre coût.
1
/
Utilisation des
marqueurs pour
trier
surle
génotype majeur
A
chaque génération,
on choisit desreproducteurs
porteurs
de G.Si,
pour des raisons decoût,
le nombre dereproducteurs
doit êtrelimité,
on choisira enprio-rité le sexe le
plus
efficace pour lareproduction,
c’est-à-dire les mâles. Dans le cas où le
génotype
desani-maux est visible sans erreur dès la naissance sur les
mâles comme les
femelles,
il est inutile de faireappel
à un marqueur. Dans tous les autres cas, l’utilisation
d’un marqueur améliore
potentiellement
l’introgres-sion.
Caractère mesuré sur un seul sexe
(exemple :
le taux d’ovulation
qui
n’est mesurable que chez lesfemelles). En l’absence de marqueur, deux solutions sont
envisagées :
- n’utiliser dans les croisements en
retour que les
femelles
porteuses
deG,
cequi
est peu efficace dansles
espèces
où les femelles ont une faiblecapacité
dereproduction.
- tester sur descendance des
mâles,
enaccouplant
des candidats à des
conjointes
gg et en observantleurs filles. Pour le croisement
final,
et la constitutionde la souche
homozygote GG,
cetestage
estobligatoi-re. Il
présente
deux inconvénients : ilaugmente
lesbesoins en animaux
puisque
desreproducteurs
inutiles (se révélant
gg)
sontutilisés,
etpeut
multi-plier
par deux la durée du processuspuisque,
pourchaque génération
demâles,
il faut d’abordproduire
une
génération
detestage,
puis
unegénération
decroisement en retour. Ce délai sera toutefois annulé
s’il est
possible,
par les mêmesaccouplements
ou enparallèle,
de tester les mâles et deproduire
lagénéra-tion suivante
d’introgression.
Caractère mesuré tardivement dans la vie de l’animal
(exemple :
la finesse de la laine). Enl’absen-ce de marqueur, aucun choix n’est
possible
avant quele caractère ne soit visible. Il faut donc
entretenir,
jusqu’à
leur mesure, des animaux inutiles. En outre,si cette
expression n’apparaît
quelongtemps après
lapuberté,
ceciallonge
les intervalles degénération.
Il estmalgré
toutenvisageable
de mettre à lareproduc-tion les
jeunes,
mais seule la moitié desaccouple-ments (le
quart
pour le croisement final) seront utiles.Caractère nécessitant la destruction de l’ani-mal
(exemple :
laqualité
de la viande). Si la mesurepeut
se faire chezl’adulte,
il seraenvisageable
demettre des candidats à la
reproduction puis,
aposte-riori,
d’éliminer la descendance des nonporteurs.
Cette solution se traduira comme
précédemment
parla
procréation
de nombreux animaux inutiles. Dans lecas où la
congélation
degamètes,
enparticulier
desspermatozoïdes,
estpossible,
lesaccouplements
pour-ront attendre les informations sur legénotype
aulocus
majeur
et le coût del’impossibilité
de mesurerles
génotypes
à la naissance serauniquement
l’entre-tien de futurs
reproducteurs
inutilesjusqu’à
lacongé-lation de leur
gamètes.
Si la mesure doit se faire chezle
jeune
(c’est le cas de laplupart
des caractèresbou-chers),
seul letestage
sur descendancepermet
actuel-lement de résoudre le
problème -
la fabrication devrais
jumeaux
étant une solutionenvisageable
dansl’avenir. Ceci se traduira par un éventuel
allonge-ment du processus (à
moins,
commeplus haut,
ded’introgression)
et surtout par uneaugmentation
considérable des effectifs
impliqués :
si le caractères’exprime
sans erreur declassification,
il faut 5des-cendants par
reproducteur
pour connaître songénoty-pe propre avec une
probabilité
d’erreur de 5%.Gène
majeur
avecpénétrance incomplète
(exemple :
la conformation). Legénotype
des candi-dats n’est pas connu defaçon
certaine. Il estpossible
d’améliorer laprécision
dutypage
en considérantl’ensemble des informations sur les
apparentés,
maiscette amélioration ne sera substantielle que
lorsque
les informations sur la descendance seront
dispo-nibles,
cequi
revient àprévoir
untestage
surdescen-dance, donc,
encore une fois àallonger
les délais etaugmenter
la taille de lapopulation
expérimentale.
Dans la
plupart
des cas, des erreurs de classificationseront commises et devront être
rattrapées,
aposte-riori,
en éliminant des descendances entières.En
conclusion,
lesquatre
situationsqui
viennentd’être décrites se
traduisent,
parrapport
au casidéal,
par au moins un des inconvénients suivants :
- entretien d’un effectif accru
d’animaux,
desindi-vidus gg (inutiles) étant conservés
jusqu’à
la mesure ou la confirmation de leurgénotype.
-
allongement
des intervalles degénérations,
soitpour obtenir
plusieurs reproducteurs
parfemelle,
soit pour tester lesreproducteurs
sur descendance.La connaissance d’un marqueur M du locus G remé-die à ces inconvénients (voir par
exemple
Soller et Plotkin-Hazan 1977). Une situation idéale serait celleoù les
reproducteurs
B dedépart
sont tousporteurs
d’allèles marqueurs inexistants dans la race A. Enl’absence de
recombinaison,
il suffirait de choisircomme
reproducteurs
àchaque génération
lespor-teurs de ces
allèles,
le choix final des individus GG sefaisant
parmi
lesporteurs
de deux allèles de la raceB. Par
rapport
à cette situationidéale,
deuxphéno-mènes non
indépendants
peuvent
limiter l’intérêt desmarqueurs : un
équilibre
de liaisonpartiel
entre M etG,
et lapossibilité
de recombinaison entre les deux locus.Equilibre
de liaisonpartiel. Supposons qu’il n’y
ait que deux allèles en
M,
Ml etM2,
que lesfonda-teurs de
l’introgression
(les animaux GG de la race B)soient tous M1M1 et que les deux allèles soient
pré-sents dans la race A. Un
reproducteur
MlG/M2g,
dephase
connue,peut
donc êtreaccouplé
à desconjoints
de la race A degénotype Mlg/Mlg, Mlg/M2g
ouM2g/M2g.
Lesaccouplements
avec leshétérozygotes
M1M2 donneront des descendants dont le
génotype
en G ne pourra se déduire de celui en M dans la
moi-tié des cas. Par
ailleurs,
les descendantsM1G/M1g
desaccouplements
avec lesconjoints
M1M1 ne sontpas doubles
hétérozygotes
et le marqueur sera ineffi-cace pourtyper
leur propre descendance. Il faut doncse restreindre à utiliser des
conjoints
M2M2,
cequi
impose
d’unepart
la mesure de tous lesgénotypes
enM des candidats
conjoints,
d’autrepart
une sélectiontrès réduite de ces candidats sur d’autres critères
zoo-techniques
que leurgénotype
en M. L’utilisation demarqueurs très
polymorphes
réduira cet inconvénienten
augmentant
laproportion
deconjoints
utilisables.Recombinaison
possible.
Si M et G ne sont pasparfaitement liés,
des erreurs seront commises dansl’interprétation
desgénotypes.
Dans ce cas,l’utilisa-tion d’un marqueur doit être conçue comme une
pré-sélection des
reproducteurs,
le choix définitif étantétabli
après
l’observation desphénotypes
pour lecaractère
quantitatif
gouverné
par le locus G. Selonla distance entre M et
G,
cetteprésélection
pourraêtre
plus
ou moins intense,l’organisation
concrète del’introgression
devant être raisonnée au cas par cas.A
l’avenir,
il faudradévelopper
des critèresstatis-tiques
de tri des animaux incluant l’ensemble des informations sur lesperformances quantitatives
et sur legénotype
en M des animaux et de leursappa-rentés. Une
piste
évidente est leprolongement
des méthodes de maximum de vraisemblance actuelle-ment utilisées pour typer lesreproducteurs
dans desintrogressions
sans marqueurs.Enfin,
rappelons
quel’utilisation de deux marqueurs encadrant le locus
majeur
avec despourcentages
de recombinaison rl etr2, augmente
considérablement lapuissance
de latechnique,
laprobabilité
d’erreur n’étantplus
que derlr2 dans ce cas.
2
/
Utilisation des
marqueurs pour
augmenter
le
taux
de
génome
receveurchez les
porteurs
de
g
Achaque génération,
une fois les descendantspor-teurs de G
sélectionnés,
onpeut
laisser le restant dugénome
évoluer auhasard,
ou sélectionner lesdes-cendants sur des critères
phénotypiques
caractéris-tiques
de A (méthodesclassiques).
Onpeut
aussipen-ser à sélectionner les descendants sur des marqueurs
génomiques caractéristiques
de A : c’est lepoint
quenous allons
développer.
D’unpoint
de vuethéorique,
ce casparticulier
de sélection assistée par marqueurspeut
être étudié directement en terme decomposition
génomique
desdescendants,
sansqu’il
soit besoin defaire des
hypothèses
sur le passage dugénotype
auphénotype qui
pose de grosproblèmes
dans les autrescas. On
peut
donc penser que lesprédictions
obtenuesdans ce cas seront
plus
fiables. Les résultats suivantssont tirés de
Hospital
et al (1992).Il est évident
qu’une
sélectionportant
sur desmar-queurs moléculaires bien identifiés
permettra
rapide-ment
d’augmenter
lafréquence
de ces marqueursdans la
population,
encorequ’une
fixationcomplète
de nombreux marqueurs en une
génération
soitimpossible
(voirplus
loin). Maisau-delà,
tout legéno-me ne
pouvant
êtremarqué,
ils’agit
surtout de savoircomment une sélection sur des marqueurs
permettra
d’entraîner les
parties
nonmarquées
dugénome,
enfonction de leur
pourcentage
de recombinaison avecles marqueurs. Deux cas sont à
distinguer :
- les
parties
dugénome
non liées augène
intro-gressé
G (&dquo;chromosomes nonporteurs&dquo;),
où seul lephénomène précédent
sera à considérer(figure
1).- les
parties
dugénome
liées augène
G (&dquo;chromo-someporteur&dquo;),
où la sélection de descendantspor-tant tous le
gène
G crée un entraînement fort degénome
detype
&dquo;B&dquo; autour dugène.
Techniquement,
des résultatsanalytiques
nepeuvent
être obtenus que pour une seule
génération
desélec-tion. Pour
plusieurs générations,
il faudra avoirrecours aux simulations.
Evolution aléatoire sans sélection. En croisant
à
chaque
génération
les descendants par la race&dquo;A&dquo;,
onaugmente
le taux degènes d’origine
&dquo;A&dquo; dans leurgénome,
même sans sélection. Les taux attendus enDensité des marqueurs. Avec L marqueurs
indé-pendants,
laprobabilité
(1/2)’ que tous les marqueursse trouvent dans un même
gamète
devientrapide-ment
négligeable
avec L. Si l’on tient compte desrecombinaisons dans un
génome
réaliste,
lafigure
2montre
qu’à partir
d’un certain seuildépendant
de lalongueur
dugénome,
augmenter la densité desmar-queurs
n’augmente
pas laréponse
à la sélection. Pour des densités moyennes, des marqueursrépartis
uni-formément sur legénome
fournissent de meilleursrésultats que des marqueurs
répartis
au hasard.On voit donc que la marge de manoeuvre
dispo-nible pour la sélection est limitée à la fois
extrinsè-quement par l’évolution
déjà rapide
de lacomposition
dugénome
sanssélection,
etintrinsèquement
par l’efficacité même des marqueurs. Deplus,
les événe-ments de recombinaison s’accumulant au cours dutemps,
la sélection est d’autantplus
efficacequ’elle
estpratiquée plus
tard,
lorsqu’il
ne reste que peu àgagner, comme le montre la
figure
3qui présente
l’évolution de la
réponse
à la sélection sur lechromo-some porteur. D’un
point
de vue purementmathéma-tique
etabstrait,
pour obtenir des descendants conte-nant 100 % degènes
&dquo;A&dquo; à partG,
il vaudrait mieuxsélectionner le
plus
tardpossible,
autrement dit pas du tout ! Dans lapratique,
onpeut
se fixer un taux degénome
&dquo;A&dquo; à atteindre etespérer
l’obtenirplus
rapi-dement en
pratiquant
une sélection sur lesmar-queurs. Le tableau 1 montre que l’effort de sélection doit porter en
priorité
sur le chromosome porteur, surlequel
le taux de &dquo;A&dquo; sans sélection est leplus
bas.Sélection sur le chromosome
porteur
seul. Lafigure
4présente
laréponse
à la sélection sur lechro-mosome porteur. La sélection retient une
proportion
de la
population
(valeurs entreparenthèses)
etporte
sur deux marqueurs
flanquant
G à une distance dfigurée
en abscisse. Cettefigure
montrequ’il
y ainteraction entre le taux de sélection
pratiqué,
et ladistance (ou le
pourcentage
de recombinaison) entreG et les marqueurs. Autrement
dit,
il n’est pastou-jours plus
efficace de sélectionner fortement sur desmarqueurs
proches
dugène
comme cela sepratique
couramment. Il faut
plutôt :
- si
une intensité de sélection maximale est fixée
expérimentales,
choisir de sélectionner sur desmar-queurs
apportant
uneréponse
optimale
pour cette intensité donnée.-
ou, si le choix du
couple
de marqueurs est limité par l’avancement de la cartegénique
del’espèce,
choi-sir le taux de sélectionoptimal
dans ce cas.Dans le cas favorable où une carte assez
complète
estdisponible,
et où l’intensité de sélection n’est paslimi-tée,
cettefigure
montre aussiqu’il
vaut mieuxsélec-tionner dans les
premières générations
pour desmar-queurs assez distants du
gène
G,
et seulement dans lesgénérations
suivantes pour des marqueursproches.
Dans tous les cas, ceci met en évidencel’intérêt des marqueurs
distaux,
et par là-même d’une cartecomplète.
Sélection sur chromosomes non
porteurs.
A
chaque génération,
unepremière
sélection ayantété
pratiquée
sur le chromosomeporteur,
il estpos-sible d’en
pratiquer
une deuxième visant àaugmen-ter le taux de
gènes
d’origine
&dquo;A&dquo; sur les chromo-somes nonporteurs. Néanmoins,
l’intensité desélec-tion
disponible
pour cette seconde sélectiondépend
dela
position
des marqueurs et du taux de sélectionchoisi dans la
première étape.
Ceci estreprésenté
figure
5 :lorsque
le taux de sélection lu en abscisse estappliqué
sur le chromosomeporteur
au niveau de2 marqueurs
flanquant
G à une distanced,
lafigure
donne à la fois la
réponse
obtenue sur le chromosomeporteur
(pointillés)
et l’intensité de sélection résiduel-ledisponible
pour une deuxièmeétape
de sélectionsur les autres chromosomes (trait continu). Cette
der-nière varie selon que le nombre final d’individus
rete-nus
après
la deuxièmeétape
de sélection estinfé-rieur,
supérieur
ouégal
au nombre de recombinantsentre G et un marqueur sur le chromosome
porteur.
Par
exemple,
si le nombre des individus retenus estégal
au nombre de recombinants sur le chromosomeporteur,
les chromosomes non porteurs sont choisisau
hasard,
et l’intensité de sélection sur ces derniersest nulle.
Conclusion
Les marqueurs sont efficaces pour accélérer les programmes
d’introgression génique.
D’unepart,
desmarqueurs
proches
dugène introgressé
permettent
une économie de
temps
et de moyens,qui
peut
êtreconsidérable,
pour la détermination des individusporteurs
dugène.
D’autrepart,
des marqueursrépar-tis sur l’ensemble du
génome
permettent
de diminuerplus rapidement
le taux degénome
donneur chez les individusporteurs
dugène
introgressé.
Dans ceder-nier cas, l’efficacité de la sélection sur marqueurs est
inférieure à celle
prédite
par Hillel et al(1990),
mais néanmoinsconséquente :
4générations
de sélection suffisent pour obtenir uneréponse correspondant
à 6générations
sans sélection(figure
2). Dans tous lescas, une carte
génétique complète
et des marqueurs bienrépartis
sontpréférables.
Références
bibliographiques
Hillel J., Schaap T., Haberfeld A., Jeffreys A. J., Plotzky Y.,
Cahaner A., Lavi U., 1990 DNA fingerprint
applied
to gene introgression breeding programs. Genetics 124: 783-789. Hospital F., Chevalet C., Mulsant P., 1992 Using markers ingene introgression breeding programs. Genetics : sous
presse.