Thesis
Reference
Irritation chimique de diverses substances sur le nerf moteur et sur le muscle
NICOD, Rodolphe-A.
NICOD, Rodolphe-A. Irritation chimique de diverses substances sur le nerf moteur et sur le muscle . Thèse de doctorat : Univ. Genève, 1895
DOI : 10.13097/archive-ouverte/unige:27121
Available at:
http://archive-ouverte.unige.ch/unige:27121
Disclaimer: layout of this document may differ from the published version.
1 / 1
,
~c
f .
'
LABORATOIRE DE PHYSIOLOGIE
A GENÈVE
~·~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
IRRITATION CHIMIQUE
DE DIVERSES SUBSTANCES SUR LE
I
~'D~ 'J1ifM'I!?ml"fl'liJ~ ~~ ~'I'~Trl~J 'tf ~ \ITrT~rrtl~ .,~~a~ M~~~~a ~i Q~a ~~ •~Q~~~
PAR
Rodolphe.-~A.
NICOD
Médecin diplômé d~ la Conf'édération suisse
Ancien assistant au labomtoire de physiologie de l' Université Ancien assistant à la cliniq1te privée du Dr Wyss
Médecin-assistant à la clinique chirurgicale de la Faculté de médecine de Genève
T HESJ1J '
PRÉSEÏ\TÉE A LA FACuLTÉ DE MÉDEClNE DE GENÈVE pour obtenir le grade de Docteur
TRAVAIL COURONNÉ
par l'Université de Genève
g~ix Ô'e -!a. ~a.cw.Üé êle 111-éêlec·Ï.n·e. - 8oncou~~ 1 893
ROMONT
IMPHIMERIE 1!'. AYER-DEMlERRE
1R95
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
UOJ-109JfV
,p
!JDVUÔJ,OU1tfJ1 azqJVj[
[f[1J{f{N VW
V
j j j j j j j
·j
j j j
j j j j j j j j
j j j j j j j j j
j j j . j
j j j j j
j j j
A V ANT -PROPOS
L'excitabilité 1nusculaire est une de ces ques- tions cardinales de la Physiologie qui, depuis le grand Haller jusqu'à nos jours, a déjà fait cou- ler des tl ots d'en cre sans pouvoir n1ettre d'accord, d'une façon définitive, to"!.:ls les savants qui s'en sont occupés. Kühne et Hering ont fait paraître, à ce sujet, des travaux ünportants.
La forn1e caractéristique de la courbe o bte- nue au 1nyographe par l'irritation du 1nuscle seul, a déjà attiré l'attention du Prof. Schiff qui l'a décrite sous le no1n de contraction idz:o- rnusculaire.
Cette contraction idio-1nusculaire est lente à se produire, de longue durée et lente à dispa- raître. On peut lui superposer, pendant son ascension, des secousses névro-1nusculaires, par irritation électrique du nerf: c'est ce que nous avons fait et ce dont nous pourrons nous rendre con1pte à l' exa1nen des expériences faites avec l'acide sarcolactique.
Cette forme spéciale de réaction des fibres
musculaires qui vient s'ajouter ainsi parfois aux
contractions brèves produites par le nerf, trou- vera probablement des applications importan- tes dans la pathologie humaine, notamment, co1nme nous croyons l'entrevoir, pour l' explica- tion de la contracture.
- 1Jn tel sujet ne pouvait donc manquer
d'intérêt et d'attraction pour un jeune méde-
cin qui avait l'heureux privilège d'entrepren-
dre ses expériences sous la direction de l'illustre
Prof. Schiff. Aussi avons-nous à cœur de rendre
un té1noignage public deTeconnaissance à M. le
Professeur Schiff pour les conseils et les direc-
tions qu'il n'a cessé de nous prodiguer avec
une bonté toute paternelle, à l'époque surtout
où il nous a fait l'honneur de nous prendre
comme assistant à son laboratoire de Physiolo-
gie. N ons lui en gardons un impérissable sou-
venir de gratitude.
Irritation cnimique ~e ~iverses sunstances
sur le nerf moteur et sur le muscle
~
INTRODUCTION
Si nous nous adressons à un muscle quelconque de l'organisme, et que nous en analysions les éléments, nous voyons qu'il faut y distinguer Jeux substance~
essentiellement différentes :
la substance musculaire proprement dite, et les ramifications nerveuses .
.Mais quel rapport constatons-nous entre ces deux substances?
rrout d'abord, la Physiologie, étudiant l'influence ex- citante du nerf sur la substance musculaire, établit une dépendance complète entre elles, et démontra que la substance mw:;culaire, obéissant à l'influx nerveux, produit le phénomène que l'on a appelé Contraction musculaire.
Cependant on ne tarda pas à se demander si le muscle ne jouit pas d'une irritabilité spéciale. Kuhne*, après a voir fait agir des réactifs chimiques sur le nerf et sur le muscle, constata que les fibres musculaires répon- daient très énergiquement à la plupart des réactifs
* Ueber :1\'Iuskelzuckungen ohne Betheiligung der Nerven, 1859.
- 1 0 -
chimiques, tandis que le tronc du nerf, placé dans les mêmes conditions, répondait beaucoup moins, ou même, pas du tout. Il y vit la confirmation des idées, déjà émises, que le muscle doit avoir une irritabilité spéciale, et qu'il doit pouvoir ex{)cnter des contractions indé- pendamment de l'influx nerveux.
Alors apparaissent les remarquables travaux Je Va- lentin, Eckard et Schiff sur la galvanisation du nerf;
ces auteurs nous. apprennent que le courant constant peut rundre inexcitable le nerf jusque dans ses dernières ramifications, à la condition d'employer de forts courants polarisants.
Les t.ravaux d'Eckard ont été confirmés par Schiff, mais la conclusion d'Eckard
1.:
à savoir que le galva- nisme n'agit plus sur le muscle, si le nerf est d0venu inactif - doit être limitée, puisque des courants très forts agissant sur le muscle, le font encvre contracter,.malgré que de forts courant~ constants parcourent le nerf.
On doit donc admettre que, dans l'irritation galva- nique, avec des courants modérés, c'est seulement le nerf qui est mis en action, mais par des courants très forts qui parcourent le muscle, il y a deux possi.'l'ilités: ou comme Pflüger l'admet, le muscle possède ce qu'il appelle une irritabilité· propre, et qui est mise en action par des excitants électriques extraordinairement forts; ou, ce qui est plus probable, le courant très fort, agissant sur le muscle, peut vaincre l'influence de l'électrotonus.
Pins probable, avons-n·ms dit, car le tronc nerveux lui- même, électrotonisé par un courant ascendant, n'obéit.
plus à l'électrotonus si on l'irrite par un courant relati- vement fort, et dans une certaine distance de la partie electrotonisée.
- 1 1 -
Toutefois ces expériences prouvent que les contractions qu'on obtient ordinairement en galvanisant le muscle, en appliquant des courants très modérés - mais qui, cependant, suffisent pour produire le maximum de la contraction locale - que ces contractiClns sont dues à l'influenve du nerf dans le muscle, parce que ces con- tractions manquent dans de::; conditions où le nerf est moins excitable, mais où l'on ne peut pas admettre que la substance du muscle soit modifiée.
Kühne poursuit ses expériences tendant toujours à démontrer l'irritabilité propre du muscle; il s'adresse d'abord au Curare. Sa méthode consiste à se servir de substances chimiques qui restent sans action sur le tronc nerveux et de les faire agir :
a) sur des muscles curarisés, b) sur des muscles non curarisés. Le résultat fut toujours le même dans les · contractions obtenues par ce procédé: le muscle curarisé répondait, connue celui qui ne l'était pas, à l'action chi- Imque et à l'action électrique.
Il lui paraiss:tit donc évident que la fibre musculaire a une contractabilité propre, indépendante de l'influence nerveuse. Cependant, incertain à cette époque, sur l'effet du Curare - dont nous connaissons aujourd'hui l'ineffi- cacité d'action sur les dernières ramifications nerveuses - il vit la nécessité de donner une autre forme à ses expériences. Il en trouva la facile réalisation après les publications d'Eckard et de Schiff: rendre inexcitable le nerf moteur par l'application de forts courants galva- niques et faire agir des substances chimiques a) sur un muscle ainsi privé de son nerf; b) sur un muscle normal, La forme de contraction obtenue dans le~ deux cas donnera des indications sur l'irritabilité propre du muscle.
- 1 2 -
Mais le procédé opératoire rle Kühne mérite une cri- tique; en effet, après a voir fait une section ·transversale d'un muscle, il met en contact la surface de section avec la substance chimique, dont il constate ensuite l'effet.
Or, d'après la remarque judicieuse de Hering, le muscle- blessé possède une tension électrique, dans laquelle, la.
surface blessée est négati ve,la surface extérieure positive.
Par conséquent, mettre en contact de la section du.
muscle une substance chimique, c'est établir la ferme- ture du courant indiqué par Hering; et dans ces condi- tions, c'est encore à une irritation électrique que le muscle obéit.
Kühne, après l'observation de Hering, dont il reccnnaît l'exactitude, a publié un nouveau mémoire, dans le journal biologique de Munich, dans lequel il cherche à éviter l'intervention d'un courant musculaire, pour exa- miner s'il y a des substances qui, en cor1.tact avec le nerf, ne donnent pas, mais qui donnent des contractions en contact avec le muscle.
Il trouve qu'én effet, plusieurs substances, qu'il avait prodamées autrefois irritantes du muscle, agissent seu- lement en fermant le courant et ne sont ni des irritants rnuEculaires, ni des irritants nerveux proprement dits.
Cependant il lui reste encore quelques substances chimiques, entr'autres les mêmes que nous appliquerons dans la suite, qui ne sont pas un irritant nerveux, mais.
qui produisent des contractions musculaires.
Il admet donc que le muscle peut obéir à plusieurs.
espèces d'irritations: l'irritatiWl principale c'est le nerf;
mais il y a des substances dont le contact irrite le- muscle, comme le ferait le nerf, et forme ainsi ce qu'on appelle l'excitation directe de la substance musculaire.
Kühne et ses partisans - la majorité des auteurs au-:-
- 1 3 -
jourcl'hui - admettent donc l'équivalen0e Pt l'identité dans la nature des différentes contractions musculaires;
ils n'admettent une différence que dans la nature de l'excitant, selon que cet excitant est direct ou transmis par le nerf.
Une des conséquences de CPtte manière de voir~ serait que, dans certaines conditions pathologiques, le IH~rf
peut avoir perdu l'influence de faire contracter le muscle, 1uais le muscle1 s'il n'est pas altéré lui-même dans sa substance, devrait encore se contracter par les autres irritants, par exemple par les irritants chimiques.
Il devient donc très imporlant de rechercher si, en effet, les substances, qui n'agissent pas sur les nerfs, peuvent encore produire dans le muscle une contrac- tion analogue ou tout à fait identique aux contractions qui, physiologiquement sont produites par l'excitation du système nervéux moteur, ou si les secousses qu'on produit dans le muscle sont toujours dues au nerf mus- culaire, et si les mouvements observés par Kühne et ses partisans, comme étant produites par des substances qui n'irritent pas le nerf, ne donnent pas à la contraction musculœire une physionomie particulière. Dans le cas affir- matif, si cette physionomie est particulière, on ne devra'it jamais, en examinant l'effet d'une substance ou d'un processus pathologique, concl~we à l'existence d'une alté- ration dtt muscle, si ce dernier ne donne pas la contraction ordinaire et généralement connue. On devrait encore, pour juger de l'état du muscle, examiner si le muscle irrité directement, ne peut pas produire des contractions d'une physionomie particulière, mais peut-être très différentes dés contractions qu'on est accoutumé à voir après l'ac- tion d'un courant galvanique qui peut irriter simultané- ment le muscle et le nerf intramusculaire.
- 1 4 - .
Si, dans les recherches qui suivent, nous étudions, avec Kühne, les substances qui agissent comme irritants sur le muscle, sans affecter le nerf, nous cherchons, en même temps, si cette réaction n'offre p~des marques distinctives et caractéristiques. -
N ons allons domwr, maintenant, quelques disposi- tions expérimentales, puis passer en revue tous les corps qui ont été étudiés et, pour termin&r, nons exposerons les conclusio_ns qui nous paraissent ressortir ù'un grand nombre d'expériences, ainsi que la réponse aux ques- tions posées ci-dessus.
Disp~sit)~J~D~ 1xpirimeDt1i~s
- J -~
Les expériences faisant l'objet de ce travail, reposent sur une méthode nouvelle, due à M. le professeur Schiff.
Monsieur le Professeur Schiff a eu l'idée d'introduire la substance chimique directement dans l'intérieur du muscle, en écartant les faisceaux, sans les diviser: l'éten- due d'action est ainsi très grande, puisque le réactif chimique pénètre les fascicules musculaires et n'est plus limité à la surface du muscle.
On se prépare, pour cette injection intramusculaire, une pipette de verre, très pointtte, condition qui nous permettra de produire le minimum d'irritation mécani- que. D'ailleurs nJus verrons qu'une irritation produit un effet momentané, qui a son maximum à peu près au moment de la lésion, pendant que l'effet de l'irritation chimique so développe lentement dans le muscle.
Nous servant dont: de ce procédé, et sous la bienveil- lante direction de Monsieur le Profe~seur Schiff, nous allons étudier l'action chimique de diverses substances sur le gastro-cnémien de grenouilles, réuni, s'il le faut, au· tronc du nerf sciatique.
Les recherches ont été faites du premier juillet au vingt-deux septembre 1893, dans le lahoratoire de Phy- siologie, où la température était toujours élevée. La
- 1 6 -
température élevée diminue, comme on le sait, depuis longtemps, la durée et l'énergie de l'excitabilité muscu- laire. c(~tte remarque sur la température et la saison était donc nécessaire, si l'on veut éviter bien des sources d'erreur. - Les grenouilles séjournent au sous-sol, dans une eau courante, dont la température peuL varier entre 10° et 12°, mais on a soin de les monter au laboratoire 24 heures avant de les faire servir à l'expérience.
Etudiant l'action chimique de quelques substances sur le nerf et dans le muscle, il était nécessaire d'inscrire au 1nyographe les tracés des contractions musculaires; à cet effet, Monsieur le Professeur Schiff a bien voulu mettre à ma disposition, un cylindre tournant avec ~me
grande lenteur, soit un tour en 18 minutes; cette lenteur était nécessaire, vu la forme lente et persistante des con- tractions que nous avons à étudier.
Une· contraction ordinaire ne donne, sur ce cylindre, qu'un seul trait vertical, sans distinction de mouvement ascensionnel et descendant; mais ce trait est suffisant pour reconnaître la contraction ordinaire, comme elle se dessine d'ailleurs sur l'appareil rnyographique de Pflüger.
Les tracés sont inscrits à l'aide d'un levier qui donne des excursions verticales; le 1nuscle et le levier sont tendus par un ressort de vingt grammes. Une disposition spéciale, décrite par Krützner, reud cette tension uni- forme pendant toute la durée de contraction du muscle.
Ce dernier, suspendu dans une chambre humide, avec le nerf étalé sur une plaque de liége recouverte d'un mor- ceau de peau de grenouille, se prête particulièrement aux différentes irritations. Pour préserver de l'évapora- tion ~oit le muscle, soit le nerf, on maintient dans la chambre humide, constamment le même degré hygro- n1étrique à l'aide d'ouate et de cartons humectés d'eau.
:m
_!!!!!1~~~!!1\!!l!i !!1~!!!!!1 -,n111tma;!~l.-,-~fr\1n"'
t~d'
,]a;~; a,~pêr~a~ne,al _!)~~ ~!!!!!1 ~!!1!!1~!!!!!1 -~--"'
!J!!1
I.
Sulfate de Cuivre (au 1/1o et au 1/o)
Tracé 1 S04Cu au 1
/lu
Rana esculenta.- Destruction du cerveau;
préparation du gastro-cnémien avec le plus de précautions possible, pour ne pas pro- duire une forte irritation mécanique.
Mais, comme une ft1ible irritation méca- nique est inévitable, dr ns ce tracé, .comme dans tous les autres, je laisserai le muscle suspendu une demi-heure au myographe avant de décrire l'abscisse. Celle-ci, une fois faite, j'injecte dans le muscle, avec la pi- pette très fine, déerite plus haut, quelques gouttes .d'une solution de 80-*0u au 1
/lo.
Au bout de quelque temps, nous voyons dans ce premier tracé, le levier myographique décrire une courbe très lentement ascen- dante. Le cylindre tournant, comme on l'a dit, à raison de un tour en 18 minutes, le peu d'obliquité, de la ligne de contraction, sur l'abscisse rend compte de la lenteur avec laqnelle le muscle obéit à rac.tion chi- mique.Tracé 2 S04CU
au
1/to
- 1 8 -
C'est sur cette forme de contraction que nous appelions l'attention dans notre intro- duction, et que nouR aurons, du reste, à poursuivre pendant toutes les expériences.
Nous lui donnons dès maintenant le nom d'idio-musculaire et, au simple aspect du tracé, placé à la fin de cette brochure, nous devons remarquer l'extrêmt- lenteur avec la- quelle elle se produ·it, le temps pendant leqtœl
~lle se soutient et finalement, la longue durée:
du retour.
Pour plus de clarté, nous donnons en Ap- pendice, No 1, un spécimen de cette forme singulière de contraction, c'est la reproduc- tion exacte de la contraction obtenue dans.
notre premier tracé.
Petite rana esculenta.- Préparation du scia- tique et du gastro-cnémien. Le nerf repose sur une lamelle de liège: recouverte d'un morcean de peau de grenouille, pour con- server, autant que possible, la fraîcheur et l'humidité du nerf. Quelques gouttes de
~04 Cu au 1/to déposées sur le nerf, ne l'af- fectent uuliPment, ne provoquent pas de contraction névro-musculaire, pas même en remettant une SPconde fois quelques gouttes de la même solution, une heure après la première. Donc le 804 Cu au 1
/lo
n'a provo- qué aucun~ contraction névro-musculaire.Répét0ns l'expérience en injectant, eette fois, dans le muscle :
Tracé 3 Injection dans le musclE', de la même solu- S04CU
au
1/to
tion. Au bout de peu de temps, j'obtiens.Tracé 4 Sû4Gu au
1/5
-19--
une belle idio-111/usculaire, à l'exemple de celle décrite dans le tracé 1.
Et avec une sol11tion au 1
/5,
quel résultat aurai-je? Voir tracé 4.Rana esculenta. - Préparation du gastro- cnémien et du sciatique. Solution de 804 On au 1/5; sur le nerf, aucun effet.
dans le m·uscle : lente idio-musculaire.
Dans une dizaine de traeés, que je ne eollectionne pas, à cause de leur identité avec les tracés 3 et 4; j'obtiens le même ré- sultat : point de névro-, mais toujou1·s une id io-musculaire.
Par conséquent, dans les conditions, énon- cées ci-dessus oü les expériences ont été faites, nous pouvons dire qne:
Le sulfate de cuivre, au 1
/lo
et au 1/5, n'a aucune action Hurle nerf, n'a jarnai::; produit de névro-musculaire; mais, par contre, s'est toujours m(lntré un irritant direct de la substance museulaire, a donné de belles idio-musculaires.~wJ;t-.
~0 ~~~
II.
Sulfate de Zinc (au
1/ 1oet au
1/o)
Tracé 5
S0
4zn au
1/lo
Tracé 6
S0
4zn au
1/Io
Tracé 7
S0
4zn au
1/Io
Tracé 8
S0
4zn au
1h(l
Rana esculenta. - Préparation du sciatique- et du gastro-cnémien, d'une manière iden- tique aux expériences avec le S04 Ou, ainsi que dans toutes celles qui suivent.
Solut. de S04 zn an 1
/lo.
Sur le nerf, rien.Dans le muscle : contract. idio-rnuscul.
Rana esculenta. -- Prépar. du sciatique et du gastro-cnémien.
Sol ut. de S04 zn au1
/lo.
Sur le nerf, rien.Dans le muscle : contract. idio-mnscul . .tlana esculenta.-Préphr. du sciatique et du gastro-cnérnien.
Sol ut. de S04 zn au1
/lo.
Sur le nerf, aucull effet.Dans le muscle : contract. idio-muscul.
Rana temporaria. - Prépar. du sciatique et.
du gastro-cnémien.
Sol ut. de S04 zn au 1
/lo.
Sur le nerf, rien.Dans le muscle : contract. idio-muscul.
Essayons maintenant l'effet du S04 ~n
au
1/5
sur le nerf et dans le muscle, quoique ce ne soit pas là le but direct de nos expé-- riences.Tracé 9 S04
zn au 1/5
- 2 1 -
Rana (Sculenta.- Prépar. du sciatique et du gastro-cnémien.
8olut. de 804 zn au 1/5· Sur le nerf, rien.
Dans le n1uscle : idio-musculaire.
Donc nous pouvons dire, pour le 80-± zn au 1/1o et au 1/5, de même que pour le 804 Cu aux mêmes solutions:
1 o Qu'il n'y a jamais de contractions névro- musculaires;
2° toujours de manifestes idio-musctûaires.
e·~~
10 0
~iD
III.
Citrate de fer
Tracé 10 Rana esculeida. -- Prépar. ùu sciatique et Cil. deFerau1/ 1o du gastro-1~11érnien.
Solut_ ùe cit. de Fe. au 1/lo. Sur le !:erf, rien.
Dans 7 e muscle, rien.
Prenons immédiatement ùes ~olutions
moins diluéei'.
Tracé Il Rcma esculenta; - Prépar. du sciatique et Cit. Fe au 1/., du gastro-cnémien.
Sol ut. de Oit. Fe an
1/5.
Sur le nerf, rien.Dans le muscle: contruct. idio-m~~;sculaire.
Tracé 14 Rana esculenta_ Prépar. du gastro-cnémien.
Cit. Fe concent. Sol-ut. Oit. Fe concentré. Injection intra- muscul. Belle idio-musculaire.
Abstraetion fai~e des autres tracés que je ne relève pas ici, n1ais que je joins au travail pour eonfirnwr les uonc.lusions, nous pou- vons dire qw~:
LE OFrRA TE DE FER :
1 o étendu, ne donne rien, ni sur le nerf, ni dans le musclP.
2° La 3olution au 1/5 et concentrée, donne de manifestes contractions idio-musculaires.
IV.
Nitrate d
1Argent
Tracé 19 Rana esculenta. - Prépar. du sciat. et dn N03Agau 1/ 10 gastro-cnérnieu.
Solut. de N03 Ag au 1/1o. Sur le nerf, nevro-mttsculaire.
Dans le muscle : idio-musculaire.
Tracé 21 Rana esculenta. - Prépar. du sciat. et du N03Ag au 1/so gastro-cnémien.
Solut. de N03 Ag au. 1/5o. Sur le nerf~ rien.
Dans le muscle : idio-musculaire.
Tracé 28 Rana esculenta. - Prépar. du sciat. et du N03 Ag au 1/2s gastro-cnémien.
Sol ut. de N03 Ag au 1/25· Sur le nerf, rien.
Dans le muscle: idio-mttsculaire.
A l'inspection de ces expériences et sur- tout de celles relatées dans le cahier à l'ap- pui, nous disons que
LE NITRATE D'ARGENT:
1 o au 1
1
/HJ
donne la névro- et l'idio-muscu- laire.2° Au 1/25 ne donne plus la névro-, mais bien l' idio-musculaire.
3° Au 1/5o donne encore l'idio-musculaire quoique très faible.
v.
Chlorure de Oui vre
Tracé 29 Rana esculenta. - Prépar. du sciat. et du --cucTa~ gastro-cném!en.
Solut. de On 01 au 1
/lo.
Sur le nerï, rien.Dans le muscle : idio-rnusculaire.
Tracé 31 Rcma esc11lenta. - Prépar. du seiat. et du
Cu Cl au1/ 5 gastro-enémien.
Solut. de Ou 01 au
1/5·
Sur le nerf, rien.Dans le muscle : belle 'idio-rnusculairé.
Tracés34& 35
Rana esculenta. - Prépar. du sei at. et duCuCCaV. 21/2 foiS gastro-cnémien.
son vol. d'eau Cu Cl dis;-;. dan::-\ 21
/2
foi::-\ f-ion vol. d'eau.Sur le neri,· rien.
Dans le musele : belles id'io-musculaires.
Tracé 36 Rana esculenta. - Prépar. du seiat. et du
Cu Cl avec s,on
vol. d'eau gastro-enémien.
Solut. de Cu Cl dans son vol. d'eau. Sur le nerf, rien.
Dam; le muscle : idio-rnusculaire.
- 2 5 -
DONC LE CHLORURE DE CUIVRE:
1° N'a jamais donné de névro-musculaire.
2° A donné de belles idio-musculaires dissout dans 10 fois, 5 fois, 2 fois, et même 1 fois son volume d'eau.
N ons avons même, avec cette substance7 l'indication de ce que nous confirmerons plus tard d'une manière tout à fait évidente, avec les acides sarcolactique et pyrophos- phorique, à savoir qu'une solution concen- tréP donne moins qn'une sol ut. plus étendue.
G'r.i'WG"fv -a-:;-
Tracé 39 Concentrée
Tracé 42
---w.B~
avec
IV. H20
Tracé 45 2V. BaO
avec
31/2 H20
Tracé 47 2Ba0 av .41/2H20
Tracé 48 2Ba0 avec 5H20
VI.
Eau de Baryte
Rana esculenta. - Prépar. du ~ciat. et dn gastro-cnémien.
Eau de baryte concentré~. Sur le nerf:
névro-museulaires.
Daus le muscle : secousse8 et idio-muscul.
Rana temporaria.~. - Prépar. du sciat. et du gastro-cnémien.
Eau de baryte additionnée de son volume d'eau. Sur le nerf, rien.
Dans le musclP: secousses sans idio-muscul.
Rana temporaria. - ?répar. du sciat. et du gastro-cnémien.
2 V. eau de Ba avec 31/2 V: H2 O. Sur le nerf, rien.
Dans le muscle : secousses et idio-muscul.
Rana esculenta.-Prépar. du sciatique et du gastro-cnémien.
2V. eau ùe Ba av. 41/2 H20. Sur le nerf, rien.
Dans le muscle: secousses et idio-muscul.
Rana esculenta. - Prépar. du sciat. et du gastro-cnémiPn.
2Ba0 avec 5H20. Sur le nerf, secousses.
Dans le muscle : secousses également ...
- 2 7 -
Plusieurs autres tracés, non conservés, à H et 7 d'ean, oü je n'ai plus rien obtenu, ni sur le nerf, ni dans le muscle.
La Baryte donnerait donc les résultats suivants:
1 o Concentrée, don ne la névro- et i'idio- musculaire.
2° Allongée de 1, 2, 3 fois son voL J'eau donne des secous::;es dans le muscle, sui- vies d'une très faible idio-musculaire.
3° Si l'on augmenh~ l'allongement par l'eau, il ne se produit plus rien, ni seuousses, ni idio-muscul.
Par conséquent, dans les conditions où
nou~ avons fait le6 expériences (fin de juil- let, températ. du laborat. très élevée, exci- tabilité des grenouilles très modérée, etc.) la Baryte paraîtrait agir sur le nerf, et sur le muscle, et chose singulière et bien digne de remarque, lorsq~te son action sur le nerf aurait cessé, elle 1Jerdrrût aussi toute action sur .Je m~tscle.
~t~ ~-
VII.
Potasse
Tracé 49 Rana escuünJa. - Prépar. du sciat. et du KOH au 7°/o gastro-tnémien.
Solut. de KOH au 7°/o. Sur le n~rf, rien.
Dans le muscle: belle idio-muscul ..
Tracé 51 Rana temporaria. - Prépar. du sciat. et du KOH au 5°/o gastro-cnémien.
Solut. de KOH an 5°/o. Sur le nerf, rien.
Dans le muscle : idio-musculaire.
Tracé 53 Rana temporaria. - Prépar. ùu sciat. et du K!.lH au 4°/o gastro-cnémien.
Solut. de KOH au
4°/
0 • Sur le nerf, rien~Dans le muscle: idio-musculaire.
Tracé 54 Rana temporaria.- Prépar. du sciat. et du KOH au 3°/o gastro-cnémien.
Solut de KOH au
3°/o.
Sur le nerf, rien.Dans le muscle : magnifique idio-muscul.
Tracé 55 Rana esculenta. - Prépar. du sciat. et du KOH au 2°/0 gastro-cnémien.
Solut. de KOH au 2°/0 • Sur le nerf, rien.
Dans le muscle : idio-m~tsculaire~
Tracé 56 Rana esculenta. - Prépar. du sciat. et du KOH au 1°/0 gastro-cnérnien.
Sol ut. de KOH au 1 °/a. Sur le nerf, rien.
Dans Ie muscle : idio-muscul._
- 29---:-
Tracé 58 Rana esculentc~. - Prépar. du sciat. et du KOH au 0,5°/0 gastro-cnémien.
Solut. de KOH au 0,5°/o· Sur le nerf, rien.
Dans le rnuscle : rien.
A l'inspection des tracés, je remarque que, à mesure que je diminue la' eoncentration de la KOH de 7 à 1 °/o, j'obtiens des courbes idio-musculaires qui, en apparence, sont d'autant plus manifestes que la concentra- tion est plus rapprochée du 4 et du 3°/o· A ces deux dernières conceutrations, les cour- bes idio-musculaires sont beaucoup plus manifestes qu'à 7°/o·
Au de8sous de 1 °/o, la potasse ne donne plus de contractions idio-muscnl.; et au des-
tl US du 7°/o, quel est son effet?
Tracé 59 Rana esculenta. - Prépar. du sciat. et du KOH au 10°/0 gastro-cnémien.
Sol ut. de KOH au 11 1°/o· Sur le nerf: for.., tes névro-musculaires.
Je n'injecte pas dans le muscle.
Tracé 60 Rana esculenta. - Prépar. du sciat. et du KOH au 8 °/o gastro-cnémien.
Solut. de KOH au 8°/o. Sur le nerf, rien.
Dans le muscle : fortes-secousses.
PAR CONSÉQUENT LA POTASSE:
1° A 10 et 8°/o, donne des névro-muscul.
2° A 7, 6, 5, 4, 3, 2 et même 1 °/o donne de·
belles idio-musculaires.
3° A 0,5°/o, reste sans action sur le muscle.
VIII.
Soude
Tracé 61 Rana escnlentu. ---· Prépar. du r-wiat. et du NaOH au 10°/0 gaBtro-cnérniPn.
Solut. dP Na OH au 10°/o. Sur lB nerf, 7Je7- les névro-musc1ûai1·es .
• Je n'en injecte pas dans le muscle.
Trac'é 62 Bana esculenta. - Prépar. du sciat. et du NaOHau 8°/0 gastro-cnémien.
Solut. de :t~a OH au 8°/o· Sur le nerf:
névro-muscul.
Dans le mu:-;ule : idio-mttscttlaire.
Tracé 63 Rana esc~tlentct. - Prépar. du sciat. et du NaOH au 7°/0 - gastro-cnémien.
Sol ut. de Na OH au 7°/o. Sur le nerf, rien.
Dans le muscle : idio-muscula'Ïre.
Tracé 65· Rana esctûenta. - Prépar. du sciat. et du NaQH au 6°/0 gm;tro-cnérnÎPI1.
Solut. de Na OH an {)o/o. Sur le nerf, rien.
Dans le muscle: iclio-'muscttlaire.
Tracé 68 Rana temporaria. - Prépar. du sciat. et elu NaOH au 5°/o gast,ro-cnémien.
Solut. de Na OH au 5°/o. Snr le ner_f, rien.
Dans le musele : idio-musculairc.
Trac. 69 et 70
Rnna temporan~a. - Prépar. du sciat. et du NaOH au 40;0 gastro-unérnien.Sol ut. de Na OH au 4°
/o·
Sur lP nerf, rien.Dans le musele: belles idz~o-muscuzm·res.
-- 31 --
Tracé 71 Rana tenlpo,raria. - Prépar. du sciaL pt, tln NaOH au 3°,10 gastro-cnémieu.
Sol ut. de Na OH au 3°/o· Sur le nerf, rien.
Dans le muscle : belle idio-11~usculcl'ire.
Trac. 72 et 73
Rana escttlentct. - Prépar. du sciat. et du NaOH au 2% ga:-;tro-cnémien.Solut. de Na OH au 2°/o· Sur le nerf, rien.
Dans le muscle : idio-rnusculaire.
Trac. 74 et 75
Rana e~;culenta. - Prépar. du sciat. et du NaOH au 1o/o gw:;tro-cnémien.Sol ut. de Na OH au 1 °/o- Sur le nerf, rien.
Dans lo muscle : idio-musculaire.
Trac. 76 et 77
Rana escule1dct. - Prépar. du sciat. et du NaOH au 0,5o/0 gastro-cné1nien.Sol ut. àe N aOH au 0,5°/o. Sur le nerf, rien.
Dans le muscle: faibles idio-musculaires.
Trac. 78 et 79
Rana escLtlentct. - Prépar. du sciat. et du NaOH au 0,250j0 gastro-cnémien.Sol. tle Na OH au 0,25°
/c·
Sur le nerf, rien.Dans le muscle : rien.
DONC LA SOUDE:
1 o A 10 et 8°/o donne dPs névro et des idio- musculaires.
2° de 7 jusqu'à 0,5°/o ne donne que l'idio- musculaire.
3° A 0,25°/o ne donne plus rien.
Une remarque que nous nous croyons autorisé à faire, après l'inspection de nom- breux tracés, est que la Potasse et la Soude paraissent avoir leur maximum d'irritation pour le muscle à la solut. de 4 et 3°/o.
- 3 2 -
Puis nous voyolls exister la plus grande analogie entr~~ ee:::; deux corps, quant à leur action chimiquP sur le nerf et sur le musele:
comme la KOH, la Na OH à 10 et 8'/o donne des névro-musculaires; comme la KOH, la Na OH à 7°/o ne donne plus de névro-,mais do mw l'idio-musculaire. La seule et bien petite ditférence que l'on pourrait établir, c'est que la dose de concentration nécessairu à l'idio-mu::;Cillaire, est un peu plus basse pour la Na OH que pour la KOH.
A 0,5u/o ]~ KOH n'a rien donné, mais bien la Na OH. Mais, là et~ core, n'y a-t-il pas de sérieux doutes .à se poser qua nt à l'excitabi- lité des grenouilles ou toute autre cause d'erreur?
Cependant le même fait a déjà été remar- qué par M. le Professeur Schiff.
IX.
Glycérine
La Glycérine, empl0yée pour h-'s expé- riences qui suivent, appartient au laborat.
Je l'ai fait analy~er par M. Barras, chim., qui lui a trouvé 15°/o d'eau. Je la prends donc eomme point de départ, et je la désigne var Glycérine A.
Tracé 90 Rana esculenta. - Prépar. du sciat. et du
Glycérine A gastro-cnémiPn.
Glycérine A (15°/o d'oau). Sur le nerf, rien.
Dans le musele : idio-mttsctûaire.
Tracé 91 Rana esculenta. - Prépar. du sciat. et du A av.IV.H20 gastro-cnénlien.
Glyc. A avec son vol. d'eau. Sur le nerf:
quantité de névro-muscul.
Dans le muscle : idio-musculaire.
Tracé 92 Rana esc·ulenta. - Prépar. du sciat. et du A av. 2H:20 gastro-cnémien.
Glyc. A. avec 2 V. d'eau. Sur le nerf,rién.
Dans le muscle : secou,sses et idio-muscul.
Tracé 94 . Rana esculenta. - . Prépar. du sciat et. du A av. 3H:2Q· gastro-cnémien.
Glyc. A av. 3V,H20. Sur le nerf, rien.
Dans le muscle : idio-muscul.
- 3 4 -
Tracé 95 Rana csculcnta. - Prépar. du sciat. et dœ A av. 4H20 gastt·o-cnémien.
Glyc. A av. 4V.H20. Sur le nerf, rien.
Dans le muscle : secousses et idio-niuscuL Tracé 96 Rana esculenta. - Prépar. du sciat. et du.
A av. 5H20 gastro-cnémien.
Glyc. A av. 5 V.H20. Sur le nerf, rien.
Dans le muscle: secousses et idio-muscuL Tracé 97 Rana csculenta. - Prépar. du sciat. et du.
A av. 6H20 gastro-cnémien.
Gl,Yc. A av. 6V.H20. Sur le nerf, rien.
Dans le muscle : idw-muscul. sans secousse ..
Tracé 98 Rana esculenta. - Prépar. du sciat. et du_
A av. 7H20 gastro-cnémien.
Glyc.A av. 7V.H20. Sur le nerf, rien.
Dans le muscle: idio-muscul.
Trac. 99 BtlOO
Ranc~; esculenta. - Prépar. du sciat. et du A av. 8H2Q gastro-cnémien.Glyc. A av. "8V.H20. Sur le nerf, rien.
Dans lP muscle : rien ..
Tracé 101 Rana esculenta. -- Prépar. du sciat. et du.
A av. 9H20 gastro-cnémien.
Glyc. A av. 9V.H20. Sur le nerf, rien.
Dans le muscle : rien~
Suivant son degré de concentration, la glycérine se montre un irritant du nerf et du muscle:
a) A 15°/0 , n'irrite pas le nerf, mais donne- l' idio-muscul.
b) A 30°/o, donne la névro- et l'idio-mus-- culaire.
~ 35--
c) Si je d0uble, triple .... l'addition d'eau, il n'y a plus d'effet sur le tronc du neri, mais donne encore des secousses et l'idio- musculaire après injection dans le rnuscle.
d) Additionnée de 6, 7 fois son voL d'eau, ne donne que l'idio-musculaire, sans se- cousse.
e) A 8 fois son volume d'eau, ne donne plus rien, pas même l'idio-musculaire.
~
x.
Acide Phosphorique
Cet acide phosphorique m'a été donné- par. M. le Professeur Schiff; il est sirupeux
et~ cornme la Glycérine, je le désignerai par·
Ac. phosph. A.
Tracé 102 Rana esculenta. - Prépar. du sciat. et du Ac. phos. sirup. gastro-cnémien.
Ac. phosph. A (sirupeux). Sur le nerf, rien.
Dans le muscle : idio-muscul. faible ..
Tracé 103 Rana esculenta. -- Prépar. du sciat. et du A av. IV.H:JQ gastro-cnémien.
Ac. phos. A av. IV.H20. Sur le nerf, rien.
Dans le muscle : idio-muscul.
Tracé 104 Rana esculenta. - Prépar. du sciat. et du
A av. 2V.H20 gastro-cnémien.
Ac. phos. A av. 2V.H20. Sur le nerf, rien.
Dans le muscle : id-io-muscul. très forte.
Tracé 106 Rana esculenta. - Prépar. du sciat. et du A av. 3V.H20 gastr(l-cnémien.
Ac. phos. A a y. 3V.H20. Sur le nerf, rien.
Dans le muscle : idio-muscul.
Tracé 123 -Rana esculenta. - Prépar. du sciat. et du A av. 140H20 gastro-cnémien.
· Ac. ph os. A av.l40V.H20. Sur le nerf, rien.
Dans le muscle : iclio-rwuscul. faible~
- 3 7 -
Tracé 124 Rana esculenta. - Prépar. du sciat. et du
A av. 150H20 gastro-cnémien.
Ac. phos. A av. 150V.H20. Sur le nerf, rien.
Dans le muscle : rien.
Cet acide phosphorique, examiné à diffé- rente.:; eoncentrations rn'a donc donné les résultats st.ivants:.
1 o Ne produit jamais de contraction névro- musculaire, à quel degré de concentra- tion que ce soit..
2° L'idio-musculaire, produite par l'acide si- rupeux, se produit encore lorsqu'on l'ad- ditionne de 130 à 140 fois son volume d'eau. Mais une remarque nécessaire, c'est que: à l'état sirupeux, l'acide phos- phorique donne une idio-muscul. moins forte que lorsqu'il est étendu d'une cer- taine quantité d'eau.
Dans nos tracés, nous voyons que c'est lorsque l'acide phosphorique est étendu de 30 à 40 fois son volume d'eau que l!dio- muscul. est le plus manifeste.
N ons venons d'examiner d; fférentes su bs- tances ehimiques, et nous a v ons vu, qu'à l'exception de l'acide phosphorique, elles ne conservent leur propriété d'être un excitant du muscle qu'à la condition qu'on leur ajoute un peu d'eau~
Permettons-nous de citer ici une idée de M. le Professeur Schiff : ,Si nous nous adressons, dit-il, à des substances qui se for- ment dans le corps, telles que racide pyro-
--38-
phosphorique, l'aeille sarcolactique etc., ces substances là supporteront très probablement une plus gran~.le addition d'eau, tout en maintenant leurs propriétés d'excitants idio- musculaires.
Prenons, par conséquent, sucessivement ces deux substances, et voyons si l'hypo- thèse se réalise.
~WGfcl
~+';'
XI.
Acide Pyrophosphorique
Préparé pé.1r le Dr Snhuchardt à Garlitz.
Cet acide m'est envoyé à l'état sirupeux, concentré.
Nous allons voir son effet sur le nerf et sur le muscle, puis nous déterminer·ons, s'il y a lieu, le degré d'allongement dans lequel il exerce (~ncore son action sur le muscle.
Je le désigne, pour plus de facilité, par Ac. pyro. A.
Tracé 170 Ranc~ esculenta. - Prépar. du sciat. et du gastro-cnémien.
Ac. pyro. A (concentré). Sur le nerf, rien.
Dans le musde, je ne puis en introduire qu'une faible goutte à cause de son état si- rupeux qui l'empêche de bien pénétrer dans la pipette; malgré cette dose minime, j'ob- tiem; une idio-m~tscul. manifeste.
Tracé 171 Rana esculenta. - Prépar. du sciat. et du gastro-cnémien.
Ac. pyro A av. 1 V.H20. Sur le nerf, rien.
Dans le muscle : idio-muscul.
Tracé 172 Rana esculenta. - Prépar. du sciat. et du gastro-cnémien.
·Ac. pyro. A av. 2V.H20. Sur le nerf, rien.
Dans le muscle: idio-muscul.
-40--
Tracé 17 4 Rana escu.le·nta. - Pré par. du seiat. et du gastro-enémien.
Ac. pyro. A av. 1 OV.H20. Sur le nerf, rien.
Dans le muscle: idio-rnuscul.
Tracé 176 Rana esculcnta. - Prépar. du sciat. et du gastro-cnémien.
Ac. pyro. A av. 20V.H20. Sur le nerf, rien.
Dans le muscle : idio-muscu}.
Tracé 179 Rana esmtlenta. - Prépar. du seiat. et du gabtro-cnémien.
Ac. pyi'O. A av. 50V.H20. Sur le nerf, rien.
DaiJS le muscle : idio-muscul.
Tracé 187 Rana esculenta. - Prépar. du sciat. et du ga.stro-cnémien.
Ac. pyro. A. av. 200V.H20. Surïe nerf, rien.
Dans le muscle: iclio-muscul.
Tracé 200 Rana esculenta. - Prépar. du sciat,. et du gastro cnémiPn.
Ac. pyro. A av. 500V.H20. Sur le nerf, rien.
Dans le musele : idio-musmû.
Tracé 203 Rana esctûenta. - Pr?>par. du sciat. et du gastro-cnémien.
Ac. pyro. A a v. 7.51 )V.H20. Sur le !'!erf, rien.
Dans le muscle : idio-m~tscul. faible.
Tr. 204et205
Rana esculenta. - Prépar. du sciat. et du ga:;tro-cnémien.Ac. pyro. A av. 780VH20. Sur h.· nerf, rien.
Dans le musCle: 1"ien.
Nous voyons donc en résumé :
a) La confinuation de l'hypothèse de M. le
Profe~seur Schiff, c. a. d. que cet acide, se formant dans le corps, supporte une très gran dB addition d'eau, tout en main-
- 4 1 -
tenant ses propriétés d'excitant idio-mus- culaire.
b) L'acide pyrophosphorique, à quel allon- gement que ce soit, n'est jamais un irri- tant du nerf.
c) A l'état sirupeux, de même qu'à un allongement de 750 fois ~on vol. d'eau, il produit l'idio-mu~culaire.
d) Cette idio-musculaire est surtout forte à partir d'un allongement de 170 à 180 fois son volume d'eau, tandis qu'à l'état sirU- peux, ou faiblement allongé d'eau, l'idio- mnscuh ire est beaucoup moins forte.
G'Y;;)'W_c;_f'J
~+';
XII.
Acide Sarcolactique
Préparé par le Dr Schuchardt à Garlitz. U est concentré et je le désigne par A.c. sare . .A._
Tr. 134 et 135
Rana esculenta. - Prépar. du sciat. et du gastro-cnémien.Ac. sare. concentré. Sur le nerf, rien.
Dans le muscle : rien.
Tracé 136 Rana esculenta. - Prépar. du sciat. et du_
gastro-cnémien.
Ac. sare. A av. 1 V.H20. Sur le nerf: rien_
Dans le muscle : belle idio-musculaire.
Tracé 137 Rana esculenta. - Prépar. du sciat. et dUL gastro-cnémien.
Ac. sare. A av. 2V.H20. Sur le nerf, rien.
Dans le muscle: idio-musculaires~
Tracé 143 Rana esculenta. - Prépar. du sciat. et du_
gastro-cnémien.
Ac. sare. A av. 20H20. Sur le nerf, rien~
Dam; le muscle : splendide idio-musculaire~
Tracé 167 Rana esculenta. -- Prépar. du sciat. et du_
gastro-cnémien.
Ac. sare. A av. 100H20. Sur le nerf, rien~
Dans le muscle: idio-musculaire.
Tracé 162 Rana esculenta. - Prépar. du sciat. et du..
gastro-cnérnien.
Ac. sare. A av. 200H20. Sur le nerf, rien.
Dans le musele: idio-musculaire ....
- 4 3 -
Tracé 167 Rana esculenta. - Prépar. du sciat. et du gastro-cnémien.
Ac. sare. A av. 270 H20. Sur le nerf, rien.
Dans le nmscle: idio-musc·ulaire.
"Trac.16S&l69
Rana esculenta. - Prépar. du sciat. et du gastro-cnémien.Ac. sare. A av. 280H20. Sur le nerf, rien.
Dans le musch~: rien Nous devons donc dire :
1 o Que, de même que pour l'acide pyrophos., l'acide sarcolactique verifie l'hypothèse de M. le ProfessPur Schiff (supporte beaucoup d'eau tout en restünt un exci- tant idio-musculaire). On a ainsi déter- miné le dPgré limite d'allongement de l'acide sarcolactique.
Pour les conditions ùU nous nous trouvons:
Acide sarcolactique de Schuchardt, - température du laboratoire 18-20°, - excitabilité des grenouilles en rat>port avec la saison 11-13 sept. 93. -- ce de- gré limite serait de 260-280 vol. d'Pau, pour nn vol. d'acide sarcolactique.
2° NP produit jamais de névro-musculaire.
3° A un état concentré (tel que me l'a pré- paré Schuchardt) n'a aucune action sur le muscle.
4o Additionné de son volume d'eau, puis à dPs solutions très allongées (280 fois), produit une irritation du muscle, donue de belles idio-musculaires.
En examinant attentivement les tracés produits par l'acide sarcolactique, nous nous croyons autorisé à dire que ce serait de 1/2o
Tr.153,4, 5, 6
- 4 4 -
à 1/ao de concentration que l'acide sarcolac- tique a le plus d'effet sur le musde. Nous . allons reprendre quelques expériences avec ce Jegré-là, et nous voulons voir ce que produit ùne faible irritation électrique sur·
le sciatique pendant que le gastrd-cnémien se contracte idio-musculairement sous l'ac- tion de l'acide sarcolactique.
Rana esculenta. - Prépat-. du sciat. et du gastro-cnérnien.
Même myographe et mêmes conditions d'expérience que précédemment.
Jp prépare la pile de Chardin, 3 éléments pour m'en servir plus tard. Le sciatique est étendu sur une lamelle de liège, maintenue humide par de la peau de grenouille. Deux électrodes sont implantées dans le tronc du nerf sciatique. Après avoir attendu quelque temps, pour que l'effet de l'irritation méca- nique soit passé, j'injecte quelques gouttes de la solution 1/25 d'acide sarcolactique dans le muscle. Celui-ci produit une contraction idio-musculaire. Pendant que cette dernière s'inscrit au myographe, je fais quelques ir- ritations électriques avec la pile indiquée·
en faisant des interruptions momentanées, et lobtiens dans lPH tracés 153, 154, 155 et 156 des secousses névro-musculaires, dont le sommet est à la même hauteur pour toutes, bien que le poiüt dé départ soit pins haut pour chaque secousse en particulier.
Nous donnons, du restP, à la fin de ce travail, Appendice No II, la reproduction
- 4 5 -
fidèle des traeés 155 et 156, obtenus dH ns de telles conditions.
Cela nous montre bien qu'il doit y avoir une grande différence de contraction entre l'idio- et la névro-rnusculaire; elles peuvent exister ensemble, tout en conservant leur forme et leur caractère distinctif.
Dans les quatre tracés précédents, elles existent simultanément sur le même muscle.
Mais une déduction plus importante à faire ressortir, c'est l'analogie que pré- sente cette expérience avec ce que nous pouvons observer sur nous-même, dans les cas de contracture d'un muscle ou d'un groupe de muscle.
Comment peut-on, en effet, expliquer la contracture? Nous pouvons ad1nettre, dans une certaine mesure, que le muscle, après avoir été fatigué, sowmis à l'action des subs- tances acides qui se sont développées à son in- térieU1·, réagit idio-musculairement; nous pou- vons alors, dans cette rigidité chimique du muscle, faire implanter des contractions né- vro-musculaires qui seront de plus en plus limitées au fur et à mesure que nous nous approcherons du summum de la contracture.
GVëJWG'f"
:;:~~
Que donnerons-nous maintenant comme conclusion logique de ce travail? Il suffit de S8 rappeler les ques- tions posées dans l'introduction et, si nous pou v ons y répondre, le but sera atteint.
Or, nous nous demandions :
1 o Comment agissent ~ur le muscle, les substances chi- miques qui sont irritantes IJOUr le nerf?
2° Y a-t.-il de::; substances qui agissent comme irritants sur le muscle, sans affecter le nerf? et dans le cas affirmatif:
3° Y a-t-il pour ce::; dernièr8:-i contravtions des caractères particuliers ?
Pour répondre à la première question, il suffit de con- sulter, par exP111ple, les tracés obtenus par la Glycérine, où nous voyons que cette substance, agissant sur le nerf et sur le musclP, manif<Jste d'abord son action sur le nerf, puis est suivie d'une contraction qu'on doit attri- buer au muscle irrité directement. Ces deux contractions peuvent commencer à peu près en même temps, mais quand la pn~mière est achPvée, la deuxième se trouve encore dans les premiers stad'ium de sa croissance.
A la deuxième question nous pou v ons répondre atlir- mativement en disant que :
le sulfate de cui v re au 1
/Iu
et au 1/5,
le chlorure de cuivre au 1
/Io
et au 1/5,- 4 7 - 1e sulfate de zinc au 1/Io et au 1/s, le citrate de fer au 1:s et concentré, le nitrate d'argent. au 1/25 et au 1/5o, la potasse et la soude 7 à 0,5° /o,
la glycérine à 15°/0 , à 2, 3, 4 fois son vol. d'eau l'acide phosphorique, de 1-140 , ,
l'acide pyrophosphoriq. de 1-750 ,, , l'acide saruolactique de 1-270 , ,,
'
n'ont aucune aution sur le· nerf moteur, mais produisent sur la substance musculaire même une ir,ritat1on tt~lle
·qu'elle entre en contraction.
Que cette contraction, appelée cotltraction idio-mus- culaire soit toute différente de celle que l'on est habitué à voir après l'irritation du système nerveux-moteur, on
·s'en convaincL facilement à l'inspection des 205 tracés, sur lesquels repose le travail et que j'ai déposés aux ar- chives du laboratoire de Physiologie. Nous y voyons, -en effet, la contraction idio-musculaire se traduire par une ligne lentement ascendante, s'écartant insensible- ment de l'abcisse, continuant cette marche ascendante souvent pendant plusieurs tours de cylindre, se mainte- nant à ce niveau très longtemps, puis revenant enfin lentement vers son point de dép·u·t.
Donc : a) lente à venir, b) de longue durée, c) lente à disparaître.
Nous en avons du reste déjà parlé et donné la descrip...:
tion, page 17, tracé 1 de notre travail.
Il est dope bien prouvé que ces substances en agis- sant sur le rnuscle, ne sont pas des irritants gui agissent à la même manière d'une irritation longtemps continuée du nerf, mais agissent d'une autre façon, en donnant à la contraction une forme c·aractéristique pendant que,
- 4 8 -
du•·ant h-'ur action, le nerf irrité pnut encore répondre par le muscle à la manière d'une irntation nerveuse, c'est-à-dire par une contraction névro-musculaire.
Le muscle n'est donc pas une substanee irritable qui, comme on a cru, réagit de la mème manière à ses diffé- rents irritants, ùont le nerf excité serait l'irritant princi- pal, mais il réagit d'une nianière caractéristique à l'exci- tation dn nerf, que celui-ci soit sollicité dans le tronc ou dans ses distributions à l'intérieur dü muscle.
La faculté de Médecine autort:se l'impression de la
p1~ésentethèse_. sans
entend1~e paq~là émett1·e d' op1:n·ion sur les propositions qut: s'y trouvent énoncées.
G. JULLIARD,
Doyen de la Faculté.
GENÈVE, 8 novembre 1895.
APPENDICE.
Injection intra-musculaire
Injection intra-musculaire
Abscisse
Exemple de contraction idio- musculaire.
N? II.
~· ·.---. -
-- ---'tr~itations électriques Abscisse