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Exportations hors hydrocarbures. A quand un nouveau

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Academic year: 2022

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ISSN n° 2335-1047

N° 2523 – Dimanche 21 mars 2021 – Prix : 20 DA

Lire en page 19

XX XX

L’EN de football

La thérapie Belmadi

LIRE EN PAGE 19

Sit-in, hier, des journalistes du quotidien « Le Temps d’Algérie »

Le temps des uns et le temps des autres…

Lire en page 5

Salon international des travaux publics

Climat morose et des entreprises qui résistent

Lire en page 6

Régime des retraites

Bientôt la complémentaire !

Lire en page 7

PHOTO : ZOHEÏR ABERKANE

PHOTO : ZOHEÏR ABERKANE

Les transports collectifs ont été interrompus dans et vers la

métropole de Wuhan.

LIRE EN PAGE 5

Ciment du mouvement populaire

Quand le Hirak se conjugue

au féminin

Nadia Aït-Zai

Stéréotypes, ces pourvoyeurs

de sexisme

Hommes-femmes

Stéréotypes, ces pourvoyeurs

de sexisme

Dans les PME algériennes, la crainte de la faillite

Mesures urgentes face à la crise

économique

Matières premières

Des cours sous pression

Noureddine Legheliel, spécialiste pétrolier et ancien analyste à

la banque suédoise Carnegie

«Les prix du pétrole vont remonter à 40 dollars au cours du second trimestre 2020»

LIRE EN PAGES 2-3

LIRE EN PAGES 2-3

Dégringolade des prix du pétrole L’Opep et l’AIE s’inquiètent

des impacts «majeurs»

sur les producteursw

Pétrole, récession et propagation du coronavirus

Des mesures urgentes doivent être prises

La LFC 2020 en voie d’adoption par le Conseil des ministres

Une rupture avec l’Etat hyper dépensier ? NOUVELLE LOI

Les textes d’application avant septembre

SONATRACH

L’audit lancé la semaine prochaine

SONELGAZ

Sans le soutien de l’Etat, le dépôt de bilan

LIRE EN PAGES 2-3

XX XX XX XX XX XX

XX XX

LIRE EN PAGES 2-3-4 ET 5

XX XX

XX XX

LIRE EN PAGES 2-3

XX XX

Lire en pages 2-3

XX

PÉTROLE

 23,72% seulement du corps électoral national se sont exprimés

 66,80% des électeurs qui se sont rendus aux urnes ont voté en faveur de la révision constitutionnelle

Avant-projet de LF 2020

Exonération d’IRG pour les

entreprises exportatrices

LIRE EN PAGE 4

Affaire Tahkout

La défense de Yousfi réclame la relaxe, 18 ans de prison requis

contre l’homme d’affaires, 12 ans contre

Ouyahia et Sellal

LIRE EN PAGE 6

Projet de fabrication du vaccin russe Spoutnik V

Une démarche

«positive et possible»

«L’Observatoire national de veille»

installé aujourd’hui

Médicaments : fi ni les ruptures ?

Lire en pages 4-5

CRISE SANITAIRE

Actu

En raison de sa forte augmentation chez les pays pétroliers

Le FMI sonne le tocsin contre la dette publique

Lire en page 5

Régions

En raison de sa forte augmentation chez les pays pétroliers

Le FMI sonne le tocsin contre la dette publique

Lire en page 5

Culture

En raison de sa forte augmentation chez les pays pétroliers

Le FMI sonne le tocsin contre la dette publique

Lire en page 5

Sports

Une émission sur France 2 émet des allégations de dopage à l’endroit du triple médaillé olympique

Makhloufi roule propre jusqu’à preuve du contraire

Il a été élu «Meilleur footballeur algérien de l’histoire» dans un sondage organisé par le journal électronique «DZmatch»

Belloumi en roi

Lire en pages 10-11

Sean Connery, premier James Bond, n’est plus…

Le dernier roi d’Ecosse est parti

Lire en page 12

PHOTO : ZINEDINE ZEBAR PHOTO : ARCHIVES

CULTURE

LIRE EN PAGE 7

Hausse des cas confirmés, saturation des hôpitaux et services de réanimation

Covid-19 : la cote d’alerte

Quelques jours seulement après sa mise en vente

Le vaccin antigrippal se fait rare dans

les pharmacies

Lire en page 8

Ancien condamné à mort par la justice coloniale

Abdelkader Guerroudj s’en va à 92 ans

Lire en page 11

Le candidat démocrate élu 46 e président des USA

BIDEN-HARRIS DUO GAGNANT !

Lire en pages 11

811 CAS ET NOUVEAU PIC DE CONTAMINATIONS

CORONAVIRUS, VIGILANCE ORANGE

D r Mohamed Bekkat-Berkani

Pour une fermeture transitoire des écoles si la situation l’exige Constantine : Les hôpitaux saturés,

les lits en appoint se font désirer Tipasa : 7 nouveaux foyers

et indifférence générale

LIRE EN PAGES 2-3 ET 4

Elim.CAN-2022 (Groupe H)/ L’Algérie revient avec un nul du Zimbabwe (2-2)

et assure sa place pour le tournoi

L’EN SÉRIEUSEMENT BOUSCULÉE,

MAIS QUALIFIÉE !

LIRE EN PAGE 11

Avec un taux à la hausse en octobre

Crainte d’une future poussée infl ationniste

Marché pétrolier

Le Brent se rapproche des 50 dollars

LIRE EN PAGE 2-3

L’Algérie a enregistré près de 450 décès en 29 jours

COVID-19

NOVEMBRE, LE MOIS LE PLUS

MEURTRIER

LIRE EN PAGE 6

Professeur Foudil Khelifa, virologue

«Une troisième vague n’est pas à écarter»

Lire en page 3

Deux semaines après les avoir invités à débattre

Des syndicats

rappellent à Ouadjaout son offre de dialogue

Lire en page 4

Après les aménagements apportés au dispositif Ansej

Le dossier du pré- emploi demain sur la table du Gouvernement

Lire en page 5

Pétrochimie

Algérie et Nigéria,

puissantes plateformes de raffi nage en Afrique

Marché pétrolier

Covid 19 et mauvais virage des prix du brut

Lire en page 6

Coupe de la Confédération CAF (US Gendarmerie Nationale – JS Kabylie, à 15h30)

Les «Canaris» à l’heure africaine

Lire en page 11

Liquidités bancaires LES ÉLÉMENTS DE

LA CRISE ET LES EXPLICATIONS DE

RACHID SEKAK

LIRE EN PAGE 6

Médicaments

«Rupture de stock»

et nouvelle fi èvre chez les pharmaciens

Le SNAPO à Constantine

Mot d’ordre de boycott des distributeurs

LIRE EN PAGE 5

Prix à la consommation

SUCRE, HUILE DE TABLE ET PÂTES

ALIMENTAIRES EN HAUSSE

Note de conjoncture du think tank Care

Le chômage en fort hausse à fi n 2020

Une affaire qui ébranle l’Office des céréales

Résidus de

pesticides dans le blé avarié lituanien

LIRE EN PAGE 5

Diplomatie algérienne

Le carré africain et les signaux de fumée de la Maison-Blanche

AVIS À NOS LECTEURS

Nous informons nos chers lecteurs qu’à partir de dimanche 17 janvier, le prix de leur quotidien dans les kiosques passera de 10 à 20 DA.

LIRE EN PAGES 2-3-4 ET 5

Minerai de fer

Gara Djebilet, fi lon de l’autosuffi sance

Transsaharienne

Le rêve algérien d’un grand corridor commercial

LIRE EN PAGES 2-3

LIRE EN PAGE 7

Libye

NOUVELLE PHASE DE TRANSITION ET

DERNIÈRE LIGNE DROITE AVANT

DES ÉLECTIONS

Abdelhamid Dbeibah, Premier ministre libyen par intérim.

Lutte anti-Covid 19

Accord Algérie-UE de 43 millions d’euros

LIRE EN PAGE 4

Sur fond de mise en garde du ministère de l’Industrie pharmaceutique

LE SNAPO

SE DÉFEND ET INSISTE SUR LA LÉGALITÉ DE SON ACTION

LIRE EN PAGE 4

ABDELOUAHED KERRAR, PRÉSIDENT DE L’UNOP

«Les solutions magiques et instantanées n’existent pas !»

LIRE EN PAGES 3-4 ET 5

Droits des consommateurs

Des lois à l’épreuve du terrain

Entre inflation, salaires et érosion du pouvoir d’achat

Temps diffi ciles pour les ménages

LIRE EN PAGES 2-3

Une année après la décision sanitaire de les verrouiller

Frontières fermées, des Algériens dans

tous leurs états

LIRE EN PAGE 5

Importation de matières premières et produits finis

De nouvelles règles du jeu

Lire en page 4

Anti-corruption

Rappel de la lutte sur fond de note polémique

Lire en page 5

Alors que Mohcine Belabbas renonce à briguer la présidence au prochain congrès du parti

Le RCD dit « non » au rendez-vous du 12 juin

Lire en page 6

Avis favorable sur le vaccin AstraZeneca

Soulagement dans les pays utilisateurs, mais prudence de mise

Approvisionnement en eau potable du grand Alger

Les robinets à sec pendant 4 jours !

Lire en page 7

Hind Benmiloud, avocate spécialisée en droit des affaires, experte en droit des technologies du numérique

«La presse à l’épreuve de la concurrence du net et des risques accrus de diffamation et de Fake News»

Lire en page 8

Tanzanie

Samia Suluhu

Hassan, une dame à la tête du pays

Lire en page 9

Ligue 1/La défalcation de 6 points pour avoir aligné un joueur suspendu gâche l’ascension du club

JS Saoura : La bourde qui plombe l’aplomb

Lire en page 10

A quand un nouveau

régime des changes ?

Exportations hors hydrocarbures

CULTURE

Journée internationale des mathématiques

Pour en fi nir avec le «zéro en maths»

LIRE EN PAGE 4

Les exportations hors hydrocarbures occupent à nouveau le débat économique et commercial en Algérie. A l’origine de ce regain d’intérêt, l’annonce toute récente du ministère des Aff aires étrangères de s’engager dans l’appui et l’accompagnement de nos opérateurs sur les marchés extérieurs. Mais est-ce que cela sera suffi sant pour enchanter un segment fragile de notre commerce extérieur ? Les experts et les associations patronales

applaudissent, mais plaident d’abord la révision du régime des changes qu’ils considèrent comme un véritable obstacle au business et un frein au développement des activités export.

Ali-Bey Nasri, président de l’Association nationale des exportateurs algériens

«Il faut que le régime des changes soit modernisé et non plus modifi é

par le bas uniquement»

LIRE EN PAGES 2-3 ET 4

Algérie-France

LE NUCLÉAIRE, NOYAU DU

CONTENTIEUX MÉMORIEL

LIRE EN PAGE 5

(2)

ACTUJOURD'HUI

d i m a n c h e 2 1 m a r s 2 0 2 1

2 ACTUJOURD'HUI

d i m a n c h e 2 1 m a r s 2 0 2 1

3

le point brèves

commentaire divers

l’entretien baromètre tendances repères verbatim empreinte up-down bon à savoir entretien sans détour

fi lm d'un jour, fi lm de toujours

à utiliser pour le sport dans les divisions et autres

le point

Abderrahmane Benkhalfa, ancien ministre des Finances : «Notre système de change doit être revisité et re-modernisé pour créer de l’attractivité, pour fructifier nos capitaux et attirer les capitaux étrangers en veillant aux règles prudentielles et de sécurité, en luttant contre l’évasion des capitaux et le blanchiment,

sans pénaliser les courants d’affaires. Notamment pour l’exportation des biens et des services».

En 2020, 1 219 exportateurs algériens de différents produits ont été recensés. Le montant des recettes réalisées durant l’année écoulée est quant à lui de 2,26 milliards de dollars, en baisse de 312

millions de dollars (12, 59%) par rapport à l’exercice 2019 au cours duquel il a été de 2,58 milliards.

le point

Pour une diplomatie rentable

PAR SALIM KOUDIL

En temps de crise, il est impérieux d’exploiter toutes les potentialités pour espérer renfl ouer les caisses et ainsi pouvoir surmonter les obstacles. Ce raisonnement peut s’appliquer au

responsable d’un foyer, au chef d’entreprise ou un ministre, ou encore un Premier ministre. Des profi ls qui subissent, actuellement, les retombées d’une double crise, sanitaire et celle de la baisse des prix du pétrole.

Le gouvernement se devait donc de trouver des «niches» rentables. Il y a évidemment le monde des start-ups dont les retombées ne peuvent être palpables qu’à moyen et long termes, mais il y a également un autre secteur qui peut renfl ouer les caisses publiques, celui de l’exportation des hydrocarbures, qui a toujours été dominant, et qui est, actuellement, et depuis au moins une année, en bien mauvaise posture.

Se contenter de se lamenter ne peut, et ne pouvait pas, être une solution, même momentanée. D’où l’importance des exportations hors hydrocarbures, qui auraient pu être depuis longtemps bien

«placées» dans le classement des secteurs à grande rentabilité. Malheureusement, les faits montrent que même avec de grandes potentialités, l’Algérie n’arrive toujours pas à profi ter de ses atouts. Les chiffres sont là.

Le montant des recettes des exportations hors hydrocarbures, en 2020, ne

représentent que 9,48% du volume global.

C’est très peu, surtout lorsqu’il s’agit d’un pourcentage par rapport à 24 milliards de dollars. Les opérateurs nationaux affi rment souvent que l’une des principales raisons à cette piètre «prestation» ce sont les diffi cultés réglementaires et administratives qu’ils subissent. Une vérité que personne ne pourra nier. Trouver une solution à ce problème bien épineux sera-t-il suffi sant ? Sans doute pas, et c’est là qu’entre en lice la nouvelle donne récemment imposée par le ministère des Affaires étrangères. Elle est représentée par cinq lettres, BIPIE, et sa mission devrait être salutaire pour les exportations algériennes. Il s’agit de l’ouverture du Bureau d’information et de promotion des investissements et des exportations, annoncée le 25 février dernier par le département de Sabri Boukadoum. Ce BIPIE va sans aucun doute pouvoir effacer la piètre image des

ambassades et consulats algériens, qui ont très souvent été synonymes de «lieux de repos» pour les privilégiés du système. Le bureau va mettre à contribution les postes diplomatiques qui vont devoir respecter des cahiers des charges en termes

d’objectifs chiffrés en matière économique.

Il est d’autant important que la crise sanitaire a rendu très diffi cile les déplacements à l’étranger. Le télétravail s’étant imposé, il est temps que la diplomatie économique puisse se concrétiser.

PAR NORDINE AZZOUZ

Exportations

hors hydrocarbures, un nouveau départ ? Aux quelques opérateurs à qui elle est posée, la question fait sourire.

«Avec deux milliards et des poussières en 2020, ce n’est pas le jackpot», réagit Ali Boumediène, patron de Bomare et lauréat du prix du meilleur exportateur pour l’année 2019. Ce propriétaire d’une entreprise spé- cialisée dans la fabrication de téléviseurs et d’équipements électroménagers estime né- cessaire d’avoir «davantage de monde dans le milieu algérien de l’export et moins de dif- fi cultés réglementaires et administratives à condition d’éviter un nouveau eff et Covid comme en 2020», pour espérer atteindre les 4 à 5 milliards de dollars annuellement.

En citant ces chiff res, cet opérateur fait réfé- rence à l’objectif que se fi xe le gouverne- ment en matière de recettes d’exportations.

Le 3 mars dernier, lors de la signature d’une

«convention de soutien aux jeunes promo- teurs dans leurs activités» à l’international avec son homologue des micro-entreprises Nassim Diafat, le ministre du Commerce, Kamel Rezig, s’est même laissé aller au chif- fre de «5 milliards de dollars» hors revenus pétro-gaziers. «Il faudra beaucoup d’eff orts pour y arriver», commente Ouahiba Bahloul, Directrice générale de la Chambre de com- merce et d’industrie (Caci). Interrogée par Reporters au lendemain d’un «webinaire»

sur l’exportation des services, le 14 mars 2021, elle ajoute que les «intentions sont

bonnes», mais que le terrain reste «parsemé d’embûches».

Au premier rang des contraintes, les «tracas- series administratives et bureaucratiques» et le «régime des changes qu’il faut revoir im- pérativement», a indiqué Mme Bahloul.

«Tous les opérateurs et intervenants de la chaîne des exportations sont unanimes à re- vendiquer une réforme de ce régime», insis- te le président de l’Association nationale des exportateurs algériens (Anexal). Dans l’en-

tretien accordé à Reporters, Ali-Bey Nasri se montre plus tranchant : «La révision de la réglementation des changes ne relève plus du souhait, mais de l’exigence», clame-t-il.

«Ou bien on continue comme si de rien n’était et on poursuit le confi nement de l’opérateur algérien performant au seul mar- ché national, sous la cloche d’une réglemen- tation d’un autre temps et que les prudences de la Banque d’Algérie ne justifi ent pas, en ce qui concerne certaines de ses disposi-

SYNTHÈSE KAHINA SIDHOUM

Jeudi,

25 février, les Aff aires étrangères ont ouvert le Bureau d’information et de promotion des investissements et des expor- tations (BIPIE). Inaugurée par le chef de la diplomatie Sabri Boukadoum, cette struc- ture, qui dépend de la Direction de la pro- motion et du soutien aux échanges écono- miques du ministère, est créée pour ac- cueillir et soutenir les entreprises algérien- nes engagées dans des opérations d’exporta- tion ou de partenariat avec des opérateurs internationaux. Elle est destinée à les rece- voir pour les informer, les accompagner et leur faire bénéfi cier du réseau des chargés des aff aires économiques et commerciales de l’ensemble des missions diplomatiques algériennes.

La «démarche vise à adapter la diplomatie du pays de sorte à atteindre les objectifs de réussite de la relance économique tout en créant un réseau collaboratif impliquant les diplomates algériens à travers le monde», a souligné M. Boukadoum lors de la cérémo- nie d’inauguration. Dimanche, 14 mars, l’ambassadeur conseiller Smaïl Benamara

indiquait, au cours d’une rencontre à la Caci avec des chefs d’entreprise, que des conseillers économiques des représenta- tions diplomatiques et consulaires d’Algérie à l’étranger allaient bénéfi cier d’une forma- tion sur les aspects de diplomatie économi- que, de techniques de négociations et d’an- glais économique, afi n d’off rir le soutien et les informations nécessaires aux exporta- teurs nationaux. Mais aussi d’encourager et d’accompagner les opérateurs nationaux potentiellement destinés à l’exportation.

En 2020, les services chargés du commerce extérieur ont recensé un total de 1 219 ex- portateurs algériens de diff érents produits.

Un nombre qui reste modeste et signifi catif des diffi cultés dans lesquelles se débat l’en- treprise algérienne et des peines qu’elle ren- contre à se développer pour prétendre aux marchés étrangers. Qui explique aussi le montant des recettes réalisées durant l’an- née écoulée : plus de 2,26 milliards de dol- lars, en baisse de 312 millions de dollars (12, 59%) par rapport à l’exercice 2019 au cours duquel il a été de 2,58 milliards.

En 2020, également, les exportations hors hydrocarbures (HH) ont représenté, selon le

bilan du ministère du Commerce, 9,48% du volume global des exportations algériennes, 24 milliards de dollars contre 34,8 milliards de dollars en 2019 (-33,57%), une baisse là- aussi et qu’on explique par l’eff et-choc de la crise sanitaire mondiale, fortement ressenti dans le secteur du pétrole et du gaz . Quand on regarde de près la structure des exportations HH, on constate que les en- grais minéraux et chimiques sont à la tête des produits algériens les plus vendus à l’étranger, 733,97 millions de dollars en 2020 contre 728,48 millions en 2019 soit une hausse de 0,75%. Or, ces produits pro- viennent de la transformation de produits hydrocarbures et n’incitent pas réellement à l’euphorie.

Dans l’agro-alimentaire, l’Algérie a exporté pour 303 millions de dollars en sucre en 2020 contre 260 millions en 2019 (+16,80%), ce qui confi rme la capacité de progression de cette fi lière. Il en est de même pour le ciment dont la vente a généré 81,8 millions de dollars en 2020, en aug- mentation de 34,87% par rapport à 2019 où il a rapporté un peu plus de 60 millions de dollars (60,60 millions USD).

Les engrais minéraux et produits chimiques en tête

Exportations hors hydrocarbures

A quand un nouveau régime des changes ?

Les exportations hors hydrocarbures occupent à nouveau le débat économique et commercial en Algérie. A l’origine de ce regain d’intérêt, l’annonce toute récente du ministère des

Aff aires étrangères de s’engager dans l’appui et l’accompagnement de nos opérateurs sur les marchés extérieurs. Mais est-ce que cela sera suffi sant pour enchanter un segment fragile de notre commerce extérieur ? Les experts et les associations patronales applaudissent, mais plaident d’abord la révision du régime des changes qu’ils considèrent comme un véritable obstacle au business et un frein au développement des activités export.



ENTRETIEN RÉALISÉ PAR NORDINE AZZOUZ

Reporters : Le ministère des Affaires

étrangères annonce la mise en pla-

ce d’un dispositif d’appui aux ex- portateurs nationaux et s’engage à

soutenir leurs activités par le conseil et l’expertise à travers nos ambassades et représentations di- plomatiques dans le monde. Qu’en

pense l’Anexal ?

Ali-Bey Nasri :

C’est un maillon qui vient compléter la chaîne d’appui à l’exportation. Ce maillon dont je parle est important et nous en sommes très heureux. Il vient renforcer tous les opérateurs qui ont besoin de «performer» leurs produits à l’international. Nombre d’entre eux sont dans une situation de forte maturation de leurs activités à l’échelle nationale. Ils ont donc plus que jamais besoin de se projeter hors de nos frontières. L’engagement du ministère des Affaires étrangères à les accompagner est pour eux un signal fort d’encouragement et une ga- rantie même si, bien entendu, elle ne suffi t pas, à elle seule, dans l’acte d’exporter. Je dirai aussi que cet engagement vient mettre fi n à une cer- taine réticence qu’on a observé par le passé chez certains de nos représentants diplomatiques à l’égard de nos exportateurs.

De quelle réticence s’agit-il ? Avant la décision à la fi n mois de février der- nier du ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, d’aller vers des mesures pour ren- forcer la diplomatie économique du pays et de mobiliser une partie de ses structures, pour l’ap- pui à l’export, à travers la mise en place d’un ré- seau de chargés d’affaires économiques et capa- ble d’agir en réseau interactif avec nos opérateurs à l’international, la situation était aléatoire sinon fl oue. La mission du conseil et du soutien écono- miques était presque laissée à la libre initiative de nos ambassadeurs et représentants diplomati- ques. Certains étaient très engagés et n’hésitaient pas à ouvrir grand leurs portes. D’autres, en re- vanche, avaient des réactions négatives et ne semblaient pas mesurer, quand on les rencon- trait dans les foires et salons, l’effort et le risque que cela représente pour un chef d’entreprise d’aller à la prospection de nouveaux marchés. Pour répondre à votre question, les choses sont aujourd’hui plus claires. Nous avons un grand ministère de souveraineté qui affi che sa volonté de soutenir l’exportation et d’attirer l’investisse- ment en Algérie et annonce mobiliser une partie de sa ressource humaine pour cet objectif.

Selon l’ambassadeur Smaïl Benama- ra, Conseiller au ministère des Affai- res étrangères, les futurs conseillers

économiques au sein de nos repré- sentations à l’étranger sont encore

au stade de la formation… Qu’importe. C’est un premier pas encoura- geant et la formation est nécessaire car l’enjeu est d’aller vers une diplomatie d’infl uence à forte déclinaison économique. C’est excellent que d’avoir en pays étranger un diplomate algérien qui a la connaissance du terrain et capable d’exercer un lobbying auprès des acteurs et des décideurs qui s’y trouvent et que vous voulez rencontrer. Son conseil est un bon fi l d’Ariane pour ceux qui veulent aller vite dans l’approche de leurs marchés et dans l’anticipation de leurs tendances et de leur potentiel de développement par secteur. Pour ceux d’entre nos opérateurs

qui s’intéressent aux marchés africains, par exemple, où la bonne information est plus que nécessaire et où l’aspect politique est aussi pré- sent, ce diplomate-conseiller va être la bonne adresse à solliciter. Maintenant, une fois les ques- tions de formation réglées, il s’agira d’aller vite dans la mise en opération du réseau d’appui an- noncé.

Vous disiez que l’appui de notre diplo- matie n’est pas la seule garantie d’appui à l’export. A quoi songez-vous ?

La législation algérienne des changes est de- venue d’une extrême lourdeur et d’une extrême contrainte en ce qui concerne l’acte d’exporter. La fl exibilité que nous attendions à ce sujet n’est toujours pas là et ne semble pas être au program- me en dépit de nos appels incessants à sa révi- sion et à son assouplissement. Ce qui pénalise les exportateurs dans leurs opérations et les dé- courage, alors que l’objectif est de renforcer les exportations hors hydrocarbures et de réduire progressivement les importations. Sans une acti- vité d’export dynamique, on ne peut espérer à moyen et long termes aboutir à un équilibre de notre commerce extérieur. Sans la présence per- manente d’opérateurs nationaux dans les mar- chés extérieurs, on ne peut pas non plus espérer faire de l’Algérie un pays attractif des IDE et des capitaux étrangers. C’est une dialectique à la- quelle on ne peut pas échapper. Aujourd’hui, nous avons des entreprises qui sont arrivées à un stade où elles ont besoin de poursuivre leur dé- veloppement et de le consolider en s’installant dans les pays avec lesquels elles réalisent aujourd’hui des courants d’affaires. D’abord, pour étendre leurs réseaux respectifs dans les pays-destination, ensuite, pour disposer d’eux- mêmes de la valeur ajoutée de leurs activités et des marges commerciales, souvent importantes, qui reviennent à l’importateur de leurs produits ou à l’intermédiaire local, et de les mobiliser dans des investissements futurs. Le problème est que toutes ces entreprises exportatrices sont unanimes à dire que notre régime des changes constitue un frein à leurs activités et à l’ambition de les étendre.

Un exemple à donner à ce sujet ? L’exemple que je peux vous donner parmi d’autres est celui des fabricants algériens qui opèrent à l’international et dont le produit fi ni est volumineux et soumis à des droits de douane élevés. S’il leur est permis d’utiliser plus libre- ment leurs comptes devises et d’installer des li- gnes de conditionnement dans les pays vers les- quels ils exportent, les droits auxquels ils sont soumis baisseront automatiquement. La valeur ajoutée dont profi te l’importateur ou l’intermé- diaire qui travaille avec eux reviendra à l’Algérie sous forme de dividendes selon le schéma par- tout en vigueur dans le monde. A une ou deux exceptions près, tous nos opérateurs à l’export sont dans une situation où il ne leur est pas pos- sible de s’installer à l’étranger en raison des res- trictions imposées au transfert des capitaux. Ce qui fait de l’Algérie le seul pays au monde à inter- dire à ces opérateurs de s’installer à l’étranger et d’y investir. Or, il s’agit de faire exactement com- me ces milliers d’entreprises étrangères qui in- vestissent en Algérie - elles sont 11 000 - pour faire profi ter les économies de leurs pays respec- tifs selon le schéma adopté par le marché. Il faut que les autorités comprennent que ce qui est va- lable pour les étrangers en Algérie l’est aussi pour les Algériens à l’étranger. D’autant que l’une des perspectives à venir est offerte par la

Zone de libre-échange économique continentale africaine, la Zlecaf. Il s’agit d’un accord global où la partie investissement est très importante. Si nos opérateurs ne s’installent pas dans certains pays de cette zone, notamment limitrophes de notre pays, d’autres le feront à notre place pour s’adresser ensuite au marché algérien.

Que préconisez-vous ? L’Anexal a fait une série de propositions (lire article en page 2) pour une plus grande fl exibili- té du régime des changes et pour que la diplo- matie économique ne soit pas contrainte dans son ambition de faire de l’exportateur algérien un levier de croissance à part entière. Il faut que le régime des changes soit revisité et modernisé et non plus modifi é par le bas uniquement. En Tunisie, ils ont un dispositif qui s’appelle le

«Fonds d’accès au marché extérieur» ou Famex. C’est une aide aux exportateurs tunisiens d’in- vestir et de s’installer à l’étranger. Pourquoi ne pas réfl échir à une formule pareille ? Pourquoi ne pas revoir le règlement 14/04 de la Banque d’Algérie de septembre 2014, pour que l’investis- sement et/ou la représentation à partir du comp- te devises exportateur devienne libre. Pour que l’exportateur dispose librement de son propre compte devises sans aucune restriction de la Banque d’Algérie. Pour que le service après-vente soit reconnu à l’export comme une activité né- cessitant de la ressource en monnaie étrangère. En matière de rétrocession des recettes d’expor- tation, l’instruction 05-2011 article1er dispose que l’utilisation de compte devises Exportateur peut être utilisé librement à la discrétion de l’ex- portateur et sous sa responsabilité dans le cadre de la promotion de ses exportations, la quote- part est de 20% des recettes rapatriées. C’est sans doute intéressant pour les entités qui réalisent de petites opérations à l’international, mais ça l’est moins pour les entreprises qui ont un volu- me d’affaires conséquent, parce qu’il y a une tra- çabilité des transferts de fonds… En ce qui concerne le défi cit commercial, on était à 6 mil- liards de dollars en 2019. Aujourd’hui, on est passé à 11 milliards parce qu’on dépend trop dangereusement des recettes des hydrocarbures et parce qu’on a pris du retard à diversifi er notre outil économique.

(Suite en page 4) tions, ou bien, on saute le pas pour

le bien de l’entreprise et de l’éco- nomie du pays», s’exprime-t-il en- core sur le même ton.

«Entre les deux attitudes, ajoute-t- il, le choix doit être vite fait. Cer- taines de nos PME sont en situation de pouvoir et de devoir mieux s’ex- primer à l’international. Si elles ne le font pas comme elles le souhai- tent, la concurrence ne leur laissera pas de place et fi nira même par proposer ses produits ici-même en Algérie à la faveur des accords si- gnés, par exemple, pour la zone li- bre-échange continentale africai- ne».Par «mieux s’exprimer», Ali-Bey Nasri entend la liberté pour l’ex- portateur de «disposer librement de son compte devises» sans res- triction de la Banque d’Algérie.

Dans un document portant «mesu- res à très court terme» pour «l’amé- lioration du dispositif encadrant les opérations d’exportation», son association, l’Anexal, propose de revoir, suivant la même logique, le règlement 14.04 sur les investisse- ments et l’ouverture de bureaux de représentations à l’étranger. Elle recommande entre autres la dis- pensation de la domiciliation ban- caire pour les petites opérations d’importation/exportation, ainsi que l’autorisation «explicite» de l’exportateur à fi nancer «à partir de son compte devise» les opéra- tions et prestations de service tel- les le transit, le transport, le dé- douanement, la publicité, le mar- keting, la formation… En somme, tout ce que la législation actuelle ne permet pas ou soumet à des res- trictions susceptibles de «traduire l’opérateur en justice». L’expres- sion est d’un chef d’entreprise de l’Ouest algérien qui évoque les

«problèmes de rétrocession et de rapatriement» des devises, dont une partie est utilisée dans le pays vers lequel il exporte et qu’«on considère comme un défaut de ra- patriement»

«Il faut revoir les modalités de ré- trocession», répercute M. Nasri, pour mettre l’accent sur «le partage entre l’Etat et l’exportateur de la valeur ajoutée générée par la ba- lance devise», comprenant «le coût de matière première importée pour la fabrication de son produit et le montant de la facture export». Avec quelle chance d’écoute ? «On ne sait pas encore, mais on espère qu’elle sera forte», répondra-t-il à la question sur ces échos selon les- quels le gouvernement serait sur le point de «toiletter» la réglementa- tion des changes.

Dans une déclaration toute récente, l’ancien ministre des Finances, Ab- derrahmane Benkhalfa, revenu aujourd’hui à son métier d’experti- se, déclare qu’il est «avec ceux qui appellent à la révision du régime de change». «Notre système de change doit être revisité et re-modernisé pour créer de l’attractivité, pour fructifi er nos capitaux et attirer les capitaux étrangers en veillant aux règles prudentielles et de sécurité, en luttant contre l’évasion des capi- taux et le blanchiment, sans pénali- ser les courants d’aff aires. Notam- ment pour l’exportation des biens et des services». A suivre, donc.



Ali-Bey Nasri, président de l’Association nationale des exportateurs algériens

«Il faut que le régime des changes soit modernisé

et non plus modifié par le bas uniquement»

(3)

ACTUJOURD'HUI

d i m a n c h e 2 1 m a r s 2 0 2 1

2 ACTUJOURD'HUI

d i m a n c h e 2 1 m a r s 2 0 2 1

3

le point brèves

commentaire divers

l’entretien baromètre tendances repères verbatim empreinte up-down bon à savoir entretien sans détour

fi lm d'un jour, fi lm de toujours

à utiliser pour le sport dans les divisions et autres

le point

Abderrahmane Benkhalfa, ancien ministre des Finances : «Notre système de change doit être revisité et re-modernisé pour créer de l’attractivité, pour fructifier nos capitaux et attirer les capitaux étrangers en veillant aux règles prudentielles et de sécurité, en luttant contre l’évasion des capitaux et le blanchiment,

sans pénaliser les courants d’affaires. Notamment pour l’exportation des biens et des services».

En 2020, 1 219 exportateurs algériens de différents produits ont été recensés. Le montant des recettes réalisées durant l’année écoulée est quant à lui de 2,26 milliards de dollars, en baisse de 312

millions de dollars (12, 59%) par rapport à l’exercice 2019 au cours duquel il a été de 2,58 milliards.

le point

Pour une diplomatie rentable

PAR SALIM KOUDIL

En temps de crise, il est impérieux d’exploiter toutes les potentialités pour espérer renfl ouer les caisses et ainsi pouvoir surmonter les obstacles. Ce raisonnement peut s’appliquer au

responsable d’un foyer, au chef d’entreprise ou un ministre, ou encore un Premier ministre. Des profi ls qui subissent, actuellement, les retombées d’une double crise, sanitaire et celle de la baisse des prix du pétrole.

Le gouvernement se devait donc de trouver des «niches» rentables. Il y a évidemment le monde des start-ups dont les retombées ne peuvent être palpables qu’à moyen et long termes, mais il y a également un autre secteur qui peut renfl ouer les caisses publiques, celui de l’exportation des hydrocarbures, qui a toujours été dominant, et qui est, actuellement, et depuis au moins une année, en bien mauvaise posture.

Se contenter de se lamenter ne peut, et ne pouvait pas, être une solution, même momentanée. D’où l’importance des exportations hors hydrocarbures, qui auraient pu être depuis longtemps bien

«placées» dans le classement des secteurs à grande rentabilité. Malheureusement, les faits montrent que même avec de grandes potentialités, l’Algérie n’arrive toujours pas à profi ter de ses atouts. Les chiffres sont là.

Le montant des recettes des exportations hors hydrocarbures, en 2020, ne

représentent que 9,48% du volume global.

C’est très peu, surtout lorsqu’il s’agit d’un pourcentage par rapport à 24 milliards de dollars. Les opérateurs nationaux affi rment souvent que l’une des principales raisons à cette piètre «prestation» ce sont les diffi cultés réglementaires et administratives qu’ils subissent. Une vérité que personne ne pourra nier. Trouver une solution à ce problème bien épineux sera-t-il suffi sant ? Sans doute pas, et c’est là qu’entre en lice la nouvelle donne récemment imposée par le ministère des Affaires étrangères. Elle est représentée par cinq lettres, BIPIE, et sa mission devrait être salutaire pour les exportations algériennes. Il s’agit de l’ouverture du Bureau d’information et de promotion des investissements et des exportations, annoncée le 25 février dernier par le département de Sabri Boukadoum. Ce BIPIE va sans aucun doute pouvoir effacer la piètre image des

ambassades et consulats algériens, qui ont très souvent été synonymes de «lieux de repos» pour les privilégiés du système. Le bureau va mettre à contribution les postes diplomatiques qui vont devoir respecter des cahiers des charges en termes

d’objectifs chiffrés en matière économique.

Il est d’autant important que la crise sanitaire a rendu très diffi cile les déplacements à l’étranger. Le télétravail s’étant imposé, il est temps que la diplomatie économique puisse se concrétiser.

PAR NORDINE AZZOUZ

Exportations

hors hydrocarbures, un nouveau départ ? Aux quelques opérateurs à qui elle est posée, la question fait sourire.

«Avec deux milliards et des poussières en 2020, ce n’est pas le jackpot», réagit Ali Boumediène, patron de Bomare et lauréat du prix du meilleur exportateur pour l’année 2019. Ce propriétaire d’une entreprise spé- cialisée dans la fabrication de téléviseurs et d’équipements électroménagers estime né- cessaire d’avoir «davantage de monde dans le milieu algérien de l’export et moins de dif- fi cultés réglementaires et administratives à condition d’éviter un nouveau eff et Covid comme en 2020», pour espérer atteindre les 4 à 5 milliards de dollars annuellement.

En citant ces chiff res, cet opérateur fait réfé- rence à l’objectif que se fi xe le gouverne- ment en matière de recettes d’exportations.

Le 3 mars dernier, lors de la signature d’une

«convention de soutien aux jeunes promo- teurs dans leurs activités» à l’international avec son homologue des micro-entreprises Nassim Diafat, le ministre du Commerce, Kamel Rezig, s’est même laissé aller au chif- fre de «5 milliards de dollars» hors revenus pétro-gaziers. «Il faudra beaucoup d’eff orts pour y arriver», commente Ouahiba Bahloul, Directrice générale de la Chambre de com- merce et d’industrie (Caci). Interrogée par Reporters au lendemain d’un «webinaire»

sur l’exportation des services, le 14 mars 2021, elle ajoute que les «intentions sont

bonnes», mais que le terrain reste «parsemé d’embûches».

Au premier rang des contraintes, les «tracas- series administratives et bureaucratiques» et le «régime des changes qu’il faut revoir im- pérativement», a indiqué Mme Bahloul.

«Tous les opérateurs et intervenants de la chaîne des exportations sont unanimes à re- vendiquer une réforme de ce régime», insis- te le président de l’Association nationale des exportateurs algériens (Anexal). Dans l’en-

tretien accordé à Reporters, Ali-Bey Nasri se montre plus tranchant : «La révision de la réglementation des changes ne relève plus du souhait, mais de l’exigence», clame-t-il.

«Ou bien on continue comme si de rien n’était et on poursuit le confi nement de l’opérateur algérien performant au seul mar- ché national, sous la cloche d’une réglemen- tation d’un autre temps et que les prudences de la Banque d’Algérie ne justifi ent pas, en ce qui concerne certaines de ses disposi-

SYNTHÈSE KAHINA SIDHOUM

Jeudi,

25 février, les Aff aires étrangères ont ouvert le Bureau d’information et de promotion des investissements et des expor- tations (BIPIE). Inaugurée par le chef de la diplomatie Sabri Boukadoum, cette struc- ture, qui dépend de la Direction de la pro- motion et du soutien aux échanges écono- miques du ministère, est créée pour ac- cueillir et soutenir les entreprises algérien- nes engagées dans des opérations d’exporta- tion ou de partenariat avec des opérateurs internationaux. Elle est destinée à les rece- voir pour les informer, les accompagner et leur faire bénéfi cier du réseau des chargés des aff aires économiques et commerciales de l’ensemble des missions diplomatiques algériennes.

La «démarche vise à adapter la diplomatie du pays de sorte à atteindre les objectifs de réussite de la relance économique tout en créant un réseau collaboratif impliquant les diplomates algériens à travers le monde», a souligné M. Boukadoum lors de la cérémo- nie d’inauguration. Dimanche, 14 mars, l’ambassadeur conseiller Smaïl Benamara

indiquait, au cours d’une rencontre à la Caci avec des chefs d’entreprise, que des conseillers économiques des représenta- tions diplomatiques et consulaires d’Algérie à l’étranger allaient bénéfi cier d’une forma- tion sur les aspects de diplomatie économi- que, de techniques de négociations et d’an- glais économique, afi n d’off rir le soutien et les informations nécessaires aux exporta- teurs nationaux. Mais aussi d’encourager et d’accompagner les opérateurs nationaux potentiellement destinés à l’exportation.

En 2020, les services chargés du commerce extérieur ont recensé un total de 1 219 ex- portateurs algériens de diff érents produits.

Un nombre qui reste modeste et signifi catif des diffi cultés dans lesquelles se débat l’en- treprise algérienne et des peines qu’elle ren- contre à se développer pour prétendre aux marchés étrangers. Qui explique aussi le montant des recettes réalisées durant l’an- née écoulée : plus de 2,26 milliards de dol- lars, en baisse de 312 millions de dollars (12, 59%) par rapport à l’exercice 2019 au cours duquel il a été de 2,58 milliards.

En 2020, également, les exportations hors hydrocarbures (HH) ont représenté, selon le

bilan du ministère du Commerce, 9,48% du volume global des exportations algériennes, 24 milliards de dollars contre 34,8 milliards de dollars en 2019 (-33,57%), une baisse là- aussi et qu’on explique par l’eff et-choc de la crise sanitaire mondiale, fortement ressenti dans le secteur du pétrole et du gaz . Quand on regarde de près la structure des exportations HH, on constate que les en- grais minéraux et chimiques sont à la tête des produits algériens les plus vendus à l’étranger, 733,97 millions de dollars en 2020 contre 728,48 millions en 2019 soit une hausse de 0,75%. Or, ces produits pro- viennent de la transformation de produits hydrocarbures et n’incitent pas réellement à l’euphorie.

Dans l’agro-alimentaire, l’Algérie a exporté pour 303 millions de dollars en sucre en 2020 contre 260 millions en 2019 (+16,80%), ce qui confi rme la capacité de progression de cette fi lière. Il en est de même pour le ciment dont la vente a généré 81,8 millions de dollars en 2020, en aug- mentation de 34,87% par rapport à 2019 où il a rapporté un peu plus de 60 millions de dollars (60,60 millions USD).

Les engrais minéraux et produits chimiques en tête

Exportations hors hydrocarbures

A quand un nouveau régime des changes ?

Les exportations hors hydrocarbures occupent à nouveau le débat économique et commercial en Algérie. A l’origine de ce regain d’intérêt, l’annonce toute récente du ministère des

Aff aires étrangères de s’engager dans l’appui et l’accompagnement de nos opérateurs sur les marchés extérieurs. Mais est-ce que cela sera suffi sant pour enchanter un segment fragile de notre commerce extérieur ? Les experts et les associations patronales applaudissent, mais plaident d’abord la révision du régime des changes qu’ils considèrent comme un véritable obstacle au business et un frein au développement des activités export.



ENTRETIEN RÉALISÉ PAR NORDINE AZZOUZ

Reporters : Le ministère des Affaires

étrangères annonce la mise en pla-

ce d’un dispositif d’appui aux ex- portateurs nationaux et s’engage à

soutenir leurs activités par le conseil et l’expertise à travers nos ambassades et représentations di- plomatiques dans le monde. Qu’en

pense l’Anexal ?

Ali-Bey Nasri :

C’est un maillon qui vient compléter la chaîne d’appui à l’exportation. Ce maillon dont je parle est important et nous en sommes très heureux. Il vient renforcer tous les opérateurs qui ont besoin de «performer» leurs produits à l’international. Nombre d’entre eux sont dans une situation de forte maturation de leurs activités à l’échelle nationale. Ils ont donc plus que jamais besoin de se projeter hors de nos frontières. L’engagement du ministère des Affaires étrangères à les accompagner est pour eux un signal fort d’encouragement et une ga- rantie même si, bien entendu, elle ne suffi t pas, à elle seule, dans l’acte d’exporter. Je dirai aussi que cet engagement vient mettre fi n à une cer- taine réticence qu’on a observé par le passé chez certains de nos représentants diplomatiques à l’égard de nos exportateurs.

De quelle réticence s’agit-il ? Avant la décision à la fi n mois de février der- nier du ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, d’aller vers des mesures pour ren- forcer la diplomatie économique du pays et de mobiliser une partie de ses structures, pour l’ap- pui à l’export, à travers la mise en place d’un ré- seau de chargés d’affaires économiques et capa- ble d’agir en réseau interactif avec nos opérateurs à l’international, la situation était aléatoire sinon fl oue. La mission du conseil et du soutien écono- miques était presque laissée à la libre initiative de nos ambassadeurs et représentants diplomati- ques. Certains étaient très engagés et n’hésitaient pas à ouvrir grand leurs portes. D’autres, en re- vanche, avaient des réactions négatives et ne semblaient pas mesurer, quand on les rencon- trait dans les foires et salons, l’effort et le risque que cela représente pour un chef d’entreprise d’aller à la prospection de nouveaux marchés.

Pour répondre à votre question, les choses sont aujourd’hui plus claires. Nous avons un grand ministère de souveraineté qui affi che sa volonté de soutenir l’exportation et d’attirer l’investisse- ment en Algérie et annonce mobiliser une partie de sa ressource humaine pour cet objectif.

Selon l’ambassadeur Smaïl Benama- ra, Conseiller au ministère des Affai- res étrangères, les futurs conseillers

économiques au sein de nos repré- sentations à l’étranger sont encore

au stade de la formation…

Qu’importe. C’est un premier pas encoura- geant et la formation est nécessaire car l’enjeu est d’aller vers une diplomatie d’infl uence à forte déclinaison économique. C’est excellent que d’avoir en pays étranger un diplomate algérien qui a la connaissance du terrain et capable d’exercer un lobbying auprès des acteurs et des décideurs qui s’y trouvent et que vous voulez rencontrer. Son conseil est un bon fi l d’Ariane pour ceux qui veulent aller vite dans l’approche de leurs marchés et dans l’anticipation de leurs tendances et de leur potentiel de développement par secteur. Pour ceux d’entre nos opérateurs

qui s’intéressent aux marchés africains, par exemple, où la bonne information est plus que nécessaire et où l’aspect politique est aussi pré- sent, ce diplomate-conseiller va être la bonne adresse à solliciter. Maintenant, une fois les ques- tions de formation réglées, il s’agira d’aller vite dans la mise en opération du réseau d’appui an- noncé.

Vous disiez que l’appui de notre diplo- matie n’est pas la seule garantie d’appui à l’export. A quoi songez-vous ?

La législation algérienne des changes est de- venue d’une extrême lourdeur et d’une extrême contrainte en ce qui concerne l’acte d’exporter.

La fl exibilité que nous attendions à ce sujet n’est toujours pas là et ne semble pas être au program- me en dépit de nos appels incessants à sa révi- sion et à son assouplissement. Ce qui pénalise les exportateurs dans leurs opérations et les dé- courage, alors que l’objectif est de renforcer les exportations hors hydrocarbures et de réduire progressivement les importations. Sans une acti- vité d’export dynamique, on ne peut espérer à moyen et long termes aboutir à un équilibre de notre commerce extérieur. Sans la présence per- manente d’opérateurs nationaux dans les mar- chés extérieurs, on ne peut pas non plus espérer faire de l’Algérie un pays attractif des IDE et des capitaux étrangers. C’est une dialectique à la- quelle on ne peut pas échapper. Aujourd’hui, nous avons des entreprises qui sont arrivées à un stade où elles ont besoin de poursuivre leur dé- veloppement et de le consolider en s’installant dans les pays avec lesquels elles réalisent aujourd’hui des courants d’affaires. D’abord, pour étendre leurs réseaux respectifs dans les pays-destination, ensuite, pour disposer d’eux- mêmes de la valeur ajoutée de leurs activités et des marges commerciales, souvent importantes, qui reviennent à l’importateur de leurs produits ou à l’intermédiaire local, et de les mobiliser dans des investissements futurs. Le problème est que toutes ces entreprises exportatrices sont unanimes à dire que notre régime des changes constitue un frein à leurs activités et à l’ambition de les étendre.

Un exemple à donner à ce sujet ? L’exemple que je peux vous donner parmi d’autres est celui des fabricants algériens qui opèrent à l’international et dont le produit fi ni est volumineux et soumis à des droits de douane élevés. S’il leur est permis d’utiliser plus libre- ment leurs comptes devises et d’installer des li- gnes de conditionnement dans les pays vers les- quels ils exportent, les droits auxquels ils sont soumis baisseront automatiquement. La valeur ajoutée dont profi te l’importateur ou l’intermé- diaire qui travaille avec eux reviendra à l’Algérie sous forme de dividendes selon le schéma par- tout en vigueur dans le monde. A une ou deux exceptions près, tous nos opérateurs à l’export sont dans une situation où il ne leur est pas pos- sible de s’installer à l’étranger en raison des res- trictions imposées au transfert des capitaux. Ce qui fait de l’Algérie le seul pays au monde à inter- dire à ces opérateurs de s’installer à l’étranger et d’y investir. Or, il s’agit de faire exactement com- me ces milliers d’entreprises étrangères qui in- vestissent en Algérie - elles sont 11 000 - pour faire profi ter les économies de leurs pays respec- tifs selon le schéma adopté par le marché. Il faut que les autorités comprennent que ce qui est va- lable pour les étrangers en Algérie l’est aussi pour les Algériens à l’étranger. D’autant que l’une des perspectives à venir est offerte par la

Zone de libre-échange économique continentale africaine, la Zlecaf. Il s’agit d’un accord global où la partie investissement est très importante. Si nos opérateurs ne s’installent pas dans certains pays de cette zone, notamment limitrophes de notre pays, d’autres le feront à notre place pour s’adresser ensuite au marché algérien.

Que préconisez-vous ? L’Anexal a fait une série de propositions (lire article en page 2) pour une plus grande fl exibili- té du régime des changes et pour que la diplo- matie économique ne soit pas contrainte dans son ambition de faire de l’exportateur algérien un levier de croissance à part entière. Il faut que le régime des changes soit revisité et modernisé et non plus modifi é par le bas uniquement. En Tunisie, ils ont un dispositif qui s’appelle le

«Fonds d’accès au marché extérieur» ou Famex.

C’est une aide aux exportateurs tunisiens d’in- vestir et de s’installer à l’étranger. Pourquoi ne pas réfl échir à une formule pareille ? Pourquoi ne pas revoir le règlement 14/04 de la Banque d’Algérie de septembre 2014, pour que l’investis- sement et/ou la représentation à partir du comp- te devises exportateur devienne libre. Pour que l’exportateur dispose librement de son propre compte devises sans aucune restriction de la Banque d’Algérie. Pour que le service après-vente soit reconnu à l’export comme une activité né- cessitant de la ressource en monnaie étrangère.

En matière de rétrocession des recettes d’expor- tation, l’instruction 05-2011 article1er dispose que l’utilisation de compte devises Exportateur peut être utilisé librement à la discrétion de l’ex- portateur et sous sa responsabilité dans le cadre de la promotion de ses exportations, la quote- part est de 20% des recettes rapatriées. C’est sans doute intéressant pour les entités qui réalisent de petites opérations à l’international, mais ça l’est moins pour les entreprises qui ont un volu- me d’affaires conséquent, parce qu’il y a une tra- çabilité des transferts de fonds… En ce qui concerne le défi cit commercial, on était à 6 mil- liards de dollars en 2019. Aujourd’hui, on est passé à 11 milliards parce qu’on dépend trop dangereusement des recettes des hydrocarbures et parce qu’on a pris du retard à diversifi er notre outil économique.

(Suite en page 4) tions, ou bien, on saute le pas pour

le bien de l’entreprise et de l’éco- nomie du pays», s’exprime-t-il en- core sur le même ton.

«Entre les deux attitudes, ajoute-t- il, le choix doit être vite fait. Cer- taines de nos PME sont en situation de pouvoir et de devoir mieux s’ex- primer à l’international. Si elles ne le font pas comme elles le souhai- tent, la concurrence ne leur laissera pas de place et fi nira même par proposer ses produits ici-même en Algérie à la faveur des accords si- gnés, par exemple, pour la zone li- bre-échange continentale africai- ne».Par «mieux s’exprimer», Ali-Bey Nasri entend la liberté pour l’ex- portateur de «disposer librement de son compte devises» sans res- triction de la Banque d’Algérie.

Dans un document portant «mesu- res à très court terme» pour «l’amé- lioration du dispositif encadrant les opérations d’exportation», son association, l’Anexal, propose de revoir, suivant la même logique, le règlement 14.04 sur les investisse- ments et l’ouverture de bureaux de représentations à l’étranger. Elle recommande entre autres la dis- pensation de la domiciliation ban- caire pour les petites opérations d’importation/exportation, ainsi que l’autorisation «explicite» de l’exportateur à fi nancer «à partir de son compte devise» les opéra- tions et prestations de service tel- les le transit, le transport, le dé- douanement, la publicité, le mar- keting, la formation… En somme, tout ce que la législation actuelle ne permet pas ou soumet à des res- trictions susceptibles de «traduire l’opérateur en justice». L’expres- sion est d’un chef d’entreprise de l’Ouest algérien qui évoque les

«problèmes de rétrocession et de rapatriement» des devises, dont une partie est utilisée dans le pays vers lequel il exporte et qu’«on considère comme un défaut de ra- patriement»

«Il faut revoir les modalités de ré- trocession», répercute M. Nasri, pour mettre l’accent sur «le partage entre l’Etat et l’exportateur de la valeur ajoutée générée par la ba- lance devise», comprenant «le coût de matière première importée pour la fabrication de son produit et le montant de la facture export». Avec quelle chance d’écoute ? «On ne sait pas encore, mais on espère qu’elle sera forte», répondra-t-il à la question sur ces échos selon les- quels le gouvernement serait sur le point de «toiletter» la réglementa- tion des changes.

Dans une déclaration toute récente, l’ancien ministre des Finances, Ab- derrahmane Benkhalfa, revenu aujourd’hui à son métier d’experti- se, déclare qu’il est «avec ceux qui appellent à la révision du régime de change». «Notre système de change doit être revisité et re-modernisé pour créer de l’attractivité, pour fructifi er nos capitaux et attirer les capitaux étrangers en veillant aux règles prudentielles et de sécurité, en luttant contre l’évasion des capi- taux et le blanchiment, sans pénali- ser les courants d’aff aires. Notam- ment pour l’exportation des biens et des services». A suivre, donc.

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Ali-Bey Nasri, président de l’Association nationale des exportateurs algériens

«Il faut que le régime des changes soit modernisé

et non plus modifié par le bas uniquement»

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