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Note de conjoncture - Mars 2013

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Groupe SNES EcoSoc - Note de conjoncture du 26 mars 2013 - 1/4

Note de conjoncture - Mars 2013

« Éclaircie mondiale, l'Europe encore dans l'ombre » : c’est ainsi que l’Insee titre sa note de conjoncture du 19 mars. La situation semblait en effet s’éclaircir en ce début d’année 2013 : reprise progressive de l’économie, notamment dans les pays en développement, mais aussi aux Etats-Unis et au Japon, bourses en progression partout dans le monde, marchés financiers en voie de stabilisation, réduction des taux obligataires des pays jusque là en difficulté, raffermissement de l’euro, crise du « mur budgétaire » aux Etats Unis évitée à la dernière minute, le 31 décembre. Débarrassé des urgences qui l’occupent régulièrement, le Conseil européen des 7 et 8 février a même pu en revenir à ses querelles traditionnelles sur le montant du budget européen et sur les responsabilités respectives du Conseil, de la Commission et du Parlement.

Cette amorce d’euphorie n’a pas duré. Dès la mi-février, il est d’abord apparu que Républicains et Démocrates aux Etats-Unis n’arriveraient pas à se mettre d’accord avant le 1er mars et que dès lors s’appliqueraient des coupes budgétaires pour un montant tel que le contrecoup risque de s’en faire sentir au niveau mondial. C’est aussi à ce moment là qu’ont été publié des indicateurs qui attestent que l’Europe n’est pas seulement restée « dans l’ombre » comme le dit l’Insee, mais qu’elle est littéralement dévastée par les politiques d’austérité : le Pib recule pour la 3ème fois consécutive, ce mouvement ne concernant plus seulement les pays de la périphérie, mais aussi ceux du centre comme la France, mais aussi l’Allemagne. Le chômage prend des proportions dramatiques, notamment en Espagne et en Grèce, tout particulièrement pour les jeunes. Puis sont survenues les ondes de choc des élections en Italie, puis de la crise de Chypre.

Dans cette situation, les grandes institutions (FMI, OCDE , Commission européenne) nuancent leur discours en évoquant la croissance mais ne relâchent en rien leur pression quitte à malmener le fonctionnement démocratique de certains pays. Le dernier exemple en est Chypre dont la population a su toutefois se mobiliser en quelques heures pour obtenir le rejet du plan de « sauvetage » qu’on voulait lui imposer.

En France l’exécutif, au plus haut de l’impopularité, a dû renoncer, faute de croissance, à ses deux engagements présentés jusque là comme intangibles et au nom desquels il a imposé un plan d’austérité sans précédent : les 3% de déficit en 2013 et l’inversion de la courbe du chômage d’ici la fin de l’année. Il en est réduit aujourd’hui à donner le maximum de gages à Bruxelles pour obtenir un délai d’un an pour le retour aux 3% de déficit. C’est dans ce contexte qu’il prépare le budget de 2014 et des réformes structurelles comme celle des retraites.

Régressions sociales et austérité sont plus que jamais présentées comme incontournables.

Au niveau mondial, accélération progressive de la croissance en 2013

En ce début 2013, le FMI (Mise à jour des perspectives de l’économie mondiale de janvier) comme l’OCDE (indicateurs avancés du 11 mars) font des prévisions un peu plus optimistes que celles de la fin 2012. Le FMI y voit l’effet d’une relative régression des risques aux Etat-Unis et dans la zone euro, du redressement de l’activité des pays émergents, de résultats économiques aux Etats-Unis nettement supérieurs aux prévisions (croissance, emploi, immobilier). Il s’y ajoute la

stabilisation de la situation sur les marchés financiers : réduction des écarts de taux obligataires entre les pays de la zone euro et montée, à l’échelle mondiale, du prix des actifs à risques, notamment des actions (exemples du CAC 40 qui est à son plus haut niveau depuis l’été 2011 et du Dow Jones qui bat ses records historiques) La croissance mondiale a atteint 3,2% en 2012 et elle monterait à +3,5% en 2013, puis à +4,1% en 2014 (cf. graphique ci contre)

Pour les Etats-Unis, les chiffres sont respectivement de +2,3 %, +2,0 % et +3,0%.

Comme par le passé, ce sont les pays en développement qui tirent la

croissance (+5,1%, +5,5% et +5,9%), la Chine se montrant particulièrement dynamique (7,8%, 8,2% et 8,5%), les autres grands émergents suivant le mouvement, notamment l'Inde (+4,5%, +5,9% et +6,4%) et

le Brésil (+1%, +3,5% et +4%). L'Afriquesubsaharienne continue sur sa lancée (+4,8%, +5,8% et +5,7%).

La zone euro resterait la seule région à connaître la récession, avec -0,4% en 2012, -0,2% en 2013, et seulement 1% pour 2014. En effet, l'atonie de

l'Allemagne (+0,9%, +0,6% et +1,4%) et de la France (+0,2%, +0,3% et +0,9%) ne suffisent pas à compenser la récession en Italie (-2,1%, -1% et 0,5%) et en Espagne (-1,4%, -1,5% et +0,8%).

En même temps, le FMI souligne les deux « risques considérables » que font peser sur l’économie mondiale

Les Etats-Unis où un « rééquilibrage budgétaire excessif doit être en priorité évité » à l’issue du conflit sur le « mur budgétaire » (cf note de janvier) sous peine de casser la reprise.

Et surtout la zone euro pour laquelle le FMI explique, sans craindre le paradoxe, que pour réduire « les risques d’une stagnation prolongée », il faut approfondir « la dynamique de réforme, les politiques d’ajustement dans les pays de la périphérie et l’intégration budgétaire».

Aux Etats-Unis, la reprise reste sous la menace des coupes budgétaires

L’économie américaine, la première au monde, donne depuis quelques mois des signes de reprise : croissance en train de rebondir après avoir progressé en 2012 (+2,3% contre +1,8% en 2011), taux de chômage descendu en février à 7,7% (niveau le plus bas depuis 2008) avec la création nette de 236 000 emplois (le double du mois précédent), baisse du déficit commercial la plus importante depuis 4 ans, progression des mises en chantier dans l’immobilier de +28% en 2012 par rapport à 2011, redémarrage spectaculaire de l’industrie

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Groupe SNES EcoSoc - Note de conjoncture du 26 mars 2013 - 2/4 automobile. La banque centrale des Etats-Unis (Fed) maintient une politique de soutien exceptionnel à la reprise en exerçant une pression maximale sur l'ensemble des taux d'intérêt, afin de favoriser l'investissement et la consommation, l’objectif de la Fed restant avant tout d’appuyer le redémarrage de l’emploi.

Cette reprise reste cependant sous la menace des coupes budgétaires qui pourraient solder le conflit opposant les démocrates et les républicains, depuis 2 ans, sur les moyens de résorber la dette publique américaine(16 400 Mds$). La crise du « mur budgétaire » (600 Mds$ en jeu, cf note de conjoncture de janvier), n’a été évitée que partiellement par l’accord intervenu in extremis le 31 décembre. Les républicains ont du concéder le relèvement du taux d’imposition des Américains les plus riches, les décisions concernant les réductions de dépenses étant reportées à 2 mois. Aucun accord n’ayant été ensuite trouvé au 1er mars, les coupes budgétaires automatiques prévues (« séquestre») ont été mises en place pour un montant de 85,3 Mds$ d’ici fin septembre (réduction de 5% des dépenses de toutes les agences gouvernementales et de 8% pour la défense, sous forme, notamment, de congés sans solde). Elles pourraient coûter aux Etats- Unis 0,5 pt de croissance et 750 000 emplois d’ici fin 2013.

Deux nouveaux rendez-vous à haut risque figurent au calendrier. Le financement de l'Etat fédéral pour les 5 derniers mois de l'exercice 2013, devra faire l'objet d'un vote au Congrès avant le 27 mars, faute de quoi des services publics fermeront purement et simplement. Les Républicains poursuivront à cette occasion leur offensive contre la réforme de la santé de B. Obama et les dépenses sociales.

D’autre part, le 18 mai un nouveau plafond devra être décidé par le Congrès pour la dette américaine, le plafond actuel de 16 394 Mds$

ayant été « suspendu» après avoir été crevé le 31 décembre dernier.

Zone euro, les ravages de l’austérité

La zone euro reste, et de loin, le maillon faible de l’économie mondiale.

La situation s’est cependant sensiblement améliorée sur le plan financier depuis l’été dernier à la suite des décisions prises par la BCE (programme OMT ouvrant la possibilité de rachat de dette souveraine sans « limite quantitative à priori ») et par la prise de position, enfin sans ambigüité, de

l’Allemagne, en faveur du maintien de la Grèce dans la zone euro. L’euro est aujourd’hui présenté comme « irréversible ».

Les taux obligataires des pays de la périphérie se sont nettement réduits (cf exemples de l’Italie et de l’Espagne sur le graphique ci-contre), facilitant considérablement leur financement sur les marchés. Durant cette période, les Bourses européennes ont gagné près de 20%.

Signe d’une confiance en partie retrouvée, l’euro s’est aussi nettement apprécié par rapport au dollar en gagnant 11% entre juillet et février (cf. graphique ci-contre) même s’il recule depuis sous l’effet de la progression, par rapport à toutes les autres devises, d’un dollar dopé par les résultats économiques des Etats-Unis. Cette évolution a pour

contrepartie de pénaliser les exportations et donc l’activité productive des pays de la zone euro Le débat sur l’euro « trop fort » en a été relancé, notamment en France où le gouvernement souligne, à titre d’exemple, qu’un gain de 10 centimes pour l’euro correspond à une perte de profits pour EADS de 1Md€. Le G20 du 15 février a cru utile de rappeler qu’il fallait proscrire toute forme de « guerre des monnaies » qui verrait les banques centrales de certains pays (Etats-Unis, Grande-Bretagne et surtout Japon) créer de la monnaie (« dévaluations compétitives ») pour soutenir leurs économies et qu’il « revenait au marché de fixer les taux de change ».

Cette embellie sur les marchés financiers ne doit pas faire illusion. En effet, l’«écomie réelle » de la zone euro est en même temps de plus en

plus marquée par les ravages de l’austérité. Elle s’enfonce dans la récession, son PIB reculant au 4ème trimestre 2012 pour la 3ème fois consécutive (-0,6% après -0,2% et -0,1%). Ce recul aussi sévère que celui du 3ème trimestre 2008 (faillite de Lehman Brothers)touche d’abord les pays de la « périphérie » comme le Portugal (–1,8%), l’Espagne(-0,8%) et l’Italie (-0,9%), mais désormais aussi les pays du « centre » comme la France (-0,3%) et même l’Allemagne (-0,6%). Quant à la Grèce son PIB a reculé de -6,5% en 2012 après avoir recule de -7% en 2011

Le taux de chômage a atteint 11,9% de la population 0 de la zone après avoir progressé de +10% en un an. Il atteint 27% en Grèce (+30%

d’augmentation en un an !), 26% en Espagne, 18% au Portugal et seulement 5% en Allemagne. Pour les moins de 25 ans , il atteint des niveaux catastrophiques : 24% sur la zone, 59% en Grèce, 56% en Espagne et 39% en Italie

Dans le même temps, les ménages voient les salaires réels baisser, surtout dans les pays du Sud, les prélèvements obligatoires augmenter et, dans de nombreux pays, les revenus de transfert régresser (retraites, allocations chômage, etc.) tandis que les entreprises, face à des marchés intérieurs en contraction et à un crédit distribué avec parcimonie, renoncent à investir.

La situation est si sérieuse que le Conseil Européen des 14 et 15 mars a bien dû, comme le font déjà depuis quelques mois le FMI et l’OCDE, multiplier les références à la croissance et l’emploi. Il n’en renonce pas pour autant à une austérité que l’Allemagne, sous la pression notamment de ses prochaines échéances électorales, entend maintenir envers et contre tout. Ce qui donne une conclusion du sommet alambiquée : « il est crucial de s’attacher en priorité à intensifier les efforts pour soutenir la croissance tout en assurant un assainissement budgétaire axé sur la croissance ». Tout montre que sur le fond, rien n’a vraiment changé :

• l’Angleterre et l’Allemagne ont obtenu au Conseil de février la réduction du budget européen pour 2014-2020 à 1% du revenu national brut, soit pour la première fois une baisse du budget de l’UE de 34 Mds€ pour les 7 années concernées, le chapitre «compétitivité, croissance et emploi» étant le plus affecté. Le Parlement européen a depuis, le 13 mars, rejeté ce budget, sans toutefois en contester le montant.

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Groupe SNES EcoSoc - Note de conjoncture du 26 mars 2013 - 3/4

• le pacte de croissance concédé par le Conseil de juin 2012 avec ses 120 Mds€ d’investissements (fonds structurels, recapitalisation de la Banque européenne d'investissement, « project bonds ») n’est toujours pas mis en œuvre

• toutes les dispositions du TSCG (entré en vigueur le 1er janvier) visant à la discipline budgétaire se mettent en place comme prévu. Le « Two Pack » permettant le contrôle des budgets nationaux par la Commission Européenne vient d’être adopté définitivement par le Parlement européen

• La troïka (UE, BCE, FMI) impose des conditions toujours aussi

draconiennes aux pays en difficulté, Chypre n’étant que le dernier exemple (cf encadré)

• Les procédures démocratiques des pays membres sont de plus en plus malmenées, notamment en matière budgétaire, tandsi que se multiplient les exemples de pression, voire de chantage, sur les électeurs et les parlements.

Face à cette obstination, le mécontentement des populations

concernées s’expriment de plus en plus fort, prenant des formes parfois inquiétantes : coup de tonnerre des élections italiennes marquant la poussée de l’euroscepticisme et la sévère défaite de M. Monti (grand artisan de la rigueur en Itale), manifestations monstres au Portugal où plus de 10%

de la population était dans la rue début mars, poussée de l’extrême-droite (Aube dorée) dans les sondages en Grèce, colère des chypriotes imposant à leur Parlement le rejet du plan de « sauvetage » de la troïka.

Au bout du compte, la seule concession envisagée, pour l’instant, serait de donner, sous conditions, quelques délais supplémentaires à certains pays (Espagne, Portugal, France, Pays-Bas) dans leur calendrier de réduction du déficit public.

En France, l’exécutif contraint, faute de croissance, de réviser ses objectifs pour 2013

Depuis des mois, toute la démarche de l’exécutif, au plan de la construction budgétaire comme des réformes entreprises, était basée sur deux engagements présentés comme intangibles et justifiant le plus dur plan d'austérité

depuis Juppé en 1995 (30 Mds€ de prélèvements en plus cette année) : réduire le déficit public aux 3% exigés par Bruxelles et inverser la courbe du chômage avant la fin de l’année. Tout reposait sur l’hypothèse de croissance du gouvernement pour 2013 de +0,8%. Cette hypothèse était cependant considérée depuis longtemps comme bien optimiste par la plupart des observateurs.

A la mi-février, les avis convergents de l’Insee, de la Cour des comptes et de la

Commisson européenne dans ses « prévisions d’hiver » ont contraint le gouvernement à reconnaître que, faute de croissance, ses engagements ne pourraient pas être tenus.

La Commission prévoit en effet pour la croissance après le 0% de 2012, +0,1% seulement

pour 2013 (très loin des +0,8% du gouvernement) , +1,2% en 2014 et pour le déficit public, à politique inchangée, 3,7% (très loin des 3%) et même 3,9% en 2014. Deux facteurs supplémentaires ont poussé le gouvernement à choisir ce moment pour un aveu à priori poltiquement périlleux : les taux d’emprunts de la France semblent établis durablement à des niveaux historiquement bas et le débat sur l’austérité en est arrivé à Bruxelles à un point où des aménagments du calendier de réduction des déficits sont considérés comme inévitables.

De fait, la Commission, tenant compte des efforts entrepris par la France, du respect de son engagement de réduire son déficit structurel (hors conjoncture) de 1% par an sur la période 2010-2013 et de sa volonté réaffirmée de maintenir l’objectif de 0 déficit en fin de quiquennat s’est montrée à priori « plutôt accomodante ». Elle a tenu cependant à préciser que l’objectif de déficit devrait être pour 2014 nettement inférieur à 3% (2,5% ?), que les « réformes devaient se poursuivre » et a expressément désigné les retraites comme dossier « prioritaire ». Autant dire que le gouvernement devra donner des gages dans le programme de consolidation budgétaire et de réformes structurelles qui doit être remis à la Commission fin avril.

C’est en effet sur la base de ce programme qu’il pourra obtenir de retarder d’un an, à 2014, le retour sous la barre des 3%. Au vu de récentes réactions de l’Allemagne et de l’Eurogroupe, la négociation sera peut-être plus difficile que prévu.

Chômage : toujours aucune « inversion de tendance » en perspective

Le taux de chômage (au sens du BIT) en France a bondi à 10,2 % au 4ème trim. 2012, soit +0,3pt en un trimestre, franchissant les 10 % de la population active en métropole pour la 1ère fois depuis la mi-1999 (Insee, le 7 mars). Dom compris, le chômage a atteint 10,6 % en moyenne sur le dernier trimestre.

Ce taux de chômage (proportion de chômeurs parmi les actifs), est en hausse depuis 6 trimestres (mi-2011). Sur un an, il a augmenté de +0,8 pt en métropole, les hommes étant un peu plus touchés que les femmes. Pour les jeunes (15-24 ans), c'est l'explosion : + 3,4 points sur l'année 2012 (+1,6 point en un trimestre). Le taux de chômage des jeunes marque ainsi un nouveau record à 25,7 % des actifs de cette classe d'âge, soit 730 000

Chypre dans la tourmente

Chypre a finalement trouvé un accord le 25 mars avec la troïka après une semaine de rebondissements dramatiques et d’angoisse pour la population : manifestations, refus de la troïka d’aller au delà de 10 Mds€ sur le prêt de 17 Mds€ demandé par Chypre pour sauver ses banques, rejet par le parlement d’un incroyable plan de « sauvetage » taxant du jour au lendemain tous les dépôts bancaires (6,6% en dessous de 100 000€ et 9,9%

au dessus), fermetures des banques, pénurie de liquidités, recherche frénétiques d’un plan B par un gouvernement soucieux de sauver son système bancaire atypique, hypertrophié par une fiscalité des plus réduites et à l’activité parfois contestable, négociations vaines avec une Russie soucieuse des intérêts énormes de ses ressortissants dans l’île et furieuse d’avoir été mis devant le fait accompli par la troïka, hypothèses de sortie de l’euro, ultimatum de la BCE.

L’accord conclu prévoit de liquider la banque Laïki. Elle sera divisée en deux parts : l'une assainie ("good bank") et l'autre une structure de défaisance ("bad bank") qui contiendra les actifs les plus dangereux.

Les dépôts en deçà de 100.000 € ne seront pas taxés. Ceux de la Laïki seront transférés vers la première banque du pays, la Bank of Cyprus. En revanche, les dépôts des deux banques allant au-delà de 100.000 euros seront gelés et serviront à régler les dettes de Laïki, et à recapitaliser la Bank of Cyprus. Les pertes que subiront les créanciers pourraient aller jusqu'à 40%. Ces prélèvements permettront à Chypre de lever 4,2 Mds€, afin de compléter le prêt de 10 Mds€. Ce sera au prix de la suppression de milliers d’emploi et d’un

bouleversement de l’économie dont il est encore difficile de mesurer toutes les conséquences.

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Groupe SNES EcoSoc - Note de conjoncture du 26 mars 2013 - 4/4 personnes. A 7,2 %, le chômage des seniors (55-64 ans) suit la hausse moyenne sur un an. En même temps, leur taux d'emploi, pourcentage de personnes en emploi sur la population totale, progresse encore, à 45,8 % (+3 points sur un an), les seniors étant plus nombreux à rester en activité du fait des réformes des retraites. La hausse de l'activité des seniors a contribué à accroître la population active de 190.000 personnes par an depuis trois ans.

Pôle emploi recense de son côté 4 908 000 chômeurs en activité réduite ou non (Dom compris)

A noter que les entreprises, après avoir surtout joué sur le volant de l'intérim pour adapter leurs effectifs à la baisse de la demande, semblent depuis 2012 s'attaquer à la réduction de leurs effectifs permanents.

Le chômage continuerait à augmenter en 2013 et 2014 selon les prévisions de l’Insee et de la Commission (10,3% en 2012, 10,7% en 2013 et 11,0% en 2014 pour celle-ci)

Pour 2014, c’est encore plus d’austérité qui se prépare

La priorité de l’exécutif est à court terme de donner tous les signaux nécessaires pour obtenir de Bruxelles un report d’un an de la réduction du déficit sans encourir de sanction.

Au titre du budget 2013 qui ne sera pas « alourdi » pour ne pas plomber encore un peu plus la croissance, un surgel de crédits de 2 Mds€ s’est ajouté au gel automatique de 6,5 Mds€ du début d’année. Il s’agit de financer par des redéploiements des dépenses apparues depuis le vote du budget : contribution au budget européen, plan anti-pauvreté, budget de l’emploi.

Réduire le déficit public en 2014 des 3,7% calculés, à politique inchangée, par la Commission aux 3% maximum qu’elle exigera implique de dégager 20 Mds€

supplémentaires au minimum dans le budget 2014. Le calcul de la commission n’intègre pas les 4 Mds€ d’économies de dépenses déjà prévus pour financer le crédit d’impôt compétitivité, ces économies n’étant pas d’ailleurs pas encore précisément définies. Il n’intègre pas non plus l’effet de la norme de dépenses « zéro valeur » (gel en valeur des dépenses de l’Etat, hors dette et pensions), soit 4 Mds€, ni la compensation déjà prévue du rendement décroissant de certaines mesures fiscales, soit 4 Mds€

supplémentaires environ. En tout, ce sont donc un peu plus de 10 Mds€ de mesures prévues pour 2014, qui n'entrent pas dans les calculs de Bruxelles. Il restera donc à dégager 10 Mds€ supplémentaires.

C’est dans ce cadre que se prépare le budget 2014. J.M. Ayrault a adressé aux ministres sa lettre de cadrage, le 9 mars. Il leur est demandé d’identifier, pour 2014, 5 Mds€ d’économies supplémentaires qui s’ajouteront aux 10 Mds€

prévus pour chaque année au titre du programme pluriannuel sur 3 ans et qui

visent à la stabilisation en valeur des dépenses de l’Etat (elles doivent rester stables en euros courants).

Les 5 Mds€ appliquées au budget de l’Etat hors charges de la dette et des pensions et hors dépenses de personnels représentent un effort supplémentaire très important de 5%. Sur les 5 Mds€, il est prévu 3,5 Mds€ de

redéploiements pour des mesures nouvelles : financement du contrat de génération, du CICE et du plan anti-pauvreté. Le Budget de l’Etat qui devait être stabilisé en valeur sera donc du fait de ces mesures amputé en 2014 de 1,5 Mds€.

Le programme pluriannuel imposant que les dépenses fiscales liées aux niches soient elles aussi stabilisées en valeur, et celles-ci progressant «naturellement» de 5 % par an, le budget 2014 devra prévoir la diminution de 5 % des niches fiscales.

Les dotations aux collectivités locales baisseront de 1,5 Mds€ en 2014 et d'autant en 2015, soit deux fois plus que prévu, ce qui est présenté par le gouvernement comme proportionnel au poids des administrations locales dans l'ensemble des dépenses publiques (20%).

Le ministre du Budget a par ailleurs souligné que certaines mesures fiscales auront un rendement moindre en 2014 qu’en 2013 (6 Mds€). Le gouvernement, tout en se défendant pour l’instant de vouloir augmenter le volume global des impôts, entend bien compenser cette diminution. Il évoque des hausses d'impôts sur les entreprises, qui étaient les principales concernées par ces mesure (prélèvement sur les assurances, surtaxe d'impôt sur les sociétés, moindre exonération des intérêts d'emprunt, etc.).

A l’issue de la phase de négociations, chaque ministre recevra sa lettre plafond en juillet en vue du débat d’orientation des finances publiques. Le gouvernement affirme déjà qu’il faudra faire encore plus pour réduire les déficits et évoque en particulier les retraites, les prestations familiales (cf. le débat sur des hypothèses de mise sous condition de ressources ou de fiscalisation), les aides aux entreprises.

Bernard Boisseau Sources : FMI, OCDE, Commission européenne, DARES, INSEE, Le Monde, Les Echos, La Tribune, l’Humanité, AFP, Alternatives économiques. Cf. aussi les notes du groupe SNES EcoSoc sur https://www.snes.edu/private/extranet/spip.php?rubrique101

Les «recommandations» de l’OCDE Dans son rapport sur la situation de l’économie française (19 mars), l’OCDE salue le Crédit impôt compétitivité emploi qui permet de « réduire de moitié l’écart de prélèvements obligatoires avec la moyenne de l’OCDE », mais ajoute qu’il faudra aller plus loin dans la réduction. Elle présente l’accord sur l’emploi comme

« une première étape sur la voie de la suppression des rigidités du marché du travail » à laquelle il faudrait ajouter maintenant la baisse des prestations chômage et l’équivalent du Smic Jeunes. Concernant

l’«assainissement budgétaire», l’OCDE, jugeant l’effort

« suffisant » pour 2013, préconise, au delà, la réduction des dépenses «jugées moins préjudiciables à la croissance que les hausses d’impôt». Sont visées au premier chef, les dépenses de retraites parmi les plus élevées de l’OCDE du fait d’un système français essentiellement public et qu’il faudrait changer pour, par exemple, une retraite par points. Viennent ensuite les dépenses de santé qui « pourraient être réduites de 1,2 pt de PIB (24 Mds€) environ sans nuire à la qualité » en réformant les hôpitaux et le remboursement des médicaments….

Retraites complémentaires : répétition générale ? Le patronat et trois syndicats (CFDT, FO, CFTC) vont signer le protocole d’accord sur les retraites complémentaires du privé (Agirc-Arrco). Les retraites complémentaires, revalorisées jusqu’ici tous les ans en fonction de l’inflation comme toutes les autres pensions, augmenteront désormais d’1pt de moins que l’inflation jusqu’en 2015. Pour 2013 elles seront relevées de 0,8 % à l'Arrco et de 0,5% pour les cadres de l’Agirc avec une hausse des prix prévue à 1,75 %. Le pouvoir d’achat des 11,7 millions retraités du privé sera au total prélevé de 500 millions d’€ cette année et de 2 milliards par an à partir de 2015. La moitié d'entre eux, les plus aisés, devra en outre s'acquitter d'une taxe de 0,3 % destinée au financement de la dépendance.

Pour les entreprises, les taux de cotisation (acquittée à 60 % par les employeurs) seront relevés de 0,1 pt le 1er janvier 2014, et encore de 0,1 point le 1er janvier 2015 pour une dépense supplémentaire totale d'environ 300 millions d'€ l'an prochain, et de près de 700 millions par an à partir de 2015.

Les 18,2 millions de salariés du secteur privé vont eux aussi cotiser plus pour un total supplémentaire de 200 millions d'€ l'an prochain et de plus de 400 millions par an à partir de 2015.

Accord plutôt inquiétant à quelques semaines de la négociation sur les retraites, d’autant plus que L. Parisot a précisé que l'accord sur les complémentaires n’avait été acté qu’à la "condition qu'il y ait une réforme du régime de base à partir des paramètres structurels : durée de cotisation et âge».Tout un programme …

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