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D´erivation et int´egration Une premi`ere approche

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Academic year: 2022

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(1)

Une premi`ere approche

Table des mati` eres

1 Fonctions de R dans R. 1

1.1 Premi`eres d´efinitions . . . 1

1.2 Les fonctions polynomiales . . . 3

1.3 Premi`eres caract´eristiques d’une fonction . . . 3

1.4 Op´erations sur les fonctions . . . 5

2 Trigonom´etrie 7 2.1 Les fonctions circulaires . . . 7

2.2 Graphes des fonctions circulaires . . . 9

2.3 Formules de trigonom´etrie . . . 10

2.4 Equations trigonom´etriques . . . 12

2.4.1 R´esolution du syst`eme (S) : (cosx=c)∧(sinx=s) . . . 12

2.4.2 R´esolution de l’´equation cosx=c . . . 13

2.4.3 R´esolution de l’´equation sinx=s . . . 13

2.4.4 R´esolution de l’´equation tanx=t . . . 14

2.4.5 Expressions de la forme Acosx+Bsinx. . . 15

3 D´erivation et int´egration 15 3.1 Pente de la tangente . . . 15

3.2 R`egles de d´erivation . . . 16

3.3 D´eriv´ees d’ordre sup´erieur . . . 18

3.4 D´erivation et monotonie . . . 18

3.5 Int´egration . . . 19

3.6 Primitivation . . . 20

4 Fonctions Logarithmes et puissances 22 4.1 Quelques th´eor`emes d’analyse . . . 22

4.2 Les fonctions ln et exp . . . 23

4.3 Logarithmes et exponentielles en basea. . . 26

4.4 Fonctions puissances . . . 27

(2)

5.1 Plan d’´etude d’une fonction f de dans . . . 28 5.2 Etude des branches infinies . . . 28

6 D´eformations du graphe 30

7 Trigonom´etrie hyperbolique 32

7.1 Les fonctions ch, sh et th . . . 32 7.2 Formules de trigonom´etrie hyperbolique . . . 33 8 Applications trigonom´etriques r´eciproques 33 8.1 Trigonom´etrie circulaire . . . 33 8.2 Trigonom´etrie hyperbolique . . . 34

9 Calculs d’int´egrales 35

9.1 Changement de variables . . . 35 9.2 Int´egration par parties . . . 38

(3)

Introduction

En prenant appui sur les acquis de Terminale, l’objectif de cette partie du cours est d’´etudier les fonctions num´eriques de la variable r´eelle, c’est-`a-dire les fonctions de R dans R, du point de vue de la d´erivation et de l’int´egration.

Afin de mettre rapidement en place des techniques de calcul, certaines d´efinitions man- queront de rigueur et certains r´esultats seront admis. Ces d´efinitions et r´esultats seront repris, pr´ecis´es et d´emontr´es lors de chapitres ult´erieurs.

On consid`ere ´egalement que la g´eom´etrie plane n’a aucun secret pour vous. Sa th´eorie ne sera pourtant mise en place qu’en fin d’ann´ee.

1 Fonctions de R dans R .

Notations : Nous emploierons dans les ´enonc´es ci-dessous l’une des deux notations suivantes :

Notation a) : Soit D et E deux parties de R. On consid`ere une application f, de D dans E, ce qui signifie que, pour tout x∈D, on se donne un unique f(x)∈E.

Notation b) : On consid`ere une fonction f deR dans R, ce qui signifie que, pour tout x∈R, on associe ou bien aucun r´eel, ou bien un unique r´eel qui est alors not´e f(x).

Remarque. En pratique, les deux motsapplicationetfonction sont souvent consid´er´es comme synonymes et c’est le contexte qui permet de savoir laquelle des notations pr´ec´edentes est employ´ee.

1.1 Premi` eres d´ efinitions

D´efinition. (Notation b)) Le domaine de d´efinition de f, not´e Df est l’ensemble des r´eels x ∈ R pour lesquels la quantit´e f(x) est calculable. Si l’on regarde f comme un programme informatique, dont l’input est x et l’output est f(x), le domaine de d´efinition est l’ensemble des x qui sont accept´es par le programme en entr´ee sans engendrer une erreur.

Exemple. Avec f(x) =

r2−x

x−4,Df = [2,4[.

Remarque. On peut ainsi passer d’une notation `a l’autre :

Si f est une application de D dans E (notation a)), alors on peut voir f comme une fonction de R dans R (notation b)) telle que D⊂ Df.

R´eciproquement, sif est une fonction deRdansR(notation b)), on peut voirf comme une application deDdansE, pour toute partie Dincluse dansDf et pour toute partie E contenant f(D)= {f(x) / x∈D}.

Notation. Soit f une application de D dans E (notation a)).

Soit D une partie de Det E une partie de E.

(4)

— On note f|D l’application de D dans E qui `a x associe f(x). On dit que f|D est la restriction de f `a D.

— Lorsque, pour tout x ∈D, f(x) ∈E, on note f|E l’application de D dans E qui `ax associe f(x). On dit quef|E est la corestriction de f `aE.

— Lorsque, pour tout x∈D, f(x)∈E, on note f|ED l’application de D dans E qui `ax associe f(x).

D´efinition.

On se place dans le plan usuel, muni d’un rep`ere orthonorm´e direct (O,~ı, ~).

La repr´esentation graphique de f, aussi appel´ee le graphe de f, est l’ensemble des points du plan de coordonn´ees (x, f(x)), lorsque x d´ecrit Df (notation b)), ou bien lorsque x d´ecrit D (notation a)).

Exemple. Voici ce que l’on obtient pour l’exemple pr´ec´edent :

3 4

1 0

−1 1 2 3 4

D´efinition. (Notation b)) Lorsque y=f(x), o`u x∈ Df et y∈R,

— on dit que y est l’imagede xpar f et

— que x est un ant´ec´edent de y par f.

Tout ´el´ement x de Df poss`ede une unique image f(x) par f,

mais si y ∈ R, y peut ne poss´eder aucun ant´ec´edent par f, il peut aussi en poss´eder plusieurs.

D´efinition. Soit f une application d’un ensemble quelconque E dans un ensemble quelconque F (ainsi E et F ne sont pas forc´ement des parties de R).

— On dit que f est surjective si et seulement si∀y∈F, ∃x∈E, y =f(x). Ainsi, f est surjective si et seulement si tout ´el´ement de F poss`ede au moins un ant´ec´edent.

— On dit quef est injective si et seulement si∀x, y ∈E, [f(x) = f(y) =⇒x=y].

Ainsi,f est injective si et seulement si, pour tout couple d’´el´ements distincts de E, leurs images sont diff´erentes. f est injective si et seulement si tout ´el´ement deF poss`ede au plus un ant´ec´edent.

(5)

1.2 Les fonctions polynomiales

D´efinition. Un polynˆome P (`a coefficients r´eels) est une application de R dans R (notation a)) de la forme x7−→a0+a1x+· · ·+anxn, o`u n∈N et a0, . . . , an∈R. Sian6= 0, on dit que n est le degr´e de ce polynˆome. On note n= deg(P).

Par convention, l’application identiquement nulle est un polynˆome de degr´e ´egal `a−∞. Remarque. Cette d´efinition manque de rigueur. Pourquoi ?

Remarque. En rempla¸cant R par C, on peut d´efinir des polynˆomes `a coefficients complexes. Toutes les propri´et´es de ce paragraphe se g´en´eralisent aux complexes.

D´efinition. Soit P un polynˆome et α∈R.

On dit que α est une racine de P si et seulement si P(α) = 0.

Propri´et´e. SoitP un polynˆome etα ∈R. Alorsαest une racine de P si et seulement si il existe un polynˆome Q tel que, pour toutx∈R, P(x) = (x−α)Q(x).

Propri´et´e. Soit P un polynˆome et α1, . . . , αk k r´eels deux `a deux distincts. Alors α1, . . . , αk sont des racines de P si et seulement si il existe un polynˆome Q tel que, pour tout x∈R, P(x) = (x−α1)(x−α2)· · ·(x−αk)Q(x).

Propri´et´e. Soit P et Q deux polynˆomes. Alors l’application x 7−→ P(x)Q(x) de R dansRest aussi un polynˆome, que l’on noteP Q. De plus, deg(P Q) = deg(P)+deg(Q).

Th´eor`eme. Soit P un polynˆome non nul `a coefficients r´eels de degr´en∈N. Alors le nombre de racines deP est inf´erieur ou ´egal `a n.

1.3 Premi` eres caract´ eristiques d’une fonction

D´efinition. (Notation b))

— f est paire si et seulement si :∀x∈ Df, [−x∈ Df]∧[f(x) =f(−x)].

— f est impaire si et seulement si : ∀x∈ Df, [−x∈ Df]∧[f(−x) = −f(x)].

— Soit T >0. f estT-p´eriodique si et seulement si

∀x∈ Df, [x+T ∈ Df]∧f(x+T) =f(x).

Exemple. x7−→ex12 est paire, x7−→sinx est impaire et 2π-p´eriodique.

Voici leurs graphes :

(6)

1 2 3 4

−1

−2

−3

−4

−5

0

−0.2 0.2 0.4 0.6 0.8 1.0

x ex12

1 2 3 4 5 6

−1

−2

−3

−4

−5

−6

−7

0

−0.2

−0.4

−0.6

−0.8

−1.0 0.2 0.4 0.6 0.8 1.0

x sinx

Propri´et´e.

— Le graphe d’une fonction paire est sym´etrique par rapport `a l’axe des ordonn´es.

— Le graphe d’une fonction impaire est sym´etrique par rapport `a l’origine des axes.

— Le graphe d’une fonctionT-p´eriodique est invariant par la translation de vecteur T−→ı.

D´emonstration.

Adapter la d´emonstration de la page 6.

D´efinition. (notation a))

— f est croissante si et seulement si ∀x, y ∈D, [x≤y=⇒f(x)≤f(y)].

— f est strictement croissante si et seulement si

∀x, y ∈D, [x < y =⇒f(x)< f(y)].

— f est d´ecroissante si et seulement si ∀x, y ∈D, [x≤y =⇒f(x)≥f(y)].

— f est strictement d´ecroissante si et seulement si

∀x, y ∈D, [x < y =⇒f(x)> f(y)].

— f est monotone si et seulement si f est croissante ou d´ecroissante.

— f est strictement monotone si et seulement si f est strictement croissante ou strictement d´ecroissante.

(7)

Propri´et´e. Graphiquement, les ant´ec´edents de λ par f sont les abscisses des points d’intersection du graphe de f avec la droite horizontale d’´equation y=λ.

Propri´et´e. Graphiquement, les solutions de l’in´equation f(x) ≥ λ, en l’inconnue x, sont les abscisses des points du graphe de f situ´es au-dessus de la droite horizontale d’´equation y =λ.

D´efinition. Une application f : D −→ E est major´ee si et seulement si il existe M ∈ R tel que, pour tout x ∈ D, f(x) ≤ M, c’est-`a-dire si et seulement si le graphe def est situ´e sous la droite horizontale d’´equationy =M.

1.4 Op´ erations sur les fonctions

D´efinition. (notation b)) Soitf et g deux fonctions deR dans R. Soit λ∈R.

— f+g est la fonction de D dans R d´efinie par (f +g)(x) = f(x) +g(x).

On a Df+g =Df ∩ Dg.

— λf est la fonction de D dans R d´efinie par (λf)(x) = λf(x).

On a Dλf =Df.

— f g est la fonction de D dans R d´efinie par (f g)(x) =f(x)×g(x).

On a Df g =Df ∩ Dg.

— |f| est la fonction de D dans R d´efinie par |f|(x) = [f(x)|. On aD|f|=Df.

— On d´efinit de mˆeme f−g, 1f, fg.

D´efinition. f est born´ee si et seulement si |f| est major´ee.

D´efinition de la composition : (Notation b)) Soitf etg deux fonctions.

On note f(g(x)) = (f◦g)(x) : on d´efinit ainsi une nouvelle fonction,f ◦g.

C’est la compos´ee de f etg.

Exemple. Si f(x) = x1 etg(x) = √ x+ 1, alors (f◦g)(x) = 1

√x+ 1 et (g◦f)(x) =q

1 x + 1.

On v´erifie que Dfg =]−1,+∞[ et Dgf =]− ∞,−1]∪]0,+∞[.

En effet, lorsque x∈R, 1x+ 1 ≥0⇐⇒ x1 ≥ −1⇐⇒(x >0) ou (x <0 et 1≤ −x).

Application r´eciproque :

Soit f une application de D dans E (notation a)).

— On dit que f est bijective si et seulement sif est injective et surjective, c’est-`a- dire si et seulement si tout ´el´ement de E poss`ede un unique ant´ec´edent. Ainsi f est bijective si et seulement si pour touty∈E, il existe un unique xy ∈D tel quey =f(xy).

— En notant xy = f1(y), on d´efinit une application f1 de E dans D, qui est

´egalement bijective. C’est la bijection r´eciproque de la bijection f.

— On a (f1)1 =f, f ◦f1 =IdE et f1◦f =IdD, o`u IdE est l’application de E dans E qui `ax associe x.

(8)

D´emonstration.

Admis pour le moment

Propri´et´e. Si f est une bijection d’une partie E deR vers une partieF de R, alors le graphe de f1 est le sym´etrique du graphe de f pour la sym´etrie orthogonale selon la premi`ere diagonale, c’est-`a-dire la droite d’´equation y=x.

Les deux courbes sont donc image l’une de l’autre dans un miroir oblique pench´e `a 45. D´emonstration.

Notons C le graphe def etC le graphe de f1.

SoitM un point deC, dont les coordonn´ees sont not´ees (x, y). Alorsx∈E ety=f(x).

Donc y ∈ F et le point M de coordonn´ees (y, x) = (y, f1(y)) appartient `a C. La r´eciproque ´etant similaire, on a montr´e qu’un point de coordonn´ees (x, y) est dans C si et seulement si le point de coordonn´ees (y, x) est dans C.

Notons P le plan usuel et sl’application de P dans P qui au pointM de coordonn´ees (x, y) associe le point s(M) de coordonn´ees (y, x). Ainsi, C est l’image de C par s, au sens que C = {s(M) / M ∈ C}, ce que l’on ´ecrit plus concis´ement sous la forme C =s(C).

Orsest la sym´etrie de l’´enonc´e. En effet, le milieu deM et des(M) a pour coordonn´ees (x+y2 ,x+y2 ) donc il appartient `a la premi`ere diagonale. De plus le vecteur−−−−−→M s(M) a pour coordonn´ees (y−x, x−y) : il est orthogonal au vecteur de coordonn´ees (1,1), qui dirige la premi`ere diagonale.

Exemple. Les fonctions x7−→x2 et x7−→√ x.

D´efinition. Soit f et g deux applications d´efinies surD `a valeurs dans R.

On dit quef est inf´erieure `ag surD, et on notef ≤g, lorsque :∀x∈D, f(x)≤g(x).

Remarque. La notation “f < g” d´esignera parfois la condition [∀x∈D, f(x)< g(x)], et d’autres fois la condition [(f ≤g) et (f 6=g)],

c’est-`a-dire [∀x∈D, f(x)≤g(x)] et [∃x∈D, f(x)< g(x)].

Exercice. Interpr´eter graphiquement les situationsf ≤g etf < g.

(9)

2 Trigonom´ etrie

2.1 Les fonctions circulaires

1 i

O

e, M(θ)

cosθ sinθ

θ

A B

D´efinition. Vous verrez plus tard qu’on d´efinit la fonction exponentielle complexe par la formule :

∀z ∈C, ez = lim

n+

Xn

k=0

zk k!. Propri´et´e. Pour toutz ∈C, [ez] =e[z].

Pour tout z, z ∈C,ez ×ez =ez+z. D´emonstration.

Admis pour le moment.

Propri´et´e. Pour toutθ ∈R, le complexe e est sur le cercle unit´e.

D´emonstration.

|e|2 =e ×[e] =e×e, donc |e|2 =e =e0 = 1.

Propri´et´e. Soit θ∈R. On admettra pour le moment que θ est l’angleM1\M0Me (en notant Mz le point d’affixe z).

D´efinition. Pour toutθ ∈R,

cos(θ) = Re(e) et sin(θ) = Im(e).

Cela correspond `a l’interpr´etation g´eom´etrique usuelle : si l’on rapporte le plan usuel

(10)

pointM(θ) du cercle unit´e (de rayon 1 centr´e enO) tel que l’angle \

(~ı,−−−−→OM(θ)) est ´egal

`a θ, modulo 2π.

Formules d’Euler : Pour toutθ ∈R cosθ = e +e

2 et sinθ= e−e

2i .

D´emonstration.

Soit θ ∈R. Posons z =e. cosθ = Re(z) = z+z

2 = e+e

2 .

Propri´et´e. La fonction cos est paire.

La fonction sin est impaire.

D´emonstration.

C’est clair avec les formules d’Euler.

Propri´et´e. 2π est la plus petite p´eriode de la fonction cos.

2π est la plus petite p´eriode de la fonction sin.

D´emonstration.

Admis pour le moment.

Propri´et´e. On d´emontrera ´egalement plus tard que, pour tout θ∈R, sinθ= 0 ⇐⇒ ∃k ∈Z, θ=kπ

⇐⇒ θ ≡0 [π]

⇐⇒θ ∈πZ, et

cosθ = 0 ⇐⇒ ∃k ∈Z, θ= π2 +kπ

⇐⇒ θ ≡ π2 [π]

⇐⇒θ ∈ π2 +πZ.

Remarque. On peut visualiser ces propri´et´es sur le cercle unit´e du plan complexe, aussi appel´e le cercle trigonom´etrique.

D´efinition des fonctions tangente et cotangente : On pose tanθ = sinθ

cosθ et cotan θ = cosθ sinθ.

D’apr`es la remarque pr´ec´edente, la fonction tangente est d´efinie surR\(π2 +πZ) et la fonction cotangente est d´efinie surR\πZ.

Ces deux nouvelles fonctions sont π-p´eriodiques et impaires.

Remarque. D’apr`es le th´eor`eme de Thal`es, les longueurs des cˆot´es du triangle OAB (cf figure ci-dessus) v´erifient les relations OA

OB = cosθ

1 et AB

OB = sinθ

1 , d’o`u l’on d´eduit la relation tanθ = AB

OA. Ces relations concernent le triangle OAB, ind´ependamment du rep`ere choisi.

(11)

On retrouve ainsi les formules bien connues concernant un triangle rectangle : Formules : Soit OAB un triangle rectangle en A.

Par d´efinition, l’hypot´enuse (nom f´eminin) est le cˆot´e oppos´e `a l’angle droit.

Notons θ =AOB[ l’angle au sommetO. Alors cosθ = OA

OB = longueur du cˆot´e adjacent longueur de l’hypot´enuse et sinθ = AB

OB = longueur du cˆot´e oppos´e longueur de l’hypot´enuse. On en d´eduit que

tanθ= AB

OA = longueur du cˆot´e oppos´e longueur du cˆot´e adjacent.

Cette derni`ere formule permet d’interpr´eter g´eom´etriquement la quantit´e tanθ : sur la figure suivante, c’est la longueur du segment [I, J], ou bien du segment [H, K].

O cosθ 1

I J H

K sinθ

θ

2.2 Graphes des fonctions circulaires

0 π2 π 2

π

−π 2

−1

1 sin

0 π2 π 2

π

−π 2

−1

1 cos

Repr´esentation graphique de la fonction tangente : au tableau.

(12)

2.3 Formules de trigonom´ etrie

Formule circulaire : Pour tout θ∈R, cos2θ+ sin2θ = 1.

D´emonstration.

Le pointM(θ) est sur le cercle unit´e.

On en d´eduit une autre formule :

1 + tan2θ = 1 cos2θ. Formules d’addition : Pour tout a, b∈R,

cos(a+b) = cosacosb−sinasinb et sin(a+b) = sinacosb+ cosasinb.

D´emonstration.

cos(a+b) +isin(a+b) =ei(a+b)=eiaeib = (cosa+isina)(cosb+isinb) et on conclut en passant aux parties r´eelle et imaginaire.

En particulier, on obtient les propri´et´es de sym´etrie suivantes :

Formules de sym´etrie : Lorsque les quantit´es qui interviennent sont d´efinies, cos(π+θ) = −cos(θ) sin(π+θ) =−sin(θ) tan(π+θ) = tan(θ)

cos(π−θ) =−cos(θ) sin(π−θ) = sin(θ) tan(π−θ) =−tan(θ) cos(π2 +θ) =−sin(θ) sin(π2 +θ) = cos(θ) tan(π2 +θ) = −cotan (θ)

cos(π2 −θ) = sin(θ) sin(π2 −θ) = cos(θ) tan(π2 −θ) = cotan (θ)

Remarque. Apprenez ces formules par coeur, mais sachez ´egalement les retrouver rapidement en les visualisant sur le cercle trigonom´etrique.

Par exemple, on retrouve la derni`ere ligne des formules en remarquant que les points M(θ) et M(π2 −θ) sont sym´etriques par rapport `a la premi`ere diagonale, c’est-`a-dire la droite d’´equation y =x, En effet, cette droite fait un angle ´egal `a π4 avec l’axe des abscisses, or π4 est ´egal `a la demi-somme de θ et de π2 −θ.

Or la sym´etrie orthogonale selon cette premi`ere diagonale envoie le point M de coor- donn´ees (x, y) sur le point de M de coordonn´ees (y, x) (cf page 6), donc l’abscisse de M(θ) est ´egale `a l’ordonn´ee de M(π2 −θ) et l’ordonn´ee de M(θ) est ´egale `a l’abscisse deM(π2 −θ).

De mˆeme, on retrouve la premi`ere ligne de ces formules en remarquant que M(θ) et M(π+θ) sont sym´etriques par rapport au point O et la seconde en remarquant que M(θ) et M(π−θ) sont sym´etriques par rapport `a l’axe des ordonn´ees.

Des formules d’addition, on d´eduit ´egalement les formules suivantes :

Formule : Pour touta, b∈R, lorsque les quantit´es qui interviennent sont d´efinies, cos(a−b) = cosacosb+ sinasinb et sin(a−b) = sinacosb−cosasinb,

tan(a+b) = tana+ tanb

1−tanatanb et tan(a−b) = tana−tanb 1 + tanatanb.

(13)

D´emonstration.

Pour la formule relative `a tan(a+b), on suppose que cos(a+b), cosa et cosb sont tous trois non nuls.

tan(a+b) = sinacosb+ sinbcosa

cosacosb−sinasinb : on conclut en divisant le num´erateur et le d´enominateur par la quantit´e cosacosb.

Formules de duplication : Lorsque les quantit´es qui interviennent sont d´efinies, cos(2a) = cos2a−sin2a= 2 cos2a−1 = 1−2 sin2a,

sin(2a) = 2 sinacosa, tan(2a) = 2 tana

1−tan2a.

Premi`eres formules de lin´earisation : cos2a= cos(2a) + 1

2 et sin2a= 1−cos(2a)

2 ≥0.

2 cosa.cosb= cos(a+b) + cos(a−b), 2 sina.sinb= cos(a−b)−cos(a+b), 2 sina.cosb= sin(a+b) + sin(a−b).

Formules de factorisation : cosp+ cosq = 2 cosp+q

2 cosp−q 2 , cosp−cosq=−2 sinp+q

2 sinp−q 2 , sinp+ sinq= 2 sinp+q

2 cos p−q 2 , sinp−sinq= 2 sinp−q

2 cosp+q 2 . D´emonstration.

Premi`ere m´ethode : dans les trois derni`eres formules de lin´earisation, on remplace a et b par p+q

2 et p−q 2 .

Seconde m´ethode : A l’aide des complexes.

cosp+ cosq = Re(eip+eiq) = Re

eip+q2 (eip−q2 +eiq−p2 ) , donc cosp+ cosq = 2 cosp2q ×Re(eip+q2 ) = 2 cosp+q2 cos p2q. Les autres formules se d´emontrent de la mˆeme fa¸con.

Remarque. Selon le programme officiel, ces formules de factorisation ne sont pas

`a connaˆıtre par coeur (mais ce n’est pas interdit) : vous devez ˆetre capable de les red´emontrer.

Formules (hors programme) :Lorsque les quantit´es qui interviennent sont d´efinies : en posant u= tan(θ

2), on a cosθ = 1−u2

1 +u2, sinθ= 2u

1 +u2, tanθ = 2u 1−u2.

(14)

D´emonstration.

On suppose que θ ∈R\(π+ 2πZ) afin queu soit d´efini.

Alors, 1−u2

1 +u2 = 1− sincos22(θ/2)(θ/2)

1 + cossin22(θ/2)(θ/2)

= cos2(θ/2)−sin2(θ/2)

cos2(θ/2) + sin2(θ/2) = cosθ.

On proc`ede de mˆeme pour la seconde formule.

Remarque. Notons C le cercle unit´e etMπ le point de coordonn´ees (−1,0).

D’apr`es ces formules, un point M de coordonn´ees (x, y) appartient `a C \ {Mπ} si et seulement si il existe t∈R tel que x= 1−t2

1 +t2 et y= 2t 1 +t2.

On dispose ainsi d’un param´etrage du cercle C priv´e du point Mπ `a l’aide de fractions rationnelles (c’est-`a-dire de fonctions qui s’´ecrivent comme un quotient de polynˆomes).

Propri´et´e. Voici les valeurs `a connaˆıtre des fonctions trigonom´etriques : θ 0 π6 π4 π3 π2

cosθ 1 23 22 12 0 sinθ 0 12 22 23 1 tanθ 0 33 1 √

3 non d´efini

Remarque. Les valeurs de tan π6 et de tanπ3 sont 13 et √

3. C’est coh´erent avec le caract`ere croissant de tan sur l’intervalle [0,π2[.

D´emonstration.

⋄ cos2 π4 = 1 + cos(2.π4)

2 = 1

2.

⋄ Posonsa= π6.

cos(3a) = cosacos 2a−sinasin 2a= cosa(2 cos2a−1)−2 sin2acosa, ainsi cos(3a) = 4 cos3a−3 cosa= 0, car 3a= π2,

donc 4 cos2a−3 = 0.

2.4 Equations trigonom´ etriques

2.4.1 R´esolution du syst`eme (S) : (cosx=c)∧(sinx=s) On fixe c, s∈Ret on veut r´esoudre le syst`eme d’´equations

(S) : (cosx=c)∧(sinx=s), en l’inconnuex∈R. Sic2+s2 6= 1, (S) n’admet aucune solution.

Sic2+s2 = 1, alors le pointM de coordonn´ees (c, s) est sur le cercle unit´e. On justifiera plus tard qu’il existe un unique x0 ∈[0,2π[ tel que cosx= cosx0 et sinx= sinx0, et que l’ensemble des solutions de (S) est x0+ 2πZ.

Exemple. cosx=

√2

2 =−sinx⇐⇒x∈ −π

4 + 2πZ.

(15)

2.4.2 R´esolution de l’´equation cosx=c

D´efinition. On d´emontrera plus loin que l’application cos r´ealise une bijection (d´ecroissante) de [0, π] dans [−1,1]. On note arccos l’application r´eciproque.

R´esolution de l’´equation cosx=c :

Soit c∈R. On note (E) l’´equation cosx=c, en l’inconnue x∈R. Sic /∈[−1,1], (E) n’admet aucune solution.

Sic∈[−1,1], posons x0 = arccos(c). Alors (E)⇐⇒cosx= cosx0 ⇐⇒x≡ ±x0 [2π].

Ainsi, l’ensemble des solutions de (E) est S = (x0+ 2πZ)∪(−x0+ 2πZ).

D´emonstration.

On suppose que c∈[−1,1] et on pose x0 = arccos(c).

Il est clair que les ´el´ements de S sont solutions de (E).

R´eciproquement, supposons que cosx= cosx0.

Premier cas : Supposons qu’il existek ∈Z tel que x∈[2kπ,(2k+ 1)π].

Alors x−2kπ ∈ [0, π] et cosx0 = cos(x−2kπ), or l’application cos est une bijection de [0, π] dans [−1,1], doncx=x0+ 2kπ.

Second cas : Sinon, il existe k∈Z tel que x∈[(2k+ 1)π,(2k+ 2)π].

Alors−x∈[2kπ,(2k+ 1)π] o`u k =−k−1, donc on peut appliquer le premier cas `a −x.

Exemple. cosx=

√3

2 ⇐⇒x∈(π

6 + 2πZ)∪(−π

6 + 2πZ).

Corollaire. Pour tout u, v ∈R, cosu= cosv ⇐⇒u≡ ±v [2π].

D´emonstration.

L’implication indirecte est claire. R´eciproquement, soitu, v ∈R tels que cosu= cosv.

Posonsx0 = arccos(cosv). Alors cosv = cosx0 = cosu,

donc u≡ ±x0 [2π] et v ≡ ±x0 [2π], ce qui permet de conclure.

Exercice. R´esoudre l’´equation (E) : cosx= cos(π3 −2x).

Solution : (E)⇐⇒ ∃k ∈Z,

x = π3 −2x+ 2kπ ou

x =−π3 + 2x+ 2kπ ⇐⇒ ∃k ∈Z,

x = π9 + 2kπ3 ou x = π3 + 2kπ Ainsi, l’ensemble des solutions estS = (π3+2πZ)∪(π9+2π3Z) : modulo 2π, les solu- tions sont π3, π9, 9 et 13π9 , que l’on peut repr´esenter sur le cercle trigonom´etrique.

2.4.3 R´esolution de l’´equation sinx=s

D´efinition. L’application sin r´ealise une bijection (croissante) de [−π2,π2] dans [−1,1].

On note arcsin l’application r´eciproque.

(16)

D´emonstration.

Pour tout x∈[−π2,π2], posons f(x) = π2 −x. Ainsi f est une bijection d´ecroissante de [−π2,π2] dans [0, π].

Pour tout x∈[−π2,π2], sin(x) = cos(π2 −x), donc sin|[[1,1]π

2,π2]= cos|[[0,π]1,1]◦f.

Ceci permet de conclure car une compos´ee de bijections d´ecroissantes est une bijection croissante.

R´esolution de l’´equation sinx=s :

Soit s∈R. On note (E) l’´equation sinx=s, en l’inconnuex∈R. Sis /∈[−1,1], (E) n’admet aucune solution.

Sis ∈[−1,1], posons x0 = arcsin(s). Alors

(E)⇐⇒sinx= sinx0 ⇐⇒(x≡x0 [2π])∨(x≡π−x0 [2π]).

Ainsi, l’ensemble des solutions de (E) est S = (x0+ 2πZ)∪(π−x0+ 2πZ).

D´emonstration.

On suppose que s∈[−1,1] et on pose x0 = arcsin(s).

(E) ⇐⇒ sinx = sinx0 ⇐⇒ cos(π2 − x) = cos(π2 −x0), donc d’apr`es le paragraphe pr´ec´edent, (E)⇐⇒ π2 −x≡ ±(π2 −x0) [2π]⇐⇒(x≡x0 [2π])∨(x≡π−x0 [2π]).

Exemple. sinx=

√3

2 ⇐⇒x∈(π

3 + 2πZ)∪(2π

3 + 2πZ).

Propri´et´e. Pour toutu, v ∈R, sinu= sinv ⇐⇒(u≡v [2π])∨(u≡π−v [2π]).

D´emonstration.

sinu= sinv ⇐⇒cos(π2 −u) = cos(π2 −v) . . . 2.4.4 R´esolution de l’´equation tanx=t

D´efinition. On d´emontrera plus loin que l’application tan r´ealise une bijection (crois- sante) de ]−π2,π2[ dans R. On note arctan l’application r´eciproque.

R´esolution de l’´equation tanx=t :

Soit t∈R. On note (E) l’´equation tanx=t, en l’inconnuex∈R\(π2 +πZ).

Posonsx0 = arctan(t). Alors

(E)⇐⇒tanx= tanx0 ⇐⇒x≡x0 [π]).

Ainsi, l’ensemble des solutions de (E) est S =x0+πZ. D´emonstration.

R´esulte du fait que tan est π-p´eriodique : tan(x) = tan(x+kπ) pour tout k ∈Z. Exemple. tanx=−√

3⇐⇒x∈(−π3 +πZ).

Corollaire. Pour tout u, v ∈R\(π2 +πZ), tanu= tanv ⇐⇒u≡v [π].

(17)

2.4.5 Expressions de la forme Acosx+Bsinx.

Technique `a connaˆıtre : transformation de Acosx+Bsinx en rcos(x−ϕ).

Premi`ere m´ethode :

Soit (A, B)∈R2\ {(0,0)}. Acosx+Bsinx=√

A2+B2 A

√A2 +B2 cosx+ B

√A2+B2 sinx . Posons c = A

√A2+B2 et s = B

√A2+B2. On a c2 +s2 = 1, donc on sait qu’il existe ϕ∈R tel que c= cosϕ et s= sinϕ. Ainsi, en posant r=√

A2+B2, Acosx+Bsinx=r(cosϕcosx+ sinϕsinx) =rcos(x−ϕ).

r est appel´e l’amplitude et ϕ la phase.

On remarquera que, par construction, c+is=e, donc A+iB =re. Seconde m´ethode : lorsque A6= 0. Il existe ϕ tel que tanϕ= B

A. AlorsAcosx+Bsinx=A(cosx+ sinϕ

cosϕ.sinx) = A

cosϕcos(x−ϕ).

Remarque. Ainsi, une combinaison lin´eaire de deux signaux sinuso¨ıdaux de mˆeme p´eriode en quadrature (d´ephasage de 90 degr´es) est un signal sinuso¨ıdal d´ephas´e.

Exercice. R´esoudre l’´equation (E) : −3 cosx+ 4 sinx= 10.

Exercice. R´esoudre l’´equation (E) : √

3 cosx−sinx= 2.

3 D´ erivation et int´ egration

3.1 Pente de la tangente

Propri´et´e. Les fonctions affines de R dans R sont exactement les applications de la forme R −→ R

x 7−→ px+y0 o`u p, y0 ∈R.

Le graphe d’une telle application est la droite d’´equationy =px+y0. On dit quepest la pente de cette droite et que y0 est l’ordonn´ee `a l’origine.

Remarque. Lorsque le plan usuel est rapport´e `a un rep`ere orthonorm´e direct (O,~ı, ~), outre les droites admettant une ´equation de la formey =px+y0, on dispose ´egalement des droites “verticales”, d’´equation x = x0, o`u x0 ∈ R. On peut dire que la pente de ces derni`eres est infinie.

Deux droites affines du plan sont parall`eles si et seulement si elles ont la mˆeme pente.

Propri´et´e. Soit f : R−→ R une fonction. Pour tout x0, x1 ∈ Df, avec x0 6=x1, la corde du graphe de f entre les abscisses x0 et x1 est par d´efinition l’unique droite du plan passant par les points du graphe de f d’abscisses x0 et x1.

Elle a pour ´equation : y−f(x0) = f(x1)−f(x0)

x1−x0 ×(x−x0).

(18)

En particulier, la pente de cette droite est ´egale `a f(x1)−f(x0) x1−x0

.

D´efinition. Soit f : R−→Rune fonction d´efinie sur un intervalle I et soit x0 ∈I.

On dit que f est d´erivable en x0 si et seulement si la quantit´e f(x1)−f(x0) x1−x0

poss`ede une limite lorsque x1 tend vers x0. Dans ce cas, cette limite est not´ee f(x0) et est appel´ee la d´eriv´ee de f en x0.

Remarque. Nous ferons plus tard la th´eorie des notions de limite et de d´eriv´ee.

Informellement, lorsquef est d´erivable enx0, la corde du graphe def entre les abscisses x0 etx1 tend vers une droite non verticale, de pentef(x0), que l’on appelle la tangente au graphe de f en le point de coordonn´ees (x0, f(x0)). Cette tangente a donc pour

´equation :y−f(x0) =f(x0).(x−x0).

Cela dit que la meilleure approximation def, au voisinage dex0, parmi l’ensemble des applications affines, est x7−→f(x0) +f(x0).(x−x0).

Il faut retenir que f(x0), lorsqu’elle est d´efinie, est la pente de la tangente au graphe def en le point d’abscisse x0.

D´efinition. Soit I est un intervalle inclus dansDf.

On dit que f est d´erivable sur I, ou bien que f est de classe D1, si et seulement si f est d´erivable en chacun des r´eels de I.

On dispose alors de l’application f, d´efinie au moins sur I.

Lorsque f est continue sur I, on dit que f est de classe C1 sur I; on dit aussi que f est continˆument d´erivable sur l’intervalle I.

Exemple. Lorsque f(x) = ax+b, o`u a et b sont des param`etres r´eels, f est C1 et, pour toutx∈R, f(x) =a.

Dans ce cas, le graphe def est une droiteD et toutes les cordes du graphe sont ´egales

`a D.

Exemple. Prenons f(x) = x2. Alors f(x1)−f(x0) x1−x0

= x1+x0 x−→

1x0

2x0, donc f est d´erivable sur R etf(x) = 2x.

Exercice. Calculer de la mˆeme fa¸con la d´eriv´ee de x7−→ 1x.

Exemple. Prenons f(x) = cosx. Soit x∈R. D’apr`es une formule de factorisation, f(x)−f(y)

x−y =−sinx+y 2

×sinx2y

xy 2

. Or sint t −→t

0 1, donc f(x)−f(y) x−y −→y

x −sin(x).

Ceci prouve que cos est d´erivable et que cos =−sin.

3.2 R` egles de d´ erivation

Propri´et´e. On d´emontrera plus tard les formules suivantes :

— Pour tout α, β ∈R, (αf +βg) =αf+βg.

— (f g) =fg+f g.

(19)

— 1 f

=−f f2.

— f g

= fg−gf g2 .

— (f◦g) =g×(f◦g).

— Pour tout n ∈N, (fn) =nf×fn1.

— Lorsque f est bijective, (f1) = 1 f◦f1.

Les fonctions qui interviennent dans ces formules sont toutes suppos´ees d´erivables sur un intervalle. On se limite ´eventuellement `a un sous-intervalle pour s’assurer que les quantit´es qui interviennent dans les formules sont bien d´efinies.

Remarque. La derni`ere formule s’interpr`ete bien g´eom´etriquement en tenant compte du fait que les graphes de f et de f1 sont sym´etriques par rapport `a la premi`ere diagonale. En effet, une droiteDde pentepadmet une ´equation de la formey=px+y0, donc le sym´etrique deD selon la premi`ere diagonale admet pour ´equationx=py+y0, qui est une droite de pente 1p lorsque p6= 0.

Remarque. Selon le contexte,f1 peut d´esigner l’application r´eciproque def ou bien la quantit´e 1f, ce qui n’est pas du tout la mˆeme chose.

Remarque. Certaines coh´erences entre ces formules aident `a les retenir :

⋄ (f2) = (f f) = 2f f, (f3) = (f2×f) =f ×(f2)+f2×f = 3f×f2.

Par r´ecurrence, on retrouverait par ce proc´ed´e que pour toutn∈N, (fn) =nf×fn1. En particulier, avec f(x) = x, on obtient que

∀n∈N, d

dx(xn) =nxn1. Soit n ∈N. Posons g(x) =xn.

Alors (fn) = (g◦f) =f×g◦f =f×n×fn1 : c’est coh´erent.

⋄ Posonsg(x) = x1. On a vu que g(x) = − 1

x2. Ainsi, on retrouve que 1

f

= (g◦f) =f×g◦f =−f f2. Ensuite, on en d´eduit que f

g

=f× 1

g +f ×1 g

= fg−gf g2 . Remarque. On a mˆeme, pour tout n ∈Z, (fn) =nf×fn1. En effet, fixons n ∈N. d

dx(xn) = d dx

1 xn

=−nxn1

x2n =−nxn1. Exemples :

— d

dx(2x4+ 5x2 +π) = 8x3+ 10x.

— d

dx(cos3x) =−3 sinxcos2x.

d ax+b ad−bc

(20)

— d

dx(cos(cosx)) = sinx×sin(cosx).

— d

dx(tanx) = d dx

sinx cosx

= 1

cos2x = 1 + tan2x.

— d

dx(arcsinx) = 1

cos(arcsinx) = 1

√1−x2.

— d

dx(arccosx) = 1

−sin(arccosx) = −1

√1−x2.

— d

dx(arctanx) = 1

tan(arctanx) = 1 1 +x2.

3.3 D´ eriv´ ees d’ordre sup´ erieur

D´efinition. Sif est d´efinie sur un intervalle I, on dit quef est deux fois d´erivable surI lorsquef est d´erivable en tout point deI. La d´eriv´ee de la d´eriv´ee def est not´ee f′′. On l’appelle la d´eriv´ee seconde de f.

Soit n ∈N. Par r´ecurrence, la d´eriv´ee n-i`eme de f lorsqu’elle est d´efinie est la d´eriv´ee de la d´eriv´ee (n−1)-i`eme. On la note f(n) ou bienx7−→ dn

dxn(f(x)).

— On dit que f est de classe Dn surI lorsque f est n fois d´erivable sur I.

— On dit que f est de classe Cn surI lorsque f estn fois d´erivable sur I et que f(n) est continue.

— On dit que f est de classe C sur I lorsque, pour toutn ∈N, f estCn sur I.

Remarque. On convient que f(0) =f, pour toute application f deR dans R.

Exemple. Lorsque f(x) = ax+b, f est C et, pour tout n ∈ N avec n ≥ 2, pour tout x∈R, f(n)(x) = 0.

Exemple. Si f est de classe C sur R, pour tout a, b∈R, x7−→f(ax+b) est aussi de classeC surR et, pour tout x∈R et n∈N, dn

dxn(f(ax+b)) = anf(n)(ax+b).

Exemple. On prouve que sin est d´erivable, de d´eriv´ee cos. Ainsi, par r´ecurrence, on en d´eduit que cos et sin sont de classe C.

On peut montrer par r´ecurrence les formules suivantes :

Pour tout n∈N, pour tout x∈R, cos(n)(x) = cos(x+nπ2) et sin(n)(x) = sin(x+nπ2).

Exemple. Soit a ∈ R. Montrer que, pour tout n ∈ N, pour tout x ∈ R \ {−a}, dn

dxn 1

x+a

= (−1)nn!

(x+a)n+1 (on rappelle que n! =n×(n−1)× · · · ×1).

3.4 D´ erivation et monotonie

Th´eor`eme. Soitf une fonction deI dansR, o`uI est unintervalledeR. On suppose que f est d´erivable surI.

— f est constante surI si et seulement si f est identiquement nulle sur I.

(21)

— f est croissante sur I si et seulement si ∀x∈I, f(x)≥0.

— f est d´ecroissante sur I si et seulement si ∀x∈I, f(x)≤0.

— Si f(x) est de signe constant sur I et si {x∈I/f(x) = 0} est fini, alors f est strictement monotone.

D´emonstration.

Admis pour le moment.

Exemple. Posons f(x) = x1. L’application f est d´efinie et d´erivable surR et f(x) =− 1

x2 <0, donc f est d´ecroissante sur R

et surR

+. Attention cependant, f n’est pas globalement d´ecroissante sur R. Exemple. Montrer que, pour tout x >0, sinx < x.

Pour x >1, sinx≤1< x.

Sur I = [0,1], posons f(x) = x−sinx. f est d´erivable et f(x) = 1−cosx ≥ 0. De plus, pour tout x ∈ I, f(x) = 0 ⇐⇒ x = 0. Ainsi f est strictement croissante sur [0,1], donc pour toutx∈]0,1],f(x)> f(0) = 0, donc sin(x)< x.

On en d´eduit que, pour tout x∈R, |sinx| ≤ |x|.

Exemple. Pour tout x∈[−1,1], arccosx+ arcsinx= π2.

En effet, si l’on posef(x) = arccosx+ arcsinx,f est d´erivable sur ]−1,1[ etf(x) = 0, donc f est constante sur ]−1,1[, ´egale `a f(0) = π2.

C’est encore vrai pour x=±1.

On peut aussi le montrer sans d´eriver : soit x∈[−1,1].

Posonsθ = arccosx etϕ= arcsinx.

Alors cosθ =x= sinϕ = cos(π2 −ϕ), or θ,π2 −ϕ ∈[0, π], doncθ = π2 −ϕ.

Exercice. Adapter l’exemple pr´ec´edent pour montrer que, pour tout t ∈ R, arctant+ arctan1t = sgn(t)× π2, o`u sgn(t) repr´esente le signe de t, c’est-`a-dire 1 sit >0 et −1 si t <0.

3.5 Int´ egration

D´efinition. Soit a, b∈R avec a < b. Soit f : [a, b]−→ R une application continue.

On note Z b

a

f(t)dt(prononcer “int´egrale dea`abde f(t) dt”) l’aire comprise entre l’axe des abscisses (not´eOx) et le graphe def, en comptant positivement les aires au dessus de l’axe Ox (donc lorsque f(x) ≥ 0) et n´egativement les aires situ´ees au dessous de l’axeOx (lorsque f(x)≤0).

Remarque. On utilise une notion d’aire mal d´efinie. C’est une d´efinition intuitive et informelle. Nous construirons une th´eorie de l’int´egration plus rigoureuse ult´erieurement.

Exemple. Pour tout c∈R eta < b, Z b

a

cdt=c(b−a), car c’est l’aire d’un rectangle.

Z a a2

(22)

Convention : Avec les notations et hypoth`eses pr´ec´edentes, on convient que Z a

b

f(t)dt=− Z b

a

f(t)dt et que Z a

a

f(t)dt = 0.

On admettra pour le moment que les int´egrales v´erifient les propri´et´es suivantes : Propri´et´e. Soit I un intervalle inclus dansR.

Soit f etg deux applications continues de I dans R. Soit a, b∈I (on peut avoir a < b, b < a ou biena=b).

— Lin´earit´e : Pour tout α, β ∈R, Z b

a

(αf +βg) =α Z b

a

f +β Z b

a

g.

— Relation de Chasles : Pour tout c∈I, Z b

a

f(t)dt= Z c

a

f+ Z b

c

f. Soit a, b∈I :on suppose maintenant que a ≤b.

— Positivit´e : si f ≥0, alors Z b

a

f(t)dt ≥0.

— Croissance de l’int´egrale : si f ≤g, alors Z b

a

f(t)dt≤ Z b

a

g(t)dt.

— In´egalit´e triangulaire :

Z b a

f(t)dt ≤

Z b

a |f(t)|dt.

Propri´et´e. Soita, b∈Raveca < bet soit f : [a, b]−→Rune application continue et positive, telle queRb

a f(t)dt = 0. Alorsf est identiquement nulle sur [a, b].

3.6 Primitivation

D´efinition. Soit I un intervalle de R et f une application de I dans R que l’on suppose continue.

On dit queF est une primitive def surI si et seulement si F est d´erivable et F =f.

Remarque. Ainsi, l’op´eration de primitivation d’une fonction est l’op´eration r´eciproque de la d´erivation.

Propri´et´e. Avec les hypoth`eses et notations pr´ec´edentes, si F0 est une primitive de f, alors les autres primitives def sont exactement les applicationsF0+k, o`uk est une fonction constante.

Ainsi, f ne poss`ede pas une primitive unique, mais on peut dire que cette primitive est unique `a une constante additive pr`es.

D´emonstration.

F est une primitive de f si et seulement si (F0−F) = 0.

On admet pour le moment le th´eor`eme suivant :

Th´eor`eme fondamental de l’analyse :SoitI un intervalle deRetfune application deI dans R que l’on suppose continue. Soit x0 ∈I.

Alorsx7−→

Z x x0

f(t)dt est l’unique primitive de f qui s’annule en x0.

(23)

Remarque. Cela signifie quex7−→

Z x x0

f(t)dt est une fonction d´erivable surI et que d

dx Z x

x0

f(t)dt

=f(x).

Corollaire. Soit f une application continue d’un intervalle I dans R. SiF est une primitive de f, alors pour tout a, b∈I,

Z b a

f(t)dt =F(b)−F(a)= [F (t)]ba. D´emonstration.

Posons F0(x) = Z x

a

f(t)dt : F0 est une primitive de f, donc il existe k ∈ R tel que, pour toutx∈I,F(x) =F0(x) +k. Ainsi,

Z b a

f(t)dt=F0(b) = F(b)−F(a).

Exemple.

— Z π

0

cost dt=h sintiπ

0= 0.

— Z 1

0

x dx=hx2 2

i1 0= 1

2, Z 2

1

x dx= 3 2,

Z 3 2

x dx= 5 2. Corollaire. Sif est une application de classeC1 sur [a, b],

Z b a

f(t) dt=f(b)−f(a).

D´emonstration.

f est une primitive de f. Notation. L’´ecriture “R

f(t)dt =F(t) +k, t∈I” signifiera quef est continue sur I et que l’ensemble des primitives def est{F +k/k∈R}.

Exemple.

— Z

xn dx= xn+1

n+ 1 +k, pour tout n∈Z\ {−1}.

— Z

cos2x dx=

Z 1 + cos 2x

2 dx= x

2 + sin 2x 4 +k.

Z dx

1 +x2 = arctanx+k.

Z 2x dx

(x2+ 1)2 = −1 x2+ 1 +k.

Propri´et´e. Soit a, b∈R avec a6= 0.

Si Z

f(t) dt=F(t) +k, alors Z

f(at+b) dt= 1

aF(at+b) +k.

Remarque. Sifest une application continue d’un intervalleI dansRet siu : J −→I etv : J −→I sont des applications d´erivables sur un intervalleJ, on calcule la d´eriv´ee

Z v(t)

(24)

Z v(t) u(t)

f(x) dx=F(v(t))−F(u(t)) a pour d´eriv´eev(t)f(v(t))−u(t)f(u(t)).

Exemple. Si f est d´efinie et continue sur R, alors d

dx Z x

x

f(t) dt

= d

dx(F(x)−F(−x)) =f(x) +f(−x).

4 Fonctions Logarithmes et puissances

4.1 Quelques th´ eor` emes d’analyse

On montrera plus tard les th´eor`emes suivants :

Th´eor`eme de la limite monotone :On pose R=R∪ {+∞,−∞}. Soit (m, M)∈R2 avecm < M. Notons I =]m, M[.

Soit f une application de I dans R que l’on suppose monotone.

Alors la quantit´ef(x) poss`ede une limite dansR, lorsque x tend vers m (resp : M).

Notation. Pour la suite de ce paragraphe, on fixe un intervalle I de cardinal infini.

Th´eor`eme des valeurs interm´ediaires (TVI) :

Soit f : I −→ R une application continue `a valeurs r´eelles. Soit a, b∈ I avec a < b.

Alors, pour tout r´eel k compris entref(a) et f(b), il existe c∈[a, b] tel que f(c) = k.

Seconde formulation du TVI:

L’image d’un intervalle par une application continue `a valeurs r´eelles est un intervalle.

Th´eor`eme. Soit f : I −→ R une fonction continue. Alors f est injective si et seulement si elle est strictement monotone.

Th´eor`eme de la bijection :

Soit f :I −→Rune application continue et strictement monotone.

Ainsi, en notant encoref la restrictionf|f(I), f est une bijection deI dans f(I).

Alors, f1 : f(I) −→ I est ´egalement continue et strictement monotone (de mˆeme sens de variation que f).

Remarque. Il est ´el´ementaire de d´emontrer que, sif est strictement monotone, alors f est une bijection de I dans f(I) et que son application r´eciproquef1 est ´egalement monotone strictement, de mˆeme sens de variation quef. Les autres affirmations de cet

´enonc´e sont moins imm´ediates.

D´efinition. Soit f une application d´efinie sur un intervalle I et `a valeurs dans un autre intervalle J de R.

Soit n ∈ N∪ {∞}. On dit que f est un Cn-diff´eomorphisme si et seulement si f est une bijection de I sur J et si f et f1 sont toutes deux de classe Cn.

Caract´erisation d’un diff´eomorphisme : Soit f une application d´efinie sur un intervalle I et `a valeurs dans R. Soit n ∈N∪ {∞}.

(25)

f est unCn-diff´eomorphisme de I dansf(I) si et seulement sif est de classe Cn et si, pour tout x∈I,f(x)6= 0.

Remarque. C’est coh´erent avec la formule : (f1)(f(x)) = 1 f(x).

4.2 Les fonctions ln et exp

D´efinition. Pour toutx >0, on pose ln(x) = Z x

1

dt t .

Remarque. La d´enomination logarithme, invent´ee par Neper, r´esulte de la combinai- son de logos (au sens tr`es g´en´eral de mise en rapport de 2 notions ; ici, x et 10x dans une mˆeme table) et de arithmos qui signifie nombre.

Propri´et´e. Le domaine de d´efinition de ln est ´egal `a R

+. Par construction, ln est d´erivable sur R

+ et, pour tout x∈R

+, d

dx(ln(x)) = 1 x. Ainsi, ln est strictement croissante et ln(1) = 0.

Relation fonctionnelle : Pour tout x, y ∈R

+, ln(xy) = lnx+ lny.

D´emonstration.

Fixons y∈R

+. Posons f(x) = ln(xy)−lnx−lny.

f est d´erivable sur R

+ et f(x) = xyy1x = 0, donc f est constante,

´egale `a f(1) = ln(y)−ln(1)−ln(y) = 0.

Remarque. Posons, pour tout (x, y)∈(R

+)2,g(x, y) = ln(xy)−lnx−lny:g est une fonction de plusieurs variables r´eelles. Ci-dessus, on a d´eriv´e selon la variable x apr`es avoir fix´e la variabley.

C’est la d´efinition de la d´eriv´ee partielle de g selon la variable x.

Plus g´en´eralement, si h est une application deR2 dans R, on pose ∂

∂x(h(x, y)) = [x7−→h(x, y)]y´etant fix´e. Par exemple, en g´en´eralisant dans R3, ∂

∂z(p

x2+y2 +z2) = z

px2+y2+z2. Propri´et´e. ln(x)x−→

++∞. D´emonstration.

⋄ ln est croissante, donc d’apr`es le th´eor`eme de la limite monotone, il existe ℓ∈R tel que ln(x)x−→

+ℓ.

⋄ ln est strictement croissante, donc ln(2)>0 = ln(1).

⋄ Par r´ecurrence sur n ∈ N, on montre que ln(2n) = nln 2, donc ln(2n)n−→

++∞. Mais 2n −→

n++∞ et ln(x) −→

x+ ℓ, donc par composition des limites, ln(2n) −→

n+ℓ.

Alors, par unicit´e de la limite, ℓ= +∞. Propri´et´e. ln(x) −→ −∞.

(26)

D´emonstration.

Soit x∈R

+. lnx+ lnx1 = ln 1 = 0, donc ln(x) =−ln1x −→

x0+ −∞, par composition des limites, en utilisant le fait que 1x −→

x0+ +∞ et que ln(y)y−→

++∞. Propri´et´e. ln est un C-diff´eomorphisme de R+ dans R.

D´emonstration.

ln est C sur R

+ et, pour tout x ∈ R

+, ln(x) = 1x 6= 0, donc d’apr`es le th´eor`eme de caract´erisation d’un diff´eomorphisme, ln est un C-diff´eomorphisme de R+ dans ln(R

+).

De plus, ln(x)x−→

++∞ et ln(x) −→

x0+ −∞, donc ln(R

+) est un intervalle ni minor´e, ni major´e. Ainsi ln(R

+) =R.

Remarque. Les logarithmes ont ´et´e invent´es par Neper (en 1614, mais pas sous forme int´egrale : il faut attendre 1666 pour cela) afin de ramener le calcul d’un produitxy `a celui d’une somme : lnx+ lny. Cependant, pour terminer le calcul, il est n´ecessaire de connaˆıtre la bijection r´eciproque de la bijection ln.

Corollaire. Il existe un unique e∈R tel que ln(e) = 1. e est le nombre de Neper.

Il admet pour valeur approch´ee e= 2,71828183±108. Propri´et´e. lnx

x x−→

+0 . D´emonstration.

Pour tout x∈[e,+∞[, posons f(x) = lnx x . f est d´erivable sur [e,+∞[ avec f(x) = 1−lnx

x2 .

Soit x∈[e,+∞[. Par croissance du logarithme, lnx≥lne= 1, donc f(x)≤0.

Ainsif est d´ecroissante, donc d’apr`es le th´eor`eme de la limite monotone, il existeℓ∈R tel que f(x) −→

x+ℓ.

De plus, pour tout n∈N, f(2n) = nln 2

2n , or on peut montrer par r´ecurrence que pour tout n ≥ 4, 2n ≥n2, donc pour tout n ∈N∩[4,+∞[, 0≤ f(2n) ≤ ln 2

n n−→

+0, donc d’apr`es le principe des gendarmes, f(2n) −→

n+0.

Or, par composition des limites,f(2n)n−→

+ℓ, donc par unicit´e de la limite, ℓ = 0.

Graphe de ln :au tableau.

D´efinition. La bijection r´eciproque de la bijection ln|RR+ est not´ee exp.

exp est unC diff´eomorphisme deR dans R

+. Pour tout x∈R

+, exp(lnx) = xet, pour tout x∈R, ln(exp(x)) =x.

Propri´et´e. exp(1) =e.

∀x∈R, d

dx(exp(x)) = exp(x).

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