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Des élus accusés de spoliation

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Le personnel diplomatique livré à lui-même

Sont parvenus à notre bureau de Floride, les cris de détresse du personnel diplomatique haïtien. En effet, ceux qui ont la charge de représenter le pays à l’étranger n’ont pas perçu de salaire depuis le mois de janvier 2018. En d’autres termes, à la fin de ce mois, les diplomates et autre personnel administratif des ambassades et consulats auront passé quatre mois sans percevoir leur chèque.

Des élus accusés de spoliation

La mairesse adjointe de Cap-Haïtien, Yvrose Pierre.

MARDI 08 MAI 2018 NUMÉRO 671

ACTUALITÉ CULTURE SOCIÉTÉ

1er Forum international

des femmes élues d’Haïti Avec la chanson « Un peu de nous », Yama Laurent a conquis le Canada

Sud-Est : les jeunes

s’engagent volontairement pour le climat

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HAÏTI/INTEMPÉRIES

Déjà trois décès depuis le début des intempéries

Le Secrétariat permanent de gestion des risques et des désastres, conjointement avec l’Unité hydrométéorologique d’Haïti et la direction de la Protection civile du ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, a annoncé que deux femmes et une fillette sont portées disparues depuis le début de la période d’intempéries.

En ce sens, les autorités de l’État appellent à la vigilance et maintiennent les restrictions sur les départements du Sud, Nippes, Grand’Anse, Nord, Nord-Est et l’Artibonite, où des averses plutôt orageuses sont encore attendues.

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Place aux play-offs

SPORT

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N0 671 MARDI 08 MAI 2018

S elon plusieurs observateurs, l’absence de cadastre en Haïti donne libre champ aux spoliateurs et aux fraudeurs. Avec l’augmentation des cas de vol de terrain à travers le territoire national, les magistrats des tribunaux de paix, des parquets, des tribunaux de Première instance sont très sollicités. Ils sont obligés de statuer sur ces cas et beaucoup d’autres comme le délit de spoliation et celui de stellionat. Le vol de terrains – l’expropriation forcée – la spoliation sont autant de problèmes récurrents qu’on retrouve sur tout le territoire national.

Victime de la mairesse adjointe de Cap-Haïtien, l’homme d’affaires Maurice Laroche Junior porte plainte devant les tribunaux pour violation de propriété privée et destruction violente de bien contre Yvrose Pierre. Elle est attendue au tribunal, le lundi 14 mai 2018.

Maurice Laroche Junior indique que la mairesse a fait valoir la thèse de fermière de l’État. Une thèse rejetée par l’avocat Davilmar Débréus.

Pour l’avocat du plaignant, le fait d’accaparer la propriété est un acte arbitraire soutient-il.

Pour Maurice Laroche Junior, cet acte doit être puni. Il accuse la mairesse adjointe de faire abus d’autorité, car, selon M. Laroche, la dame s’est fait accompagner par des hommes armés avant de prendre le contrôle d’une partie de sa propriété.

Il confie avoir acheté le terrain des héritiers Camilaire

Théodore et

que depuis dix ans, dit-il, il jouit exclusivement de la propriété. « La clôture de la propriété est totalement détruite », regrette Laroche Junior.

Il précise que la mairesse ne s’est pas faite accompagner d’un officier de justice.

Présentement en déplacement, la mairesse Pierre dit ne pas se soucier de ces accusations. Toutefois, elle promet de faire les précisions nécessaires dans cette affaire, au moment opportun. À noter que dans les émissions de libre antenne

dans la métropole du Nord, les accusations de spoliation contre des parlementaires et maires dans la région sont récurrentes.

Conscient de la réalité, le président de la République, Jovenel Moïse, a souvent rappelé la détermination de son administration à sécuriser le droit à la propriété privée. Pour le chef de l’État, le seul obstacle à la garantie de la propriété privée est la faiblesse de l’État à tous les niveaux, appelant la responsabilité du gouvernement, des législateurs, des avocats, des notaires, arpenteurs, policiers et autres acteurs du système judiciaire.

L’ancien ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Heidi Fortuné, a mis sur pied la BRICIF dans l’optique de réprimer avec rigueur les actes de spoliation et les différentes atteintes à la propriété privée sur toute l’étendue du territoire national. Cette nouvelle structure, la Brigade d’intervention contre l’insécurité foncière (BRICIF), a pour fonction de recueillir des plaintes de la population en cas de spoliation accompagnée de violence, faire des interventions sur la scène de crime et procéder à l’arrestation des personnes qui ont recours à la violence sur les propriétés litigieuses.

Hansy Mars

| ACTUALITÉ

Traquer la corruption !

Un colloque universitaire sur la corruption, qui a réuni experts et membres de la société civile, a permis de prendre la pleine mesure d’un phénomène complexe. Il s’est agi, pour les participants, de comprendre les caractéristiques de ce mal social : ses causes diverses, son mode de fonctionnement, son économie ainsi que les outils juridiques existants pour y faire face, sans oublier un élément essentiel qui est la relation entre pouvoir et corruption.

Voilà un événement rarissime qui aura marqué les premiers jours du mois de mai. Depuis deux siècles que la nation demande des comptes et rien de bien significatif ne se passe. On pourrait répéter après l’autre que « plus que cela change, plus c’est la même chose ». Inexorablement les revendications populaires finissent toujours par être détournées de leurs vrais objectifs de justice sociale et de réparation. Les redditions républicaines de comptes aboutissent toujours en règlements de comptes entre groupes politiques rivaux.

Entre mises sous séquestres de biens d’anciens dirigeants et dechoukaj réguliers aussi violents que provisoires, certaines fortunes politiques finissent toujours par se rétablir. La guerre intermittente entre fils d’une même nation à la faveur de nos nombreuses révolutions de palais n’a en fait jamais mis fin au pillage éhonté de nos maigres ressources. Au contraire, ruineuse, elle accélère la paupérisation de la nation. Les équipes se succèdent au pouvoir. Et, en dépit des mises en accusation formelles de régimes précédents, les pratiques demeurent et participent d’une culture politique dysfonctionnelle résolument ancrée qui traverse impérieusement toutes les administrations. Le recteur Jacky Lumark rappelait, à titre d’illustration, que plusieurs de ceux qui avaient été sur le banc des accusés lors du fameux procès de la Consolidation au début du siècle dernier sont devenus, quelques années plus tard, des responsables de la chose publique.

De plus, il ne faut pas écarter le fait incontournable d’une gestion traditionnelle de la « Res publica » remontant à très longtemps dans nos mœurs politiques. Depuis qu’un chef d’État avait admis fatalement que « tous les hommes sont des voleurs » et que la malice populaire traduit en « voler l’État n’est pas voler ».

Ne dit-on pas souvent que les fonctionnaires les plus honnêtes, les femmes et hommes d’État les plus volontaristes se font toujours piéger par un système étatique implacable qui tourne sur lui-même selon sa propre loi gravitationnelle.

Le mal est partout et épouse nos modes de vie. Dans une société où les institutions sont faibles et/ou l’État est le principal employeur de la République, le citoyen a souvent recours à des expédients pour survivre.

De la débrouillardise à la petite corruption, la frontière est plus que poreuse. Et ceux qui résistent sont comme le personnage de Béranger, dans la pièce Rhinocéros d’Eugene Ionesco.

Quoiqu’ il en soit, le colloque a été bénéfique et remet l’Université dans son rôle de forum scientifique permanent, de lieu de fondation de la pensée critique. Il est l’espace privilégié pour la quête de solutions stratégiques à notre mal-être. Ici, au journal, nous attendons avec une impatience critique que l’UEH panse ses douloureuses blessures et se remette finalement en ordre scientifique de marche. Alors seulement, nous pouvons espérer voir le bout du tunnel, éclairés par nos intellectuels organiques.

La conjoncture est aussi marquée par la cascade de défections qui affecte la Commission chargée de préparer les États généraux sectoriels. Evans Paul, lui aussi, aurait abandonné le navire qui tangue dangereusement.

Voilà ce qui pourrait faire l’objet d’une profonde réflexion : il n’y a pas une institution ancienne ou nouvelle qui ne couve sa petite crise. C’est peut-être une occasion unique de tout revoir. Il y a quelque chose d’irrémédiablement pourri dans le management de ce pays.

Il y a du pain sur la planche, de larges avenues pour la réflexion et pour l’engagement citoyen. Loin des misérables impasses de détestations claniques.

Roody Edmé

ÉDITO

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Des élus accusés de spoliation

Depuis quelque temps, les actes de fraude et de

spoliation sont monnaie courante en Haïti. Ils sont

légion les cas recensés ou dénoncés. Les cas les plus

médiatisés concernent souvent des élus et d’autres

hauts dignitaires de l’État.

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MARDI 08 MAI 2018 N0 671

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C ’est une Colombe Émilie Jessie Menos satisfaite qui a présenté le bilan de ses activités pour sa première année passée à la tête du ministère du Tourisme et des Industries créatives (MTIC), le lundi 7 mai 2018, au ministère de la Communication à l’occasion de la 41

e

conférence de presse dudit ministère. Les réalisations, selon la ministre, témoignent de la volonté d’une équipe dynamique qui a su faire face aux obstacles.

Au niveau de la promotion, la titulaire du MTIC se donne un satisfecit pour avoir bien vendu l’image du pays, soulignant au passage la participation de plusieurs membres de son cabinet à des foires touristiques internationales. « Nous avons assuré respectivement la présidence et la vice-présidence de la commission des Amériques au niveau de l’Organisation

mondiale du Tourisme. Cela est un message clair pour dire qu’Haïti est prête et attend que les touristes y viennent pour l’explorer», a-t-elle fait savoir, avant d’affirmer que le secteur se porte bien.

La ministre a fait mention également de l’augmentation du nombre des visiteurs passant de 1 million 242 mille 426 touristes en 2016 à 1 million 488 mille 799 en 2017 et a annoncé huit grands projets dans le secteur touristique haïtien. Six d’entre eux seront exécutés au niveau de l’hébergement avec la construction de 254 nouvelles chambres d’hôtel dans le pays.

Les deux autres, précise-t- elle, concernent le domaine du transport. Ces nouveaux projets, a-t-elle ajouté, devront générer 450 emplois directs et 900 emplois indirects dans le pays.

Des perspectives alléchantes Le ministère se fixe, pour les jours à venir, l’objectif d’avoir un curriculum standardisé pour l’enseignement de l’hôtellerie et du tourisme à travers toutes les écoles œuvrant dans ce secteur. Un inventaire des sites touristiques sera réalisé au niveau des différentes régions du pays en vue d’évaluer et de mettre en valeur le potentiel des différentes collectivités territoriales. « Nous avons de la capacité, cependant nous faisons face à d’énormes problèmes de moyens », a-t-elle déclaré avant de rappeler qu’il est impératif que le pays soit doté d’un plan véritable plan d’aménagement touristique prenant en compte le développement de ses îles adjacentes.

Daniel Sévère

ACTUALITÉ |

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Haïti, une destination touristique sure, mais…

Le ministère du Tourisme et des Industries créatives (MTIC) a présenté, le lundi 7 mai 2018, son inventaire sur l’état d’avancement de l’industrie touristique en Haïti.

Selon la ministre, Colombe Émilie Jessie Menos, les réalisations de son ministère sont notables et les perspectives alléchantes. Cependant, tout enthousiasmée de ses efforts en vue d’un tourisme créateur d’opportunités, la ministre dit déplorer le fait que des instruments nécessaires à la mise en œuvre de sa politique « Touris se zafè tout moun » font encore défaut à son administration.

La ministre du Tourisme, Colombe Émilie Jessie Menos.

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D es personnes sont blessées.

D’autres sont mortes ou portées disparues. À Jacmel, une rivière en crue a emporté une femme dans la matinée du dimanche 6 mai, son corps a été retrouvé sans vie. Un homme a été porté disparu dans les mêmes conditions, et les recherches n’ont rien révélé jusqu’à date.

Ces fortes pluies ont également occasionné des glissements de terrain dans la capitale. Quatre maisons ont été détruites, quatre autres sont endommagées à Turgeau, Carrefour feuille et Canapé-vert.

Jesuleme Doré est le nom de la dernière victime d’un glissement de

terrain à ravine Ocha, Canapé-vert.

Même constat dans le département du Sud-Est. Des rivières en crues ont provoqué d’énormes dégâts. À Bainet, des abris sont endommagés au niveau de la 8

e

section Zoranje.

Et dans le Sud, la ravine du Sud était en phase de débordement. En ce sens, les structures de Protection civile demandent aux riverains de se déplacer vers des endroits plus sûrs.

Depuis le début de ces intempéries, ce sont au moins quinze maisons, la plupart des constructions de fortune, qui ont été endommagées ou détruites, selon les données officielles du ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales.

Les dernières pluies ont également affecté certaines infrastructures routières, sans occasionner de dégâts considérables. Par rapport à la situation météorologique, la direction de la Protection civile du ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales appelle les populations, notamment les habitants des zones à risque d’inondation et de mouvements de terrain, à éviter les longs déplacements, à rester loin des points d’eau bas et des cours d’eau et surtout à ne pas franchir sous aucun prétexte les rivières en crue.

Ceux qui vivent en

flanc de

montagne, sur des terrains instables,

déjà gorgés d’eau, et dans des zones inondables sont également invités à évacuer ces zones. Alors que la saison cyclonique n’a pas encore commencé, les choses s’annoncent déjà très compliquées pour Haïti, vu sa grande vulnérabilité par rapport aux intempéries. Selon les prévisions, Haïti pourrait faire face à 12 ou 15 ouragans, dont trois ouragans majeurs entre juin et octobre. Conscient de cela, la fédération des CASEC appelle l’État à agir de façon à limiter les dégâts que pourraient causer ces éventuels ouragans.

Evens RÉGIS

P our la première fois en Haïti, plusieurs centaines de femmes élues haïtiennes accompagnées de quelques collègues venues de l’Europe et de l’Amérique se réunissent autour d’une même table pour discuter de certains dossiers concernant la réalité des femmes dans le monde.

Au cours de ces assises, d’éminentes personnalités ayant contribué à la promotion de la lutte des femmes sous diverses formes interviendront à cette grande première qui vise à contribuer à une meilleure participation des femmes dans la politique haïtienne.

Ce forum, selon les organisateurs, donnera la possibilité à des anciennes ministres et ex-élues d’informer les participantes sur les objectifs de la Fenafemh et de dégager des perspectives en fonction des prochaines élections.

Ce sera également l’occasion pour des femmes élues de toute la République, d’anciennes ministres et ex-élues de faire état de l’avancement de la lutte des femmes aussi bien en Haïti que dans le reste du monde, d’identifier les acquis et les mesures à mettre en œuvre

en vue d’une une meilleure prise en compte de la problématique des

filles/femmes dans les communes

notamment sur la question de violence, d’autonomisation et de formation.

Selon une note de presse émanant de FENAFEMH, de FENASEC, de AFCAH et d’AFEDEVO, ces assises, de façon spécifique, entendent faciliter le partage d’expériences entre les femmes ayant été au pouvoir tant en Haïti qu’à l’étranger;

pour une meilleure présence des femmes dans les espaces de pouvoir; identifier les différentes

formes de contraintes et/ou facilités auxquelles les élues ont eu à faire face ou font encore face tant en Haïti qu’à l’étranger, mais aussi collecter les informations pouvant permettre la production d’un cahier de charge prenant en compte les revendications des femmes.

Des grognes

Si les participantes ont félicité à l’unanimité cette initiative , elles sont aussi nombreuses à exprimer leurs frustrations. « C’est une très bonne initiative. Je suis contente d’être là, cependant, les responsables doivent,

la prochaine fois, faire beaucoup mieux en terme d’organisation », a déclaré l’une des femmes élues qui dit attendre avec impatience la deuxième édition.

Le président du Sénat de la République, Joseph Lambert, de son côté, a applaudi l’initiative. « Je m’associe au 1

e

Forum international des femmes élues d’Haïti. C’est un événement important qui mérite d’être encouragé. Aujourd’hui comme hier, je supporte l’intégration des femmes dans les espaces de pouvoir et de décision » a-t-il déclaré.

À rappeler que le premier Forum international des femmes élues d’Haïti est rendu possible grâce au support de la Primature, du ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales (MICT), du PCM, de IDEA International, du Parlement haïtien, de la FENAMH, du MCFDF ainsi que d’autres partenaires. Il faut souligner que plusieurs personnalités importantes du monde politique ont assisté à l’ouverture de la manifestation.

Jodel Alcidor

| ACTUALITÉ

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HAÏTI/INTEMPÉRIES

Déjà trois décès depuis le début des intempéries

HAÏTI/POLITIQUE DE GENRE

1 e Forum international des femmes élues d’Haïti

La Fédération des femmes maires d’Haïti (Fenafemmh), de concert avec les femmes parlementaires, des membres des Conseils d’administration communale (Casec), des membres des Assemblées des sections communales (Asec) et des femmes déléguées de ville, organise du 7 au 9 mai 2018, à Pétion-Ville, le premier Forum international des femmes élues qui se déroule sous le thème « genre et décentralisation ».

L’Assemblée des femmes élues à l’hôtel Karibe.

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MARDI 08 MAI 2018 N0 671

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L

e comité de pilotage est en crise. Après le départ du président Mgr Louis Kébreau et de Jacques Édouard Alexis, notamment, c’était au tour de l’ancien Premier ministre du président Joseph Michel Martelly d’annoncer son retrait le week-end écoulé alors que le Comité vient de remettre à la presse une guide d’organisation des États généraux

sectoriels de la nation. Malgré cette démission surprise, Evans Paul, lors de son intervention, n’avait pourtant pas écarté la possibilité de regagner son siège au niveau du Comité de Pilotage.

Et, c’est chose faite. L’ancien Premier ministre est de retour.

« J’ai eu un profond désaccord autour d’un document avec l’un des membres du Comité de pilotage des États généraux sectoriel de la nation. C’est ce qui m’a poussé à prendre une telle décision », a lancé l’ex Premier ministre qui a précisé que c’est avec « un esprit de bonne volonté » qu’il est retourné au sein dudit comité.

Le vice-président, Dr Jean-Claude Desgranges refuse, en effet, de parler de démission. Intervenant sur cette situation qui laisse planer beaucoup de doute en ce qui a trait à la réalisation de ce dialogue national, M. Desgranges a parlé plutôt de désaccord ou d’un mal entendu. « Evans Paul n’a pas démissionné de son poste de commissaire. Cette lettre n’est pas

officielle. Puisque, moi, en tant que vice-président je n’ai reçu aucune lettre, le président non plus » a-t-il indiqué, annonçant par ailleurs une rencontre avec tous les membres de la commission, dont Evans Paul. En outre, Dr Desgranges a déploré le fait que la lettre ait été rendue publique alors qu’il s’ agit d’un dossier interne, qui ne regarde que les commissaires.

En ce qui concerne le fonctionnement du comité de pilotage, le vice-président est clair.« À tous ceux qui prétendent que le comité de pilotage des États généraux sectoriels est dysfonctionnel, après la démission de certains membres, nous déclarons que c’est faux », a-t-il fait savoir, avant de préciser que dix- sept membres sont, pour le moment, actifs au niveau dudit comité qui se réunit au moins trois fois par semaine.

En dépit des difficultés rencontrées, le vice-président se dit optimiste quant aux résultats de ces assises dont l’objectif est d’arriver à la mise en place d’un pacte de gouvernabilité et d’un plan

stratégique de développement national prenant en compte les propositions de différents secteurs de la vie nationale.

Agenda du Comité

Le comité de pilotage a du pain sur la planche. Selon les dires de son vice- président, Mr Desgranges , le comité devrait rencontrer dans les prochains jours plusieurs secteurs clefs de la vie nationale particulièrement, le secteur de la presse, de l’université, de la femme ainsi que le Sénat de la République.

De plus, un congrès sera organisé à l’Arcahaie le 16 mai prochain en prélude à la fête du drapeau.

Notons que pas moins de quatre membres ont déjà donné leur démission, sans oublier ceux qui, comme madame Michèle Duvivier Pierre-Louis et le père Franklin Armand, n’ont assisté depuis déjà plusieurs semaines à aucune rencontre.

Jodel Alcidor

ACTUALITÉ |

HAÏTI/ÉTATS GÉNÉRAUX SECTORIELS

Comité de Pilotage : Evans Paul fait machine arrière

Dans une lettre diffusée, le week-end écoulé, sur les réseaux sociaux, l’ancien Premier ministre Evans Paul, l’une des figures importantes du comité de pilotage a remis sa démission. Trafics d’influence, conflits personnels, regroupements claniques, figurent parmi les raisons évoquées par le concerné pour expliquer sa décision. Environ trois jours après sa démission, le responsable de KID annonce son retour au poste de conseiller.

L’ancien Premier ministre, Evans Paul.

E

n plein 21e siècle, qu’un gouvernement n’arrive pas à payer ses fonctionnaires, que ceux-ci soient à l’intérieur ou à l’extérieur du pays, est inacceptable.

Le pays dispose d’un budget dont la fonction est de pourvoir aux dépenses prévues. Que nous soyons encore incapables d’appliquer un budget prouve l’état de dégénérescence de l’administration publique haïtienne.

Bien que l’État haïtien ait toujours payé ses fonctionnaires à des fréquences irrégulières, il parait que l’actuelle administration aurait remporté la palme du retard dans le versement du salaire du personnel diplomatique.

Imaginez un instant à quoi sont exposés les employés du ministère des Affaires étrangères qui font face à cette situation loin des rives haïtiennes, de leur famille et de leurs amis. Prenons

le cas, par exemple, d’un employé qui se trouve aux États-Unis. Le loyer y est généralement payable le premier jour du mois. Passé le troisième du mois, le loyer est assorti d’une pénalité de 10%. Environ 12 jours plus tard, le propriétaire enclenche la procédure de déguerpissement.

Allez lui expliquer que vous travaillez pour un gouvernement qui organise deux carnavals par an, mais ne paie ses fonctionnaires que chaque Saint Sylvestre. Il ne comprendra pas, parce que dans tout pays où les dirigeants se respectent, ils se démerdent pour payer les fonctionnaires à l’heure.

À part le loyer, les voitures sont reprises par les concessionnaires, les rentrées de classe, chaque année, se font en décalage et dans des conditions minimales pour les enfants, les fêtes de fin d’année se passent comme des jours ordinaires.

Finalement, lorsqu’un ou deux chèques sont finalement reçus, ils sont engloutis par les redevances diverses qui se sont accumulées pendant les mois de non-paiement.

Ne pas pouvoir subvenir aux besoins d’une population est une chose; ne verser leurs salaires aux employés que sur une base saisonnière alors que l’État s’engage dans des dépenses somptuaires et improductives en est une autre.

Aujourd’hui, des membres du personnel diplomatique sont obligés de vivre chez des amis ou des parents, parce que la fréquence à laquelle ils perçoivent leur salaire ne les autorise pas à se louer une maison ou un appartement ; sinon, ils feraient l’objet de déguerpissement tous les mois. On a même eu vent de cas où des enfants ne se rendent plus à l’école parce que leurs parents « diplomates

» ne peuvent pas faire face au coût du transport ; ou des enfants crèvent de faim parce que leurs parents ont épuisé leurs maigres ressources, et n’ont plus aucune porte à laquelle frapper.

Dans de telles conditions, peut- on espérer que ces fonctionnaires dépourvus de tout soient en mesure de venir en aide à nos compatriotes dans leurs juridictions respectives

? Certains d’entre-eux s’y mettent sans réserve, mais on ne peut espérer que cela dure longtemps.

Le gouvernement doit trouver les moyens de payer les fonctionnaires de l’intérieur et de l’extérieur à l’heure.

Sinon, personne ne pourra croire aux plans d’action et autres promesses du pouvoir.

Frandley Denis Julien

Le personnel diplomatique livré à lui-même

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N0 671 MARDI 08 MAI 2018

C

e rapport d’une quinzaine de pages sur la situation de certains centres de rétention et de détention prend aussi en compte les conditions de travail des agents de la PNH, les relations entre agents de la PNH et autorités judiciaires, les conditions de travail des agents de la DAP, les conditions générales de détention, le statut juridique des prisonniers et les nombreux cas d’évasion enregistrés.

Sur le plan infrastructurel, la situation de certains commissariats et sous-commissariats du pays est déplorable.  Le bâtiment logeant le sous-commissariat de la Croix-des- Bouquets nommé «  calvaire  » est délabré et son effondrement semble imminent. Lorsque les véhicules passent à grande vitesse, des morceaux de mortier se détachent du mur ou du plafond du bâtiment », lit-on dans ce rapport. Toujours selon le même rapport, le sous-commissariat de Cazeau se trouve dans un piteux état.

« Le sous-commissariat de Corail est en mauvais état et est très exigu. Dans

le courant de la journée, les agents qui y sont affectés sont obligés de s’éparpiller aux alentours, sous les arbres pour échapper à la forte chaleur de l’espace », souligne le document.

Moyen de fonctionnement et énergie électrique

« Dans tous les vingt-et-un postes de police visités de janvier à mars 2018, les besoins sont énormes. Classeurs insuffisants ou inexistants, menottes insuffisantes, tubes de gaz lacrymogène inexistantes et insuffisantes», mentionnent les responsables du RNDDH. Selon les données fournies dans ce rapport, l’électricité est inexistante dans plusieurs postes de police.

Les conditions de travail des agents de la PNH

Selon le rapport sur la situation de certains centres de détention du pays, les conditions de travail des agents de la PNH sont extrêmes difficiles. Ces derniers n’ont pas accès aux soins de santé. En effet, selon ce rapport, la

procédure pour l’obtention de la lettre de la direction de la PNH, exigible pour accéder à un hôpital, est longue et difficile. Les conditions économiques des agents de ladite institution sont très difficiles. «  En effet, plus 60% des policiers rencontrés s’estiment victimes d’une politique de deux poids deux mesures appliquée au sein de la police.

Certains avancent que depuis leur intégration dans ladite institution, soit, en moyenne, huit années, leur situation socio-économique n’a pas vraiment changé ».

Relation entre les agents de la PNH et autorités judiciaires

D’après ce rapport, nombreux responsables policiers avouent que les relations avec les autorités judiciaires ne sont pas parfaites. « Certains estiment que les efforts consentis par les policiers pour combattre le banditisme et la criminalité ne sont pas appréciés à leur juste valeur. Avec trop de facilité, les autorités judiciaires procèdent à la remise en liberté d’individus arrêtés en raison de leur implication dans la

perpétration d’actes répréhensibles », font-ils savoir.

Conditions de travail des agents de la direction de l’administration pénitentiaire (DAP).

« Les agents de la DAP font face à de nombreux problèmes  : les espaces utilisés pour dortoirs, souvent exigus, ne sont pour la plupart, ni équipés ni appropriés ». Selon le rapport, les agents de la DAP ont du mal à avoir accès aux soins de santé.

Statut juridique des prisonniers

Selon  les données fournies, la population carcérale haïtienne est évaluée, au mois de février 2018, à 11 859 dont 2958 condamnés et 8901 détenus en attente de jugement. « À l’exception des prisons civiles de l’Arcahaie et de Fort-Liberté qui ne reçoivent que des condamnés, toutes les prisons civiles du pays connaissent le phénomène de la détention préventive prolongée ».

Cluford Dubois

L e rapport produit par les techniciens décrit les facteurs expliquant la vulnérabilité de la ville de Port-de-Paix face à l’inondation.

Parmi ces éléments, sont cités en exemple; la croissance désordonnée de la ville, où des constructions se sont érigées un peu partout dans les mornes en dehors de tout plan d’urbanisme, la dégradation abusive des bassins versants surplombant

la ville, des problèmes d’assainissement de la ville, etc.

Les techniciens ont également noté dans ce rapport d’études, le sous-dimensionnement des anciens canaux de drainage étant incapables de faciliter l’écoulement des eaux sauvages vers la mer.

Pour résoudre ces problèmes, plusieurs solutions sont proposées.

Il s’agit à court terme de la mise en application des mesures

d’interdiction de construction anarchique, particulièrement au large des bassins versants. Puis à moyen terme, une campagne de reboisement des mornes, particulièrement en amont des sept micro-bassins versants ayant surplombant la ville, un projet de construction d’un réseau de drainage ayant une capacité proportionnelle à la quantité d’eaux que génèrent les bassins versants, capables d’empêcher

les inondations à répétition de la ville.

Ce rapport d’études sera acheminé au ministère de l’Environnement haïtien qui devra assurer le suivi auprès de la présidence. Une copie du document sera mise également à la portée des autorités locales, selon les précisions du directeur régional dans le Nord-Ouest, l’agronome Lucner Noël.

Marc Edy Ossam

| ACTUALITÉ

Rapport du RNDDH sur les infrastructures judiciaires et policières

Le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), a présenté, le vendredi 4 mai 2018, un rapport sur « la situation de certains centres de détention du pays ». Selon les données disponibles dans ce document, le fonctionnement des institutions policières et juridiques se révèle alarmant.

HAÏTI/INFRASTRUCTURES

Restitution des travaux d’études sur le projet de drainage de la ville de Port-de-Paix

Lors d’une séance à la salle de conférence de la délégation départementale du Nord-Ouest, l’équipe du Centre

oriental de Biodiversité et Écosystèmes (BIOECO) de Cuba, en présence des cadres techniques du ministère

de l’Environnement, a présenté aux autorités locales les résultats des travaux d’études réalisées du 20 au 30

avril 2018, dans le cadre du projet de drainage de la ville de Port-de-Paix. Une étude basée notamment sur les

causes, les conséquences et les solutions appropriées par rapport aux inondations à répétition que connait le

chef-lieu du département du Nord-Ouest.

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I l est pratiquement évident que dans les jours à venir la République dominicaine enverra son tout nouvel

ambassadeur comme

représentant officiel de son gouvernement en République populaire de Chine. Ce qui, d’un coté mettra fin dans sa liaison diplomatique avec Taipei et de l’autre côté officialisera une nouvelle étape dans ses rapports avec Pékin. La nouvelle vient de tomber le lundi 30 avril 2018 au cours d’une visite du ministre dominicain des Affaires étrangères M. Miguel Vargas en Chine continentale. Dans un communiqué publié par le gouvernement dominicain à la nation, les autorités dominicaines ont remercié Taïwan pour ses 77 ans de coopération à travers laquelle de nombreux programmes ont été réalisés. Mais désormais ils reconnaissent qu’il n’y a qu’une seule Chine dans le monde et que Taïwan est une partie inaliénable du territoire chinois. En définitive les autorités dominicaines ont fait savoir que “l’histoire et la réalité socio-économique les obligent maintenant à changer de cap. Le gouvernement est confiant que la nouvelle situation résultant de cette décision sera gérée de la manière la plus constructive et la plus harmonieuse possible”.

À travers ce revirement stratégico-économique les dirigeants dominicains ne se sont-ils pas montrés plus pragmatiques et réalistes que les autorités haïtiennes à profiter des momentums clés au niveau de la politique étrangère?

Analyse de l’aspect

économique de la situation L’affaiblissement de plus en plus de l’Amérique sur le plan économique affecte considérablement sa diplomatie et par contre profite considérablement à la politique étrangère de la Chine sur

l’échiquier international. Avec une dette de plus de 20.000 milliards de dollars soit environ dix fois la dette de la France, l’Amérique n’est plus ce qu’elle était auparavant. La Chine pour sa part avec ses réserves de devises étrangères de 3.140 milliards de dollars, pratique une diplomatie d’investissement sans relâche à travers le monde pour sauvegarder et maintenir sa montée en puissance. La Chine, la Russie et l’Iran viennent de signer récemment un accord visant à affaiblir le pétrodollar.

Dans cedit accord, il est prévu de commercialiser en Euro en lieu et place du dollar américain.

Ils sont nombreux les analystes économiques et financiers qui ont vu dans cette démarche une stratégie qui a pour objectif principal de diminuer l’hégémonie américaine dans le monde qui d’ailleurs commence par générer des signes de détresse. Les Américains ont eu en fait raison de penser que la Chine est le plus grand bénéficiaire de la mondialisation pour avoir connu pendant plus d’une décennie une croissance économique annuelle de 9.8%, ce qui lui a permis d’enlever plus de 68 millions de personnes de la pauvreté seulement sur une période de 5 ans. Cependant, ce progrès économique titanesque n’a pas fait que des heureux dans la mesure qu’il y a un vent de politique conservatrice qui se pointe de plus en plus à l’horizon surtout chez les Américains. Que celui qui saura se tenir debout seul en fermant ses barrières commerciales aux autres tire la première pierre!

En tout cas, la Chine a bien mesuré les retombées négatives que de telles décisions pourraient amener c’est la raison pour laquelle elle cherche à créer d’autres fenêtres d’opportunités pour assurer sa stabilité macro-économique.

De ce fait, elle vient de lancer un gigantesque programme

de coopération économique intitulé : «Yi Dai Yi Lu» «One Belt One Road»( La Ceinture et la Route). Ce vaste projet concerne plus de 60 pays avec une vocation géoéconomique l’une terrestre et l’autre maritime. La Chine veut ainsi marquer son engagement dans la mondialisation sans frontières.

Elle souhaite en redessinant des routes commerciales terrestres que des convois de marchandises se rendent par le rail directement à Londres ou Duisbourg (Allemagne), Lyon, Madrid, Belgrade, Budapest, Varsovie.. mais aussi Téhéran, etc.

Pour revenir un peu sur notre sujet de départ, il faut dire que la préoccupation primordiale de chaque gouvernement c’est d’accélérer sa croissance économique afin de garantir le bien-être social de sa population. À l’heure actuelle les investisseurs chinois sont les plus agressifs quand il s’agit de saisir des opportunités d’investissements étrangers.

Ils investissent presque dans tous les domaines et sont aussi détenteurs de grands capitaux propres. Évidemment c’est le moment idéal pour un pays comme la République dominicaine de profiter de ce momentum en vue d’accélérer sa croissance économique.

L’aspect politique de ce revirement est que depuis l’accession au pouvoir du nouveau président de la République populaire de Chine, M. Xi Jinping, il manifeste sa ferme volonté de réunifier Taïwan avec la Chine à l’aube des cent ans du Parti communiste en 2021 prochain . Au moment actuel, Taïwan est en train de subir de fortes pressions diplomatiques et militaires de la part de Beijing en vue de la forcer à rejeter d’un revers de main sa vieille ambition politique qui est de devenir un territoire totalement indépendant. N’est-il

pas un coup de maître de la part de la République dominicaine de se rapprocher de la Chine à ce moment-ci pour plusieurs raisons:

1. Tous les indicateurs sont favorables à la Chine comme étant la prochaine plus grande puissance économico-militaire mondiale quand il s’agit de pronostiquer sur l’avenir des puissances mondiales.

2. Taïwan étant une minuscule de par sa taille par rapport à la Chine ne saurait en aucun cas résister face à une offensive militaire venant de la grande Chine.

3. C’est une réalité que l’île ne compte que sur oncle Sam pour se défendre face à une telle menace militaire. Mais est-ce que les Américains décideront de s’engager dans une guerre avec une autre puissance nucléaire quand ses intérêts primordiaux ne sont pas directement menacés? Nous ne sommes pas certains d’avoir la réponse à une si épineuse question. Sans oublier cette dernière coopération militaire que la Chine vient de signer avec la Russie récemment dans la région. Les Américains sont plus que jamais conscients que tout affrontement militaire avec la Chine débouchera probablement sur un scénario beaucoup plus large que prévu. Toutes ces raisons nous portent à croire que cette nouvelle ouverture de la République dominicaine sur le plan diplomatique n’est qu’un coup de maître. Haïti attend quoi exactement pour emboîter le bon pas? .

John Peter César Ph.D Financial Management

Sales consultant at Liquid Image,Inc.- China

pensons.investissement@

gmail.com

TRIBUNE |

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Le rapprochement de la République dominicaine de la Chine,

un revirement stratégico-économique ?

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C hoquant, étonnant : Shell savait mais pas depuis longtemps que l’effet de serre n’était pas du ‘’fake news’’, mais le groupe pétrolier a choisi de nier le réchauffement global de la planète, nous révèle le confrère Marco Evers dans son dernier article paru dans le « Spiegel » (1)

Le doute n’est même plus permis, tant l’évidence crève les yeux. Les 13 dernières années ont été les plus chaudes depuis le début des statistiques météorologiques. La température moyenne sur la terre est d’un degré plus chaud qu’il y a un siècle.

Il y a 30 ans, les managers du géant pétrolier anglo-néerlandais Shell voulait savoir si le changement climatique était réel. C’était à une époque où seulement un petit cercle de chercheurs parlait de ce thème. Les responsables de la

firme font venir leurs propres

scientifiques dans le « groupe de travail effet de serre ».

La commission se plonge dans la littérature disponible à ce sujet et interroge des experts. En avril 1986, elle termine son enquête.

Deux ans plus tard, elle soumet à l’interne un rapport concis avec la mention « confidentiel ».

Le travail est aujourd’hui disponible sur la plateforme internet www.climatefiles.

com. Le rapport de Shell sur le changement climatique offre 31 pages de « lecture choc » et un annexe. « Lucides et utilisant un langage clair comme de l’eau de source, les chercheurs de la société pétrolière y ont décrit sans laisser planer l’ombre d’un doute comment en brûlant des énergies fossiles, le dioxyde de carbone émis va réchauffer la planète ».

Sans manquer de préciser ce détail : « non pas du vivant des décideurs actuels, mais bien aussi de celui de leurs enfants et leurs petits- enfants ».

Déjà à l’époque, sur notre planète, les auteurs avaient remarqué la survenance de changements, et ils seront beaucoup plus grands que tous les autres qui ont eu lieu

au cours des 12 000 dernières années. Les chercheurs étaient, au moment de la rédaction du document, bien conscients qu’un grand nombre de phénomènes dont les climatologues discutent aujourd’hui, étaient observables dans la nature. L’augmentation du niveau de la mer, la dégradation des récifs coralliens, la diminution de la masse de glace polaire, l’instabilité croissante des écosystèmes, la menace existentielle pesant sur des pays comme le Bangladesh, des événements météorologiques extrêmes de plus en plus fréquents, etc. Dans l’ensemble, les chercheurs ont été peu optimistes. Selon eux, leurs observations n’auguraient rien de bon pour l’humanité. Les conséquences sont multiples, dont l’approvisionnement en eau potable et en nourriture qui, à terme, deviendra difficile.

Le bien-être dans de multiples endroits de notre monde est menacé et en certains lieux, de massives relocalisations de personnes ne pourront pas être évitées. « De tels changements rapides et dramatiques », ont prédit les scrutateurs de Shell, « vont conduire à des conséquences sociales, économiques et politiques

». Les chercheurs ont mentionné qu’un réchauffement ne serait pas encore prouvé, mais « vers la

fin du

siècle ou au début du prochain », l’augmentation de la température moyenne sera visible au niveau mondial. Et le pire c’est désormais chose faite. Les chercheurs ont mentionné qu’un réchauffement ne serait pas encore prouvé, mais « vers la fin du siècle ou au début du prochain », l’augmentation de la température moyenne sera visible au niveau mondial. Et le pire c’est que désormais chose faite.

« Ça pourrait être trop tard ! » Rétrospectivement, dans cette affirmation, ils avaient vu juste.

Ils n’ont pas du tout fait dans la dentelle, comme avec cette phrase qui donne froid au dos : « Une fois le réchauffement global devient

mesurable, cela pourrait être trop tard pour prendre des mesures pour contrecarrer les effets et même pour stabiliser la situation

». Les scientifiques avaient fait savoir à leur entreprise qu’elle n’est pas indifférente à l’apparition de cette crise. En 1984, 4% des émissions de CO2 au niveau global provenaient de Shell Oil, Shell Gas et Shell Carbon. Les chercheurs ont décemment exhorté leurs responsables à s’attaquer au problème du changement climatique et à l’aborder de manière constructive en coopération avec les gouvernements et les organisations internationales.

Mais les managers de Shell en ont décidé autrement.

Bien que sachant à l’époque que leur branche mène l’humanité au péril, cette connaissance ne les empêche pas de persister à investir dans l’extraction de nouveaux gisements de pétrole, de charbon et de gaz. Surtout le CO2 fossile émis depuis l’industrialisation (vers 1750), plus de la moitié est parvenu dans l’atmosphère seulement après 1988.

Aux USA, Shell a fusionné avec des multinationales pétrolières comme Chevron, BP et Exxon qui, elles aussi, étaient conscientes du changement climatique. Ils ont fondé ensemble l’organisation de lobbying « Global Climate Coalition », un groupe de coalition anti-changement-climatique.

Avec un budget chiffré à des millions, cette association s’est donné pour but d’instiller dans l’esprit du public le doute sur le sérieux des assertions de la communauté des spécialistes du climat. Cette coalition d’intérêts industriels est composée d’opposants obstinés et déterminés à toute forme de régulation des gouvernements des nuisances dues au carbone issu des énergies fossiles. L’effet de ces campagnes de désinformations est persistant. L’émergence d’un climato-sceptique du genre de Donald Trump et la sortie des

USA de l’accord sur le climat de Paris sont, selon Marco Evers, à mettre au compte de la dynamique de Shell et Co.

Cette étude secrète serait-elle sortie du placard à poison du fait d’une prise de conscience des dirigeants de ces entreprises ou de la pression publique ? En 1988, Shell a décidé de ne plus dénier son impact sur le changement climatique. La compagnie a révoqué ses membres du Global Climat Coalition, qui s’est dissous peu de temps après.

Depuis ce revirement, Shell reconnaît explicitement le changement climatique provenant du genre humain, mais continue à poursuivre son activité : c’est-à-dire faire de l’argent en extrayant et en crachant du CO2 dans l’atmosphère. Les énergies alternatives ne semblent jouer aucun rôle dans son bilan.

Huguette Hérard

| TRIBUNE

ÉCOLOGIE

L’égoïsme de l’argent

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onald Trump va annoncer mardi sa décision sur l’accord conclu en 2015 pour empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire, dont les Etats-Unis menacent de se retirer au risque d’ouvrir une période de fortes turbulences.

Après avoir tergiversé depuis son arrivée à la Maison Blanche début 2017, le président américain devrait cette fois, de l’avis d’un grand nombre d’observateurs, faire un choix qui lui permette de tenir sa promesse électorale: “démanteler” l’accord signé par Téhéran avec les grandes puissances (Etats-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni et Allemagne).

“J’annoncerai ma décision sur l’accord iranien demain depuis la Maison Blanche à 14H00” (18H00 GMT), a tweeté Donald Trump.

Concrètement, il doit dire s’il rétablit ou non les sanctions américaines levées en contrepartie des engagements iraniens -- un arbitrage qui lui permet de nombreuses options plus ou moins drastiques. Mais même si les inspecteurs internationaux ont régulièrement certifié que l’Iran respectait les termes de l’accord, les Européens, en particulier le président français Emmanuel Macron après sa visite à Washington fin avril, n’ont pas caché leur pessimisme.

Londres, Paris et Berlin ont donc fait

lundi un ultime effort pour tenter de préserver le compromis en vigueur, alors que Donald Trump leur avait donné jusqu’au 12 mai pour proposer des solutions afin de le “durcir”

et pallier aux “lacunes” d’un texte qu’il juge “désastreux”. Le président américain lui reproche des clauses qui prévoient la fin progressive de certaines restrictions au programme nucléaire iranien à partir de 2025, mais aussi le fait qu’il ne s’attaque pas directement aux essais balistiques de Téhéran et à ses activités jugées “déstabilisatrices”

au Moyen-Orient.

- Demandes “légitimes” -

“Le président a raison d’y voir des lacunes” et “d’attirer l’attention là- dessus”, a déclaré lundi à Washington le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson, venu à Washington pour rencontrer son homologue américain Mike Pompeo puis le vice-président Mike Pence.

Les inquiétudes de Donald Trump sont “légitimes”, “il a lancé un défi au monde”, a-t-il renchéri, en s’exprimant sur Fox News, la chaîne télévisée préférée du milliardaire républicain.

Mais “nous pensons qu’on peut être plus dur sur l’Iran, répondre aux inquiétudes du président sans jeter le bébé avec l’eau du bain”, a-t-il aussi

insisté. “Le plan B ne me semble pas particulièrement avancé à ce stade”, a ajouté le ministre britannique.

A la Maison Blanche il y a deux semaines, Emmanuel Macron avait déjà tenté de persuader son homologue américain de ne pas dénoncer le texte, tout en proposant de négocier avec l’Iran un “nouvel accord”, qui prenne en compte ses inquiétudes et aille au-delà de l’actuel. La chancelière allemande Angela Merkel a appuyé ce plaidoyer quelques jours plus tard.

En “ce moment délicat, ce serait une erreur de s’éloigner de l’accord nucléaire et de lever les contraintes qu’il fait peser sur l’Iran”, a aussi estimé Boris Johnson dans une tribune dans le New York Times. Il a souligné que les inspections de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) prévues par ce texte augmentent “la possibilité de détection de toute tentative de fabriquer une arme”.

“Maintenant que ces menottes sont en place, je ne vois pas d’avantage éventuel à les mettre de côté”, a-t-il écrit, “la meilleure ligne à suivre serait d’améliorer les menottes plutôt que de les rompre”.

En parallèle à Berlin, ses homologues français et allemand, Jean-Yves Le Drian et Heiko Maas, ont aussi plaidé en faveur de l’accord, meilleur moyen

à leurs yeux pour “éviter que l’Iran n’accède à l’arme nucléaire”.

“Nous sommes tout à fait déterminés à sauver cet accord parce que cet accord nous préserve de la prolifération nucléaire”, a déclaré le chef de la diplomatie française. Le ministre allemand a lui estimé que “le monde sera moins sûr” sans l’accord, redoutant

“qu’un échec conduise à une escalade”

au Moyen-Orient.

Tous deux ont assuré vouloir coûte que coûte maintenir le cadre existant négocié avec Téhéran. “Nous avons l’intention de nous y maintenir, quelle que soit la décision américaine”, a dit Jean-Yves Le Drian.

Reste à savoir ce que ferait l’Iran en pareil cas.

Les ultraconservateurs du pays maintiennent une ligne très dure.

Jeudi, un conseiller de l’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême iranien, a affirmé que l’Iran quitterait l’accord si Washington mettait sa menace à exécution. Mais le président Hassan Rohani souffle le chaud et le froid, assurant lundi que Téhéran pourrait y rester, à condition que les Européens garantissent les attentes iraniennes, après avoir prévenu la veille que les Etats-Unis regretteraient “comme jamais” un éventuel retrait.

V

ladimir Poutine a prêté serment lundi pour un quatrième mandat à la présidence de la Russie qui le mènera au pouvoir jusqu’en 2024, après déjà 18 années aux commandes du pays en tant que chef de l’Etat ou du gouvernement.

Peu après la cérémonie, M. Poutine a une nouvelle fois proposé au poste de Premier ministre Dmitri Medvedev, dont la candidature devrait sans surprise être acceptée mardi par la Douma, la chambre basse du Parlement.

Président de 2008 à 2012 mais impopulaire et marginalisé au cours du mandat précédent de Vladimir Poutine, M. Medvedev n’a jamais été désavoué par son mentor auquel il voue une loyauté inflexible.

“Je considère comme mon devoir et le sens de ma vie de faire tout mon possible pour la Russie, pour son présent et pour son avenir”, a déclaré Vladimir Poutine après avoir prêté serment, la main sur la Constitution, lors d’une cérémonie solennelle au Grand palais du Kremlin, en présence des présidents des deux chambres du Parlement et celui de la Cour constitutionnelle.

Réélu en mars avec 76,7% des voix, le score le plus élevé depuis son arrivée au pouvoir, M. Poutine s’est imposé plus que jamais comme l’homme fort d’une Russie qu’il a replacée au premier rang sur la scène internationale, au prix de tensions croissantes avec les Occidentaux.

“Je ferai tout pour augmenter la puissance, la prospérité et la gloire de la Russie”, a assuré le président devant les députés, les sénateurs et de nombreuses personnalités du monde culturel russe

réunis au Kremlin.

Quelques heures après l’investiture, Vladimir Poutine a publié un décret dans lequel il annonce ses objectifs pour son nouveau mandat, notamment réduire le taux de pauvreté et amener l’espérance de vie à 78 ans en 2024, contre un peu plus de 72 ans aujourd’hui.

Le président américain Donald Trump a été l’un des premiers dirigeants occidentaux à féliciter M. Poutine pour son investiture, disant avoir “hâte de parvenir à un moment où (les Etats-

Unis) pourront avoir une bonne relation avec la Russie”, selon sa porte-parole.

- “Nouvelle qualité de vie” -

Si Vladimir Poutine a fait des déclarations martiales pendant sa campagne électorale et vanté les missiles nucléaires “invincibles” de la Russie, il a assuré après sa réélection vouloir réduire les dépenses militaires en 2018 et 2019 et réfuté toute “course aux armements”.

“Une nouvelle qualité de vie, la prospérité, la sécurité, la santé des gens (...) c’est ce qui est au centre de notre politique”, a affirmé lundi M. Poutine.

Son mandat précédent a été marqué par une crise inédite entre la Russie et les Occidentaux, provoquée notamment par le conflit ukrainien, à l’origine de lourdes sanctions visant Moscou, la guerre en Syrie et les accusations d’ingérence russe dans l’élection de Donald Trump en 2016.

La confrontation s’est encore accentuée depuis que Londres a accusé Moscou d’avoir empoisonné un ex-agent double russe au Royaume-Uni, ce qui

Nucléaire iranien : Trump annoncera sa décision mardi

Poutine prête serment pour un quatrième mandat et propose Medvedev comme Premier ministre

MONDE |

»»»» suite page 10 SPUTNIK/AFP/Alexei Druzhinin Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev se serrent la main lors

de la cérémonie d’investiture au Kremlin, le 7 mai 2018.

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es Etats-Unis ont appelé lundi au report des élections du 20 mai au Venezuela en les qualifiant de “mascarade”, et annoncé une série de sanctions contre des entreprises et des individus vénézuéliens.

“Les soi-disant élections prévues ne sont rien de plus qu’une escroquerie et une mascarade”, a déclaré le vice- président américain Mike Pence devant l’Organisation des Etats américains (OEA).

“Nous appelons (le président vénézuélien Nicolas) Maduro à suspendre ces élections qui sont une mascarade et à tenir de vraies élections”, a-t-il ajouté, en appelant les pays membres de l’OEA à suspendre le Venezuela.

L’Union européenne, les Etats-Unis et une grande partie de l’Amérique latine ont critiqué la décision de Caracas d’avancer au 20 mai le scrutin présidentiel, généralement organisé en décembre, dénonçant un manque de transparence et de garanties d’élections libres.

La coalition de l’opposition vénézuélienne a appelé au boycott de ce scrutin et à une grande manifestation pour protester contre ce qu’elle qualifie de “fraude”.

De son côté, le Trésor américain a annoncé lundi avoir pris des sanctions contre une vingtaine d’entreprises, dont 16 basées au Venezuela, et contre trois individus dont un ancien directeur du service vénézuélien des renseignements

financiers.

“Le bureau de contrôle des actifs étrangers (Ofac) du département américain au Trésor a identifié le ressortissant vénézuélien Luis Martin Olivares (dit Martin) comme un important trafiquant de drogues”, a indiqué le Trésor dans un communiqué. Il s’agit d’un ancien responsable du service des renseignements financiers.

Dans ses activités de trafic de drogues et de blanchiment d’argent, Martin aurait aussi bénéficié du soutien financier ou logistique de Walter Alexander Del Nogal Marquez (dit Del Nogal) et de Mario Antonio Rodriguez Espinoza

(Rodriguez).

L’Ofac a parallèlement désigné 20 entreprises dont 16 au Venezuela --le reste au Panama-- qui ont été détenues ou contrôlées par ces trois individus.

Par conséquent, l’administration américaine a ordonné la saisie de tous les actifs de ces personnes et interdit aux citoyens américains tout commerce avec les sociétés sanctionnées.

“Martin a exploité sa position au gouvernement et a accepté des pots-de- vin de la part de trafiquants de drogues opérant au Venezuela et en Colombie en facilitant le mouvement de drogues depuis et au sein de l’espace aérien

vénézuélien, en particulier en fermant le radar militaire et en corrompant d’autres responsables vénézuéliens pour poursuivre ces activités”, a détaillé le Trésor.

L’Ofac a aussi déterminé que Martin avait payé des responsables militaires vénézuéliens à la frontière avec la Colombie, permettant à Martin et ses acolytes de vendre de la cocaïne à d’autres réseaux de drogues.

Celui-ci a travaillé étroitement avec d’autres responsables du gouvernement vénézuélien pour des activités de blanchiment d’argent provenant de la drogue, selon la même source. “Martin a facilité le déplacement de plusieurs tonnes de cocaïne et a utilisé de nombreuses méthodes de blanchiment d’argent dont le transport de l’argent par voie aérienne”, ajoute l’Ofac.

“Nous refuserons l’accès des responsables du régime vénézuélien au système financier américain dans la mesure où nous travaillons avec les partenaires internationaux pour restaurer la démocratie et le retour à la prospérité”, a réagi le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, cité dans le communiqué.

Classé en défaut partiel par les agences de notation, le Venezuela traverse une très grave crise économique qui a déjà poussé des centaines de milliers d’habitants à fuir le pays.

Washington appelle au report des élections au Venezuela et annonce des sanctions

AFP/Archives / SAUL LOEBLe vice-président américain Mike Pense, à Washington, le 03 mai 2018.

»»»» suite de la page 9

a provoqué une avalanche d’expulsions croisées de diplomates à travers le monde. Vladimir Poutine a qualifié ces accusations de “grand n’importe quoi”.

Le scrutin que M. Poutine a remporté, arrivant très loin devant ses adversaires, avait été qualifié de “transparent au maximum” par la Commission électorale. L’opposition et des ONG russes avaient de leur côté fait état de milliers d’irrégularités.

- “Pas d’autre candidat” -

La cérémonie d’investiture a été précédée par une série de manifestations anti-Poutine organisées samedi dans toute la Russie à l’appel du principal opposant au Kremlin, Alexeï Navalny, qui ont débouché sur quelque 1.600 arrestations dont celle de M. Navalny.

Déclaré inéligible en raison d’une condamnation pénale qu’il estime orchestrée par le Kremlin, Alexeï Navalny n’avait pas pu se présenter à l’élection présidentielle. Sur Twitter, l’opposant a déclaré après la nomination

de M. Medvedev que “presque tout va dépendre de lui: du prix des transports à votre salaire”.

Alexeï Navalny avait publié l’an passé une vidéo vue 25 millions de fois sur YouTube, dans laquelle il accusait

Dmitri Medvedev de se trouver à la tête d’un empire immobilier financé par les oligarques du pays.

Vladimir Poutine devrait désormais rester à la tête de la Russie jusqu’en 2024, année où il fêtera ses 72 ans. Interrogé

le soir de sa réélection sur l’éventualité d’une nouvelle candidature à l’issue de ce mandat, il avait répondu: “Vous devez plaisanter! Qu’est-ce je dois faire?

Rester ici jusqu’à mes 100 ans? Non”.

Sauf réforme constitutionnelle, il ne pourra pas être à nouveau candidat en 2024, la Constitution russe interdisant de briguer plus de deux mandats consécutifs.

Selon des experts, le président russe pourrait mettre à profit les six prochaines années pour préparer un successeur. Mais pour l’instant, il s’est gardé de donner la moindre indication sur la personne qu’il pourrait envisager.

“Je ne vois pas d’autre candidat qui pourrait le remplacer... Chaque année, la Russie devient meilleure, plus forte et plus belle”, a déclaré à l’AFP Aliona Kozeleva, assistante commerciale, alors qu’elle se dirigeait lundi vers son travail dans un grand magasin moscovite.

AFP

SPUTNIK/AFP / Sergei GUNEYEV Vladimir Poutine passe en revue la Garde du Kremlin après sa cérémonie d’investiture, le 7 mai 2018 à Moscou.

Poutine prête serment pour un quatrième mandat et propose

Medvedev comme Premier ministre

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