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Les 1001 excuses pour ne pas publier dans le MFC … surtout en français!

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Vol 53:  december • décembre 2007 Canadian Family PhysicianLe Médecin de famille canadien

2081

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Les 1001 excuses pour ne pas

publier dans le MFC … surtout en français!

Roger Ladouceur

MD MSc CCMF FCMF, RéDACTEuR ADjOInT

I

l  m’arrive  assez  souvent  de  rencontrer  des  auteurs  qui  m’avouent préférer soumettre leur manuscrit à un autre  journal qu’au Médécin de famille canadien (MFC). Les prin- cipaux arguments évoqués sont que «le processus est trop  long  et  compliqué  …  les  soumissions  sont  toujours  refu- sées … le journal n’est pas suffisamment prestigieux… son  taux  de  citation—impact  factor—est  trop  bas…  etc».  Pour  ce qui est des auteurs francophones, leur réponse préférée  est «Tant qu’à publier, je tiens à être lu!» Bref, je reçois un  ensemble de commentaires qui n’ont rien pour rassurer le 

«jeune» rédacteur scientifique francophone que je suis.

Voyons voir si ces allégations sont fondées.

Allégation 1: Le processus est long et compliqué et le taux de refus élevé

Avec  la  mise  en  place  du  système  de  gestion  des  arti- cles,  Manuscript  Central,  le  processus  de  soumission  et  de  suivi  des  manuscrits  soumis  au MFC  est  devenu  beaucoup  plus  simple  et  fonctionnel.  Quiconque  peut  maintenant  soumettre  un  manuscrit  en  ligne  et  suivre  l’évolution de son texte. Depuis l’instauration de ce sys- tème,  les  délais  ont  été  écourtés:  ils  sont  actuellement  de 48 jours entre la soumission et la première décision.

Quant  aux  taux  d’acceptation,  ils  varient  beau- coup selon le type de manuscrit soumis. Les articles de  recherche  sont  actuellement  acceptés  dans  approxima- tivement  60%  des  cas.  Évidemment,  ce  taux  risque  de  varier  au  cours  des  prochaines  années,  pour  faire  face  notamment  à  l’augmentation  du  volume  de  soumis- sions;  depuis  1  an,  le MFC  reçoit  25%  plus  de  soumis- sions que l’année précédente.

Cette allégation est donc non fondée.

Allégation 2: Le MFC n’est pas suffisamment prestigieux et son taux de citation est trop bas

Cette  plainte  origine  habituellement  des  chercheurs  qui  s’en  servent  comme  défaite  pour  publier  ailleurs  ou  des  académiciens  qui  considèrent  que  la  publication  d’arti- cles dans le MFC ne contribue pas suffisamment à l’avan- cement  de  leur  carrière.  Il  est  vrai  qu’avec  son  taux  de  citation de 0,7 en 2006, le MFC fait figure de parent pau- vre  comparativement  aux  grandes  revues  prestigieuses  que sont le NEJM, le Lancet ou le BMJ. Néanmoins, ce taux  lui permet de se classer parmi les plus grandes revues de  médecine familiale au monde, l’écart entre chacune étant  mince.  Par  exemple,  en  2005,  seulement  0,68  point  de 

citation  séparaient  le  premier  journal  de  médecine  fami- liale (British Journal of General Practice; taux de citation de  1,73) et le dernier (Family Medicine: 1,043); le MFC arrivait 

alors en milieu du peloton avec 1,09.

Cette allégation est donc partiellement fondée. 

Allégation 3: Publier en français dans le MFC est inutile si je veux être lu

Enfin, le mythe le plus déplorable est celui véhiculé par  les francophones qui estiment que publier en français est  inutile.  Est-il  nécessaire  de  souligner  la  minime  contri- bution des auteurs francophones à ce journal qui se veut  bilingue  et  représentatif  de  la  réalité  canadienne?  La  question  du  français  dans  les  communications  est  une  véritable boîte de pandore. Tous reconnaissent que l’an- glais est la langue des communications et des sciences. 

Et,  il  est  vrai  que  bon  nombre  de  nos  collègues  anglo- phones  ignorent  tout  ce  qui  n’est  pas  dans  leur  langue  et  sautent  les  articles  rédigés  en  français.  Néanmoins,  le MFC s’est toujours fait un devoir de traduire tous les  éditoriaux et tous les résumés des articles de recherche  et de FMC. Et dorénavant la plupart des auteurs franco- phones qui soumettent un texte en français verront leurs  manuscrits publiés tel quel dans le journal et traduits en  anglais  et  accessibles  sur  le  Web  via  CFPlus.  Que  peut- on demander de plus?

Cette  allégation  est  donc  fausse.  Qu’aucun  auteur  francophone ne vienne dorénavant me dire que «publier  en français est inutile».

En fin de compte, tous ces auteurs potentiels, les aca- démiciens qui rêvent du NEJM et les français qui publient  en anglais, me font penser à un certain phoque parti en  Alaska  faire  tourner  des  ballons  sur  son  nez  (Rivard  M,  1974).  En  vérité,  ce  qui  manque  vraiment  au MFC,  ce 

n’est pas un index facteur de 10, ni des textes uniformé- ment  anglais,  c’est  plutôt  un  sentiment  d’appartenance  à tous ses lecteurs.

Dommage.

Entretemps, je m’en vais relire «Ear candling» (page 2121).  Quel  bijou  pour  un  médecin  de  famille,  soit-il  chercheur, académicien, ou français! 

éditorial

FOR PRESCRIBING INFORMATION SEE PAGE 2213

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